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du bulletin SISTech : décembre 2003
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Bulletin
du 12 décembre 2003
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1. Compétitivité
des entreprises par les TI : une année charnière
2. Gouvernement électronique en 2003 : de plus en plus de
services, de plus en plus d’adeptes
3. La gestion des connaissances : en route vers l’ère
de la maturité
1.
Compétitivité des entreprises par les TI : une année charnière
- Si le mois de janvier est celui des résolutions à
prendre, le mois de décembre est définitivement celui des bilans.
Il est donc venu le temps de scruter, à la loupe, les comportements des
entreprises en matière d’utilisation des TI. Cependant, avant d’aller
plus loin dans notre réflexion, il faut prendre bonne note que les choses
ont bougé dans le secteur des TI. À la bonne heure! Les signes
de reprise encourageants ressentis en 2003 dans le secteur manufacturier des
TI laissent, en effet, croire que la page est enfin tournée. Ces choses
étant dites, revoyons maintenant les faits saillants de 2003 sous l’angle
de la compétitivité des entreprises par les TI.
Au premier coup
d’œil, on s’aperçoit qu’elles ont été
plusieurs en 2003, ces entreprises, à saisir les opportunités
que peuvent leur offrir les TI. L’intensification des échanges
de type B2B, la croissance soutenue du commerce électronique au détail,
l’accroissement des revenus publicitaires sur Internet ou, encore, l’engouement
pour la gestion de la relation client par le biais des TI, sont quelques-uns
des éléments qui permettent de croire que les entreprises ont
choisi en 2003 de relever le défi de la compétitivité par
les TI.
Au deuxième
coup d’œil, on s’aperçoit que la pénétration
des TI au cœur des processus d’affaires des entreprises s’est
intensifiée. De nouveaux modèles d’affaires – électroniques
– ont émergé de cette fusion du traditionnel et des nouvelles
technologies. Pour les entreprises, ces nouveaux modèles d’affaires
électroniques signifient beaucoup plus que la création de simples
sites Web transactionnels. De leur adoption résulte l’optimisation
de leur processus d’affaires. Mieux adaptés aux besoins des PME,
les nouveaux modèles d’affaires électroniques permettent
de plus en plus aux plus petits joueurs de bénéficier, au même
titre que les plus grands, des avantages comparatifs offerts par les TI.
Par ailleurs, les
TI, par le biais des nouvelles solutions d’affaires électroniques,
ont donné aux entreprises l’opportunité de se recentrer
sur leur cœur de métier (core competencies), véritable réservoir
de création de valeur. En 2003, il est donc devenu possible de dire que
les TI sont, de plus en plus, des outils reconnus pour agir en tant que catalyseur
des pratiques d’affaires des entreprises (achats, ventes, production de
produits, formation, services à la clientèle, etc.).
Quant aux tendances
lourdes de cette année qui se termine, il y en a trois qui ont principalement
attiré l’attention. La première de ces tendances concerne
la conscientisation, de plus en plus forte, des entreprises face à l’importance
de la planification dans l’élaboration des stratégies d’affaires
électroniques. En effet, les discours, issus tant du milieu académique
que celui des affaires, insistent de plus en plus sur le rôle capital
que revêt la première composante du mantra du gestionnaire qu’est
le P.O.D.C. (planifier, organiser, diriger, contrôler). Il est maintenant
de mise que sans planification aucune entreprise ne peut assurer le succès
de sa stratégie d’affaires électroniques.
La seconde tendance
lourde de 2003 concerne une prise de conscience générale des entreprises
vis-à-vis les défis relatifs à la gestion des ressources
humaines. Les départs à la retraite qui entraînent des pertes
coûteuses de savoirs et de savoir-faire, la difficulté à
recruter de la main-d’œuvre qualifiée, l’incertitude
quant aux éventuelles retombées de l’apprentissage en ligne
(e-learning) et le télétravail sont de plus en plus au cœur
des préoccupations des entreprises.
Enfin, au chapitre
des tendances, il est quasi impossible d’ignorer le branle-bas de combat
occasionné par l’intrusion massive des pourriels (spam) dans nos
vies de citoyens et de travailleurs. Le courriel, l’outil de communication
le plus utilisé dans les organisations, est victime d’un problème
qui gruge de plus en plus la productivité des entreprises.
Pour conclure,
notons que si on avait à apposer une étiquette à l’année
2003 en matière de compétitivité des entreprises par les
TI ce serait sûrement celle « d’année charnière ».
Effectivement, elle semble avoir fermé définitivement la porte
sur le passé tout en ouvrant une autre sur un ciel plus clément.
Espérant
que tout cela se révèlera de bon augure, je vous souhaite de joyeuses
fêtes et une bonne année 2004… compétitive!
Rédactrice
: Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Plusieurs articles du bulletin SISTech publiés au cours de l'année
2003
2. Gouvernement électronique
en 2003 : de plus en plus de services, de plus en plus d’adeptes -
Les gouvernements des pays les mieux nantis tentent de se mettre à l’heure
d’Internet et des autres TI. Leurs citoyens et entreprises deviennent,
pour leur part, de plus en plus avides de services en ligne. Voici donc le bilan
des principaux événements de l’année 2003 en matière
de gouvernement électronique.
Dans une récente
étude, l’ONU classe les États-Unis premier sur son indice
de prédisposition au déploiement de services en ligne et deuxième
pour l’interaction avec ses citoyens. Néanmoins, nos voisins ont
toujours du boulot sur la planche : une étude du Taubman Institute soulève
des problèmes d’accessibilité aux sites Web de divers paliers
gouvernementaux américains étudiés. De son côté,
la France développe actuellement un modèle original de gouvernement
électronique qui permettra d’offrir davantage de services transactionnels
à sa population. Des projets pilotes testent présentement à
petite échelle l’utilisation de cartes d’authentification
des citoyens leur permettant de transiger avec l’État, d’accéder
et de donner accès à leur dossier médical et de s’identifier
auprès d’instances gouvernementales.
Le Canada conserve
quant à lui son titre de leader en matière de services gouvernementaux
en ligne. Accenture le place, pour une troisième année consécutive,
au premier rang des gouvernements électroniques parmi 22 pays étudiés.
Selon ce classement, le Canada est devenu également le premier pays à
franchir le cinquième palier de maturité qui implique une transformation
complète de la prestation de services et de l’organisation.
Au Québec,
les prédictions que Michel Audet, professeur et chercheur en relations
industrielles à l’Université Laval et directeur scientifique
au CEFRIO, avait énoncées dans le bulletin SISTech de janvier
2003 se sont avérées justes.
D’abord,
le régime juridique encadrant la protection de la vie privée et
des renseignements personnels a été questionné, puisqu’il
a fait l’objet d’une commission parlementaire¹ au cours de l’automne.
Différentes organisations du Québec, dont le CEFRIO, sont venues
y suggérer des modifications. Si leur point de vue divergeait, tous souhaitaient
l’allégement de ce cadre juridique ou, tout au moins, l’assouplissement
de son application par la Commission d’accès à l’information,
et ce, dans le but de permettre une meilleure circulation de l’information
entre les ministères et organismes et de faciliter ainsi le déploiement
de services de type guichet unique. L’impact de cette consultation se
fera sûrement sentir au cours de la prochaine année.
Ensuite, le chercheur
anticipait également que la combinaison d’une offre accrue de services
en ligne et d’un engouement croissant des citoyens et entreprises québécois
pour ce type de services allait donner un nouveau souffle à l’administration
électronique. L’enquête NETgouv² du CEFRIO révélait
que déjà 35 % des adultes et 57 des entreprises du
Québec avaient déjà consulté un service gouvernemental
en ligne. Et ce ne serait qu’un début, puisque, selon l’étude,
3,5 millions d’adultes et plus des deux tiers des entreprises de 5 employés
et plus du Québec représentent d’éventuels usagers
des services gouvernementaux en ligne.
L’offre de
service en ligne s’est également accrue en cours d’année.
Seulement au ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale
et de la Famille, l’outil d’Information sur le marché du
travail en ligne et un système de localisateur des services de garde
ont été lancés. De plus, de nouvelles options de Placement
en ligne sont maintenant offertes. La Fédération de l’informatique
du Québec, a par ailleurs récompensé d’un prix OCTAS
2003 maintes initiatives du gouvernement québécois en matière
de TI: le ministère des Ressources naturelles de la Faune et des Parcs
pour son système d’information FIMAQ; la Société
des alcools du Québec pour son nouveau portail transactionnel (B2B) ainsi
que le ministère du Revenu pour le déploiement de ses nouveaux
services électroniques. Plusieurs autres projets sont en chantier et
devraient voir le jour au cours de 2004.
Autre événement
marquant de 2003 : l’élection d’un nouveau gouvernement a
modifié la donne quant à la stratégie de modernisation
de l’État québécois. L’abandon du projet GIRES
a donné le coup d’envoi de ce changement de cap. Les nominations
de Robert Desbiens comme premier responsable des technologies de l’information
au Québec (CIO) et avec Marc Lacroix comme secrétaire associé
au Secrétariat du Conseil du trésor montrent une volonté
politique certaine de faire de la modernisation de l’État une priorité
et d’en assurer le leadership.
Comme le soulignait
Michel Audet, d’autres actions devront être posées pour réussir
la modernisation de l’État québécois, notamment la
transformation des valeurs organisationnelles, des pratiques de gestion et des
comportements des gestionnaires et des employés. L’année
2004 sera chargée pour le nouveau gouvernement en place.
Notes :
1. Travaux de la Commission de la Culture en ce qui concerne la récente
consultation
publique autour de la protection des renseignements personnels.
2. Pour plus
de détails, téléchargez les faits
saillants de l’enquête NETGouv, ou encore le rapport
intégral de l’étude.
Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO
Sources :
Articles SISTech de 2003
Fiches infomètre
:
• Gouvernement
en ligne : Le Canada chef de file parmi 22 pays, 16 avril 2003.
• Le niveau
de lisibilité de nombreux sites gouvernementaux américains freine
toujours leur accessibilité, 9 octobre 2003.
• Gouvernement
électronique : le Canada occupe le 6e rang des pays membres de l’ONU,
5 décembre 2003.
Frédérik
Persoons, 4 décembre 2003, « La
géomatique au service des familles du Québec », Congrès
annuel GÉOdiffusion 2003.
Gil Tocco,
décembre 2003, « La
France développe un modèle original de gouvernement électronique
», Entrevue Info-CEFRIO, Bulletin Liaison. **À paraître sur
le site public du CEFRIO en janvier 2004.
3. La gestion des connaissances : en route vers l’ère de la maturité
- Comme
nous l’avions annoncé à pareille date l’an dernier¹,
la gestion des connaissances (GC) a continué à faire couler beaucoup
d’encre en 2003. Tandis que ses développements ne sont plus l’apanage
de quelques pionniers visionnaires, certains de ses principaux fers de lance
dont les communautés de pratique et le transfert intergénérationnel
des savoirs sont en effet plus que jamais dans l’air du temps.
Au terme de l’année
2003 et porté par les résultats d’une enquête importante
menée auprès de plus de 250 dirigeants français, La vision
stratégique des dirigeants en matière de knowledge management
: rapport d’enquête 2003, on peut ainsi affirmer que la toute première
phase du développement de la gestion des connaissances, l’étape
d’expérimentation, est à toutes fins pratiques, chose du
passé. Les principaux concepts associés à la GC, et notamment
la distinction fondamentale établie entre les savoirs explicites et tacites,
se passent désormais de définition et de nombreuses entreprises
ont mis en place des démarches concrètes lui étant reliées.
Les résultats
de l’étude réalisée en juillet dernier par la firme
Knowings s’avèrent particulièrement riches d’enseignement
lorsque vient le temps de faire le point sur l’état de la GC en
2003. Le rapport d’enquête met en effet au jour que, bien qu’encore
minoritaires, les pratiques de gestion des connaissances ne sont plus le fait
de quelques innovateurs. Par exemple, un nombre considérable d’entreprises
(38 %) considèrent que leurs initiatives de GC sont parvenues à
maturité, tandis que plus du tiers (36 %) des dirigeants sondés
déclarent que la GC sera un enjeu majeur pour le développement
de leur entreprise au cours des deux prochaines années. De même,
une majorité de répondants se déclarent prêts ou
en avance en matière de gestion des connaissances.
Mais ce qui illustre
le mieux à notre sens cette évolution de la GC est certainement
le fait qu’un consensus est désormais établi entre les experts
autour d’une idée toute simple mais qui, pour Thomas Davenport,
recèle un potentiel tout à fait révolutionnaire, selon
laquelle l’implantation d’une stratégie de GC ne doit pas
se faire à travers des actes supplémentaires et une motivation
additionnelle. En clair : les initiatives de gestion des connaissances doivent
être intégrées aux processus de travail, imbriquées
au cœur même des activités quotidiennes. L’objectif
ultime poursuivi par la GC doit ainsi être de rendre le savoir si facilement
accessible qu’il devienne pratiquement impossible de l’éviter.
Et selon Davenport,
dans la foulée de leurs stratégies de gestion des connaissances,
les organisations ne devront pas tarder à s’attaquer à un
autre défi de taille : celui de savoir gérer l’attention
de leurs employés. Dans un contexte où l’information nous
parvient désormais en masse, les entreprises n’auront bientôt
plus d’autre choix que de mettre en place des processus qui permettent
à tous de partager le bon grain de l’ivraie, pour parvenir en bout
de ligne à maintenir l’attention des troupes là où
ça compte vraiment.
La gestion des
connaissances, on le voit, demeure tout à fait d’actualité
et continue de soulever de nombreuses interrogations, notamment autour de questions
relatives à l’éthique (propriété intellectuelle,
responsabilité légale, etc.) ainsi qu’à la pérennité
des initiatives de GC dans un contexte de grande mouvance organisationnelle.
Enfin, avec le récent lancement d’un vaste projet de recherche
sur le transfert intergénérationnel des savoirs², le CEFRIO continuera
de suivre de très près, dans les années à venir,
les développements entourant cette thématique majeure.
Notes :
1- Voir l’article « La
gestion des connaissances : un défi humain avant tout », Bulletin
SISTech, 20 décembre 2002,
2- « Important
projet sur le transfert intergénérationnel des savoirs »
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
Enquête
de Knowings
Plusieurs
articles du bulletin SISTech publiés au cours de l’année
2003;
Présentations
des conférenciers du Colloque international sur la gestion du savoir
tenu les 18 et 19 novembre 2003 au Centre des congrès de Québec
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