Bulletin du 20 décembre 2001
Bulletin du 14 décembre 2001
Bulletin du 7 décembre 2001
Bulletin du 20 décembre 2001
1. Compétitivité des entreprises par les TI : le gros bon sens doit primer
sur l'engouement technologique
2. Transformation des services publics par les TI
3. La gestion des connaissances : un impératif pour les organisations
1. COMPÉTITIVITÉ DES ENTREPRISES PAR LES TI : LE GROS BON
SENS DOIT PRIMER SUR L'ENGOUEMENT TECHNOLOGIQUE - Il n'est
pas besoin d'être grand clerc pour savoir que LA tendance lourde à retenir
de l'année 2001 est sans conteste la spectaculaire débandade des
sociétés point-coms. La « magie Internet » en prenant pour son rhume,
cette dégringolade aura cependant permis de mettre au jour que
finalement, en ligne comme ailleurs, des stratégies d'affaires solides
doivent guider en sous-main les initiatives des organisations. Pour les
dirigeants de compagnies, la grande leçon à tirer de cette difficile année
2001 est ainsi sans nul doute l'évidence, aujourd'hui démontrée mais
apprise à la dure pour de nombreuses entreprises, que la conduite
d'affaires en ligne ressemble en fait étrangement à celle des affaires
traditionnelles.
Bien que l'avènement du commerce électronique ait entraîné de nouvelles
façons de transiger avec ses clients, l'expérience a en effet démontré
l'importance de transposer dans l'univers virtuel des stratégies
commerciales gagnantes. C'est dans ce contexte que le service à la
clientèle s'est révélé la pierre d'achoppement de nombreux détaillants en
ligne qui avaient oublié, certainement à tort, que les attentes des
consommateurs demeurent en bout de ligne toujours les mêmes : trouver
rapidement, de façon facile et au meilleur prix possible le produit ou le
service convoité. C'est dans ce contexte aussi qu'un véritable engouement
a pu être observé autour des développements technologiques entourant la
gestion de la relation client (GRC ou CRM pour Customer Relationship
Management) qui, pourtant et en amont de l'implantation de solutions
informatiques coûteuses, gagne en fait à être appuyée sur le gros bon
sens des dirigeants.
Avec la déconfiture des point-coms, la préoccupation des internautes
quant à la sécurité et à la confidentialité des renseignements personnels
transmis sur le Net est certainement l'autre tendance marquante de l'année
2001. Il faut dire que cette inquiétude, qui a constitué et constitue d'ailleurs
toujours le plus grand frein au commerce électronique, a été alimentée au
cours de l'année par les attaques hautement médiatisées de pirates
informatiques ainsi que par la prolifération de pourriels (spam), de virus et
de vers de plus en plus destructeurs (I Love You, Anna Kournikova,
SimCad, etc.). Les attentats du 11 septembre dernier sont en outre venus
rappeler aux organisations qu'elles ont aussi tout avantage à se doter de
structures et de mécanismes de sécurité efficaces.
Bien entendu, au fil de l'année et des rendez-vous hebdomadaires de
SISTech, de nombreux autres sujets reliés à l'appropriation des TI par les
organisations ont été présentés. Pour ne pas les nommer et sans bien sûr
être exhaustif : les portails, le télétravail¹, le design de sites Web, le
marketing en ligne, l'impartition, les communautés de pratiques, la
messagerie instantanée, etc.
En explorant ces différentes thématiques, nous espérons modestement
avoir su contribuer à vous transmettre notre passion pour ce qui constitue
le fer de lance et la mission première du CEFRIO : les aspects social et
humain de la transformation des organisations et de la société par les TI.
Note
¹- Le Cahier synthèse des actes du colloque international « Du télétravail
aux nouvelles formes de travail dans la société de l'information » est
d'ailleurs disponible gratuitement en format PDF.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources : De nombreux articles SISTech publiés au cours de l'année 2001.
2. TRANSFORMATION DES SERVICES PUBLICS PAR LES TI -
L'utilisation efficace des nouvelles technologies de l'information et de la
communication (NTIC) est au centre même d'une révolution émergente au
sein des administrations. Il s'agit du gouvernement électronique
(e-government).
L'offre de différents services et produits en ligne a l'avantage d'augmenter la
productivité des gouvernements tout en réduisant leurs dépenses. Au
Canada, le passage à l'univers numérique devrait permettre au
gouvernement fédéral de réduire d'environ 20 % ses dépenses relatives à
l'offre d'information et de services. Et ce n'est pas rien, puisque ces
dépenses correspondent à près de 50 % du budget fédéral et donc, à plus
de 15 milliards $!
D'ici 2004, le gouvernement s'est ainsi fixé l'objectif d'offrir le plus grand
nombre de services possibles sur Internet. Les demandes de brevets en
ligne sont déjà effectives et les contribuables canadiens peuvent remplir
leur déclaration d'impôt fédéral par voie électronique. Au Québec, quelques
sites Web de ministères et d'organismes gouvernementaux comme la
Société des alcools du Québec et le ministère des Ressources naturelles
offrent la possibilité d'effectuer des paiements en ligne, grâce à la solution
intégrée de paiement électronique gouvernementale « P@iement en ligne »
développée par le ministère des Finances en collaboration avec la Banque
Nationale.
Toutefois, au-delà de la réduction des dépenses gouvernementales,
l'objectif premier de la migration des services publics vers l'univers virtuel
doit être d'offrir un meilleur service aux citoyens. Qu'ils soient en ligne ou
non, les citoyens veulent avant tout se voir offrir des services de façon à la
fois efficace et rapide. Le temps de la navigation de plaisance sur les sites
gouvernementaux est désormais révolu et les internautes souhaitent aller
droit au but (obtenir les renseignements qu'ils recherchent, remplir la
formule demandée, etc.).
Dans cette optique, la formule de l'entrée ou du guichet unique qui simplifie
grandement la vie des demandeurs en regroupant divers documents et
procédures - relevant d'administrations différentes - devient sans conteste
LA solution à privilégier. D'ailleurs, le gouvernement québécois a lancé, le
13 décembre dernier, le « Portail de démarrage d'entreprise du Québec »
un outil permettant aux
Québécois(ses) de retrouver à un seul endroit tous les renseignements et
les formulaires nécessaires au démarrage d'une entreprise.
Par ailleurs, spécifions que lorsqu'il s'agit d'administrations d'ordre
municipal, local ou régional, on parle alors de collectivités ingénieuses
(smart communities). Le concept des collectivités ingénieuses est en
croissance. Au Canada, le gouvernement fédéral a lancé en juin 1999 un
programme dont le but est « d'aider à établir des collectivités ingénieuses
de calibre mondial dans tout le pays pour que les Canadiens puissent tirer
le meilleur parti possible des TIC ». Ce programme est l'un des six volets
de l'initiative fédérale « Un Canada branché ».
Enfin, rappelons que le CEFRIO s'intéresse également à la transformation
des services publics par les TI. Voici le nom de quelques-uns de ses
projetsen la matière : Le développement des collectivités locales et
régionales par les TI, Les nouveaux modèles de collaboration pour la
prestation des services publics aux citoyens et aux entreprises et Les
services électroniques aux citoyens et aux entreprises.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Sources : De nombreux articles SISTech publiés au cours de l'année 2001.
3. LA GESTION DES CONNAISSANCES : UN IMPÉRATIF POUR LES
ORGANISATIONS - « La connaissance avec un grand « C » s'avère
aujourd'hui le carburant de la nouvelle économie. Les experts la
considèrent d'ailleurs comme le seul véritable avantage compétitif qu'une
organisation puisse s'approprier face à ses concurrents » affirmait madame
Monique Charbonneau, présidente-directrice générale du CEFRIO, lors
d'une allocution en mars dernier.
Les expériences du CEFRIO en matière de gestion des connaissances
remontent en fait au milieu des années 90, alors qu'encore peu
d'entreprises parlaient du sujet. Or, de nos jours, selon certains experts,
les organisations devraient arrêter d'en parler et agir un peu plus. Dans un
monde en perpétuel changement où l'environnement d'affaires, ponctué par
des cycles de vie des produits de plus en plus courts ainsi que par une
concurrence plus impitoyable que jamais, la gestion des connaissances
est une condition essentielle pour atteindre efficience et efficacité
organisationnelle.
La gestion des connaissances n'est toutefois pas un concept facile à
maîtriser pour les organisations. Il y a d'abord le retour sur investissement
qui est difficilement mesurable, il y a également la question de la
technologie qui n'est pas toujours évidente mais surtout, il y a l'aspect
humain à gérer. D'ailleurs, selon une étude de la firme Accenture, plusieurs
entreprises ayant implanté une technologie de gestion des connaissances
ont dû admettre que leur solution n'avait pas amélioré leur prise de
décision. Cette conclusion n'est pas vraiment surprenante puisque pour
qu'une information ait une valeur stratégique, elle doit avoir été
préalablement transformée en savoir, traitée par quelqu'un.
Il existe deux sortes de savoir dans les organisations : les connaissances
tacites et les connaissances explicites. Le premier type fait référence au
savoir des individus alors que le second fait référence à l'ensemble des
processus, pratiques, règles et procédures déjà répertoriés. Une étude
d'un chercheur américain dont les résultats furent publiés plus tôt cette
année fait toutefois ressortir un troisième type de savoir - la
« préconnaissance » - qui regrouperait les réalités émergentes du savoir.
Divers moyens sont évidemment à la portée des organisations pour
capturer, partager, diffuser et appliquer leurs « actifs de savoir ». D'ailleurs,
le 7 juin dernier le CEFRIO donnait le coup d'envoi à un projet de
recherche-action visant à mettre en place une vingtaine de communautés
de pratique au Québec. Ce projet évaluera les aspects individuels,
organisationnels et technologiques liés au partage des connaissances d'un
groupe d'individus. Plusieurs organisations privées et publiques se sont
déjà jointes au CEFRIO à titre de partenaire pour la réalisation du projet. Il
est clair que celles-ci ont bien compris d'une part l'importance d'agir et
d'une autre part que la gestion des connaissances constitue un impératif
incontournable, dans cette ère où le savoir est maître.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique
Sources : De nombreux articles SISTech publiés au cours de l'année 2001.
Bulletin du 14 décembre 2001
1. Fin des nombreux appels téléphoniques et des mises en attente grâce
au portail québécois de démarrage d'entreprise
2. Les clés du succès de l'approvisionnement en ligne
3. Services d'identification électroniques : la sécurité et la confidentialité
l'emportent toujours haut la main sur la commodité
1. FIN DES NOMBREUX APPELS TÉLÉPHONIQUES ET DES MISES EN
ATTENTE GRÂCE AU PORTAIL QUÉBÉCOIS DE DÉMARRAGE
D'ENTREPRISE - Les Québécois(ses) disposent dorénavant d'un outil leur
permettant de retrouver à un seul endroit tous les renseignements et les
formulaires nécessaires au démarrage d'une entreprise.
En effet, le 13 décembre dernier, Gilles Baril, ministre d'État aux Régions
et ministre de l'Industrie et du Commerce, et Sylvain Simard, ministre
d'État à l'Administration et à la Fonction publique, ont procédé au
lancement du Portail de démarrage d'entreprise du Québec. Ainsi, le
gouvernement québécois répond aux besoins exprimés par les citoyens et
les entreprises, notamment en améliorant et en donnant un accès direct à
un grand nombre de services gouvernementaux.
Ce nouveau site fournit quelque 500 hyperliens utiles aux différentes
étapes de mise sur pied d'une entreprise - allant de l'établissement du
profil d'entrepreneur en passant par la planification du plan d'affaires et de
la demande de financement pour se terminer par les activités de promotion
et le lancement comme telles de l'entreprise - ainsi qu'un grand nombre de
ressources indispensables - outils, programmes d'aide, permis,
enregistrements.
Précisons que le portail a été réalisé par le ministère de l'Industrie et du
Commerce, le ministère des Relations avec les citoyens et de
l'Immigration, le Secrétariat du Conseil du trésor et le ministère du Revenu.
Également, 35 ministères et organismes y ont contribué en fournissant de
l'information permettant d'identifier les besoins des futurs entrepreneurs. La
mise sur pied de ce portail a nécessité des investissements du
gouvernement du Québec de l'ordre 8 M $.
Enfin, le présent portail constitue la première phase d'un vaste projet
portant sur la prestation électronique de services aux citoyens et aux
entreprises qui, d'ici deux ans, étendra et enrichira ses services en offrant,
par exemple, de l'aide en ligne et des échanges électroniques sécurisés
protégeant les renseignements personnels.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Sources : Conférence de presse et le communiqué de presse, 13 déc. 2001
*** Pour information, le CEFRIO travaille présentement sur un projet
consistant à analyser les différentes approches innovatrices de
collaboration (public/public et public/privé) quant à la prestation des
services publics aux citoyens et aux entreprises.
Le CEFRIO travaille également à un projet qui a pour but, d'une part, de
formuler une vision d'ensemble en matière de services électroniques et sa
gouvernance et, d'autre part, de mieux habiliter les ministères et
organismes à mettre en œuvre des services électroniques répondant
réellement aux besoins des citoyens et des entreprises.
2. LES CLÉS DU SUCCÈS DE L'APPROVISIONNEMENT EN LIGNE -
Dans le contexte économique actuel et avec la menace de la récession qui
est plus qu'omniprésente, les organisations se doivent d'atteindre un niveau
d'efficacité opérationnelle sans précédent. Le contrôle des coûts,
l'intégration des processus, la rapidité d'exécution sont tous des éléments
essentiels dans cette ère si exigeante. Une des opportunités frappant aux
portes des organisations est l'approvisionnement en ligne. Que ce soit en
matière d'approvisionnement de biens directs ou de biens indirects, les
bénéfices d'avoir recours à Internet s'échelonnent sur l'ensemble de la
chaîne de valeur des organisations et aboutissent en fin de compte à une
compétitivité optimisée.
Évidemment, les déboires de la dernière année de tout ce qui, de près ou
de loin, touche Internet ont amené une nouvelle vision du phénomène de
l'approvisionnement en ligne. Or, une récente étude de la firme Aberdeen
Group, intitulée : « Best Practices in e-Procurement » approfondit les
pratiques des entreprises ayant adopté ce processus avec succès. Il en
ressort une série d'études de cas et de meilleures pratiques desquelles
découlent plusieurs constats qui finalement font état des facteurs de
succès à la base de l'approvisionnement en ligne. En voici quelques-uns :
- Technologie et stratégie ne sont pas des synonymes : L'utilisation des
technologies en matière d'approvisionnement vient seulement appuyer une
stratégie, et non le contraire.
- Bien analyser ses besoins : Avant de se lancer éperdument dans une
stratégie d'approvisionnement en ligne, il est très important que les
organisations analysent en détail l'ensemble de leur processus
d'approvisionnement afin d'identifier où se situent les opportunités, que ce
soit au niveau d'un produit précis ou encore d'un fournisseur.
- Un plan d'action est essentiel : Le déploiement d'une stratégie
d'approvisionnement en ligne doit se baser sur une planification définissant
clairement les buts, objectifs et indicateurs de performance à atteindre.
- L'initiative doit être pilotée par un champion et doit pouvoir compter sur
l'appui de la direction : Des facteurs de succès " sine qua none ".
- Un début modeste vaut mieux qu'un pétard mouillé : Bien que l'appui de
la direction soit essentiel, le projet doit surtout tenir compte des
utilisateurs du système. Afin de gagner rapidement l'acceptation et
l'adoption de cette pratique, l'initiative doit démontrer clairement la valeur
qu'elle apporte. Une façon simple d'arriver à ce but est de viser, de prime
abord, de petites victoires qui sauront créer un engouement.
- Les indices de mesures sont primordiaux. Comme le dit si bien l'adage :
on ne peut améliorer ce qu'on peut mesurer. L'amélioration continue en
matière d'approvisionnement en ligne passe donc évidemment par un suivi
rigoureux de l'adoption de la pratique, par l'amélioration constante du
processus, ainsi que par l'évaluation régulière de la réduction des coûts et
de la performance de fournisseurs.
Toutefois le constat le plus important, résumant l'ensemble de ceux
exposés précédemment, est que, comme dans l'adoption de n'importe
quelle technologie de l'information ou de l'appropriation d'un nouveau
processus, l'approvisionnement en ligne oblige les organisations à
surmonter certaines barrières culturelles, technologiques et
organisationnelles pour obtenir des résultats probants et sans aucune
équivoque.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Source : « Best Practices in e-Procurement », Tim Minahan, et Christa
Degnan, Aberdeen Group, Décembre 2001
3. SERVICES D'IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUES : LA SÉCURITÉ ET
LA CONFIDENTIALITÉ L'EMPORTENT TOUJOURS HAUT LA MAIN SUR
LA COMMODITÉ -Les services d'identification électroniques (identity
services) qui permettent aux internautes de gagner du temps en leur
proposant une procédure d'identification unique (single sign-on) feront sans
doute bientôt couler beaucoup d'encre. Les grands joueurs de l'industrie
sont en effet déjà sur les dents pour conquérir la première place de ce
marché qui promet d'être florissant.
Il est vrai que le concept a de quoi séduire. Quel usager du Net n'a pas
ainsi rêvé un jour de s'enregistrer une seule fois et partant, de n'avoir à
retenir qu'un seul nom d'utilisateur et qu'un seul mot de passe, pour avoir
accès ensuite à divers services Web? Exit donc les précieuses minutes
passées à compléter diverses formules d'inscription en ligne et bienvenue à
un tel service unifié, simple et ô combien commode.
Mais il y a un hic et le dénouement heureux de cette belle histoire pourrait
bien connaître un certain délai.
En effet, si l'on en croit une récente étude menée par Gartner, les services
d'identification électroniques ont encore bien du chemin à faire pour gagner
les cœurs et la confiance des internautes. En ces temps troubles, la
sécurité et la confidentialité demeurent ainsi les deux priorités des
consommateurs qui ne sont pas prêts à les troquer contre la facilité et le
côté pratique de ces nouveaux services. Si les internautes avouent être
effectivement agacés par les procédures d'enregistrement successives
aujourd'hui imposées par les sites Web, les inconvénients et les risques
que comporte l'aventure sont par contre à leurs yeux toujours supérieurs
aux avantages qu'ils pourraient en retirer.
Du côté des usagers, on le voit, il n'y a donc aucun péril en la demeure.
Par contre, selon les analystes de Gartner, il en va tout autrement pour les
compétiteurs de Microsoft qui devraient accélérer la cadence du
développement et de la mise en marché de leur service d'identification pour
éviter que Passport, le dernier-né de Bill Gates, ne devienne incontournable
puisque seul en lice.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
- Gartner Group, Gartner Survey Shows Consumers Not Willing to Swap
Privacy for Ease of Use Online, 4 décembre 2001
- Anne Thomas Manes, Identity Services : how Project Liberty and Passport
Fit into Web Services, Systinet, 9 octobre 2001
Bulletin du 7 décembre 2001
1. Le commerce B2B est en pleine mutation
2. Écoutez les clochettes... des tiroirs-caisses en ligne
3. Le paiement électronique, une réalité au gouvernement du Québec
1. LE COMMERCE B2B EST EN PLEINE MUTATION - Avec la conjoncture
qui atteint la nouvelle économie, les échanges électroniques entre
entreprises connaissent de profonds bouleversements. En outre, le
phénomène des places de marchés électroniques tente de s'imposer
comme moyen privilégié pour faire des affaires même si certains doutes
subsistent toujours à savoir leur véritable apport. Cette évolution du
commerce interentreprises se traduit présentement par une confusion
évidente des entreprises, qui finalement, ne savent plus quelles solutions
adopter.
La firme américaine Booz Allen Hamilton, en collaboration avec Giga
Information Group, a donc effectué à l'été 2001 un sondage, auprès de
quelque 60 entreprises, dans le but de connaître, selon la perspective de
l'utilisateur, les bénéfices et les changements qu'apportent les places
d'affaires électroniques dans les entreprises. Le principal résultat de
l'étude : les entreprises sont déchirées entre un espoir et un optimisme
résolu pour le futur et un désappointement légitime envers les résultats
démontrés jusqu'à présent. En outre, la moitié des répondants du sondage
de l'été dernier affirment que les places d'affaires électroniques ont échoué
ou ont réussi que partiellement à rencontrer leurs besoins.
Le sondage démontre toutefois que les entreprises gardent toujours espoir
que les places d'affaires électroniques amélioreront leur profitabilité et
créeront des processus plus standardisés au sein de leur organisation.
Des résultats concrets au niveau : de la diminution des coûts, de
l'amélioration de la planification, de la gestion de la relation client ainsi
qu'au niveau de la réduction du cycle de développement de nouveaux
produits sont toujours envisagés, voire espérés.
La participation à des places d'affaires électroniques nécessite néanmoins
une adaptation et une modification de certains processus organisationnels
internes des entreprises. Le sondage révèle entre autres que les places de
marchés électroniques nécessiteront des politiques standardisées, de
nouveaux processus, l'introduction de nouvelles infrastructures, de
nouvelles technologies ainsi que l'ajout de personnel spécialisé au sein
des organisations.
Toutefois, les entreprises prévoient rencontrer certains problèmes dont : la
résistance à ces nouveaux modèles d'affaires, des processus
désorganisés, une participation limitée de ses clients et de ses
fournisseurs, des bénéfices difficilement calculables, des coûts élevés et
de la difficulté à intégrer l'ensemble de leur processus.
Évidemment, les places d'affaires électroniques ne sont qu'une des façons
facilitant les relations d'affaires entre entreprises mais elles semblent être
appelées à prendre beaucoup d'ampleur. Bien que seul l'avenir saura nous
dire concrètement les retombées de ce phénomène nous pouvons affirmer
pour l'instant que les relations interentreprises seront profondément
modifiées. La nature électronique des transactions, qu'elles s'effectuent sur
des places d'affaires virtuelles ou par d'autres moyens comme par exemple
l'EDI, amélioreront sans conteste l'efficacité des organisations qui verront
par le fait même leur niveau d'interrelations avec leurs partenaires
s'intensifier.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Source : « B2B Exchanges: Future Hopes, Current Doubts », Booz Allen Hamilton et Giga Information Group
2. ÉCOUTEZ LES CLOCHETTES... DES TIROIRS-CAISSES EN LIGNE -
La fête de Noël devrait être très célébrée cette année, gâteries et petits
plaisirs étant particulièrement à l'honneur. C'est du moins l'une des
conclusions d'une recherche effectuée pour le compte de la firme de
communication-marketing Amalgame-Cargo et qui démontre que, suite aux
attentats du 11 septembre, les consommateurs nord-américains ont revu
leurs priorités pour revenir aux choses simples et essentielles et ont
accordé la préséance au rapprochement avec leur famille et leurs amis.
Et il semble bien que les détaillants virtuels bénéficieront de cette
recrudescence du désir de partage et de bonheur tranquille.
En effet, si plusieurs analystes avaient prédit il y a quelques semaines que
la saison des achats des fêtes serait désastreuse et ce, tant sur la terre
ferme qu'en ligne, il semble bien désormais qu'ils se soient trompés, de
nouveaux rapports étant nettement plus optimistes et annonçant plutôt un
bien joyeux e-Noël. Tout porte en fait désormais à croire que la saison
pourrait bien donner un second souffle aux marchands virtuels et raviver
l'ardeur du commerce électronique.
Selon Gartner, le total des ventes en ligne du quatrième trimestre de cette
année devrait ainsi atteindre 25,3 milliards $US, en hausse de 38,7 % par
rapport aux 18,2 milliards enregistrés à la même période l'an dernier. Les
principaux facteurs contribuant à cette croissance des achats par voie
électronique sont en outre, l'augmentation du nombre d'internautes, une
utilisation accrue du Net transactionnel par les utilisateurs plus
expérimentés, mais aussi, la crainte des consommateurs de se retrouver
vulnérables et « exposés » dans de grands espaces publics.
Concluons enfin par quelques recommandations, terre-à-terre et bien
éloignées du fameux esprit des fêtes mais tout à fait précieuses, destinées
à vous assurer que vos expériences de magasinage en ligne soient un
succès :
- Optez pour des marchands réputés qui affichent clairement leur
déclaration de confidentialité pour garantir la sécurité de vos transactions;
- Assurez-vous que les délais de livraison seront respectés : pensez à la
mine défaite qu'aurait votre petit dernier privé du cadeau tant attendu...
ainsi qu'aux prouesses que vous devrez accomplir pour le consoler;
- Portez une attention particulière aux coûts cachés : les frais de livraison
et le taux de change peuvent en effet rapidement et insidieusement gonfler
la facture;
- Vérifiez la qualité du service à la clientèle et la politique de retour des
marchandises;
- Magasinez : et oui, en ligne comme ailleurs, les prix varient d'un
détaillant à l'autre;
- Dans la mesure du possible, assurez-vous de visualiser ce que vous
achetez, sans vous contentez d'une simple description écrite.
Rédactrice :Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
- Amalgame-Cargo, Étude sur les impacts des attentats du 11 septembre
sur la consommation des citoyens nord-américains.
- Debbie DeVoe et Loretta W. Prencipe, « Mastering Motivation », IT World
Canada, 19 novembre 2001
3. LE PAIEMENT ÉLECTRONIQUE, UNE RÉALITÉ AU GOUVERNEMENT
DU QUÉBEC - Bien que les sites Web des ministères et organismes du
gouvernement du Québec qui offrent la possibilité d'effectuer des
paiements en ligne ne soient pas légion, on constate que de plus en plus
d'entre eux proposent cette option ou prévoient le faire d'ici peu. Des
organismes comme la Société des alcools du Québec, la Société des
établissements de plein air du Québec et la Société québécoise d'information
juridique ainsi que le ministère des Ressources naturelles, le ministère des
Transports et le ministère des Relations avec les citoyens et de
l'Immigration font partie de ceux qui présentent déjà à leur clientèle la
faculté de payer en ligne. Tous utilisent la solution intégrée de paiement
électronique gouvernementale « P@iement en ligne » développée par le
ministère des Finances (MFQ) en collaboration avec la Banque Nationale.
C'est dans le cadre de son mandat qui est de développer, d'implanter, de
contrôler et de faire évoluer, au gouvernement du Québec, des outils de
commerce électronique visant à améliorer l'efficacité des processus de
paiement et d'encaissement offerts aux citoyens et aux entreprises, que la
Direction des services bancaires électroniques du MFQ s'est penchée, en
1999, sur le développement d'une solution intégrée de paiement
électronique.
Quatre caractéristiques définissent bien la solution mise sur pied :
1- C'est une solution intégrée : un seul produit mais un produit
multimarchand, multitransaction, multimode de paiement, avec un module
intégré de gestion.
2- C'est une solution évolutive, qui s'adapte aux différents besoins
exprimés par la clientèle, soit les ministères et organismes.
3- Elle est sécuritaire car elle respecte les standards bancaires ainsi que
la protection des renseignements, ce qui est fondamental pour inspirer
confiance.
4- Elle est polyvalente puisqu'elle est compatible avec la majorité des
plates-formes.
Depuis 1999, le nombre de transactions électroniques effectuées connaît
une forte courbe de croissance, ce qui est révélateur du succès présent et
à venir de « P@iement en ligne ». En effet, plus de 10 mille transactions
ont été effectuées en 1999-2000. Le gouvernement du Québec anticipe que
ce nombre atteindra environ 1,7 million en 2004-2005.
Enfin, il est intéressant d'ajouter que la DGSIG (Direction générale des
services informatiques gouvernementaux) sera prochainement en mesure
d'offrir des services en affaires électroniques aux ministères et organismes.
Le projet aura l'avantage de mettre en commun des services et des
infrastructures technologiques du gouvernement, en plus de bénéficier
d'une expertise et d'une masse critique de ressources du milieu
gouvernemental. Ainsi, en plus de permettre des économies d'échelle, les
services offerts par la DGSIG mèneront progressivement le gouvernement
vers un « État réseau » - ce qui favorisera la réduction de portes d'entrées
des citoyens et des entreprises pour transiger ou obtenir des
renseignements -, tout en assurant à la population un meilleur service et
un meilleur accès aux services du gouvernement du Québec.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : Petit-déjeuner causerie organisé par la Direction des services
bancaires électroniques du MFQ auquel j'ai assisté le 5 décembre 2001