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Archives du bulletin SISTech: décembre 2000
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Bulletin du 21 décembre 2000
Bulletin du 15 décembre 2000
Bulletin du 8 décembre 2000
Bulletin du 1er décembre 2000

Bulletin du 21 décembre 2000

1. Et combien survivront après Noël?
2. Adapter sa stratégie aux temps modernes

1. ET COMBIEN SURVIVRONT APRÈS NOËL ? - Une enquête récente de webmergers.com trace un portrait morbide des faillites (américaines pour la plupart) de la nouvelle économie. On s'éloigne définitivement de l'euphorie technologique qui avait caractérisé le début de cette année 2000. En effet, en novembre 2000, plus de 130 entreprises Web avaient fermé leurs portes depuis janvier entraînant la perte de quelque 8 000 emplois. Le secteur du commerce électronique entreprises à consommateurs (B2C) compte les trois quarts des faillites observées par l'étude. Et le problème s'accélère. Le mois de novembre a connu 26 fermetures, une hausse de cinq par rapport au mois d'octobre 2000 qui constituait le précédent record.

Derrière ces faillites et celles qui s'en viennent, se dessine une nouvelle réalité. Il ne suffit plus d'avoir un plan d'affaires bâclé gribouillé sur un bout de papier avec le suffixe .com pour attirer les firmes de capital de risque. Et les parquets boursiers ne sont guère plus tendres avec les entreprises de la nouvelle économie, même les plus grosses (Nortel Networks, Microsoft, Dell, etc.) font l'objet, ces jours-ci, d'une correction sévère de la valeur de leur titre. Bref, fini « l'argent gratuit » et parions que les faramineuses campagnes de pub d'entreprises point-com en démarrage sont choses du passé.

Mais doit-on conclure qu'Internet n'est en fait qu'une mode passagère comme le suggéraient un groupe de chercheurs britanniques cités par le National Post ? Sans doute pas... Par contre, le concept actuel du commerce électronique entreprises à consommateurs (B2C) a réellement du plomb dans l'aile et de nouveaux modèles d'affaires seront nécessaires pour que les entreprises qui pratiquent cette activité renouent avec la rentabilité. Donc, le retard du Québec en la matière n'est peut-être pas si dramatique, en autant qu'on évite de répéter les erreurs de nos voisins du Sud.
Source : National Post, 4 et 12 décembre 2000

2. ADAPTER SA STRATÉGIE AUX TEMPS MODERNES - La vitesse des changements caractérise sans aucun doute l'économie dans laquelle les entreprises évoluent de nos jours. Dans ces temps de turbulence une bonne stratégie est encore plus importante que jamais. Mais comment définir une stratégie à long terme quand l'économie bouge à la vitesse d'Internet? Y a-t-il une différence entre une stratégie d'affaires et une stratégie Internet? Et, à qui revient la responsabilité d'établir la stratégie?

L'impact d'Internet sur les stratégies d'entreprises oblige les organisations à réfléchir plus profondément sur la façon de répondre aux besoins des clients. En fait, beaucoup de technologies de l'information jouent un rôle important dans l'offre de services des organisations. Elles ne sont cependant pas la réponse à tout et doivent être évaluées en fonction du savoir-faire de l'entreprise tout aussi bien que du point de vue stratégique.

L'important est de définir la stratégie de l'organisation en premier lieu. Seulement après cette étape, devient-il possible de choisir la technologie qui aidera à sa réalisation. L'organisation qui fonctionne à l'inverse et qui base sa stratégie uniquement sur les technologies présentement disponibles ne sera pas en très bonne position dans 6 ou 18 mois lorsque de nouvelles technologies viendront surpasser les anciennes. Il ne faut pas non plus penser qu'une stratégie est immuable. Elle doit être adaptée non seulement en fonction des concurrents mais également en fonction des meilleures pratiques d'entreprises d'autres industries.

Évidemment une stratégie doit être un effort d'équipe. Cependant, être en mesure d'exprimer ses idées et la capacité de les réaliser sont les deux caractéristiques de ceux ou celles qui sont de bons stratèges. Le but est simple : transformer une vision en une réalité.
Source : Fast Company, janvier 2001


Bulletin du 15 décembre 2000

1. L'information : trop est comme pas assez
2. Internet : havre de paix et de sérénité pour les criminels?
3. Près de 200 000 familles québécoises branchées à Internet grâce au programme gouvernemental
4. Quand et comment s'amalgameront les télécommunications sans fil et les affaires électroniques?

1. L'INFORMATION : TROP EST COMME PAS ASSEZ - La plupart des technologies nous aident à produire de plus en plus d'information et ce, beaucoup plus rapidement. En un après- midi, un analyste peut produire une trentaine de scénarios différents à l'aide d'Excel, un cadre peut produire une présentation comptant une quantité impressionnante d'acétates avec PowerPoint en quelques heures, et un directeur de projet peut envoyer un courriel avec 50 copies conformes s'il le veut.

Mais est-ce que les coûts de cette utilisation « excessive » de ces technologies sont plus grands que les bénéfices escomptés? Comment peut-on juger si l'utilisation qui en est faite n'est pas plutôt abusive?

Certaines entreprises ont abordé cette problématique en émettant des règles strictes concernant ces questions. Ainsi, plusieurs heures par jour, Computer Associates bloque les courriels de leurs cadres pour leur permettre de travailler sans être constamment dérangés. Procter & Gamble insiste fortement pour que les mémos de l'entreprise soient d'une seule page, - la politique interne stipule même que les mémos de deux pages ne seront même pas lus -. Xerox insiste pour que les présentations soient réalisées à l'aide de Clipart, une façon de les rendre plus dynamiques et d'éviter de se retrouver avec un transparent de 300 mots en taille 10.

L'important à retenir n'est pas que les entreprises doivent établir des règles sur la façon dont l'information doit être produite. Plutôt, chacun devrait se poser régulièrement la question à savoir si la 23e version d'une présentation PowerPoint est vraiment plus informative que la 20e version ou si une présentation de cinq transparents n'est pas plus compréhensible que la même présentation en 50 transparents.

Car à la base, il ne faut pas oublier que les technologies devraient simplifier la vie des utilisateurs et non pas les surcharger d'information. Source : Fortune, 18 décembre 2000

2. INTERNET : HAVRE DE PAIX ET DE SÉRÉNITÉ POUR LES CRIMINELS ? - Selon Gartner, les ressources américaines dédiées à la lutte contre le crime sur Internet sont nettement insuffisantes et la majeure partie des crimes commis sur le réseau demeurent impunis. Par exemple, les États-Unis comptent quelque 600 000 agents de l'ordre (« law enforcement agents »). De ce nombre, seulement 300 agents fédéraux reçoivent la presque totalité des fonds destinés à combattre la cybercriminalité. En matière budgétaire, l'écart est semblable : des 17 milliards de dollars fédéraux destinés au maintien de l'ordre, seulement 10 millions servent à la lutte contre les crimes commis en ligne. Et les États-Unis ne sont pas les pires...

Selon l'Associated Press, une étude récente de McConnell International auprès de 52 pays révèle que seulement neuf d'entre eux ont amendé significativement leur législation pour couvrir les crimes reliés à l'informatique. On se souviendra qu'aux Philippines, un vide législatif avait empêché les autorités d'accuser l'auteur présumé du virus « ILOVEYOU ». Bien sûr, peu de temps après, les lois étaient mises à jour, mais le mal était fait.

Toujours parmi les 52 pays étudiés, l'étude mentionne que 33 n'ont amendé aucune loi pour y inclure des mesures destinées à combattre la cybercriminalité, qu'une dizaine de pays ont fait cinq modifications ou moins et que seulement neuf ont modifié plus de cinq lois. En plus des Philippines, parmi les pays les plus avancés sur le plan législatif, on trouve les États-Unis et le Japon. Les Américains ont adopté des mesures législatives pour aborder toutes les problématiques légales reliées au cybercrime, à l'exception de la contrefaçon électronique, alors que pour sa part, la législation japonaise couvre les différents crimes informatiques à l'exception de la diffusion de virus.

Le problème risque de s'accentuer avant que l'on observe une amélioration de la situation. Alors que les incidents en matière de sécurité ont augmenté de 54 % pendant les trois premiers trimestres de 2000 par rapport à toute l'année 1999, le sous-financement de la lutte contre cette nouvelle forme de criminalité combiné à des peines trop faibles ne font rien pour dissuader les cybercriminels.
Source : Gartner, 7 décembre 2000 ; Associated Press sur Excite, 7 décembre 2000

3. PRÈS DE 200 000 FAMILLES QUÉBÉCOISES BRANCHÉES À INTERNET GRÂCE AU PROGRAMME GOUVERNEMENTAL - Le programme du gouvernement du Québec « Brancher les familles sur Internet » atteindra, voire même dépassera, son objectif de connecter 200 000 familles québécoises d'ici le 31 mars 2001. Fier des résultats obtenus à ce jour, le ministre délégué à l'Industrie et au Commerce, monsieur Guy Julien, est agréablement surpris par la réponse des Québécois. Plus précisément, parmi les 375 862 demandes de renseignements reçues entre le 1er mai et le 4 décembre 2000 à la Régie des rentes, 253 396 familles ont été jugées admissibles au programme. De ce nombre, 119 198 ménages sont déjà branchés au réseau des réseaux. Ainsi, il est aisé d'espérer dépasser l'objectif fixé, en misant sur le fait que toutes les familles qui ont reçu une attestation se prévaudront du programme.

Par ailleurs, notons que parmi les ménages qui ont bénéficié de la subvention, 84 536 ont acheté ou loué un ordinateur. À cet égard, il est intéressant d'ajouter que selon une étude préliminaire de IDC Canada, les ventes d'ordinateurs personnels sur le marché canadien ont connu une augmentation de 21 % au cours du troisième trimestre 2000. Pendant cette période, les fabricants ont livré 903 000 ordinateurs, comparativement à 775 000 au troisième trimestre 1999. Monsieur Thierry Lopez, directeur général du marketing chez IDC Canada, affirme que les ventes au Québec sont supérieures à la moyenne canadienne. Il attribue d'ailleurs cette hausse au programme gouvernemental « Brancher les familles sur Internet ».

Enfin, la région de Montréal occupe le premier rang quant au nombre de familles ayant profité du programme (23 372 branchements). Elle est suivie de la Montérégie (19 932 branchements) puis de la région de Québec (11 076 branchements).
Sources : La Presse, 7 décembre 2000 ; Journal de Québec, 8 décembre 2000

4. QUAND ET COMMENT S'AMALGAMERONT LES TÉLÉCOMMUNICATIONS SANS FIL ET LES AFFAIRES ÉLECTRONIQUES ? - L'avance de l'Europe par rapport à l'Amérique du Nord en matière de télécommunications sans fil est indéniable. La popularité des téléphones sans fil est telle que l'industrie européenne du sans-fil est à l'avant- scène de l'industrie mondiale. La Suède, où 83 % de la population avait un cellulaire en septembre 2000, est un bon exemple de la popularité des appareils sans-fil en Europe. En comparaison, au Canada ce pourcentage n'est que de 21 %.

L'adoption massive du cellulaire en Europe est facilement explicable. Dans un premier temps, les frais de services téléphoniques européens sont comptabilisés par appel, il n'est donc pas vraiment plus coûteux d'avoir un téléphone sans fil où les frais sont également comptabilisés par appel. Ensuite, le réseau de télécommunications terrestre européen n'est pas aussi fiable que le réseau nord-américain. Sans compter qu'en 1980, l'Union européenne a décidé d'adopter un seul standard commun pour les communications sans fil qui s'étend pratiquement à la grandeur de l'Europe. Ce standard a permis aux entreprises de télécommunications sans fil d'obtenir des économies d'échelle, de développer une couverture plus grande du réseau sans fil et d'offrir une plus grande gamme de services.

D'un autre côté, les experts prédisent que le prochain avènement dans le domaine des télécommunications sans fil sera sûrement le commerce mobile (la fusion du sans-fil et du commerce électronique). En matière d'affaires électroniques, cette fois-ci c'est l'Amérique du Nord qui est en avance sur l'Europe. Selon Forrester Research inc., 77 % des revenus mondiaux du commerce électronique de cette année provenaient de l'Amérique du Nord. Les entreprises canadiennes et américaines possèdent un avantage concurrentiel par rapport aux entreprises européennes pour tout ce qui touche aux technologies Internet, aux ordinateurs, aux réseaux informatiques et au développement de logiciels.

La complémentarité de l'Amérique du Nord et de l'Europe devient donc évidente. Chaque continent possède une partie de la réponse, il ne reste plus qu'à attendre pour voir comment l'industrie européenne du sans-fil et le savoir en affaires électroniques des entreprises nord-américaines s'amalgameront ?
Source : The Globe And Mail, 7 décembre 2000


Bulletin du 8 décembre 2000

1. Trois éléments essentiels pour le développement d'une solution d'affaires électroniques
2. Vous avez dit « e-management » ?
3. La saga d'Internet haute vitesse
4. Les cyberpirates vous remercient...

1. TROIS ÉLÉMENTS ESSENTIELS POUR LE DÉVELOPPEMENT D'UNE SOLUTION D'AFFAIRES ÉLECTRONIQUES - Plusieurs projets visant à développer une solution d'affaires électroniques donnent l'impression d'être un assemblage fragmenté d'efforts poussés par des délais trop courts. Pire encore, dans plusieurs cas ces projets ne correspondent même pas aux besoins de la clientèle des entreprises.

Certes, les organisations ont plusieurs défis à surmonter lorsque vient le temps de développer une solution d'affaires électroniques. Elles doivent non seulement prioriser les projets qu'elles veulent réaliser, mais également coordonner les efforts internes des départements tout en suivant les tendances de leur marché.

Mais le développement d'une stratégie d'affaires électroniques débute avant tout avec une très bonne compréhension de sa propre stratégie d'entreprise, de sa façon de faire des affaires et du core business (les compétences de base) de l'entreprise.

Un projet relié à Internet demande également une planification dynamique qui permet de réviser et de mettre à jour le plan d'action. On doit être en mesure de justifier le projet sur des dimensions stratégiques, opérationnelles, techniques et surtout financières. Évidemment, pour ce faire, le support de la haute direction est primordial. Trois composantes clés aident à faire un succès de projet de solution d'affaires électroniques : un cadre stratégique, un accent sur la clientèle et la possibilité de profits.

Mais soyons réalistes, il n'est pas toujours évident de calculer le retour sur investissements et les méthodes traditionnelles de l'approche de la gestion des risques ne sont pas très adéquates pour étudier de telles initiatives. Les décideurs se fient donc souvent plus à leur instinct qu'aux théories traditionnelles.
Source : National Post, 4 décembre 2000

2. VOUS AVEZ DIT « E-MANAGEMENT » ? - La lettre « e » est sûrement la voyelle la plus populaire dans cette ère de « e-commerce », de « e-business », et de « e-government ». Dernièrement c'est le mot « management » qui s'est vu attribué le préfixe « e- ».

Bien que le terme soit encore majoritairement utilisé par les académiciens et qu'il a encore peu de signification pour les gens en entreprise, ses principes ne sont pas si nouveaux que ça. Le e-management se veut en fait l'intégration des technologies de l'information et de la communication aux " processus de management ". Il englobe des notions telles : la gestion d'équipe transversale, la gestion de projet et la satisfaction de la clientèle à l'aide des TIC.

Le terme e-management, même s'il représente seulement l'intégration de divers concepts, pourra peut-être aider certains dirigeants à prendre conscience des implications des TIC et d'Internet pour la gestion de leur entreprise. Pour l'instant ce concept reste essentiellement théorique et ne semble pas avoir été adopté par les entreprises comme le démontre l'affirmation de quelqu'un au service de communication de l'Oréal : « Internet n'est en fait qu'un outil : ça ne change rien à notre management ». L'important n'est peut-être pas de galvauder le terme e-management un peu partout mais au moins on doit être conscient des changements que les affaires électroniques produisent sur le management !
Source : Le monde interactif, 29 novembre 2000

3. LA SAGA D'INTERNET HAUTE VITESSE - Internet haute vitesse n'est peut-être pas pour l'instant le mode d'accès le plus privilégié par les consommateurs. Ses coûts élevés de même que le territoire limité couvert par les réseaux haute vitesse constituent deux raisons majeures. Cependant, d'ici quelques années, lorsqu'on verra apparaître sur Internet de plus en plus de services comme le téléenseignement, la télémédecine, ou encore des applications pour le commerce électronique beaucoup plus pointues, la haute vitesse pourrait bien devenir une nécessité voire même un standard.

Mais revenons à la situation présente, l'accès à Internet haute vitesse a connu une progression de 86 % par rapport à l'année dernière et atteint maintenant 26 % des ménages branchés québécois. À cet égard, la province de Québec est celle où Internet haute vitesse est le plus populaire.

Plusieurs initiatives ont vu le jour afin de " démocratiser " Internet haute vitesse. Ainsi, un peu avant les élections, monsieur John Manley, ministre de l'Industrie, a lancé un programme afin que toutes les régions du Québec aient un accès Internet haute vitesse avant 2004. De son côté, le CRTC désire obliger les câblodistributeurs à partager leur réseau fournissant l'accès Internet haute vitesse avec la concurrence. Le géant Microsoft a même lancé son propre programme pour brancher les régions rurales à l'aide de connections satellites. Le seul hic : vous devez acheter un ordinateur Compaq chez Radio Shack afin d'être admissible au programme.

D'ailleurs, la technologie pour l'accès haute vitesse par satellite n'est pas encore tout à fait au point puisque même si vous recevez la transmission du satellite vous devez tout de même transmettre l'information à l'aide d'un modem traditionnel. En fait, l'accès par satellite demeure unidirectionnel.

Plusieurs technologies, plusieurs problématique... La saga d'Internet haute vitesse n'est donc pas encore terminée!
Source : La Presse, 29 novembre 2000

4. LES CYBERPIRATES VOUS REMERCIENT... - La sécurité et la protection de l'information sont des enjeux bien réels dans le monde virtuel d'Internet. Ça, tout le monde le sait. Les activités des cyberpirates (hackers et crackers réunis - SVP, n'entrons pas dans un débat sémantique stérile) font régulièrement la manchette : on n'a qu'à penser à Kevin Mitnick qui vient de passer quelques années en prison pour ses crimes de hacking ou à notre « script kiddy » national, le tristement célèbre MafiaBoy. Donc, on pourrait croire que tous et chacun, particulièrement les cybercommerçants, sont bien au fait des dangers encourus et qu'ils ont pris des mesures pour s'en prémunir. Et pourtant...

Le National Infrastructure Protection Center (NIPC), a récemment publié un avertissement mettant en garde les cybercommerçants américains contre les dangers du piratage informatique. L'organisme observe depuis quelque temps une intensification des activités de piratage contre les sites de commerce électronique américains. Jusque là, rien de bien surprenant. Par contre, et c'est là que ça devient plus étonnant, le communiqué du NIPC identifie spécifiquement trois failles - de produits Microsoft - que des pirates ont récemment exploitées. Pourtant, ces failles sont connues depuis plusieurs mois et Microsoft a déjà émis des correctifs pour que les utilisateurs puissent se protéger. Sans entrer dans les détails, ces failles peuvent permettre à un utilisateur malveillant d'extraire des données contenues dans des bases de données SQL (ces bases peuvent contenir des numéros de cartes de crédit...), d'exécuter des commandes sur un serveur Windows NT ou même de changer la configuration de sécurité du serveur.

Mais, comment se fait-il que ces failles soient connues et documentées et que des cyberentrepreneurs se fassent encore prendre ? Très simple : trop d'administrateurs de systèmes font preuve de laxisme et ne prennent pas la peine de suivre les développements récents en matière de sécurité informatique. Nonchalance ou pensée magique, le résultat est le même : ces administrateurs facilitent grandement la tâche des cyberpirates, particulièrement des « script kiddies » qui n'ont qu'à exploiter des failles découvertes par des hackers plus aguerris.
Sources : ZDNet, 4 décembre 2000 ; NIPC, 1er décembre 2000


Bulletin du 1er décembre 2000

1. Internet cause un nouveau syndrome
2. La rencontre de Québec inc. et de Québec.com
3. L'industrie touristique québécoise se taille une place sur Internet
4. Les notaires et Internet : de nouvelles pratiques

1. INTERNET CAUSE UN NOUVEAU SYNDROME - Imaginer que vous êtes en train de magasiner chez Zellers, votre panier de magasinage est bien rempli et vous continuez à y ajouter les quelques articles qu'il vous manque. Une fois vos emplettes terminées, avant de passer à la caisse, votre panier toujours rempli, vous laissez tout en plan et vous vous dirigez vers la sortie. Ridicule, dites-vous ?

Pourtant, ce scénario se produit plusieurs fois par jour sur les sites des détaillants en ligne. Tellement qu'on a nommé ce phénomène : le syndrome de l'abandon des paniers de magasinage.

Bien que les grandes firmes de consultations ne s'entendent pas toutes sur le taux d'incidence de l'abandon de paniers virtuels, qui pourrait se situer entre 25 % et 78 %, le Boston Consulting Group (BCG) aurait évalué les pertes des détaillants en ligne à 15 ou 16 milliards de dollars.

Le point de vue des consommateurs : l'expérience d'achat en ligne n'est simplement pas plaisante. Un récent sondage de A.T.Kearney a examiné les raisons pour lesquelles les tentatives d'achats avortent : 52 % des internautes ont affirmé ne pas avoir compris une demande d'information, 46 % ont démontré une réticence à donner leur numéro de carte de crédit en ligne, 42 % ont éprouvé des difficultés techniques avec le site et 40 % des internautes ont déclaré ne pas trouver le produit qu'ils recherchaient. Le sondage démontre également la préférence des consommateurs en ligne pour les achats auprès de détaillants qui offrent des services en ligne mais qui ont également pignon sur rue. Les raisons invoquées : 64 % des internautes disent qu'ils aiment toucher au produit alors que 58 % mentionnent la sécurité de la transaction.

Remarquez que ce n'est pas la première fois que les problématiques des détaillants en ligne sont abordées, mais au moins maintenant nous savons que le syndrome de l'abandonnement des paniers de magasinage en est en partie responsable.
Source : eCompany.com, décembre 2000 ; Infomètre

2. LA RENCONTRE DE QUÉBEC INC. ET DE QUÉBEC.COM - Le changement que provoque Internet dans le portrait industriel du Québec est incontestable. Deux experts, monsieur Michel Chioni, directeur général d'Alliance Numérique, et monsieur Yves Rabeau, économiste, sont cependant d'avis qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir aux entreprises québécoises.

Selon monsieur Chioni, « Si on ne veut pas se faire damer le pion par les Américains ou les Européens, il faut bouger très vite ! » Il poursuit en mentionnant que « Québec.com a fait ses preuves dans le domaine des TIC, elle a aussi démontré sa créativité, mais au point de vue business, elle n'a rien prouvé du tout ! Il est temps que le Québec inc., qui représente le commerce traditionnel, la business, se joigne au Québec.com. »

Les propos de monsieur Rabeau sont sensiblement du même ordre, « Les modèles de firmes purement Internet sont en voie de disparition, les entreprises Internet seront de moins en moins pures et vont évoluer vers un mode de gestion qui se rapproche du monde réel. Les entreprises du monde réel, elles, vont évoluer d'un monde d'affaires traditionnelles pour se rapprocher des entreprises Internet. »

Mais monsieur Rabeau s'inquiète surtout du retard qu'éprouve le Québec par rapport à l'économie numérique. Si elles veulent rester à niveau avec les entreprises américaines, les entreprises québécoises doivent adapter leur mode de gestion, utiliser les nouvelles technologies comme un moyen parmi d'autres de rejoindre leurs clientèles et adopter le commerce électronique. Ainsi, il sera peut-être possible de réduire l'écart entre l'économie canadienne et celle de nos voisins du SWud ?
Source : Le Devoir, 25 novembre 2000

3. L'INDUSTRIE TOURISTIQUE QUÉBÉCOISE SE TAILLE UNE PLACE SUR INTERNET - Les enjeux sont grands pour l'industrie touristique québécoise : le marché du tourisme international s'élevait à 532 milliards de dollars l'année dernière dont trois milliards revenaient au Québec. Le Québec est la 40e destination internationale et a reçu, en 1999, trois millions et demi de touristes étrangers (sans compter les touristes des autres provinces).

En septembre 2000, 8 % du marché touristique était généré par Internet et plusieurs experts s'entendent pour dire que le nouveau défi pour les entreprises touristiques québécoises, si elles ne veulent tout simplement pas être « exclues » du marché, est de se positionner sur Internet.

Les initiatives sont tout de même encourageantes. Il y a d'abord le site bonjourquebec.com, projet conjoint du ministère du Tourisme et de Bell Canada qui vise à offrir les services de quelque 1000 établissements hôteliers québécois sur Internet en 2001. Il y a également des exemples spécifiques comme l'Auberge de la Fontaine à Montréal qui, en plus d'avoir son site Internet, a développé un logiciel qui servira à regrouper une douzaine d'établissements hôteliers sur un nouveau site. Ou encore le site transactionnel du groupe Transat, en ligne depuis la mi-septembre, qui reçoit déjà plus de 2000 visites par jour.

Même l'Association des agences de voyages du Québec, qui estime que les deux tiers de ses 500 membres ont à ce jour une présence sur Internet, offre plusieurs formations sur des sujets comme l'utilisation de logiciels, le développement de sites Internet et la gestion des ventes par Internet.

Le virage Internet est donc très bien entrepris pour cette industrie importante dans l'économie du Québec.
Source : La Presse, 21 novembre 2000

4. LES NOTAIRES ET INTERNET : DE NOUVELLES PRATIQUES - C'est bien connu, au cours des deux dernières décennies, les technologies de l'information ont bouleversé de multiples professions. Les exemples abondent : les dessinateurs techniques ont abandonné le papier et la règle pour la dernière mouture d'AutoCAD, les secrétaires n'utilisent plus (ou si peu...) les anciennes dactylos, etc. Le notariat n'échappe pas à cette règle. En effet, le Québec est sur le point d'adopter la nouvelle loi 139 qui redéfinit cette profession en lui permettant d'intégrer les technologies à ses pratiques professionnelles.

Bien sûr, le nouveau projet de loi confirme le rôle d'officier public et de conseiller juridique du notaire. Par contre, nouveauté significative : le papier n'est plus le seul support reconnu pour produire des actes notariés. En effet, les actes électroniques font maintenant partie de l'arsenal du notaire. En plus, chaque notaire disposera d'une signature électronique et, fait particulièrement important, pourra jouer un rôle dans le processus électronique de certification de l'identité des personnes. Ce processus de certification est à la base des échanges électroniques : lorsque monsieur X fait un achat sur Internet, il est fondamental que le marchand soit certain qu'il s'agit vraiment de monsieur X et non pas d'un imposteur ... comme les ados qui commandaient des pizzas pour leur voisin avant l'invention des afficheurs téléphoniques :-).

Bref, une nouvelle loi qui redéfinit la profession et une nouvelle responsabilité fort importante pour les notaires québécois à l'aube du commerce électronique. Dans ce nouveau contexte, la Chambre des notaires du Québec a mis de l'avant quelques initiatives. D'abord, les notaires jouent le rôle d'agents certificateurs de l'identité pour le Registre (électronique !) des droits personnels et réels mobiliers. Ensuite, la Chambre a mis sur pied un organisme sans but lucratif : Notarius, dont l'objectif principal est de faciliter le passage des notaires à l'ère électronique en développant un environnement fiable et sécuritaire pour les transactions électroniques et l'échange de documents informatisés. En plus de déployer une inforoute notariale, cet organisme a conçu le logiciel VU Focus 98 qui permet, entre autres choses, la transmission de documents signés électroniquement (pour en garantir l'authenticité) et chiffrés (pour en garantir la sécurité) entre les notaires et la Chambre.
Sources : Les affaires, 25 novembre 2000 ; Le communiqué de presse ; Le site de l'inforoute notariale


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