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Archives du bulletin SISTech : novembre 2005
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Bulletin du 18 novembre
Bulletin du 4 novembre 2005

Bulletin du 18 novembre 2005
Version PDF

1. La baladodiffusion en entreprise, pourquoi pas?
2. Faire adhérer la clientèle à de nouveaux produits ou services : dix conseils publicitaires pour y parvenir
3. Cyberdémocratie : raviver la participation du citoyen à la politique grâce aux TI

1. La baladodiffusion en entreprise, pourquoi pas? - Le développement des nouvelles technologies favorise l’expansion des divers moyens de communication. Du site Internet à l’intranet en passant par le courriel, la vidéo Web et le blogue, l’entreprise a l’embarras du choix pour rejoindre ses employés, ses partenaires et sa clientèle. L’une des dernières innovations en la matière, la baladodiffusion (podcasting), attire de plus en plus l’attention. Non, la baladiffusion n’est pas réservée aux émissions de radio ou de télévision! Les entreprises aussi peuvent en bénéficier!

La baladodiffusion réfère à la diffusion de matériel numérique audio ou vidéo sur le Web au moyen de fils RSS. L’abonnement RSS permet la réception et le téléchargement automatiques de l’enregistrement sur un lecteur numérique MP3 pour une écoute ou un visionnement au moment de son choix.

Tout type de document numérique audio ou vidéo (conférence, discours, formation, réunion, etc.) pouvant être baladodiffusé, la baladiffusion offre de multiples avantages et possibilités. Ainsi, l’entreprise peut autant l’utiliser à l’interne (avec ses employés) qu’à l’externe (avec ses partenaires et clientèles).

Voici quelques avantages inhérents à la baladodiffusion à l’interne :
- Réduction des coûts : La baladiffusion élimine les dépenses de production et de distribution de certains documents ou cédéroms. Elle permet aussi d’économiser en évitant à un employé de se déplacer pour assister à une réunion, à un discours ou à une session de formation;
- Informer le personnel : la baladodiffusion encourage la circulation de l’information au sein de l’organisation. Ainsi, tous les employés sont avisés – en même temps – des nouveautés, des événements, etc. d’ordre général. De plus, ils sont informés des projets, des produits, etc. qui les concernent plus directement;
- Économie de temps : La réception d’un balado dès sa parution élimine le temps alloué à la recherche de contenu récent et pertinent dans des bulletins ou sur l’intranet;
- Pertinence du contenu : L’abonnement aux balados de son choix assure à l’employé de recevoir automatiquement des renseignements pertinents sur l’entreprise en général ainsi que de l’information spécifique à son équipe de travail et à ses fonctions;
- Augmentation de la productivité : L’écoute d’un enregistrement en différé fournit l’occasion de mettre à profit des heures improductives comme l’attente à l’aéroport, l’exécution de tâches routinières, un trajet en autobus ou une activité physique;
- Formation des employés : La baladodiffusion s’ajoute aux méthodes traditionnelles et nouvelles de formation. Elle a l’avantage de permettre à un apprenant d’écouter un cours auquel il n’a pas assisté ou de le réécouter, s’il ne l’a pas bien compris.

La baladodiffusion à l’externe a un fort potentiel marketing. On peut l’utiliser pour :
- Développer une marque de commerce : Elle augmente la visibilité de l’entreprise ainsi que celle de ses produits et services;
- Fidéliser la clientèle : La baladiffusion est un moyen efficace d’effectuer les activités entourant la gestion de la relation client;
- Cultiver ses relations publiques : En augmentant la visibilité, la baladodiffusion assure aussi une meilleure couverture médiatique des nouveautés et des activités de l’entreprise;
- Élargir l’étendue de son marché : Elle permet de viser et d’atteindre une audience plus vaste, non accessible par les autres types de médias.
- Améliorer les relations avec les partenaires : L’annonce et la transmission des réunions, des rencontres, des projets, des nouvelles, des appels d’offres, etc. sont d’autres moyens d’entretenir de bons liens avec ses partenaires.
De plus, cette nouvelle technologie est un outil de veille formidable pour tout connaître sur ses concurrents, le marché, les tendances, les nouvelles technologies, les nouveaux programmes d’aide, etc.

L’écoute ou le visionnement en différé convenant parfaitement au rythme de vie (personnelle et professionnelle) effréné que nous connaissons tous, la baladodiffusion mérite notre attention. De plus, cette solution s’intègre très bien au monde de travail actuel qui compte de plus en plus de télétravailleurs, de travailleurs mobiles et d’employés d’une même organisation dispersés sur le territoire.

La baladodiffusion s’étant popularisée depuis à peine un an, il n’est pas étonnant de constater que peu d’organisations l’aient implantée à ce jour. Toutefois, IBM et Capital One en font présentement l’essai. Capital One a récemment fournit 3000 baladeurs iPod à ses employés pour un projet à l’interne. Le 11 octobre 2005, IBM a lancé un programme pilote de baladodiffusion destiné à ses employés. Pour information, un guide d’utilisation est disponible sur le blogue de l’un des employés. (Voir la référence mentionnée en source)

Enfin, la popularité grandissante de l’utilisation des fils RSS et des lecteurs MP3 démystifiera la baladodiffusion tout en faisant connaître et apprécier ses avantages. À cet égard, une enquête de l’Alliance NumériQC et du CEFRIO révèle que 20,6 % des adultes québécois vivent dans un foyer où se trouve un lecteur de musique numérique portable. Aux États-Unis, Pew Internet and American Life Project a annoncé que 11 % des Américains, soit plus de 22 millions de personnes, possèdent un lecteur iPod ou MP3. C’est bien parti!


Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Alliance numériQC, et CEFRIO (2005). Indicateurs numériQC 2005 : équipement numérique des domiciles québécois, [6] p. (Page consultée le 16 nov. 2005)

Edelman (2005). « Reaching employees through podcasting » [En ligne], Employee thinking, sept., 1 p. (Page consultée le 16 nov. 2005)

Pew Internet and American Life Project (2005). Podcasting catches on, avril, 5 p. (Page consultée le 16 nov. 2005)

Rumford, Rodney L. (2005). What you don’t know about podcasting could hurt your business : how to leverage and benefit from this new media technology [En ligne], Info Guru LLC, juin, 21 p. (Page consultée le 16 nov. 2005)

Snell, James (2005). « Podcasting @ IBM » [En ligne], The practical application of emerging technologies (blogue), 11 oct. (Page consultée le 16 nov. 2005)


2. Faire adhérer la clientèle à de nouveaux produits ou services : dix conseils publicitaires pour y parvenir - Cette semaine, le 16 novembre 2005, se tenait au Centre des Congrès de Québec la 27e édition de la Journée de l’informatique du Québec. Parmi toutes les conférences qui s’y sont déroulées, figurait celle de Luc Dupont, professeur au Département de communication à l’Université d’Ottawa et spécialiste bien connu des questions touchant la publicité, la communication politique et l’image. M. Dupont y a présenté une série de conseils servant à concevoir des publicités efficaces pour vendre un nouveau produit ou un service basé sur les technologies de l’information.

1. Frapper l’imaginaire: Le Québec dénombre entre 468 000 et un million de personnes âgées entre 15 et 65 ans faiblement alphabétisées. Conséquemment, l’image devient l’élément le plus important dans une publicité. Le client potentiel doit pouvoir s’imaginer ce qui est abstrait à ses yeux. Une bonne publicité devrait même permettre de comprendre le message juste en regardant les images. M. Dupont prétend également que dans le secteur des TI, ajouter des photos au lieu des images accroît l’efficacité. Pour toutes ces raisons, tout l’aspect visuel doit dominer.

2. Montrer des gens : Montrer des personnes réelles dans les publicités fait vendre. En effet, ajouter un facteur humain ou animal autour d’un produit serait deux fois plus efficace. Les enfants et les bébés font également accroître les ventes. La solution consiste donc à montrer des gens en train d’employer l’outil ou le service informatique.

3. Mettre un titre court : Toute annonce publicitaire doit comporter un titre. Celui-ci doit être le plus court possible et, si possible, contenir sept mots au maximum. Plus long, le titre n’aura plus l’effet accrocheur désiré. M. Dupont suggère aussi de ne jamais terminer un titre par un point. Il semble que les gens ne poursuivraient pas leur lecture lorsque cet élément de ponctuation se retrouve dans le titre d’une publicité.

4. Insérer des mots puissants : La publicité doit contenir des mots accrocheurs pour faire ressortir les idées véhiculées. Les mots « nouveau » et « gratuit » ont jusqu’à aujourd’hui produit cet effet.

5. Rester simple : Les Québécois utilisent en moyenne 350 mots différents par jour. À la lumière de cette information, on comprend pourquoi M. Dupont suggère d’élaborer des outils publicitaires utilisant un langage simple. Il propose d’employer un vocabulaire accessible, mais toujours accrocheur. De plus, le texte doit être court. Une publicité ne devrait jamais comporter plus de 50 mots et le maximum se situe à 250 mots pour un dépliant publicitaire. Une publicité trop longue découragera le client potentiel à poursuive sa lecture. La négation est également déconseillée dans une publicité. Il vaut mieux mentionner ce que l’appareil fait et cacher ce qu’il ne fait pas.

6. Être crédible : Le but de la publicité consiste à présenter aux clients potentiels le produit suggéré, à gagner leur confiance et à les convaincre de se le procurer. Pour se faire, la publicité peut donc s’appuyer sur des témoignages réels et des résultats d’études ou de tests. Une autre façon d’accroître la crédibilité d’un produit consiste à faire mention des prix reçus dans le milieu et de la garantie qui y est rattachée.

7. Choisir une typographie simple : Même si de nouveaux styles de caractères font leur apparition régulièrement, vaut mieux choisir une typographie conservatrice et facilement lisible. Les mots en lettres majuscules sont également à proscrire puisque les gens ne les lisent habituellement pas.

8. Privilégier une mise en page simple et aérée : Les paragraphes doivent toujours être espacés et justifiés à gauche. Selon l’expérience de M. Dupont, encadrer une image par du texte ne représente pas une bonne idée. Il est également préférable que le texte soit de couleur foncée sur un fond blanc ou très pâle.

Autre conseil à ne pas oublier : une publicité efficace doit avoir la forme d’un Z puisque les gens lisent d’abord le haut de gauche vers la droite et ensuite le bas, de gauche à droite. Le logo de l’entreprise, quant à lui, s’affiche toujours dans le bas droit de la publicité. Cela permet à l’entreprise de passer son message avant de s’afficher.

9. Utiliser la couleur : Il faut bien choisir les couleurs utilisées dans les publicités puisque certaines ont une plus grande force. Selon M. Dupont, au Québec, le bleu aurait davantage la cote. Ainsi, lorsqu’Apple a produit ses ordinateurs avec un dos coloré, les bleus se sont plus vendus au Québec alors que les appareils rouges ont davantage trouvé preneurs auprès des autres Canadiens.

10. Concentrer ses efforts dans le temps : Puisqu’une publicité doit être vue au moins sept fois avant d’être vraiment remarquée, il est conseillé de bien cibler le moment de diffuser sa publicité. Par exemple, si une compagnie désire que son nouveau produit informatique se vende durant la période des Fêtes, elle doit commencer à s’afficher sept semaines avant le début de la période de magasinage de Noël.

Il est bon de rappeler que le produit qui est acheté n’est pas nécessairement le meilleur, mais bien celui qui a la meilleure technique de marketing. On n’a qu’à se rappeler la compétition entre la cassette vidéo VHS et la casette Bêta. Selon M. Dupont, ce même processus de sélection déterminera lequel des deux nouveaux formats de remplacement du DVD actuel, le Blue-ray ou le HD-DVD, survivra.

Enfin, puisque la publicité occupe une grande place dans la commercialisation des TIC et que la publicité sur Internet ne cesse de se développer, le CEFRIO a récemment initié une nouvelle enquête autour de cette thématique, NetPub¹. Plusieurs partenaires ont jusqu’à présent confirmé leur participation à ce sondage qui vise à déterminer les perceptions des internautes québécois relatives à la publicité en ligne. Notons en terminant que Luc Dupont s’est aussi associé à NetPub, et que son expertise en matière de publicité et de marketing enrichira ainsi encore davantage les résultats de ce vaste sondage.


Note :
¹Pour plus d’information sur l’enquête NetPub ou pour en devenir partenaire, veuillez contacter Eric Lacroix, directeur des enquêtes et de la veille stratégique au CEFRIO à l’adresse eric.lacroix@cefrio.qc.ca ou par téléphone au (418) 523-3746.


Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Sources:
Dupont, Luc (2005). « L’adhésion de nos clients à de nouveaux services ». Journée de l’informatique du Québec (Québec, 16 novembre), Fédération de l’informatique du Québec.

Hamelin, Marylise (2005). « Journée mondiale de l’alphabétisation – Briser la chaîne de la pauvreté » [En ligne], Le devoir.com, 3 septembre, (Page consultée le 17 novembre 2005)

3. Cyberdémocratie : raviver la participation du citoyen à la politique grâce aux TI

« Le vote en ligne n'est pas la finalité unique de la démocratie électronique. Celle-ci exige aussi que le web soit un lieu de débat, de transparence, d'échanges avec les élus. » Pierre de La Coste, auteur du rapport intitulé L'hyper-république, bâtir l'administration en réseau autour du citoyen.

Devant la chute de la participation des citoyens et de leur intérêt à l'égard des processus démocratiques, surtout chez les plus jeunes, c'est toute la légitimité du système politique actuel qui est remise en cause. Et le Canada n'échappe pas à cette crise. Le citoyen se trouve souvent sans voix devant la complexité des systèmes décisionnels, le langage technique utilisé dans les documents officiels et le poids des groupes de pression hautement organisés. Sans tomber dans la « démocratie d'opinion », où les représentants du peuple gouvernent au gré des humeurs de la population, permettre aux citoyens d'intervenir directement auprès de leurs représentants constitue certes une voie de dynamisation de la vie démocratique¹. Les technologies de l'information comptent parmi les moyens envisagés pour y parvenir.

Les vastes domaines de la cyberdémocratie

De la simple diffusion de lois et de règlements jusqu'au vote en ligne, aux forums, à la participation à des débats, en passant par les communications entre les citoyens et leurs députés, les activités liées à la cyberdémocratie peuvent prendre différentes formes. Une chercheuse américaine de l'Université Harvard, Cary Coglianese, monte d'un cran en proposant, au moment d'élaborer des politiques, de mettre en place des jurys virtuels de citoyens avec salons de clavardage et forums en ligne favorisant les délibérations. Pour plus de transparence dans les processus décisionnels, l'auteure suggère de rendre publics, non seulement le projet de loi, mais également les discussions qui ont entouré son élaboration ainsi que les ébauches du projet. Elle souligne qu'Internet permettrait de créer une base de données contenant les communications officieuses entre le gouvernement, les groupes de pression et les industriels.

Internet offre également une vitrine des plus intéressantes pour les élus. D'ailleurs, plusieurs d'entre eux l'utilisent actuellement pour présenter leur programme et se faire connaître de la population. Nos assemblées sont-elles tout aussi branchées ? Une visite rapide des sites provinciaux et fédéraux a permis de constater l'état d'avancement de la cyberdémocratie. Le Parlement canadien, par l'intermédiaire de son service ParlVU, diffuse les activités de la Chambre des communes sur le Web en mode audio et vidéo. Toutes les délibérations de la Chambre des communes, les séances télévisées et le contenu audio des séances publiques des comités y sont transmises en temps réel. À l'instar du Parlement canadien, les assemblées du Québec, du Manitoba, de la Colombie-Britannique, de l'Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Saskatchewan et de l'Alberta offrent à leurs citoyens la possibilité de visionner ou d'écouter, par Internet, les périodes de questions et les débats en cours. Le Sénat canadien emboîte le pas et permet maintenant d'écouter en direct les délibérations de certains comités².

Plus près des citoyens

Plusieurs initiatives de démocratie en ligne sont en marche à différents niveaux de gouvernement, au Canada et dans le monde. Les citoyens manifestent d'ailleurs un engouement à cet égard. L'enquête NetGouv 2005, menée conjointement par le CEFRIO et la firme de sondage SOM, montre en effet que la majorité des Québécois (54 %) souhaitent avoir la possibilité de voter de façon électronique (par Internet ou par téléphone) lors des prochaines élections. Cette proportion grimpe à 70 % lorsqu'on interroge les 18 à 34 ans et à 69 % lorsqu'on s'adresse aux personnes dont le foyer compte quatre membres ou plus. Néanmoins, seulement 2 % des Québécois se sont déjà prêtés à une consultation publique en ligne lancée par le gouvernement du Québec. Trois principales raisons expliquent cette faible participation : les citoyens manquent d'intérêt ou n'en ont pas (35 %) ou ils ne connaissaient pas l'existence de telles activités en ligne (32 %) ; ils n'ont pas accès à Internet (23 %). Toutefois, la majorité des Québécois qui ont participé à un tel exercice (88 %) estiment adéquate la technologie mise à leur disposition. Il reste à souhaiter que la cyberdémocratie amènera les citoyens, tant Québécois que Canadiens, à participer plus activement à la vie démocratique.


* Extrait d’un article de l’édition de novembre 2005 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux. Consultez l’ensemble des articles du bulletin pour en apprendre davantage sur différentes initiatives en gouvernement électronique à travers le monde.

Notes :
1. DUCOMTE, J-M., La démocratie, Toulouse, Édition Milan, 2003, référé dans Trudel et autres, 2004.
2. Sites de webdiffusion :
Parlement du Canada, ParlVU
Sénat
Manitoba
Québec
Saskatchewan
Alberta
Île-du-Prince-Édouard :
- audio
- vidéo
Nouveau-Brunswick
Colombie-Britannique


Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
CEFRIO. NETGouv 2005 : la cyberdémocratie au Québec : sondage réalisé auprès des citoyens du Québec, mai 2005, 4 p.
Voir également le communiqué de presse.

CONSEIL NATIONAL TRAVERSER LES FRONTIÈRES, Groupe de travail sur le renouveau démocratique. Le renouveau démocratique au Canada : document de recherche et d'analyse, 2004, 18 p.

FARGUES, Laurent, Acteurs publics. « E-Démocratie. La course d'obstacles », La lettre de la modernisation de l'État, no 18, 4 octobre 2005, 4 p.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. Grand dictionnaire terminologique.

TRUDEL, Pierre et autres, Centre de recherche en droit public, Chaire L.R. Wilson sur le droit des technologies de l'information et du commerce électronique, Faculté de droit de l'Université de Montréal. Les dimensions juridiques du développement de la cyberdémocratie : aperçu des concepts, enjeux et principes fondamentaux , 22 juin 2004, 31 p.

UNIVERSITÉ DE MONCTON, Département d'administration publique. Cyberdémocratie : réalités et perspectives canadiennes, 26 février 2003.

VACHON, Isabelle. « Accroître la participation citoyenne à la vie démocratique grâce aux technologies de l'information », bulletin e-Veille, février 2005.


Bulletin du 4 novembre 2005
Version PDF

1. Comment faire bénéficier les groupes de personnes socialement exclus des avantages engendrés par le gouvernement en ligne?
2. L’infobésité nuit à votre productivité personnelle? Gare à la façon dont vous utilisez les nouvelles technologies!
3. Le gouvernement télévisuel : pour des services publics accessibles à tous


1. Comment faire bénéficier les groupes de personnes socialement exclus des avantages engendrés par le gouvernement en ligne? -
Les différents niveaux de gouvernement, autant au Canada qu’ailleurs dans le monde, développent de plus en plus d’initiatives en ligne pour s’adapter aux nouveaux besoins amenés par la société de l’information et pour mieux rejoindre les citoyens. Par contre, certains groupes de personnes, pour différentes raisons, demeurent contre leur gré à l’écart de cette transformation.

Les groupes socialement exclus ont habituellement moins accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et conséquemment, bénéficient peu des avantages qui leur sont associés. Ces personnes sont souvent sans emploi, sans abri, moins fortunées, malades ou éprouvent simplement des difficultés d’apprentissage. Ces individus ou même ces familles ont souvent des besoins complexes et multiples qui nécessitent des ressources stratégiquement ciblées et beaucoup de support.

En Grande-Bretagne, l’International Electronic Commerce Research Centre (IECRC) et l’organisme Citizens Online se sont penchés sur la question et ont publié un rapport intitulé : « eGovernment : Reaching socially excluded groups? ». En voici les principales recommandations.

Les organisations du secteur public doivent élaborer des règles claires concernant le partage de renseignements personnels : L’étude de certains cas au Royaume-Uni a démontré que l’élaboration de règles précises dans la façon de partager l’information entre les différentes administrations publiques apporte plusieurs bénéfices. Il est alors plus facile d’identifier les problèmes et l’étendue des exclusions sociales dans la société.

L’inclusion sociale doit devenir une priorité à l’agenda de l’administration centrale : Une fois que les administrations publiques ont cerné l’envergure et la nature des exclusions sociales, elles doivent penser à développer des stratégies et des initiatives. Celles-ci doivent comporter des objectifs clairs afin de répondre efficacement aux attentes et besoins des groupes socialement exclus.

Favoriser le succès des projets recherchant des sources de financement durables : En l’absence de stratégies claires pour intégrer les groupes en retrait, le financement devient le principal catalyseur des actions à mettre en place. Afin de favoriser le développement et la viabilité des projets de développement en TI, les auteurs du rapport recommandent une planification des dépenses basée sur des fonds durables dès le commencement. Il est également suggéré aux Administrations de créer des partenariats afin d’accroître les possibilités de financement.

Promouvoir les projets technologiques qui favorisent l’inclusion aux services et activités offerts par le gouvernement : Les groupes de personnes socialement exclus sont probablement ceux qui coûtent le plus cher à servir en raison de la complexité de leurs besoins. Par contre, l’utilisation des technologies peut améliorer les services qui leur sont habituellement offerts et engendrer des gains d’efficacité en transférant les utilisateurs d’anciennes méthodes coûteuses vers de nouveaux modes de prestation de services moins dispendieux.

Mettre des efforts pour identifier et promouvoir les avantages de l’utilisation d’Internet et du gouvernement en ligne aux non-utilisateurs : La plupart des sociétés souhaitent un accès universel à Internet. Alors, le gouvernement doit démontrer clairement aux personnes socialement exclues qui ne voient aucun avantage ou raison d’utiliser Internet et les services gouvernementaux en ligne toutes les possibilités qui leur sont offertes.

Mettre en place des points d’accès publics à Internet : Au Royaume-Uni, différents moyens ont été instaurés afin de favoriser l’accès à Internet et aux services en ligne gouvernementaux des groupes socialement exclus. En plus des ordinateurs branchés à Internet dans les bibliothèques, des stands informatiques ont été mis en place. Ainsi, dans les centres communautaires, dans les bibliothèques, dans les bureaux municipaux, dans les centres de loisirs, dans les centres commerciaux et même sur les rues principales près des arrêts d’autobus, les gens peuvent accéder gratuitement aux pages Web gouvernementales sur des appareils réservés à cet usage. Cette initiative, en partenariat avec des entreprises du secteur privé, permettait également sur certains postes d’utiliser le courriel. Aussi, puisqu’au Royaume-Uni il est possible d’accéder à certaines pages Web au moyen de la télévision numérique, certaines municipalités ont installé ces infrastructures gratuitement ou à moindre coût aux groupes socialement exclus.

Aider financièrement les groupes socialement exclus : Puisque ces personnes sont habituellement moins fortunées, une assistance financière peut leur être utile pour apprendre à utiliser un ordinateur, à naviguer sur Internet ou simplement pour se procurer un ordinateur et se brancher au réseau. Par exemple, le gouvernement du Royaume-Uni fournit une gamme d’avantages, de crédits de taxes et autres aides financières pour supporter l’informatisation et pour adapter les ordinateurs en fonction des incapacités.

Adapter les portails et sites Web : Les services Web des administrations publiques doivent être accessibles à tous les citoyens. Alors, le format et le contenu de certains sites et portails doivent être adaptés afin qu’ils soient faciles d’utilisation pour chaque personne qui les visite. Pour ce faire, les groupes socialement exclus peuvent être consultés pour mieux comprendre leurs besoins.

Évaluer les projets : Afin de favoriser le développement de projets visant à intégrer les groupes socialement exclus, les responsables doivent évaluer régulièrement, et ce, malgré le manque de temps les résultats des initiatives mises en place. Aussi, les bonnes pratiques doivent être partagées entre les différentes administrations. Par exemple, le conseil de ville de Newcastle-Upon-Tyne au Royaume-Uni organise régulièrement des séminaires visant à expliquer les mesures instaurées pour favoriser l’intégration aux TIC.

En terminant, toutes ces recommandations abondent dans le même sens, soit de placer les besoins des personnes socialement exclues parmi les priorités de l’agenda des gouvernements en ligne locaux. Ainsi, les TIC et les services en ligne devraient devenir davantage accessibles à un plus grand éventail de la population et ainsi réduire le fossé numérique existant.

Et nous nous permettons d’en ajouter une de notre cru : il ne faut jamais perdre de vue qu’à court terme, malgré tous les efforts, bon nombre de citoyens demeureront exclus de la société numérique. Malgré l’ampleur de son chantier de gouvernement électronique, un gouvernement responsable devra continuer d’assurer à ses citoyens une qualité acceptable de services par les modes traditionnels de prestation.


Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Source : Foley, Paul, Ximena Alfonso, John Fisher, Gail Bradbrook, International Electronic Commerce Research Center et Citizens Online (2005). eGovernment:Reaching socially excluded groups? [En ligne], Royaume-Uni, 56 p. (Page consultée le 3 novembre 2005)


2. L’infobésité nuit à votre productivité personnelle? Gare à la façon dont vous utilisez les nouvelles technologies! - L’arrivée incessante de nouveaux outils et appareils informatiques sur le marché transforme nos façons de communiquer, de s’informer, de travailler, etc. Généralement, les technologies de l’information (TI) contribuent à améliorer la productivité personnelle. Elles peuvent également l’entraver. En effet, à l’usage, on constate rapidement que l’on est sollicité de toute part (courriel, messagerie instantanée, messagerie vocale, téléavertisseur, téléphone cellulaire, etc.). De plus, on devient très vite submergé par une grande quantité d’information (messages électroniques, bulletins électroniques, fils RSS, le Web, etc.). Que faire pour ne pas ployer sous le poids de la surcharge informationnelle? La solution semble provenir davantage du côté de l’être humain que de celui de la technologie.

Combien de fois dans une journée vous arrive-t-il d’interrompre vos activités pour vérifier vos courriers électroniques, lire un courriel nouvellement reçu (une fenêtre apparaît tout à coup au milieu de votre écran), consulter un site Web ou répondre à un message instantané? Selon Donald E. Wetmore, fondateur du Productivity Institute, en moyenne, une personne est interrompue à toutes les 8 minutes ou 50-60 fois par jour. L’interruption moyenne monopolise 5 minutes, totalisant environ 4 heures dans une journée de travail. De ces interruptions, 80 % apportent peu ou pas de valeur, entraînant ainsi une perte de temps approximative de 3 heures par jour. Ouf!

Quelles peuvent être les causes d’improductivité personnelle liée à l’infobésité (information overload)?
- Avoir un besoin obsédant d’être constamment branché ou de vérifier tout message entrant;
- Souffrir d’un déficit d’attention;
- Être du type multitâche ou avoir de la difficulté à prioriser ses activités;
- Subir les interruptions constantes de collègues, en personne, par téléphone ou par courriel;
- Travailler avec un outil informatique non approprié.

Les TI sont très bénéfiques. Elles nous permettent d’accomplir des tâches plus rapidement et plus efficacement. Par contre, on ne peut pas compter uniquement sur elles pour gérer l’infobésité; pas plus qu’on utilise le feu pour traiter une brûlure. La surcharge d’information est un problème humain qui nécessite une « solution humaine ». Pour y faire face, on peut commencer par développer de nouvelles méthodes de travail. Par exemple, il n’est pas nécessaire de lire un message ou de répondre à un courriel non urgent dès son arrivée. Certaines personnes prévoient des périodes de temps déterminées dans la journée - le matin, avant le dîner ou à la fin de l’après-midi – pour ces activités.

Certaines entreprises ont mis sur pied des initiatives visant à aider leurs employés à régler les problèmes de productivité personnelle, de gestion du temps et de contrôle de l’information. Voici quelques exemples :
- empêcher les employés d’accéder aux serveurs de l’entreprise en dehors des heures de bureau;
- déclarer une journée de la semaine, par exemple le vendredi, « journée sans courriels » où les employés ont seulement le droit de communiquer par courrier électronique avec les clients et non avec leurs collègues;
- bloquer l’accès à certains sites Web, spécialement les services de courriels comme Hotmail ou Yahoo;
- limiter ou défendre l’utilisation de la messagerie instantanée;
- interdire l’utilisation du courriel au travail pour des raisons personnelles.
Par contre, on peut s’interroger sur l’efficacité de telles mesures qui risquent plutôt de faire naître des sentiments négatifs au sein de l’organisation.

Les nouvelles TI et le Web nous offrent « le monde ». On a facilement accès à tellement d’information qu’il est tentant et compréhensible de faire de la gourmandise. L’infobésité vous guette? Cherchez à réduire « certains excès ». Lisez-vous tous les bulletins électroniques auxquels vous êtes abonnés? Avez-vous réellement besoin d’un assistant personnel numérique? Effectuer une tâche en particulier ou rédiger un rapport en fermant son logiciel de courrier électronique et son téléphone cellulaire améliorera inévitablement votre productivité personnelle. Il est permis de ne pas être branché 24/7 au 21e siècle!


Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Chin, Paul (2005). « Unplugged : information overload requires a human solution » [En ligne], Intranet journal, 13 oct. (Page consultée le 2 nov. 2005)

Wetmore, Donald E. (1999). Time management facts and figures [En ligne], Time Management Seminars, Productivity Institute, 23 août. (Page consultée le 3 nov. 2005)


3. Le gouvernement télévisuel : pour des services publics accessibles à tous - Dans la foulée des développements du gouvernement en ligne, les administrations publiques sont nombreuses à vouloir offrir à leur clientèle des services innovateurs, interactifs et personnalisés, 24 heures sur 24. Cependant, bien que la pénétration d'Internet demeure en hausse dans plusieurs pays, des citoyens sont toujours exclus de l'univers des TI. Existant avant tout pour servir l'ensemble de la population, les gouvernements cherchent des solutions novatrices pour joindre le plus grand nombre et diminuer la fracture numérique avec laquelle ils sont aux prises. Or, dans cet exercice de démocratisation de l'offre de services électroniques, le t-government ou gouvernement télévisuel est certainement une option à envisager.

Mais encore, qu'entend-on par « gouvernement télévisuel » ? Il s'agit en fait, pour une administration publique, de développer une offre de services interactifs diffusés sur le poste de télévision des citoyens. Le déploiement de la télévision numérique — qui permet d'interagir avec le téléspectateur — et la possibilité qu'offre ce médium, déjà éminemment populaire, de proposer de l'information et des services publics constituent une occasion unique pour les gouvernements. Plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs d'avis que cette nouvelle voie de communication avec leurs clients est un atout central de leur stratégie de prestation de services. S'il tient sa principale promesse, le gouvernement télévisuel pourrait en effet faire tomber les barrières que rencontrent certains individus lorsque vient le temps d'interagir avec les agences gouvernementales.

À l'instar des services gouvernementaux en ligne, les services publics que favorise la télévision numérique peuvent être nombreux et diversifiés. Ils peuvent être de nature informationnelle (renseignements sur la circulation, nouvelles locales, résultats de consultations publiques, etc.), interactive (demande d'information, participation à un forum, prise de rendez-vous avec un fonctionnaire, etc.) ou transactionnelle (paiement de taxes, renouvellement de permis, etc.). Le citoyen verra sans doute plusieurs avantages à cette nouvelle voie de prestation de services. Parmi ceux-ci, mentionnons le fait que les services dont il a besoin lui seront rendus dans le confort même de son foyer, de façon plus privée et plus personnalisée qu'au comptoir. En outre, la télévision étant un médium bien connu, les opérations revêtiront un aspect familier qui les rendra plus accessibles, notamment aux personnes réticentes à utiliser l'informatique. Le fait que plusieurs individus puissent s'installer simultanément devant l'écran télé et interagir autour d'une même application constitue aussi l'un de ses atouts.

Des exemples concrets

L'expérience britannique

Dès décembre 2003, le gouvernement du Royaume-Uni publiait une politique destinée à encourager la prestation de services publics par télévision numérique. Leader mondial de l'adoption de cette technologie, le pays soulignait sa volonté d'en maximiser l'utilisation, cette nouvelle voie de prestation s'inscrivant au cœur de son offre de services électroniques. Pour le Royaume-Uni, il est clair que l'utilisation de la télé numérique lui permettra d'atteindre son objectif d'offrir tous ses services en ligne au terme de l'année 2005 et, peut-être plus important encore, de s'attaquer de façon efficace à la fracture numérique.

Du côté de l'Italie

À l'instar du Royaume-Uni, l'Italie est un ardent partisan de la télévision numérique en tant que nouvel outil interactif pour le développement de services gouvernementaux électroniques. Lucio Stanca, ministre de l'Innovation et des Technologies, annonçait, en mars 2005, que le gouvernement central du pays contribuerait au financement de 29 projets régionaux et locaux utilisant cette technologie, projets dont la valeur globale excéderait les 32 millions d'euros. Ces initiatives touchent un large spectre de services publics, dont l'emploi, les services sociaux, le tourisme et le secteur des soins de santé. Selon le ministre, ces initiatives feront de l'Italie un leader européen dans le domaine.

L'avancée asiatique : la Corée du Sud

Déjà reconnue comme l'un des pionniers du gouvernement électronique, la Corée du Sud a annoncé en mai 2005 son intention de recourir au gouvernement télévisuel en vue de faciliter les communications entre l'administration publique et les citoyens. D'ici à la fin de l'année 2005, le pays entend rendre une trentaine de services disponibles sur ce médium. Il vise ainsi à augmenter l'accessibilité des services électroniques aux exclus du Net, pratiquement toutes les familles du pays possédant un téléviseur. Une fois ce nouveau système implanté, tout citoyen coréen muni de sa télécommande pourra avoir accès à de l'information et à des documents gouvernementaux, participer à des consultations électroniques, ou encore signaler une situation d'urgence.

La prestation de services électroniques par télévision numérique, on le voit, recèle un potentiel majeur d'inclusion sociale. La fracture numérique sévissant toujours, même dans les pays les plus branchés du monde, il y a fort à parier que les gouvernements seront de plus en plus nombreux à se tourner vers cette nouvelle forme d'interaction avec les citoyens.

* Extrait d’un article de l’édition de septembre du bulletin e-Veille, réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux. Consultez l’ensemble des articles du bulletin pour en apprendre davantage sur différentes initiatives en gouvernement électronique à travers le monde.


Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
JIN-WOO, Lee. « TV-Govt goes beyond Internet », The Korea Times, 24 mai 2005.

MINISTRY OF GOVERNMENT AND HOME AFFAIRS, Republic of Korea. Initiatives for Government Innovation in Korea : Selected Successful Practices, 21 mai 2005.

NATIONAL COMPUTERIZATION AGENCY. « Citizens to receive e-government services on TV », IT Newsletter, vol. 5, no 5, 13 juin 2005, p. 3.

BERTINI, Patrizia. Designing Accessible T-government Services, 23 mai 2005, 65 pages.



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