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du bulletin SISTech : novembre 2003
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Bulletin
du 28 novembre 2003
Bulletin
du 14 novembre 2003
Bulletin
du 28 novembre 2003
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pour imprimer (format PDF)
1. Santé
et Internet : l’Alberta ouvre la voie
2. Le transfert intergénérationnel des savoirs ou
comment créer les conditions nécessaires au partage des connaissances
3. La personnalisation des sites Web ne garantit pas le succès
en commerce électronique
1.
Santé et Internet : l’Alberta ouvre la voie - L’Alberta
est sur le point de lancer ce qui sera sûrement la première initiative
canadienne de gestion électronique de dossiers patients. Appelé
EHR pour « Electronic Health Record », ce projet de 59 millions
de dollars devrait être implanté au printemps 2004.
Un tel système permettra
aux intervenants du milieu de la santé de consulter et de modifier l’information
au dossier médical de leurs patients directement par Internet. En plus
d’être accessible par le Web, une version de ce système sera
intégrée à un autre système déjà en
place. Utilisé par de nombreux médecins de la province, celui-ci,
permet la consultation électronique des dossiers médicaux (electronic
medical records system).
Outre des renseignements
sociodémographiques (date de naissance, adresse, etc.), il sera possible
de trouver et de mettre à jour dans les dossiers en ligne, de l’information
sur les différentes allergies des patients, des résultats de tests
laboratoires ou de tests médicaux ainsi que la liste des différents
médicaments prescrits.
Seule les personnes autorisées
auront accès à l’information contenue dans les dossiers
patients. Par contre, afin d’assurer la sécurité du contenu
informationnel et de respecter les règles qui prévalent dans la
province en matière de protection des renseignements personnels, différents
niveaux d’autorisation seront distribués. « Ceci signifie
que différentes personnes avec différentes fonctions ont différents
droits d’accès à l’information » explique M.
Barry Burke, directeur général du secteur des soins de santé
chez IBM Canada. Ainsi, les patients albertains pourront choisir volontairement
de masquer certains renseignements aux yeux de certains intervenants.
Pour arriver à ce
résultat, le commissaire à la vie privé de l’Alberta,
ainsi que des experts du gouvernement albertain sur les questions de protection
des renseignements personnels et de sécurité du contenu informationnel,
ont été invités à collaborer au projet EHR.
Le projet EHR est d’ailleurs
né de la collaboration du gouvernement provincial de l’Alberta
avec différentes organisations du milieu de la santé, d’Alberta
SuperNet (1), de l’Inforoute Santé du Canada et d’IBM Canada
Ltée. Cette approche collaborative serait à l’origine du
succès de l’Alberta en tant que première province à
mettre en place un tel système. En effet, selon M. Burke, l’Alberta
se retrouverait en tête de lice en matière de dossiers patients
électroniques parce que les différents intervenants du milieu
ont été appelés à s’asseoir autour d’une
même table. Ainsi, ils ont pu puiser dans leurs expériences afin
de créer un projet qui prend en compte l’ensemble du système
de santé albertain.
Note :
(1) Réseau à large bande reliant 4 700 édifices gouvernementaux,
écoles, bibliothèques et institutions de soins de santé
dans 422 communautés de l’Alberta.
Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
Kathleen Sibley, « Alberta
prepares to make patient record history », ITBusiness.ca, 6 novembre
2003.
Site Internet
d’Alberta
SuperNet
2 - Le transfert intergénérationnel
des savoirs ou comment créer les conditions nécessaires au partage
des connaissances - Comme en témoigne le succès
sans précédent du récent colloque du CEFRIO(1), la gestion
des connaissances demeure certainement un sujet tout à fait actuel. Et,
entre toutes les thématiques associées à ce vaste champ
de recherche, la problématique du transfert intergénérationnel
des connaissances retient de plus en plus l’attention jusqu’à
devenir LA préoccupation de l’heure en la matière.
Or, cet engouement pour
le transfert intergénérationnel des savoirs s’explique aisément.
Bien qu’elles n’aient pour la plupart rien entrepris à ce
jour en la matière, la grande majorité des organisations est en
effet – et de plus en plus - bien au fait que, si cette tendance se maintient,
il y aura très bientôt péril en la demeure.
Car, selon les experts,
ce qui est véritablement à craindre avec le départ massif
des baby-boomers vers des cieux plus cléments est bien moins une pénurie
de main-d’œuvre qu’une fuite des savoirs-faire et des connaissances
stratégiques qu’ils ont accumulés au fil des années
sous forme de compétences et d’expertise. Pour Peter Cappelli,
professeur en gestion et directeur du Center for Human Resources à la
Wharton School, il tombe sous le sens que les organisations doivent concentrer
leurs efforts à la mise en place de mécanismes assurant la rétention
de la part intangible, mais ô combien précieuse, de ces savoirs
pour éviter qu’elle ne soit joyeusement emportée par les
baby-boomers ayant choisi de tirer leur révérence.
Mais encore, comment
donc les organisations peuvent-elles relever un tel défi et réussir
à la fois à préserver l’expertise des travailleurs
qui prendront leur retraite et à intégrer les nouveaux venus de
façon efficace?
Si la réponse traditionnelle
à ce problème consiste souvent à instaurer des initiatives
de mentorat ou des stages d’observation, le recours aux TI permet cependant
d’aborder la question de façon différente. Des initiatives
associées à la gestion des connaissances (communautés de
pratique, inventaires des meilleures pratiques, forums de discussion, etc.)
peuvent en effet être mises de l’avant pour saisir, transférer
et conserver les savoirs stratégiques d’une organisation et en
bout de ligne, produire du matériel tangible et transmissible.
C’est dans
ce contexte et dans la foulée de ses travaux précédents
autour de la gestion des connaissances et des communautés de pratique
que le CEFRIO a officiellement donné le coup d’envoi le 19 novembre
dernier à un nouveau projet de recherche portant sur le transfert intergénérationnel
des savoirs(2). L’étude de cette problématique par le CEFRIO
vise à répondre à de nombreuses interrogations, notamment
:
- Comment
identifier les savoirs utiles à transférer ou essentiels à
transmettre? Ou encore, sur quelles connaissances agir en priorité?
- Quelle est la position de l’employé actuel face au mentorat en
réseau, au télétravail, aux communautés de pratique,
etc.?
- Quelles politiques de ressources humaines et quelles pratiques de gestion
sont actuellement utilisées et s’avèrent prometteuses pour
faciliter le transfert des savoirs?
- Quelles sont les technologies ou leurs applications (télétravail,
mentorat en réseau, communauté de pratique, e-learning, etc.?)
les plus susceptibles du supporter de façon efficace la transmission
des connaissances?
L’initiative du CEFRIO
paraît enfin tout à fait novatrice puisque, contrairement aux travaux
précédents sur le sujet, le transfert des connaissances n’y
sera pas traité de façon univoque, les savoirs-faire et l’expertise
circulant nécessairement des aînés vers les plus jeunes,
mais bien selon une approche centrée sur la réciprocité.
Car si les vétérans ont certes beaucoup à apprendre aux
nouveaux travailleurs, ces derniers sont eux aussi détenteurs de savoirs
particuliers et peuvent ainsi grandement contribuer à enrichir le capital
de connaissances de l’organisation.
Notes :
1- Tenu au Centre des congrès de Québec les 18 et 19 novembre
derniers, cet événement d’envergure internationale sur la
gestion du savoir a en effet réuni près de 700 participants. Pour
plus de détails, consulter le site
du colloque ou encore, télécharger gratuitement les différentes
présentations
y ayant été entendues.
2- Pour plus d’information
sur ce projet mené en partenariat et auquel participeront plusieurs chercheurs,
veuillez contacter Marcel Gilbert,
directeur développement de projets au CEFRIO.
Rédactrice
: Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Kimiz Dalkir, « Enrayer
la perte du capital intellectuel : une approche à trois niveaux »,
5e Congrès international sur la gestion du capital intellectuel, Hamilton
(Ontario), janvier 2002,
Megan Santosus,
« When (or if)
the Boomers Say Bye-Bye », CIO Magazine, 15 novembre 2003
3.
La personnalisation des sites Web ne garantit pas le succès en commerce
électronique – Les entreprises qui misent sur la
personnalisation de leur site Web pour en augmenter la fréquentation
ou pour hausser leurs ventes en ligne sont susceptibles de se confronter à
une réalité fort décevante. En effet, une récente
étude de Jupiter Research révèle que les cybercommerçants
ont davantage intérêt à concentrer leurs efforts sur des
améliorations dites de base à leur site Internet plutôt
que sur la personnalisation.
Selon l’enquête
de Jupiter Research, un très faible pourcentage de consommateurs préfèrent
acheter (14 %) ou s’informer (8%) à partir de sites qui offrent
des suggestions personnalisées. Par contre, des qualités de base
comme la rapidité d’accès aux pages Web et la facilité
de navigation apparaissent comme des incitatifs majeurs à la fréquentation
régulière (respectivement 54 % et 52 %) ou à l’achat
en ligne (respectivement 37 % et 48 %).
Par ailleurs, il semble
que les coûts de développement et d’opération d’un
site Web personnalisé soient de quatre fois ou plus supérieurs
à ceux d’un site Web dynamique. Matthew Berk, directeur de la recherche
chez Jupiter Research, souligne que la plupart des projets de personnalisation
de sites Web étudiés n’ont pas permis de rendements des
investissement satisfaisants.
Ainsi, les résultats
obtenus lors de l’enquête vont plutôt à l’encontre
du mythe voulant qu’un tel site soit profitable, tant pour le visiteur
que pour le gestionnaire du site. L’interaction avec les consommateurs
étant efficace en situation de mercatique directe ou de centres d’appels,
il est étonnant de constater qu’elle l’est moins sur la toile.
On peut expliquer cette réalité par le fait qu’un bon nombre
de consommateurs sont d’un naturel suspicieux envers les sites qui cherchent
à extraire ou à obtenir des renseignements sur eux. D’ailleurs,
plus du quart des répondants ont mentionné éviter les sites
de personnalisation et ceux où l’on doit s’enregistrer. Également,
il faut considérer que les gens qui magasinent en ligne cherchent, la
plupart du temps, un bien ou un produit en particulier. L’apparition d’une
fenêtre publicitaire (pop-up ad) ou d’une recommandation relativement
à un produit recherché dans le passé devient alors inutile,
voire agressante.
Toutefois, Richard Hughes,
directeur chez Broadvision, croit que l’on doit reconsidérer la
personnalisation du site Web. Le message lié à la personnalisation
a été « simplifié et réduit à quelque
chose de superficiel ». On a fait miroiter l’augmentation des ventes
en moussant l’offre du bon produit au bon moment. Bien que cet avantage
soit possible, il ne faut pas oublier que le fait d’offrir ou de suggérer
des produits ne signifie pas, d’abord, que ces suggestions reflètent
les réels besoins des consommateurs, et ensuite, que ces derniers achèteront
nécessairement chez eux.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Sources :
Jupiter Research. Jupiter
Research reports that Web site « personalization » does not always
provide positive results [communiqué de presse], 14 oct. 2003
« Personalization
not the secret to e-commerce », Cyberatlas, 14 nov. 2003
« Report
slams Web personalization », CNET News.com, 14 oct. 2003
Bulletin
du 14 novembre 2003
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pour imprimer (format PDF)
1. Les
équipes de travail virtuelles : échanges, partage des connaissances
et efficacité
2. L’avenir avec Internet : que nous réserve 2025
?
3. Les services Internet à large bande au Canada : un portrait
de la situation
1.
Les équipes de travail virtuelles : échanges, partage des connaissances
et efficacité – Qu’elle soit virtuelle ou
conventionnelle, toute équipe de travail implique la communication, la
coordination et la collaboration. Cependant, l’équipe virtuelle
se distingue par son utilisation des technologies de l’information (TI).
Les nouvelles TI comme le courriel, les collecticiels et Internet mobile encouragent
et facilitent grandement les échanges et le transfert des connaissances.
Elles permettent à des employés situés dans des bureaux
différents ou des régions éloignées de travailler
ensemble efficacement. Intéressés par ce mode d’organisation
du travail en croissance, des chercheurs du Graduate School of Business de la
Stanford University (en collaboration avec deux autres universités) ont
étudié les équipes de travail virtuelles et les membres
qui les composent.
Sommairement, les
travaux des chercheurs de la Stanford University présentent trois modèles,
soit l’équipe virtuelle « pure » (les membres
ne se rencontrent jamais ou presque), l’équipe virtuelle traditionnelle
(les individus travaillent dans le même édifice et se rencontrent
souvent) et l’équipe hybride (équipe formée de télétravailleurs
et majoritairement d’employés sur place ou équipe travaillant
tantôt ensemble, tantôt séparément). L’étude
affirme que la majorité des équipes de travail virtuelles sont
hybrides.
Par ailleurs, il
appert que les membres des équipes virtuelles adoptent les TI plus rapidement
et diffusent l’information plus efficacement que ceux des équipes
traditionnelles. De plus, selon l’étude, la diversité (souvent
géographique, culturelle, etc.) des membres d’une équipe
virtuelle favorise une variété et une complémentarité
des savoirs et des sources d’information. Spécifions que le savoir
d’un individu est composé de son savoir explicite et de son savoir
tacite. Selon Réal Jacob, professeur et directeur à HEC Montréal
et directeur scientifique au CEFRIO, « les savoirs explicites représentent
l’ensemble des connaissances colligées sous une forme qui les rend
facilement accessibles et communicables » (méthodes à
suivre, techniques à utiliser, politiques, etc.). « Les connaissances
tacites englobent au contraire l’ensemble des savoirs non répertoriés
connus le plus souvent de leurs seuls détenteurs » (savoir-faire,
trucs du métier, contacts, etc.). Ainsi, s’il est facile de transférer
le savoir explicite au moyen des TI, on comprend que le savoir tacite, de par
sa nature informelle, contextualisée et subjective, le soit beaucoup
moins. Ce type de savoir se transmettant plus aisément par contacts interpersonnels,
les membres des équipes virtuelles ont de la difficulté à
partager leur savoir tacite et, par le fait même, à apprendre celui
de leurs collègues. On note que cela est susceptible de les conduire
à un sentiment d’isolation et de frustration.
Également,
l’étude a soulevé une préoccupation non soupçonnée
de la part des personnes appartenant à une équipe de travail virtuelle.
En effet, des employés qui partagent leur savoir en déposant leurs
connaissances ou leurs trucs acquis au fil des ans dans une base de données
commune ont affirmé craindre de ne plus être utiles à l’organisation
et d’être facilement remplaçables.
Enfin, pour limiter,
voire éviter, ces sentiments négatifs, les chercheurs suggèrent
quelques stratégies en matière de transfert des connaissances
:
- Définir des règles claires, adopter une terminologie, inclure
des descriptions;
- Offrir aux membres des outils performants comme des collecticiels avancés,
la vidéoconférence;
- Faciliter l’apprentissage mutuel entre collègues ou entre organisations,
organiser des programmes de mentorat, encourager la participation à des
conférences;
- Former des groupes de travail spécialisés sur un sujet ou une
compétence, ce qui permettra aux membres qui se sentent isolés
d’accéder aux connaissances de leurs collègues.
En concluant, une
citation de Bradford S. Bell et de Steve W. J. Kozlowski (2002) : « Virtual
teams are here to stay »¹ .
Note:
¹Dubé,
Line, et Guy Paré (2002). The multi-faceted nature of virtual teams [En
ligne], Montréal, HEC Montréal, Groupe de recherche en systèmes
d'information, 33 p. (Cahier du GreSI ; no 02-11) http://gresi.hec.ca/SHAPS/cp/gescah/formajout/ajout/test/uploaded/cahier0211.pdf
(Page consultée le 12 nov. 2003)
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Sources :
Jacob, Réal,
et Lucile Pariat (2002). « Savez-vous
ce que vous savez? : gestion des connaissances et compétitivité
des entreprises », Réseau CEFRIO [En ligne], vol. 3, no 2,
p. 3-7. (Page consultée le 27 août 2003)
« Workers
fear cooperating in virtual teams may make them obsolete », Research
highlights, Stanford University, Graduate School of Business, oct. 2003, (Page
consultée le 12 nov. 2003)
2. L’avenir avec Internet
: que nous réserve 2025 ? – En 2025, collaboration
par Internet, bases de connaissances universelles, personnalisation des services
en ligne, fusion des canaux de communication feront partie du quotidien. C’est
ce que prédit Jean Lanoix, auteur du livre Internet 2025 : l’importance
d’imaginer le futur. Pour se préparer à la transformation
de l’économie et adapter leur modèle d’affaires à
cette réalité émergente, les entreprises d’aujourd’hui
doivent, selon lui, prévoir divers scénarios du futur.
C’est en
prenant la voix d’un narrateur vivant en 2025, qui raconte le mode de
vie de son époque, que l’auteur nous transporte dans le monde tel
qu’il prévoit qu’il sera quand Internet aura transformé
plusieurs sphères de la société. Santé, éducation,
démocratie en ligne, commerce électronique, marketing : peu
de domaines seront épargnés par le raz-de-marée Internet.
En santé,
Lanoix annonce un dossier patient électronique disponible en tout temps
et en tout lieu aux personnes autorisées par le citoyen. Comme tous les
diagnostics, les traitements et médicaments prescrits seront numérisés,
une base de données mondiale sur les maladies et leurs traitements pourrait
être créée. Elle rendrait disponibles des statistiques sur
les personnes atteintes, le taux de réussite d’un traitement et
autres. Cette base de connaissances deviendrait un outil de décision
des plus puissants pour les médecins et autres professionnels de la santé.
L’auteur rappelle toutefois qu’une importance devra être accordée
à la prévention et qu’Internet pourra grandement contribuer
à cet effet.
L’auteur
prévoit également l’arrivée d’un nouveau mode
de marketing ciblé sur le Net qui permettrait de rentabiliser l’offre
de contenu gratuit en ligne. Dans son scénario du futur, les internautes
auraient enregistré leur profil de consommateur – c’est-à-dire
leurs données sociodémographiques, leurs goûts et leurs
intérêts, sans fournir les renseignements permettant de les identifier
– auprès d’une organisation mondiale qui leur attitrerait
un nom d’usager et un mot de passe. Dès que l’internaute
utiliserait cet identifiant pour consulter un site, des publicités ciblées
s’afficheraient automatiquement. L’auteur anticipe que ce type de
marketing plus rentable, allié à des écrans portatifs de
définition semblables au papier, pourrait mener à la disparition
des journaux et magazines imprimés d’ici deux décennies.
Une des prédictions
les plus visionnaires du livre s’avère la création de Cinémonde.org,
une organisation qui permettrait à ses membres de financer les projets
de films qui les intéressent avant qu’ils ne soient produits. Cette
nouvelle organisation ferait un contrepoids au modèle hollywoodien du
cinéma qui tue la créativité et les scénarios originaux
aux profits du sensationnalisme et d’une recette commerciale répétitive
mais lucrative.
Lanoix anticipe
également la constitution d’une base de connaissances universelle
contenant l’information la plus crédible et la plus à jour
dans tous les domaines. Le contenu de cette base mondiale serait sélectionné
par une centaine d’experts provenant de pays occidentaux.
Ce ne sont que
quelques-uns des scénarios du futur qu’envisage Jean Lanoix. Si
l’auteur réussit à nous faire comprendre par des exemples
concrets l’impact qu’aura Internet dans la vie quotidienne en 2025,
le lecteur reste parfois sur son appétit quant à la description
de ses scénarios futuristes. L’auteur omet également d’appuyer
ses prédictions sur des initiatives ou des recherches déjà
en cours ou à l’essai, ce qui mine quelque peu la crédibilité
de son propos. Malgré l’enthousiasme de l’auteur, le portrait
qu’il dépeint nous porte à craindre l’uniformisation
et le contrôle de l’information que sous-tend la création
de bases de données universelles dirigées seulement par quelques
experts. En bref, un livre qui permet d’entrevoir le potentiel d’Internet
pour l’avenir et qui nous invite à nous questionner sur le rôle
que nous souhaitons attribuer à Internet dans le futur.
Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Source : Jean Lanoix, 2003, Internet 2025. L’importance d’imaginer
le futur, collection Les Affaires, Les Éditions Transcontinental inc.,
169 pages.
3.
Les services Internet à large bande au Canada : un portrait de la situation
- Pour la première fois, un document présentant
une quantification détaillée de l’offre et de la demande
de technologies Internet à large bande vient d’être publié
par Statistique Canada.
La définition
de la large bande, telle que présentée dans le document et adoptée
par le groupe de travail national sur les services à large bande (GTNSLB)¹
est la suivante : « une liaison bidirectionnelle grande capacité
entre un utilisateur et un fournisseur de réseau d’accès
apte à se prêter aux applications vidéo interactives intégrales
».
Le rapport révèle,
entre autres constats, que le Canada est devenu un chef de file mondial en matière
d’adoption d’Internet à haute vitesse par modems de câblodistribution
et par lignes numériques d’abonnés (LNA). Le Canada se classe,
en effet, au deuxième rang des pays de l’OCDE, derrière
la Corée du Sud, quant au taux de branchement des ménages et des
entreprises à Internet à haute vitesse (juin 2002).
Le taux de branchement
à Internet à haute vitesse n’est pas réparti uniformément
sur le territoire canadien. Les provinces de l’Atlantique affichent le
taux le plus faible avec 38,6 % des ménages qui utilisent régulièrement
Internet à la maison. Le Québec arrive en seconde place (42,7 %)
tandis que la Colombie-Britannique affiche le plus haut taux de branchement
par large bande (53,7 %). En fait, bien que 86 % des Canadiens habitent
dans des régions desservies par la haute vitesse, le document révèle
que 72 % des localités du pays n’ont pas accès à
la haute vitesse. Le déploiement des technologies Internet à large
bande dans les régions rurales ou éloignées, représente,
selon les auteurs du document, le plus grand défi à relever sur
le plan de la connectivité.
La large bande
offre aux entreprises de nombreuses possibilités en permettant le transport
rapide d’une grande quantité d’information. En 2002, plus
de la majorité (58,4 %) des entreprises branchées à
Internet l’étaient par large bande. Pour la même période,
les industries de l’information, de la culture, des services publics ainsi
que de la finance et des assurances étaient celles qui comptaient les
plus grandes proportions d’entreprises branchées à haute
vitesse. Les perceptions négatives face à l’utilisation
d’Internet en général, ou des services à large bande
en particulier, ainsi que la non-disponibilité de la technologie dans
certaines régions, expliquent le retard de certains secteurs.
Enfin, le document
fait état d’un fait important : les PME sont généralement
moins enclines que les grandes entreprises à adopter les technologies
Internet à large bande. En dehors de certaines considérations
sectorielles, les principales barrières à l’adoption de
la large bande sont, entre autres, les coûts de branchement, l’incertitude
quant aux avantages que procure ce type de technologies et la non-disponibilité
des technologies.
Note :
¹Le GTNSLB a été chargé, en janvier 2001, de conseiller
le gouvernement du Canada sur les façons de mettre à la disposition
des entreprises et des personnes de toutes les collectivités du pays,
des services Internet à large bande.
Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
B. Veenhof, P. Neogi et B. van Tol (2003), À
grande vitesse sur l’autoroute de l’information : les services à
large bande au Canada, Série sur la connectivité, Division
des sciences, de l’innovation et de l’information électronique,
Statistiques Canada, septembre, 27 p.,
Statistique Canada
(2003), « Large
bande : accès à Internet à haute vitesse. 1999 à
2002 », Le Quotidien, Statistique Canada, mardi 23 septembre, 2 p.,
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