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Archives du bulletin SISTech: novembre 2002
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Bulletin du 29 novembre 2002
Bulletin du 22 novembre 2002
Bulletin du 15 novembre 2002
Bulletin du 8 novembre 2002
Bulletin du 1er novembre 2002

Bulletin du 29 novembre 2002

1. Parents américains, dormez en paix : Big Brother veille au grain
2. Exciter la curiosité des employés en TIC : une résolution ingénieuse pour la nouvelle année!
3. Gestion des connaissances : les 7 métiers capitaux

1. PARENTS AMÉRICAINS, DORMEZ EN PAIX : BIG BROTHER VEILLE AU GRAIN - Ne reculant devant rien pour préserver la moralité des citoyens américains en herbe, le Congrès des États-Unis est en voie de créer sur le Net un espace protégé destiné aux enfants de moins de 13 ans, exempt de tout contenu offensant et bien à l'abri des prédateurs internautes de tout acabit.

Appuyé par un nombre important d'intervenants associés à la protection des enfants, le « Dot Kids bill » (projet de loi S. 2537) vise à constituer sur la toile le domaine « .kid.us », oasis de pureté et de tranquillité où les jeunes internautes navigueront à loisir en toute sécurité. Mais déjà il y a un hic. Car il n'y a pas à en sortir, s'il voit le jour, le domaine « .kid.us », sera un véritable vase clos, les sites choisis ne pouvant être interreliés qu'entre eux. Et bien que de prime abord, l'initiative puisse paraître tout à fait louable, il n'y a pas besoin d'être particulièrement perspicace pour comprendre qu'elle ne fera qu'accroître le contrôle et l'emprise exercés par les hautes instances américaines sur l'information et les contenus en ligne. LA solution pour s'assurer que les enfants puissent avoir une expérience Internet positive et sécuritaire tient donc davantage du ghetto - né de bonnes intentions d'accord, mais ghetto tout de même - que de l'oasis promis.

Des voix se lèvent d'ailleurs déjà au pays même de l'oncle Sam pour mettre au jour la vraie nature du « Dot Kids bill » :

- Qui donc peut décider ce qui est bon pour tous les jeunes de 0 à 13 ans de l'ensemble des États-Unis? Il y a, par exemple, tout un monde entre ce qui intéresse un tout-petit de 4 ans et sa grande sœur déjà pré-ado de 10!
- Et si, plutôt que de les exclure, ledit domaine devenait plutôt un lieu privilégié de chasse pour les prédateurs sexuels?

Pour le Center for Democracy and Technology (CDT), l'un des plus farouches détracteurs de l'éventuelle loi, il est bien clair que c'est Big Brother qui veille derrière cette bonne volonté et ces beaux principes. Selon le CDT, le « Dot Kids bill » créerait un dangereux précédent en donnant l'aval au gouvernement pour réglementer les contenus d'un domaine entier, ce qui ne manque pas de faire ressurgir la délicate question de la liberté d'expression en ligne.

Mais l'argument massue du CDT est sans conteste le fait que les sommes consenties à la création et au contrôle de ce nom de domaine seraient certes mieux investies dans l'éducation des parents et de leurs rejetons aux plaisirs et aux dangers du Net. Fort de deux importantes études¹ réalisées au cours des dernières années qui ont démontré qu'une telle sensibilisation demeure la meilleure protection qui soit, le groupe de pression fait clairement ressortir qu'il n'est pas du ressort du gouvernement d'intervenir dans l'espace virtuel, jusqu'à se substituer à l'autorité parentale.

Passera, passera pas? C'est l'avenir qui le dira. Quand le gouvernement américain, et particulièrement une administration républicaine, a quelque chose dans la tête, on le sait, il ne lâche pas le morceau facilement. En attendant, le « Dot Kids bill » demeure certainement un dossier à suivre.

¹Il s'agit des rapports « The report of the Children's Online Portection Act Commission (COPA Commission) » et « The National Academy of Sciences report, Youth, Pornography and the Internet, (the NAS Report) ».

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- The Center for Democracy & Technology (CDT), Letter on Kids.US, 12 septembre 2002
- Dot Kids bill Summary
- Taylor, Charlie « Creating a Safety Net », Nua Analysis, 18 novembre 2002

2. EXCITER LA CURIOSITÉ DES EMPLOYÉS EN TIC : UNE RÉSOLUTION INGÉNIEUSE POUR LA NOUVELLE ANNÉE! -« Faire plus avec moins » continuera certainement en 2003 d'être le modus operandi de bien des organisations. Dans un contexte où les budgets sont généralement serrés et où l'avenir est plus ou moins prévisible pour l'industrie des technologies de l'information et de la communication (TIC), stimuler la curiosité de votre personnel est certainement une des résolutions les plus utiles que vous pouvez adopter en tant que gestionnaire.

Selon Eric Goldfarb, formateur et responsable des systèmes informatiques (CIO) pour Global Knowledge à Cary, Caroline du Nord, la curiosité est une habileté cruciale pour tout employé en TIC. Selon lui, les gestionnaires doivent s'entourer de gens curieux et motivés qui sauront s'adapter aux changements de l'industrie. Bien qu'il relève de l'initiative de chacun de se perfectionner et d'enrichir ses connaissances, le gestionnaire doit faire en sorte de créer un contexte favorable à cela.

Pour s'entourer d'employés responsables et ingénieux, qui peuvent résoudre des problèmes et trouver des solutions, voilà quelques conseils à suivre. Il ne s'agit pas d'une formule infaillible, mais de recommandations qui peuvent aider à promouvoir la formation continue dans les organisations.

  1. Stimulez les équipes à partir du haut de la hiérarchie. Donnez l'exemple en apprenant vous-même de nouvelles choses, et complimentez publiquement les initiatives des employés de première ligne qui auront acquis de nouvelles connaissances. Une bonne façon de donner l'exemple est d'accompagner des employés à des sessions de formation, et par la suite d'inviter les autres membres de l'équipe à des déjeuners rencontres, par exemple, pour transmettre les connaissances acquises.
  2. L'apprentissage doit être continuel et stratégique. Discutez régulièrement de ce qui va bien et de ce qui va moins bien avec les membres de votre personnel. Soyez attentif à ce qu'ils auront appris de leurs succès et de leurs échecs, et servez-vous de quelques-uns de ces cas d'espèce pour suggérer des améliorations aux processus en place. Réitérez constamment : l'apprentissage est le fruit d'efforts constants.
  3. Mesurez l'évolution individuelle des progrès. Périodiquement, faites un bilan des connaissances acquises par chaque employé et discutez personnellement des résultats avec lui. Une façon d'encourager les initiatives en ce sens est d'accorder une part du bonus en fonction de la mesure de ses progrès.
  4. Stimulez la collaboration autant que les performances individuelles. Dans une organisation, nul n'est à l'abri d'une bonne idée! Des techniciens aux ingénieurs, tous peuvent contribuer à améliorer les processus en TIC. Les résultats sont le fruit d'un travail d'équipe, et pour cette raison celui-ci doit être valorisé. Une bonne façon pour ce faire est de fixer des objectifs communs à l'équipe, et d'octroyer une partie des bonus individuels en fonction de l'atteinte des objectifs communs.
  5. Faites preuve de reconnaissance et célébrez les progrès avec votre équipe! L'atteinte d'un objectif d'apprentissage devrait être un bon prétexte pour récompenser vos troupes. Vos employés se souviendront certainement de l'après-midi où vous les aurez sortis au cinéma, et auront envie de vous en redonner l'idée!
Une organisation est d'abord constituée de ses employés. Elle saura donc croître et devenir forte si les employés sont suffisamment « armés » en ce sens. Il n'en tient qu'aux gestionnaires de prêcher par l'exemple.

Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source: GOLDFARB, Eric, Computerworld (U.S.). « Curiosity skills the company », itWorld Canada.com, 15 novembre 02.

3. GESTION DES CONNAISSANCES : LES 7 MÉTIERS CAPITAUX - Si de nos jours plusieurs organisations reconnaissent l'importance de la gestion des connaissances, sa mise en place n'est cependant pas de tout repos. Jean-François Ballay, conseiller depuis dix ans dans le domaine, présente 7 métiers du savoir nécessaires à son succès dans son nouveau livre Tous managers du savoir!.

Directeur du capital savoir - Le directeur du capital savoir élabore et pilote la stratégie du savoir de l'entreprise. Il cherche à la positionner dans l'économie du savoir en développant une politique de gestion des compétences clés. En tant qu'expert en innovation organisationnelle, il apporte à la direction générale des suggestions visant la transformation de l'entreprise en organisation apprenante.

Manager du savoir - Le manager encourage l'apprentissage collectif dans les projets. Il se fait à la fois promoteur et facilitateur des communautés de pratique. Il gère autant les départs que la formation de nouveaux employés. Il a pour mandat la sélection de TI performantes et simples sur lesquelles baser la gestion des connaissances. Il a aussi pour mandat d'évaluer les retombées des bases de connaissances.

Utilisateur apprenant - Les utilisateurs apprenants comprennent l'ensemble des employés qui se servent des bases de connaissances, soit en tant que contributeurs ou en tant que simples visiteurs.

Formateur-coach - Le formateur-coach veille à ce que les simples utilisateurs deviennent des apprenants qui transfèrent les savoirs acquis dans leur pratique. Pour ce faire, il les appuie et les forme. D'après monsieur Ballay, le transfert des savoirs dans la pratique représente l'aboutissement ultime des bases de connaissances.

Étant donné le temps limité dont disposent les utilisateurs apprenants pour contribuer aux bases de connaissances, monsieur Ballay propose trois autres métiers pour supporter les employés dans cette démarche.

Travailleurs du savoir - Les travailleurs du savoir contribuent au stockage des connaissances. En plus d'incorporer à la base de connaissances leurs savoirs, ils aident les autres contributeurs à le faire. Ils répertorient et valident les connaissances à diffuser.

Documentaliste éditeur - Le documentaliste éditeur classe l'information selon une logique qui facilitera son repérage dans les bases de connaissances. En plus de ses tâches de veille et de diffusion de l'information, il aide les contributeurs à choisir l'information pertinente et à la mettre en forme afin de la rendre plus facilement accessible aux autres.

Animateur architecte du savoir - L'animateur architecte du savoir fait le pont entre les contributeurs et les décideurs. Il anime le processus d'apprentissage, stimule la communication et sensibilise les employés au potentiel des bases de connaissances. Il voit aussi à ce que celles-ci répondent aux besoins des utilisateurs et aux visées stratégiques de l'entreprise. Il fait part aux décideurs des améliorations à y apporter au besoin.

Si chacun doit jouer un rôle dans la construction d'une base de connaissances, la réussite d'un tel projet passe par le travail collaboratif. C'est ce qu'indiquait monsieur Ballay dans une entrevue accordée récemment au Réseau CEFRIO: « Cela dit, le travail d'équipe est majeur. Il permet de trier, de réguler et de valider ensemble les contenus versés dans la base. Autrement, gare au chaos! » (p. 13).

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- BALLAY, Jean-François, Tous managers du savoir! La seule ressource qui prend de la valeur en la partageant, Paris, Éditions d'Organisation, 2002, 430 pages.
- BALLAY, Jean-François, « La gestion des connaissances. Les dimensions humaine et managériale », exposé présenté dans le cadre d'une activité sur la gestion des connaissances organisée par le Secrétariat du conseil du trésor, 25 novembre 2002.
- STANTON, Danielle, « La gestion des connaissances : comment transférer les précieux savoirs individuels dans une grande armoire électronique commune. Entrevue avec Jean-François Ballay. », Réseau CEFRIO, vol. 3, no. 2, mars 2002, pp.12-14.


Bulletin du 22 novembre 2002

1. Les parents plus branchés que les adultes sans enfant
2. The International Children's Library : quand bouquiner est un jeu d'enfants!
3. Des intermédiaires financiers dignes de confiance rassurent les consommateurs et favorisent les achats en ligne

1. LES PARENTS PLUS BRANCHÉS QUE LES ADULTES SANS ENFANT - Que les jeunes Américains se le tiennent pour dit, leurs parents ne sont peut-être pas aussi technologiquement analphabètes qu'ils ne le croient. Une nouvelle étude menée aux États-Unis vient en effet de démontrer que 70 % des adultes ayant au moins un enfant à la maison utilisent Internet, contre 53 % des adultes sans enfant. Par contre, ils naviguent moins fréquemment et moins longtemps sur le Web que les non-parents.

Pew Internet and American Life Project, qui a analysé différents sondages portant sur le quotient Internet des parents, estime à près de 45 millions le nombre de parents américains en ligne. Ils représenteraient 43 % des internautes américains, tout âge confondu.

Les parents se disent davantage intéressés par le potentiel d'Internet et le voient comme un outil indispensable aux succès scolaire et professionnel de leur progéniture. Pour le quart des parents, Internet s'avère un aide tant pour planifier une fin de semaine en famille que pour des conseils en santé. La majorité d'entre eux le voient également comme un moyen d'améliorer leur qualité de vie personnelle. Parmi les parents branchés :

  • 73 % disent qu'Internet leur a permis d'apprendre de nouvelles choses;
  • 61 % estiment qu'Internet a amélioré la communication entre eux et leurs amis;
  • 52 % affirment qu'Internet leur permet de garder contact avec des membres de leur famille.
Il ressort en outre de l'étude une distinction entre hommes et femmes. Les mères naviguent à la recherche d'information sur la santé et la religion à partir de la maison, tandis que les pères accèdent à Internet autant à la maison qu'au travail et y consultent des sites sur les passe-temps, les nouvelles, les services gouvernementaux ou les finances.

Tout compte fait, les parents d'aujourd'hui voient en Internet un outil primordial d'information, d'éducation et de socialisation. Pourquoi les parents sont-ils aussi nombreux sur Internet? L'explication vient peut-être de leur incitatif premier pour se brancher : leurs enfants.

Rédactrice : Isabelle Vachon, Analyste-conseil, CEFRIO
Sources :
- Pew Internet & American Life, 17 novembre 2002, « Parents are more wired than non-parents ».
- Katherine Allen et Lee Rainie, 17 novembre 2002, Parents Online, Pew Internet & American Life Projet, 24 pages.

2. THE INTERNATIONAL CHILDREN'S LIBRARY : QUAND BOUQUINER EST UN JEU D'ENFANTS! - Dans plusieurs régions du monde, les enfants demeurent nombreux à ne pas avoir accès à des livres dans leur propre langue. Par ailleurs, si beaucoup d'ouvrages sont désormais disponibles en format électronique dans diverses bibliothèques virtuelles, ceux destinés aux enfants brillent toujours par leur relative absence sur la toile.

Ces deux prémisses sont à l'origine d'un projet tout à fait novateur, The International Children's Digital Library (ICDL), initié par l'Université du Maryland et réalisé en collaboration avec plusieurs partenaires. Lancée le 20 novembre dernier, l'initiative vise ainsi à rendre les « classiques » de la littérature enfantine du monde entier accessibles aux jeunes de 3 à 13 ans, grâce au développement d'une bibliothèque en ligne multilingue spécialement conçue pour eux. Comptant aujourd'hui plus de 200 titres issus de 27 cultures différentes, l'ICDL peut en outre non seulement se targuer de bénéficier de la plus importante subvention technologique accordée par la National Science Foundation (NSF) à un projet destiné aux jeunes, mais aussi d'offrir la plus vaste collection internationale numérique d'ouvrages pour enfants. Et ce n'est que le début, puisque cette collection, construite pour refléter la diversité et la qualité de la littérature jeunesse, devrait éventuellement compter 10 000 livres provenant de plus d'une centaine de pays.

Selon Allison Druin, professeure assistante à l'Université du Maryland, l'un des plus grands défis du projet était de parvenir à bâtir une interface que les jeunes parviendraient à utiliser. Éprouvant souvent des difficultés de lecture ou d'orthographe, les enfants demeurent en effet souvent impuissants devant plusieurs sites dont ils sont pourtant la principale clientèle cible. C'est donc dans le but d'éviter cet écueil et de réussir là où d'autres ont échoué, que les intervenants du Human-Computer Interaction Lab de l'Université du Maryland ont travaillé avec un groupe de jeunes de 7 à 11 ans. Le but premier de l'exercice : mettre au jour la façon dont les enfants recherchent un livre et ce qui les motive à opter pour un ouvrage en particulier parmi tant d'autres. Résultats : les enfants sont particulièrement sensibles à la couleur et au format des livres et c'est souvent le type d'émotion qu'ils souhaitent ressentir (bonheur, peur, tristesse, etc.) qui guide leurs choix. Cette information clé sur les comportements des jeunes a conduit le Human-Computer Interaction Lab au développement d'une interface totalement visuelle. Votre enfant souhaite consulter un ouvrage sur l'Égypte? Il lui suffit de cliquer à l'endroit approprié sur une image du globe. Il ne jure que par les formats de poche rouges rédigés en serbo- croate? Rendez grâce à l'ICDL qui lui offre la possibilité de faire une recherche combinée par couleurs, formes et langues... vous venez de faire l'économie de nombreuses minutes à circuler hébété dans les rayons de votre bibliothèque locale.

Mais la question ultime demeure certainement comment les principaux intéressés, les jeunes eux-mêmes, jugent-ils le site? La réponse est laconique mais tout à fait parlante : « cool ». On ne pouvait certainement espérer mieux!

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Mayfield, Kendra, « Tables of Oz, Wonderland Go Online », Wired News, 19 novembre 2002
- Le site de l'International Children's Digital Library (ICDL)

3. DES INTERMÉDIAIRES FINANCIERS DIGNES DE CONFIANCE RASSURENT LES CONSOMMATEURS ET FAVORISENT LES ACHATS EN LIGNE - Encore de nos jours, plusieurs internautes sont réticents à s'engager dans une activité de commerce électronique. Une étude du U.S. Department of Commerce rapporte effectivement qu'en septembre 2001, seulement 21 % des Américains âgés de 3 ans ou plus avaient déjà effectué un achat dans Internet. Au Québec, à cette même période (octobre 2001), un maigre 13 % de la population âgée de 18 ans ou plus avait déjà fait un cyberachat. Notez que ce pourcentage a grimpé à 20 % en un an, soit en octobre 2002.

Intrigués par ce faible pourcentage, des chercheurs de l'University at Buffalo School of Management ont tenté de le comprendre et de l'expliquer. Pour ce faire, ils ont analysé les résultats d'une enquête effectuée par le Georgia Institute of Technology auprès de 4000 individus.

Le constat général qui se dégage de l'analyse est qu'une transaction garantie par un intermédiaire financier familier et fiable réduit considérablement la perception des risques associés à un achat en ligne. Le cyberconsommateur a le sentiment que le site est sécuritaire et il se sent en confiance.

Cet intermédiaire peut prendre la forme d'une banque brique et mortier ou virtuelle, d'une compagnie de carte de crédit, d'une entreprise de compensation de chèques (check-clearing company), d'un opérateur de cybercentres commerciaux (Internet mall operator) ou encore d'une figure de proue en matière de commerce électronique comme Amazon ou eBay.

Toutefois, l'analyse a démontré que les consommateurs n'accordent pas le même taux de confiance aux différents intermédiaires. Ceux qui remportent la cote demeurent les institutions socialement reconnues et bien enracinées comme les banques et les entreprises de carte de crédit. Les cyberdétaillants ont alors tout avantage à s'y associer pour effectuer et garantir les ventes sur Internet. Le fait que les consommateurs accordent leur confiance à des entités électroniques comme Amazon explique également que certaines entreprises établissent des ententes de partenariat avec ces organisations pour vendre leurs produits sur le Web. Par ailleurs, l'étude a aussi démontré que les internautes qui magasinent en ligne sont facilement alléchés par les incitatifs pécuniaires. Ils sont ainsi plus enclins à fournir l'information de leur carte de crédit si, par exemple, les prix sont plus bas sur le Web qu'en magasin. À cet égard, H.R. Rao, professeur à l'University at Buffalo et responsable de l'étude, prévient les cybermarchands qu'ils doivent tout de même offrir des prix concurrentiels et tenir compte du fait que la perception des risques liés à Internet varie selon les consommateurs.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources :
- Study Shows Perceived Risk of Online Credit Purchases Linked to Trust, Familiarity with Intermediaries [communiqué de presse], University at Buffalo, School of Management, 6 nov. 2002
- A Nation Online: How Americans Are Expanding Their Use Of The Internet, NTIA (National Telecommunications and Information Administration) and the US Department of Commerce, Economics and Statistics Administration (ESA), févr. 2002. Fiche Infomètre
- NETendances, CEFRIO et Léger Marketing, 2002


Bulletin du 15 novembre 2002

1. Une république numérique française pour bientôt?
2. Fracture numérique : quand gouvernements, organismes communautaires et entreprises privées se serrent les coudes
3. YoungGov: le gouvernement du Royaume-Uni accessible aux jeunes

1. UNE RÉPUBLIQUE NUMÉRIQUE FRANÇAISE POUR BIENTÔT?- Le 12 novembre dernier, le Premier ministre de la France, Jean-Pierre Raffarin, a présenté sa stratégie visant à « donner un nouvel élan au chantier de la société de l'information » à une assemblée composée de 1000 dirigeants d'entreprises membres de l'Electronic Business Group.

À cette occasion, J.-P. Raffarin a fortement déploré le retard observé par la France. Son Plan RE/SO 2007 (Pour une REpublique numérique dans la SOciété de l'information) vise donc à rattraper ce retard et à mieux positionner la France dans la société de l'information. Pour ce faire, le Premier ministre privilégie une approche dite réaliste et pragmatique en proposant des projets concrets, bien ciblés et des échéances rapprochées. À cet égard, trois textes de loi devraient paraître d'ici la fin du premier semestre 2003. Les grands thèmes abordés seront le commerce électronique, l'administration électronique et la transposition des directives « communication électronique » ou « paquet télécom ».

Pour atteindre les objectifs du plan RE/SO 2007, le Premier ministre entend agir sur l'offre et sur la demande. Il s'engage aussi à intervenir directement en tant qu'acteur de la société de l'information. Voici quelques unes de ses intentions :

Agir sur l'offre en :

  • facilitant le processus de création d'entreprise;
  • créant un climat de confiance et en assurant une protection efficace des utilisateurs et des consommateurs. Le développement du commerce électronique passe par la sécurité. Présentement, seulement 12 % des internautes français achètent en ligne comparativement à 33 % des internautes américains;
  • soutenant la recherche-développement par des mesures axées sur l'innovation dans le domaine des TIC. Les TIC font dorénavant partie des trois grandes priorités de la recherche nationale.
Agir sur la demande en accélérant la diffusion et l'appropriation des TIC dans les ménages, les écoles et les entreprises. D'ici 2007 :
  • le nombre de ménages équipés d'un micro-ordinateur devrait être plus élevé. Actuellement, le pourcentage s'élève à 39 %. Cette réalité constitue un frein majeur au développement de la société de l'information;
  • les établissements scolaires devraient fournir un ordinateur pour trois élèves des collèges et des lycées, et un ordinateur pour deux étudiants universitaires;
  • toutes les entreprises devraient être branchées à Internet. Le nombre d'entre elles qui effectuent des activités de commerce électronique triplerait.
Intervenir en tant qu'acteur de la société de l'information en :
  • maximisant l'usage des TIC dans le service public d'éducation (équipement, formation, production et diffusion de contenus éducatifs);
  • développant des politiques publiques qui intègrent les TIC, particulièrement dans les domaines de la culture et de la santé;
  • emboîtant le pas vers la deuxième phase de l'administration électronique. Les Français y sont d'ailleurs favorables. Dans un récent sondage, plus de 80 % des internautes ont mentionné avoir déjà effectué ou être prêt à effectuer une démarche administrative sur Internet.
En conclusion, la France compte 10 millions d'internautes et 60 millions de Français. Serait-il réaliste d'espérer compter un jour 60 millions d'internautes?

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources :
- Présentation par le Premier ministre du plan RE/SO 2007, 12 nov. 2002
- Discours du Premier ministre, 12 nov. 2002

2. FRACTURE NUMÉRIQUE : QUAND GOUVERNEMENTS, ORGANISMES COMMUNAUTAIRES ET ENTREPRISES PRIVÉES SE SERRENT LES COUDES - Bien qu'il soit souvent facile de l'oublier et pour reprendre l'expression célèbre d'une ancienne professeure, le monde se divise en deux : ceux qui naviguent et ceux qui ne le font pas. Il n'y a en effet pas besoin de regarder bien loin pour constater que la fracture numérique et la nouvelle forme d'exclusion sociale qui en découle perdurent toujours.

Malgré le fait qu'il se soit engagé dès 1997 « à prendre les moyens pour procurer l'accès à Internet à tous les membres de la population, peu importe leur lieu de résidence ou leur revenu », le Canada, par exemple, doit aujourd'hui encore composer avec le fait que plusieurs de ses citoyens soient toujours exclus de l'univers virtuel et ce, pour toute sorte de raisons (manque de ressources financières, d'intérêt, de connaissances, etc.). Et si des initiatives gouvernementales tant provinciales (Brancher les familles, Maisons de jeunes sur l'inforoute, etc.) que fédérales (Programme d'accès communautaire, Volnet, etc.) ont certes contribué à la démocratisation de la technologie, force est de constater aujourd'hui qu'elles ne sont pas suffisantes pour véritablement assurer à tous, souris des villes comme souris des champs, l'accès tant promis.

Pour Doug Matatall, président de la Iphoenix Corporation, il tombe donc sous le sens que tant que chaque foyer canadien ne sera pas branché au Net, la contribution du secteur privé demeure essentielle pour répandre la bonne nouvelle, portée par des kilomètres de câble et de fibre optique jusqu'à des ordinateurs performants. Selon Matatall, l'implication du privé pourrait en outre être particulièrement profitable dans des projets du type des Digital Distribution Centres (DDC). Alliant à la fois les produits et les services d'organismes à but non lucratif et d'entreprise à visée commerciale, ces portails locaux, centrés sur les besoins des citoyens et basés dans leur communauté, représentent ainsi l'une des voies à privilégier pour inciter les citoyens potentiellement exclus à s'intéresser à Internet. En proposant et en développant des contenus pertinents, les DDC poursuivent l'objectif de devenir un lieu d'information virtuel rassembleur duquel tous les membres de la communauté, des vétérans aux aspirants internautes, pourront tirer profit¹.

Mais rendons à César ce qui lui appartient. Plusieurs entreprises privées s'impliquent déjà activement dans le déploiement de l'inforoute tant au Québec qu'au Canada. Parmi celles-ci, mentionnons la société IBM Canada qui, au cours de l'année 2002 et au Québec seulement, a investi 800 000$ dans différents projets souvent issus du milieu communautaire destinés à soutenir l'alphabétisation technologique et partant, à assurer le partage du savoir. Ce soutien a en quelque sorte connu son apogée dans le cadre de la récente Semaine des affaires électroniques, lors de la remise, par monsieur Denis Desbiens (vice-président Québec, IBM Canada), des prix Virage IBM 2002, accordés à cinq initiatives particulièrement porteuses reliées à l'innovation sociale et la démocratisation de la technologie².

Avis donc aux intéressés. Si ce n'est déjà fait, dotez votre organisation d'une mission techno-philanthropique. Les organismes à soutenir, les causes à épouser et les projets abondent : il vous suffit de choisir. Nous ne pourrons tous qu'en sortir gagnants.

¹L'initiative des DDC n'est pas sans rappeler le portail Arrondissement.com, développé par L'@avenue, un centre Internet communautaire, et destiné à doter les résidents du quartier défavorisé de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve d'un portail local, axé sur leurs besoins et préoccupations.

²Le Cyberlab (Connexion-Lanaudière), la Fondation de la tolérance, Je passe partout, le Musée de la civilisation et le Musée du Bas-St-Laurent.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Desbiens, Denis, « Vers un partage du savoir... », Communication présentée à la journée « Innovation sociale » (Montréal, 7 novembre 2002) dans le cadre de la Semaine des affaires électroniques 2002.
- Gagnon, Yvon, « Arrondissement.com : une rencontre du troisième type entre le privé et le communautaire », Communication présentée à la journée « Innovation sociale » (Montréal, 7 novembre 2002) dans le cadre de la Semaine des affaires électroniques 2002.
- Site du portail
- Matatall, Dough, « Crossing Boundaries : The Digital Divide & the Private Sector », Crossing Boundaries, 2002
- Un Canada branché

3. YOUNGGOV: LE GOUVERNEMENT DU ROYAUME-UNI ACCESSIBLE AUX JEUNES - Sortir un ado d'une session de clavardage pour jaser de... politique? Si de prime abord, cela peut sembler surréaliste, le gouvernement du Royaume-Uni compte bien relever le défi. Et n'en déplaise aux sceptiques, le projet youngGov a suscité l'intérêt des jeunes y ayant contribué, comme en témoigne l'un d'entre eux: « Les jeunes sont parfois désillusionnés par le monde des adultes. Nous sommes intéressés par ce qui se passe autour de nous, mais souvent, on ne comprend pas bien ce qui se passe, et on ne sait pas toujours comment trouver l'information qui nous manque ».

De ce fait, le gouvernement du Royaume-Uni a inauguré cette semaine un portail destiné aux jeunes de 11 à 18 ans. YoungGov a pour mission de stimuler l'intérêt des jeunes envers l'information gouvernementale, et de la rendre plus accessible.

Afin que le site corresponde réellement aux besoins et attentes du public cible, plus de 700 jeunes ont été mis à contribution dans le cadre d'une recherche mise sur pied en août 2001. Cette recherche a permis de mieux connaître les « mœurs Internet » des jeunes, comment ils utilisent Internet et quel type d'information les intéresse.

Une section du site est ainsi consacrée aux thématiques identifiées par les jeunes comme étant significatives pour eux, ou celles à propos desquelles ils souhaitent être mieux informés ou obtenir de l'aide. Essentiellement, il s'agit du harcèlement, de la drogue, de la consommation d'alcool avant l'âge légal et des fugues.

Le site permet également aux jeunes de trouver de l'information sur une variété de sujets tels l'engagement du Royaume-Uni dans la conquête de l'espace, la nutrition, l'entraînement et la santé, les nouvelles internationales, etc. Aussi, les plus curieux d'entre eux pourront tout savoir sur le fonctionnement du gouvernement, la conception des lois et autres « curiosités » de la sorte. « Le gouvernement est déterminé à intégrer les jeunes le plus rapidement possible aux processus démocratiques. Le site youngGov les initie au fonctionnement de l'appareil gouvernemental, tout en leur fournissant de l'information utile, qui correspond à leur mode de vie actuel », indique à cet effet Douglas Alexander, ministre « e-transformation » du Royaume-Uni.

Le portail propose par ailleurs entre 50 et 100 liens pointant vers d'autres sites d'intérêt pour les jeunes : culture, consommation, regroupements de jeunes, organismes communautaires et bien d'autres.

Finalement, comme leurs parents, les jeunes peuvent désormais transiger en ligne avec leur gouvernement, par exemple pour prendre un rendez-vous pour un examen de conduite, pour obtenir certaines cartes d'identité ou pour s'inscrire à des activités de bénévolat. À cet égard, soulignons que le gouvernement du Royaume-Uni a pour objectif d'offrir l'ensemble de ses services par voie électronique en 2005. Pour les futurs adultes du Royaume-Uni, il s'agit donc d'une bonne façon de se faire la main au gouvernement électronique avant d'enfiler le chapeau des adultes!

Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Cabinet Office Press Office du Royaume-Uni, « 'youngGov' is launched »
- Le portail YoungGov


Bulletin du 8 novembre 2002

1. Gouvernement en ligne: l'expérience de « Services Nouveau-Brunswick »
2. L'école du 3e millénaire est à nos portes
3. Information sur le Web : appel à la vigilance

1. GOUVERNEMENT EN LIGNE: L'EXPÉRIENCE DE « SERVICES NOUVEAU-BRUNSWICK » - Depuis 1990, Services Nouveau-Brunswick (SNB) est la porte d'entrée des citoyens de cette province pour les services de base du gouvernement. Ils peuvent y accéder par voie électronique, par un réseau téléphonique (TéléServices) ou à l'un des nombreux centres de services. Pionnière au Canada pour son offre de service en ligne, cette corporation de la Couronne estime avoir relevé d'importants défis depuis sa création, certains ne s'étant toutefois pas réalisés sans peine.

La mission principale de SNB consiste à améliorer l'accessibilité et la qualité des services aux citoyens et aux entreprises. Permettant l'accès à plus de 120 services gouvernementaux, SNB traite plus de trois millions de transactions par année, dont 40 % sont effectuées en ligne. Neuf demandes sur 10 sont traitées dans un délai de quatre heures.

La plupart des transactions de base avec le gouvernement peuvent être exécutées à partir du site Internet www.snb.ca. En voici quelques exemples.

- Formulaires électroniques : 206 formulaires disponibles pour téléchargement. Afin de faciliter l'identification du formulaire recherché, ceux-ci sont regroupés en 9 grands ensembles de services pour la population et en 4 ensembles de services pour les entreprises.
- Changement d'adresse : disponible, entre autres, pour l'immatriculation des véhicules, le permis de conduire, les impôts fonciers, l'assurance-maladie, les vignettes de stationnement.
- Renouvellements des immatriculations et du permis de conduire - Services d'enregistrement des entreprises : recherche de noms, d'administrateurs et de numéros d'entreprises. Un projet est actuellement en cours pour permettre la demande de permis en ligne.

Si SNB s'avère aujourd'hui un modèle de réussite canadien pour la prestation électronique de services gouvernementaux, il n'en demeure pas moins que sa mise en œuvre n'a pas toujours été une partie de plaisir.

Selon Mary Ogilvie, vice-présidente développement pour SNB, la relation entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et les fournisseurs technologiques a parfois été difficile, les énergies étant davantage consacrées à certains moments à des négociations budgétaires plutôt qu'à la réalisation des projets.

De cette situation, auront au moins été tirées quelques leçons. La plus importante: il ne faut jamais dilapider tous ses arguments de négociation. Aussi, afin d'éviter d'être « prisonnier » d'un fournisseur, les responsables du projet ont rassemblé tous les renseignements nécessaires pour qu'une autre firme puisse prendre la relève au besoin: description détaillée et documentation sur l'environnement technique, les outils de développement, les protocoles envisagés, etc.

Les responsables du projet ont également transformé les processus de réalisation et d'attribution des mandats. Ainsi, les étapes subséquentes du projet ont donc été morcelées, chacune d'entre elles étant soumise au processus d'appel d'offres. Une firme ne pouvait dès lors être sélectionnée pour un autre mandat que si elle avait généré de bons résultats à l'étape précédente. De cette façon, les responsables de SNB ont pu recentrer leurs énergies sur l'essentiel : le développement des services aux citoyens.

Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source:
- Downey, Geoffrey, « Service New Brunswick: Drive for efficiency can backfire »
- Arseneau, Bernard, « Nouveau-Brunswick en ligne : le gouvernement au service des citoyens et des entreprises », présentation effectuée dans le cadre de la semaine des affaires électroniques, Québec, le 5 novembre 2002.

2. L'ÉCOLE DU 3E MILLÉNAIRE EST À NOS PORTES - Entre le râtelage des feuilles et l'installation souvent périlleuse de l'abri d'auto, qu'est-ce qui fait courir les parents d'élèves de 6e année ces temps-ci? Le choix, parfois difficile et éreintant puisque les opérations « portes ouvertes » et les sessions d'information s'ajoutent à des agendas déjà surchargés, de l'école secondaire avec un grand É qui accueillera l'an prochain leur précieuse progéniture. Et si les possibilités étaient déjà multiples depuis quelques années - école publique, privée, programmes d'études internationales, sports ou arts/études, langues et communications, etc. - un nouveau concept, l'école du 3e millénaire, vient depuis peu de s'ajouter à la liste.

Développé par AdherSIS North America, spécialiste de la sauvegarde automatisée des données, le concept prend assise sur le fait que, pour assurer une véritable appropriation des TIC par les jeunes, les technologies doivent faire éclater les murs des traditionnels laboratoires d'informatique et s'inscrire plus directement au cœur des diverses stratégies d'apprentissage. À partir de l'intégration des technologies offertes par Sun Microsystems, iPlanet Solutions E-Commerce et AnaSave, l'école du 3e millénaire vise ainsi à mettre en place une école virtuelle, principalement organisée autour d'un portail éducatif qui en constitue la pierre angulaire. Puisqu'il permet aux élèves, enseignants, parents et membres de la direction de l'école de s'informer, de communiquer et d'échanger entre eux, ce portail assure à l'institution une meilleure exploitation de l'informatique comme outil d'enseignement et d'apprentissage et ce, pour l'ensemble des programmes d'études offerts.

Le portail est accessible autant à l'école qu'ailleurs (maison, bibliothèque, etc.) et chaque utilisateur muni d'un code d'accès et d'un mot de passe peut consulter en tout temps les différents contenus présentés : calendriers scolaires, horaires des enseignants, agendas, notes de cours, bulletins des élèves, etc. À noter que le portail présente aussi d'autres outils adaptés à ses différentes clientèles. Aux élèves donc, plusieurs logiciels, dictionnaires et encyclopédies en ligne, calculatrices, etc. Aux enseignants, du matériel d'enrichissement et d'exploration, un centre de rencontres pédagogiques, etc. et aux parents, enfin et entre autres services, un accès aux travaux et aux bulletins de leurs enfants ainsi que la possibilité de communiquer directement avec leurs enseignants.

Mais il y a un hic. Pour l'instant en effet, l'école du 3e millénaire n'est implantée que dans quatre institutions privées du Québec¹. Les nombreux avantages qu'elle recèle ne demeurent ainsi accessibles qu'à une certaine clientèle. Il y a toutefois de l'espoir puisque que le ministère de l'Éducation du Québec s'intéresse paraît-il de très près au système qui a le grand mérite de pallier le manque de ressources financières et humaines associées à l'informatisation des écoles et à l'appropriation des TIC par les jeunes.

Et bien que l'initiative semble prometteuse, mieux vaut certainement ne s'emballer ni trop tôt ni trop vite. Nombreux sont en effet les portails de tous secteurs qui n'ont su tenir leurs promesses et fidéliser leurs clientèles. Bon gré mal gré, ils ont dû se résoudre à voir leur étoile pâlir, sinon tout à fait disparaître, de l'univers virtuel. Reste donc à espérer que le destin de l'école du 3e millénaire sera plus heureux.

¹Il s'agit du Collège Sainte-Anne (Lachine), du Collège Saint-Alexandre (Gatineau), de l'école secondaire Marcellin-Champagnat (Iberville) et enfin, du Collège Champigny (Québec).

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources : - Martine Rioux, « L'école du 3e millénaire existe », Bulletin de l'Infobourg, 25 octobre 2002
- Adhersis North America, « L'École du 3e millénaire : un concept éducatif novateur »

3. INFORMATION SUR LE WEB : APPEL À LA VIGILANCE - Si le Web donne accès à une panoplie de contenus, certains se révèlent incomplets, inexacts ou trompeurs. Des chercheurs de 13 pays mettent en garde les consommateurs quant à la fiabilité de certains sites Web, après en avoir évalué 460 à travers le globe entre avril et juillet 2002.

Regroupés sous la bannière Consumers International, ces chercheurs ont consulté des sites portant sur la santé, les services financiers et sur la comparaison de prix pour en évaluer la crédibilité. D'après leur étude, plus de la moitié des sites évalués contiennent des promesses nébuleuses et imprécises, ne précisent pas la date de leur mise à jour ou ne déclinent pas la partialité ou l'impartialité de leurs propos. Environ le tiers des sites qui recueillent de l'information personnelle n'offrent pas de politique de protection de la vie privée ou ne donnent pas les coordonnées de leur propriétaire.

« Quand ils cherchent à se renseigner sur des questions de santé ou de finance, les consommateurs s'exposent à des informations inexactes, mensongères et insuffisantes et il est urgent d'attirer leur attention sur ces dangers », commente Nathalie St-Pierre, directrice générale de l'Union des consommateurs, la division canadienne de Consumers International. Par exemple, certains sites sur la santé n'invitent pas les internautes à consulter un professionnel avant de suivre leurs conseils.

Bonne nouvelle par contre : les sites Web canadiens font meilleure figure. La majorité d'entre eux présentent l'identité du propriétaire (90 %) ou encore la source d'information (plus de 70 %).

Les chercheurs recommandent aux internautes de bien vérifier les sources d'un site avant de baser leurs décisions sur l'information qu'il véhicule. Selon eux, l'expertise des gouvernements en législation des contenus et des transactions hors ligne gagnerait à être reproduite en ligne.

Les internautes doivent donc rester vigilants sur la crédibilité des sources des sites qu'ils consultent afin de se tenir à l'abri des visées commerciales cachées, de l'information erronée et des contenus univoques et partiaux.

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO Sources :
- Consumers International, La crédibilité de la Toile: Enquête internationale sur un sujet de préoccupation pour les consommateurs à l'échelle mondiale, Communiqué de presse, 4 novembre 2002
- Union des consommateurs, Évaluation de 460 sites Internet dans 13 pays. Les consommateurs doivent se méfier des informations sur le Web, Communiqué de presse, 4 nov. 2002.


Bulletin du 1er novembre 2002

1. Autopsie de la chute des pointcoms
2. Apprentissage en ligne : les 4 rôles d'un animateur-formateur
3. Stratégie de l'information et compétitivité des entreprises

1. AUTOPSIE DE LA CHUTE DES POINTCOMS- La « grande aventure » des pointcoms n'est plus l'ombre de ce qu'elle était il y a quelques années. Après une prolifération rapide, la grande majorité des pointcoms a rapidement subi un sort tragique. Si on ne peut reconstruire le passé, l'avenir peut toutefois être envisagé de façon plus optimiste grâce aux enseignements tirés de ce gigantesque échec.

Jamie S. Walters, chercheur et président vision et stratégie chez Ivy Sea (San Francisco), a fait le post-mortem de cet épisode.

Facteurs ayant contribué à la débandade des pointcoms :
1. La cupidité, assortie au manque de vision. Dirigeants, employés et investisseurs étaient mus par le rêve de faire fortune rapidement. Le désir d'être coté à la bourse le plus rapidement possible a pris le pas sur la conception d'un solide plan d'affaires ainsi que sur la définition d'une vision et d'une mission pour l'entreprise.
2. Ne miser que sur l'infrastructure technique. Oubliant trop souvent qu'une entreprise est d'abord constituée d'humains, les dirigeants des pointcoms ont axé l'essentiel de leur stratégie sur la mise en place de sites Web coûteux et exubérants.
3. Les dépenses inconsidérées. Bon nombre de pointcoms n'ont pas planifié sérieusement leurs dépenses, « brûlant » ainsi des sommes colossales.
4. La course à la montre. Le « mantra » dans le domaine des pointcoms à ce moment : VITE! Estimant qu'il fallait s'accaparer le marché de façon urgente pour devenir et demeurer compétitives, le tourbillon de « panique » des pointcoms a entraîné nombre de problèmes: essoufflement du personnel, épuisement des fonds, service à la clientèle déficient et perte de vue de la mission première.
5. La toute puissance du « pointcom ». Lors de l'arrivée de la vague « pointcom », des milliers d'investisseurs se sont rués pour financer n'importe quelle initiative en commerce électronique, comme si la mention « pointcom » était une garantie de succès.

S'inspirant de l'expérience des entreprises qui ont survécu, Jamie S. Walters a dégagé quelques comportements et attitudes qui leur ont été salutaires.

1. Focaliser sur les humains et non sur l'argent. Ceux qui ont réussi ont su développer et cultiver une vision riche et pertinente, tant pour les dirigeants que pour les employés, tout en respectant la vie privée de ces derniers.
2. Le service à la clientèle en priorité... pas seulement dans les publicités! Les entreprises qui se sont démarquées ont misé sur la formation et la sensibilisation de leurs employés par rapport au service à la clientèle.
3. Dépenser intelligemment. Les dirigeants et les employés ont signé chaque chèque comme s'il provenait de leur compte personnel. Ils ont également compris que les économies de bout de chandelles ne stimulent ni ne motivent les troupes dans l'exécution de leurs tâches. Par exemple, on ne coupe pas l'eau en bouteille pour sauver une entreprise.
4. Prendre le temps de bien planifier et d'exécuter ses activités. Les entreprises qui ont réussi ont envisagé les conséquences des embauches qu'elles ont faites afin de prévoir et de réduire les mises à pied potentielles.
5. S'auto-évaluer. En plus de la veille concurrentielle et de l'évaluation de leurs performances par rapport aux concurrents, les entreprises qui se sont démarquées se sont aussi évaluées « de l'intérieur ». Cela, afin de s'assurer que toute action ou changement soit mu par la mission fondamentale de l'entreprise.

Assurément, ces quelques éléments ne constituent pas une recette universelle de succès pour toute entreprise désireuse de se faire une place au soleil dans l'univers pointcom. Chacune est unique, et doit développer ses plans de gestion et de communication en fonction de ses propres caractéristiques. L'expérience des pointcoms en fait foi: suivre la vague les yeux fermés ne mène pas forcément au succès!

Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Walters, Jamie S., « Why Dotcoms Failed (and What You Can Learn From Them) », The CEO Refresher, 2002

2. APPRENTISSAGE EN LIGNE : LES 4 RÔLES D'UN ANIMATEUR-FORMATEUR - Les TIC ont grandement participé à transformer le rôle traditionnel du professeur. Par exemple, dans le cas de l'apprentissage en ligne (e-learning), le « professeur », en fait l'animateur-formateur, doit remplir 4 grands rôles : instructeur, animateur d'un environnement collaboratif, gestionnaire de programme et assistant technique. C'est ce qu'indique Ed Hoostein, analyste principal en formation chez Intelligent Decision Systems en Virginie.

INSTRUCTEUR - En tant qu'instructeur, l'animateur-formateur doit aider les apprenants à mettre en lien les connaissances à acquérir avec celles déjà acquises. De plus, il doit leur suggérer des stratégies d'apprentissage et des chemins pour traverser les différents modules de formation. Enfin, il est appelé à leur fournir de l'information pour les aider dans leurs apprentissages et dans leurs travaux. L'instructeur préconisera des méthodes d'enseignement comme la résolution de problème, l'apprentissage par projet et l'étude de cas. Ces méthodes permettent de travailler collectivement sur la réalisation d'une tâche ou d'un travail. Dans ce type d'enseignement, le rôle de l'instructeur est d'encadrer la démarche, de répondre aux questions et d'offrir une rétroaction constructive à chaque apprenant.

ANIMATEUR D'UN ENVIRONNEMENT COLLABORATIF- Dans son rôle d'animateur d'un environnement collaboratif, il doit amener les apprenants à interagir et à participer. Il les amène également à travailler en collaboration, stimuler leur participation, favoriser leur interaction, leur enseigner à coopérer et les amener à faire consensus. Pour ce faire, il utilisera le courriel, le clavardage et les forums de discussion. En tant qu'animateur des forums de discussion, il devra aider les apprenants à se centrer sur un thème, présenter diverses dimensions et perspectives du sujet abordé et synthétiser les points importants de la discussion.

GESTIONNAIRE DE PROGRAMME - En tant que gestionnaire de programme, il organise le programme de formation, planifie des activités et s'occupe de diverses tâches administratives. Il est appelé, par exemple, à concevoir des guides de formation. Ces guides comprennent la marche à suivre pour réaliser la formation, ses exigences et ses objectifs, le matériel nécessaire, l'information technique et les diverses activités pédagogiques. De plus, il devra amener les apprenants à gérer adéquatement leur temps et les ressources documentaires auxquelles ils ont accès.

ASSISTANT TECHNIQUE - Enfin, l'animateur-formateur doit agir en tant qu'assistant technique. Il guide et assiste les apprenants dans l'utilisation des technologies. Il doit maîtriser plusieurs médias (texte, image, son et vidéo). Il doit avoir le souci d'en utiliser une variété afin de s'adapter à divers styles d'apprentissage et à différents types d'apprenants.

Bref, l'animateur-formateur se doit d'être polyvalent et expérimenté. En effet, les rôles qu'il assume sont des plus variés et exigent une bonne connaissance des divers domaines auxquels ils se rattachent.

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Ed Hoostein, « Wearing Four Pairs of Shoes : The Roles of E-Learning Facilitators », Learning Circuits, American Society for Training & Development (ASTD), 21 octobre 2002

3. STRATÉGIE DE L'INFORMATION ET COMPÉTITIVITÉ DES ENTREPRISES - Rien de neuf sous le soleil, toutes les entreprises sont submergées par le flot d'information qu'elles génèrent ou qui déferle sur elles. Malheureusement, plusieurs organisations n'ont pas de stratégie bien définie pour en tirer le meilleur parti. À cet égard, une étude de l'Institute for Strategic Change de la firme Accenture révèle que seulement 20 % des organisations interrogées tiennent compte de la valeur de l'information dans leur stratégie d'affaires. C'est bien dommage car l'usage à bon escient de l'information peut représenter un avantage compétitif très intéressant, particulièrement en période économique difficile. Interrogées sur la gestion stratégique de l'information, la plupart des entreprises ont affirmé que leur stratégie se résume en un guide sur la façon de collecter, d'organiser et d'utiliser l'information.

Mais d'abord, qu'est-ce qu'une stratégie de l'information? Si les notions de stratégie de l'information et de stratégie des technologies de l'information sont interreliées, elles sont cependant deux entités différentes. La stratégie de l'information fait partie de la stratégie d'affaires et s'intéresse à la façon dont l'entreprise utilisera l'information comme levier et comme un avantage compétitif. Elle décrit les résultats attendus ainsi que la manière dont l'entreprise prévoit collecter, créer et utiliser l'information pour y parvenir. Elle détermine aussi les bénéfices stratégiques souhaités.

Dans le cadre de son étude, l'Institute for Strategic Change a identifié cinq moyens susceptibles de transformer l'information stratégique en un avantage compétitif. Les voici :
1- Changer le point central de la chaîne de valeur. Les compétiteurs d'une même industrie adoptent souvent les mêmes types de modèles d'affaires. Par conséquent, ils sont susceptibles d'établir les mêmes priorités en matière d'information stratégique. Donc, il peut être avantageux d'utiliser l'information et la connaissance propres à la chaîne de valeur comme un levier.
2- Élever le niveau de complexité de « l'analytique ». Les gestionnaires seront ainsi en mesure d'améliorer significativement leur prise de décision.
3- Établir des liens et des réseaux. Plusieurs entreprises encouragent les développeurs-concepteurs de produits à nouer des liens avec la chaîne logistique de l'organisation ou à adhérer à une communauté de pratique.
4- Être à l'affût des nouveautés et des événements. En établissant des liens d'information de qualité avec l'extérieur, les entreprises connaissent rapidement les nouvelles opportunités ou menaces qui les guettent.
5- Développer de nouveaux actifs informationnels. Des gestionnaires croient qu'il est peu réaliste de rechercher de l'information distinctive. Pourtant, certains ont déjà utilisé de l'actif informationnel unique et distinctif pour se positionner avantageusement.

Enfin, chacun des moyens présentés requiert des compétences différentes et vise divers objectifs stratégiques. Quelle que soit la méthode que vous choisissiez pour utiliser l'information comme un levier et un avantage compétitif, vous êtes sur la bonne voie pour créer une véritable stratégie de l'information.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : « Uncover Hidden Competitive Value Using Information Strategy » dans Outlook Point of View, Accenture, août 2002

* Pour information : Jane C. Linder, associée principale de recherche et directrice de l'Institute for Strategic Change de la firme Accenture, est l'auteure de l'article mentionné ci-dessus. J.C.Linder a été conférencière au colloque du CEFRIO portant sur le partenariat public-privé, qui s'est tenu à Québec les 24 et 25 octobre dernier. Sa présentation, Partenariat public-privé : la voie de la transformation gouvernementale, sera prochainement disponible sur le site du CEFRIO. Les actes du colloque, pour leur part, seront disponibles à la mi-décembre.



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