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Archives du bulletin SISTech : octobre 2006
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Bulletin du 20 octobre 2006

Version PDF

1. Entre les pops-up et la publicité dans les courriels : comment les Québécois perçoivent-ils la publicité sur Internet
2. Le Web 2.0 favorise la collaboration dans le secteur de la santé
3. Des relations d’affaires moins coûteuses grâce aux TI : le cas de l’aéronautique à Montréal
4. Apprendre la télé collaboration

1. Entre les pops-up et la publicité dans les courriels : comment les Québécois perçoivent-ils la publicité sur Internet - Quel internaute n’a pas déjà vu apparaître un gros carré publicitaire pendant la lecture d’une page Web? Qui n’a pas reçu de courriels commerciaux non sollicités ou aperçu une fenêtre vantant les mérites d’un rutilant casino virtuel? Eh oui, la publicité sur Internet est de plus en plus présente. Plusieurs auteurs prétendent que la première publicité sur le Web est apparue en 2004 (un bandeau publicitaire d’AT&T sur le site Wired.com) alors que le premier courriel commercial non sollicité (spam) aurait été envoyé en 1978. Le phénomène publicitaire devient si important qu’en 2005, au Québec, les annonceurs francophones y ont investi 124 millions de dollars alors que les dépenses avaient atteint 12 milliards de dollars en 2004 aux États-Unis.

Conscient de la place qu’occupe la publicité sur Internet, le CEFRIO a lancé à la fin septembre sa première enquête sur le sujet : NetPub 2006 : les Québécois et la publicité sur Internet. Cette étude répond à des questions comme : « Quelle relation les Québécois entretiennent-ils avec la publicité en ligne? », « Comment la publicité est-elle perçue? », « Quels sont les types de publicité les plus appréciés? », « Internet joue-t-il un rôle dans le processus d’achat? ».

L’enquête montre que les internautes québécois ont une opinion peu reluisante de la publicité diffusée sur Internet. Selon eux, elle est peu utile (cote de 2,8 sur 10), peu informative (3,2 sur 10) et très envahissante (8,0 sur 10). Toutefois, l’analyse révèle que leur opinion serait plutôt attribuable aux types les plus connus et les plus dérangeants par leur format ou leur contenu inapproprié (fenêtre-pub d’entrée [pop-up], publicité pornographique, publicité de casino…).

Selon le sondage, sept internautes sur cent (6,8 %) portent beaucoup ou assez attention à la publicité en ligne et 7,0 % des utilisateurs du Web y cliquent souvent ou à l’occasion. Mais, 14 % des internautes ont déjà subi l’influence d’une publicité en ligne relativement à un achat et une proportion semblable d’internautes avouent avoir déjà été influencés par une publicité sociétale ou gouvernementale diffusée sur Internet. Toutefois tout porte à croire que ce nombre serait nettement supérieur puisqu’aux dires de Luc Dupont, professeur en communication à l’Université d’Ottawa et expert en publicité, « …les gens n’admettront jamais que leur choix a été influencé par une publicité, un slogan, un visuel ou un logo. Ils vous diront plutôt qu’ils sont à la recherche d’information et que leurs habitudes d’achat sont très rationnelles. »1

Malgré ces résultats en apparence plutôt faibles, il ne faut pas croire que la publicité sur Internet n’est pas rentable et qu’il ne vaut pas la peine d’y investir. En fait, la situation n’est guère pire qu’avec les autres médias publicitaires. Dans son livre 1001 trucs publicitaires, Luc Dupont rapporte : « En moyenne, un texte publicitaire dans un magazine ou dans un journal est lu par 5 % à 10 % des lecteurs et, tout type confondu, 75 % de la publicité est ignorée.2

Les types de publicité sont variés : pop-up, bandeau publicitaire, publicité vidéo, publireportage, blogue d’une marque. Toutefois, ils ne plaisent pas tous autant. À titre d’exemple, le quart (25 %) des internautes disent cliquer sur la publicité dans les moteurs de recherche alors que seulement 6,6 % cliquent sur les pops-up. Les lettres d’information (40 % des internautes s’y sont déjà inscrits), les offres commerciales (30 %) reçues par courriel suite à un abonnement et les concours (49 % y ont déjà participé) sont également très appréciés.

L’influence d’Internet sur les achats

L’arrivée d’Internet a eu un impact important dans la vie des gens entre autres dans leurs processus d’achat. Le Québec n’en fait pas exception : un internaute sur cinq (20 %) a modifié son comportement d’achat depuis l’arrivée d’Internet. Preuve à l’appui, au moment de l’enquête, le tiers des internautes avaient acheté un bien ou un service en ligne dans les trois mois précédents et 19 % des utilisateurs du réseau vont même jusqu’à acheter (souvent ou à l’occasion) entièrement en ligne, sans même passer en magasin. À partir des réponses obtenues, on peut estimer qu’au cours des trois mois précédant l’enquête les achats en ligne des internautes québécois se chiffraient entre 350 $ et 400 $ par personne ou entre 450 et 500 millions de dollars au total pour la période.

En terminant, voici dix règles3 à respecter pour que votre publicité Internet gagne le cœur des Québécois. Il ne faut toutefois pas oublier qu’Internet ne fait pas de miracle et qu’une mauvaise publicité restera toujours une mauvaise publicité.

- Ne piégez pas l’internaute;
- Ne gênez pas sa lecture;
- Soyez respectueux : laissez le choix à l’internaute de regarder ou non;
- Placez la publicité sur un site ayant un lien avec ce que vous annoncez;
- Soyez discrets;
- Assurez-vous que votre publicité s’affiche comme telle et de manière transparente;
- Osez être différents des autres médias;
- Soyez informatifs et subtils : ne tombez jamais dans le côté grossier.
- Soyez amusants ou drôles;
- Pour les publicités par courriel, assurez-vous que l’internaute a vraiment donné son consentement pour recevoir vos offres.

Notes :

1Dupont, Luc (2005). 1001 trucs publicitaires, Les Éditions Transcontinental inc., Montréal, p. 21 (3e édition)
2Dupont, Luc (2005). 1001 trucs publicitaires, Les Éditions Transcontinental inc., Montréal, p. 37 (3e édition)
3Tirées des groupes de discussion.

Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Source:
CEFRIO. NetPub 2006 : les Québécois et la publicité sur Internet, Québec, septembre 2006.


2. Le Web 2.0 favorise la collaboration dans le secteur de la santé - Le Web 2.0 s’intègre progressivement dans le domaine de la santé, particulièrement en ce qui concerne la formation à distance. Les technologies associées à la deuxième génération du Web offrent de multiples avantages quant à l’amélioration du transfert des connaissances, l’accessibilité aux savoirs ainsi que le partage entre les pairs. Une récente étude de BioMed Central intitulée Wikis, blogs and podcasts : a new generation of Web-based tools for virtual collaborative clinical practice and education analyse l’impact de ces technologies sur l’enseignement à distance et le partage des connaissances dans le milieu de la santé. Cette recherche a pour objectif d’évaluer comment intégrer les outils du Web 2.0 à l’intérieur des programmes de formation à distance des diverses disciplines de la santé.

Il existe depuis longtemps sur Internet des modules de formation contenant des extraits audio et vidéo. À la différence de ces plateformes multimédias, les contenus de formation de type Web 2.0 incluent un volet de collaboration entre les apprenants. Les internautes passent d’un mode passif à un état proactif.

Collaboration et intelligence collective
Le terme Web 2.0 est actuellement très en vogue dans le milieu des technologies de l’information. Il fait référence à la deuxième génération du Web caractérisée par des applications Web plus légères, peu dispendieuses, simples d’utilisation et qui visent une plus grande participation des internautes au contenu véhiculé sur Internet. Les applications du Web 2.0 offrent de performantes plateformes d’échange d’information et de construction collective de documents. Les applications et principes mis de l’avant dans le Web 2.0 peuvent s’avérer d’une grande utilité pour le monde de l’éducation, de la formation continue et la gestion des connaissances.

Selon l’étude, recourir à des technologies du Web 2.0, pour la formation des futurs professionnels de la santé comme pour la formation continue, pourrait avoir une incidence positive sur les apprentissages. Les outils collaboratifs, tels que les wikis, les blogues et la baladodiffusion, permettent aux apprenants d’approfondir leurs connaissances et de collaborer davantage. La synergie ainsi créée favorise l’émergence de réseaux d’experts.

Les espaces de coconstruction
Le wiki1 est une application permettant la création d’un espace commun afin de permettre à plusieurs personnes de travailler ensemble sur un même document. Offrant des fonctionnalités d’édition de documents, d’archivage des versions antérieures, de création de zones de discussion autour d’un sujet, le wiki permet d’alimenter les groupes de travail, de favoriser les échanges d’informations entre divers groupes de spécialistes et d’apprenants. Actuellement, dans le milieu de la santé cette application sert à construire des répertoires de connaissances sur les pratiques cliniques et aussi à réaliser des travaux en commun. Utilisés par les étudiants comme par les spécialistes du milieu de la santé, les wikis offrent l’opportunité à des pairs d’entrer en communication et de construire ensemble un savoir collectif. Le site de Ganfyd est un excellent exemple de wiki du secteur de la santé où tous peuvent contribuer à augmenter l’intelligence collective.

Partager ses connaissances
Les blogues2 offrent quant à eux une structure Web accessible et simple pour créer un journal informationnel à caractère personnel. Présentant l’information de manière antéchronologique, ce sont ses possibilités multimédias qui intéressent particulièrement le domaine de la santé. De fait, les journaux en ligne reprenant des cas cliniques, photos et vidéos à l’appui, s’avèrent fort éducatifs. En plus d’encourager les internautes à partager de l’information et à réfléchir autour de certaines pratiques, les blogues permettent de garder une trace des réflexions amorcées. Le blogue Clinical cases and images illustre bien les possibilités qu’offre cet outil. On y retrouve, classés par catégories, divers blogues en provenance d’une multitude d’acteurs de la santé qui présentent leurs expériences auprès de certaines clientèles, des cas cliniques, des exemples vidéo et audio de certains diagnostics, des exercices, etc., le tout commenté par les internautes.

En appui au nomadisme
La baladodiffusion (podcast)3 permet d’accéder à du contenu électronique vidéo ou audio à partir d’un appareil mobile. Ce contenu étant disponible en ligne, il est téléchargé ou envoyé à un abonné par le biais d’Internet et l’utilisateur peut le consulter où et quand il le souhaite. Des fils RSS (Really Simple Syndication)4 peuvent être intégrés pour informer les abonnés de l’apparition de nouveaux contenus sur un site ou de l’évolution d’un dossier. En ce moment, la baladodiffusion répond à un besoin d’accès à l’information lors des déplacements. La baladodiffusion permet, entre autres, de consulter les actualités médicales en différé, d’écouter à des fins éducatives des références sonores de battements cardiaques ou encore d’écouter des enregistrements de lecture en faisant son jogging ! Le site de la National Library of Medicine offre de nombreux fils RSS et des fichiers de baladodiffusion sur diverses publications.

Aussi, depuis la mi-août la Société canadienne de télésanté offre des contenus en baladodiffusion sur son site Web. Sont disponibles, dans ce format, des nouvelles provenant des membres, de l’information sur les activités dans le domaine de la télésanté et des entretiens avec des spécialistes. La Société se dit ouverte à la publication de contenu provenant de diverses sources et invite les intervenants du milieu à leur soumettre des propositions.

Selon l’étude de BioMed Central, la combinaison d’un wiki, d’un blogue et de la baladodiffusion pour l’apprentissage favoriserait l’appropriation des contenus. En plus de fournir un support pédagogique, ces outils permettent de briser l’isolement lié à la formation à distance en créant un environnement enrichissant et stimulant avec des pairs.

Les mises en garde
BioMed Central émet toutefois quelques mises en garde. L’ouverture et la participation associées au Web 2.0 ne présentent pas que des avantages pour le milieu de la santé. En laissant tous et chacun contribuer au contenu, la fiabilité et la justesse des données deviennent difficiles à évaluer. Pour éviter ces écueils, il est recommandé de restreindre l’utilisation de ces outils à un groupe défini où les contributions sont identifiées et où un administrateur veille minimalement à la qualité du contenu. Par ailleurs, la diffusion d’informations sur des patients doit respecter les normes habituelles d’éthique et de protection de la vie privée des patients. Entre autres, des mesures doivent être prises afin de masquer l’identité des personnes dont les photos ou vidéos sont reprises dans les exemples de cas cliniques.

L’utilisation des outils du Web 2.0 à l’intérieur des plateformes de formation du milieu de la santé est encore dans sa phase de développement et de définition. Plusieurs lacunes existent toujours et les façons de faire sont continuellement en révision. Ainsi, les auteurs de l’étude Wikis, blogs and podcasts : a new generation of Web-based tools for virtual collaborative clinical practice and education lancent un appel aux décideurs du milieu de la formation en santé pour qu’un partage des meilleures pratiques soit mis en place entre les divers utilisateurs de ces outils. Bref, à quand les wiki, blogue et fichier de baladodiffusion portant sur les cas exemplaires de formation en ligne de type Web 2.0 en santé ? »

Notes :
1L’Office de la langue française définit wiki comme suit : Site Web collaboratif où chaque internaute visiteur peut participer facilement à la rédaction de son contenu. La principale caractéristique d'un site Wiki est de permettre à ses utilisateurs de modifier facilement et rapidement n'importe laquelle de ses pages. Wikipédia est un des wikis les plus connus http://www.wikipedia.org/ .
2 Un blogue est un site Web évolutif, ayant la forme d'un journal personnel, daté, régulièrement mis à jour, où l'internaute peut communiquer ses idées et ses impressions sur une multitude de sujets, en y publiant, à sa guise, des textes généralement courts, parfois enrichis d'hyperliens, qui appellent les commentaires du lecteur.
3 La baladodiffusion est un mode de diffusion qui permet aux internautes, par l'entremise d'un abonnement à des fils RSS ou équivalents, d'automatiser le téléchargement de contenus radiophoniques, audio ou vidéo, destinés à être transférés sur un baladeur numérique pour une écoute ou un visionnement ultérieurs.
4 On définit RSS comme étant un format de syndication de contenu Web, basé sur le XML, qui permet d'indexer de façon automatisée le contenu d'un site Web et de le mettre instantanément à la disposition d'autres sites. Le format RSS est désormais utilisé couramment, notamment dans les blogues, pour partager du contenu entre sites Web.

Rédactrice : Sophie Poudrier, analyste-conseil, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO

Références :
Maged N Kamel Boulos, Inocencio Maramba and Steve Wheeler, Wikis, Blogs and Podcasts: a New Generation of Web-Based Tools for Virtual Collaborative Clinical Practice and Education, 15 août 2006, 8 pages.

Maged N Kamel Boulos, Wikis, Blogs and Podcasts: Emerging Tools for Virtual Collaborative Practice and Learning/CPD in Medicine, présentation, 55 diapositives.

« Canadian Society of Telehealth now producing podcasts », Canadian Healthcare Technology.

« Web 2.0 could be used in health e-learning », E-Health Insider, 1er septembre 2006.


3. Des relations d’affaires moins coûteuses grâce aux TI : le cas de l’aéronautique à Montréal - Les TI auraient un impact bénéfique sur les coûts de coordination des relations entre les donneurs d’ordres et les fournisseurs dans l’industrie aéronautique montréalaise. C’est ce que démontre une étude réalisée par Claudia Rebolledo, professeure à HEC Montréal. Les résultats de son étude ont été présentés dans le numéro d’automne de la Revue Gestion, dans un article qu’elle cosigne avec Mathieu Dumouchel, président d’EXIM Aéro inc.

Quelques mots d’abord sur cette industrie

La structure de cette industrie suivrait un modèle pyramidal, formé par les quelques fournisseurs d’appareils au sommet (quelques grandes multinationales) et, au centre, les fournisseurs de systèmes (moteurs, train d’atterrissage, avionique, etc.). Les deux représentent les donneurs d’ordres de cette industrie. Les fournisseurs de composantes et de services, plus nombreux et souvent des PME locales, se retrouvent à la base de cette structure. D’après les auteurs de l'article, ce modèle est en pleine mutation : les PME à la base de la chaîne logistique doivent maintenant se procurer davantage de composantes pour répondre aux besoins des donneurs d’ordres (fournisseurs d’appareils et de systèmes) et s’approvisionner auprès d’autres fournisseurs. La base de la structure industrielle tend maintenant à se composer de plusieurs petites pyramides.

Les relations entre donneurs d’ordres et fournisseurs sont à la mesure des normes de qualité vitales pour l’industrie : elles sont basées sur la confiance, le respect de normes strictes de qualité et la sécurité. De plus, le respect des dates de livraison constitue une exigence non négociable pour assurer le succès de l’industrie. Établir des liens de confiance et les entretenir, effectuer des contrôles serrés de la qualité et coordonner cette relation s’avèrent toutefois très coûteux pour les donneurs d’ordres.

La place des TI dans la relation donneurs d’ordres – fournisseurs

Comme dans toute industrie, les entreprises cherchent à diminuer leurs coûts et améliorer leurs processus. Mais voilà que les façons de réduire les coûts habituellement utilisées dans les autres industries ne peuvent être appliquées dans celle de l’aéronautique. Il en va de la sécurité des passagers à bord des appareils. Animés par les nouvelles théories de l’approvisionnement stratégique – qui promeuvent entre autres des relations plus étroites des donneurs d’ordres avec un nombre restreint de fournisseurs sélectionnés – certains donneurs d’ordres ont choisi de s’attaquer à ce problème en réduisant le nombre de fournisseurs avec qui ils feront affaire. En fait, si leur besoin est de diminuer les coûts de coordination des relations avec leurs fournisseurs, à première vue, la solution qui semble la plus simple consiste à réduire le nombre de relations et, donc, de fournisseurs avec qui ils transigent.

L'étude a toutefois démontré que cette opération n’était pas nécessaire, puisque l’usage des TI engendre le même bénéfice. D'après les auteurs de l’article,, « une utilisation plus intensive des systèmes d’information et des technologies de l’information, tels que le système d’échange de données informatisées, les portails d’entreprise, le courrier électronique, les catalogues électroniques et les places de marché dans le contexte d’une relation entre le donneur d’ordres et le fournisseur, sont associés à des coûts moindres de coordination ». Dès lors, les auteurs mettent en garde les fournisseurs de composantes et de services qui choisiraient de ne pas prendre ce virage : les donneurs d’ordres mis au courant des résultats de cette recherche seront tentés d’automatiser leurs relations avec eux. Les sous-traitants qui n’adhèreraient pas à ces technologies pourraient être rapidement dépassés par d’autres fournisseurs… D’après l’étude, le jeu en vaudrait la chandelle. Même en calculant l’effort de formation et d’adaptation des processus aux nouvelles façons de faire, l’intégration des TI reste nettement avantageuse.

Les TI liées à la gestion de la relation entre donneurs d’ordres et fournisseurs ne règlent certes pas tout : selon l’étude, elles n’auraient aucun impact, par exemple, sur les effets néfastes de l’éloignement géographique (souvent international) et de l’incertitude sur les coûts de coordination dans le cadre de ces relations d’affaires. Des liens de confiance doivent notamment être établis entre donneurs d’ordres et fournisseurs pour le partage de connaissances et pour l’innovation. Reste à savoir si d’autres outils et démarches de télécollaboration que ceux étudiés par Rebolledo pourraient pallier ce problème.


Rédactrice: Isabelle Vachon, chargée de projet, CEFRIO

Source :
Rebolledo, Claudia et Mathieu Dumouchel, « L'impact des technologies de l'information sur les coûts de coordination des fournisseurs dans l'industrie aéronautique de Montréal », Revue Gestion, vol. 31, no 3, automne 2006, p. 56.

4. Apprendre la télé collaboration - Le projet Cégeps en réseau en est à sa seconde session. Ce projet, débuté en janvier 2006, permet aux enseignants de onze établissements de collaborer afin de définir de nouvelles approches pédagogiques en expérimentant les diverses possibilités de collaboration qu’offrent les TIC. Les onze cégeps participants sont regroupés en paires ou en triade sur la base de cinq programmes de formation technique qu’ils partagent. Cégeps en réseau offre l’occasion de diversifier les activités de formation offertes aux étudiants inscrits dans de petites cohortes et, ultimement, vise à s’assurer du maintien d’une offre régionale de formation de qualité, sans augmentation des coûts par élève ou, idéalement, en diminuant ces coûts.
Quatre de ces projets en sont à leur seconde session d’expérimentation, le dernier ayant débuté en septembre. Il est donc encore trop tôt pour dégager des tendances ou des constats. Quelques observations méritent toutefois d’être soulignées :

- L’intérêt soulevé par le projet au sein des établissements est patent. Son implantation suscite une mobilisation importante, particulièrement au sein des services pédagogiques et informatiques. Par ailleurs, certains établissements prévoient déjà élargir l’expérimentation à d’autres programmes et profitent, à cette fin, des activités de transfert auxquels ils s’associent. Déjà on note que des activités de télécollaboration sont prévues pour des disciplines contributives aux programmes visés.
- L’implantation du projet favorise l’exploration des outils technologiques dans différents contextes d’enseignement et d’apprentissage. Déjà des améliorations ont été apportées aux outils, faisant suite ainsi aux propositions des enseignants.
- Les activités pédagogiques offertes ont le plus souvent recours à plus d’un outil, permettant de combiner le synchrone et l’asynchrone, la présentation aux étudiants des établissements jumelés et le travail d’équipe en sous-groupes inter établissements.
- Sur la base des expérimentations de la session hivers 2006, certaines contraintes techniques et d’aménagement de l’horaire d’enseignement ou de planification pédagogique ont été partiellement levées. Ainsi, la plupart des établissements ont harmonisé leur grille-horaire et dégagé des plages communes pour faciliter la tenue d’activité de télé collaboration inter établissements. Par ailleurs, la majorité des établissements se sont dotés de mécanisme de suivi et d’évaluation de l’expérimentation afin notamment de s’assurer de l’atteinte des objectifs pédagogiques.
- Les programmes étant distincts d’un établissement à l’autre, certains ont amorcé une réflexion sur la pertinence de revoir, avec l’établissement jumelé, leur programme ou une partie de leur programme, afin de l’harmoniser et d’accroître d’autant les possibilités de télé collaboration et la mise en commun des activités pédagogiques.

Une rencontre des représentants des onze établissements liés à l’expérimentation se tiendra à la fin de novembre. Elle sera l’occasion d’une importante mise en commun et permettra de dégager, à mi-parcours, le portrait des constats et des réflexions de chacune des équipes-projet.

Pour en savoir plus :
http://www.cefrio.cegepsenreseau.org/

Rédacteurs :
Marc Beaudry, chargé de projet
Vincent Tanguay, directeur du projet

 


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