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Archives du bulletin SISTech : octobre 2003
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Bulletin du 31 octobre 2003
Bulletin du 17 octobre 2003
Bulletin du 3 octobre 2003

Bulletin du 31 octobre 2003
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1. Pour une nouvelle culture de protection des renseignements personnels basée sur le meilleur intérêt des citoyens du Québec
2. L’essor ou le sort des municipalités en ligne
3. Le défi de l’Hexagone : la compétitivité des PME par le numérique


1. Pour une nouvelle culture de protection des renseignements personnels basée sur le meilleur intérêt des citoyens du Québec - Dans le cadre de la consultation publique sur la réforme de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, le CEFRIO a présenté un mémoire à la Commission de la culture du Québec le 29 octobre dernier. Sans remettre en question les acquis du Québec en matière de protection des renseignements personnels, ce mémoire propose six recommandations visant à favoriser le déploiement du gouvernement en ligne et qui s’appuient sur le principe de base suivant lequel le meilleur intérêt des citoyens du Québec doit primer.

C’est à la lumière de l’examen de trois éléments de contexte fondamentaux – (1) la transformation « naturelle » de l’Administration publique québécoise vers le gouvernement en ligne, (2) les besoins et attentes des citoyens qui vont grandissant et (3) le constat selon lequel l’interprétation de la loi doit être assouplie - que le CEFRIO formule ces recommandations :

1- Le cadre juridique devrait partager les actuelles responsabilités de la Commission d’accès à l’information (CAI) en matière de protection des renseignements personnels entre des organismes distincts.
2- Le cadre juridique devrait permettre et encadrer la circulation des renseignements personnels entre les différents ministères et organismes impliqués dans la prestation de services intégrés. Dans cette optique, une entente spécifique devrait décrire les responsabilités de chacun en matière de protection des renseignements personnels.
3- Sans nécessairement établir ou reconnaître un mécanisme unique de certification de l’identité, le cadre juridique devrait prévoir l’éventualité de la mutualisation de la fonction d’identification.
4- Le cadre juridique devrait conduire les différents ministères et organismes québécois à mettre en œuvre des principes de gestion et de sécurité adaptés aux enjeux associés aux divers contextes d’utilisation des renseignements personnels qu’ils recueillent et conservent.
5- Lorsque les enjeux le justifient, l’obtention du consentement du citoyen devrait demeurer une condition essentielle à l’utilisation de renseignements personnels.
6- Le nouveau cadre juridique devrait prévoir un mécanisme permettant aux citoyens qui se prévalent de différents services en ligne d’avoir accès aux dossiers les concernant.

Pour le CEFRIO, il ne s’agit donc pas de remettre en question les principes fondamentaux de la protection des renseignements personnels, mais au contraire de moduler cette protection pour répondre adéquatement aux besoins et attentes des citoyens, par ailleurs de plus en plus exigeants en matière de services électroniques gouvernementaux. Par-dessus tout enfin, il importe de voir que, bien au-delà d’une menace, les TI représentent une formidable opportunité de rapprocher l’État de ses citoyens et même de mieux protéger leurs renseignements personnels. L’établissement de hauts standards en matière de protection de ces renseignements et la mise en œuvre de processus assurant une circulation adéquate de l’information permettront d’arriver à ces fins.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : CEFRIO, « Pour une nouvelle culture de protection des renseignements personnels basée sur le meilleur intérêt des citoyens du Québec », Mémoire présenté à la Commission de la culture du Québec, septembre 2003,


2. L’essor ou le sort des municipalités en ligne - Qu’ont en commun Saint-Joseph-de-Beauce, Chicago et Toulouse? Elles ont toutes leur vitrine sur le Net. De plus en plus de citoyens des pays occidentaux peuvent maintenant consulter le site de leur municipalité. Quels rôles ces sites doivent-ils jouer? Quelle valeur ajoutent-ils à l’offre d’information et de service – public et privé – déjà disponible sur la toile?

Vitrine informationnelle ou transactionnelle, le Web municipal offre divers services en ligne, plus ou moins interactifs et complexes selon la taille de la population qu’il a à desservir ou le budget alloué à son déploiement.

En France, un nombre croissant de mairies ont maintenant leur site Web. En fait, le nombre de sites municipaux aurait doublé en deux ans. On compterait maintenant près de 4600 sites municipaux français sur le Net. Environ une mairie sur dix aurait sa vitrine sur le Web. Ce nombre devrait poursuivre sa progression, puisque près de 900 sites sont présentement en construction. Qu’en pensent les citoyens? Environ 60 % des plus de 15 ans visiteraient les sites de leur localité souvent ou de temps en temps. Ils y recherchent surtout de l’information sur la vie locale et y réalisent des opérations administratives.

Au Québec, le phénomène semble encore plus important.Le Répertoire des municipalités du ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir dénombre environ 315 sites Web municipaux. Près de 3 municipalités québécoises sur 10 seraient donc présentes sur la toile. Qui plus est, 923 municipalités auraient une adresse courriel, soit 83 % d’entre elles. Certains sites offrent de l’information sur les services de la ville, sur les élus, de l’information touristique et les heures d’ouverture de la mairie, tandis que d’autres iront jusqu'à offrir des services transactionnels en ligne. C’est le cas notamment de la ville de Bromont¹ qui s’est vue attribuer récemment le label de Ville Internet par l’Association villes Internet en France. La ville permet à ses résidents de consulter et d’ajouter une petite annonce, un forum de discussion, des vidéos touristiques en ligne, le paiement du compte de taxes par le site de leur institution bancaire et autres.

Bien sûr, toutes les municipalités n’ont pas nécessairement besoin d’offrir tous ces services. Comme le signale Lawrence Pratchett, expert sur cette question, dans Local e-government now : a worldwide view, si les TI peuvent être utiles pour rassembler les citoyens d’une ville populeuse ou d’un village rural dont la population est éparse, le site Web peut s’avérer totalement inutile pour les citoyens vivant tout près de leur mairie. Pour une autre spécialiste consultée pour cette étude, Kate Oakley, le site Web doit avant tout améliorer la participation démocratique des citoyens. Le site ne doit pas seulement offrir des services, mais amener les citoyens à s’exprimer, à collaborer et à participer à la vie municipale. Voilà sans doute la valeur ajoutée des sites Web municipaux par rapport à tout ce que le citoyen peut retrouver sur la toile.

Note :
¹Bromont, Ville branchée! a servi de terrain d’exploration aux chercheurs du projet « Développement des collectivités locales et régionales par les TI » mené par le CEFRIO. Pour plus d’information sur ce projet, veuillez communiquer avec Norman Roy, directeur développement de projet au CEFRIO.

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Improvement and Development Agency/ Society of IT management, Local e-government now, 2003 - sustaining the momentum, sommaire exécutif, 16 pages, 2003

OpinionWay et le Cabinet EVS Conseil, « Les internautes français et les sites publics locaux ».
Voir la fiche infomètre portant sur cette étude, janvier 2003

Susinet, « Les sites Web municipaux multipliés par 2 en deux ans », La lettre d’information, 17 octobre 2003

MAMSL, Répertoire des municipalités du Québec, 2003

3. Le défi de l’Hexagone : la compétitivité des PME par le numérique - Les efforts déployés par de célèbres Gaulois pour protéger leur petit village des envahisseurs romains étaient des plus héroïques. En y pensant bien, une question vient cependant à notre esprit : en se protégeant de cette façon, les Gaulois se privaient-ils par la même occasion du savoir et des compétences du plus grand empire de l’époque?

Selon l’une des conclusions d’un rapport sur la compétitivité des PME par les TI, les entrepreneurs français auraient malheureusement tendance à imiter les comportements de leurs célèbres ancêtres gaulois. En effet, bon nombre de PME françaises éprouveraient de réels problèmes de compétitivité en raison de leur propension à se refermer sur elles-mêmes. En agissant ainsi, les PME de l’Hexagone se privent d’avantages compétitifs reliés aux pratiques de réseautage.

Ce rapport de mission sur la compétitivité numérique des entreprises françaises a été déposé en septembre 2003 par Jean-Paul Charié, député de Loiret. Les buts de cette mission étaient de dresser le portrait des PME françaises en matière de compétitivité numérique, d’identifier les secteurs d’activités sur lesquels les efforts devaient être concentrés et de mettre au point un plan d’action afin d’améliorer la compétitivité des PME par les TI.

Vingt-cinq projets pilotes ont été élaborés afin de tenter de combler le manque de compétitivité des PME françaises par rapport à celles d’autres pays, tels la Suède, la Belgique, l’Espagne ou le Canada. Ces projets, qui visent l’amélioration des pratiques d’affaires des PME par le biais des TI, mettent à profit plus de 200 partenaires gouvernementaux nationaux et locaux ainsi que privés. L’objectif de leur réalisation est bien précis : transformer 100 PME par jour en « PME championnes » d’ici 2007.

Pour devenir des « championnes », les PME doivent posséder trois attributs parmi une liste préétablie. On retrouve notamment dans cette liste une connexion Internet à haut débit, un intranet ou encore un site Web relationnel ou transactionnel. Les PME championnes doivent également avoir développé des pratiques d’affaires exemplaires telles que la mise à jour régulière de leur site, la mise en place de procédures sécurisées de commerce électronique, l’instauration de pratiques de formation continue des dirigeants et des employés ainsi que la mise en place d’activités de veille. Enfin, les PME championnes doivent se démarquer par leur capacité à travailler en réseau et leur disposition à échanger leur expérience. Cela peut, par exemple, se concrétiser par un partenariat avec un centre de recherche universitaire.

En tout, onze secteurs d’activités regroupant 248 000 PME sont ciblés par les projets. À titre d’exemple, dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, des actions pourraient être entreprises afin que les hôtels puissent permettre à leur clientèle de réserver et de payer leur séjour en ligne, par le biais d’un portail.

La démarche proposée par Jean-Paul Charié est ambitieuse mais le pari de la compétitivité en est un dont la France ne peut se passer.

Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Jean-Paul Charié, Le numérique pour gagner : 100 PME championne par jour d’ici 2007, Conclusions de mission parlementaire.


Bulletin du 17 octobre 2003
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1. Prenez garde : des logiciels vous espionnent!
2. Publicité ou pourriel? Évitez les pièges en posant les bonnes questions
3. Quand les TI se font anges gardiens
4. Bromont : première ville à se mériter le label « Ville Internet » à l’extérieur de l’hexagone


1. Prenez garde : des logiciels vous espionnent! - Ils s’installent sournoisement sur votre ordinateur, collectent des données sur la configuration de votre ordinateur et vos habitudes d’internaute, puis transmettent le tout à des firmes de marketing : les logiciels espions s’immiscent dans votre vie à votre insu et peuvent divulguer vos renseignements les plus intimes.

On entend par « logiciels espions » – spyware en anglais ou encore espiogiciels pour les avides de néologismes – des petits programmes informatiques qui s’installent sur votre ordinateur sans que vous ne le sachiez. On les retrouve intégrés en complément d’un logiciel principal, le plus souvent des gratuiciels et des applications pour le poste-à-poste (P2P) comme Kazaa. Ils collectent et conservent des données, entre autres, sur votre comportement d’internaute, sur la configuration de votre ordinateur ou la liste des sites Web que vous avez visités. Ils iront parfois même jusqu’à tenir un registre du contenu de votre disque dur ou à le balayer à la recherche de mots de passe ou de courriels.

Les données ainsi récoltées sont ensuite envoyées par Internet à leur auteur, soit habituellement un concepteur de gratuiciels qui souhaite arrondir ses fins de mois en vendant vos données personnelles à une firme de marketing. Gare ensuite aux pourriels, aux fenêtres-pubs d’entrée (pop-ups) qui apparaissent sans cesse dans votre messagerie instantanée et autres désagréments! En plus de vous envahir de publicités non sollicitées, ils accaparent votre bande passante, votre mémoire vive et votre disque dur. Le pire dans tout ça : leur légalité. En effet, sous le couvert d’une volonté d’offrir un bon service aux clients par la mise à jour de leurs logiciels ou la correction des erreurs rencontrées par leurs clients, les concepteurs de logiciels ont le droit d’utiliser les espiogiciels avec le consentement de l’usager. Encore faut-il que les clients lisent les politiques d’utilisation en petits caractères avant de les télécharger, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Comment s’en protéger ou s’en débarrasser? Les antivirus et les coupe-feux ne suffisent souvent pas à la tâche. Les espiogiciels ont plus d’un tour dans leur sac : ils se modifient et se déplacent sur votre ordinateur à chaque semaine, voire parfois même à chaque jour. Une panoplie de logiciels spécialisés, gratuits ou non, permettent de les enrayer. Certains les empêchent d’envoyer les données à des serveurs externes, d’autres bloquent leur installation ou les détectent et les suppriment sur votre ordinateur infecté. Les plus sophistiqués offrent toutes ces options à la fois et fournissent même une liste des logiciels espions installés sur votre ordinateur, leur localisation et leurs fonctions.

Malgré tous ces logiciels disponibles, il n’en demeure pas moins qu’une prudence élémentaire de l’internaute s’avère le meilleur moyen de contrecarrer ces nuisances. Lire les petits caractères des contrats d’installation des gratuiciels avant de les installer et demeurer à l’affût des logiciels espions en cours sur le marché devraient vous garder à l’abri de leur intrusion.


Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique et enquêtes, CEFRIO
Sources :
Isabelle Falque-Pïerrotin, « Est-il vrai que lorsque l'on télécharge certains logiciels, des programmes espions s'installent sans que l'on en soit informé? », Droit du Net.fr, 2003

Richard Koontz, « Spyware Removal Tools Stop Snoopers », E-Commerce News, 13 octobre 2003

Vincent Ryan, « Internet Sleuths for Hire : Defeating Spyware », NewsFactor, 7 octobre 2003

2. Publicité ou pourriel? Évitez les pièges en posant les bonnes questions - Une boîte de réception remplie de courriels gênants, dans tous les sens du terme, ça vous dit quelque chose? Les pourriels (spam), qui promettent mer et monde, constituent un irritant quotidien pour bien des internautes. Et pourtant, pour plusieurs entreprises le marketing par courriel demeure un outil promotionnel très efficace.

Certes, la meilleure option du marketing par courriel demeure la conception de sa propre liste de prospects en offrant aux internautes la possibilité de s’y inscrire. Cependant, certains peuvent être tentés par l’option plus facile que constitue l’achat d’une liste compilée par un tiers.

Afin d’éviter les pièges du pourriel, voici les questions clés à poser au fournisseur d’une telle liste :

Comment et quand le consentement des individus a été vérifié? Revoir le processus de collecte d’autorisation d’utilisation des adresses pour s’assurer de l’aval de leur propriétaire. Dans les cas québécois et canadiens, tout doit être conforme à la Loi sur la protection des renseignements personnels qui stipule que la vente de renseignements personnels ne peut se faire sans le consentement de la personne concernée.
À quelle fréquence les individus reçoivent-ils les messages? S’assurer que les courriels ne sont pas trop rapprochés en matière de temps. Si un fournisseur ne peut pas fournir ce détail, il faut changer de fournisseur.
Est-ce que de nouveaux noms sont ajoutés fréquemment? Est-ce que les adresses qui annulent leur abonnement sont retirées rapidement? Cette dernière question est capitale pour éviter d’être associé aux pourriels par les individus qui ont exprimé leur volonté de ne plus faire partie de la liste.
Est-ce que la liste est exclusive à ce fournisseur? Si elle ne l’est pas, elle risque d’être employée plus fréquemment et ce, peut-être, par des concurrents.
Qu’est-il écrit dans l’en-tête et le bas de page des courriels? Le texte doit clairement expliquer pourquoi les destinataires reçoivent le courriel et comment ils peuvent mettre à jour leur profil ou, encore, comment ils peuvent se désabonner.
À quoi ressemble le texte d’identification de l’expéditeur du courriel (sender line)? Très importante question à poser puisque les destinataires détruisent les courriels dont ils ne connaissent pas l’origine.
Comment le fournisseur s’assure-t-il de réellement envoyer les courriels? Quel est le taux de courriels non envoyés? S’assurer que le fournisseur peut garantir que les courriels ne seront pas filtrés comme des pourriels.
Est-ce qu’il y a des limites à la créativité? Les fournisseurs doivent surveiller le contenu des courriels et fournir des conseils pour qu’ils passent au travers des filtres. Par exemple, certains filtres n’acceptent pas les messages qui sont en HTML.
Quel est le degré de réceptivité des destinataires de la liste? Est-ce que la liste est composée d’individus qui ont manifesté leur intérêt pour le produit ou service vanté par le courriel? Si oui, le courriel doit en tenir compte, sinon il doit en tenir compte également.
Combien ça coûte, pourquoi et pour combien de temps? Est-ce qu’une politique garantit que les courriels seront correctement envoyés? Y a-t-il des conditions spécifiques? Y a-t-il un service après-vente? Connaître tous ces détails permet de mieux gérer la campagne et de s’assurer un meilleur retour sur l’investissement.

Avec les bonnes questions et les bonnes réponses, le recours à de telles listes peut offrir une alternative intéressante aux « listes maison » et permettre un certain succès à une campagne de marketing par courriel.


Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Al DiGuido, « Questions to Ask Before Renting a List », Small Business Computing.com, 21 août 2003.

3. Quand les TI se font anges gardiens - Le pire cauchemar des parents est sans aucun doute de voir leurs enfants harcelés, agressés ou pire encore, enlevés. Or, si une sensibilisation des jeunes aux dangers qui les guettent demeure sans conteste l’une de leurs meilleures armes, la technologie peut cependant elle aussi – et de plus en plus - renforcer la sécurité des petits comme des plus grands et partant, diminuer l’angoisse des parents.

Les dispositifs de sécurité personnelle prennent en effet depuis quelques temps déjà la forme de divers produits destinés à la protection des enfants. Ayant le grand avantage d’être littéralement fixés à l’enfant, ces dispositifs sont de plus en plus populaires. Ils se présentent selon un vaste éventail, de la simple alarme qui, une fois déclenchée, émet un son à briser les tympans, au nec plus ultra des systèmes de protection, une unité qui ressemble à s’y méprendre à un inoffensif bracelet-montre, à la grande différence près cependant que le dispositif est verrouillé au poignet de l’enfant et connecté à un système de localisation par satellite basé sur la technologie GPS. Certainement le plus sophistiqué d’entre tous, ce système rend compte de la position et des mouvements de son utilisateur, permettant ainsi aux parents de localiser leur progéniture. Encore faut-il toutefois avoir les moyens d’en munir son bambin – le fameux bracelet-montre coûte tout de même environ 200 $US – et habiter aux États-Unis, dans une région desservie par des réseaux de satellites appropriés.

Mais si les jeunes doivent être prémunis contre les dangers de la rue, ils doivent aussi, et dans la très grande majorité des cas¹, savoir reconnaître les menaces de l’univers virtuel. Et entre tous les risques que comporte Internet, la rencontre de personnages peu recommandables lors de sessions de clavardage est certainement l’un des plus inquiétants.

C’est à partir de ce constat et pour enseigner aux enfants les rudiments de la sécurité en ligne, qu’une petite entreprise de logiciels éducatifs basée à Vancouver (Live Wires) a développé il y a quelques années déjà le jeu sur ordinateur Missing. Ayant fait son apparition en février 2000 au Canada, le logiciel connaîtra sous peu un nouvel essor chez nos voisins du Sud, puisque des représentants du congrès américain, d’organismes chargés de l’application de la loi et de grands de l’industrie du jeu sur ordinateur, propulseront sa distribution dans 25 États supplémentaires.

Destiné à mettre les enfants au courant des dangers et des tactiques des prédateurs du Net, Missing est basé sur une histoire vraie : Zack, un adolescent canadien, est leurré par un homme éminemment sympathique, mais pédophile à ses heures, qui le persuade de faire une fugue et de l’accompagner à l’étranger. Le but du jeu : agir en véritable limier et retrouver Zack avant que le plan du prédateur n’ait totalement réussi. À noter que Missing a par ailleurs aidé les autorités américaines à appréhender de véritables pédophiles, les policiers ayant bénéficié d’indices fournis par des adolescents inspirés par leur expérience du logiciel.

Fort du succès de Missing, Live Wires compte en outre lancer sous peu Mirror Image, une vidéo interactive qui présente toujours les dangers reliés aux prédateurs du Net, mais qui vise cette fois les adolescents.

Les TI, on le voit, peuvent contribuer à rassurer les parents et les aider à sensibiliser leurs jeunes aux périls d’Internet. Il n’en tient en fait qu’à nous de repousser leurs limites pour encore mieux les mettre au service de la sécurité des enfants.

Note :
¹Selon l’enquête NetAdos menée en 2003 par le CEFRIO, 99 % des jeunes Québécois de 12-17 utilisent en effet Internet. Pour plus d’information, veuillez noter que le rapport complet de l’enquête et la brochure qui en présente les principaux résultats sont disponibles tout à fait gratuitement sur le site du CEFRIO.


Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
David Porter, « Child security devices becoming more common », Canada.com News, 13 octobre 2003 (page consultée le 15 octobre 2003)

Paul Koring, « New software teaches kids Internet safety », The Globe and Mail, 1er octobre 2003 (page consultée le 15 octobre 2003)

Life Wires Design Ltd (page consultée le 16 octobre 2003)

4. Bromont : première ville à se mériter le label « Ville Internet » à l’extérieur de l’hexagone - Le 14 octobre 2003, à l'occasion de la cérémonie de remise des labels 2003 «Ville Internet», monsieur Jean-Yves Beaudoin, directeur du projet Bromont ville branchée, s'est vu décerner au nom de la Ville de Bromont le prestigieux label par monsieur Jean-Louis Borloo, ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine, madame Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies, monsieur Francis Mayer, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations et monsieur Emmanuel Eveno, président de l’Association Villes Internet et du jury du Label Ville Internet. Bromont est ainsi la toute première ville à l’extérieur de la France à se mériter un tel honneur.

Le label « Ville Internet » reconnaît les cités qui valorisent, développent et diffusent l’usage des TI auprès de leurs citoyens et est illustré par l'octroi d'une à cinq arobases. Cette année, 252 villes et communes se sont méritées le label. À l’instar de treize localités françaises, Bromont a reçu 4 arobases, tandis que seulement trois villes ont vu leurs efforts récompensés par 5 arobases.

Félicitations à toute l’équipe du projet Bromont, ville branchée, partenaire du CEFRIO dans le cadre du projet Développement des collectivités locales et régionales par les TI.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Communiqué de presse, « Bromont ville branchée reçoît 4 arobases au «Label Ville Internet 2003» de France », 14 octobre 2003

Site du réseau Villes Internet


Bulletin du 3 octobre 2003
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1. Responsables des TI dans l’entreprise : Qu’est-ce que vos employés pensent réellement de vous?
2. Le Web sémantique ou quand les données se font intelligentes
3. Apprendre partout et en tout temps grâce aux TI mobiles et sans fil


1. Responsables des TI dans l’entreprise : Qu’est-ce que vos employés pensent réellement de vous? - La réponse à cette question épineuse, pour bien des responsables des TI (CIO), n’est probablement pas celle qu’ils auraient voulu entendre. Le message envoyé par 400 professionnels des TI à leur patron est le suivant : délaissez vos budgets et vos réunions de direction et portez-nous plus d’attention.

Un sondage conduit par CIO Magazine et TopCoder en mai 2003 auprès de 400 professionnels des TI au sujet du responsable de leur direction indique que le niveau de satisfaction envers ce dernier est très bas. Les doléances sont nombreuses : incapacité à créer un esprit d’équipe, manque de leadership, absence de rétroaction positive, manque de connaissances en ce qui concerne les ressources matérielles et humaines nécessaires à la réalisation de projets en TI, insuffisance de l’attention portée aux activités de formation, etc.

Deux principales raisons sont évoquées afin de tenter d’expliquer la mauvaise réputation des responsables des TI auprès de leurs employés.

Premièrement, souvent promus directement du Département des TI, les responsables manquent d’expérience et de formation en gestion. Reste à voir si cette situation ne s’appliquerait pas à d’autres dirigeants comme le directeur de l’exploitation (COO) ou le chef de la direction (CEO). Dix conseils peuvent aider les responsables des TI à devenir de meilleurs gestionnaires :

1. Rencontrer régulièrement les employés;
2. Découvrir ce qui les « allume » de façon individuelle;
3. Créer une équipe pour rassembler les suggestions des employés;
4. Investir dans la formation des employés;
5. Éliminer les obstacles restreignant cette formation;
6. Inviter les hauts dirigeants à venir discuter avec vos employés;
7. S’assurer d’avoir de l’aide du Département des ressources humaines;
8. Suivre une formation en gestion;
9. Recourir aux services d’un conseiller personnel (personal coach) afin d’apprendre comment accroître le moral des employés;
10 Recourir aux services d’un spécialiste en communication.

Deuxièmement, le contexte économique qui sévit présentement priverait les responsables des TI d’une partie de leur budget et par le fait même, d’une partie de leur pouvoir d’action. Ainsi restreints, ils seraient moins sollicités au sein de l’entreprise en général et moins présents auprès de leur équipe.

Toutefois, le climat économique ne devrait pas servir d’excuse à ces gestionnaires. D’autant plus que dans une telle situation, les responsables des TI devraient concentrer leurs efforts pour être encore plus près de leurs employés. Ces derniers recevront ainsi de la rétroaction sur la qualité de leur travail qui se traduira par une augmentation de la motivation et un meilleur moral au sein de l’équipe.
Pour justement accroître le moral des troupes, différentes actions sont proposées aux responsables des TI : organiser une séance de consolidation d’équipe (team-bulding exercise), demander l’avis des autres pour trouver des solutions pour améliorer l’environnement de travail, organiser des réunions mensuelles pour faire le suivi, etc.

En guise de résumé, les responsables des TI devraient retenir ces quatre conseils clés : surveiller de près le moral des troupes, apprendre à connaître son équipe, prévoir un budget réservé aux activités de formation et, enfin, ne pas oublier d’appeler les ressources humaines à la rescousse quand le besoin s’en fait sentir.


Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Lauren Gibbons Paul, « What They’re Saying About You », CIO Magazine, 15 septembre 2003.

Lauren Gibbons Paul, « Management To-Do List », CIO Magazine, 15 septembre 2003.

Lauren Gibbons Paul, « Morale-Boosting Moves », CIO Magazine, 15 septembre 2003.

2. Le Web sémantique ou quand les données se font intelligentes - Si le Web tel qu’on le connaît actuellement recèle une mine de contenus, l’intervention humaine est toutefois toujours requise pour les manipuler et en bout de ligne, y dénicher l’information recherchée. Mais rêvons, ne serait-il pas agréable d’avoir plutôt accès à un Web deuxième manière, transformé en un vaste réseau de données « intelligentes » qui pourraient interagir entre elles et à notre insu?

Or un tel rêve pourrait devenir bientôt réalité. Le World Wide Web Consortium (W3C), une organisation d’environ 400 entreprises, organismes gouvernementaux et laboratoires de recherche, travaille en effet depuis quelques années déjà à un projet sur le Web sémantique. Avec Tim Berners-Lee en tête, un scientifique britannique par ailleurs inventeur du Web, le W3C vise ainsi à développer des technologies destinées à attacher aux données existantes de l’information qui rend compte des diverses relations sémantiques qu’elles sous-tendent ou, en clair, du contexte dans lequel elles doivent être interprétées. L’une des technologies à la base du Web sémantique est le Resource Description Framework (RDF). S’appuyant sur le populaire langage XML, le RDF est utilisé pour décrire et coder, de façon tout à fait transparente pour les humains, les relations établies entre les données.

Le plus beau de l’affaire : l’information ainsi « enrichie » deviendrait directement manipulable et compréhensible par des applications informatiques. Pour Berners-Lee, il tombe en effet sous le sens que le Web n’atteindra son plein potentiel que lorsque les contenus qu’il véhicule auront ainsi été transformés et rendus « intelligents ».

Dans une telle optique, les recherches menées sur le Web seraient nettement plus efficaces, puisque les navigateurs repéreraient non seulement les mots clés recherchés mais aussi, selon le contexte dans lequel ils doivent être compris, les différents concepts leur étant associés. S’évitant des heures de butinage, les consommateurs en ligne parviendraient par exemple à conduire des recherches de produits et de services plus ciblées.

Mais il y a un hic et du chemin demeure à parcourir. Les technologies qui supportent le Web sémantique sont en effet nettement plus faciles à développer pour un domaine d’activité spécialisé. La mise au jour du réseau sémantique d’un concept nécessite ainsi le développement d’une ontologie, c’est-à-dire la création d’un dictionnaire qui définit de façon formelle les interrelations entre différents termes d’un domaine. Or la vocation généraliste du Web requérait une ontologie gigantesque, elle-même généraliste, ou encore que des liens soient établis entre différentes ontologies spécialisées. Rien de moins donc, on le conçoit aisément, qu’un travail de Titan.

Bien que beaucoup de temps et d’argent devront certainement être consentis à leur développement, les technologies associées au Web sémantique demeurent certainement des plus prometteuses. Et si les organisations qui opteront pour leur utilisation en retireront certainement de grands bénéfices, elles devront cependant avoir les moyens de transformer les masses de données qu’elles génèrent en information intelligente.


Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Danny Bradbury, « The search for “smart data” pays off », Financial Post, 29 septembre 2003 (page consultée le 30 septembre 2003)

Site du World Wide Web Consortium (W3C) (page consultée le 30 septembre 2003)

Tim Berners-Lee, James Hendler et Ora Lassila, « The Semantic Web : A new form of Web content that is meaningful to computers will unleash a revolution of new possibilities », Scientific American.com, mai 2001 (page consultée le 30 septembre 2003)

3. Apprendre partout et en tout temps grâce aux TI mobiles et sans fil – Apprendre par Internet permet une flexibilité dans l’horaire et le lieu des cours; offre des opportunités de collaboration entre apprenants; ouvre à de multiples sources d’information et outils d’apprentissage interactifs. Mais encore faut-il se brancher à Internet, que le service soit disponible dans sa région et qu’une borne Internet soit à notre disposition au moment voulu. Voilà des limites que repoussent les technologies mobiles et sans fil.

Le Beaufort County Community College, collège situé en Caroline du Nord, a tiré profit de ces nouvelles technologies en voulant offrir des cours en ligne à ses étudiants habitant une région non desservie par les fournisseurs Internet. Depuis trois ans, une camionnette munie d’une antenne et d’un réseau Ethernet sans fil distribue la connexion Internet qu’elle reçoit par satellite à des ordinateurs portables situés dans des locaux du village. Cette camionnette parcourt la région selon l’horaire des cours et les lieux où se déroulent les activités de formation. À l’intérieur de la camionnette, numériseurs à balayage (scanner), imprimantes, caméras et autres périphériques sont mis à la disposition des apprenants. Cette initiative évite aux étudiants de parcourir les cinquante kilomètres qui les séparent du collège pour suivre un cours qui ne dure que quelques heures. Et ce n’est ici qu’une des applications possibles de l’alliage entre TI mobiles et sans fil.

Ce qui semble aujourd’hui relever de l’anecdote ou de l’exception pourra sans doute demain devenir une réalité. Ordinateurs portables, assistants numériques personnels, tablettes PC : toute une gamme de gadgets technologiques mobiles de formats et de puissance variés deviennent maintenant accessibles sur le marché, et ce, à prix abordable. Qui plus est, les réseaux locaux de type Ethernet à accès sans fil (WiFi), comme celui utilisé par le Beaufort Community College, permettent à des ordinateurs situés dans un rayon d’environ un kilomètre d'obtenir des débits pouvant atteindre 2 mégabits par seconde dans une bande de fréquences de 2,4 gigahertz.

Un engouement croissant des Canadiens pour ces TI a d’ailleurs été observé par Decima Research et Decima Publishing¹. Leur récente enquête révèle que :
• Plus de la moitié des adultes canadiens (55 %) possèdent ou utilisent un appareil sans fil, qu’il s’agisse d’un téléphone cellulaire, un téléavertisseur, un assistant personnel numérique (ex. : PalmPilot) ou autres.
• 17 % des usagers ou propriétaires de cellulaires et près de la moitié des utilisateurs ou détenteurs d’assistants numériques personnels utilisent leur appareil pour se rendre sur Internet.

Les technologies mobiles alliées à un accès Internet sans fil s’avèrent un autre pas dans la révolution de la façon d’apprendre, et ce, tant pour le travailleur en formation continue, l’étudiant au postsecondaire que pour l’écolier. Si elles offrent maints avantages, elles requièrent par contre temps, argent et expertise. Avant de se lancer dans cette aventure, il faut donc d’abord déterminer si ces technologies offrent une réelle valeur ajoutée par rapport aux autres technologies moins coûteuses et plus abordables.


Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO
Sources :
Harvey Singh, « Leveraging Mobile and Wireless Internet », Learning Circuits, 8 septembre 2003

Vicki Lee Parker, « Web classes delivered to the hinterlands », News Observer, 24 septembre 2003

Decima Research et Decima Publishing, UnWired ‘Net: Consumer Attitudes on the Wireless Internet Using Personal Wireless Devices, sommaire exécutif, juin 2003

Yukari Iwatani, « Schools Look to Wireless to Boost Learning », iWon, 22 avril 2003

¹Fiche Infomètre disponible sur cette étude : « Accéder à Internet grâce aux technologies sans fil : un phénomène encore nouveau pour les Canadiens », 4 juillet 2003.





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