Bulletin du 26 octobre 2001
Bulletin du 19 octobre 2001
Bulletin du 12 octobre 2001
Bulletin du 5 octobre 2001
Bulletin du 26 octobre 2001
1. Les TI : une avenue de développement des régions?
2. Et si l'expertise d'un professionnel de la négociation de contrats
informatiques vous sauvait bien des maux de tête
3. Le benchmarking amène l'adoption de meilleures pratiques en gestion
de l'information
1- LES TI : UNE AVENUE DE DÉVELOPPEMENT DES RÉGIONS? -
Depuis maintes années, les gouvernements et les acteurs locaux et
régionaux travaillent d'arrache-pied pour trouver la solution miracle qui
favorisera le développement économique de nos régions. Il appert que le
déclin des régions fait encore la une des journaux et il semblerait que la
liste des causes s'allonge toujours.
Pour débattre de cette question, le Mouvement territoire et développement,
un groupe de réflexion composé d'universitaires et de représentants
d'organismes de développement économique régional, a tenu les 18 et 19
octobre derniers à Rimouski, un Symposium portant sur les nouveaux
enjeux du développement des territoires. Quelques problématiques ont été
soulevées :
- Certains ont souligné que les subventions favorisent souvent les usines,
universités et organismes des centres urbains (notamment Montréal) au
détriment des régions qui doivent partager une enveloppe plus petite,
applicable à un plus vaste territoire;
- D'autres constatent que les dirigeants considèrent trop souvent détenir la
vérité en matière de développement régional et ne tiennent pas compte des
solutions envisagées par les milieux visés;
- Finalement, on a soulevé que la société de l'information représente une
source d'inquiétude pour les régions puisqu'elle se caractérise par les
réseaux de métropoles (« métropolisation »). Les régions sentent une
pression importante les poussant à devenir « rurbaines », c'est-à-dire une
copie du modèle urbain en milieu rural, les éloignant ainsi de leur vraie
nature.
Avec le temps, on s'aperçoit également que les initiatives qui ont porté
fruits en région sont nées à la suite de concertations locales. Le sentiment
d'appartenance et la solidarité constituent la pierre angulaire qui favorise
l'émergence de solutions adaptées aux besoins des régions. Par
conséquent, la résolution de problèmes en matière de développement local
et régional doit nécessairement provenir des milieux. Pour ce faire, il
apparaît primordial que les intervenants locaux et régionaux continuent de
se réunir, que les débats de fond soient favorisés et que les citoyens
soient davantage informés et outillés pour participer à ces débats,
favorisant ainsi l'émergence d'une gouvernance démocratique.
En assumant que les conditions préalables au développement soient
réunies, les TI représentent un intermédiaire valable pour rassembler et
dynamiser le réseau des acteurs intéressés. Non seulement les TI rendent
l'information accessible, mais elles offrent de plus un éventail de services
que les régions pourraient mettre à profit : commerce électronique,
services en ligne, développement des entreprises, vote électronique, etc.
Conscient des possibilités que pourraient offrir les TI au développement
des régions, le CEFRIO a mis de l'avant le projet de recherche « Le
développement des collectivités locales et régionales par les TI ». Son
objet principal : l'évaluation des TI comme levier potentiel de
développement économique régional. Plusieurs aspects touchant les
préoccupations exprimées lors du Symposium font déjà l'objet d'études par
des équipes d'universitaires.
Pour de plus amples renseignements concernant le projet du CEFRIO,
vous pouvez visiter le site du CEFRIO ou encore
contacter M. Norman Roy, directeur du projet
de recherche.
Rédactrice : Lysanne Tanguay, analyste-conseil, Direction innovation et
transfert, CEFRIO
Pour information : Site du Mouvement territoire et développement
2- ET SI L'EXPERTISE D'UN PROFESSIONNEL DE LA NÉGOCIATION
DE CONTRATS INFORMATIQUES VOUS SAUVAIT BIEN DES MAUX DE
TÊTE - Il faut bien l'avouer, il n'est pas donné à tous de savoir lire entre les
lignes des contrats et naviguer avec succès dans les dédales de leur
jargon juridique. Les ententes reliées à l'informatique (acquisition de
matériel et de logiciels, contrats de services, etc.) peuvent ainsi s'avérer de
véritables casse-tête pour les gestionnaires ou les responsables TI qui,
souvent, ne sont véritablement habilités ni à établir avec succès tous les
détails des contrats ni à en tirer le meilleur profit par la suite.
Heureusement, des experts ont, eux, ce que la plupart d'entre nous n'ont
pas : une connaissance générale des technologies et de solides
compétences en négociation doublées, de façon idéale, d'aptitudes
financières.
Et il semble bien que l'expertise de ce nouveau type de professionnels
vaille son pesant d'or. Selon les analystes de la firme Gartner, le recours
aux services de tels spécialistes « hybrides » dès les premiers
balbutiements de l'entente pourrait en effet réduire de 25 % les frais
incombant aux propriétaires sur une période de cinq ans.
À retenir, la toute première recommandation de Gartner : pour connaître
l'effet escompté et maximiser les bénéfices de l'intervention de ces
experts, leur intervention doit débuter dès le début du processus de
l'acquisition de biens et de services. Leur action doit ensuite se poursuivre
à chacune des phases de l'entente, au-delà même de sa conclusion. En
clair, voici les responsabilités que le professionnel spécialisé dans les
domaines de l'acquisition de logiciels et de la négociation de contrats
informatiques devrait endosser selon les différentes étapes du projet :
1- Phase stratégique :
- obtenir l'autorisation d'achat;
- former l'équipe initiale du projet et constituer le comité directeur;
- définir l'objectif global du projet et la stratégie de négociation à adopter.
2- Phase d'évaluation :
- dresser l'inventaire des bénéfices escomptés;
- développer l'équipe du projet pour qu'elle puisse supporter les demandes
de propositions et la sélection du fournisseur;
- définir la structure du projet, le plan d'action et cerner les risques qu'il
comporte;
- évaluer les fournisseurs externes et revoir leurs contrats;
- entamer les procédures de négociation.
3- Phase d'exécution :
- terminer les négociations;
- s'assurer que les différents contrats soient complets.
4- Phase de gestion :
- réviser de façon continue et évaluer la solution adoptée;
- assurer le respect des différentes clauses de l'entente.
Le regard avisé du professionnel en négociation de contrats informatiques
peut donc, on le voit, éviter aux entreprises de voir des droits, pourtant
négociés dans les ententes initiales, outrepassés et en bout de ligne, leur
faire sauver de gros sous.
Rédactrice :Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Jane Disbrow, Professional Software Negotiators: Do You Need
Them?, Gartner Group, 15 octobre 2001
3- LE BENCHMARKING AMÈNE L'ADOPTION DE MEILLEURES
PRATIQUES EN GESTION DE L'INFORMATION - Bien que les concepts
sous-jacents au « benchmarking » datent de plusieurs années, le terme
précis est apparu au Québec au début des années 90. Ce processus
d'évaluation systématique et continue qui permet aux entreprises de se
mesurer et de se comparer est toutefois plus populaire que jamais.
D'ailleurs, dans sa nouvelle « Stratégie québécoise pour améliorer la
compétitivité des entreprises », le ministère de l'Industrie et du Commerce
considère le benchmarking comme l'un des trois déterminants critiques
d'une démarche d'amélioration de la performance.
Le Benchmarking a longtemps été perçu comme étant surtout le propre de
grandes organisations mais voilà que plusieurs facteurs (la mondialisation,
la réduction du cycle de vie d'un produit, la compétition accrue dans les
industries) en font un outil puissant d'amélioration de la performance des
organisations de toutes tailles. Ce lien, entre benchmarking et performance
organisationnelle a longtemps fait l'objet de discussion et, récemment, une
équipe de recherche du Laboratoire de recherche sur la performance des
entreprises de l'Institut de recherche sur les PME à l'Université du Québec
à Trois-Rivières a publié les résultats d'une étude sur le sujet. Près d'une
cinquantaine de PME manufacturières québécoises qui depuis deux ans
avaient adopté l'outil de benchmarking PDGmd ont été analysées.
L'étude s'est intéressée à des pratiques de gestion tels : l'utilisation de
technologies de production, la collaboration avec les fournisseurs, la veille
stratégique, l'utilisation de technologies de l'information, l'intégration des
partenaires dans la conception et le développement de produits en utilisant
des indicateurs de performance tels : l'amélioration de la flexibilité, la
croissance des ventes et de l'exportation, le rendement des
investissements.
Les principaux résultats de cette recherche démontrent que les entreprises
étudiées ont amélioré de façon significative leur performance grâce entre
autres à un taux d'innovation supérieure à la moyenne, un cycle de
production plus court, une diminution dans les délais de paiement des
fournisseurs et une augmentation du rendement des investissements en
informatique. Sans que le benchmarking ne soit directement responsable
d'une meilleure productivité, c'est plutôt « l'adoption de meilleures
pratiques » à la suite de l'exercice de benchmarking qui a accru la
performance organisationnelle.
En moyenne, une vingtaine de « meilleures pratiques » furent recensées
dans chacune des PME manufacturières étudiées. Les données
comparatives de l'année dernière dénotent une augmentation significative
au niveau des meilleures pratiques en production, en marketing ainsi qu'en
gestion de l'information.
François Dubeau, Analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources:
- InfoPME, le bulletin du Laboratoire de recherche sur la performance des
entreprises, l'Institut de recherche sur les PME - Université du Québec à
Trois-Rivières
- Stratégie québécoise pour améliorer la compétitivité des entreprises : Bâtir
aujourd'hui l'entreprise de demain, ministère de l'Industrie et du Commerce
Bulletin du 19 octobre 2001
1. L'électronique remplacera le papier aux commissions de valeurs mobilières du Canada
2. Le « nouvel étalonnage » (new benchmarking) : base d'un changement organisationnel stratégique
3. Gestion de la relation client (GRC ou CRM) : faites fi du jargon des consultants, votre maman avait raison!
1- L'ÉLECTRONIQUE REMPLACERA LE PAPIER AUX COMMISSIONS
DE VALEURS MOBILIÈRES DU CANADA - Fait assez rare, le Canada,
avec un nouveau système qui entrera en fonction le 13 novembre prochain,
aurait deux années d'avance par rapport aux États-Unis. Développé au coût
de 12,2 millions de dollars et de deux ans d'efforts, SEDI, le Système
électronique de déclarations d'initiés rendra obligatoire le dépôt
électronique de déclarations d'initiés. Ce nouveau service offert en ligne
permettra également, aux acteurs du milieu boursier ainsi qu'au public en
général, d'effectuer des recherches très pointues dans la banque de
données des transactions.
Le système actuel oblige les initiés à déposer leurs déclarations en format
papier et demande trois jours de délai pour le règlement technique des
transactions. SEDI devrait réduire à une journée ces délais et devrait
provoquer par le fait même une diminution du délai de 10 jours accordé aux
initiés afin qu'ils déclarent leurs transactions. Pour les investisseurs, le
système comporte également des avantages majeurs. L'accessibilité ainsi
que la rapidité à obtenir l'information sur ce type de transaction sont en
effet très importantes dans le milieu boursier.
D'ailleurs, en plus d'être accessible jour et nuit quel que soit le jour de la
semaine, SEDI présentera un rapport hebdomadaire des déclarations
d'initiés de la semaine. Présentement, la Commission des valeurs
mobilières publie les transactions dans un bulletin papier mais l'information
qui y est présentée est souvent vieille de quelques jours, voire de quelques
semaines.
Même les entreprises et leurs initiés y gagneront puisque, au lieu des
déclarations multiples qu'ils ont à effectuer aux différentes commissions
provinciales, ils n'auront désormais qu'une seule déclaration à effectuer.
Les organismes de surveillance du respect de la réglementation auront eux
aussi la tâche plus facile pour effectuer leur travail et s'assurer que les
déclarations d'initiés respectent l'ensemble des exigences.
Seules ombres au tableau de SEDI : Le système ne contiendra aucune
information préalable à sa mise en marche le 13 novembre sans compter
que pour s'inscrire sur SEDI il faudra poster un formulaire « dûment signé »
qu'on aura préalablement rempli en ligne!
On estime que SEDI répertoriera au Canada 4700 entreprises dont 1500 au
Québec et 50 000 initiés dont 5 000 Québécois. Bien qu'il soit difficile
d'évaluer l'achalandage du système, l'actuel SEDAR, qui continuera d'être
en fonction seulement pour les entreprises et organismes de placement
collectif, reçoit entre 8 et 10 millions de branchements trimestriellement.
Pour les personnes intéressées à en savoir plus, une séance d'information
est prévue à Montréal à la Commission des valeurs mobilières du Québec
le 24 octobre prochain.
François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources:
- Martin Vallières, « Les déclarations d'initiés bientôt sur Internet », La
Presse, 11 octobre 2001
- Les déclarations d'initiés seront électroniques avec SEDI
2- LE « NOUVEL ÉTALONNAGE » (NEW BENCHMARKING) : BASE D'UN
CHANGEMENT ORGANISATIONNEL STRATÉGIQUE - La mesure de la
performance remonte à la période du taylorisme, soit vers la fin des années
1800. En général, les entreprises se fiaient aux résultats comptables
obtenus pour évaluer leur rendement et pour envisager les façons de
l'améliorer dans l'avenir. Le problème se situait alors au niveau de
l'identification des cibles et des indicateurs de performance. L'apparition de
l'étalonnage concurrentiel (benchmarking), il y a environ 15 ans, a permis
de solutionner ces difficultés en permettant aux entreprises de se
comparer à l'interne - entre succursales - ou à l'externe - avec d'autres
sociétés. De plus, elle a aussi l'avantage de favoriser l'introspection :
Sommes-nous aussi bons que nous le croyons? Quelles devraient être nos
cibles de performance?, etc. Mais pourquoi alors un nouvel étalonnage? En
fait, si l'évaluation comparative dite traditionnelle fonctionne encore plutôt
bien aujourd'hui, la nouvelle façon de faire des affaires dans le contexte de
la nouvelle économie exige une toute nouvelle approche du concept de
l'étalonnage.
En effet, dans le nouveau contexte, les affaires changent à un rythme
effréné, les clients demandent de plus en plus de produits personnalisés et
les compétiteurs surgissent de toute part. Devenu une partie composante
des affaires, le commerce électronique lie la technologie et la stratégie
d'affaires d'une nouvelle façon. Ainsi, le nouveau type d'étalonnage
concurrentiel doit nécessairement : 1- permettre à l'organisation d'aller au-
delà des indicateurs opérationnels de performance pour passer à la
technologie et aux procédés qui supportent cette performance, et 2- établir
la base pour la prise de décision stratégique en matière de technologies
relativement à la gestion de l'entreprise.
Par ailleurs, le nouvel étalonnage va un peu plus loin que son pendant
traditionnel en favorisant la définition de nouveaux processus, et même de
nouveaux modèles d'affaires, rendus possibles grâce à la technologie.
Voici, par exemple, une question abordée sous l'angle de l'étalonnage
traditionnel (1) et du nouvel étalonnage (2). 1- Quels sont les meilleurs
secteurs à impartir? 2- Est-ce que le commerce électronique
interentreprises avec les fabricants est une solution plus efficace?
Voici quelques recommandations utiles à la mise sur pied d'un nouvel
étalonnage :
- Les éléments de mesure doivent évaluer les progrès dans l'implantation
des meilleures pratiques et des technologies qui influent sur la
performance opérationnelle;
- L'étalonnage doit se faire périodiquement, du moins annuellement, pour
prendre en considération l'évolution des technologies;
- La propriété doit s'élever au-delà des départements de l'entreprise et
mettre l'emphase sur les objectifs stratégiques globaux de celle-ci;
- Un ensemble équilibré d'indicateurs axés sur le consommateur liés à la
stratégie d'affaires et aux résultats de l'étalonnage doivent être gérés de
manière cohérente avec cette stratégie. À titre d'exemple, une entreprise
offrant à ses clients un service de livraison en un jour devrait évidemment
avoir des coûts de livraison plus élevés que ses pairs dont le service se fait
en trois jours;
- L'entreprise devrait se comparer à des sociétés appartenant à différents
secteurs d'activité, en plus de ses compétiteurs immédiats, car les plus
récentes innovations peuvent provenir d'une autre industrie.
Enfin, retenons l'importance de changer ce qui est évalué et la façon de le
faire afin de s'adapter aux nouvelles façons de faire des affaires.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : Executive View, ARM Research, 4 oct. 2001
3 - GESTION DE LA RELATION CLIENT (GRC OU CRM) : FAITES FI DU
JARGON DES CONSULTANTS, VOTRE MAMAN AVAIT RAISON! - Cette
semaine, rendons grâce à Deloitte Consulting. Dans un de ses derniers
rapports, « How to Eat the CRM Elephant »¹, la firme a en effet réussi à
percer le grand mystère de la GRC pour démontrer à la fois simplement,
clairement et avec humour - ce qui, déjà, n'est pas rien - que le gros bon
sens constitue en fait la base de la relation client et ce, bien en amont de
l'implantation de technologies sophistiquées.
Selon Deloitte, avant même de songer à investir dans des solutions
informatiques coûteuses pour soutenir votre service à la clientèle, vous
auriez ainsi tout avantage à vous rappeler les judicieux conseils que votre
mère a, il y a sans doute de longues années déjà, rappelés à vos oreilles
enfantines. Traduites en langage approprié, ces recommandations
maternelles constituent en effet la base d'une stratégie de GRC réussie.
L'essentiel du message : soyez courtois; écoutez ce que les autres (en
l'occurrence vos clients) ont à dire; soyez responsable, de mauvaises
décisions nuiront à votre entreprise ainsi qu'à vos clients.
La morale de l'histoire est simple. Si les logiciels peuvent supporter le
service à la clientèle de façon efficace, ce n'est cependant pas à eux qu'il
en revient de construire et de maintenir les relations interpersonnelles qui
constituent l'assise de ce service, mais bien aux être humains en
interaction. Au-delà donc des applications complexes, les leçons de
maman! Tous doivent être impliqués dans la mise en œuvre de la gestion
de la relation client. Celle-ci doit être obligatoirement comprise et
implantée à toutes les strates de l'organisation, à partir du chef de la
direction lui-même jusqu'au personnel sur la ligne de front dédié de façon
directe au service à la clientèle.
Le rapport de Deloitte a enfin le grand mérite de résumer en une seule
page tout ce vous devriez véritablement savoir avant d'implanter un service
à la clientèle efficace :
- Attaquez-vous d'emblée aux composantes les plus faibles de votre service à la clientèle;
- Travaillez ensuite à améliorer les situations moyennement acceptables
de service au public;
- Publicisez enfin les pratiques exemplaires et encouragez votre personnel
à trouver leurs propres façons de faire que ces " moments magiques " se
produisent plus souvent.
On ne saurait être plus clair.
¹Soulignons d'emblée que notre propos s'inspire du document en
question bien sûr, mais aussi du plus récent éditorial de Kathy Foley sur Nua.
Rédactrice :Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Deloitte Consulting, Straight Talk Series, Book no 2 : How to Eat the CRM Elephant
Bulletin du 12 octobre 2001
1. Le paradoxe de la productivité?
2. Les cybercombattants : une nouvelle génération de guerriers tout à fait
stratégique
3. Approvisionnement électronique par l'EDI, un portail, un vortail ou une place
d'affaires électroniques?
1. LE PARADOXE DE LA PRODUCTIVITÉ? - Depuis 1970, les organisations ont
investi des milliards de dollars dans les technologies de l'information et, depuis
1980, les ordinateurs ont littéralement envahi nos résidences. Mais est-ce que
l'informatique fait vraiment gagner du temps ou si elle en fait perdre?
Il faut d'abord penser au temps nécessaire pour installer, configurer et mettre à
jour les ordinateurs, sans compter le temps pour apprendre, pour comprendre et
pour tester de nouveaux logiciels ou les nouvelles fonctionnalités de la version
1.1.1. Au travail, le phénomène s'amplifie même; les employés se retrouvent à
faire plus de tâches, parfois pour être effectivement plus efficaces mais leur
productivité augmente-t-elle pour autant? Robert Solow, prix Nobel d'économie
de 1987, a d'ailleurs déjà affirmé « Nous voyons des ordinateurs partout, sauf
dans les statistiques sur la productivité ».
Toutes les périodes historiques ont été caractérisées par une technologie
émergente qui a transformé l'économie et a fait croître considérablement la
productivité : l'engin à vapeur au début du 19e siècle, les chemins de fer dans la
deuxième moitié du 19e siècle, le moteur électrique dans la première moitié du
20e siècle et plus particulièrement depuis 1970, les technologies de l'information
(ordinateurs et microprocesseurs compris). Mais il y a un hic : les
investissements en TI n'ont pas eu l'effet escompté en matière de productivité.
Les économistes américains ont alors élaboré ce qu'il est convenu d'appeler « le
paradoxe de la productivité ».
Plusieurs facteurs peuvent toutefois expliquer l'absence « apparente » de gains
de productivité dans les années 90, en dépit d'investissements massifs en TI. Il y
a d'abord les problèmes de mesures liés au changement intrinsèque que
l'économie a connus à travers les siècles. Dans cette ère de la nouvelle
économie où les facteurs de productivité sont difficilement quantifiables et plutôt
intangibles, les méthodes conventionnelles de calculs sont souvent moins
pertinentes. Il y a également, au niveau organisationnel, tous les changements
nécessaires afin d'arriver à une utilisation optimale des technologies qui ne se
sont peut-être pas encore concrétisés et qui retardent les gains de productivité.
Mais y a-t-il réellement paradoxe?
Une récente étude de Statistique Canada nous révèle en effet que les entreprises
manufacturières ayant investi massivement dans des technologies d'information
et de communication de pointe ont connu entre 1988 et 1997 une croissance
plus forte que les entreprises ayant moins investi en TIC. Le rapport note :
« L'adoption de TIC se traduit par une croissance de la productivité du travail, qui
elle-même donne lieu à l'expansion de la part de marché. » Ouf! Tout n'est donc
pas perdu!
Néanmoins, même si la question n'est pas définitivement réglée, que les
économistes en ont encore pour quelques années à prouver ou à démentir ce
paradoxe et que l'informatique continue à gruger temps et argent aux
organisations, la pratique démontre sans équivoque que les entreprises utilisant
efficacement les TIC possèdent un avantage concurrentiel indéniable, productivité
accrue ou non!
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- BenoÎt Munger, « Très (trop?) cher ordinateur », Le Devoir, 9 octobre 2001
- « L'adoption des TI : l'une des clés de la croissance des établissements
manufacturiers canadiens », étude de Statistique Canada, Fiche Infomètre
- « Organizational Structure, Information Technology and Productivity: Can
Organizational Change Resolve the Productivity Paradox? « , Développement des
ressources humaines du Canada
2. LES CYBERCOMBATTANTS : UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE
GUERRIERS TOUT À FAIT STRATÉGIQUE - Si depuis quelques jours et à
grand renfort d'images la terre entière peut être témoin de l'offensive aérienne
américaine en territoire afghan, une autre opération militaire est cependant elle
aussi engagée en sous-main, d'autres troupes étant déployées de façon
parallèle, mais nettement plus discrètement. Les deux camps ennemis, sans
doute imités par plusieurs autres nations, ont en effet appelé au combat leur
armada virtuelle : les spécialistes de la guerre de l'information.
Puisque mieux vaut prévenir que guérir et que les affrontements pourraient bien
s'étendre à l'univers virtuel, ce nouvel espace de lutte à grande valeur stratégique,
ces soldats d'un nouveau type se sont ainsi joints à la force militaire
traditionnelle. Leurs armes principales : les virus informatiques, les techniques
de brouillage et de captation de signaux ainsi que les habiletés et outils des plus
astucieux cyberpirates (hackers) de ce monde. Plusieurs écoles ont d'ailleurs vu
le jour depuis quelques années pour assurer la formation en informatique, génie
ou opération de systèmes de cette nouvelle génération de combattants. Selon
Marcus Rogers, spécialiste en la matière, ceux-ci peuvent agir de façon
défensive bien sûr, mais aussi offensive, en attaquant l'infrastructure
informationnelle de l'ennemi, et appuient ainsi, en les complétant, les opérations
tactiques engagées sur le terrain.
Du côté américain, depuis le 11 septembre, et donc bien avant les récentes
frappes aériennes, les cybercombattants ont été mobilisés et ont amorcé dans
l'ombre le processus de la riposte. Sur le pied de guerre, ils surveillent les
transmissions par micro-ondes, scrutent les différentes fréquences radio,
interceptent les appels lancés ou reçus par cellulaire ainsi que les transmissions
par satellite et finalement, inspectent le Net en quête de toute information relative
à Oussama ben Laden et à son organisation terroriste, Al-Qaïda. Grâce aux
activités de cette élite informatique, les États-Unis espèrent prévoir et, de façon
idéale, contrer de nouveaux attentats qui pourraient être dirigés contre eux.
Cependant, de nombreuses interrogations subsistent autour de l'existence de ce
nouveau contingent. Par exemple : à qui devrait revenir la responsabilité de
contrôler ces actions? et quelles devraient être les limites de celles-ci?
Et finalement, ces spécialistes sauront-ils suffire à la tâche? sont-ils assez
nombreux pour protéger adéquatement l'infrastructure commerciale et le
gouvernement américains contre une éventuelle cyberattaque?
Nous ne pouvons évidemment que l'espérer.
Rédactrice :Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Krista Foss, War 2001 : Hacking the Enemy to Pieces, The Globe and
Mail, 4 octobre 2001, A3
3. APPROVISIONNEMENT ÉLECTRONIQUE PAR L'EDI, UN PORTAIL, UN
VORTAIL OU UNE PLACE D'AFFAIRES ÉLECTRONIQUES? - Contrairement à
ce qu'on peut penser, l'approvisionnement électronique ne se limite pas à l'achat
d'un produit sur Internet. Ce mode d'approvisionnement doit d'abord être
développé dans le cadre d'une stratégie d'affaires électroniques. Prenant sa
source dans le commerce électronique interentreprises, l'approvisionnement en
ligne consiste donc à automatiser tout le processus de traitement des
commandes entre les clients et les fournisseurs.
Dans un article, l'Institut du commerce électronique (ICE) présente trois modèles
d'approvisionnement par Internet :
1- l'approvisionnement centré sur l'achat (systèmes ERP et applications
internes) : les entreprises effectuent des commandes en ligne auprès de leurs
fournisseurs par leur système informatique, le progiciel de gestion intégré (ERP)
adopté ou l'échange de données informatisé (EDI);
2- la distribution verticale (portail d'entreprise et portail vertical simple, vortail) :
les entreprises et les fournisseurs se rencontrent sur un site Web. L'organisation
qui possède un « portail d'entreprise » y présente ses produits dans un catalogue
électronique. Ainsi, le client a la possibilité de commander et de payer son
produit en ligne. Pour sa part le portail vertical simple porte exclusivement sur un
domaine ou un secteur d'activité en particulier. On peut également y retrouver un
catalogue électronique mais il comprend les produits de plusieurs fournisseurs;
3- la communauté fonctionnelle (place d'affaires électroniques) : bien qu'elle soit
similaire au modèle précédent, celle-ci offre en plus des fonctions plus évoluées
comme des outils de négociation, d'appels d'offres ou d'encans.
Et les bénéfices dans tout ça? L'ICE affirme que les bénéfices générés par
l'approvisionnement électronique dépendent des produits consommés sur
Internet, ce qu'il nomme l'approvisionnement en matières directes (entrant
directement dans la fabrication du produit final) ou en matières indirectes
(nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise mais non à la production du
produit final, comme la fourniture de bureau). Si l'approvisionnement en matières
indirectes est plus simple, facile à implanter et moins coûteux, celui en matières
directes est susceptible de générer davantage de bénéfices, relativement, entre
autres, à l'augmentation de l'efficacité des processus et à l'optimisation des
relations entre les entreprises et les fournisseurs.
Enfin, soulignons qu'en plus d'offrir un potentiel très intéressant, l'adoption d'une
solution d'approvisionnement électronique entraîne nécessairement des
changements dans l'entreprise. C'est pourquoi le choix d'une solution doit se
faire en fonction des besoins et de l'environnement d'affaires de l'organisation.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech,
CEFRIO
Source : L'Info-Québec, vol. 26, no 1, sept. 2001
* Pour plus d'information sur le sujet, je vous suggère de consulter le « Guide sur
les places d'affaires électroniques : Tirez profit des portails » réalisé par le
CEFRIO et disponible gratuitement sur Internet.
Bulletin du 5 octobre 2001
1. N'en mettez plus, la coupe est pleine!
2. Le u-commerce, un monde où l'activité économique est
omniprésente et illimitée
3. Le lien entre les communautés de pratique et la gestion des
connaissances
1. N'EN METTEZ PLUS, LA COUPE EST PLEINE! - C'est tout de même
assez paradoxal que sur le Web, qui est pourtant un média tout à
fait contemporain, les sites destinés aux femmes semblent pour
leur part ne pas avoir suivi - auraient-ils échappé aux affres
du temps? - et en être toujours à l'ère préféministe ...qui
remonte pourtant déjà à quelques décennies. Si le spectre de
Doris Day¹ est bel et bien disparu partout ailleurs, il paraît
en effet sévir toujours dans l'univers virtuel.
Tout se passe en fait comme si, sans doute par crainte d'être
associés au féminisme radical et de s'aliéner ainsi la part plus
conservatrice du marché, les sites pour femmes sombrent dans une
mièvrerie teintée de rose et de fleurettes et se consacrent
finalement à des sujets éminemment féminins. Au menu :
horoscopes, tests (relatifs à la vie amoureuse et sexuelle, à
l'alimentation, etc.), trucs de séduction, d'amaigrissement,
recettes et potins.
Selon Angela Genusa s'ils promettent une révolution, c'est au
contraire plutôt à une dévolution que nous convient ces sites en
offrant des contenus qui nous ramènent, le temps de quelques
clics, plus de trente ans en arrière. Et même dans le cas où des
sujets plus sérieux sont traités, on prend bien soin de les
« traduire » en des termes appropriés : « Vos dettes ont-elles
besoin d'être mises au régime? » ou le non moins savoureux
« Raffermissez vos investissements ».
La même tendance peut en outre être observée ici, les contenus
présentés par certains sites féminins québécois rappelant ceux
de leurs homologues américains. Pour ne nommer que ceux-là, un
mot d'abord sur Entre femmes, le portail féminin de Sympatico,
qui présente ainsi, outre les incontournables sections tests et
horoscope, une rubrique « Je télécharge » qui paraît prometteuse
mais qui présente en fait des applications destinées à rédiger
en ligne le journal de bébé, à garder la forme et à visualiser
votre nouvelle tête en cas de transformation radicale! Vient
ensuite Femmes Québec, d'Infinit.net, avec, sous la rubrique
« Beauté », l'épineuse question « Les teintures à cheveux sont-
elles sans risques? » et sous « Vivre au féminin »,
l'inqualifiable « La saison du retour de la peau sèche ». Sans
parler du sempiternel « Tout savoir sur la cellulite ».
Heureusement pour nous, et rendons grâce à Branchez-vous!,
FemmesWeb.com sauve notre honneur et permet de garder espoir
puisqu'il réussit à allier quelques contenus plus légers à des
sujets d'actualité traités avec sérieux. En prime, la touche
d'humour des « SPM de Webinette »².
Avis donc aux intéressés, qu'elles soient en ligne ou non, les
femmes sont intelligentes - ne constituons-nous pas la grande
majorité de la clientèle universitaire? - et ont des
préoccupations nettement moins frivoles que celles qu'on leur
attribue sur le Net féminin.
¹ Rappelons pour l'anecdote et pour les plus jeunes que la
comédienne incarnait, aux cours des années 60, LA femme
américaine parfaite : épouse dévouée et mère aimante, toujours
jolie et soucieuse de son apparence ainsi que de celle de sa
maisonnée.
² Dans la même lignée mais en plus cinglant, un groupe de
Françaises qui en avaient particulièrement « marre » ont
protesté à leur façon et mis en ligne un site parodique - un peu
méchant mais parfois tout à fait délectable - au nom déjà ô
combien évocateur de Quelles Connes! PointComme...
Rédactrice :Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
- Angela Genusa, Go Ahead, Insult My intelligence, CIO Magazine, 1er mai 2001
- Entre femmes
- Femmes Québec
- FemmesWeb.com
- Quelles Connes! PointComme...
2. LE U-COMMERCE, UN MONDE OÙ L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE EST
OMNIPRÉSENTE ET ILLIMITÉE - Eh oui! Après le c-commerce
(commerce collaboratif), le m-commerce (commerce mobile), le
t-commerce (télécommerce) et le l-commerce (location-based
mobile commerce, commerce mobile basé sur la localisation),
voilà maintenant le u-commerce (ubiquitous commerce, commerce
ubiquiste ou omniprésent)!
Le u-commerce résulte de l'évolution du e-commerce (commerce
électronique) et du m-commerce. Il ne remplace aucune activité
menée présentement par les entreprises; il en est plutôt le
prolongement. Selon John Beck, directeur de la recherche à
l'Accenture Institute for Strategic Change, le u-commerce
entraînera d'importants changements, devenant même un passage
obligé pour toute organisation et non pas une option
facultative.
Voyons un exemple permettant de démontrer les possibilités du
u-commerce. Vous vous rendez en France pour une réunion
d'affaires. À la fin de la journée, vous faites une marche en
prenant soin d'ouvrir votre téléphone cellulaire. Vous entrez
dans un magasin et achetez un souvenir que vous payez à l'aide
de votre téléphone. Ce dernier mémorisera le reçu et en
transmettra automatiquement une copie à l'institution qui gère
votre compte de frais. De plus, dans le but de combler vos temps
libres, votre téléphone fournira une liste d'attractions
touristiques sur le chemin menant à votre hôtel.
Ainsi, dans son étude intitulée « The future of Wireless :
Different than You Think, Bolder than You Imagine », Accenture,
affirme que les technologies sans fil se développeront d'une
façon inimaginable. Elles ont le potentiel nécessaire pour
réorganiser les industries toutes entières et pour transformer
le monde futur en offrant des possibilités complètement
différentes de celles offertes par le monde actuel du
m-commerce.
Enfin, trois caractéristiques définissent ce que Accenture
appelle « the brave new world of uCommerce » :
1- c'est un monde dans lequel l'activité économique est
omniprésente, illimitée et universelle, avec une connectivité à
large bande accessible en tout temps (7 jours par semaine,
24 heures par jour);
2- c'est un monde dans lequel toutes les plates-formes -
Internet, appareils mobiles, capteurs intégrés - s'interfacent
avec tout autre dispositif;
3- c'est un monde dans lequel les unités mobiles, formées par
une combinaison de téléphones sans fil, d'agendas électroniques,
d'ordinateurs et de téléavertisseurs bidirectionnels, se
fusionneront pour former « l'appareil » dont personne ne pourra plus se passer!
De belles promesses, mais l'avenir nous dira si le u-commerce
n'est que le reflet d'un nouveau concept accrocheur ou plutôt
une vision réaliste de ce vers quoi la technologie du sans fil
nous mènera...
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech, CEFRIO
Source : Communiqué de presse, Accenture, 2 oct. 2001
3. LE LIEN ENTRE LES COMMUNAUTÉS DE PRATIQUE ET LA GESTION DES
CONNAISSANCES - Le 7 juin dernier le CEFRIO donnait le coup
d'envoi à trois projets de recherche qui s'échelonneront
jusqu'en 2004. Un de ces projets, Modes de collaboration et de
travail à l'ère d'Internet¹, consiste en une recherche-action
visant d'une part à mettre en place une vingtaine de communautés
de pratique au Québec et d'autre part à étudier les aspects
individuels, organisationnels et technologiques de celles-ci.
Plusieurs organisations autant privées que publiques se sont
d'ailleurs déjà jointes au CEFRIO à titre de partenaires pour la
réalisation de ce projet.
Les communautés de pratique sont nées des recherches de Lave et
Wenger's, deux chercheurs américains, qui en 1991 dans leur
« theory of Communities of Practice » définissaient une nouvelle
approche de partage des connaissances. Au fil des ans, les
communautés de pratique ont évolué pour devenir de véritables
instruments au service de la gestion des connaissances. Elles
permettent de capturer, de partager et d'appliquer les actifs de
savoir des organisations. Elles sont, selon plusieurs
consultants, l'assise de toutes stratégies en gestion des
connaissances. D'ailleurs, Bill Ives, directeur exécutif chez la
firme de consultation Accenture, affirmait dans un récent
article de la revue Knowledge Management Magazine : « les
communautés de pratique et la gestion des connaissances vont
main dans la main ».
Une communauté de pratique est en fait un groupe organisé de
personnes échangeant sur un sujet, un domaine de connaissance,
particulier. Elle vise à capturer le savoir tacite ou
expérientiel par l'utilisation d'un forum virtuel commun de
collaboration. Elles répondent au besoin en gestion des
connaissances de faire sortir, de partager, de conserver et
d'utiliser adéquatement cette partie intangible du savoir.
L'enjeu en matière de gestion des connaissances est de taille
puisque ce savoir correspond à 70 % de l'avoir intellectuel des
organisations. L'autre 30 %, que l'on nomme le savoir explicite,
est déjà répertorié en matière de processus, de pratiques de
gestion, d'information sur les clients.
Une communauté de pratique est plus qu'une équipe de projet,
elle est un groupe de travail qui transcende les directions, les
projets et la distance géographique. Elle anéantit les silos
fonctionnels souvent présents dans les organisations et crée des
liens transversaux entre les diverses directions. Ses effets se
situent non seulement au niveau de l'organisation mais également
au niveau des individus. En effet, d'un point de vue
organisationnel, cette interaction, cette libre circulation du
savoir crée un nouveau savoir collectif qui en fin de compte
mène à l'innovation, alors qu'au niveau des individus, ce
partage du savoir mène au perfectionnement et à l'accroissement
personnels.
¹ Projet sous la direction de Marcel Gilbert, directeur
développement de projets, CEFRIO,
marcel.gilbert@cefrio.qc.ca
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
- Philip J. Gill, Something in Common, Knowledge Management Magazine
- Modes de travail et de collaboration à l'ère d'Internet,
description du projet
- 2,5 millions $ en recherche action, Le CEFRIO lance trois projets majeurs