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du bulletin SISTech : septembre 2006
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Bulletin du 15 septembre 2006
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1. Le Web prend de plus en plus sa place dans les municipalités
québécoises
2. La gestion du savoir au cœur des stratégies d’affaires
3. La télésanté : pour
améliorer le service aux patients
4. Quand l’école devient partenaire du développement
local
1. Le Web prend de plus en plus
sa place dans les municipalités québécoises -
Les municipalités, autant que les entreprises ou les paliers de gouvernements
fédéral et provinciaux, ont avantage à s’afficher
sur la Toile. Le 29 septembre prochain sera lancée la troisième
édition Le Web municipal au Québec : Portrait de la situation
en 2006, enquête produite par le CEFRIO pour le compte du ministère
des Affaires municipales et des Régions (MAMR). En plus de s’intéresser
aux sites des municipalités du Québec, l’enquête de
2006 comporte un nouveau volet : municipalités régionales de comté
(MRC) et communautés métropolitaines. Cette nouvelle analyse de
la situation du Web municipal s’avérait essentielle afin de mettre
à jour les données disponibles.
506 sites
Web municipaux au Québec
En 2002, le quart
(27 %) des municipalités du Québec avaient pignon sur le
Web. Depuis ces premières statistiques, la situation s’est améliorée
graduellement et, en 2006, 506 des 1 117 villes et villages (45 %) possèdent
un site Web. Cela signifie que la majorité de la population québécoise
(87,8 %) habite une municipalité branchée puisque les grandes
agglomérations sont davantage présentes sur la Toile.
Certaines fonctionnalités,
services ou éléments d’information sont plus populaires
que d’autres sur les sites Web municipaux du Québec. À titre
d’exemple, 86 % des sites renferment une section parlant de l’historique
de la ville, 85 % présentent une liste des membres du conseil municipal
et quatre sites sur cinq (81 %) affichent des cartes géographiques.
Par contre, les éléments associés à la vie démocratique
et les services transactionnels sont encore peu nombreux. Si la situation s’est
améliorée concernant l’affichage de certains documents comme
les procès-verbaux (34 %) et les ordres du jour du conseil municipal
(15 %) et que 40 % des sites offrent différents rapports et
publications téléchargeables, certains outils sont plutôt
rares : sondages en ligne, consultations publiques et diffusion des réunions
du conseil. Pour les services transactionnels, ce sont les formulaires en ligne
qui sont les plus présents et 23 % des sites possèdent au
moins un formulaire dynamique ou interactif. Toutefois, l’inscription
en ligne, la commande de permis et le paiement en ligne sont offerts dans un
très petit nombre de sites municipaux.
Puisque le courrier
électronique a transformé la manière de communiquer, l’utilisation
de cette application Internet s’avère primordiale dans les municipalités.
Ainsi, l’enquête a révélé que 95 % des
municipalités québécoises détiennent une adresse
de courriel. Bonne nouvelle : les trois quarts (76 %) des municipalités
répondent aux demandes d’information qu’elles reçoivent
et elles fournissent une réponse dans un délai de plus en plus
court. Le temps de réponse moyen est passé de 36,2 heures en 2004
à 23,4 heures cette année.
Nouvelle
mesure : le Web dans les MRC et dans les communautés métropolitaines
La première
évaluation de l’usage des TI dans les MRC et dans les communautés
métropolitaines a montré un portrait plutôt positif de la
situation. Tout comme les communautés métropolitaines de Montréal
et de Québec, 60 MRC sur les 86 que compte le Québec s’affichent
sur la Toile. Les fonctionnalités, services ou éléments
d’information qui se retrouvent dans un plus grand nombre de sites Web
sont : la liste des municipalités de la MRC (97 %) et la liste
des membres du conseil (84 %). Par contre, les MRC auraient avantage à
mettre plus d’emphase sur les éléments transactionnels puisque,
présentement, ceux-ci se font rares.
L’utilisation
du courriel semble également bien implantée dans les MRC et dans
les communautés métropolitaines. Selon le sondage, l’ensemble
des regroupements de municipalités possèdent une adresse de courrier
électronique et la majorité (92 %) répondent assez
rapidement : les trois quarts (74 %) des répondants ont donné
suite au courriel en moins de 2,5 heures.
Petites ou grandes,
les municipalités gagnent à avoir une vitrine sur la Toile. Toutefois,
plus une municipalité compte de citoyens, plus elle est susceptible de
disposer d’un site, d’avoir mis en ligne une grande variété
de fonctionnalités, de services ou d’éléments d’information
et de répondre rapidement à ses courriels. Puisque ce sont particulièrement
les petites agglomérations qui tardent à prendre le virage Web,
l’ouvrage Site Web municipal : guide pratique¹ devrait produire
l’effet escompté : réduction du fossé numérique
entre les grandes et les petites agglomérations et augmentation de la
présence sur le Web des municipalités québécoises.
Note
1- Pour plus de détails, l’ouvrage Site
Web municipal : guide pratique est disponible en ligne.
Rédactrice
: Sabrina Côté, analyste en statistique, Direction des enquêtes
et de la veille stratégique, CEFRIO
Source: CEFRIO.
Le Web municipal
au Québec : Portrait de la situation en 2006 [dépliant], Québec,
juillet 2006.
2. La gestion du savoir au cœur
des stratégies d’affaires - En 2005, un sondage
mené par la firme-conseil McKinsey auprès de 9 345 hauts dirigeants
révélait que la compétence stratégique la plus importante
à développer de nos jours au sein d’une organisation était
sa capacité à innover et à s'adapter en continu à
l'économie du savoir. Autrement dit, pour se démarquer, les entreprises
ont aujourd’hui tout intérêt à intégrer la
gestion des connaissances au cœur de leurs stratégies d’affaires.
Un phénomène
que le CEFRIO étudie par ses travaux de recherche-action depuis presque
dix ans. Dès 2003, le Centre avait d’ailleurs organisé le
plus important événement jamais tenu au Québec sur la gestion
du savoir. « Cette année, nous récidivons avec un autre
colloque : La gestion du savoir, Vecteur de compétitivité
pour les organisations. Nous y présenterons non seulement les plus
récentes avancées du domaine mais aussi des cas d’organisations
qui ont obtenu des résultats concrets en misant sur la gestion des connaissances
pour soutenir l’innovation, améliorer leur performance, mieux gérer
leur relève, etc., explique Monique Charbonneau, présidente-directrice
générale du CEFRIO. »
Ce rendez-vous
qui se tiendra les 30, 31 octobre et 1er novembre 2006 au Centre des congrès
de Québec regroupera plus de 600 participants et quelque 50 conférenciers
provenant des quatre coins du globe. « Nous sommes très fiers d’avoir
réussi à y attirer les experts internationaux de l’heure
dans le domaine de la gestion du savoir, déclare Monique Charbonneau
». En l’occurrence, le très réputé Ikujiro
Nonaka (Japon), l’un des premiers chercheurs à s’être
intéressé à la question; Pierre-Jean Benghozi,
directeur du Pôle de recherche en économie et gestion de l’École
polytechnique de France; Etienne Wenger, leader en communautés
de pratique (États-Unis); Jean-Louis Ermine, concepteur
d’une méthode de gestion des connaissances qui a fait ses preuves
dans plusieurs grandes organisations tant en France qu’au Québec.
Parmi les têtes d’affiche québécoises, le colloque
du CEFRIO accueillera Joseph Facal qui, depuis son retrait
de la vie politique, enseigne à HEC Montréal, Louis Roquet,
président et chef de l'exploitation, Desjardins Capital de risque et
l’ex-président d'Adecco Canada, Rémi Tremblay
dont le livre Les Fous du roi a suscité de vives réactions
dans le milieu des affaires.
En outre, l’événement
réunira des dirigeants d’avant-garde qui ont non seulement su tirer
profit de la gestion des connaissances pour relever d’importants défis
au sein de leur organisation mais aussi pour mieux faire face à la concurrence.
Parmi ces grandes sociétés, notons la présence de Renault
Trucks (premier constructeur de poids lourds en Europe et 2e au monde),
Thalès ATM (chef de file en aéronautique, présente
dans 50 pays, chiffre d’affaires : 10 milliards d’euros), Compass
Europe (groupe alimentaire #1 au monde – 400 000 employés,
présent dans 94 pays), AXA France (leader français
en protection financière), et d’institutions mieux connues des
Québécois : Régie des rentes du Québec,
Hydro-Québec, Desjardins, etc.
Ainsi, le colloque La gestion du savoir, Vecteur de compétitivité
pour les organisations se veut l’occasion pour plusieurs experts
et praticiens de partager leurs préoccupations, leurs pratiques novatrices,
les facteurs de leur succès et les leçons apprises. Orienté
vers les résultats, l’événement permettra aux participants
de mieux planifier leur future démarche. Des thèmes tels que le
transfert intergénérationnel des savoirs, le travail collaboratif,
les réseaux apprenants, le leadership de connaissances, le pouvoir et
le savoir partagés, leur seront non seulement démystifiés
mais sauront les inspirer.
Pour en savoir davantage sur ce colloque international, rendez-vous au http://www.cefrio.qc.ca/conference2006.
-30-
Rédactrice : Liette D’Amours, directrice des communications, CEFRIO
3.
La télésanté : pour améliorer le service aux patients
- Il suffit que l’on s’intéresse à
la télésanté pour se rendre compte à quel point
il existe un nombre impressionnant de projets dans ce domaine au Canada. En
2003, l’Accord des premiers ministres sur le renouvellement des soins
de santé a permis de hisser au rang des priorités les dossiers
électroniques et les applications de télésanté1.
Dès lors, des budgets ont été alloués à la
mise en œuvre de projets en télésanté et ces derniers
foisonnent actuellement. L’organisme Inforoute Santé du Canada2
annonce régulièrement le financement de nouveaux projets en la
matière.
L’engagement
des deux paliers de gouvernement
La préoccupation
gouvernementale de rendre accessibles des soins de santé de qualité
à tous ses citoyens et dans des délais raisonnables doit se traduire
par un déploiement massif des infrastructures et des outils nécessaires
à l’informatisation de l’ensemble des secteurs de la santé.
Il va sans dire que la télésanté est une avenue prometteuse,
mais qu’elle peut se développer uniquement dans un contexte où
l’infrastructure appropriée est disponible. Ainsi, sans le déploiement
de la large bande dans les territoires éloignés, sans la présence
des périphériques médicaux électroniques tels les
caméras à haute résolution, les otoscopes et stéthoscopes
numériques, sans les systèmes d’imagerie diagnostique, sans
les dossiers de santé électroniques (DSE) et sans les applications
de transmission d’image, les bénéfices associés à
la télésanté restent limités.
Les efforts des
deux paliers de gouvernement pour moderniser les soins de santé demeurent
importants et l’on commence à en observer les bénéfices.
Au niveau fédéral, c’est par l’intermédiaire
de l’Inforoute Santé du Canada que les investissements sont réalisés.
Le plan d’affaires 2006-20073 de l’organisme prévoit un
investissement se chiffrant entre 285 et 385 millions de dollars en approbation
de projets spécifiques aux systèmes électroniques d’information
de la santé. Au niveau provincial, le ministère de la Santé
et des Services sociaux a lancé au printemps dernier le Plan d’informatisation
du réseau de la santé et des services sociaux dont le budget
est de 25 millions de dollars, 19 millions proviennent de l’Inforoute
Santé du Canada4. Ce plan vise à améliorer l’accessibilité,
la qualité et la continuité des soins et des services de santé
au Québec.
Un monde
de possibilités
Bien avant l’arrivée
des technologies de l’information (TI), la télésanté
utilisait d’autres canaux de communication comme le téléphone.
Depuis le déploiement des TI dans le milieu médical, la télésanté
a permis de diversifier l’offre de service à distance. Plus que
permettre la communication de professionnels de la santé situés
en région éloignée, la télésanté englobe
également la télémédecine, les réseaux interétablissements,
les réseaux d'information sur la santé, la téléformation
et les télésoins.
Le MSSS du Québec
a dressé une liste des applications en télésanté
rendues possibles par l’introduction des TI dans le milieu de la santé.
Ces diverses applications ont été regroupées selon trois
grandes orientations.
1) D’abord,
il s’agit de permettre l’offre de services de télémédecine.
Cette catégorie de services en télésanté regroupe
le traitement clinique, le suivi de patients et la consultation à distance
pour divers soins : les premiers et seconds avis et l’interprétation
des données clinico-administratives. La télémédecine
facilite aussi les échanges et les relations à distance entre
les professionnels de la santé. Ces services de télémédecine
peuvent être dispensés à distance grâce à l’informatisation
de services traditionnels tels le télédiagnostic, la téléradiologie,
la télépsychiatrie, la télé-orthophonie, le suivi
postchirurgical, la télépsychiatrie, la télécardiologie,
les télésoins, etc.
2) Ensuite, les
services de télésanté peuvent être axés sur
la téléformation médicale ou professionnelle
à distance. Ces formations peuvent être dorénavant réalisées
sur Internet, par vidéoconférence, par des partages d’information
clinique, du soutien et de l’aide pour les professionnels, etc.
3) Enfin, la télésanté
peut permettre l’extension de certains services médicaux
au domicile du patient. La surveillance des malades à distance
en est un bon exemple. Encore, elle peut mettre en lien les membres d’une
famille séparés pour la durée d’un traitement. Aussi,
la télésanté peut servir à l’éducation
des patients ou à la population sur certaines maladies et leur traitement,
c’est le cas du diabète par exemple.
Bénéfices
et limites
Une récente étude intitulée Implementing telehealth
to support medical practice in rural/remote regions: what are the conditions
for success?5, met en perspective les bénéfices et les
limites des services offerts par la télésanté, particulièrement
pour les populations éloignées des centres urbains. Pour les patients,
les avantages répertoriés semblent plus nombreux que les inconvénients.
Les services de télésanté leur permettent l’accès
aux services d’un spécialiste, l’économie de coûts
liés aux déplacements, l’amélioration de la gestion
de leur dossier, une continuité des soins à distance et un meilleur
accès à l’information. En fait, ces avantages sont applicables
à l’ensemble des acteurs du réseau de la santé. Toutefois,
malgré les avancées technologiques, la télésanté
ne remplacera jamais une consultation en face-à-face entre un professionnel
de la santé et un patient. Cette impossibilité de substituer complètement
les services traditionnels par des services à distance semble l’une
des principales limites identifiées par les niveaux professionnel, éducationnel
et institutionnel.
Bref, les projets
en télésanté initiés dans la foulée de l’annonce
du Plan d’informatisation du réseau de la santé et des
services sociaux en sont qu’à leurs premiers balbutiements.
Les avancées promises par la télésanté sont attendues,
il reste à voir comment elles amélioreront concrètement
les soins réservés aux patients et comment les limites perçues
actuellement seront surmontées. À suivre…
Notes :
1Conseil canadien de la santé, Le renouvellement des soins de santé
au Canada, Rapport annuel aux Canadiens 2005, février 2006, p.12.
2http://www.infoway-inforoute.ca
3Inforoute Santé
du Canada : Inc., Plan d’affaires 2006-2007, p.19
4Gouvernement
du Québec, Québec approuve dix nouvelles ententes pour des
projets d’informatisation, Inforoute Santé du Canada, 25 avril
2006.
5Marie-Pierre
Gagnon, Julie Duplantie, Jean-Paul Fortin et Réjean Landry, Implementing
telehealth to support medical practice in rural/remote regions: what are the
conditions for success?, BioMed central, août 2006, p.4.
Sources :
Rural
Communities Utilize Telemedicine, California HealthCare Foundation,
14 août 2006,
Sebag, Marie-Claire,
La lettre, La
santé à domicile /, Ministère de l'Économie,
des Finances et de l'Industrie France, Direction générale des
entreprises[En ligne], no 12, mars 2006
Conseil canadien
de la santé, Le
renouvellement des soins de santé au Canada, Rapport annuel
aux Canadiens 2005 [En ligne], février 2006, 177 pages.
Site Internet :
Inforoute santé Canada
Gouvernement du
Québec, Ministère de la Santé et des Services sociaux,
Plan
d’informatisation du réseau de la santé et des services
sociaux [En ligne], avril 2006, 39 pages.
Gouvernement
du Québec, Ministère de la Santé et des Services sociaux,
Guide
de présentation des projets de télésanté [En
ligne], 12 pages.
Gouvernement du
Québec, Québec
approuve dix nouvelles ententes pour des projets d’informatisation,
Inforoute Santé du Canada [En ligne], 25 avril 2006.
Inforoute Santé
du Canada Inc., Plan
d’affaires 2006-2007 [En ligne], 28 pages.
Marie-Pierre
Gagnon, Julie Duplantie, Jean-Paul Fortin et Réjean Landry, Implementing
telehealth to support medical practice in rural/remote regions: what are the
conditions for success?, BioMed central, août 2006, 8 pages.
4.
Quand l’école devient partenaire du développement local
- Au cœur d’un village, l’école s’avère
un lieu de rencontres pour les enfants et leurs parents. En plus de sa mission
éducative, elle conclut souvent des partenariats avec la municipalité
pour offrir aux citoyens des infrastructures sportives, de loisirs, de culture.
Des collectivités ont voulu aller plus loin. Devant les défis
que pose le dépeuplement de communautés éloignées,
l’école de village se transforme maintenant en partenaire du développement
local. Étudier les initiatives de partenariats créées par
les collectivités pour maintenir et développer la communauté
: voilà ce que se propose de faire une équipe de chercheurs de
l’Université de Sherbrooke, dans le cadre du projet École
éloignée en réseau1.
École
éloignée en réseau, projet de recherche-action initié
par le CEFRIO et le ministère de l’Éducation, du Loisir
et du Sport, en est maintenant à la phase 3 de ses travaux. Ce projet,
qui réunit aujourd’hui plus de 60 écoles participantes,
vise la mise en réseau de classes d’écoles différentes
pour enrichir l’environnement d’apprentissage. Il a ouvert, au départ,
un volet autour du partenariat école-communauté, faisant l’hypothèse
que le destin de la petite école et celui de la communauté sont
fortement reliés. Le CEFRIO a fait appel à l’équipe
de Paul Prévost, chercheur associé au CEFRIO et professeur à
l’Université de Sherbrooke, pour ouvrir ce chantier du projet.
Un premier travail de réflexion sur les liens école-communauté
a été mené de 2002 à 2004. Plus récemment,
dans le contexte où l’École en réseau s’élargissait
(2004 à 2006), un examen des pratiques émergentes dans les écoles
pilotes vient d’être mené.
Selon cette équipe
de recherche, le caractère novateur, créatif et déterminé
des acteurs locaux est garant de projets de partenariat école-communauté
à grande valeur ajoutée. C’est le constat majeur qui ressort
des premières observations effectuées dans l’ensemble des
communautés. Sans leader croyant fermement au projet de faire de l’école
un acteur de développement aux côtés de la municipalité,
de la MRC, des entreprises ou autres, la communauté se heurte plus facilement
aux embûches administratives, financières, matérielles ou
d’autres ordres. Sans concertation des acteurs locaux vers une réelle
prise en charge de leur développement, c’est la pérennité
d’une collectivité qui est mise en jeu.
L’école
dans le développement local : divers rôles, différentes
possibilités
Pour Paul Prévost
l’école de village est beaucoup plus qu’une institution qui
instruit, qualifie et socialise les enfants. Elle joue également
plusieurs autres rôles dans une communauté. À travers ces
divers rôles, elle pourra développer différents partenariats
avec sa communauté.
L’école
devient souvent un lieu de formation pour toute la communauté et conclut
des ententes avec les entreprises pour la formation continue. La
Maison familiale rurale du Granit, un centre de formation situé dans
la MRC du même nom, illustre bien ce cas en offrant, en collaboration
avec l’école, des formations à toute la collectivité.
L’école se retrouve souvent la seule propriétaire d’infrastructures
telles qu’une bibliothèque, un gymnase, une salle de spectacle,
un laboratoire d’informatique ou la fibre optique. Plusieurs partenariats
entre l’école et la municipalité, les entreprises, les organismes
communautaires ou la MRC se développent autour du partage de ces ressources.
Les commissions scolaires comme celle de Charlevoix et celle du Fleuve-et-des-Lacs
ont recourt de façon généralisée à ce type
d’entente. Enfin, le milieu scolaire regroupe des experts de différents
domaines qui peuvent contribuer aux réflexions sur le développement
et s’impliquer dans la recherche de façons novatrices de maintenir
et de développer la communauté.
Lorsque l’école
- et la commission scolaire qui la chapeaute - s’impliquent à tous
ces niveaux, ses membres deviennent alors des acteurs stratégiques
majeurs dans le développement de la collectivité. C’est
en prenant compte des divers rôles que l’école joue dans
une communauté qu’on prend conscience du vide qu’elle peut
créer lorsqu’elle ferme ses portes.
Trois modèles
de partenariat école-communauté
Paul Prévost
et son équipe distinguent trois modèles possibles de collaboration
entre l’école et son milieu. Dans le premier modèle, l’école
dite partagée conclut des ententes formelles à long terme avec
d’autres organisations sur des enjeux administratifs, c’est-à-dire
sur le partage de biens (équipements et locaux). Dans ce premier cas,
l’organisme partenaire n’a pas nécessairement une vocation
éducative. Pour sa part, l’école élargie,
malgré qu’elle conserve une vision corporative, collabore avec
sa communauté en visant la réussite scolaire des élèves
et en comblant certains besoins des familles. Des ententes formelles, à
court ou moyen terme, sont alors établies avec des partenaires qui souhaitent
réaliser des échanges de services et de biens. Enfin, selon le
chercheur, l’école réseautée « est
portée par une vision développementale répondant à
des enjeux sociaux. L’école est partie prenante de l’action
collective et le regroupement d’acteurs est vu comme un projet de la communauté
»2. Les relations entre les collaborateurs sont de nature politique
et de codéveloppement.
La technologie,
un outil de plus pour appuyer l’innovation
Dans la mise en
branle d’un projet rassembleur et novateur, la technologie agit comme
outil supplémentaire offrant de nouvelles possibilités. Dans le
cadre de la troisième phase (2006-2008) du projet École éloignée
en réseau, il est souhaité de voir émerger des pratiques
nouvelles, faisant appel aux TIC, pour renforcer les liens entre l’école
et la communauté. À ce jour, le cas de la communauté de
Saint-Camille en Estrie (école pilote depuis 2002) est éloquent
: les liens serrés entre l’école et la municipalité,
dans le contexte du déploiement de la fibre optique, suscitent des interactions
nouvelles et surtout une forte prise de conscience des leviers offerts par la
connectivité pour contribuer au développement local et à
l’amélioration de l’environnement d’apprentissage de
l’école3.
L’équipe
de chercheurs, dirigée par Paul Prévost, rendra publics à
l’automne les résultats issus de l’examen de plusieurs actions
de partenariat école-communauté réalisées dans le
contexte de la phase 2 du projet École éloignée en
réseau.
Rédactrice : Isabelle Vachon, chargée de projet et coordonnatrice
du bureau de l’Abitibi-Témiscamingue, CEFRIO
Sources :
LUSSIER, Karl,
LAGACÉ, Mélanie et PRÉVOST, Paul (sous la direction de).
Vers une consolidation du lien école-communauté,
2004, 22 p.
Ministère
de l’Éducation, du Loisir et du Sport. L’école
en partenariat avec sa communauté. Synthèse d’une étude
exploratoire*, 2006.
*Ce document constitue une synthèse d’un rapport de recherche rédigé
par Paul Prévost et de son équipe pour le compte du MELS.
Pour en savoir
davantage sur le projet École
éloignée en réseau, communiquez avec Josée
Beaudoin, directrice du projet au CEFRIO, (514) 840-1245.
Notes :
1. Ce projet de
recherche-expérimentation
a remporté le grand prix dans la catégorie Partenariat stratégique
– OSBL, lors du dernier gala des OCTAS.
2. MELS
(2006) : 16.
3. L’article Un
village-monde au Québec : Longue vie à Saint-Camille,
paru dans le journal international Le Monde diplomatique, relate d’ailleurs
comment les habitants (446) de cette communauté ont usé d’ingéniosité
pour contrer le déclin de leur village, aujourd’hui devenu un vrai
modèle « d’intelligence collective ».
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