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Bulletin du 23 septembre 2005
Bulletin du 9 septembre 2005

Bulletin du 23 septembre 2005
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1. L’informatisation à la rescousse de la perception des amendes
2. La connectivité : la clé d’un usage efficace des TI en classe
3. Commerce électronique : une solution possible à peu de frais pour les PME?

1. L’informatisation à la rescousse de la perception des amendes - La semaine dernière s’est tenue une activité d’information organisée par le ministère des Services gouvernementaux qui portait sur des transformations organisationnelles majeures survenues à l’aide des technologies de l’information. M. Paul-André Alain, directeur général du Bureau des infractions et amendes (BIA), est venu y présenter le projet qui a modernisé le système de perception des amendes au ministère de la Justice du Québec.

Le désir de modifier les méthodes de perception des amendes au ministère de la Justice ne date pas d’hier. En effet, dès 1998, le Ministère a réalisé qu’il existait certaines lacunes qui entraînaient des retards considérables dans l’exécution des jugements de cour et créaient des iniquités sur le territoire dans l’application de la loi ainsi que dans le traitement des dossiers des citoyens. De plus, ces problèmes engendraient un manque à gagner dans le budget de l’État.

Le BIA a donc préconisé dès l’an 2000 le développement d’une solution d’affaires ultramoderne, le système de gestion des infractions et de perception des amendes (SGIPA). Son implantation a permis de gérer automatiquement toutes les étapes de traitement d’un dossier au moyen d’un progiciel de gestion des flux de travaux («workflow»). Les percepteurs peuvent maintenant suivre le cheminement des dossiers à travers les processus de travail informatisés et ils connaissent en tout temps l’état de chacun des dossiers actifs et de tous les comptes d’une même personne. Les procédures de travail sont donc plus uniformes à travers la province. Le «workflow» a également permis d’automatiser la correspondance.

Les dossiers d’un même contrevenant sont dorénavant intégrés automatiquement ou manuellement ce qui permet au citoyen de régler tous ses dossiers avec un seul intervenant. Le projet de CyberPerception a aussi permis de numériser l’ensemble des documents papier du BIA et de les joindre aux dossiers électroniques. Ainsi, l’information circule plus rapidement et est accessible sans aucun délai au citoyen, et ce, peu importe le point de service sollicité.

Puisque le système permet des échanges d’information avec des intervenants externes, le BIA se devait de le sécuriser. Une approche d’authentification forte, certifiée Entrust et unique au Canada, a été développée et comporte quatre composantes de sécurité : la carte à puce, le NIP, la biométrie et le certificat selon l’Infrastructure à clés publiques gouvernementales (ICPG). De plus, la signature électronique garantit l’authenticité des documents entre autres pour l’automatisation des processus de gestion de la correspondance.

Le système SGIPA, instauré en 2004, a donc permis d’améliorer l’efficacité du percepteur d’amendes qui travaille désormais à l’aide d’un bureau électronique. Quant aux citoyens, ils disposent d’un guichet unique pour transiger avec le BIA puisqu’une série de modes de paiements et de services d’information ont été mis en place (site transactionnel et réseau vocal interactif accessible par téléphone disponibles en tout temps).

Le projet est en place depuis seulement un an et déjà les effets se font sentir. Le BIA a enregistré une augmentation de 19 % des recettes perçues, de 14 % du taux de perception et de 3,4 % de la productivité par employé. La dépense pour mauvaises créances a pour sa part diminué de 46 % alors que les comptes à recevoir ont chuté de 19 %. Enfin, les paiements en ligne qui étaient jadis inexistants ont augmenté de 10 % en trois ans.

Le BIA a donc de quoi être fier de sa réalisation, avant-gardiste à plusieurs aspects. Le projet est un réel succès et tous doivent certainement attendre impatiemment l’instauration de la dernière phase des travaux, prévue en mai 2006, pour bénéficier de toutes les possibilités qu’offre le système.

Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Références :
Alain, Paul-André (2005). « La CyberPerception : une solution d’affaires intégrée », présentation effectuée lors de l’activité Transformations organisationnelles majeures à l’aide des TI (Québec, 12 sept.) tenue par le ministère des Services gouvernementaux.
CEFRIO (2005). La CyberPerception, une solution d’affaires intégrée!, Québec, disponible seulement sur l'intranet gouvernemental.


2. La connectivité : la clé d’un usage efficace des TI en classe - L’utilisation des technologies en contexte scolaire fait couler beaucoup d’encre et suscite parfois des débats houleux entre ses partisans et ses détracteurs. Et si les statistiques démontrent que la presque totalité des écoles canadiennes sont aujourd’hui branchées à Internet, de nombreuses études mettent aussi au jour que le fait d’avoir accès à des ordinateurs et à Internet ne suffit pas à garantir l’utilisation efficace des TI par les professeurs comme ressources d’apprentissage¹. Comment donc tirer le meilleur parti des TI et s’assurer que leur usage serve réellement le processus d’apprentissage?

Selon les auteurs d’un article publié récemment dans Educause Review, la connectivité² représente en fait la condition essentielle d’une utilisation efficace des technologies en classe. Par le terme « connectivité », ils réfèrent à la capacité des enseignants et des étudiants d’aborder les contenus pédagogiques de façon nouvelle, en utilisant les technologies pour améliorer le processus d’apprentissage. Du didacticiel plus traditionnel, en passant par les sites Web dédiés aux cours et les babillards électroniques, jusqu’aux blogues et aux wikis, les nouveaux outils technologiques permettent ainsi de transformer l’environnement traditionnel de la classe en espace d’apprentissage davantage stimulant et productif.

Pour qu’une telle transformation puisse se réaliser, la connectivité doit s’exprimer selon cinq dimensions : la communication, la collaboration, la motivation, l’intégration et enfin, la créativité.

La communication
Les technologies utilisées doivent faciliter la communication entre l’enseignant et les étudiants, mais aussi entre ces derniers et leurs pairs. Les TI retenues peuvent permettre les échanges un à un (courriel, messagerie instantanée), un à plusieurs (présentations PowerPoint, babillards électroniques, etc.) ou encore, plusieurs à plusieurs (wikis, webvidéos). Au-delà du schème de communication traditionnel à sens unique, le message circulant habituellement de l’enseignant vers les étudiants, les outils doivent favoriser des interactions bidirectionnelles. Le processus d’apprentissage est en effet d’autant plus productif qu’un dialogue peut s’établir entre les participants et favoriser leur intervention active.

La collaboration
Les TI choisies peuvent aussi non seulement supporter les discussions et les rétroactions, mais permettre la collaboration entre étudiants, assistants et enseignants et ce, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la classe.

La motivation
Malgré le fait que les étudiants soient souvent très à l’aise avec les technologies, celles-ci constituant en quelque sorte une source de motivation en elles-mêmes, il peut être intéressant de songer à des facteurs de motivation additionnels pour conduire les apprenants à véritablement s’approprier les outils retenus. Si différents incitatifs peuvent être instaurés par les enseignants pour s’assurer que les étudiants utilisent les TI au-delà du seuil minimal exigé, l’enthousiasme des professeurs constitue aussi un facteur de motivation tout à fait déterminant.

L’intégration
L’intégration est un processus graduel qui vise à déterminer les technologies les mieux adaptées à un contexte particulier d’apprentissage. Les enseignants doivent ainsi se demander comment la technologie améliorera la capacité de leurs étudiants à apprendre et à comprendre les contenus transmis. Le processus d’intégration est évolutif et doit ainsi tenir compte à la fois des bons comme des moins bons coups et s’adapter aux rétroactions des utilisateurs.

La créativité
Les TI utilisées en contexte d’apprentissage offrent en elles-mêmes un grand potentiel de créativité et d’innovation. Les enseignants ont tout intérêt à tirer profit de ces possibilités et à se montrer inventifs dans leurs usages des TI. Il importe en outre qu’ils sachent inciter leurs étudiants à exercer leur propre créativité pour enrichir leur apprentissage ainsi que celui de leurs pairs.

L’utilisation des technologies en classe, on le voit, peut conduire à une véritable transformation du processus même d’apprentissage. Pour ce faire, il importe cependant que différentes « conditions gagnantes » soient rassemblées, la plus importante d’entre elles étant sans contredit l’intérêt témoigné par les acteurs du milieu pour l’usage des TI à des fins pédagogiques.


Notes :
1- En effet, bien que 95,9 % des écoles du pays soient désormais branchées, l’utilisation d’Internet n’est intégrée dans les pratiques d’enseignement que dans 28,8 % des classes. (Ertl, Heidi, et Johanne Plante (2004). Connectivité et apprentissage dans les écoles canadiennes, Statistique Canada. Division des sciences, de l'innovation et de l'information électronique, 30 p.
2- Pour en savoir plus sur le connectivisme en tant que théorie d’apprentissage, voir l’article « Connectivism : a Learning Theory for the Digital Age », publié par Georges Siemens en décembre 2004.


Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Source : Sarah E. Smith et Anthony Potoczniak, « Five Points of Connectivity », Educause Review, vol. 40, no 5, septembre-octobre 2005, p. 30-41

3. Commerce électronique : une solution possible à peu de frais pour les PME? - Pour nombre de PME québécoises, le commerce électronique semble relever de l’utopie. Pourtant, les chercheurs Louise Côté (HEC), Michel Vézina (HEC) et Vincent Sabourin (UQAM)¹ ont réussi à prouver le contraire. Dans un article paru dans Ivey Journal, ils démontrent comment onze PME canadiennes, malgré des ressources humaines et financières restreintes, sont parvenues à intégrer des solutions informatiques de pointe. Ces PME ont pu ainsi réduire leurs coûts d’opération, accroître leur productivité, augmenter leur visibilité auprès des consommateurs, en plus de diversifier leurs produits et leur offre de services.

Selon les chercheurs, le processus de gestion stratégique en commerce électronique se déroule en quatre principales étapes :

1. L’analyse des environnements intérieur et extérieur à l’entreprise

Dans cette première phase, la PME doit d’abord s’interroger sur les freins et les facteurs incitatifs à passer au commerce électronique.

Les obstacles les plus souvent rencontrés vont du scepticisme des clients et des partenaires en regard au projet jusqu’au manque de ressources financières, en passant par les problèmes de logistique et la nature du produit ou du service impropre au commerce électronique. Les chercheurs rappellent ici que le commerce électronique ne consiste pas uniquement à vendre des produits en ligne avec une solution totalement informatisée. Il est possible que seules des parcelles du processus de vente du produit soient informatisées, telles que l’inventaire, le service après-vente, le lien avec le fournisseur, la diffusion d’un catalogue en ligne ou autres.

Des facteurs peuvent toutefois inciter les PME à expérimenter les TI. Notons, entre autres, les subventions gouvernementales octroyées à cet effet. Des experts peuvent également conseiller les PME dans leur choix d’une stratégie adaptée à leurs besoins et leur expliquer les rudiments du commerce électronique.

2. Le choix d’une stratégie de commerce électronique

Selon les auteurs, la sélection d’une stratégie pour l’implantation du commerce électronique constitue une étape primordiale pour assurer le succès de ce projet. Il importe que la PME identifie précisément quels types de bénéfices elle souhaite tirer de cet investissement. Elle peut alors miser davantage sur une des stratégies suivantes : l’efficience, la complémentarité, la consolidation ou la nouveauté.
a) Efficience : Développer l’efficience consistera utiliser les TI pour réduire les coûts de production et améliorer la vitesse d’exécution des processus.
b) Complémentarité : La PME peut opter pour l’adoption de TI dans le but de créer des partenariats et de partager des ressources.
c) Consolidation : Le recours à une solution informatique robuste peut avoir pour but de consolider la confiance des clients et des partenaires envers l’entreprise.
d) Nouveauté : Enfin, la PME peut également choisir d’adopter de nouveaux procédés ou d’offrir de nouveaux produits grâce aux TI.

Préciser les visées de la PME s’avère de mise avant d’aller de l’avant dans cette entreprise.

3. La mise en œuvre d’une stratégie de commerce électronique

À l’étape de l’implantation de la stratégie, la PME sélectionne la solution informatique qui correspond le plus étroitement à ses besoins. Une panoplie de technologies s’offrent à elle, selon la stratégie qu’elle a préféré adopter et les ressources dont elles disposent. Cybermarché, centre commercial virtuel, site de vente aux enchères, support de la chaîne de valeur, plate-forme de collaboration n’en sont que quelques exemples. De quelle façon la PME se procurera-t-elle la technologie désirée? Selon les ressources dont elle dispose et la valeur stratégique accordée à l’implantation de cette technologie, quatre modèles peuvent lui convenir : le partenariat avec une autre entreprise, l’impartition à un fournisseur externe, la totale création et la préservation de la solution à l’interne ou encore, la rediffusion d’une solution conçue à l’interne par la vente de celle-ci à d’autres entreprises.

4. L’évaluation du succès de la stratégie préconisée

La dernière étape consiste à évaluer la réussite de la stratégie de commerce électronique utilisée. Mis à part les indicateurs habituellement considérés que sont l’économie en coûts et en temps et l’augmentation des ventes, la PME peut mesurer les bénéfices du commerce électronique en analysant la satisfactions des clients, la qualité accrue du service, la diversification des services offerts, l’augmentation de la visibilité de l’entreprise ou autres.

L’article pullule d’exemples fort intéressants d’expériences vécues par les PME étudiées. Les chercheurs illustrent, par ailleurs, les différents éléments de leur réflexion sous formes de tableaux et de schémas éloquents. Une synthèse pratique à lire avant de se lancer dans l’aventure du commerce électronique ou pour se convaincre de faire le saut!

Note :
¹ Leur article est le fruit des travaux qu’ils ont réalisés pour le CEFRIO dans le cadre du projet « Nouveaux modèles d'affaires électroniques et développement des PME ».

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Source : Louise Côté, Michel Vézina et Vincent Sabourin (2005) « The strategic management process in e-business », Ivey Business Journal, mai/juin, 7 pages.


Bulletin du 9 septembre 2005
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1. Le Canada fait la guerre aux polluposteurs!
2. Les réseaux Wi-Fi, la connexion Internet de demain?
3. Investissements en TI et productivité : une relation de cause à effet qui n’est plus à démontrer

1. Le Canada fait la guerre aux polluposteurs! - Pour la première fois en quatre ans, le nombre de courriels non sollicités reçus par les Canadiens a chuté. Au cours du quatrième trimestre de 2004, selon le Canadian Inter@ctive Reid Report de Ipsos-Reid, parmi les quelque 177 courriels que les internautes canadiens reçoivent par semaine, près de la moitié s’est avérée être des pourriels. Il s’agit d’une nette amélioration par rapport à 2003, alors que les courriels non sollicités représentaient 68 % des courriels reçus (134 sur 197). Cela met fin à la prolifération exponentielle des pourriels au Canada qui avait cours les années précédentes, alors que le nombre de pourriels doublait à chaque année. Mais l’ennemi n’est pas encore totalement vaincu et c’est pourquoi le gouvernement canadien emboîte le pas de la guerre aux polluposteurs.

Plan d’action canadien

Le gouvernement canadien s’est officiellement lancé dans la lutte antipourriel avec la présentation, en mai 2004, de son plan d’action en six volets. Ce plan combine plusieurs mesures devant être prises à la fois par le gouvernement, les entreprises et les consommateurs. La démarche proposée comporte plusieurs points :

  • « l'utilisation des lois et des réglementations existantes;
  • l'examen des lacunes réglementaires ou législatives;
  • l'amélioration des pratiques actuelles de l'industrie;
  • l'utilisation de la technologie pour valider les communications commerciales légitimes;
  • l'éducation et la sensibilisation des consommateurs;
  • la promotion de la collaboration internationale ».
Du même coup était formé le groupe de travail du gouvernement du Canada sur le pourriel, un comité qui regroupe des intervenants des milieux privé, public et universitaire. Il réunit notamment des représentants de l’Université d’Ottawa, de Bell Canada, d’Option consommateurs, de l’Association canadienne de télévision par câble, de l’Association canadienne des fournisseurs Internet, de l’Association canadienne de la technologie de l'information ainsi que des experts en marketing.

Après environ un an de discussion et de consultation, le groupe a présenté, en mai 2005, le fruit de leur travail : un rapport intitulé Freinons le pourriel : Créer un Internet plus fort et plus sécuritaire.

Deux constats majeurs

Les consultations du groupe de travail ont confirmé et consolidé les principes du plan d'action du gouvernement émis en 2004 :

  • En plus d’être une nuisance, le courriel non sollicité peut entraîner divers problèmes de sécurité. Le pourriel peut également servir à propager des virus et des vers, à commettre des fraudes, à voler des renseignements personnels ou encore à porter atteinte à la vie privée des internautes. Par conséquent, en plus d’entraîner des pertes financières aux consommateurs et aux entreprises, il menace l'usage efficace d’Internet pour les communications et le commerce et mine la confiance envers le réseau. Le ministre canadien de l'Industrie, David L. Emerson, abonde en ce sens : « Nous devons libérer Internet du fléau de pourriels si le Canada veut pouvoir profiter pleinement des possibilités d'une cyberéconomie dynamique ».
  • La lutte au pollupostage doit se faire de concert avec les gouvernements, l'industrie, les entreprises et les consommateurs. Pour ce faire, différentes mesures ont été recommandées par le groupe de travail :
    • Adopter une législation donnant plus de pouvoir de poursuite et de contrôle. Faciliter la mise en application des lois et réserver des sanctions plus sévères aux polluposteurs;
    • Créer un centre d'expertise sur le pourriel;
    • Indiquer et faire valoir des pratiques exemplaires pour l'industrie;
    • Lancer une campagne d'éducation publique sur le sujet;
    • Collaborer aux actions internationales.

Autres actions antipourriel dans le monde

La lutte antipourriel est engagée dans plusieurs autres pays. En décembre 2003, le président des États-Unis, Georges W. Bush, signait le CAN-SPAM Act, loi qui fut mise en vigueur le 1er janvier 2004. Cette loi vise à réglementer davantage le pollupostage en obligeant les auteurs de messages de marketing à indiquer, dans leur courriel, une adresse courriel de retour, une adresse postale valide, un mécanisme de retrait de la liste d’envoi ainsi qu’un titre pertinent dans le champ sujet. La loi permet également aux autorités de poursuivre les émetteurs de pourriels non conformes à la loi et de les condamner à une peine pouvant atteindre cinq ans de prison ou 6 millions de dollars.

L’Europe met, elle aussi, l’épaule à la roue pour contrer les polluposteurs : une alliance entre les autorités antipourriel de 13 pays européens – dont la France, l’Espagne et les Pays-Bas – a été créée à cette fin. Les pays ont convenu de partager l‘information et de rendre possible le dépôt de plaintes et l’intention de poursuites judiciaires au-delà des frontières de leur État respectif, le tout dans le but de combattre au niveau européen l'envoi non sollicité de courriels.

Différentes mesures se mettent en place dans plusieurs régions du monde. Il ne reste qu’à espérer qu’elles porteront fruit et réduiront le nombre de pourriels dans notre boîte aux lettres.


Rédactrice: Isabelle Vachon, analyste-conseil, Enquêtes et veille stratégique
Sources:
Commission européenne, « Les pays européens s'allient pour combattre le “spamming” (envoi non sollicité de courriels) », communiqué de presse, 7 février 2005.

Industrie Canada, Freinons le pourriel : créer un Internet plus fort et plus sécuritaire, mai 2005, 61 p.,
Voir aussi le communiqué de presse.

IPSOS-REID, « Canadians Winning The War Against Spam », communiqué de presse, 10 mars 2005.

Vachon, Isabelle, « La loi antipourriels américaine CAN-SPAM ne suffira pas », bulletin SISTech, 3 septembre 2004.

2. Les réseaux Wi-Fi, la connexion Internet de demain? - Brancher son ordinateur portable ou son ordinateur de poche (PDA) en pleine rue n’a jamais été si facile. La technologie Wi-Fi (wireless fidelity), qui permet d’accéder à Internet haute vitesse à partir de points d’accès sans fil (hot spots), gagne en popularité. Une récente étude réalisée par Harris Interactive a même révélé que près d’un adulte américain internaute sur cinq s’était branché à Internet grâce à une zone d’accès située dans un endroit public en 2005. Cette technologie représente donc la solution idéale pour les gens d’affaires régulièrement sur la route qui désirent travailler sur le pouce pour accroître leur productivité et accéder à de l’information en continu. Ainsi, un ordinateur muni d’une carte sans fil peut être branché à Internet à des endroits tels les aéroports et les hôtels, mais la liste ne cesse de s’allonger grâce des initiatives qui voient le jour dans plusieurs municipalités.

D’ailleurs, Intel a répété en 2005 l’enquête annuelle sur les points d’accès disponibles dans les municipalités américaines. La firme a ainsi démontré que Seattle est la ville qui possède le plus de zones d’accès Wi-Fi aux États-Unis juste devant la ville de San Francisco qui avait remporté l’honneur en 2004 et de Portland en Oregon, méritante de 2003. L’étude a aussi révélé une plus grande diversité de zones d’accès. Par exemple, des points d’accès sans fil sont présents à un club de golf de Phoenix, à la piste de course de Kansas City, à une station de ski du Colorado, au stade de base-ball des Giants de San Francisco, dans un parc de planche à roulettes de Houston ou dans une salle de quilles de Chicago. Plus près de nous, l’Université Laval est devenue récemment la première université québécoise à offrir l’accès Internet sans fil à ses étudiants partout sur son campus pour 10 $ par session.

Si Seattle est devenue la ville sans fil par excellence aux États-Unis, à la suite de la mise en place d’un projet nommé « Seattle Wireless », d’autres municipalités américaines ont mis en œuvre des initiatives dignes de mention. Parmi celles-ci, la ville de Philadelphie fait certainement figure de proue. La municipalité développe présentement, grâce à des partenariats public-privé, son propre réseau Wi-Fi et deviendra ainsi la plus grande ville aux États-Unis à posséder et à opérer un tel réseau sans fil. Des antennes Wi-Fi déployées sur des lampadaires de rue et sur d’autres dispositifs de contrôle de la circulation devraient fournir le service sur 135 milles carrés. La construction et la maintenance pour une période de deux ans devraient coûter entre 15 et 18 millions de dollars US. La municipalité voit dans le projet une solution pour stimuler la croissance économique, pour garder sur son territoire les gens d’affaires, les travailleurs et les autres citoyens et pour attirer de nouveaux investisseurs, voyageurs et de la main-d’œuvre qualifiée. De plus, à l’été 2006, un accès en tout lieu à Internet haute vitesse à moindre coût, soit une vingtaine de dollars par mois, devrait être accessible à tous les citoyens et ainsi rendre les TI plus abordables aux moins fortunés.

Ce genre d’initiatives ne cessent de se multiplier et la ville de San Francisco a à son tour annoncé en août dernier qu’elle désirait réaliser un projet semblable à celui de Philadelphie. Si les citoyens y sont favorables, la situation est cependant fort différente du côté des fournisseurs Internet. En effet, ces entreprises américaines commencent à faire du lobby auprès des États en vue d’interdire de tels projets affirmant qu’offrir un service Internet sans fil ne constitue en rien la mission des municipalités. Deux projets de loi à caractère totalement opposé ont d’ailleurs été présentés au courant de l’été au Congrès américain. Le premier, nommé « Community Broadband Act of 2005 » favoriserait l’éclosion de villes sans fil alors que le second, « Preserving Innovation in Telecommunications Act of 2005 » prohiberait toute initiative de ce genre.

Une initiative semblable, « Île sans fil », peut aussi être observée à Montréal. Un organisme communautaire sans but lucratif regroupant une trentaine de bénévoles s’affaire depuis deux ans à multiplier les zones d’accès à l’intérieur de la ville. Cette organisation contribue ainsi à briser l’isolement des citoyens, des travailleurs autonomes et des artistes à l’échelle locale. Déjà 5500 usagers ont ouvert gratuitement un compte et on dénombre 57 bornes sans fil, principalement situées dans des cafés et des restaurants. À noter que dans le cadre de cette initiative, un propriétaire de commerce, un dirigeant d’un lieu public ou un simple citoyen qui possède une connexion haute vitesse et une antenne peut en faire profiter les autres et ainsi s’attirer une nouvelle clientèle.

Si l’on se fie à la prédiction de la firme de recherche marketing IDC, on peut croire que des projets de villes sans fil comme à Montréal ou à Philadelphie devraient se multiplier au Québec dans les prochaines années en raison de la forte demande. En effet, cette entreprise prévoit qu’en 2007, les ordinateurs portables avec capacité sans fil (wireless-enabled) représenteront la totalité des ventes d’ordinateurs portatifs, alors qu’en 2004 cette proportion se situait à 65 %. C’est à voir.

Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO

Sources :
Dumais, Michel (2005). « Villes sans fil : un projet de loi tente de freiner leur essor » [En ligne], Branchez-vous.com, 5 août, (Page consultée le 2 sept. 2005)

Intel (2005). « Seattle Is « Most Unwired City » In America » [Communiqué de presse, en ligne], 7 juin. (Page consultée le 2 sept. 2005)

Larose, Yvon (2005). « Un campus sans fil » [En ligne], Au fil des événements, 1 sept., (Page consultée le 7 sept. 2005)

Oswald, Ed (2005). « San Francisco Wi-Fi Closer to Reality », BetaNews [En ligne], 17 août, (Page consultée le 7 sept. 2005)

Pouliot, François (2005). « Jeff et la mairie », Le Soleil, 25 août, p. C-3.

Reuters (2005). « Philadelphia expands Wi-Fi citywide », msnbc [En ligne], 7 avril, (Page consultée le 2 sept. 2005)

Site Web du projet « Île sans fil » de la ville de Montréal.

Site Web du projet « Seattle Wireless ».

The Wireless Philadelphia Executive Committee (2005). Wireless Philadelphia Business Plan, Philadelphie, 72 p. (Page consultée le 7 sept. 2005)

3. Investissements en TI et productivité : une relation de cause à effet qui n’est plus à démontrer - Grâce à une nouvelle étude de la firme Accenture, le rapport établi entre les investissements en technologies effectués par une organisation et sa productivité est une fois de plus à l’ordre du jour. Basée sur la consultation de plus de 300 responsables des TI (CIO) répartis dans six différents pays¹, cette enquête démontre ainsi que le fait de geler, voire de réduire, ses investissements en TI risque fort d’affecter en bout de ligne la compétitivité d’une organisation.

L’étude en question, IT Investing for High Performance, fait partie des efforts consentis par Accenture pour identifier les caractéristiques et les comportements communs aux entreprises hautement performantes. Selon les résultats de cette enquête, les consignes d’austérité (austerity trap) qui touchent les acquisitions reliées aux technologies ont souvent l’effet pervers de forcer les organisations à accroître les dépenses reliées à la maintenance et à la réparation des systèmes en place ainsi qu’à d’autres pratiques non productives. Les sommes épargnées d’un côté sont donc dépensées de l’autre et ce, sans que de nouvelles applications, souvent porteuses d’innovation, ne soient implantées. Et les chiffres sont éloquents. Les répondants ont en effet déclaré que plus du tiers (39 %) de leur temps était consenti au maintien des applications existantes, tandis que seulement 14 % était plutôt destiné à en implanter – ou à en développer – de nouvelles. Le corollaire de cette situation : l’innovation est en baisse et la productivité aussi.

Pour Accenture, il est donc clair qu’une organisation ne peut réduire ses investissements en TI sans affecter le niveau de service qu’elle offre à ses clients et partant, sa productivité. Mais attention, tout n’est pas qu’une question d’argent. Si les entreprises hautement performantes ne dépensent pas nécessairement plus en TI que les autres, elles utilisent par contre les systèmes déployés de façon plus innovante, par exemple, en mettant en place des fonctions d’interaction en ligne avec leurs clients et leurs fournisseurs. Quand on sait que ce type de contact est en moyenne 10 fois moins coûteux que ceux effectués par voie traditionnelle, il tombe sous le sens qu’une telle décision peut offrir des gains importants de productivité.

Les travaux d’Erik Brynjolfsson ont par ailleurs fait la preuve que, pour s’avérer gagnante, l’innovation technologique seule ne peut suffire. À partir de l’analyse des données provenant de plus de 1000 entreprises américaines, le chercheur a non seulement démontré qu’une relation positive existe entre les investissements en TI et la productivité des entreprises, mais aussi et surtout que « pour chaque dollar investi dans l’acquisition de technologies (IT hardware capital), les entreprises doivent s’attendre à consacrer quelque 9 $ au développement de leurs capitaux organisationnel et humain. »². En clair, pour qu’une organisation en tire véritablement profit, ses investissements en TI doivent nécessairement se doubler d’une transformation sur les plans social et organisationnel.

Rappelons enfin que, dans la foulée de Brynjolfsonn, le CEFRIO a fait l’un de ses fers de lance de cette relation entre investissements en TI, innovation organisationnelle et productivité³. Et le Centre n’est pas seul à promouvoir un tel message au Canada. Au cours de l’été 2005, Perrin Beatty, président des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, et Jean-Paul Gagné, éditeur du journal les Affaires, ont aussi fait de l’augmentation des investissements en TI par les entreprises canadiennes l’une des conditions de l’accroissement de leur productivité et donc, de la compétitivité de l’économie canadienne.


Notes :
1- Il s’agit des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Argentine.
2- Erik Brynjolfsson, « The IT Productivity Gap », Optimize, juillet 2003. Voir aussi la présentation effectuée par le chercheur dans le cadre du lancement de la revue PerspecTIves 2005 du CEFRIO ainsi que l’article de cette même revue cités en sources.
3- Soulignons que le CEFRIO a fait sienne cette conclusion de Brynjolfsson, la plaçant au cœur d’un avis présenté au MDEIE 2005 : Pour une utilisation plus efficace des technologies de l’information : Accroître le transfert des connaissances en sciences sociales, humaines et administratives, février 2005, 40 p.

Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Accenture, Accenture Study Examines IT Investing for High Performance : « Austerity Trap » Spurs Spending Cuts, Sqeezing Innovation and Productivity, 18 juillet 2005.

Perrin Beatty, « The Canadian Innovation Challenge », CME, juillet 2005, p. 50.

Erik Brynjolfsonn, The Digital Organization : How IT Drives Productivity, Présentation réalisée dans le cadre du lancement de la revue PerspecTIves 2005, 3 décembre 2004.

Jean-Paul Gagné, « Notre productivité anémique menace notre niveau de vie », les Affaires, 16 juillet 2005, p. 12.

Réjean Roy, « Productivité et TI : Maximiser l’impact des technologies sur son organisation », PerpecTIves, vol. 3, édition 2005, p. 7-10.


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