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Archives du bulletin SISTech : septembre 2004
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Bulletin du 17 septembre 2004
Bulletin du 3 septembre 2004


Bulletin du 17 septembre 2004
Version pour imprimer en format PDF

Dans cette édition :

1. Les secrets du succès des équipes virtuelles géographiquement dispersées
2. Plus d’argent = Système de santé plus efficace ?
3. InterContinental Hotels Group annonce la fin de son association avec Expedia et Hotels.com.
Un revirement spectaculaire de la situation dans le secteur de l’hébergement





1- Les secrets du succès des équipes virtuelles géographiquement dispersées

Malgré ce que l’on pourrait peut-être penser d’emblée, les groupes de travail formés de personnes oeuvrant à très grande distance les unes des autres peuvent se révéler tout à fait performants… leur succès pouvant même dépasser celui des équipes dont les participants travaillent coude à coude. Mais attention, pour que ces équipes géographiquement dispersées soient performantes, certaines règles concernant leur gestion doivent être appliquées.

Selon les auteurs d’un article récemment paru dans la Harvard Business Review, lorsqu’un projet requiert une diversité de compétences et que le travail à effectuer peut l’être grâce à des outils électroniques, constituer une équipe virtuelle regroupant des gens oeuvrant à distance peut s’avérer un choix tout à fait gagnant. Si les participants de tels groupes de travail doivent en effet composer avec le fait de ne pas être ensemble de façon réelle et partant, de ne pouvoir décoder certains mouvements ou expressions, ils sont par contre libérés de plusieurs obstacles physiques et psychologiques (délai entre les réunions, gêne associée à certaines attitudes, etc.) qui, dans certains cas, auraient pu réduire l’efficacité de leur participation à l’équipe.

Pour en apprendre davantage sur le succès des équipes géographiquement dispersées et être en mesure d’en établir les conditions, les auteurs ont en outre mené des entrevues téléphoniques ainsi qu’un sondage Web auprès de 293 personnes, réparties dans 54 groupes de travail. De l’ensemble des données colligées, ils ont ensuite dégagé les trois grandes règles à la base de la réussite de telles équipes :

Règle 1 : Exploiter la diversité
Les participants d’une équipe de travail à distance doivent être choisis sur la base de leurs différences (disciplines variées, modes de travail divers, etc.), car la force du groupe vient justement de cette confrontation des perspectives. Si ce rapprochement de points de vue différents risque de nécessiter certains ajustements lors des premières sessions de travail, il permet par contre en bout de course de faire émerger un éventail de solutions.

Règle 2 : Utiliser la technologie pour supporter la collaboration
L’enquête conduite par les auteurs de l’article a permis de mettre au jour que la technologie jugée la plus efficace par les participants des équipes sondés est de loin celle des espaces de collaboration virtuels. Souvent jumelées aux appels conférences, ces applications ont le grand avantage d’être accessibles à tous et en tout temps, et de permettre une récupération rapide des documents. À noter que puisqu’elle permet des rétroactions rapides, la messagerie instantanée s’est aussi révélée très populaire chez les membres de tels groupes de travail.

Règle 3 : Assurer la cohésion de l’équipe
Les diverses menaces susceptibles de miner la cohésion d’une équipe virtuelle de travail (manque de confiance, formation de cliques, etc.) doivent être considérées et limitées par diverses actions du leader du groupe. Celui-ci pourrait par exemple choisir d’encourager une communication quotidienne entre les participants, les faire travailler en paires ad hoc l’espace d’une ou de deux semaines, etc.

Avec le développement d’un nombre croissant d’applications informatiques destinées à supporter le travail d’équipe, il y a tout lieu de croire que les équipes virtuelles géographiquement dispersées feront de plus en plus d’adeptes au cours des années à venir.

Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO

Source :

Ann Majchrzak, Arvind Malhotra, Jeffrey Stamps et Jessica Lipnack, « Can Absence Make a Team Grow Stronger? », Harvard Business Review,
mai 2004, p. 131-137
http://harvardbusinessonline.hbsp.harvard.edu/b01/en/common/item_detail.jhtml?id=R0405J
(Page consultée le 16 septembre 2004)





2- Plus d'argent = Système de santé plus efficace ?
La conférence des ministres de la santé à Ottawa s’est terminée mercredi dernier. Le fédéral s’est engagé à verser 18 milliards de dollars sur six ans aux provinces – dont 4,5 milliards au Québec – pour financer leur système de santé. Un récent rapport publié par le Conference Board du Canada montre toutefois que si l’argent s’avère nécessaire au bon fonctionnement des systèmes de santé, il ne garantit pas leur performance: une révision des modes de gestion et l’intégration des TIC comptent parmi les mesures qui s’imposent pour rendre les systèmes de santé plus efficaces.

Le rapport paru en juin dernier, intitulé Challenging Health Care System Sustainability: Understanding Health System Performance of Leading Countries, compare les systèmes de santé des 24 pays de l’OCDE et place le Canada au treizième rang dans la qualité des services de santé offerts à sa population. Le rapport conclut notamment que les investissements en santé n’assurent pas une bonne performance du système de santé et une meilleure qualité des soins. En effet, selon le rapport, la Suisse, qui se classe en première place, aurait un système très coûteux financé par le privé. Par contre, la Suède arrive en seconde position avec des fonds majoritairement publics et un budget restreint. Qui plus est, l’Espagne dépense beaucoup moins pour la santé que le Canada et se classe au troisième rang en ce qui a trait à la qualité des services de santé.

L’étude relève également que les systèmes de santé ayant investi stratégiquement dans les TIC reliées à la santé et ayant offert de la formation dans ce domaine à leurs employés ont une main-d’œuvre beaucoup plus productive. À ce chapitre, le Canada tire de l’arrière. Selon le rapport, seulement 40 % des hôpitaux canadiens seraient branchés à Internet. La plupart des hôpitaux branchés s’avèrent de grands établissements situés dans des régions urbaines et bénéficiant de budgets importants et souples. De plus, alors que les hôpitaux suédois dédient environ 4 % de leur budget aux TIC, les hôpitaux canadiens n’en consacrent qu’entre 1,8 % et 2,5 %. Selon Glen Roberts, un des problèmes majeurs demeure que seuls des budgets globaux sont attribués aux hôpitaux canadiens. Il s’avère alors difficile pour les gestionnaires de choisir entre un investissement dans un ordinateur et l’embauche d’infirmières par exemple. Il suggère donc qu’une enveloppe spéciale soit réservée à l’investissement dans les TIC.

La preuve de l’apport des TIC en santé n’est plus à faire : plusieurs études et expérimentations ont entre autres démontré qu’elles diminuent les listes d’attente, réduisent les risques d’erreur, assurent une meilleure coordination des services en accélérant l’accès aux données sur le patient, offrent une aide à la décision et contribuent à une meilleure qualité des soins de santé¹. Souhaitons donc que les nouveaux investissements promis par Ottawa servent également à rendre nos hôpitaux plus modernes.

Notes :

1. Voir à cet effet un nouveau livre paru aux Presses universitaires de Namur :

Véronique Dumont, Claire Lobet-Maris et Anne Rousseau, 2004, Urgence aux urgences. L’informatique, une solution ?,
Presses universitaires de Namur, Namur, 184 pages.

Ainsi qu’un article paru précédemment dans le bulletin SISTech :

Isabelle Vachon, CEFRIO, 12 mars 2004, « Sauver le système de santé par les TI », bulletin SISTech.
http://www.infometre.cefrio.qc.ca/loupe/sistech/0304.asp#3

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO

Sources :

Joël-Denis Bellavance et Denis Lessard, 16 septembre 2004, « Le Québec obtient une entente asymétrique. 18 milliards pour la santé », La Presse.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/1,63,0,092004,792547.shtml

The Conference Board of Canada, June 2004, Challenging Health Care System Sustainability: Understanding Health System Performance of Leading Countries.
http://www.conferenceboard.ca/boardwiseii/LayoutAbstract.asp?DID=755
(Il faut être abonné pour y accéder. L’abonnement est gratuit)

Kathleen Sibley, 29 juillet 2004, “Health care needs increased IT investment, report says”, ITBusiness.ca.
http://itbusiness.ca/index.asp?theaction=61&sid=56309#



3- InterContinental Hotels Group annonce la fin de son association avec Expedia et Hotels.com.
Un revirement spectaculaire de la situation dans le secteur de l’hébergement



MIS EN CONTEXTE

Dans le monde des affaires les revirements de situation sont fréquents. Celui que vit présentement le secteur de l'hébergement confirme qu'aucune tendance n'est jamais immuable.

C'est qu'InterContinental Hotels Group, le plus important groupe hôtelier du monde, annonçait en août dernier sa décision de cesser de faire affaire avec des entreprises qui préconisent le modèle marchand (Péloquin, 2004a). Ainsi, le groupe hôtelier mettait fin à son association avec InteractiveCorp et ses filiales Expedia et Hotels.com au profit de Travelocity et des filiales Orbitz et Cheap Tickets.

Cette nouvelle vient donc, possiblement, sonner le glas de la prédominance du modèle marchand par rapport au modèle d'agence (1). Cette tendance avait été relevée, entre autres, par Sabourin, Vézina et Côté (2003) dans leur rapport sur les Affaires électroniques et le secteur de l'hébergement de l'industrie du tourisme au Canada : une analyse sectorielle. Cette étude avait été conduite dans le cadre d'un projet du CEFRIO.

Afin de bien cerner l'importance que revêt cette nouvelle voyons de plus près quels sont les impacts des affaires électroniques dans l'industrie du tourisme et, plus précisément, dans le secteur de l'hébergement.


LE e-TOURISME

L'industrie du tourisme a vu, au cours des dernières années, sa structure changer avec l'arrivée d'Internet et des affaires électroniques (Sabourin, Vézina et Côté, 2003). À l'échelle internationale, Internet aurait généré des ventes atteignant 85 milliards de dollars américains en 2003 dont 43 aux États-Unis et 15 en Europe (PhoCusWright) (2). Plus près de nous, au Québec, en mai 2004, le tiers des adultes québécois (32,2 %) prévoyaient utiliser Internet pour planifier leurs vacances (3). En mai 2000, cette proportion atteignait 14,9 %.

Dans le secteur de l'hébergement, un des secteurs qui composent l'industrie du tourisme, Internet a donné la chance aux entreprises hôtelières de court-circuiter les réseaux de distribution traditionnels. Dans ces réseaux traditionnels, ces dernières ne bénéficiaient pas d'un accès direct aux voyageurs. Par contre, les entreprises doivent maintenant se frotter aux intermédiaires de distribution ou agences virtuelles.


LES MODELES D'AFFAIRES PRESENTS DANS LE SECTEUR DE L'HEBERGEMENT

Deux types de modèles d'affaires se côtoient dans le secteur de l'hébergement. Le modèle marchand et le modèle d'agence. Le tableau suivant définit et compare ces deux modèles d'affaires électroniques.

Modèle marchand et modèle d'agence : caractéristiques comparatives
Modèle marchand Modèle agence
  •   Le modèle marchand consiste en des contrats établis avec des fournisseurs sur la base de tarifs négociés à l'avance selon le principe de l'opération de consignation.

  •   Opération de consignation : expédition de marchandises à une personne (le consignataire) pour les vendre au nom de l'expéditeur (le consignateur) moyennant une rémunération convenue calculée sur le produit de la vente. Le consignateur demeure le propriétaire des marchandises jusqu'à ce que le consignataire les ait vendues en conformité avec les clauses du contrat (4).
  •   Le modèle de l'agence est celui où une commission est prise par l'agence de voyages virtuelle au moment de compléter la commande.

  •   Commission : rémunération attribuée par exemple à des représentants, calculée au moyen d'un pourcentage appliqué au chiffre des ventes ou au bénéfice découlant de celles-ci.
                      Source : Sabourin, Vézina et Côté (2003), p. 34.


Dans le modèle marchand, les intermédiaires de distribution achètent en gros des réservations de chambres d'hôtels à des prix fixes pour enfin les revendre aux voyageurs. Ces intermédiaires représentent le maillon de la chaîne qui relie les entreprises du secteur hôtelier aux voyageurs. Étant propriétaires de ces réservations, les intermédiaires peuvent ajuster les prix et les écouler aux plus offrant sans, toutefois, informer les acheteurs du prix réellement négocié à l'hôtelier. C'est ce modèle qui, au cours des dernières années, a pris de l'ampleur au détriment du modèle d'agence, où chaque vente génère une commission. Expedia est un bon exemple d'entreprises qui ont choisi le modèle marchand.

D'ailleurs, les propos de Greg Stanger, vice-président sénior et directeur financier chez Expedia, illustrent ce phénomène : «…les volumes d'affaires liés aux packages dynamiques et aux nuitées d'hôtels sur le modèle marchand ont respectivement augmenté de + 83 % et de + 81 % par rapport à l'année précédente.»(5)


UN RENVERSEMENT DE LA SITUATION ?


La décision prise par le géant hôtelier InterContinental Hotels Group de cesser la poursuite de ses activités avec InteractiveCorp annonce un revirement surprenant de la situation. Ce passage, de la vente de gros à la vente de détail, devrait hypothétiquement entraîner pour InterContinental Hotels Group une perte de 100 millions de dollars, soit 1 % de ses revenus. Par contre en tenant compte du fait que les pertes encourues par les tarifs négociés (modèle marchand) sont estimées par la firme à 6 % des revenus (Smith Travel Research) (6), le jeu semble en valoir amplement la chandelle. Notons que le modèle marchand aurait occasionné des pertes de l'ordre de 1 milliard de dollars à l'industrie hôtelière américaine en 2003, soit 1,3 % des revenus et 6 % des profits (Smith Travel Research) (7). En plus de reprendre le contrôle sur la vente de ses chambres, InterContinental Hotels Group innove en offrant à sa clientèle la garantie de bénéficier en tout temps d'informations claires et justes sur les frais inhérents à leur séjour.

Également, en cessant ses activités avec Expedia et ses filiales, InterContinental Hotels Group verra fondre drastiquement le nombre de télécopies qui lui sont envoyées. En effet, malgré que les voyageurs fassent désormais leurs réservations en ligne, l'intermédiaire, dans bien des cas, transmet les réservations aux hôtels par télécopie. En choisissant des distributeurs dont les processus sont entièrement automatisés, les regroupements hôteliers réduiront le risque d'erreur associé à la saisie manuelle des réservations dans leur système informatique.

Notons qu'en garantissant les meilleurs prix possibles sur les sites Internet des ses hôtels, InterContinental Hotels Group réussit à garder le contrôle sur 70 % des ventes faites en ligne. Le géant InterContinental Hotels Group est composé de 3 500 hôtels dont les bannières Crown Plaza et Holiday Inn.



LES STRATEGIES POSSIBLES

Quelques stratégies peuvent permettent aux entreprises du secteur de l'hébergement de perdre le moins de plumes possibles.
Les voici donc :
  • Établir le prix des chambres à leur juste valeur, tant sur les canaux traditionnels qu'en ligne, même si certains concurrents poursuivent une stratégie agressive de prix avec les agences en ligne.
  • L'internaute a perfectionné ses méthodes de recherche et se montre maintenant à l'aise dans la comparaison des tarifs d'un même produit d'un site à l'autre. La stratégie tarifaire sur Internet devra faire preuve de cohérence, de transparence et surtout de simplicité. La meilleure façon de contrer l'attractivité des sites intermédiaires consiste à adopter une politique de "garantie des meilleurs tarifs". Une telle approche nécessite en parallèle une entente négociée avec les agences en ligne afin d'obtenir la certitude qu'elles ne vendront jamais sous le seuil déterminé par la chaîne hôtelière.
  • Les programmes de fidélité offerts aux internautes sont d'autant plus importants qu'ils permettent aux sites corporatifs de se distinguer des intermédiaires en ligne.
  • L'érosion de la marque, en raison de mauvaises stratégies dans le choix des canaux de distribution, peut entraîner d'importantes répercussions à long terme. L'hôtelier doit examiner avec précaution tout nouveau canal de vente et s'assurer que ce dernier ne conduise pas à mettre en péril l'intégrité de son produit ou le contrôle de ses prix.
  • Offrir un site Internet convivial et efficace n'est pas suffisant, il faut que l'internaute puisse le localiser. Selon Forrester Research, 80 % des visites ont été générées par une requête sur un moteur de recherche. Une stratégie de positionnement visant à maximiser le référencement auprès des principaux moteurs de recherche s'avère fondamentale. Le défi de la mise en marché électronique des hôteliers indépendants est encore plus grand puisque ceux-ci ne bénéficient pas du rayonnement et de la sphère d'influence qu'offrent les chaînes. Le marketing direct par courriel auprès de leur banque de clientèle pour les informer des spéciaux "dernière minute" (60 % des voyageurs affirment planifier plus tardivement qu'avant) pourrait se révéler une alternative efficace.

    Source : Péloquin (2004)


    (1) Ces modèles sont les deux types de modèles d’affaires employés par les distributeurs du secteur de l’hébergement.
    (2) Cité dans : Péloquin, C (2004b)., Internet synonyme de rabais : mythe ou réalité ?, [En ligne]. http://www.veilletourisme.ca/fr/resultats_recherche_article.aspx?id_article=73 (Page consultée le 27 août 2004)
    (3) CEFRIO, NETendance, Prévoyez-vous utiliser Internet pour planifier vos vacances cet été ?, [En ligne]. http://www.infometre.cefrio.qc.ca/loupe/omnibus/professionnelle_0504.asp (Page consultée le 10 septembre 2004)
    (4) Source: Office de la langue française, 1998.
    (5) Bouteiller, J. Expedia poursuit sa forte croissance : Spécialiste de la vente de voyages en ligne, Expedia inc. annonce un CA de 2 Mds de $ pour le second trimestre 2003, en progression de +53 %, [En ligne]. http://www.neteconomie.com/perl/navig.pl/neteconomie/infos/article/20030807111751 (Page consultée le 9 septembre 2004)
    (6) Cité dans : Péloquin, C (2004b)., La bataille de la distribution en ligne, [En ligne]. http://www.veilletourisme.ca/fr/resultats_recherche_article.aspx?id_article=121 (Page consultée le 27 août 2004)
    (7) Cité dans : Adams, B., Billion-Dollar Trade-Off: Internet Merchant Model Forces Hotel Operators to Choose Between Boosting Occupancy or Rate, [En ligne]. http://www.findarticles.com/p/articles/mi_m3072/is_1_219/ai_112654942/print (Page consultée le 9 septembre 2004)


    Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

    SOURCES

    Péloquin, C. (2004a), Est-ce la fin du modèle d'affaires d'Expedia et d'Hotels.com ?, [En ligne]. http://www.veilletourisme.ca/fr/bulletin_article.aspx?sortcode=1.4&id_article=252
    (Page consultée le 27 août 2004)

    Péloquin, C. (2004b), La bataille de la distribution en ligne, [En ligne]. http://www.veilletourisme.ca/fr/resultats_recherche_article.aspx?id_article=121
    (Page consultée le 27 août 2004)

    Sabourin, V., Vézina, M. et L. Côté (2003), Les affaires électroniques et le secteur de l'hébergement de l'industrie du tourisme au Canada : une analyse sectorielle, CEFRIO, septembre, 43 p.



Bulletin du 3 septembre 2004
Version pour imprimer en format PDF

Dans cette édition :

1. Un peu de répit pour nos employés TI…
2. Grappes d’opportunités et grappes de risques
3. La loi antipourriels américaine CAN-SPAM ne suffira pas

 

1- Un peu de répit pour nos employés TI…
Si l’objectif ultime poursuivi par l’implantation de diverses technologies est certes d’augmenter la productivité des employés qui en bénéficient, force est de constater que, dans certains cas, c’est plutôt l’effet inverse qui peut être observé. Il semble bien en effet qu’en matière de TI, l’adage populaire « trop, c’est comme pas assez » reçoit une nouvelle confirmation.

Selon une récente étude menée par le fournisseur d’équipements et de services de communication Avaya inc (1), un trop grand choix de systèmes et de dispositifs technologiques crée en effet de la confusion et du stress chez plusieurs utilisateurs ainsi que chez les employés TI qui doivent en assurer le support. À titre d’exemple, plus de six professionnels TI sur dix (61 %) ont déclaré, dans le cadre de cette enquête, que certains messages pouvaient leur échapper… faute d’avoir consulté le bon outil!

Par ailleurs, la disponibilité continue, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, d’une variété de sources d’information entraîne avec elle une augmentation notable des attentes des travailleurs en matière de soutien technologique. S’ils acceptent ainsi, bon gré mal gré, d’être soumis à un flux ininterrompu de messages, ils sont aussi nombreux à compter en retour sur le support - lui aussi ininterrompu - de leur équipe technique. Et les chiffres sont éloquents :

  • La grande majorité des professionnels TI sondés (85 %) a indiqué demeurer accessible durant ses temps libres (soir, fin de semaine, vacances);
  • Plus des trois quarts d’entre eux (76 %) consultent d’ailleurs leurs messages durant ces périodes;
  • Enfin, plus de six employés TI sur dix (61 %) voient leur semaine de travail typique allongée et ce, de façon régulière.

Or il faut bien le dire, les ressources TI elles-mêmes n’ont ni toujours le temps de se familiariser adéquatement avec les différentes fonctionnalités des dispositifs mis en place, ni celui d’assurer des sessions de formation appropriées à leur utilisation. Un apprentissage formalisé aurait pourtant le grand mérite d’assurer plus d’autonomie aux usagers et d’alléger ainsi la tâche de soutien des travailleurs TI.

Quoi qu’il en soit, comme il existe depuis longtemps déjà des réglementations en matière de santé et de sécurité au travail ou d’autres grandes problématiques professionnelles, la nécessité d’établir des normes qui départageraient clairement les usages raisonnables des moyens de communication de ceux qui, au contraire, sont inappropriés se fait de plus en plus sentir au sein des organisations. Dans le but de préserver la vie privée des travailleurs TI et d’éviter qu’ils ne finissent par déserter en bloc des entreprises qui les auront trop harassés, il devient impérieux pour plusieurs d’entre elles de se poser certaines questions, notamment : à combien d’appels ou de courriels un employé TI est-il tenu de répondre au cours d’une journée type de travail? Ou encore, à partir de quelle heure ces messages doivent-ils être considérés déraisonnables, leurs réponses pouvant de façon légitime être remises au lendemain?

Une fois de plus, les organisations sont donc confrontées à la nécessité d’établir l’équilibre entre d’une part, leur volonté d’assurer un support technologique adéquat à leurs employés et d’autre part, le respect – ou le répit - qu’elles se doivent d’accorder à leurs ressources TI.

Note :

1- Cette enquête, dont les résultats ont été publiés au cours de l’été, a été conduite en mars 2004 auprès d’environ 300 professionnels TI issus de différents secteurs industriels.


Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO

Sources :

Sean Coughlan, “Working from home: is IT your friend or foe?, The Guardian, 26 juin 2004
http://money.guardian.co.uk/work/story/0,1456,1247523,00.html

“Technology : is it your friend or foe?”, ComputerWorld Canada, 6 août 2004
http://www.itworldcanada.com/Mobile/ViewArticle.aspx?id=idgml-81f2caf8-3098-4abf-9946-b9525dd5ffab&format=Print



2- Grappes d’opportunités et grappes de risques
Les grappes, ou clusters, font couler beaucoup d’encre depuis la parution en 1990 de l’ouvrage de Michael Porter « The Competitive Advantage of Nations ». Le concept de la grappe d’entreprises n’est cependant pas des plus récent. Depuis longtemps les entreprises ont en effet choisi de s’établir auprès d’autres entreprises qui produisent des produits connexes ou apparentés ainsi qu’auprès d’institutions telles les universités. De ces relations de type « concurrence / coopération » résulte l’accroissement de la productivité et de la compétitivité des entreprises et, d’un même souffle, celles de la région.

Constatant que l’accroissement de l’écart observé depuis deux décennies du produit intérieur brut canadien (PIB) par rapport au PIB américain résulterait du bas niveau de productivité du Canada, le Conference Board du Canada a décidé de pousser la réflexion sur le sujet des grappes d’entreprises. Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de recherche, « The Canada Project » qui vise la croissance du niveau de vie canadien et l’amélioration de la position du Canada dans le monde. Par le biais d’une recension de la littérature, de onze études de cas internationaux et d’un sondage auprès de 171 dirigeants d’entreprises canadiennes des secteurs des TIC (1) ainsi que des biotechnologies, le Conference Board a tenté de répondre à deux questions clés : « Est-ce que les grappes contribuent à la croissance de l’économie régionale ? et « Quel est le rôle du gouvernement ? ».

À la première question, le Conference Board affirme qu’en effet, les grappes influenceraient bel et bien le développement des économies régionales mais, aussi, que leur influence dépend de trois facteurs : 1) le cycle de vie des grappes ; 2) le cycle économique et ; 3) le degré de maturité des technologies communes aux entreprises constituant la grappe. Notons que les quatre cycles de vie des grappes, ou stades, sont les suivants : 1) le stade de naissance (early-stage) ; 2) le stade de croissance (growth-stage) ; 3) le stade de maturité (mature-stage) et ; 4) le stade de renouveau ou de déclin (renewal or decline stade).

En plus de pouvoir contribuer à la croissance économique des régions, par la création d’emplois par exemple, les grappes peuvent également contribuer à la croissance du savoir régional. Les flux d’information, d’affaires et technologique, circulant dans la grappe, provenant tant de l’intérieur que de l’extérieur des grappes, viennent enrichir le savoir global de la région et créent les conditions idéales à l’innovation et à la création de valeur.

Quant à la deuxième question, le Conference Board arrive à la conclusion qu’effectivement le gouvernement a un rôle à jouer dans le développement des grappes. En fait, son rôle serait de mettre en place toutes les conditions nécessaires à la croissance des grappes (formation, infrastructures, investissements, etc.) et, surtout, de résister à l’envie de bâtir une grappe à partir… de rien ! Le gouvernement doit donc se préserver de devenir « l’initiateur » pour plutôt performer dans son rôle de « stimulateur ».

Enfin, comme avec les avantages viennent également des inconvénients. Notons que les principaux dangers qui guettent les grappes proviennent de l’incapacité de faire circuler efficacement l’information entre les acteurs de la grappe, de leur dépendance vis-à-vis les cycles économiques, des technologies et de leur cycle de vie ainsi que de la tentation de s’accaparer l’économie entière d’une région.

(1) Technologies de l’information et de la communication

Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Source : The Conference Board du Canada, Clusters of Opportunity, Clusters of Risk, The Canada Project, Report by Trefor Munn-Venn and Roger Voyer, August 2004, 25 p.
http://www.conferenceboard.ca/boardwiseii/signin.asp

Conférence internationale sur les grappes, Faits saillants – Clusters 2003, Montréal, 7-8 novembre 2003, rapport préparé par Manon Bourgeois et Mireille Brochu, 38 p.




3- La loi antipourriels américaine CAN-SPAM ne suffira pas
Sophos, un des leaders mondiaux des logiciels antipourriels, a publié le 24 août dernier la liste des douze principaux pays émetteurs de pourriels (spam). En tête de lice, et loin devant, on retrouve les États-Unis, d’où proviennent 42,5 % des pourriels diffusés dans le monde. Malgré la loi fédérale adoptée par nos voisins, la quantité de courriels non sollicités diffusés par Internet n’a cessé de croître.

En décembre 2003, le président des États-Unis, Georges W. Bush, signait le CAN-SPAM Act, loi qui fut mise en vigueur le 1er janvier 2004. Cette loi visait à réglementer davantage le pollupostage en obligeant les auteurs de messages de marketing à indiquer, dans leur courriel, une adresse courriel de retour, une adresse postale valide, un mécanisme de retrait de la liste d’envoi ainsi qu’un titre pertinent dans le champ sujet. Si cette loi donne maintenant la possibilité de poursuivre les émetteurs de pourriels non conformes à la loi et de les condamner à une peine pouvant atteindre cinq ans de prison ou 6 millions de dollars, elle n’a eu que très peu d’impact jusqu’à présent sur le volume de pourriels reçus par les internautes. Malgré le fait que seulement 1 % des courriels non sollicités respecteraient la nouvelle loi peu de poursuites ont en effet été intentées, les moyens manquants pour investiguer et les polluposteurs s’avérant difficiles à retracer.

« La tentative des États-Unis d'adapter sa législation anti-spam n'a eu que peu d'effet. Le pays reste de loin le plus gros émetteur de spam dans le monde », commente Annie Gray, directrice générale de Sophos France. Selon une étude de Pew Internet & American Life Project, depuis l’entrée en vigueur de cette loi, 24 % des internautes américains possédant une adresse courriel personnelle déclarent avoir reçu plus de pourriels qu’avant le 1er janvier 2004 et 53 % n’ont noté aucun changement. L’enquête révèle par contre que 71 % des détenteurs d’adresses de courriel ont déjà reçu des pourriels à caractère pornographique, mais que, depuis la CAN-SPAM Act, 25 % ont remarqué une diminution du nombre de ce type de message alors que 53 % n’ont pas remarqué de variation.

D’après l’étude de Sophos, le Canada aurait de son côté fait quelques progrès en divisant par deux sa part du pourriel émis dans le monde, de 6,8 % il y a six mois à 2,9 % aujourd'hui. La guerre aux pourriels n’est pourtant pas gagnée : Selon les prévisions d’Industrie Canada, le pourriel représentera jusqu’à 70 % du courriel global d’ici la fin de 2004.

Les gouvernements de plusieurs pays mettent donc l’épaule à la roue pour réduire le nombre de pourriels reçus par leurs citoyens. Le 11 mai dernier, le ministre d’Industrie Canada a pour sa part annoncé la mise sur pied d’un Groupe de travail spécial sur le pourriel. Aussi, un Groupe de réflexion de l’OCDE pour coordonner la lutte contre les courriels non sollicités vient également d’être mis en place afin de concerter les efforts des pouvoirs publics, des entreprises et de la société civile contre ce fléau. Il aura deux ans pour étudier les stratégies antipourriels en place ou sur le point de l’être dans l’ensemble des secteurs d’activités; développer et prévoir des outils antipourriels et enfin, à définir une stratégie de sensibilisation du public.

Nous verrons prochainement si les initiatives mises en place par les gouvernements auront un réel impact sur la proportion de pourriels que nous recevrons au cours des prochains mois. Selon madame Gray, « plusieurs mesures ont été suggérées pour venir à bout du spam (depuis la facturation de l'envoi des e-mails jusqu'à la création des mécanismes d'authentification de l'expéditeur), mais elles ne suffiront pas à résoudre le problème. Seule une combinaison de technologies, de législations internationales et de changements du comportement des usagers permettra d'arrêter le spam ».


Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO

Sources:

Robyn Greenspan, ClickZ news, 20 avril 2004, « E-Marketers Not Fully CAN-SPAM Compliant ». http://www.clickz.com/news/article.php/3343071

Grant Gross, PC World, 13 janvier 2004, « Is the CAN-SPAM law working? : only a small percentage of unsolicited e-mail complies with the new law, studies show ».
http://www.pcworld.com/news/article/0,aid,114287,00.asp

Grant Gross, 11 août 2004, « Most spam is domestic, study says : spammers aren't ducking antispam laws by operating offshore, they're just ignoring it », PC World.
http://www.pcworld.com/news/article/0,aid,117336,00.asp

Gregg Keiser, 5 août 2004, « Can-Spam isn't doing the job », Information Week.
http://www.informationweek.com/showArticle.jhtml?articleID=26806194

Industrie Canada, mai 2004, Un plan d'action anti-pourriel pour le Canada, 12 pages.
http://e-com.ic.gc.ca/epic/internet/inecic-ceac.nsf/fr/h_gv00246f.html

OCDE, 12 août 2004, « Un Groupe de réflexion de l'OCDE pour coordonner la lutte contre le spam », communiqué de presse,
http://www.oecd.org/document/17/0,2340,fr_2649_22555297_33656849_1_1_1_1,00.html

Pew Internet & American Life Project, mars 2004, “The CAN-SPAM Act has not Helped Most Email Users So Far”.
http://www.pewinternet.org/press_release.asp?r=78

Sophos, 24 août 2004, « Sophos publie la nouvelle liste des douze principaux pays émetteurs de spam », Communiqué de presse. http://www.sophos.fr/pressoffice/pressrel/20040824dirtydozen.html



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