|
Archives
du bulletin SISTech : septembre 2003
[Présentation
et bulletin en cours | Abonnement
| Archives]
Bulletin
du 19 septembre 2003
Bulletin
du 5 septembre 2003
Bulletin
du 19 septembre 2003
Version
pour imprimer (format PDF)
1. Allier
TI et santé : un défi à la mesure des pays francophones
2. Protection des renseignements personnels : un pour tous et tous
pour un!
3. Entreprises : l'art de gérer le changement
1.
Allier TI et santé : un défi à la mesure des pays francophones
- TI et santé vont de plus en plus de pair dans les pays
francophones. C’est ce que nous apprennent les Actes des 9es Journées
francophones d’informatique médicale qui viennent de paraître
sous le titre L’informatique de la santé dans les soins intégrés
: connaissances, application, évaluation¹.
Discipline encore
jeune et en plein essor, l’informatique médicale recouvre l’utilisation
des TI dans tous les champs de la pratique clinique, tant dans les soins, la
gestion, l’enseignement que dans la recherche. Les actes du colloque,
tenu à Québec en mai 2002, rassemblent plus d’une soixantaine
de présentations et d’affiches résumées portant sur
des thèmes aussi variés que le dossier patient électronique,
l’apprentissage en ligne de la médecine, la gestion des connaissances
médicales, l’évaluation de la crédibilité
de l’information en santé sur le Net et la télémédecine.
Divers sujets, différents enjeux, applications variées, études
provenant entre autres du Québec, de la France, de la Suisse, mais également
de la Tunisie et du Mali : c’est ce que nous fait découvrir cet
ouvrage.
La télémédecine,
un thème abordé dans ce colloque, s’avère particulièrement
d’actualité dans le contexte québécois. En effet,
elle peut s’avérer une des solutions au manque de médecins,
surtout de médecins spécialistes, dont souffrent les régions
éloignées. Elle a été notamment expérimentée,
avec succès, auprès de 116 patients vivant aux Îles-de-la-Madeleine.
L’évaluation de cette expérience auprès des professionnels
qui y ont participé est par ailleurs disponible dans les actes du colloque.
La télémédecine a également pour avantage d’éviter
le déplacement de patients à mobilité réduite ou
de personnes âgées et permet aussi la surveillance de malades à
distance. C’est ce qu’a démontré entre autres un projet
pilote ontarien en télérééducation au domicile de
personnes âgées après une chirurgie orthopédique.
Ces projets ne sont que deux initiatives parmi toutes celles présentées
dans ce colloque, toutes aussi novatrices les unes que les autres.
L’intégration
des TI en santé n’est pas nécessairement chose facile. Invitée
à introduire l’événement lors des sessions plénières,
Monique Charbonneau, présidente-directrice générale du
CEFRIO, a fait part de l’expérience de son organisation en la matière.
Selon elle, deux écoles de pensée s’opposent quant à
la façon de mettre en place des projets d’envergure en technologie.
L’une se base sur l’approche structurante imposée par la
direction (top down), l’autre, l’approche terrain, émerge
des champions d’une organisation (bottom up). De ses expériences
en informatique médicale, soit dans les projets Évaluation
de projets pilotes en télédiagnostic, Développement d’une
communauté virtuelle en santé du cœur et CLSC du futur²,
le CEFRIO a constaté que ces deux approches s’avèrent complémentaires
dans la mise sur pied de ces projets.
Des études
décrites dans l’ouvrage, le lecteur pourra donc dégager
les déterminants organisationnels, les facteurs de succès, les
freins, les enjeux éthiques, mais aussi une description et une évaluation
des technologies et des méthodes utilisées et autres précieux
conseils utiles à la mise sur pied de projets similaires. Malgré
que ce champ d’expérimentation et d’investigation soit relativement
nouveau, le présent ouvrage dégage déjà plusieurs
pistes pour mieux intégrer l’informatique médicale sur le
terrain.
Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO
Source : A.M. Grant, J.-P. Fortin et L. Mathieu, L’informatique de
la santé dans les soins intégrés : connaissances, application,
évaluation, Caroline Désilets (coord.), Actes des 9es Journées
francophones d’informatique médicale, SoQibs, 2003, 523 pages.
Notes :
¹Pour plus ample information sur ce livre, consulter le site Web de la
SoQibs.
²Pour plus de renseignements sur ces projets, veuillez consulter le site
Web du CEFRIO ou communiquer avec M. Norman Roy,
directeur développement de projets, par
courriel à ou par téléphone à (418) 523-3746.
2. Protection des renseignements
personnels : un pour tous et tous pour un! - Bien qu’ils
en rejettent souvent la responsabilité sur les gouvernements et les entreprises
avec lesquels ils transigent en ligne, les citoyens sont parfois eux-mêmes
leur pire ennemi en matière de protection des renseignements personnels.
Mea culpa,
mea maxima culpa
Soyons honnêtes
: qui de nous n’a jamais utilisé son nom en guise de mot de passe?
Ou encore, qui peut se vanter d’effectuer la mise à jour de son
antivirus de façon régulière en plus d’avoir installé
un coupe-feu (firewall) sur son ordinateur domestique pour le préserver
d’éventuelles attaques?
Ces comportements
certainement risqués ainsi que la négligence qui leur est associée
sont pourtant tout à fait contradictoires avec les exigences que nous
démontrons par ailleurs envers autrui en matière de protection
des renseignements personnels. En clair, nous en demandons nettement plus aux
gouvernements et aux entreprises avec lesquels nous transigeons par voie électronique
qu’à nous-mêmes.
En tant que citoyens
et consommateurs en effet, nous souhaitons bénéficier de services
électroniques de grande qualité, à la fois rapides et conviviaux,
être assurés que ceux qui les rendent disponibles mettent en place
des processus de protection des renseignements personnels à toute épreuve,
le tout, sans bien sûr que ces procédures ne portent atteinte à
nos droits et libertés. Et si ces exigences sont certes légitimes,
selon l’avis d’experts en la matière réunis à
la Federal Trade Commission Conference de mai dernier, il tombe par ailleurs
sous le sens que nous avons tous - et devons prendre - une part de responsabilité
dans la protection de nos renseignements personnels. Chacun doit ainsi faire
son bout de chemin et nombreux sont les citoyens qui devraient adopter des comportements
virtuels plus responsables. Pour Larry Clinton, chef d’équipe à
l’Internet Security Alliance, l’acquisition de ces comportements
devrait d’ailleurs être amorcée sur les bancs d’école.
Au-delà de l’accès à la quincaillerie informatique
et de l’alphabétisation technologique, il importe en effet selon
lui d’enseigner aux enfants les rudiments de la cybercitoyenneté
et de la sécurité en ligne.
À noter
enfin que cette question de la protection des renseignements personnels est
d’autant plus d’actualité au Québec que la Commission
de la culture de l'Assemblée nationale tiendra sous peu des auditions
publiques dans le cadre d’une consultation générale à
l'égard du document intitulé Une réforme de l’accès
à l’information : le choix de la transparence, publié
en novembre 2002 par la Commission d’accès à l’information.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
Elsa Wenzel, « Consumers
create privacy paradox », ITWorld Canada.com, 11 septembre
2003
CAI,
Une réforme de l’accès à l’information : le
choix de la transparence, novembre 2002
3. Entreprises : l'art de gérer le changement
- Pour survivre et prospérer, les entreprises sont vouées
à se transformer continuellement. Les tendances du marché, les
nouvelles réglementations nécessitent de constants ajustements
de stratégies, des restructurations, des désinvestissements, etc.
Le succès des fusions-absorptions, des acquisitions ou des réorganisations
dépend grandement de la rapidité d’adaptation au changement.
L’information, souvent contenue dans des systèmes informatiques
disparates, constitue alors un élément critique du processus de
transformation.
L’accès
rapide à des renseignements exacts et à jour est essentiel à
la prise de décision des dirigeants. Idéalement, les technologies
de l’information (TI) devraient favoriser un maximum de « visibilité
» de l’information au sein de l’organisation et un maximum
de « flexibilité », permettant ainsi aux gestionnaires de
réagir rapidement à la situation du marché. Malheureusement,
l’arrivée des TI n’a pas nécessairement permis à
toutes les entreprises de concrétiser ces deux notions.
Globalement, on
peut diviser les entreprises en deux catégories, soit les entreprises
centralisées (standardized enterprise) et les entreprises décentralisées.
L’entreprise centralisée investit et déploie ses efforts
à la création d’un environnement technologique unifié.
Cependant, sa nature très rigide nuit ou ralentit au processus de transformation.
L’entreprise décentralisée, pour sa part, a tendance à
adopter la meilleure solution informatique pouvant répondre aux besoins
locaux exprimés. Si elle est plus flexible et peut réagir rapidement
au changement, elle a de la difficulté à dresser un portrait global
de ses performances, en raison des systèmes d’information disparates
de ses différents établissements.
Devant ces deux
modèles plutôt insatisfaisants, des experts comme Theodoros Evgeniou
(auteur de Building the adaptive enterprise) ont développé
la notion d’entreprise flexible (adaptive enterprise). L’entreprise
flexible possède une vision globale de ses environnements internes et
externes, ce qui lui permet d’agir et de s’adapter avec célérité.
Elle travaille avec différents systèmes tels que progiciel de
gestion intégré, outil de gestion de la relation client ou système
de gestion de la chaîne logistique. Spécifions toutefois que c’est
l’intégration de l’information contenue dans ces systèmes
- et non les systèmes eux-mêmes - qui permet de synthétiser
toutes les données et d’obtenir une pleine visibilité et
flexibilité. À cet égard, la création d’une
architecture d’information flexible à partir d’un système
d’entreposage de données de nouvelle génération est
un moyen avantageux de consolider l’information provenant de systèmes
disparates et d’affronter les changements organisationnels. Ainsi, les
organisations sont en mesure d’obtenir des rapports d’activités
à jour, d’accéder à des données concernant
l’entreprise, les produits ou les clients, de prévoir différents
scénarios et d’analyser de nouvelles options stratégiques.
Une société
qui se transforme peu à peu en entreprise flexible apprend donc à
la gérer différemment et entrevoit même de nouvelles opportunités
pour celle-ci. C’est à ce moment que les efforts et les investissements
en énergie, en temps et en argent sont récompensés!
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : Worsley, Chris. « Change
management, or How to manage change » [En ligne], DM direct, 29 juil.
2003, (Page consultée le 17 sept. 2003)
Bulletin
du 5 septembre 2003
Version
pour imprimer (format PDF)
1. De consommateur à cyberconsommateur : évolution
des attitudes et du comportement
2. Clavarder pour vendre en ligne : la nouvelle « voix »
du commerce électronique?
3. Les sites de commerce électronique sont parfois les artisans
de leur propre malheur
1.
De consommateur à cyberconsommateur : évolution des attitudes
et du comportement - L’avènement d’Internet
ainsi que le développement des affaires et du commerce électroniques
ont inévitablement transformé les attitudes et le comportement
des consommateurs. Forrester Research, qui a étudié plus d’un
million de personnes au cours des six dernières années, a dressé
le portrait cette évolution. À cet égard, retenons que
le consommateur actuel est considéré comme un « multichannel
consumer », c’est-à-dire qu’il varie ses expériences
d’achats, alliant Internet et méthodes traditionnelles (en magasin,
par téléphone, etc.).
Depuis 1998, le
nombre d’internautes a considérablement augmenté. Aux États-Unis,
on compte 42 millions de ménages de plus branchés à Internet
en 2003 qu’en 1998. Toutefois, il est étonnant de constater que
si, de nos jours, les deux tiers des Américains utilisent Internet régulièrement,
ils passent moins de temps en ligne qu’à la fin des années
1990. Le consommateur a changé ses habitudes de vie. Il est donc primordial
que les entreprises soient sensibilisées à ces changements pour
s’adapter et répondre aux nouveaux besoins de leur clientèle.
Les détaillants, par exemple, doivent ainsi modifier leurs tactiques
de mercatique, rendre leur catalogue disponible en ligne et surtout, permettre
les activités de commerce électronique.
L’étude
a également révélé que le prix plutôt que
la marque de commerce motive l’achat d’un article plutôt qu’un
autre. Comme la plupart des détaillants ne sont pas en mesure de rivaliser
avec les grandes chaînes comme Wal-Mart, ils doivent se différencier
par la qualité de leurs produits et des services qu’ils offrent.
Un programme de fidélité ou un site Web performant risque aussi
d’attirer et de retenir la clientèle.
Depuis 2001, la
confiance des consommateurs dans la sécurité en ligne s’est
détériorée. On n’observe aucun signe d’amélioration
en 2003. Présentement, 33 % des cyberconsommateurs américains
craignent d’acheter en ligne, comparativement à 16 % en 1998.
L’année
2000 est celle où l’enthousiasme envers les nouvelles technologies
était le plus fort. Bien que cet enthousiasme connaisse une certaine
baisse depuis, l’écart observé entre les individus âgés
de 25 ans et moins et ceux âgés de 65 ans et plus a diminué
de 20 %.
Enfin, est-il logique
de croire que l’évolution de l’attitude et du comportement
des consommateurs mènera un jour vers une très forte adoption
des achats effectués sur Internet? Beaucoup d’efforts, notamment
pour sécuriser et donner confiance au média, devront être
déployés pour y parvenir. Voyons ce que l’avenir nous réserve…
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : Forrester
Research compiles six years of data identifying key shifts in consumer attitudes
and behavior [Communiqué de presse, en ligne], Forrester Research,
25 août 2003. (Page consultée le 4 sept. 2003)
2.
Clavarder pour vendre en ligne : la nouvelle « voix » du commerce
électronique? – Le souci d’accompagner les
internautes dans leur magasinage en ligne et la volonté de connaître
davantage leurs habitudes d’achat amènent les cybermarchands à
se tourner vers divers modes d’interaction en temps réel avec eux.
Quoique l’utilisation du clavardage (ou chat) demeure encore marginale
pour répondre à ce besoin, celui-ci pourrait bien devenir un moyen
privilégié d’interaction avec une certaine part de cyberconsommateurs.
D’après
une étude du Yankee Group, les consommateurs américains demeurent
conservateurs sur leur façon d’obtenir de l’aide ou des conseils
auprès des marchands : 74 % des communications avec les centres
d’appel se font de vive voix par téléphone, alors que seules
8 % se font par courriel, 8 % par un libre-service en ligne, 10 %
par un système de réponse vocale interactif et 2 % par la
reconnaissance vocale. S’il ne représente qu’un à
deux pourcents des communications effectuées par le biais des centres
d’appel aux États-Unis, le clavardage pourrait par contre se répandre
davantage comme moyen d’interagir avec les cyberclients.
Faisant partie
de la vague des services aux clients en mode synchrone sur le Net - qui comprend
la navigation partagée, la téléphonie par Internet, la
messagerie instantanée, le partage d’applications et le contrôle
à distance de l’ordinateur – le clavardage requiert moins
de puissance de l’ordinateur ou de rapidité de la connexion Internet
que ces derniers. De ce fait, il s’adresse particulièrement aux
clients branchés sur Internet par téléphone qui, en magasinant,
souhaitent converser avec un représentant directement sans avoir à
se débrancher d’Internet.
Si le clavardage
offre un lien direct entre le client et l’agent du centre d’appel,
ses possibilités se retrouvent décuplées lorsqu’il
est combiné avec d’autres outils en ligne. Par exemple, allié
au partage d’écran et à la navigation assistée, il
permet à l’agent de diriger le client dans sa navigation ou de
l’aider avec certaines fonctionnalités du site tout en répondant
à ses questions. Cependant, le clavardage s’avère limité
sur certains aspects : il rend fastidieux l’échange d’information,
véhicule difficilement les émotions ou les intentions d’acheter
des cyberclients et demande une certaine habileté ainsi qu’une
vitesse de frappe acceptable.
Un enjeu majeur
dans la mise en place de centres d’appel demeure l’intégration
de différents canaux en un seul point d’entrée. Pour que
l’utilisation de divers moyens de communication soit efficace et satisfaisante
pour tous les types de clients, les demandes entrant au centre d’appel,
qu’elles proviennent par courriel, par le téléphone ou par
le clavardage, doivent être traitées selon le moment où
la demande a été formulée, indépendamment de son
point d’entrée. La création d’une file d’attente
dite « universelle » demande une restructuration complète
des centres d’appel, ce que peu d’entreprises ont réussi
à faire jusqu’à maintenant.
Plus les internautes
s’abonneront à Internet haute vitesse, moins le clavardage sera
de mise comme support à la navigation. Pour l’instant, il s’avère
un outil intéressant pour accompagner le client dans sa visite du site
et dans l’utilisation de ces fonctionnalités.
Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique
Sources :
Corinne Bernstein, « Behind
the Hushed Demand for Live Chat », CRM Buyer Magazine, 15 juillet
2003.
Timothy Hickermell,
« Live
Web Interaction : Is It Worth It? », ZDNet, 1er mai 2003.
Christopher Sauders,
« A New Player
Emerges in Chat-Based CRM », eCRM Guide, 14 août 2003.
3.
Les sites de commerce électronique sont parfois les artisans de leur
propre malheur - Malgré les améliorations continuelles
apportées à leur site Web et quoiqu’ils l’ignorent
souvent, les détaillants en ligne demeurent nombreux à se tirer
eux-mêmes dans le pied. Échappant aux méthodes traditionnelles
de détection et d’évaluation de la performance des sites,
certaines défaillances des sites marchands sont en effet responsables
de l’abandon de plusieurs transactions en ligne et partant, de pertes
de revenus significatives pour leurs malheureux promoteurs.
C’est du
moins ce qui ressort d’une récente étude menée par
The Business Internet Group of San Francisco (BIG-SF) qui s’est penchée
sur les détails des transactions commerciales effectuées en ligne
par de véritables consommateurs et ce, sur d’importants sites marchands
américains. Les travaux du BIG-SF ont ainsi mis au jour le constat tout
à fait étonnant selon lequel la majorité (62 %) de
ces sites, pourtant reconnus comme des leaders en matière de commerce
en ligne, présentent des erreurs de fonctionnement qui nuisent au bon
déroulement d’une transaction ou, encore plus radicalement, l’interrompent
sans autre préambule. Pour Diane Smith, analyste au BIG-SF, le phénomène
est d’autant plus surprenant qu’Internet représente aujourd’hui
un canal de vente important et qu’il tombe sous le sens que ses adeptes
doivent pouvoir y concrétiser des achats de façon à la
fois simple et agréable.
Aussi incroyable
que cela puisse paraître, les défaillances relevées vont
jusqu’à rendre impossible la réalisation d’opérations
de base, mais souvent nécessaires, pour mener un processus d’achat
à son terme. BIG-SF a d’ailleurs classé ces troubles de
fonctionnement en trois catégories :
- Les erreurs techniques
: ces problèmes sont reliés à l’application elle-même
ou au serveur Web de l’entreprise. Ils se manifestent, entre autres désagréments,
par des pages blanches, des fichiers non trouvés, etc.;
- Les erreurs reliées à des données incorrectes : celles-ci
sont plutôt associées à la programmation des bases de données
ou à des erreurs humaines : mauvaise page ou mauvais article (item est
un anglicisme) retourné, article ajouté au panier d’achat
sans raison, etc.;
- Les autres erreurs qui font échec à l’usager : il s’agit
ici de problèmes qui empêchent le consommateur de compléter
une transaction, mais sans l’apparition d’un message d’erreur.
Par exemple, sur certains sites étudiés, il était impossible
d’acheter un produit après l’avoir comparé avec d’autres
articles.
Selon Smith, il
est tout même assez ironique que la réponse à l’épineuse
question « Mais pourquoi donc les consommateurs en ligne interrompent-ils
leur processus d’achat? » tienne souvent à de simples
problèmes de fonctionnement des sites, alors qu’on s’évertue
à déceler les caractéristiques comportementales qui en
seraient responsables.
Une récente
enquête conduite par la Chaire internationale CMA d’étude
des processus d’affaires de HEC Montréal pour le compte de l’Office
de la protection du consommateur démontre enfin qu’une tendance
comparable semble aussi prévaloir au Québec. En effet, une proportion
importante des sites d’entreprises québécoises permettant
de commander et de payer en ligne ne fournit pas aux cyberconsommateurs les
renseignements de base nécessaires pour leur permettre d’effectuer
un achat éclairé. Par exemple, plus du tiers de ces sites (38 %)
n’affichent pas d’information sur les prix d’expédition,
tandis que plus de la moitié (52 %) d’entre eux n’offrent
pas d’information relative aux garanties, à l’annulation
de la vente et à la politique d’échange.
Les détaillants
en ligne, on le voit, ont donc toujours du chemin à faire pour répondre
aux besoins et attentes de leurs éventuels clients pour lesquels efficacité
et convivialité demeurent toujours primordiales.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
Business Internet Group of San Francisco (BIG-SF), TeaLeaf Technology, «
New Web Application
Availability Report : In Pursuit of 100 Percent Uptime, Leading Retailers Ignore
The Real User », 3 août 2003.
Business Internet
Group of San Francisco (BIG-SF), TeaLeaf Technology, The
Retail Industry Report on Web Application Avaibility, août 2002.
Chaire internationale
CMA d’étude des processus d’affaires (HEC Montréal),
« L’analyse
des sites Web d’entreprises du Québec sous l’angle de la
protection du consommateur selon les données de novembre 2002 »,
avril 2003.
Office de la protection
du consommateur, « Près
de 2500 sites d’entreprises du Québec examinés à
la loupe : Les cyberconsommateurs ne sont pas suffisamment informés des
conditions d’achat sur les sites des entreprises du Québec
», 15 juillet 2003
|