Bulletin du 31 août 2001
Bulletin du 24 août 2001
Bulletin du 31 août 2001
1. La loyauté : le résultat direct de l'engagement et de
l'intégrité des hauts dirigeants
2. Travailleurs branchés : attention, les e-mouchards sont parmi
nous!
3. Une région rurale prend Internet haute vitesse d'assaut
4. Réactions des employés face à l'adoption de nouvelles
technologies
1. LA LOYAUTÉ : LE RÉSULTAT DIRECT DE L'ENGAGEMENT ET DE
L'INTÉGRITÉ DES HAUTS DIRIGEANTS - Les organisations de bon ton
ont depuis longtemps compris que s'assurer la loyauté de leurs
employés, clients et fournisseurs est un gage de succès et
partant, de profits. Mais dans un contexte où le taux de
roulement de personnel atteint des sommets sans précédents, et
notamment dans le secteur particulier des TI, comment dans les
faits peuvent-elles conquérir, ranimer et surtout préserver ces
allégeances?
Selon Frederick F. Reichheld, le tout premier catalyseur de la
loyauté en milieu de travail est en fait entre les mains des
entreprises elles-mêmes ou plus précisément, entre celles de
leurs hauts dirigeants. Le défi de raviver la flamme des
travailleurs et de renforcer la confiance des clients ne peut
ainsi être relevé ni par un groupe de travail spécialement
formé, ni par l'implantation d'une solution technologique, aussi
coûteuse soit-elle. Pour Reichheld, la loyauté est en effet la
résultante directe des décisions et pratiques mises en œuvre par
une équipe de direction exemplaire, engagée à engendrer et à
maintenir cette fidélité. Une étude de plusieurs entreprises
leaders en matière de loyauté a en outre permis à l'auteur de
mettre en lumière les six grands principes qui sous-tendent les
stratégies de fidélisation développées par la direction,
stratégies qui s'étendent ensuite à tous les paliers de
l'organisation et ce, à la fois dans et hors de ses frontières
tangibles.
Les six grands principes de la loyauté
1. Prêchez par l'exemple : n'hésitez pas à réitérer le plus
souvent possible la mission et les valeurs premières qui
supportent les différentes activités de votre organisation.
Insistez en termes clairs et précis sur l'importance capitale
que vous accordez à la loyauté envers vos clients et
partenaires.
2. Jouez gagnant-gagnant : l'instauration d'une véritable
fidélité implique non seulement que vos compétiteurs soient
perdants, mais surtout que vos partenaires - et notamment vos
employés - soient gagnants. Les organisations ayant des
pratiques exemplaires en matière de loyauté envers leurs clients
ont en effet le même souci d'intégrité envers leur personnel.
3. Soyez sélectif : évitez de courir tous les lièvres à la fois.
Appartenir à une entreprise où la loyauté est à toute épreuve
est un privilège : choisissez avec soin vos employés ainsi que
votre clientèle.
4. Demeurez simple : constituez de petites équipes de travail
pour simplifier les responsabilités et établissez des directives
claires et précises.
5. Récompensez les bons résultats : réservez vos meilleures
offres à vos clients les plus loyaux et vos opportunités les
plus alléchantes à vos employés et partenaires les plus fidèles.
6. Sachez bien écouter et vous exprimer clairement : une
véritable communication implique la confiance et la transparence
qui, en retour, engendrent la loyauté. Permettez à vos employés
d'exprimer leurs points de vue et soyez honnête avec tous vos
partenaires.
Rédactrice : Catherine Lamy, Analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Frederick F. Reichheld, Lead for Loyalty, Harvard
Business Review, juillet-août 2001, p. 76-84.
2. TRAVAILLEURS BRANCHÉS : ATTENTION, LES E-MOUCHARDS SONT PARMI
NOUS! - Vous croyez vos allées et venues virtuelles bien à
l'abri de l'œil inquisiteur, et bien réel, de votre patron?
Méfiez-vous, car cette naïveté pourrait vous coûter cher.
Des logiciels espions sont en effet aujourd'hui en mesure
d'épier à la fois vos courriers électroniques et vos parcours
sur le Web, pour aller ensuite tout rapporter à vos supérieurs.
Faudra-il bientôt dire adieu aux recettes, potins et autres
légèretés échangés entre collègues ainsi qu'à la lecture sur le
Net de son quotidien préféré?
Si au Québec les sociétés qui exercent une telle surveillance
paraissent toujours marginales et ont par ailleurs le devoir de
demander préalablement le consentement de leurs employés, chez
nos voisins du Sud, le marché de la cybersurveillance est par
contre déjà florissant. Les chiffres rapportés par Ludovic
Hisrtzmann, et tirés de différentes études récentes, ont en
outre de quoi faire frémir : la correspondance en ligne de plus
de 14 millions de travailleurs américains serait aujourd'hui
sous surveillance (Fondation pour la vie privée), tandis que
près de 70 % des patrons américains exerceraient une forme de
contrôle à l'égard de leurs employés (American Management
Association). Notons pour l'anecdote que ce sont les secteurs
bancaires et financiers ainsi que les domaines des assurances et
de l'immobilier qui remportent la palme de cette inquisition
virtuelle.
Et le droit à la vie privée? Selon Maurice Carrier, responsable
de la communication à la Commission d'accès à l'information,
« au Québec, le principe général est que nous avons toujours
droit à la confidentialité à l'intérieur de l'entreprise ». Mais
il y a un hic, Carrier ajoutant en effet du même souffle que
« bien des tribunaux considèrent qu'il n'y ait pas de
confidentialité »!
Il semble en fait que tracer la ligne de partage entre d'une
part, la légitimité d'une entreprise qui souhaite protéger des
informations privilégiées et, d'autre part, la vie privée des
employés, ne soit pas une mince affaire. Quoi qu'il en soit, il
vaut sans doute mieux désormais se rappeler que même sur le Net,
la modération a bien meilleur goût!
Rédactrice : Catherine Lamy, Analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Ludovic Hirtzmann, Souriez, votre patron vous voit!, La
Presse, 22 août 2001, B1-2.
3. UNE RÉGION RURALE PREND INTERNET HAUTE VITESSE D'ASSAUT - En
juin dernier le Groupe de travail national sur les services à
large bande publiait un rapport proposant de relier l'ensemble
des régions rurales et éloignées du Canada à Internet haute
vitesse. Pour une petite région de l'est de l'Ontario, Leeds-
Grenville, comptant quelque 100 000 habitants répartis en
plusieurs petits villages et fermes, cette proposition est
maintenant une réalité.
Cette région, située à quelques kilomètres d'Ottawa, possède en
effet maintenant son propre réseau Internet haute vitesse.
Pouvant rivaliser avec celui des grandes villes canadiennes, le
réseau peut même répondre aux besoins des hôpitaux, des écoles
et de la plupart des entreprises technologiques. D'ailleurs,
selon Vic Allen, PDG d'Upper Canada Network, un organisme sans
but lucratif, qui est l'instigateur de ce projet, l'initiative
permettra non seulement de garder les entreprises déjà établies
dans la région mais également d'en attirer d'autres. Monsieur
Allen croit ardemment que l'accès à un réseau et à une
infrastructure de télécommunication performante constitue un
enjeu crucial en matière de développement local. Il est
d'ailleurs membre du Groupe de travail et, à ce titre, a
participé aux discussions ayant mené au rapport sur les services
à large bande.
Le modèle de la région de Leeds-Grenville a pour avantage d'être
peu coûteux, autant pour les utilisateurs que pour le
gouvernement, mais également d'être transférable à d'autres
communautés éloignées du Canada. Le projet financé en partie par
un programme du gouvernement de l'Ontario a nécessité des
investissements d'approximativement 3,5 millions de dollars. Il
permet à Upper Canada Network de fournir des accès haute vitesse
aux institutions de la région pour quelque 100 $ par mois.
L'organisme espère qu'à long terme, les coûts pour le service
résidentiel seront inférieurs à 50 $ par mois. Upper Canada
utilise une technologie que l'on nomme l'accès sans fil fixe qui
permet, à l'aide d'un réseau de tours de transmission radio
reliées au réseau téléphonique traditionnel, de transmettre le
signal Internet aux antennes paraboliques des utilisateurs.
Plusieurs autres modèles avaient été étudiés, comme par exemple
l'accès à Internet par satellite. Or, il s'avère que cette
technologie, bien qu'elle soit la seule option pour les régions
du grand Nord canadien, est très coûteuse comparativement à la
solution de Upper Canada Network. L'exemple de Leeds-Grenville
semble être un modèle très intéressant pour plusieurs
communautés, notamment en raison des coûts raisonnables et de la
possibilité de gérer localement le projet. Néanmoins une chose
est certaine, les communautés désirant avoir accès à Internet
haute vitesse devront prendre elles-mêmes les moyens nécessaires
pour ne pas être exclues de cette ère de communication et
prendre Internet d'assaut.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Janet McFarland, Rural Canada may need to drive itself
on to Net's fast lane, The Globe and Mail, 27 août 2001
4. RÉACTIONS DES EMPLOYÉS FACE À L'ADOPTION DE NOUVELLES
TECHNOLOGIES - À la vitesse du développement et de l'évolution
des nouvelles technologies (NT), les travailleurs doivent
s'attendre à apprendre le fonctionnement d'un grand nombre
d'applications technologiques au cours de leur vie
professionnelle. Outre les gestionnaires et les spécialistes
informatiques qui appuient évidemment les systèmes qu'ils ont
choisis, les réactions des employés face à l'adoption de NT
varient grandement, allant de la phobie à l'enthousiasme en
passant par la résistance et l'indifférence.
Diverses raisons peuvent expliquer cette gamme de sentiments. La
résistance au changement - un trait fondamental humain - est la
plus courante d'entre elles. Le processus de changement comme
tel est également un facteur à considérer; à savoir le niveau
d'implication de l'employé dans le choix de la technologie, la
façon dont elle sera utilisée, la formation qui sera dispensée
ainsi que la planification et la mise en place du nouveau
système. Une autre raison porte plus spécifiquement sur la
technologie adoptée. Convient-elle aux besoins exprimés et aux
tâches à effectuer ou encore, est-elle conviviale? La dynamique
du groupe ou de l'organisation influence aussi la réaction des
employés. Celle-ci dépend effectivement de la perception ou des
effets actuels de la technologie sur les relations sociales, de
la modification des compétences exigées pour des postes
existants ou des renforcements positifs comme une promotion que
l'utilisation des technologies peut procurer. Enfin, très
souvent, d'autres changements organisationnels (définitions des
tâches ou conditions de travail par exemple) surviennent en même
temps que l'arrivée des NT. Il est alors difficile de
différencier la source des réactions des employés.
Malheureusement, les NT sont souvent le bouc émissaire de leur
insatisfaction.
Cependant, les réactions négatives initiales ne perdurent pas
toujours. Celles dues à la peur et à l'incertitude disparaissent
souvent après l'expérimentation des technologies. Aussi, les
premières réactions sont généralement conditionnées par des
problèmes de démarrage comme les temps d'arrêt ou d'inactivité,
les erreurs de conversion de données ou les fautes attribuées à
des usagers inexpérimentés. Lorsque ces problèmes sont résolus
au cours de la période de rodage (shakedown phase), les gens
deviennent plus indulgents. Par contre, une incapacité à
résoudre ces problèmes de départ peut mener directement au rejet
des technologies.
Enfin, l'acceptation des technologies ne signifie pas
nécessairement qu'elles sont utilisées correctement ou dans
l'intérêt de l'organisation. À cet égard, des études prétendent
que peu d'organisations obtiennent la pleine valeur de leurs
investissements informatiques, soit parce que les gens n'ont pas
appris à bien les utiliser, soit parce que les gestionnaires
n'ont pas appris comment gérer les avantages qu'elles peuvent
procurer. En effet, il est erroné de penser uniquement en
matière de compétences informatiques des individus. Les
organisations aussi doivent apprendre à gérer les technologies
de l'information afin d'en retirer le maximum d'avantages.
Ainsi, les organisations, tout comme les individus, ont des
courbes d'apprentissage - et certaines apprennent davantage et
mieux que d'autres. Les organisations efficaces ne laissent pas
les projets informatiques suivre simplement leur cours normal.
Dans le but de prévenir la baisse d'intérêt pour l'apprentissage
des NT et l'enthousiasme face au changement, elles s'informent,
demandent des résultats et recherchent continuellement de
nouvelles façons d'innover et de s'améliorer. L'apprentissage
organisationnel des NT est donc un processus qui doit être géré.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech, CEFRIO
Source : The National Post, 21 août 2001
Bulletin du 24 août 2001
1. Un système de gestion des documents adapté à l'ère des
affaires électroniques
2. Marchands en ligne : le meilleur des deux mondes!
3. La nouvelle économie : réalité ou fiction?
4. Les services bancaires en pleine mutation
1. UN SYSTÈME DE GESTION DES DOCUMENTS ADAPTÉ À L'ÈRE DES
AFFAIRES ÉLECTRONIQUES - Un bon nombre d'entreprises s'adaptent
difficilement aux nouvelles façons de faire des affaires en
raison, notamment, d'une infrastructure et de procédés
administratifs inadéquats. Conçus dans un contexte d'affaires
différent de celui d'aujourd'hui, ces derniers convenaient
parfaitement à l'époque où il était facile de repérer
l'information recherchée, au moment même où l'on en avait
besoin. À présent, l'accessibilité à un grand nombre de sources
d'information internes et externes combinée au peu de temps
disponible pour effectuer des recherches rendent ces procédés
caducs. Les entreprises ont donc besoin d'un système de gestion
leur permettant d'accéder facilement et rapidement à de
l'information exacte et à jour.
Notons qu'en septembre 2000, la firme américaine Gartner Group
affirmait que les employés d'entreprises qui ne possèdent pas
d'un système de gestion des documents efficace consacrent de 20 % à 30 % de leur temps de travail au stockage et à la recherche
d'information. En 2003, ce pourcentage devrait atteindre 40 %.
Un système de gestion intégrée des documents (GID) permet de
réduire le nombre d'heures accordées à la gestion de
l'information. La mise sur pied d'un tel système semble donc
indiquée à l'ère des affaires électroniques, particulièrement
pour les organisations qui traitent de grandes quantités de
documents et de transactions. Un système GID est essentiellement
composé d'un dépôt de documents central auquel se greffent des
procédés de gestion de flux des travaux. Ces procédés visent à
ce que chacune des tâches de la chaîne logistique soit
automatiquement acheminée à la bonne personne, selon l'ordre
établi. Le défi d'un système GID réside alors dans l'étude et
l'identification de l'information utilisée à chacune des étapes
de la chaîne afin de bien définir les procédés. La première
étape consiste donc à déterminer la provenance des documents,
les personnes qui y auront accès ainsi que la façon dont les
utilisateurs souhaitent rechercher l'information. L'étape
suivante est la vérification de l'efficacité et de la logique
des procédés mis en place. Il est effectivement important de
s'assurer que le nouveau système corrigera réellement la
situation. À cette fin, certaines entreprises ont recours à la
réingénierie des procédés administratifs.
Enfin, voici quelques avantages associés au système GID :
- l'accès en tout temps à des renseignements exacts et à jour;
- l'amélioration de l'efficacité des procédés administratifs par
l'acheminement des documents électroniques, par le repérage des
goulots d'étranglement et par l'équilibre de la charge de
travail;
- l'accroissement de la sécurité par un accès contrôlé;
- l'amélioration du service à la clientèle et de la satisfaction
des clients;
- la simplification de la mise à jour de l'information par
l'annonce des nouveautés et des changements à partir d'une seule
source;
- l'amélioration de l'environnement de travail et du moral du
personnel;
- la réduction du risque de perte de documents d'importance
vitale pour l'entreprise.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech, CEFRIO
Source :
Faits nouveaux, PricewaterhouseCoopers Canada, 2001
2. MARCHANDS EN LIGNE : LE MEILLEUR DES DEUX MONDES! - Selon
John Walsh, auteur de l'article du National Post et professeur
de marketing à l'Institute for Management Development (IMD) de
Lausanne (Suisse), les détaillants en ligne ont désormais entre
leurs mains des atouts à la fois stratégiques et technologiques
qui pourraient bien leur permettre de dominer un jour le marché
du commerce au détail. Grâce aux développements des
technologies, ils ont ainsi le net avantage de pouvoir offrir à
leurs clients le meilleur des deux mondes : le service
personnalisé de la boutique du coin, jumelé à des prix qui, sur
la terre ferme, ne sont généralement consentis que par les
grandes surfaces.
L'importance d'une bonne connaissance du client, de ses besoins,
attentes et désirs, mais aussi de ses comportements de
consommation, est une condition essentielle à la réussite de
toute entreprise et ce, tant dans l'univers réel que virtuel.
Savoir établir une relation de confiance et de loyauté avec les
consommateurs est tout à fait primordial pour tous les
commerçants et e-commerçant de ce monde. Or, la technologie a
désormais le potentiel de se substituer au plus sympathique des
vendeurs, pour aider en sous-main les détaillants en ligne à
tisser des liens solides avec leurs clients.
Le furetage anonyme n'existant tout simplement pas sur le Web,
toute présence électronique laisse inévitablement des traces,
enregistrées sous forme de bits et de multiplets (bytes).
L'information ainsi colligée peut être récupérée et analysée
pour finalement révéler des renseignements qui, d'un point de
vue concurrentiel, valent leur pesant d'or. Mais comment les
différents sites commerciaux peuvent-ils mettre au jour ces
données si précieuses?
D'abord, en instaurant une procédure d'inscription qui invite
l'internaute qui visite un site pour la première fois à fournir
ses nom, adresse physique, adresse de courriel, etc. Grâce à ces
données initiales, associées soit à un nom d'usager et à un mot
de passe choisis par l'utilisateur lui-même, soit à un témoin
(cookie) installé à son insu sur son ordinateur, le consommateur
peut être reconnu, de façon virtuelle s'entend, lors de ses
visites subséquentes. Mais il ne suffit pas de reconnaître son
client, il faut aussi et surtout savoir anticiper ses besoins et
désirs pour adapter, voire personnaliser, en conséquence l'offre
de produits et de services qui lui est faite. C'est là que
l'analyse de son parcours d'internaute (click-stream)
intervient. Cette séquence de clics s'avère en effet
particulièrement révélatrice, véritable transcription
électronique du comportement de consommation de l'acheteur
virtuel : Hésite-t-il entre deux marques? Le prix est-il pour
lui le facteur déterminant? S'intéresse-t-il aux bandeaux
publicitaires?, etc.
Pour John Walsh, il ne fait pas de doute que les compagnies qui
utiliseront de telles données pour mieux comprendre la façon
dont leurs clients prennent leurs décisions d'achats et qui
dégageront ainsi les tours et détours empruntés par chacun avant
d'effectuer une transaction, seront bientôt les leaders de leurs
marchés. Pour ce faire et toujours selon Walsh, elles devront
cependant réussir à relever le double défi qui consiste d'abord
à développer un site qui récupère des données sur ses visiteurs
mais de façon non intrusive et ensuite, à savoir analyser
adéquatement ces masses d'information, pour les transformer en
connaissances véritablement stratégiques.
Rédactrice : Catherine Lamy, Analyste-conseil en veille
Stratégique
Source :
John Walsh, Web Sites With a Personal Touch, The National Post,
7 août 2001, M8.
3. LA NOUVELLE ÉCONOMIE : RÉALITÉ OU FICTION? - Est-ce que la
nouvelle économie existe vraiment? Il n'y a pas si longtemps,
alors que les marchés boursiers jubilaient, la réponse semblait
évidente. Mais depuis quelques mois, plusieurs grands pontifes,
ont déjà fait volte-face et parlent maintenant de « l'économie
gonflée ».
Mais le terme « nouvelle économie » représente bien plus que la
simple frénésie de la fin des années 90 pour les titres
technologiques et l'écroulement qui a suivi. Il suppose dans un
premier temps une transformation fondamentale de la structure de
l'économie, et trouve son fondement dans des facteurs beaucoup
plus intangibles (le savoir, le capital humain, l'innovation,
etc.). De plus, la nouvelle économie n'a jamais signifié la fin
des récessions, les cycles économiques étant une réalité
existant depuis longtemps. À la base de la nouvelle économie se
trouvent plutôt des réalités tels : l'augmentation de la
productivité des organisations, des systèmes financiers de plus
en plus ouverts, l'esprit entrepreneurial à son paroxysme, la
déréglementation ainsi qu'une économie connaissant une
croissance plus rapide qu'au cours des 20 dernières années et
ce, sans inflation.
Il est vrai que ceux qui s'imaginaient que l'euphorie de la
nouvelle économie allait durer éternellement doivent être un peu
déçus. Mais le ralentissement que nous vivons présentement n'a
rien de surprenant : la croissance phénoménale de l'économie, la
globalisation ainsi que la déréglementation sont tous des
facteurs exposant l'économie à des forces plus volatiles
qu'auparavant. Même si le cycle des investissements
technologiques est variable, on peut toutefois demeurer
optimiste; les percées en matière d'informatisation et de
télécommunications continueront d'avoir un impact concret sur
les industries. Prenons l'exemple de l'électricité : entre les
années 1880 et 1930 où la capacité électrique a connu une
augmentation d'environ 10 % par année aux États-Unis et où
l'impact sur l'industrie manufacturière américaine fut
incontestable. Depuis la fin des années 50, l'informatisation a
augmenté de 84 % par année! Même si l'ensemble de cette
croissance s'est fait dans un peu tous les sens, il s'agit tout
de même d'une croissance industrielle phénoménale qui se
poursuit d'ailleurs toujours, même en cette période difficile.
Seul l'avenir nous dira l'impact réel qu'aura eu la nouvelle
économie, mais encore là... les avis risquent d'être partagés.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source :
The New Economy : How Real Is It?, BusinessWeek Online, 27 août
2001
4. LES SERVICES BANCAIRES EN PLEINE MUTATION - Il est possible
aujourd'hui d'effectuer la plupart des opérations bancaires à
distance, que ce soit par guichet, par Internet, par téléphone
ou par paiement direct. De plus en plus de services de ce type
sont offerts et de plus en plus de gens les utilisent.
D'ailleurs, selon un sondage de l'Association des banquiers
canadiens réalisé en janvier 2001, 60 % des clients effectuent
régulièrement leurs opérations à distance et 85 % de l'ensemble
des transactions bancaires sont réalisées de façon électronique.
Selon une autre étude (Mckinsey & Company), le nombre
d'utilisateurs des services par téléphone double chaque année,
tandis que celui des clients qui optent pour la carte de débit
ou d'Internet augmente respectivement de 91 % et de 10 % de
façon annuelle.
Afin d'offrir une gamme intéressante de services électroniques,
les banques ont dû adapter leurs propres produits et services et
investir des sommes très importantes. En 1999, 2,8 milliards ont
ainsi été alloués aux développements technologiques par les
banques canadiennes. Cet investissement devrait rapporter
beaucoup d'économies de coûts aux institutions financières. Même
si le nombre d'utilisateurs des services bancaires en ligne
croît présentement de seulement 10 % annuellement, selon
certaine prédiction, les transactions bancaires en ligne
devraient augmenter de 292 % d'ici 2004.
Toutefois, malgré la popularité que les services bancaires
électroniques connaissent, les banques canadiennes doivent être
prudentes. Si l'on se fie aux expériences européennes, il y a en
effet une ligne que les banques ne peuvent franchir ou plutôt,
un service dont elles ne peuvent faire l'économie : le guichet.
Certains groupes financiers européens avaient ainsi entrepris
d'offrir des services sans guichet, mais leur expérience n'a pas
été des plus réussie. Alors que certains ont déjà abandonné
l'idée, d'autres sont à revoir leur modèle d'affaires. Les deux
raisons majeures de ces échecs : des coûts d'exploitation plus
élevés que les prévisions ainsi qu'un coût d'acquisition d'un
client qui est passé de 350 Euros (environ 500 $ Can) en 1999 à
1000 Euros (1400 $ Can) cette année. Certains experts affirment
d'ailleurs que « Le clic (Internet) ne suffit pas, il faut la
brique ». En fait, c'est le concept même des banques qui est
remis en question. La firme Moody's avait d'ailleurs déjà
affirmé l'année dernière : « Nous ne croyons pas à la banque en
ligne pure et dure. Internet n'est pas un eldorado mais une
source potentielle d'économies considérables ».
Cette mutation des services bancaires inquiète tout de même les
autorités de tutelle européenne. En France, par exemple, la
Commission bancaire est déjà intervenue afin de redresser
certaines pratiques dangereuses. En fait, en matière de banque
virtuelle, les deux préoccupations majeures de la Commission
sont la solidité financière des institutions ainsi que la
sécurité relative aux fraudes de leurs systèmes informatiques.
Du point de vue des banques, la plus grande préoccupation en
matière de virtualité des services semble être la rentabilité!
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Sources :
Marie-Andrée Amiot, Les comptes transitent plus que jamais dans
le cyberespace, La Presse, 13 août 2001
La Banque sans guichet n'a pas tenu ses promesses, Le Devoir,
11 août 2001