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Archives du bulletin SISTech: juillet 2001
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Bulletin du 6 juillet 2001

1. Les faillites des point-coms se poursuivent aux États-Unis
2. Les portails d'entreprises mûrissent bien
3. Les collectivités ingénieuses : une combinaison gagnante entre les gouvernements et les technologies
4. Choix de logiciels et de solutions technologiques : dirigeants d'entreprises et responsables TI, faites vos devoirs!

1. LES FAILLITES DES POINT-COMS SE POURSUIVENT AUX ÉTATS-UNIS - Cette semaine, le nouveau rapport de WebMergers le confirme, les point-coms ne sont pas au bout de leur peine : 53 nouvelles faillites ont été enregistrées en juin 2001. Un total de 555 de ces « entreprises du Net » auraient ainsi fermé leurs portes depuis janvier 2000 et plus de 60 % de ces fermetures seraient survenues au cours des 6 derniers mois.

Selon un article du San Francisco Chronicle, après avoir sévèrement touché les entreprises de commerce électronique entreprises-à-consommateurs (B2C), les problèmes s'étendent maintenant à l'ensemble du secteur Internet : entreprises d'infrastructures, fournisseurs de services applicatifs (FSA), places de marché électroniques, consultants, etc. Sur le plan géographique, la Californie est la plus touchée avec le tiers des faillites enregistrées au cours des six premiers mois de l'année.

Cependant, il faut placer ces mauvaises nouvelles en perspective. Selon Webmergers, les 555 faillites enregistrées depuis janvier 2000 ne représentent même pas encore 10 % des quelque 7 000 à 10 000 entreprises point-coms qui existaient à cette époque.

Jusqu'à présent, la vague de faillites n'a pas encore frappé le Québec, ou si peu. Il y a 2 semaines, le Journal de Montréal rapportait la faillite du site québécois Yellowbox.com. Et cette entreprise n'était pas la dernière venue. En plus d'avoir bénéficié d'une subvention d'un million de dollars du gouvernement fédéral par l'entremise de Développement économique Canada, Yellowbox avait reçu en l'an 2000 le MIM d'or du meilleur site de commerce électronique au Québec. Cas isolé ou signe précurseur? L'avenir le dira.

Quoi qu'il en soit, au Québec et ailleurs, le paysage du commerce sur Internet va continuer de se modifier radicalement au cours des prochains mois et des prochaines années. Comme dans l'économie traditionnelle, les meilleurs entrepreneurs survivront et les autres feront faillite. Il faut se rendre à l'évidence, Internet et la « nouvelle économie » ne permettront pas à tout le monde de devenir Bill Gates...

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Dot-com carnage continues ;

Yellowbox.com fait faillite un an après avoir 1M$ du fédéral Journal de Montréal, 21 juin 2001

2. LES PORTAILS D'ENTREPRISES MÛRISSENT BIEN - Les récentes difficultés des entreprises technologiques et des sociétés point-com en général n'ont pas réussi à faire baisser l'intérêt pour les portails d'entreprises. C'est du moins ce que semblent indiquer les résultats d'une étude du Delphi Group intitulée : « Business Portals : Applications and Architecture ». L'étude qui compare des données de 2000 et 2001 démontre que 42 % des grandes entreprises n'avaient pas prévu l'année dernière de développer un portail, comparativement à cette année où seulement 1 % des répondants ont affirmé ne pas avoir un tel projet.

Cet intérêt grandissant pour les portails et les solutions qu'ils apportent laisse néanmoins beaucoup d'organisations avides d'information sur le sujet. Dans un rapport, Paul Brizz de la firme Acquity Group de Chicago, examine le phénomène des portails et aborde quelques-unes des préoccupations qui leur sont associées.

Sa première constatation : le déploiement d'un portail d'entreprise doit suivre le même processus de développement qu'un projet traditionnel, et demande surtout du gros bon sens. Il poursuit en nommant quatre facteurs de succès pour le déploiement d'une telle initiative :

  1. Elle doit être développée conjointement avec une stratégie de gestion du changement et un plan de communication interne afin de s'assurer de la participation des employés.
  2. La solution doit trouver un équilibre entre les exigences des employés et les besoins de l'entreprise.
  3. Des objectifs quantitatifs et qualitatifs doivent être identifiés en début de projet.
  4. Le projet doit être analysé d'un point de vue stratégique, opérationnel ou technologique mais également selon le point de vue de l'utilisateur.
Bien que les portails soient un phénomène relativement nouveau, ils représentent une solution probante à presque une décennie de questionnement. Au début des années 1990, les organisations cherchaient à améliorer leur « connaissance collective », au milieu des années 90, la culture organisationnelle et le partage des connaissances étaient au centre des préoccupations des organisations, tandis qu'aujourd'hui l'amélioration des processus d'affaires, la recherche d'efficacité et la réduction du temps d'accès au marché sont les réalités auxquelles doivent faire face les organisations. Les portails et les technologies qui en découlent aident non seulement les organisations à atteindre une plus grande efficacité interne mais décloisonnent également leurs frontières afin d'inclure leurs partenaires qui sont de plus en plus parties prenantes de leur offre de service.

Les portails peuvent donc être un outil très puissant au service des organisations et une solution des plus à-propos dans une ère où la compétitivité des organisations est continuellement mise en cause.

Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille Stratégique
Sources : Rebecca Lloyd, Portals for Every Occasion, Knowlelge Management Magazine, juillet 2001 ;

Paul Brizz, Enterprise Information Portals: An Evolution of Knowledge Management Tools, Knowlelge Management Magazine, juillet 2001 ;

Le Guide sur les places d'affaires électroniques, Tirez profit des portails

3. LES COLLECTIVITÉS INGÉNIEUSES : UNE COMBINAISON GAGNANTE ENTRE LES GOUVERNEMENTS ET LES TECHNOLOGIES - L'utilisation efficace des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) est au centre même d'une révolution émergente au sein des administrations. Il s'agit du gouvernement électronique (e-government).

Le gouvernement électronique implique une transformation des façons de faire des gouvernements par l'utilisation des NTIC au service des populations, des institutions et du pays ou de la région afin, notamment, de stimuler la croissance des entreprises et d'améliorer les services de santé et d'éducation. Lorsqu'il s'agit d'administrations d'ordre municipal, local ou régional, on parle alors de collectivités ingénieuses (smart communities). Le concept des collectivités ingénieuses est en croissance. Au Canada, par exemple, le gouvernement fédéral a lancé en juin 1999 un programme dont le but est « d'aider à établir des collectivités ingénieuses de calibre mondial dans tout le pays pour que les Canadiens puissent tirer le meilleur parti possible des TIC ». Ce programme est l'un des six volets de l'initiative fédérale « Un Canada branché ».

Par ailleurs, bien que le mouvement des collectivités ingénieuses soit encore jeune, Jeffrey Roy, du Centre d'études en gouvernance de l'Université d'Ottawa, a identifié les plus importants défis à relever :

  1. Collaboration et innovation sociale : La transition vers une collectivité ingénieuse est perçue prioritairement comme une question économique. Dans ce contexte, l'innovation sociale joue un rôle secondaire par rapport aux NTIC. Toutefois, bien que les NTIC soient un important catalyseur du développement économique et de l'innovation commerciale, il est essentiel qu'une emphase soit portée sur les innovations civiques (dans le cadre de l'écologie sociale). Ainsi, les discussions et réflexions doivent être basées sur l'exploration de nouveaux types de connexités et de communautés collaboratives plutôt que sur l'augmentation des branchements.
  2. Éducation et inclusion : Les NTIC et les marchés électroniques amélioreront-ils les circonstances sociales et économiques de la communauté entière ou, au contraire, élargiront-ils la distance entre les inforiches et les infopauvres? Une vraie collectivité ingénieuse devra s'assurer que tous ses citoyens puissent bénéficier d'un accès aux NTIC et d'une formation adéquate.
  3. La question fédéraliste : Jeffrey Roy pense que le défi du gouvernement fédéral est, en quelque sorte, d'ordres politique et culturel. Les communautés ingénieuses doivent-elles préserver leur « caractère local » ou l'initiative le  «Canada branché » est-elle plutôt le signe d'un mouvement national en matière d'activités économiques et sociales? Le rôle le plus constructif que le gouvernement puisse jouer est de fournir un cadre de travail pour la connexité et les nouvelles ressources nécessaires aux collectivités ingénieuses et aux initiatives de gouvernement électronique.
Enfin, notons qu'au Québec, le CEFRIO est particulièrement intéressé par les collectivités ingénieuses puisque le « Développement des collectivités locales et régionales par les TI » est l'un des trois projets majeurs qu'il réalisera au cours de son prochain triennat (2001-2004).

* Pour information, le plus récent magazine Réseau CEFRIO porte sur « La cité de demain ». Cette publication est réservée aux membres du CEFRIO pendant une période exclusive de trois mois. Toutefois, ce numéro sera disponible gratuitement en août prochain à l'adresse suivante : http://www.cefrio.qc.ca/pub_res.cfm

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources : IT World Canada : e-Government Newsletter, 22 juin 2001;

Le site Les collectivités ingénieuses d'Industrie Canada

4. CHOIX DE LOGICIELS ET DE SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES : DIRIGEANTS D'ENTREPRISES ET RESPONSABLES TI, FAITES VOS DEVOIRS! - Les vendeurs, c'est bien connu, ont le boniment facile. Quel que soit le produit offert, ils ont une nette propension à en gonfler les vertus et mérites mais se montrent au contraire tout à fait discrets quant à ses faiblesses et encore davantage, quant aux coûts indirects qu'il pourrait éventuellement impliquer.

Si cette tendance est déjà déplorable dans l'univers de la consommation en général, elle peut s'avérer nettement plus dramatique dans le cas particulier de l'industrie informatique. Les entreprises mal avisées et surtout mal préparées à effectuer une sélection adéquate de logiciels ou de solutions technologiques courent en effet le grand risque de voir leurs choix, essentiellement éclairés par le discours des vendeurs, affecter leurs différents processus d'affaires et ce, tout au long de la chaîne de valeur. Sans parler des sommes faramineuses souvent non prévues au départ qui, au-delà des seuls coûts de licence, peuvent être rapidement englouties dans l'implantation et la configuration des systèmes.

Mais les vendeurs sont-ils vraiment les seuls à blâmer en cas de choix non appropriés et de déboursés astronomiques?

Et bien non. Aussi bien intentionnés et compétents soient-ils, ceux-ci ne peuvent en effet ni connaître ni deviner les objectifs stratégiques et technologiques poursuivis par l'organisation... à moins qu'on ne leur ait clairement établi ces enjeux au départ. Une méthodologie structurée, qui prend en compte les besoins à court et à long terme de l'entreprise pour les traduire par la suite en solutions tactiques, stratégiques et technologiques, doit ainsi être initiée et réalisée à l'interne.

Dans une optique plus pratico-pratique, voici les 5 étapes d'une telle démarche de sélection qui, selon Barry Levine, évitera sans nul doute bien des maux de tête aux gestionnaires ($$) :

  1. Au-delà des implications technologiques, le projet doit être guidé en sous-main par les orientations stratégiques de l'entreprise. La mission, les buts et les objectifs de l'organisation, les marchés éventuellement visés doivent être clairement définis pour former une assise d'affaires solide sur laquelle devront s'appuyer les outils technologiques retenus.
  2. La sélection d'un système informatique rayonnant souvent dans les diverses composantes de l'organisation, il est important d'établir un groupe de travail responsable du bon déroulement du processus, groupe constitué de représentants de la direction, des utilisateurs ainsi que des responsables de l'implantation du produit.
  3. Les fonctionnalités technologiques cruciales et essentielles à la prospérité et à la survie de la compagnie doivent être établies et obligatoirement supportées par le système choisi.
  4. Les vendeurs doivent documenter par écrit et de façon détaillée comment leurs produits peuvent répondre aux différents besoins à combler et ainsi mettre au jour, dès le départ, les limites de la solution proposée.
  5. Si la qualité et le potentiel du produit sont bien sûr déterminants lors du processus de sélection, la relation établie avec son détaillant est elle aussi capitale puisqu'elle devra se poursuivre bien au-delà de l'implantation du système. Des liens de confiance et de respect mutuel doivent donc être tissés entre acheteur et fournisseurs.
Savoir opter pour une solution technologique gagnante implique donc que dirigeants, responsables TI et utilisateurs retroussent ensemble leurs manches et s'allient à un partenaire commercial solide et efficace.

Rédactrice : Catherine Lamy
Sources : Barry Levine, Five Steps to Better Software Selection, ITWorld Canada.com, 27 juin 2001 ;

META Group, Users Beware : Entreprise Software Vendors Continually Oversell, 2 juillet 2001


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