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Archives du bulletin SISTech : juin 2005
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Bulletin du 20 juin 2005
Bulletin du 3 juin 2005


Bulletin du 20 juin 2005
Version PDF

1. Les outils collaboratifs (deuxième partie) : mesurer l’impact de la collaboration
2. Les TI : un des nouveaux défis pour la sauvegarde du français
3. À la découverte des mesures entreprises par le Canada afin d’édifier une société de l’information

1. Les outils collaboratifs (deuxième partie) : mesurer l’impact de la collaboration - L’étape suivant le choix et la mise en oeuvre d’un outil de collaboration est la mesure des avantages ou de l’impact de son utilisation. Dans l’article précédent¹, on mentionnait que la collaboration comporte des « avantages indirects ». Ainsi, les outils collaboratifs contribuent à augmenter l’efficacité des projets, à améliorer la qualité, etc. Par conséquent, l’évaluation ne peut se mesurer au moyen de la conventionnelle analyse de coût-bénéfice. Le calcul du rendement du capital investi (RCI = bénéfice - (coût de la technologie + coût des ressources)) fournit davantage des données relativement aux économies réalisées qu’aux nouvelles valeurs acquises. Parmi les avantages du travail collaboratif, on note la hausse de la productivité ainsi que la capacité de développer, d’optimiser, d’améliorer, d’accélérer et de changer les façons de faire de l’organisation (transformation organisationnelle). En fait, la collaboration permet d’améliorer différents processus d’affaires au sein de l’entreprise. L’étendue des effets étant assez large, bien des entreprises ont de la difficulté à mesurer les avantages de la collaboration.

Gartner a identifié deux grandes catégories d’avantages à évaluer :
1- Automatisation des processus et améliorations : Les entreprises investissent dans les technologies de collaboration et l’automatisation des processus afin d’augmenter l’efficacité et de maximiser la productivité de leurs employés. Elles sont encore plus motivées par le fait que les frais de main-d’œuvre (salaires, avantages et frais généraux) sont à la hausse, alors que le coût des technologies visant à améliorer la performance des travailleurs est à la baisse. Pour mesurer l’amélioration par l’automatisation des processus, il faut concentrer ses efforts sur le nombre ou la quantité d’employés, de temps, d’énergie et d’argent économisé ou dépensé. Pour ce faire, Gartner suggère d’utiliser un échantillon de personnes provenant de différentes équipes de travail dans l’entreprise et d’enregistrer l’amélioration des processus ainsi que son impact. Par exemple, la solution de visioconférence par Internet adoptée a favorisé la tenue de réunions à distance d’équipes croisées, évitant ainsi à un certain nombre d’employés de se déplacer à l’extérieur de la ville. Cela a un impact positif sur le temps global alloué à la rencontre et sur les coûts de voyage.

2- Amélioration de la qualité : Cet élément est plus difficile à mesurer. Toutefois, l’amélioration de la qualité, du transfert des connaissances, des innovations ou des produits et services a le potentiel de mener l’entreprise encore plus loin que l’automatisation des processus. Spécifions que l’entreprise ne peut se transformer du jour au lendemain. Les changements peuvent prendre de cinq à sept ans avant de produire un rendement important. Pour mesurer l’amélioration de la qualité, il faut évaluer la façon dont la collaboration a contribué à transformer l’entreprise. Le point de départ est l’idée à la base (un remue-méninges, une innovation, une reconnaissance de formes (pattern recognition), etc.) et l’impact d’une idée. La découverte, l’innovation, la collaboration et l’apprentissage sont quelques-unes des étapes ou des expériences qui mèneront vers l’amélioration de la qualité. À court terme, on pourra constater une légère augmentation de la qualité, pouvant, un peu plus tard, se traduire en un impact beaucoup plus significatif.

L’amélioration de la qualité au moyen de la collaboration constitue tout un défi car elle emprunte rarement un chemin direct ou en ligne droite. Dans la plupart des cas, une nouvelle idée engendre une nouvelle série d’idées. La collaboration peut alors survenir à différentes étapes. Ainsi, les gens créent une nouvelle idée et la bonifient par la suite. Lorsque le concept est « mûr », une autre équipe prend le relais pour le développer et, possiblement, le mettre en production. Chaque cycle peut générer de nouvelles idées et des innovations qui peuvent, à leur tour, initier un nouveau cycle de développement. Avec le temps, la collaboration accroît l’ensemble de la valeur créée dans l’entreprise.

On sait maintenant ce qu’il faut mesurer mais comment le faire? Gartner recommande aux entreprises de :
- Concentrer leurs efforts sur certaines perspectives stratégiques préalablement choisies;
- Repérer le moindre changement qualitatif résultant du travail collaboratif ou de l’utilisation de l’outil choisi. Il peut s’agir de nouvelles idées, de nouveaux processus d’affaires ou de solutions pour résoudre plus rapidement des problèmes;
- Constituer un dossier portant sur les antécédents sociaux (social history) des projets clés. Ne pas y inclure les renseignements d’ordre technologique mais plutôt les interactions humaines, l’expérience des participants ainsi que leurs objectifs, les méthodes utilisées et les résultats. Ce dossier constitue un document de référence crucial décrivant tout ce qui a été fait, ce qui fonctionne ou non. Il permet de reconnaître les contributions des équipes de travail ainsi que celles des membres qui en font partie. Il peut aussi contribuer à justifier des investissements futurs;
- Monter des dossiers relatant des cas de succès de collaboration. Partager les apprentissages et les secrets afin d’aider toute l’organisation à bénéficier des expériences vécues.

Évaluer l’impact de la collaboration nécessite donc de suivre le cheminement des nouvelles idées - du point de départ (individus ou équipes de travail) vers les autres départements de l’entreprise - et d’étudier les effets qu’elles ont pu avoir sur l’ensemble des objectifs de l’organisation. Bien que la mesure de la valeur de la collaboration nécessite une charge de travail supplémentaire, il est important de s’y conformer pour connaître les avantages substantiels (souvent cachés) de la collaboration, mais aussi les avantages concurrentiels sous-jacents.

¹« Les outils collaboratifs (première partie) : choisir un outil avantageux pour son organisation », Bulletin SISTech, 3 juin 2005.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste

Sources :
Burton, Betsy (2005). Best practices for delivering business value from collaboration, Gartner, 27 mai, 3 p.

Burton, Betsy (2005). To measure the value of collaboration, follow the effects, not the ends, Gartner, 28 avril, 5 p.

Burton, Betsy, et Tom Austin (2005). Six key activities for measuring the value of collaboration, Gartner, 29 avril, 5 p.

2. Les TI : un des nouveaux défis pour la sauvegarde du français - On ne peut passer sous couvert tout l’impact qu’a eu, au Québec, la loi 101 et son application sur le français parlé et écrit notamment au travail, dans les médias et dans l’affichage publicitaire. La mondialisation et l’information menacent-elles l’avenir du français ici et ailleurs? Quelles politiques adoptées pour le protéger? C’est en puisant dans leurs champs d’expertise respectifs que les collaborateurs à l’ouvrage collectif Le français au Québec, les nouveaux défis, lancé le 8 juin dernier par les Éditions Fides et le Conseil supérieur de la langue française, tentent de répondre à ces questions. Parmi ceux-ci, Réjean Roy explore les diverses relations qui unissent les TI et le français. Il y a va également de quelques recommandations pour préserver la langue de Molière à l’ère de l’informatique.

Réjean Roy, dans un chapitre qu’il a intitulé « Les technologies et le français : situation et perspectives au Québec », présente quelques-uns des changements provoqués par les TI et qui transforment le statut du français en 2005 :

  1. Il est de moins en moins coûteux de produire du français : Par exemple, traduire les logiciels, les sites Web et les films sur DVD devient de moins en moins onéreux puisque, contrairement au livre ou à la cassette, les différentes versions peuvent se retrouver sur un même support.
  2. Les barrières de langue ont remplacé les barrières géographiques : Les centres d’appel pour le service à la clientèle peuvent maintenant opérer de n’importe où dans le monde, parfois à plus bas prix. En croyant téléphoner à une entreprise aux États-Unis, un client américain peut donc se retrouver à converser avec un préposé travaillant en Inde. Des entreprises françaises ont également recours à des centres d’appel francophones localisés au Sénégal ou au Maroc. Des cours sont même offerts aux téléphonistes pour créer l’illusion : ils apprennent, par exemple, à prononcer l’accent américain et à glisser quelques expressions locales au besoin. Jusqu’à maintenant, le Québec agit plus comme exportateur que d’importateur dans ce marché.
  3. Les nouvelles frontières linguistiques : poreuses, mais extensibles : Les TI – et plus principalement Internet – permettent maintenant aux entreprises et aux médias de rejoindre un plus vaste marché. Mais qui dit plus d’offres dit aussi plus de concurrences : les entreprises doivent donc aller toucher les consommateurs plus personnellement, et ce, en adaptant leur publicité à leur langue et à leur réalité culturelle. Par leur site Web, maintes entreprises usent déjà de diverses stratégies pour détecter la provenance et la langue du client, pour ainsi adapter leur contenu et leur publicité au profil du visiteur. Le même type d’approche pourra être transféré aux marchands « traditionnels » grâce aux technologies d’identification par radiofréquence.
  4. Le français, un matériau à traiter : La croissance exponentielle du contenu disponible en français – comme dans d’autres langues – mène à un problème : celui de le gérer de façon intelligente et efficace. Des moteurs de recherche et d’autres outils informatiques plus performants et plus intuitifs devront être créés pour mieux répertorier toutes ces connaissances. Peu d’outils francophones sont présentement disponibles.
  5. Il faut une langue commune pour faire des affaires : S’il est vrai que la langue de Shakespeare continue d’être la langue privilégiée pour le commerce, les TI offriront la possibilité – et le permettent déjà – de travailler en collaboration en mode multilangue.

Néanmoins, certaine chose ne change pas. Selon l’auteur, les gens préfèrent encore que l’on communique avec eux dans leur langue usuelle. D’ailleurs, les quatre facteurs qu’hier justifiaient que l’on rejoigne les citoyens et les consommateurs dans leur langue maternelle valent toujours :
1. les clients préfèrent employer leur langue plutôt qu’une autre;
2. ils comprennent mieux les messages produits dans leur langue;
3. ils se rappellent mieux les messages produits dans leur langue;
4. les messages créés dans leur langue les influencent davantage.

De récentes études abondent également dans ce sens et démontrent que même des individus parfaitement bilingues (dans ce cas en espagnol et en anglais), obtenaient de meilleurs résultats dans la mémorisation de données dans leur langue maternelle que dans celle apprise et leur intérêt pour un produit augmentait. Comme par les TI, la traduction des publicités, de l’information et de la communication se fait à plus faible coût, elles constituent un outil puissant pour la sauvegarde de la diversité linguistique.

La bataille n’est pourtant pas gagnée. Pour Réjean Roy, « l’heure est aux stratégies offensives d’aménagement linguistique ». Afin d’assurer que le français conserve sa place parmi les langues véhiculées sur Internet, l’État québécois devrait, selon lui :

• voir à augmenter le niveau des compétences linguistiques des entreprises québécoises oeuvrant dans le secteur de la langue;
• encourager la multiplication d’initiatives de délocalisation des services linguistiques;
• appuyer la production de langue française en mode distribué (par exemple, Wikipédia, une encyclopédie multilingue rédigée collectivement par des volontaires des quatre coins du monde);
• et appuyer la production de logiciels de traitement du français.

Un livre et un chapitre des plus intéressants pour connaître l’état de santé du français dans le monde en 2005 et connaître l’avis d’experts de la question.

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, Enquêtes et veille stratégique, CEFRIO

Sources :

Roy, Réjean (2005), "Les technologies et le français : situation et perspectives au Québec" dans Stefanescu, Alexandre et Pierre Georgeault (sous la direction de), Le français au Québec, les nouveaux défis, Montréal, Conseil supérieur de la langue française et FIDES, p. 91-145.
- Pour consulter la table des matières

3. À la découverte des mesures entreprises par le Canada afin d’édifier une société de l’information - En décembre 2003, se tenait à Genève la première phase du Sommet mondial sur la société de l’information. Alors, à quelques mois de l’ouverture de la seconde étape qui se déroulera à Tunis en novembre 2005, jetons un regard sur quelques actions qui ont été mises de l’avant par le gouvernement canadien au cours des dernières années afin de mettre les TIC au service des gens et des collectivités.

Au Canada

L’accès universel constitue un des aspects primordiaux à l’élaboration d’une société de l’information au Canada. Afin d’y parvenir, le gouvernement canadien a mis sur pied des programmes tels Le Programme pilote de services à large bande pour le développement rural et du Nord ainsi que l’Initiative nationale de satellite pour aménager des services Internet de haute capacité à moindre coût aux collectivités rurales et nordiques. Ainsi, tous les Canadiens peuvent bénéficier de la télésanté, de l’apprentissage en ligne et du commerce électronique.

Le gouvernement canadien a aussi instauré l’Initiative Gouvernement en direct afin d’améliorer le service aux citoyens et d’accroître la productivité et la transparence(1). Il appuie également la recherche relative aux applications avant-gardistes des TIC dans ses centres de recherche.

Un autre programme, Collectivités ingénieuses, a été lancé dans le but d’apporter des améliorations sur les plans économique, social et culturel par l’usage des TIC. Pour ce faire, douze initiatives locales visant l’utilisation novatrice des TIC en vue d’habiliter la population, les institutions et la région, ont été sélectionnées. Elles devaient ensuite propager aux autres collectivités les leçons apprises lors du projet(2). Parallèlement, afin de favoriser la croissance du commerce électronique, le gouvernement canadien a mis en place l’Initiative canadienne pour le commerce électronique. Ce programme visait entre autres à engendrer des réussites au pays en matière de commerce électronique, en mettant l'accent sur la productivité, le leadership et l'innovation.

Ordinateurs pour les écoles, un programme visant à informatiser les établissements scolaires, les bibliothèques et les centres communautaires de tout le pays, a fortement contribué à l’introduction de l’apprentissage en ligne(3). Ce programme a aussi été adapté et est maintenant implanté dans d’autres pays. Le Canada a aussi été le premier pays à raccorder à Internet l’ensemble des ses bibliothèques publiques et de ses écoles.


Pour sa part, Santé Canada a installé le matériel et les logiciels nécessaires à l’utilisation de la télésanté et offre continuellement formation et soutien aux personnes qui désirent en faire usage. Mentionnons que la télésanté(4) utilise entre autres les TIC pour relier les prestataires de soins de santé et les patients, pour former les professionnels et pour améliorer le système de soins des Premières nations et des Inuits. De son côté, Inforoute Santé du Canada cherche à accélérer l'élaboration et l'adoption de systèmes électroniques d'information sur la santé au pays.

Et ailleurs?

Le Canada soutient depuis quelques années plusieurs pays en développement afin de les aider à mettre les TIC au service du développement politique, économique et social. Le Canada finance plusieurs projets et quelques programmes instaurés au pays ont été adaptés.

Le Canada participe activement à certains projets politiques sur la scène mondiale. Il a entre autres pris part, avec les autres pays du G8, à l’élaboration d’un Plan d’action pour aider les pays en développement à élaborer un développement socioéconomique durable basé sur les TIC ainsi qu’au Groupe de travail des Nations Unies sur les TIC visant à combler le fossé numérique mondial et à mettre les TIC au service du développement de tous. Le Canada parraine aussi des projets tels que le Réseau ePol-NET, qui centralise l’information et les compétences en cyberstratégie au profit des citoyens, des organisations et des gouvernements des pays en voie de développement et Bellanet qui vise à promouvoir les communautés en ligne, le partage des connaissances et le développement ouvert.

Enfin, le Canada contribue au développement des TIC particulièrement en Afrique, dans les Amériques et en Asie-Pacifique par divers projets. Par exemple, Connectivité Afrique vise à mettre à profit les compétences canadiennes au service des TIC en Afrique dans les secteurs de l’éducation, de la santé et du développement communautaire. Le Canada a aussi créé l’Institut pour la connectivité dans les Amériques qui s’efforce de brancher les Amériques par la création de savoir et le renforcement des capacités. Quant à la contribution du Canada en Asie-Pacifique, elle se concrétise principalement par le Réseau Pan Asie qui analyse les impacts des TIC sur les populations, la culture, l'économie et la société afin de renforcer les utilisations des TIC en faveur du développement durable.

Le sommet de Tunis, vers la fin de la présente année, permettra de faire le point et de voir l’impact de tous ces projets autant au Canada que dans les autres pays et, du même coup, de constater à quel point le fossé numérique s’est rétréci.


Notes :
1. Pour en apprendre davantage sur l’Initiative du Gouvernement en direct, consulter l’article « Le Gouvernement canadien en direct poursuit sa progression » présenté dans le bulletin SISTech de juin 2005.

2. Le CEFRIO a signé au début juin une entente de partenariat stratégique avec la Collectivité ingénieuse de la péninsule acadienne (CIPA) qui permettra aux deux organisations de mettre en commun leur expertise complémentaire pour l’élaboration de solutions novatrices en technologies de l’information tout en promouvant le développement rural et régional.

3. Le CEFRIO, avec son projet École éloignée en réseau, a fortement contribué à élargir de la notion de formation en ligne à un concept plus global d’apprentissage collaboratif.

4. Le CEFRIO travaille également dans le secteur de la santé. Son projet, CLSC du futur, visait particulièrement à rapprocher les services offerts par les CLSC de la communauté en élargissant les façons de fournir les services par l’usage des technologies de l’information.

Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO

Source:
Gouvernement du Canada (2003). Le Canada et la société de l’information – Mettre les TIC au service des gens et des collectivités [en ligne], Ottawa, 40 p. (Page consultée le 13 juin 2005)





Bulletin du 3 juin 2005
Version PDF

1. Le Gouvernement canadien en direct poursuit sa progression
2. Les outils collaboratifs (première partie) : choisir un outil avantageux pour son organisation
3. Les enseignants canadiens et les ressources pédagogiques en ligne

1. Le Gouvernement canadien en direct poursuit sa progression - Instaurée en 1999, l’Initiative du Gouvernement en direct (GeD) visait à faire du Canada le gouvernement le plus branché au monde avec ses citoyens en leur fournissant des informations et services en direct tout en conservant les méthodes traditionnelles. Il semble bien que cet ambitieux objectif ait été atteint, puisqu’en avril dernier, on apprenait que, pour une cinquième année consécutive, le Canada s’était mérité le prestigieux Prix Accenture du cybergouvernement. De plus, les Canadiens sont les plus grands utilisateurs d’Internet selon un sondage mené en 2004-2005 par EKOS. Puisque le gouvernement canadien semble très bien se porter, il est temps de regarder de plus près ses succès, ses réalisations apportées au cours de la dernière année et ses projets futurs. Alors, cap sur le Gouvernement en direct.

Tout d’abord, il est bon de mentionner que 34 ministères et organismes participent au projet du Gouvernement en direct (GeD). L’initiative englobe 130 services dont 48 % touchent les services d’information (dont la moitié s’adresse aux Canadiens et résidents) et les autres sont de type transactionnel (dont environ 35 % sont destinés aux citoyens canadiens). Dans le cadre du GeD, les technologies de l’information sont sollicitées pour faciliter l’accès au gouvernement et servir tous les citoyens, améliorer les services en direct et mieux les adapter ainsi que pour gagner la confiance des citoyens canadiens quant aux services en direct.

Accessibilité

Cette année, le gouvernement du Canada a poursuivi ses efforts afin de fournir des services et des renseignements en ligne facilement et rapidement accessibles indépendamment du matériel ou de la connexion Internet utilisés, du temps, du lieu, et ce, dans les deux langues officielles. L’accès à l’information a été amélioré en classant les services et l’information par publics cibles et par thèmes et ce, par l’intermédiaire de trois passerelles, les Canadiens, les non-Canadiens et les entreprises canadiennes. Une fonction de recherche rapide a aussi été ajoutée à la section Formulaires et services. Toujours pour accroître l’accessibilité, deux portails ont été instaurés. Le premier, « Info-aînés », lancé en Ontario, constitue un guichet unique permettant d’accéder à l’information et aux services électroniques offerts par les trois paliers de gouvernement et par certains organismes non gouvernementaux alors que le second, « Portail sans fil », offre un accès à partir d’appareils mobiles exploitables sur le Web au site du Canada.

Des services améliorés et mieux adaptés

Plusieurs services innovants ont été instaurés. Certains sont destinés aux entreprises, d’autres aux citoyens comme c’est le cas avec le Service « Mon dossier » de l’Agence du revenu du Canada où les résidents peuvent consulter les renseignements personnels relatifs à leurs revenus. D’ailleurs, en 2004, 2,2 millions de tentatives d’accès réussies ont été enregistrées. Sur l’aspect récréatif, depuis le début de 2005, les citoyens peuvent réserver en direct un emplacement de camping dans les parcs nationaux du Canada et le site Internet devrait attirer plus de 55 000 visiteurs dès cette année.

Gagner la confiance

La sécurité et la confidentialité des renseignements personnels représentent les facteurs les plus importants aux yeux des citoyens. Pour répondre à cette attente, le GeD a institué un cadre stratégique et technologique rigoureux, la « Voie de communication protégée »¹. L’outil, le « epass », permet d’avoir accès, en toute sécurité, aux services électroniques. Jusqu’à maintenant, 260 000 laissez-passer électroniques ont été délivrés aux citoyens canadiens. Cette passe permet entre autres des transactions sécuritaires pour les services de changement d’adresse en ligne et de relevés d’emploi Web. Avec ces mesures, le Canada est considéré comme un chef de file dans le monde en matière de gestion des renseignements personnels.

Intégration des services

Le gouvernement canadien désire aussi intégrer ses services. Pour y parvenir, il a mis sur pied quelques projets tels que « eContact », présentement un projet pilote, qui dirigera les citoyens vers l’information ou la personne-ressource appropriée quel que soit l’endroit ou l’ordre de gouvernement visé et le « Système national d’acheminement des données » conçu pour faciliter les communications entre le gouvernement fédéral et les provinces afin de corriger l’administration des programmes et la sécurité nationale.

L’investissement du gouvernement dans le projet GeD a permis d’améliorer les services offerts, leur commodité pour les clients, leur qualité et leur efficience générale. Le Canada désire maintenant mieux faire connaître les services qu’il offre sur le Net ce qui porte à croire que les ministères réaliseront, pour plusieurs services, des gains d’efficience par l’accélération des délais d’exécution, la réduction de la complexité et des coûts.

Enfin, il est bon de souligner que le GeD est attentif aux demandes des citoyens et reçoit continuellement les commentaires de ceux-ci au moyen de travaux de recherche continus sur l’opinion publique. Le taux d’adhésion aux services en direct s’établit aujourd’hui à 30 % ce qui représente un taux de croissance de 25 % par rapport à 2003 et en fait la voie de communication préférée pour transiger avec le gouvernement du Canada.


Note :
¹Pour en apprendre davantage sur la «Voie de communication protégée» et le «epass», se référer à l’article « Voie de communication sécurisée à la mode canadienne » présenté dans le bulletin e-veille de mai 2005.


Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Source: Gouvernement du Canada (2005). Gouvernement en direct 2005 - De la vision à la réalité d’aujourd’hui…et de demain [en ligne], Canada, Travaux publics et Services gouvernementaux, Canada, 57 p. (Page consultée le 2 juin 2005)

2. Les outils collaboratifs (première partie) : choisir un outil avantageux pour son organisation - On connaît tous les aspects positifs - et quelques côtés négatifs! - du travail en équipe. Le développement des technologies de l’information et d’Internet a vu apparaître les outils collaboratifs qui permettent le travail et les communications à distance. Leur utilisation comprend de nombreux avantages dont l’amélioration du partage des connaissances, de la coopération, de l’efficacité et de la qualité, pouvant se traduire en avantage concurrentiel. Toutefois, il peut être ardu de justifier un tel investissement informatique car les rendements ou les bénéfices attendus ne se concrétisent pas aussi rapidement que par l’implantation d’autres applications d’affaires. Par contre, les « avantages indirects » de la collaboration excèdent souvent les gains d’efficacité obtenus par les applications informatiques traditionnelles, d’où l’importance de savoir comment mesurer l’impact de la collaboration. Mais avant tout, voici quelques conseils pour choisir l’outil de collaboration qui conviendra le mieux à votre organisation.

La première étape d’un projet d’implantation d’un outil collaboratif est la réflexion. La collaboration n’est pas une catégorie technologique en soi. C’est plutôt un mode de travail. Le gestionnaire doit donc évaluer le type de « comportement collaboratif » à satisfaire et non rechercher les besoins à combler selon les fonctions offertes par les différents outils disponibles. Ainsi, il est important d’opter pour une technologie qui corresponde aux activités et à la culture de l’organisation. Il ne faut surtout pas s’attendre à ce que les employés changent leur comportement pour s’adapter à l’outil. C’est plutôt le contraire. Le gestionnaire doit donc commencer par examiner les façons de faire de son organisation pour ensuite développer une stratégie de collaboration. Plus particulièrement, Gartner a développé un graphique permettant à toute organisation de se situer, selon ses besoins et ses objectifs. Premier axe : l’entreprise vise-t-elle une approche s’apparentant à une « réaction tactique » face aux besoins de collaboration de l’entreprise ou à une action stratégique et proactive? Deuxième axe : quel est le niveau de travail collaboratif actuel au sein de l’organisation? Les employés ont-ils l’habitude de communiquer et de collaborer avec leurs pairs au moyen du courriel, de réseaux sociaux ou de communautés virtuelles de praticiens?

L’évaluation des outils de collaboration pose certains défis aux gestionnaires. Il est possible d’anticiper des résultats spécifiques, que certains outils laissent miroiter, sans qu’ils soient réalistes. Une entreprise peut aussi acheter une technologie et découvrir, par la suite, que ses besoins ont mal été interprétés. Par conséquent, le produit ne répond pas aux besoins et attentes. La collaboration ayant plutôt des effets indirects, il est facile de se tromper et de choisir une technologie qui ne convienne pas ou de l’utiliser à mauvais escient. Ce risque est élevé dans le marché des outils collaboratifs en raison du grand nombre de vendeurs et de produits offerts. Pour réduire le risque d’acquérir la « mauvaise » technologie, Gartner suggère de consulter des cas d’usage avant l’achat. Les cas d’usage décrivent des scénarios d’utilisation et des interactions « réelles » entre les utilisateurs et la technologie.

Par ailleurs, Gartner prévoit que les technologies en temps réel comme la messagerie instantanée et les conférences Web seront de plus en plus prisées par les sociétés. On ne doit pas considérer ces technologies comme une classe à part mais comme faisant partie de la grande opération visant à améliorer les processus d’affaires. D’ailleurs, il semble que les avantages associés aux technologies en temps réel augmenteront au fur et à mesure qu’elles seront intégrées au sein des organisations.

Enfin, le choix et la mise en œuvre de l’outil collaboratif font ensuite place à un autre défi de taille : mesurer l’impact de la collaboration. C’est ce que nous lirons dans le prochain Bulletin SISTech!


Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste
Sources :
Burton, Betsy (2005). Best practices for delivering business value from collaboration, Gartner, 27 mai, 3 p.

Drakos, Nikos, et Betsy Burton (2005). Devise 'use cases' before choosing collaboration software, Gartner, 16 mai, 5 p.

Smith, David Mario, et Betsy Burton (2005). Conduct a corporate self-assessment to determine your investment in collaboration, Gartner, 29 mars, 5 p.


3. Les enseignants canadiens et les ressources pédagogiques en ligne - Depuis quelques années déjà, un certain nombre d’études ont été menées au Canada autour de la question des besoins et attentes des enseignants et des élèves des niveaux primaire et secondaire du pays en matière de contenus d’apprentissage en ligne. Bien que parfois fragmentaires, ces travaux permettent de documenter la situation et contribuent à tracer un premier portrait des ressources souhaitées par les acteurs du milieu.

C’est dans ce contexte que le ministère du Patrimoine canadien a mandaté le CEFRIO au début de l’année 2005 pour effectuer une analyse et une intégration des travaux associés à ses champs d’intervention (la culture et l’héritage canadiens, les études sociales, etc.) et, en bout de ligne, dégager de grandes recommandations destinées à guider ses éventuelles actions dans le développement de contenus d’apprentissage électroniques¹.

Les prémisses

Les travaux consultés sont unanimes : les contenus pédagogiques actuellement disponibles s’adaptent difficilement aux objectifs d’apprentissage poursuivis par les nouveaux programmes de sciences sociales et d’histoire des niveaux primaire et secondaire institués par plusieurs provinces et territoires canadiens. Or, face à ces constats concernant l’anachronisme des outils disponibles et le manque de ressources financières affectant le système d’éducation, l’attrait des ressources en ligne tombe sous le sens. Les jeunes Canadiens sont en outre de fervents utilisateurs des TI et plus particulièrement encore d’Internet. Et si leurs usages de la toile sont avant tout de l’ordre du divertissement, Internet représente aussi désormais pour eux un outil privilégié dans le cadre de la réalisation de leurs travaux scolaires².

D’un autre côté, si la plupart des professeurs paraissent posséder les compétences techniques nécessaires pour utiliser les TI à des fins administratives, une proportion plus faible d’entre eux semble cependant détenir les compétences nécessaires pour faire participer les élèves à l’utilisation efficace des technologies dans le but de parfaire leur apprentissage. Selon les auteurs consultés, loin d’être issues d’un quelconque « blocage » des enseignants face aux TIC, les lacunes observées dans leur appropriation des technologies paraissent plutôt attribuables à divers obstacles auxquels ils doivent faire face dans leur pratique (manque de temps, lacunes de la formation, soutien technique inexistant, etc.).

Les besoins et attentes des enseignants canadiens

  • Les sujets pour lesquels les enseignants identifient des lacunes en matière de ressources pédagogiques en ligne sont nombreux et diversifiés (événements marquants au pays, histoire locale, diverses communautés culturelles, etc.);
  • Les lacunes en matière de ressources en français ressortent de plusieurs des sources analysées;
  • Au-delà des sujets eux-mêmes, ce qui apparaît le plus difficile pour les enseignants c’est de trouver du contenu pertinent, bien arrimé aux programmes d’enseignement en place;
  • Bien que les types de contenus désirés paraissent variés, ce sont les vidéos et autres matériels visuels, les plans de cours avec composantes interactives et les leçons « clés en main » qui sont les plus demandés;
  • L’approche multimédia et interactive est grandement préconisée par les enseignants;
  • Les ressources pédagogiques doivent être à jour, fiables, pratiques, complètes, flexibles ainsi que conformes au niveau de langue des apprenants;
  • Les élèves autochtones et ceux éprouvant des difficultés à compléter leur formation dans l’une ou l’autre des deux langues officielles demeurent à mieux desservir;
  • Les enseignants aimeraient bénéficier d’un moteur de recherche flexible, adaptable et conçu spécifiquement pour eux;
  • La création d’un portail, ou encore, d’un dépôt d’objets d’apprentissage, porte d’entrée unique vers des contenus adaptés aux programmes d’enseignement en place, est fortement encouragée par bon nombre de professeurs;
  • Ce lieu virtuel pourrait aussi devenir un carrefour d’échange entre pairs et supporter une communauté virtuelle qui permettrait aux enseignants de « réseauter » entre eux.

En conclusion

À la lumière de l’analyse du CEFRIO, force est de constater que les consultations auprès des enseignants et des élèves canadiens en ce qui a trait à leurs besoins en matière de contenus pédagogiques en ligne n’en sont encore qu’à leurs premiers balbutiements au pays. Malgré ce constat, leur analyse s’est révélée très éclairante et a permis au CEFRIO d’émettre vingt recommandations au ministère du Patrimoine canadien. Mentionnons simplement ici la plus importante d’entre elles, soit le fait qu’étant donné l’ampleur considérable de la tâche, le gouvernement canadien ne doit surtout pas tenter de tout faire lui-même et d’être ainsi seul responsable des ressources pédagogiques mises en ligne. Il doit plutôt agir en facilitateur et supporter le développement d’initiatives locales, mais « exportables » dans d’autres régions et contextes.


Notes :
¹Mentionné en source de cet article, le rapport issu de ces travaux sera bientôt rendu disponible par le CEFRIO.
²Pour des détails sur l’utilisation d’Internet à des fins scolaires par les adolescents québécois, veuillez consulter le rapport complet ou le dépliant synthèse de la plus récente édition de l’enquête NetAdos, menée en 2004 par le CEFRIO.

Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Source : CEFRIO, Évaluation des besoins des professeurs et des étudiants canadiens en matière de ressources pédagogiques sur le Web : revue de littérature et analyse stratégique, mai 2005, 25 pages.

 


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Mai 2008
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des adultes québécois
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