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SISTech : juin 2003
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du 27 juin 2003
Bulletin
du 19 juin 2003
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du 6 juin 2003
Bulletin
du 27 juin 2003
Version
pour imprimer (format PDF)
1. Les TI ou la transformation informatique en entreprise : voir
grand malgré les coupures budgétaires
2. La connectivité au service du système de santé
américain
3. L’évaluation de l’efficacité des
sites Web : mesurez-vous ce qu’il faut?
1.
Les TI ou la transformation informatique en entreprise : voir grand malgré
les coupures budgétaires – Les technologies de
l’information (TI) ou les capacités informatiques d’une entreprise
comptent dorénavant parmi ses atouts compétitifs majeurs. Malheureusement,
le budget informatique de la plupart des organisations a dû récemment
subir de sérieuses réductions en raison des conditions économiques
difficiles. Cependant, Accenture croit que ces deux réalités,
quoique fondamentalement opposées, sont malgré tout compatibles.
En effet, Accenture
soutient qu’il est possible de concilier le maintien de capacités
informatiques intéressantes et la réduction des dépenses
en concentrant, notamment, ses efforts sur des activités informatiques
à forte valeur ajoutée pour l’entreprise. Toutefois, cela
ne peut se faire sans un engagement ferme de la part de la haute direction,
un investissement déterminé à l’avance ainsi qu’une
variété d’outils et de techniques qui, regroupés,
forment une « approche holistique » nommée « transformation
informatique » (information technology transformation) par la firme.
La transformation
informatique privilégie une réduction des coûts mais vise
plus particulièrement la coupure des budgets non discrétionnaires.
Ainsi, une grande part des économies réalisées peut être
canalisée vers des projets discrétionnaires ou des activités
à valeur ajoutée.
Récemment,
Accenture a étudié une vingtaine de projets de transformation
informatique dans l’industrie des services financiers. Ceux-ci ont permis
aux organisations de générer des épargnes brutes de l’ordre
de 20 % à 35 % de l’ensemble de leurs dépenses
informatiques. Trois changements spécifiques sont nécessaires
à l’obtention de tels résultats :
- Changements
dans la culture et dans la gouvernance : il est important d’impliquer
le département informatique dans le processus de prise de décision
en vue d’aligner les TI avec les objectifs et la stratégie d’activité
de l’entreprise;
- Changements
dans les processus et la technologie : les processus inefficaces ou mal
évalués, des services surspécialisés, une faible
gestion des fournisseurs ainsi qu’une rationalisation trop prudente
des TI sont souvent responsables des dépenses informatiques excessives;
- L’ajout
de nouvelles capacités : la réduction des dépenses
non discrétionnaires fournit l’occasion de développer
de nouvelles capacités ou améliorations qui procurent de nouvelles
valeurs à l’entreprise. Qui sait? Ces nouvelles initiatives pourraient
ouvrir de nouvelles pistes à l’entreprise ou la mener vers d’autres
sommets!
Rédactrice
: Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : « Information
technology : thinking bigger. Executive summary », Outlook journal,
Accenture, mai 2003
2.
La connectivité au service du système de santé américain
- La vigueur du système de santé, on le sait,
est une préoccupation de premier plan et fait couler beaucoup d’encre
au Québec. Mais l’Administration publique québécoise
n’est pas la seule à souhaiter améliorer l’efficacité
du réseau de la santé et en moderniser les processus. Or, pour
ce faire, le recours aux technologies de l’information est certainement
l’une des voies à privilégier. Aux États-Unis par
exemple, Connecting for Health, une vaste initiative ralliant à la fois
des partenaires des secteurs public et privé a été lancée
2002, précisément dans le but de conduire, de façon à
la fois rapide et sécuritaire, le système de santé américain
à l’ère numérique.
Connecting for
Health réunit ainsi depuis l’an dernier plus de 100 organisations
(représentants du gouvernement, du secteur de la santé, des citoyens,
etc.) et s’est donné la mission de servir de catalyseur pour parvenir
à une utilisation privée et sécuritaire des données
relatives à la santé et ce, tout en augmentant la qualité
des soins rendus aux patients. À l’origine de ce projet d’envergure,
le constat selon lequel il est tout à fait aberrant de vivre dans une
société où des transactions financières, des réservations
de voyage, etc. peuvent être effectuées par voie électronique,
tandis que les mêmes outils sont toujours peu exploités dans le
réseau de la santé. L’initiative vise en fait à démontrer
en bout de ligne que l’utilisation des TI dans le secteur de la santé
permettrait de sauver des vies, de réduire les erreurs médicales
ainsi que d’accélérer la détection du bioterrorisme.
Les efforts du
regroupement portent principalement sur trois enjeux majeurs reliés à
la santé en ligne :
- la nécessité
d’établir un consensus autour des données standards qui
pourront être transmises et partagées de façon électronique;
- l’identification
des meilleures pratiques en matière de sécurité et de
protection de la vie privée;
- la définition
des caractéristiques essentielles du Personal Health Record (PHR) regroupant
l’ensemble de l’information relative à la santé
de chaque citoyen.
Trois grands groupes
de travail se sont organisés autour de ces problématiques centrales
et viennent d’annoncer, après seulement neuf mois d’exercice,
les conclusions de leurs travaux :
- Groupe consacré
à l’établissement des données standards :
À partir de la prémisse selon laquelle les problèmes
reliés à la transmission de l’information dans le système
de santé ont une influence négative sur la qualité des
soins rendus, l’équipe de travail a concentré ses efforts
sur l’établissement des données standards ainsi que des
protocoles de communication à adopter pour le partage de ces données.
Le groupe a par ailleurs identifié les principales barrières
à une telle circulation de l’information et s’est plus
particulièrement penché sur la question du manque d’interopérabilité
entre les différents systèmes implantés dans les hôpitaux
et les autres institutions du réseau.
- Groupe consacré
à la sécurité et à la protection de la vie privée :
La condition sine qua non pour que les applications de santé en ligne
soient utilisées et connaissent un certain succès est certainement
reliée à la sécurité et à la protection
des renseignements personnels. Convaincue que les TI doivent renforcer et
non affaiblir celles-ci, l’équipe a étudié les
meilleures pratiques en la matière et mis au jour les solutions transférables
au système de santé.
- Groupe consacré
à la définition du Personal Medical Record (PMR) : Cette
dernière équipe de travail a identifié les caractéristiques
essentielles de ce dossier électronique qui rassemble l’information
relative à la santé d’un individu provenant de diverses
sources (médecins, hôpitaux, pharmaciens, assureurs, etc.). Le
groupe s’est aussi mis d’accord sur le fait que chacun doit conserver
le contrôle de cette information.
Précisons
enfin que le dernier-né de Connecting for Health est un projet-pilote,
Healthcare Collaborative Network (HCN), réunissant une vingtaine d’acteurs
clés du système de santé américain et destiné
à démontrer de façon pratique les bénéfices
associés au développement d’un système de santé
véritablement en réseau.
Rédactrice
: Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Markle Foundation Connecting for Health, « Connecting
For Health Unites Over 100 Organizations To Bring American Healthcare System
into Information Age », 5 juin 2003
Site
de Connecting for Health
3.
L’évaluation de l’efficacité des sites Web : mesurez-vous
ce qu’il faut? - Les entreprises qui investissent dans
la mise en place ou le développement d’un site Web doivent en évaluer
la rentabilité afin de justifier les ressources humaines et monétaires
déployées à cette fin. Certains outils de comptage existent
actuellement, mais bien souvent, seules les données statistiques de base
générées par le serveur Web sont analysées et prises
en compte. Mais ce qu’elles disent ne correspond pas forcément
à ce que vous devriez savoir, ou ce que vous en comprenez n’est
peut-être pas si exact…
La mesure de fréquentation
d’un site Web est primordiale afin de cerner son impact sur les marchés
et sur la visibilité de l’entreprise. L’utilité de
la mesure se situe à deux niveaux. D’abord, elle répond
à des objectifs internes à l’entreprise, en évaluant
la performance du site, ce qui permet d’améliorer son contenu ou
sa structure. Ensuite, elle répond à des objectifs externes. À
cet égard, les données obtenues par la mesure de fréquentation
permettent d’attirer les annonceurs ou les partenaires potentiels.
Actuellement, dans
l’industrie, il n’existe pas de normes universellement reconnues
dans l’interprétation des statistiques de fréquentation.
Deux écoles de pensée existent : l’approche statique
et l’approche dynamique.
L’approche
statique tient à l’analyse des fichiers de connexion ou des fichiers
journaux. Ces derniers ne prendront du sens que s’ils sont interprétés
par un logiciel conçu à cet effet, car de façon brute,
il s’agit d’une succession de lignes correspondant aux requêtes
d’un usager. Certaines firmes se spécialisent dans la « lecture »
de ces données, et produisent des rapports statistiques qui présentent,
par exemple, des graphiques montrant l’achalandage selon l’heure
du jour, le jour de la semaine, les pages les plus visitées, le temps
passé par page, etc.
Bien qu’elles
puissent combler une certaine curiosité chez les responsables du marketing,
ces données présentent des lacunes importantes :
- elles ne précisent
pas le profil des internautes;
- elles ne permettent
pas de connaître le nombre de pages téléchargées
au complet, et donc réellement vues;
- elles incluent
les visites des robots qui indexent les pages;
- le dénombrement
des appels de fichiers est brouillé par les caches des ordinateurs
et les serveurs mandataires (proxys) des fournisseurs qui gardent les pages
en mémoire.
L’approche
dynamique est fort différente, plus crédible et conviviale. Elle
permet de faire le suivi en temps réel des comportements de navigation
tels que le chemin d’accès emprunté, le temps consacré
pour chaque page, la fréquence des visites par jour, par semaine, par
mois, etc. Elle est en outre basée sur une mesure qui se sert de marqueurs
situés sur chacune des pages d’un site. Ces marqueurs se déclenchent
lorsqu’une page est affichée, et envoient des données vers
des serveurs de comptage indépendants. Ainsi, toutes les pages appelées
sont incluses dans les statistiques, mêmes celles provenant de serveurs
proxys.
En plus de tracer
des profils d’internautes (géographiques et autres), ces données
permettent d’évaluer le succès de partenariats avec d’autres
sites, d’identifier les mots clés les plus populaires, les sites
de référencement, la technologie utilisée par les visiteurs,
l’impact d’un courriel sur la fréquentation, etc.
Bien qu’elles
aient un fort potentiel marketing, ces données ne sauront bien « parler »
que si elles sont analysées soigneusement par une ressource compétente
en la matière, qui a une bonne connaissance de l’entreprise. Aussi,
chaque type de site doit être jugé selon des indicateurs précis,
en fonction de ses objectifs propres. Pour en connaître plus à
ce sujet, consultez « La mesure d’efficacité des sites
Web : une mise à jour s’impose! », première
partie et deuxième
partie.
Rédactrice
: Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique et enquêtes
Source : CMA Management. La
cybermétrie au service de l’entreprise, [en ligne]. (page consultée
le 23 juin 2003)
Bulletin
du 19 juin 2003
Version
pour imprimer (format PDF)
1. Services
électroniques aux citoyens et aux entreprises : les sites du gouvernement
du Québec à l’examen
2. Gouvernement électronique : un guide d’aide à
la décision pour des investissements technologiques judicieux
3. Des cours en ligne d’une durée de 15 minutes
1. Services électroniques
aux citoyens et aux entreprises : les sites du gouvernement du Québec
à l’examen - L’État québécois,
depuis quelques années, s’est donné comme mission d’améliorer
les services gouvernementaux aux citoyens et aux entreprises. Les technologies
de l’information et de la communication prennent une place prépondérante
dans l’atteinte de cet objectif puisqu’elles permettent d’offrir
des services de façon plus rapide et efficace. Dans le cadre de son vaste
projet « Services électroniques aux citoyens et aux entreprises »,
le CEFRIO a déjà réalisé une enquête¹ pour
connaître les besoins et attentes des citoyens et des entreprises à
l’égard des services publics en ligne. Afin de bonifier ces données,
le CEFRIO a également voulu connaître l’état actuel
de l’offre gouvernementale de services en ligne. Quelques grands constats
tirés de cette analyse.
Afin d’obtenir
un portrait précis et rigoureux des services en ligne existants, une
série de trois évaluations² a été réalisée
par la firme Systèmes Humains-Machines inc., spécialisée
en évaluation ergonomique de sites Web :
1- une évaluation heuristique de 5 sites types du gouvernement du Québec;
2- des tests « d’utilisabilité » à
partir de ces mêmes sites;
3- une évaluation de l’accessibilité des sites aux personnes
handicapées.
Les sites retenus
pour ces évaluations ont été ceux du portail du gouvernement
du Québec et ceux des ministères du Revenu, de l’Éducation,
de la Santé et des Services sociaux et de l’Industrie et du Commerce.
D’abord,
les tests d’évaluation heuristiques ont mis en lumière certaines
lacunes en ce qui a trait à l’organisation des groupes d’information,
à la navigation et à l’accès à ces groupes
d’information. Ils ont également permis de constater que le style
de rédaction n’est pas toujours approprié pour les utilisateurs.
Cela a pour conséquence d’alourdir les pages des sites et de complexifier
la tâche des utilisateurs. De la même façon, l’évaluation
a mis en lumière le fait que « l’utilisabilité »
des sites ne devrait pas être négligée au profit de leur
attrait visuel.
Les tests d’utilisation
ont ensuite confirmé certaines lacunes en ce qui a trait à l’organisation
des groupes d’information, qui se sont traduites par une difficulté
à retracer l’information demandée lors de la réalisation
de scénarios d’utilisation typiques.
Dans un autre ordre
d’idée, il semble que la présentation visuelle des sites
soit attrayante et appréciée par les utilisateurs. Cependant,
elle ne leur permet pas toujours de savoir où ils sont rendus et où
ils doivent aller dans le site pour trouver l’information recherchée.
Quelques-uns ont été désorientés, d’autres
se sont perdus sur les sites. Le temps de réalisation des scénarios
typiques parfois trop long a amené les gens, dans la plupart des cas,
à abandonner la recherche et à trouver une solution alternative
pour la mener à bien.
Finalement, les
résultats des tests d’accessibilité pour les personnes handicapées
diffèrent selon les cinq sites étudiés. Cependant, dans
la majorité des cas, une analyse sommaire a permis de conclure que leur
accessibilité est généralement limitée.
Malgré ces
constats, les sites évalués marquent des points par de « bonnes
pratiques », qui gagneraient à être « copiées ».
Parmi les exemples qui pourraient être cités, notons que le site
du ministère de la Santé et des Services sociaux utilise le code
postal pour identifier les ressources ou l’information en lien avec le
territoire ou le quartier de résidence d’un individu.
Ces études
ont permis de mettre en lumière certaines lacunes présentes sur
les cinq sites étudiés, et de recommander certaines mesures qui
pourraient être mises de l’avant afin de les rendre plus performants.
Il est cependant utile de rappeler que ces évaluations ont été
menées au début de l’automne 2002. Or, toute modification
au contenu ou à la forme des sites Web évalués qui aurait
pu être faite après cette date n’aura pas été
prise en compte dans les conclusions de ce rapport.
Notes :
¹L’étude NETGouv
2003 peut être téléchargée gratuitement
²Les rapports d’évaluation peuvent être téléchargés
gratuitement aux adresses suivantes :
http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Rapport_Evaluation_heuristique.PDF
http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Rapport_Tests_dutilisabilite.pdf
http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Rapport_Accessibilite.PDF
http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Rapport_Recommandations.PDF
Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique
et enquêtes, CEFRIO
Source: Systèmes Humains-Machines Inc. (réalisation et conception
des rapports par M. Jean-Yves Fiset). Étude ergonomique des sites Web
gouvernementaux québécois : Évaluation heuristique, tests
d’utilisabilité, étude sur l’accessibilité
et recommandations, 2003.
2.
Gouvernement électronique : un guide d’aide à la décision
pour des investissements technologiques judicieux – Le
Center for Technology in Government de l’université d’Albany,
partenaire américain du CEFRIO, lançait récemment un ouvrage
destiné aux gestionnaires gouvernementaux. Intitulée « Making
Smart IT Choices, Understanding Value and Risk in Government IT Investments »,
cette publication constitue un guide d’aide à la décision
permettant d’évaluer les impacts des investissements technologiques
en gouvernement électronique. De l’évaluation des risques
inhérents, jusqu’à la présentation du plan d’affaires
(business case) aux cadres supérieurs des ministères, le guide
couvre tous les aspects de la planification d’un investissement technologique.
Les investissements
technologiques sont souvent risqués et les échecs sont trop nombreux.
La publication du CTG avance même que 50 % à 80 % des
projets en TI connaissent des échecs. Les causes fréquentes de
ces insuccès : le manque de planification et l’incapacité
de bien juger la complexité des projets.
Le guide du CTG
amène le gestionnaire à analyser les problèmes et leur
contexte pour ensuite identifier et évaluer les avenues technologiques
possibles. Basé sur de nombreuses années de recherche et de travaux
auprès de douzaines d’organismes gouvernementaux américains,
le guide constate que bien que chaque projet technologique soit différent,
la plupart rencontrent des difficultés communes. Par exemple, on a parfois
tendance à sous-estimer l’influence de l’environnement bureaucratique
et politique. Les impacts sur le travail sont souvent négligés
dans l’analyse fonctionnelle et même lorsque considérés,
ceux-ci sont fréquemment mal identifiés et les processus d’implantation
du changement insuffisamment planifiés.
Ces défis
qui touchent chaque organisation ne doivent pas remettre en cause les habilités,
les talents ou les connaissances des personnes impliquées dans les projets
technologiques. Ils sont plutôt le fruit d’un environnement complexe
où s’entrecroisent bureaucratie, agendas politiques et cadres réglementaires
rigides. De là, toute l’importance de l’analyse du risque,
même si celle-ci doit retarder de quelques semaines le lancement du système
informatique. Mieux vaut lancer un peu plus tard un système qui connaîtra
le succès que d’accélérer le déploiement d’une
technologie qui sera vouée à l’échec.
Le guide comporte
quatre chapitres. Le premier présente d’entrée de jeu les
caractéristiques particulières de l’environnement public
et de leur impact sur les choix technologiques. Certes, la réalité
décrite est tirée d’expériences américaines,
cependant, on dénote plusieurs similitudes avec le contexte actuel des
organismes publics québécois ou canadiens. Le second chapitre
décrit le processus analytique permettant de prendre en compte l’ensemble
des éléments critiques : objectifs du projet, personnel impliqué,
processus actuels, coûts et alternatives technologiques. Les chapitres
suivants permettent au gestionnaire de transformer l’analyse fonctionnelle
en « plan d’affaires » et le conseillent même
sur la façon de présenter et de publiciser son projet.
Bien que basé
sur la réalité américaine, l’ouvrage du CTG présente
un cadre de référence très intéressant et mériterait
une lecture attentive par tout gestionnaire public qui doit concevoir, justifier
ou approuver un projet de déploiement technologique dans un contexte
gouvernemental.
Rédacteur
: Eric Lacroix, directeur veille stratégique et enquêtes, CEFRIO
Source: Sharon
S. Dawes, Theresa A. Pardo, Stephanie Simon, Anthony M. Cresswell, Mark F. Lavigne,
David F. Andersen, Peter A. Bloniarz, Center for Technology in Government. Making
Smart IT Choices, Understanding Value and Risk in Government IT Investments.
[En ligne] (Page consultée le 19 juin 2003).
3.
Des cours en ligne d’une durée de 15 minutes – À
prime abord, offrir à ses employés des périodes de formation
en ligne d’une durée de 15 minutes semble plutôt étonnant.
Pourtant, cette méthode d’enseignement en émergence peut
être très profitable. Elle comporte toutefois certaines limites
et ne convient pas à tous les apprentissages, ni à tous les types
d’apprenants. Voyons dans quelles situations ces courtes périodes
d’apprentissage en ligne sont appropriées ou non.
Certains enseignements
se prêtent aisément à une présentation fragmentée
du contenu. L’apprentissage en ligne par périodes de 15 minutes
est particulièrement avantageux dans ces situations, surtout si l’apprenant
est bien disposé parce qu’il s’apprête à apprendre
à effectuer une nouvelle tâche qu’il devra réaliser
par la suite. C’est aussi la meilleure méthode pouvant convenir
à un individu qui a besoin d’un renseignement précis pour
effectuer un changement quelconque par exemple, ou tout simplement pour se remémorer
une procédure ou améliorer ses connaissances déjà
acquises.
La force de l’apprentissage
en ligne 15 minutes prend notamment sa source dans les systèmes de gestion
des connaissances. La gestion des connaissances, qui favorise le partage du
savoir au sein de l’organisation, permet à un employé d’accéder
à des renseignements spécifiques à tout moment. Les cours
en ligne 15 minutes peuvent alors compléter l’information répertoriée
en rappelant à l’employé comment l’utiliser. Cette
méthode peut également être utile pour former le personnel
sur une nouvelle application d’un système. Bref, l’apprentissage
en ligne 15 minutes est profitable comme aide-mémoire, pour la mise à
jour ou pour la formation continue relativement aux produits, aux services,
aux procédures ou aux politiques de l’organisation.
Cependant, ce type
d’apprentissage peut être inapproprié, voire même nuire
à l’apprenant, dans ces situations :
- lors de l’apprentissage de compétences complexes : il est impossible
d’acquérir de nouvelles compétences comme celles liées
au service, aux ventes et à la gestion dans une ou plusieurs sessions
de 15 minutes. La pratique, l’expérimentation et la rétroaction
sont mieux adaptées à l’apprentissage de ces habiletés.
D’ailleurs, la meilleure méthode d’apprentissage en ligne
pour ce type d’activité est la simulation;
- lorsqu’il y a de fréquentes interruptions : un employé
pour qui le téléphone sonne sans cesse autour de lui et qui est
débordé de travail peut difficilement se concentrer sur son apprentissage.
Un arrêt de 15 minutes ne suffit pas pour lui permettre de « décrocher
» de son travail et de s’investir dans sa formation;
- lorsque la période de 15 minutes est trop longue ou trop courte : chaque
personne a son propre rythme ou style d’apprentissage. Parfois, un module
peut sembler trop long pour une personne ayant une faible capacité de
concentration mais trop courte pour une personne qui s’attarde aux détails.
Bien conçu,
un apprentissage en ligne 15 minutes peut être profitable, particulièrement
s’il est conjugué à des systèmes d’information
portant sur les clients ou sur les produits. Toutefois, lors de la conception
d’un tel programme, il est important de considérer certains éléments
dont :
- les tâches que l’apprenant sera en mesure d’accomplir après
la formation;
- si le téléapprentissage est la méthode la plus appropriée
pour la formation de ces tâches;
- les besoins spécifiques, les compétences et les habiletés
des apprenants;
- si l’information divulguée au cours des 15 minutes vise un objectif
d’apprentissage spécifique, etc.
Enfin, toute organisation
étant préoccupée par le rendement des investissements,
il est avantageux d’inclure dans le système de formation en ligne
l’évaluation des notions apprises et la mesure de la performance
pour s’assurer que les apprenants ont atteint leurs objectifs et que la
formation a réellement permis d’améliorer leur performance
au travail.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : « When
15-Minute E-learning Doesn’t Work », Collaborate newsline,
11 juin 2003
Bulletin
du 13 juin 2003
Version
pour imprimer (format PDF)
1. Adapter
les règles du marketing direct au courriel
2. Des PC « tout-terrains » abordables pour les habitants
des pays du Sud!
3. Le savoir, c’est le pouvoir!
1.
Adapter les règles du marketing direct au courriel –
Très souvent, et parfois avec raison, on associe le marketing direct
par courriel au polluriel (spam). Pourtant, de plus en plus de commerçants
choisissent cette méthode pour s’adresser à leurs consommateurs
cibles. La règle d’or à respecter demeure alors l’envoi
de messages à des individus ayant donné leur accord ou s’étant
préalablement inscrits à cet effet. Autrement, le message envoyé
est tout simplement considéré comme du pourriel.
Selon l’Office
québécois de la langue française, la mercatique directe
(marketing direct) est une méthode personnalisée, ayant comme
« objectif d’instaurer une relation commerciale directe avec
le consommateur cible et susciter de sa part une réponse rapide ».
Le courrier électronique représente donc le moyen idéal
de la pratiquer. À cet égard, Herschell Gordon Lewis, expert en
mercatique directe, affirme que la croissance de l’utilisation du marketing
par courriel – qui s’observe depuis environ deux ans - nécessite
l’application de nouvelles règles adaptées à ce média.
Lewis a identifié
quatre changements majeurs, directement liés au courriel et au Web. Ainsi,
les spécialistes du marketing direct doivent modifier leur approche,
en raison notamment de la mauvaise réputation de l’utilisation
du courriel et du Web à des fins de marketing, et tenir compte de ces
éléments dans leurs messages :
1- Langage plus
familier, moins formel : Le courriel étant beaucoup plus direct
et personnel qu’une brochure publicitaire imprimée, il est préférable
d’être moins formel dans ses communications. Le fait de préciser
le nom du destinataire dans la ligne objet est garant d’un meilleur taux
de réponse. De plus, les gens étant surchargés par la quantité
d’information reçue et disponible sur le Net, les messages doivent
être courts et concis. Les paragraphes ne doivent pas excéder sept
lignes. Toutefois, une communication moins formelle ne signifie surtout pas
qu’il faille négliger la clarté, la grammaire et l’orthographe
du texte.
2- Persuasion « plus
énergique » et réaliste : Pour se démarquer
des pourriels et autres publicités, les spécialistes du marketing
par courriel doivent parvenir à retenir l’attention des consommateurs
cibles. Malheureusement, les gens reçoivent trop de messages électroniques
leur offrant mer et monde à bas prix ou gratuitement. Les internautes
sont dorénavant plus sceptiques et se méfient – heureusement!
– des offres trop mirobolantes.
3- Plus grande
justification des promesses annoncées : Au tout début de l’utilisation
du courriel comme média commercial, les gens n’hésitaient
pas à cliquer sur un message dont l’objet était, par exemple,
« Économisez dès maintenant ». Maintenant,
la majorité efface tout simplement le message, à moins que l’objet
les interpelle, qu’il soit irrésistible et significatif. Les consommateurs
n’acceptent pas les promesses vaines et s’attendent à ce
que les annonces faites soient respectées.
4- Capacité
d’agir rapidement : Pour que la publicité ait un impact positif
et mène directement à une vente ou à une commande, les
courriels doivent conduire à une proposition d’achat. Un bouton
« Pour commander » doit être mis en évidence
au début du message. D’autres boutons peuvent aussi être
insérés à plusieurs endroits sur la page. Avoir la possibilité
de cliquer pour commander directement à partir du courriel consiste en
une excellente technique de vente, affirme Lewis. Selon lui, les aguiches (teasers)
placées dans les promotions par courriel sont inutiles. Pourquoi ne pas
profiter du momentum, alors que le consommateur peut céder à ses
pulsions ou tout simplement agir sans procrastiner!
Enfin, Lewis recommande
de tester diverses présentations pour déterminer laquelle obtient
le meilleur taux de réponse. Les résultats peuvent parfois réserver
certaines surprises. À cet égard, un mercaticien a déjà
fait un premier essai en plaçant le nom du destinataire suivi du titre
du message dans la ligne objet, puis un deuxième essai en inversant les
éléments. Bien qu’il préférait la première
solution, la réalité a démontré - dans son cas -
que de présenter le nom du destinataire à la fin de la ligne objet
résultait en une augmentation du taux de réponse de 13 %!
Rédactrice :
Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources : « Why
e-mail is changing the rules of direct marketing » dans Internet
Retailer, 5 juin 2030
Le
grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la
langue française
2. Des PC « tout-terrains
» abordables pour les habitants des pays du Sud! - Les
Pierrafeux n’ont qu’à bien se tenir : au Laos, le futur
Jhai PC résistera à la poussière, à la chaleur,
à l’eau… et sera alimenté à l’aide d’une
pile rechargée par un générateur électrique à
pédale! Il s’agit là d’un des nombreux projets et
réalisations mis en branle afin de réduire la fracture numérique
entre les pays du Sud et les pays les plus riches.
Depuis seulement
25 ans qu’ils existent, les micro-ordinateurs sont déjà
au nombre de 660 millions sur la planète. Cependant, plus des deux tiers
se retrouvent actuellement dans 12 pays, où vit seulement 15,4 %
de la population mondiale. Les autres pays se partagent donc 214 millions de
micro-ordinateurs, soit une faible moyenne de 40 pour 1000 personnes…
À eux seuls, les États-Unis possèdent 31 % de tous
les micro-ordinateurs de la planète!
Si le Jhai PC du
Laos n’est pas encore tout à fait au point, deux ans de recherche
ont permis à un groupe de scientifiques et d’ingénieurs
indiens de lancer dernièrement le Simputer (Simple Inexpensive Multilingual
People’s compUTER), destiné aux citoyens des régions défavorisées
de l’Inde. Bien qu’ayant la taille d’un ordinateur de poche
de type Palm, ce petit nouveau est composé d’un microprocesseur
Intel Strong-Arm, de 32 Mo de mémoire vive et de 16 Mo de mémoire
Flash, d’un modem de 56 K, ce qui est suffisant pour aller sur le Web
et envoyer des courriels.
Étant donné
que la proportion d’analphabètes est de l’ordre de 35 %
à 55 %, et qu’environ neuf Indiens sur 10 ne parlent pas l’anglais,
le Simputer est muni d’un écran tactile, d’icônes simples,
et… il parle, grâce à une banque de 1 200 phonèmes!
Trois langues plutôt qu’une de surcroît : hindi, tamoul
et kannada.
En ce qui concerne
l’alimentation en énergie, le Simputer peut compter sur trois piles
AAA, relativement faciles à se procurer pour les villageois indiens.
Afin de réduire
encore les coûts, le système d’exploitation « libre »
GNU/Linux a été choisi. Dans cet esprit, la quincaillerie, les
plans et spécifications du Simputer sont « libres »
aussi, à la disposition de quiconque s’y intéresse, voudrait
le vendre ou le produire! Il est donc également permis de l’améliorer,
à condition que les modifications soient partagées avec la communauté
d’utilisateurs. Seule condition exigée par la fondation chargée
de sa promotion : un droit de 25 000 $ américains pour
les pays en voie de développement. Cette licence est accordée
au coût de 250 000 $ pour les autres pays.
Cela étant,
les ingénieurs ont également dû se creuser la tête
pour rendre le Simputer accessible aux habitants de l’Inde financièrement
parlant. Son prix, d’environ 20 $ américains, est très
élevé si l’on considère que leur salaire moyen mensuel
est d’environ 30 $! Ils ont donc muni l’appareil d’un
lecteur de carte à puces. Les cartes ne coûteront que 1 à
2 $ américains, et serviront à conserver les données
personnelles de chacun afin qu’un seul appareil puisse être utilisé
par plusieurs personnes.
Déjà,
des projets pilotes ont permis à des fermiers de vendre leurs récoltes
à prix plus avantageux, l’accès à Internet leur ayant
permis de suivre le cours des marchés. De plus, les transactions bancaires
à distance et l’impression de certains formulaires, par exemple,
leur ont épargné certains déplacements à la ville.
Les écoles rurales en bénéficient également : accès
au courriel, écoute de la radio sur le Web, éducation à
distance, etc.
L’expérience
fait déjà des petits : de nombreux autres projets sont déjà
mis en branle dans certains pays du Sud. Même des pays plus riches ont
déjà commercialisé des micro-ordinateurs plus modestes
afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre de citoyens.
Rédactrice :
Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique et enquêtes,
CEFRIO
Source: Magazine
Québec Science - Juin 2003. Un
PC pour quelques roupies, [en ligne]. (page consultée le 6 juin 2003)
3.
Le savoir, c’est le pouvoir! - Plusieurs gestionnaires
le savent bien, conduire les employés d’une organisation à
partager leurs connaissances entre eux n’est pas chose facile et demande
beaucoup plus que de la bonne volonté. Et il n’est point d’être
grand clerc pour se rappeler qu’une tradition immémoriale veut
que qui dit savoir, dit pouvoir. Pourtant, et rendons grâce aux développements
de la gestion des connaissances (GC), il tombe aujourd’hui sous le sens
que la circulation et le partage des savoirs au sein d’organisation sont
plus cruciaux que jamais. Comment donc renverser la vapeur et convaincre les
employés que tous sortiront gagnants d’une telle mise en commun?
Transformer la
culture de l’organisation, y établir un climat de confiance, comprendre
les motivations ainsi que les résistances des gens à partager
leurs savoirs représentent sans nul doute les plus grands défis
à relever par les maîtres d’œuvre d’initiatives
reliées à la GC. En amont des préoccupations technologiques,
il importe ainsi de dégager et de mettre de l’avant un élément
rassembleur qui puisse convaincre les gens de collaborer entre eux. Or, c’est
souvent précisément sur ce point que le bât blesse et que
les projets de GC ne prennent pas tous leur envol. Les comportements des employés
relatifs aux connaissances qu’ils détiennent ont en effet une implication
directe sur le partage et la circulation de celles-ci dans une organisation.
C’est à
partir de cette prémisse et dans le but de cerner les motivations reliées
d’un côté, à la rétention des savoirs, et de
l’autre, à leur partage, qu’une équipe de recherche
du Knowledge and Innovation Network (Royaume-Uni) a mené une trentaine
d’études de cas, en collaboration avec des entreprises appartenant
à différents secteurs industriels. Ces travaux ont permis de mettre
au jour quatre comportements types reliés aux connaissances et à
leur circulation dans une organisation :
1- Le Web : Dans
ce type de situation, les savoirs agissent en éléments rassembleurs
et mettent les gens en contact entre eux dans des réseaux sociaux, notamment
des communautés de pratique. Le partage des connaissances dépend
ici de la confiance établie entre les membres du réseau. Mais
attention, il ne faut pas confondre réseaux sociaux et réseaux
TI. Les premiers préexistent souvent aux seconds et représentent
certainement le facteur clé du partage des connaissances entre les individus.
2- L’échelle : Les connaissances sont partagées si et seulement
si cette opération permet à un individu de mieux gravir les échelons
du pouvoir. Contrairement au comportement Web, basé sur l’égalité
et le partage, l’accent est ici plutôt mis sur la compétition
interindividuelle. À noter que cette situation peut souvent être
observée dans les milieux où l’expertise individuelle est
la clé de l’avancement et partant, est associée à
une forte rétention de l’information par les individus.
3- Le flambeau : L’exemple d’un leader qui démontre de façon
concrète qu’il faut considérer les savoirs au-delà
de son seul intérêt, agit ici en modèle pour le partage
des connaissances. À l’instar du leader, les employés sont
amenés à voir la mise en commun de l’information comme une
valeur clé de l’organisation.
4- La forteresse : Dans cette dernière situation, les connaissances deviennent
une véritable armure contre d’éventuelles menaces. En refusant
de partager ses savoirs, un groupe d’individus se sentant déjà
menacés (craintes relatives à la sécurité d’emploi,
etc.), conservent le contrôle sur un certain territoire informationnel.
La plupart du temps,
notamment dans les plus grandes organisations, les quatre types de comportements
cohabitent plus ou moins harmonieusement entre eux. Pour implanter des stratégies
de GC adéquates et bien adaptées aux situations qui prévalent
réellement autour d’eux, les gestionnaires ont donc tout à
gagner à bien les comprendre. Car aussi puissante la technologie soit-elle,
elle demeure tout à fait inefficace quand il s’agit de changer
ce qui est en fait un enjeu de culture.
Rédactrice
: Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Harry Scarbrough, « Why your employees don’t share what
they know », Knowledge Management Review, vol. 6, no 2, mai-juin 2003.
Bulletin
du 6 juin 2003
Version
pour imprimer (format PDF)
1. Conseils
pour donner des ailes à la force de vente de votre entreprise
2. Le cybersquattage nuit-il au commerce électronique?
3. Secteur des TI : du technologique au stratégique
1.
Conseils pour donner des ailes à la force de vente de votre entreprise
- Malgré ce que ses dirigeants pourraient croire, consolider
la force de vente d’une entreprise dans un contexte économique
incertain est tout à fait possible. Mais attention, pour ce faire, il
faut se tourner vers la gestion de la relation client (GRC ou CRM pour customer
relationship management) et analyser de façon efficace les données
relatives à la clientèle pour en tirer le maximum et en bout de
ligne, les transformer en savoirs stratégiques qui valent leur pesant
d’or.
Si des conditions
économiques difficiles peuvent certainement expliquer en partie une performance
mitigée de la force de vente d’une organisation, cette dernière
a par contre souvent elle aussi une part de responsabilité dans cet insuccès
relatif. Car qui dit ventes, dit clients. Et malgré l’engouement
actuel pour tout ce qui touche à la gestion de la relation client (GRC),
bien peu d’entreprises exploitent pleinement les données qu’elles
récoltent sur leurs clientèles et les transforment en véritable
intelligence d’affaires. C’est par ailleurs encore plus vrai pour
les organisations du domaine du commerce électronique interentreprises
(C3E ou B2B pour business-to-business e-commerce) qui ont été
beaucoup plus lentes que les entreprises de commerce grand public (B2C pour
business-to-consumer e-commerce) à réaliser la valeur d’une
analyse approfondie des données clients.
Pourtant et selon
Accenture, rien ne vaut une compréhension fine et adéquate de
sa clientèle pour revivifier une force de vente chancelante. Et trois
grands mots d’ordre sont à retenir :
Alignement : Accenture
recommande d’identifier d’abord vos « top » clients,
ou en clair, ceux qui sont susceptibles de vous rapporter le plus. Rappelez-vous
que ceux-ci ne constituent souvent qu’un faible pourcentage(environ 5 %)
de votre clientèle globale. Il faut ensuite centrer vos efforts de vente
(ressources, programmes, etc.) sur ce segment de consommateurs et savoir rejoindre
ces clients si précieux avec des messages et des contenus appropriés
à leurs processus d’achat.
Comportement :
Mais ce n’est pas tout : il faut aussi former les ressources humaines
associées aux ventes pour les conduire à reconnaître et
à adopter les bons comportements. Dans cette optique, les activités
de formation du personnel gagnent à être axées non seulement
sur une bonne connaissance des produits et services offerts mais aussi sur le
développement d’aptitudes comportementales adéquates.
Capacités
: Il faut enfin savoir rendre cet alignement possible et se donner les moyens
d’identifier et de cibler ses clients les plus prometteurs. Au-delà
de l’implantation de solutions informatiques destinées à
l’analyse des données clients, certains processus reliés
à la gestion des ventes doivent parfois être revus et corrigés,
tandis que de nouveaux outils qui automatisent les activités à
faible valeur ajoutée peuvent être implantés.
Les entreprises
qui s’inspireront de ces trois consignes auront enfin, selon Accenture,
tout en main pour saisir les bonnes opportunités et adopter les bonnes
tactiques de ventes.
Rédactrice
: Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Troy G. Miller et Eric P. Gist, « Customer
Relationship Management : How to Build a High-Performance Sales Forces »,
Accenture, Outlook Journal, mai 2003
2. Le cybersquattage nuit-il au
commerce électronique? – L’avènement
de la toile mondiale (Web) a vu apparaître un nouveau type d’araignée,
soit celui qui cherche à prendre les cyberentreprises prospères
dans ses filets. On les nomme cybersquatters. Leur modus operandi (selon l’Office
québécois de la langue française (OQLF)!) : « enregistrer
des noms de domaines relatifs à des marques de commerce connues, dans
l'intention de réaliser un profit en les revendant, souvent à
prix d'or, aux sociétés propriétaires de ces marques ».
Plusieurs entreprises
ont déjà été victimes de ces cybersquatters qui
peuvent exiger des sommes atteignant les sept chiffres. Sensibles à leurs
plaintes et récriminations, des organisations comme l’Internet
Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) et l’Organisation mondiale
de la propriété intellectuelle (OMPI) ont élaboré
des recommandations et des législations. En 1999, l’ICANN a institué
le Uniform Domain Name Dispute Resolution Policy et adopté l’Anti-Cybersquatting
Act. Malheureusement, si ces mesures ont permis de freiner les pratiques de
cybersquattage, elles n’ont pas réussi à les enrayer complètement.
De plus, elles ne suffisent pas à régler tous les problèmes
potentiels car elles couvrent un territoire limité. Par exemple, l’Anti-Cybersquatting
Act est en vigueur aux États-Unis. Ainsi, il ne peut être d’aucun
secours si le cybersquatter est situé en Corée.
Comment se prémunir
contre ces maîtres chanteurs du Net? Est-il possible de les empêcher
de nuire à la bonne image et à la bonne réputation de l’entreprise
ainsi qu’à la santé de ses affaires électroniques?
Deux stratégies parviennent, du moins, à bloquer les spéculateurs
du Net dans leur façon de procéder. Il s’agit de l’enregistrement
préventif et de la surveillance des dates d’expiration des enregistrements
des noms de domaine.
L’enregistrement
préventif consiste à enregistrer son nom de domaine sous différentes
formes en incluant des fautes d’orthographe ou en inventant des variantes
farfelues ou non. Par exemple, Verizon a réservé le nom verizonsucks.com
avant qu’un individu songe à se l’approprier avec des intentions
plus ou moins nobles. Également, Chris Patmore, porte-parole chez Register.com,
considère qu’il est primordial d’enregistrer son nom de domaine
dans les pays où l’on prévoit effectuer des activités
de commerce électronique et que l’on croit « risqué »
- comme le Japon.
La vigilance et
la surveillance de la date d’expiration de l’enregistrement du nom
de domaine permettent d’éloigner la tentation des cybersquatters.
Francis Gurry, porte-parole chez l’OMPI, souligne l’existence de
logiciels permettant de repérer les domaines devenus disponibles et de
les enregistrer immédiatement, s’ils sont bien réputés.
C’est ainsi que Navydallas.com, site initialement destiné à
la famille et aux amis des membres de la Navy, donna accès à un
site Web porno. Heureusement, la législation est indulgente pour les
retardataires car elle leur offre la possibilité de racheter leur nom
de domaine sans avoir à entamer des processus judiciaires. L’ICANN
a effectivement prévu une « période de grâce »
pour les domaines périmés, après avoir reçu une
montagne de plaintes de sociétés victimes des cybersquatters.
Aujourd’hui,
la tendance est d’enregistrer le nom de domaine d’une nouvelle entreprise
ou d’un nouveau produit avant même qu’il soit annoncé
ou lancé. C’est ainsi que l’on s’adapte au monde des
affaires électroniques!
Rédactrice
: Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources : « Is
Cybersquatting Killing E-Business? » dans E-Commerce Times, 2 juin
2003,
Le
Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la
langue française, 2000,
3.
Secteur des TI : du technologique au stratégique –
Dans plusieurs entreprises, le service des TI a vécu au cours des dernières
années une véritable mutation. À ses tâches de support
aux usagers, de développement d’applications, de gestion des réseaux
et des parcs informatiques s’ajoute maintenant un rôle davantage
stratégique. Pour répondre aux défis que pose cette nouvelle
mission, un changement de structure organisationnelle s’impose. Selon
Suzanne Rivard, professeur à HEC Montréal, le modèle en
fédération se répandrait dans diverses entreprises et répondrait
à ces nouvelles exigences.
Appelé à
jouer un rôle stratégique dans l’entreprise, le service des
TI se retrouve devant un défi majeur, qui se pose parfois comme un paradoxe,
soit «la mise en place d’une organisation souple et flexible capable
de réagir rapidement aux changements de l’environnement et même
de les prévoir tout en continuant d’assurer la stabilité
de l’infrastructure technologique et la fiabilité des systèmes
opérationnels ». Pour ce faire, une transformation de l’organisation
s’avère nécessaire. Chez Bell Atlantic, comme dans d’autres
entreprises, le service des TI se structure maintenant en fédération.
La structure en
fédération représenterait le juste milieu entre une organisation
centralisée - où les diverses unités en TI sont regroupées
et partagent des coûts en plus de pouvoir déterminer des normes
et des façons de faire homogènes - et une structure décentralisée
– où les unités sont autonomes, plus près des besoins
des gens et où la gestion est allégée. Elle tire donc le
meilleur des deux mondes, notamment en laissant un peu d’autonomie aux
unités tout en proposant des normes communes.
Bell Atlantic a
mis en place trois types d’équipe de travail: les équipes
de gestion, les centres d’excellence et les équipes de livraison.
Si les équipes de gestion sont constituées d’un responsable
des TI et de cinq directeurs qui voient à l’arrimage des développements
informatiques avec les orientations stratégiques de l’entreprise,
les équipes de livraison regroupent temporairement des experts qui ont
pour objectif de mener à bien un projet précis lié à
leur domaine. Pour leur part, les centres d’excellence sont des équipes
semi-permanentes qui regroupent des experts de divers domaines. Chez Bell Atlantic,
12 centres d’excellence sont actuellement actifs et portent sur des thèmes
aussi variés que le génie logiciel, l’assurance de la qualité
ou la gestion des livraisons.
Des gestionnaires
ont également pour mandat d’effectuer l’intégration
et la liaison entre les différentes équipes de travail. Les gestionnaires
des centres d’excellence veillent à l’affectation du personnel
aux divers projets, au suivi de leur formation et du développement des
processus des centres d’excellence, alors que les gestionnaires de comptes
s’occupent de la relation avec le client. Enfin, les gestionnaires des
équipes de livraison déterminent les compétences requises
pour leur projet et gèrent les équipes de projet en assurant le
respect des échéanciers et des budgets.
Bien sûr,
le seul fait de transformer la structure du service des TI n’est pas garant
de son bon fonctionnement. Quelques conditions doivent être mises en place
pour s’assurer de sa réussite. Pour une gestion du changement efficace,
Suzanne Rivard suggère d’énoncer une vision claire en faisant
en sorte qu’elle soit partagée par les parties impliquées.
De plus, selon elle, une grande importance doit être accordée à
l’adaptation des employés aux nouvelles TI utilisées par
l’entreprise et à l’émulation du personnel.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Suzanne Rivard, printemps 2003, « La structure du service des
technologies de l’information : le défi de la flexibilité
», Gestion, vol 28, no 1, pp.36-43.
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