Bulletin du 28 juin 2002
Bulletin du 21 juin 2002
Bulletin du 13 juin 2002
Bulletin du 7 juin 2002
Bulletin du 28 juin 2002
1. Concevoir un site Web crédible
2. La Fracture numérique : au-delà d'une simple question de technologie
3. Lier le processus d'innovation à la gestion des connaissances
4. L'ensemble du territoire canadien peut être branché
1. CONCEVOIR UN SITE WEB CRÉDIBLE
- Dans le cadre de son projet portant sur la crédibilité du Web, le
Persuasive Technology Lab de la Stanford University cherche à identifier et
à comprendre les éléments qui inspirent confiance en un site Internet. Trois
années de recherche, ayant impliqué plus de 4500 personnes, ont ainsi permis
au laboratoire de dégager dix directives permettant de concevoir un site Web
crédible. Les voici :
1- Facilitez la vérification de l'information présentée dans le site Web
en fournissant les références (avec hyperliens) des citations et des sources
d'information utilisées. Vous démontrez ainsi la confiance que vous avez en
votre matériel.
2- Montrez que le site Web est celui d'une organisation bien réelle et concrète.
Pour ce faire, il ne suffit que de fournir l'adresse physique de l'entreprise.
On peut aussi ajouter une photo de l'édifice ou mentionner, par exemple, que
l'entreprise est membre d'une association ou d'une chambre de commerce.
3-Mettez votre savoir-faire en évidence. Si votre équipe compte des experts,
si vous collaborez ou fournissez des services à des organisations d'importance,
mentionnez- le. Si vous êtes affilié à une société respectée, expliquez-le
d'une façon claire. Toutefois, assurez-vous de ne pas faire d'hyperliens vers
des sites non crédibles. Cette association pourrait nuire à votre crédibilité.
4- Misez sur l'aspect humain et démontrez que des personnes « réelles »,
honnêtes et fiables travaillent pour l'organisation. Communiquez leur crédibilité
par le biais d'images ou de textes. Par exemple, certains sites fournissent
des informations biographiques (famille, activités personnelles).
5- Présentez vos coordonnées (numéro de téléphone, adresse et courriel)
de façon à ce qu'elles puissent être repérées facilement et rapidement.
6- Développez le site de manière à ce qu'il ait l' « air professionnel »
ou approprié à votre mission. Les gens évaluent rapidement un site, et généralement,
à partir de son aspect visuel. Donc, portez attention à la mise en page, à
la typographie, aux images et voyez à ce qu'il ait une certaine uniformité.
7- Construisez un site facile à utiliser - et utile. Tenez compte de l'usager.
Ne cherchez pas à épater la galerie en montrant toutes les choses éblouissantes
que la technologie Web permet de faire.
8- Mettez à jour ou révisez régulièrement le contenu de votre site et inscrivez
la date du changement. Les gens accordent plus de crédibilité aux sites qui
ont été révisés ou mis à jour récemment.
9- Si possible, évitez de présenter de la publicité sur votre site. Sinon,
différenciez nettement votre contenu de celui du commanditaire. Oubliez les
publicités pop-up. Choisissez un style d'écriture clair, direct et sincère.
10- Il n'existe pas de petites erreurs. Les fautes typographiques ou les
liens brisés nuisent à la crédibilité d'un site, et ce, encore plus que l'on
pourrait s'imaginer. Également, veillez à ce votre site ne subisse pas d'interruption
et qu'il soit accessible en tout temps, d'une manière continue.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech,
CEFRIO
Source : « Stanford Guidelines for Web Credibility », The Web Credibility
Project, Persuasive Technology Lab, Stanford University
2. LA FRACTURE NUMÉRIQUE : AU-DELÀ
D'UNE SIMPLE QUESTION DE TECHNOLOGIE - Malgré les nombreuses initiatives
destinées à la réduire, la fracture numérique entre les nations ne cesse de
s'aggraver. C'est du moins ce qui ressort d'une étude récemment menée par
la United Nations Division for Public Economics and Public Administration
(UNDPEPA) en association avec l'American Society for Public Administration
(ASPA) et qui a examiné les initiatives de gouvernance en ligne conduites
par 190 États membres des Nations Unies dans le but d'en établir le portrait
global pour 2001.
Si au total, 169 de ces nations offraient l'an dernier une certaine forme
d'information ou de services en ligne, le degré d'implantation du gouvernement
électronique variait cependant grandement d'un État à l'autre. Plusieurs en
étaient ainsi toujours au stade de l'émergence (présence officielle en ligne)de
telles initiatives, tandis que les nations ayant atteint un stade transactionnel
nettement plus « évolué » se faisaient encore rares. Seulement
17 États offraient ainsi la possibilité de conduire des transactions en ligne
et le quart des nations à l'étude (25 %) présentaient des contenus statiques,
insuffisants et souvent erronés.
Comme on pouvait s'y attendre, l'étude a en outre démontré une corrélation
étroite entre le degré de mise en œuvre du gouvernement électronique et la
situation sociale, politique et économique des nations. Les pays industrialisés,
dont les citoyens jouissent déjà des bénéfices de ressources abondantes, d'un
meilleur accès à l'information et d'une relation plus étroite avec l'administration
publique, arrivent ainsi en tête de lice. En clair, les pays les plus riches,
et notamment les États-Unis ici encore bons premiers, sont aussi de façon
globale les leaders de la gouvernance en ligne. Il y a bien sûr des exceptions,
certaines nations d'Amérique du Sud arrivant à tirer leur épingle du jeu,
mais les facteurs clés qui paraissent déterminants en la matière sont :
l'état de l'infrastructure de télécommunication du pays, la force de son capital
humain, les politiques et les priorités administratives et enfin, la volonté
politique et l'engagement des dirigeants.
On peut toutefois penser que les États aux prises avec la pauvreté et la
famine ont certes d'autres chats à fouetter que d'offrir des services électroniques
à leur population qui, après tout, doit composer avec des besoins nettement
plus prioritaires. Il faut pourtant se rappeler que le fait de rendre disponibles
de façon électronique de l'information et des services ne vise pas qu'à simplifier
la vie des citoyens en leur offrant certaines « commodités »
(paiement des comptes de taxes en ligne, etc.). Les initiatives en ce sens
doivent en effet poursuivre l'objectif certainement plus ambitieux de donner
accès à l'information qui, en bout de ligne, conduira les citoyens à prendre
des décisions plus éclairées sur des sujets importants (lois et politiques
en vigueur, vie politique du pays, etc.).
Et c'est précisément là que le bât blesse puisque dans plusieurs pays, une
telle information n'est toujours pas disponible pour le commun des mortels,
des efforts étant d'ailleurs souvent concertés pour qu'il en demeure ainsi.
La gouvernance en ligne, qui sous-tend nécessairement des communications plus
ouvertes, une augmentation de la transparence de l'administration ainsi que
de la participation des citoyens, est donc à la fois un défi et un enjeu politique
de taille.
Bien en amont d'accompagner les pays les plus pauvres lors du déploiement
de leurs infrastructures technologiques, l'intervention des mieux nantis aurait
donc tout à gagner à se concentrer sur les politiques de rétention de l'information
des États. Si le branchement au Net est certainement un préalable essentiel
à la mise en œuvre de stratégies de gouvernance en ligne, la volonté politique
de véritablement informer et servir les citoyens en est quant à elle une condition
sine qua non.
La fracture, on le voit, est bien davantage que numérique et il faudra beaucoup
plus que de la bonne volonté pour en venir à bout.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Nolan Fell, « La fracture numérique mondiale s'aggrave », EDTN France, 25 mars
2002
- Charlie Taylor, « Egovernment gap widens », Nua, 24 juin 2002
- United Nation's Division for Public Economics and Public Administration and
the American Society for Public Administration, Benchmarking E-government
: A Global Perspective
3. LIER LE PROCESSUS D'INNOVATION
À LA GESTION DES CONNAISSANCES - L'innovation joue un rôle crucial
autant pour la prospérité des entreprises que pour celle des régions. En ce
début du 21e siècle, l'innovation est toutefois plus qu'une simple question
de savoir-faire interne propre à une organisation, elle en dépasse les frontières
mêmes. C'est d'ailleurs pour cette raison que de plus en plus de gouvernements
à travers la planète s'intéressent à des phénomènes comme le maillage, les
réseaux d'entreprises et les systèmes d'innovation.
De nos jours, les entreprises doivent par le fait même savoir gérer à la
fois leur savoir intra-organisationnel et inter-organisationnel. En plus de
se tourner vers l'externe, comme elles le faisaient traditionnellement pour
leurs besoins de RD et de production, elles doivent ainsi établir des partenariats
pour plusieurs autres questions relevant du management (la commercialisation,
la protection intellectuelle, le développement de nouveau marché...).
L'innovation, poussée par les principes que guide la nouvelle économie,
est plus que jamais un processus complexe où la rapidité est la règle d'or.
Or, afin de répondre à cette nouvelle réalité, les organisations innovantes
modernes doivent s'assurer :
- d'octroyer autant d'importance à leur savoir inter- organisationnel qu'à
leur savoir intra-organisationnel,
- de créer de nouvelles synergies autour des ressources humaines, financières
et matérielles dont l'entreprise et ses partenaires disposent,
- de gérer efficacement la partie du savoir qui a le plus d'impact au sein
des organisations : le savoir tacite.
Les nouvelles valeurs des entreprises doivent ainsi inclure des éléments tels :
le partage et la diffusion libre des savoir-faire, un esprit entrepreneurial,
la créativité, des mesures de performance adaptées aux réalités modernes, des
équipes multidisciplinaires ainsi que la conciliation de la RD avec les besoins
des clients. Ce dernier point, bien qu'il ne soit pas nouveau en soi, est toujours
aussi crucial puisque pour créer de la valeur, l'innovation doit ultimement
aboutir à une application réussie.
Par ailleurs, la Commission innovation, Club de la gestion des connaissances,
un regroupement de dirigeants d'entreprises françaises, développe présentement
un modèle, qu'elle nomme le IMM pour « Innovation Maturity Model »,
qui servira à évaluer la capacité d'innovation d'une entreprise. Le président
de la Commission, Jean- Marie Bézard, présente d'ailleurs très bien le lien
pouvant exister entre l'innovation, la gestion des connaissances et les partenariats
lorsqu'il explique : « Au sein de la commission, nous pensons
que l'innovation passe par l'expérience et la reconnaissance de chacun des
employés. C'est auprès des collaborateurs qu'il faut chercher les chemins
qui conduisent à l'innovation. »
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- « Why
Know-Who Trumps Know-How », Sigvald J. Harryson, strategy+business
- Second Quarter, 2002
- « L'innovation boostée par la gestion des connaissances », Annie
Lichtner, Informatiques Magazine n° 136 - 16 novembre 2001
- « Regional Foundations of Competitiveness », Michael E. Porter,
Institute for Strategy and Competitiveness, 3 avril 2002
- « Innovation & Gestion des connaissances », Jean-Marie Bézard, Club
Gestion des Connaissances, 25 janvier 2002
4. L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE CANADIEN
PEUT ÊTRE BRANCHÉ - Les PME canadiennes en régions éloignées peuvent
se rapprocher du monde : l'accès à Internet est désormais possible sur
l'ensemble du territoire canadien grâce à la technologie VSAT (Station terrienne
à très petite ouverture d'antenne). Cette technologie requiert cependant des
investissements importants, le coût de l'équipement de base se situant entre
1 000 $ et 200 000 $, et les frais mensuels d'utilisation
étant d'au moins 3 500 $.
Ces renseignements ont été tirés d'un document réalisé par l'École de technologie
supérieure de l'Université du Québec, à la demande d'Industrie Canada. Il
présente de façon exhaustive les technologies d'accès à Internet auxquelles
peuvent avoir accès les PME canadiennes, même si elles ne sont pas toutes
disponibles à l'heure actuelle sur l'ensemble du territoire.
Chaque technologie y est présentée par le biais d'une fiche comprenant le
nom de la technologie, sa description, ses caractéristiques techniques, ses
modalités de fonctionnement, son potentiel de disponibilité, ses fournisseurs
ainsi que les coûts relatifs à son installation et à son utilisation.
Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Le document « Technologies d'accès à Internet pour les PME », mars 2002, peut
être consulté gratuitement.
Bulletin du 21 juin 2002
1. L'audit informationnel au service des organisations
2. Deux éléments à retenir pour réussir son projet ERP
3. La gestion des connaissances dans les organisations : une
nouvelle culture à s'approprier
1. L'AUDIT INFORMATIONNEL AU SERVICE
DES ORGANISATIONS - L'audit informationnel est un processus systémique
qui vise à identifier les besoins stratégiques des firmes. Il aide les organisations
à définir les ressources informationnelles internes, externes, formelles et
informelles disponibles et étant nécessaires à la réalisation de leur mission
et à l'atteinte de leurs objectifs.
La compréhension de la nature et des caractéristiques de l'information est
un prérequis essentiel pour la réalisation d'un audit informationnel. Or,
l'information est :
- une matière brute devant être transformée par le cerveau humain par un
processus cognitif afin d'en dégager un savoir;
- un bien incorporel pour lequel il est difficile d'associer une valeur
monétaire;
- une ressource diffuse qui entre dans la composition de l'ensemble des
produits et des services d'une entreprise;
- un ingrédient vital en égard à l'innovation et à la compétitivité des
organisations.
Une des confusions courantes consiste à confondre l'information (le contenu),
et les technologies de l'information (le contenant), dont le rôle est d'être
au service de l'information. Par ailleurs, l'information n'a aucune valeur en
tant que telle, c'est son utilisation qui en fait sa richesse. À ce titre, l'ensemble
des ressources humaines dans une organisation ont un rôle important à jouer
par rapport à l'information, et ce, même si plusieurs n'en sont pas toujours
conscients. La réalisation d'un audit informationnel nécessite ainsi que l'on
s'intéresse autant aux ressources humaines qu'aux processus de l'entreprise.
Bien qu'il existe plusieurs méthodes pour réaliser un audit informationnel,
celle des auteurs Buchanan et Gibb est considérée par plusieurs comme une
des plus flexibles. Cette méthode comporte cinq étapes :
- Promouvoir le concept afin de s'assurer d'obtenir la collaboration des
employés;
- Effectuer la revue structurelle (identifier la mission, la culture, la
structure...) ainsi que la revue des processus (définir les ressources informationnelles,
le flux d'information...);
- Analyser chacun de ces éléments afin d'en faire ressortir un plan d'action;
- Comptabiliser les coûts et la valeur des ressources informationnelles;
- Synthétiser les constatations et émettre les recommandations d'usage.
Le travail ne se termine toutefois pas une fois l'ensemble des recommandations
du rapport implantées. L'audit informationnel, doit être vu comme un processus
continu. Une phase de rétroaction, qui amène l'organisation à revoir son cycle
informationnel pour le valider, est par le fait même essentielle.
L'audit informationnel vise ultimement à optimiser l'ensemble des actifs
des entreprises. Les organisations innovantes n'ont d'autres choix de nos
jours, dans le contexte moderne de la société du savoir dans lequel elles
évoluent, que de maximiser l'ensemble de leurs ressources - incluant leurs
ressources informationnelles. Leur compétitivité repose ainsi plus que jamais
sur leur capacité à gérer l'information. À ce titre, l'audit informationnel
est un outil puissant au service des organisations.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille Stratégique
Sources : « L'audit informationnel stratégique; un outil puissant
pour développer votre vision de l'entreprise et pour contribuer à la sienne! »,
présentation réalisée par Louis-René Dessureault, directeur principal, SIRS,
Samson Bélair Deloitte & Touche dans le cadre du 33e colloque annuel de la
Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec qui s'est tenu à
Joliette du 22 au 24 mai 2002.
« The Information Audit : A tool for visionary organisations »,
Ibrahim Ramjaun, PROSI Magazine, août 2000
2. DEUX ÉLÉMENTS À RETENIR POUR RÉUSSIR
SON PROJET ERP - L'échec de l'atteinte des objectifs visés par la
mise en place d'un système ERP (enterprise resource planning, progiciel de
gestion intégré) est l'une des plus grandes déceptions ressenties à l'égard
des logiciels d'exploitation d'une entreprise. Pourtant, très souvent, la
cause de cet insuccès ne doit pas être attribuée au logiciel, ni à son installation
mais plutôt à une question de gestion et de suivi du projet.
En fait, on dit même que dès son premier jour d'opération, le progiciel
de gestion intégré a déjà perdu un peu de sa valeur stratégique pour l'organisation.
Au début d'un tel projet, les intégrateurs de système et l'équipe de travail
ERP prennent soin de définir les objectifs poursuivis. Par contre, très peu
prévoient un plan de suivi fournissant une méthodologie pour les réévaluer
périodiquement ainsi que de nouveaux moyens pour les atteindre, une fois le
travail d'installation et de personnalisation du progiciel complété. Il est
donc essentiel de revoir de temps à autre les objectifs fixés lors du développement
du ERP et de les adapter de manière à répondre aux besoins changeants de l'entreprise.
Par ailleurs, on peut dire que la mise sur pied d'un ERP nécessite tant
de temps et d'efforts à l'interne que bien des gestionnaires préfèrent porter
leur attention sur d'autres dossiers, lorsque le système ERP est fonctionnel.
Dès lors, l'équipe de travail associée au projet est généralement dissoute
très rapidement. À cet égard, META Group recommande de maintenir un groupe
de travail composé de 15 % à 30 % d'employés ayant participé à la
mise sur pied du progiciel de gestion intégrée, dont des cadres intermédiaires
et du personnel du département informatique - incluant des programmeurs -
afin d'effectuer les changements et les ajustements au système en fonction
des objectifs revus et corrigés. Pour information, META Group croit qu'on
ne doit pas considérer le groupe ERP comme un groupe informatique mais plutôt
comme un groupe opérationnel au sein de l'organisation.
Enfin, retenons que les ajustements apportés au ERP devraient être considérés
comme un processus d'amélioration continue et non pas comme une activité ponctuelle
réalisée, par exemple, lors de la mise à niveau (upgrade) du système.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech,
CEFRIO
Source : ERP
ROI Depends on Ongoing Planning and Adjustments to Meet Changing Business
Needs, META Group, 6 juin 2002
3. LA GESTION DES CONNAISSANCES DANS
LES ORGANISATIONS : UNE NOUVELLE CULTURE À S'APPROPRIER - L'exploitation,
la transmission et la conservation des savoirs et des connaissances dans les
organisations constituent actuellement un enjeu de premier ordre pour de nombreuses
entreprises. Cette nouvelle approche du travail constitue un changement de
culture sérieux pour les organisations. M. Réal Jacob, professeur titulaire
à l'École des HEC et directeur scientifique au CEFRIO, a récemment donné,
à cet effet, une entrevue au bulletin « Échange » du gouvernement
du Québec. M. Jacob est reconnu au Québec en tant que spécialiste de la gestion
des connaissances et du partage du savoir.
« La région de la Beauce (...) s'est développée parce que les
entreprises ont tout simplement partagé des connaissances et travaillé en
réseau. En regardant l'évolution de la fonction de gestionnaire, on peut dire
que, dans les années 70, c'était le gestionnaire seul, et que, dans les années
80 et 90, c'était la ou le gestionnaire avec son équipe ». C'est
ainsi que M. Jacob illustre les changements récents survenus dans les organisations
au cours des dernières années.
La mise en place de systèmes de gestion des connaissances semble cependant
toujours ardue pour de nombreuses organisations. M. Jacob explique que ce
sont surtout les grandes organisations de type bureaucratique qui s'y sont
intéressées. Leur fonctionnement en « silo » a pu être
ainsi métamorphosé en « vase communiquant », permettant
le partage de l'information et minimisant les pertes d'information. Les entreprises
de taille moyenne, selon M. Jacob, seraient celles qui auraient le plus de
difficulté à gérer les connaissances. Pour leur part, « les PME,
dynamiques et flexibles, font de la gestion des connaissances sans le savoir »,
estime M. Jacob.
Afin d'expliquer la difficulté qu'éprouvent les entreprises de « passer
à l'action », M. Jacob propose deux idées. En premier lieu, bien
que tout le monde soit, en principe, d'accord avec le concept du partage des
idées, il n'en demeure pas moins que depuis fort longtemps, les travailleurs
ont évolué dans un contexte plutôt individualiste. La détention d'information
privilégiée leur a donc longtemps permis, en quelque sorte, d'être indispensables
au sein de leur organisation. « (...) Il est évident que la gestion
et le partage des connaissances représentent un changement de paradigme »,
souligne à cet effet M. Jacob.
En second lieu, si des organisations ont le désir de changer, cela ne signifie
pas pour autant qu'elles aient la capacité de changer. Le travail d'équipe,
la transparence de l'information, le partage de la vision, un budget significatif
en formation continue et la transformation des rôles de supervision sont identifiés
comme des moyens pour développer la capacité de changer.
De l'information supplémentaire est disponible en cliquant ici.
Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « Exploiter
la mine des savoirs tacites : un changement important de culture »,
Échange, juin 2002, vol. 16, no 2.
Bulletin du 13 juin 2002
1. L'école virtuelle au moins aussi efficace que l'école conventionnelle
2. Pour un bureau de rêve : votre espace de travail « revampé »
par les technologies
3. La gestion de la relation fournisseur, vous connaissez?
1. L'ÉCOLE VIRTUELLE AU MOINS AUSSI
EFFICACE QUE L'ÉCOLE CONVENTIONNELLE - Selon une étude canadienne de
la Society for the Advancement of Excellence in Education (SAEE)*, l'école
virtuelle ne cesse de gagner en popularité. L'exemple des écoles de l'Alberta
qui ont participé à l'étude est éloquent : elles ont vu leur nombre d'inscriptions
et de demandes augmenter de 125 % au cours des deux dernières années. Cet
attrait pour l'école virtuelle, qui, pour la première fois, offre une alternative
au système scolaire conventionnel, proviendrait principalement de l'insatisfaction
envers ce dernier.
Les étudiants qui troquent ardoise et plume au profit de puces et pixels
sont généralement de deux types. Le premier : ceux ayant des buts précis,
qui aiment gérer eux-mêmes leur démarche d'apprentissage et qui, par exemple,
veulent compléter deux ans de formation en l'espace d'une seule année. Le
second : des étudiants qui ne performent pas dans un contexte traditionnel,
et pour qui le « e-learning » constitue un dernier recours.
Étudiants, enseignants et administrateurs sont satisfaits et enthousiastes
à l'égard de l'école virtuelle. Et les résultats de l'étude semblent prometteurs
de prime abord. Comparés aux étudiants évoluant dans un contexte traditionnel,
les « apprenants virtuels » ont pu développer davantage,
dans le cadre d'un parcours plus personnalisé, leur esprit critique, leurs
habiletés en recherche et leurs compétences informatiques et en nouvelles
technologies. Également, ils ont pu mieux développer leurs habiletés, connaissances
et attitudes en matière d'autonomie d'apprentissage, de résolution de problèmes,
de pensée créative, de prise de décision et de gestion du temps. Cependant,
moins d'amélioration a été notée en ce qui a trait à leur capacité à écrire
et à parler.
Ces résultats, somme toute positifs, ne doivent cependant pas saborder la
réflexion qui doit être faite à propos des enjeux reliés à l'éducation virtuelle.
Afin de gérer la croissance du « e-learning » de la façon
la plus éclairée possible, certaines questions mériteront qu'on s'y attarde.
L'étude de la SAEE en soulève une dizaine. Pour n'en nommer que quelques-unes :
- Comment pourra être gérée la croissance rapide du phénomène de l'apprentissage
virtuel?
- Quelles sont les meilleures façons de faire, et comment doit-on les standardiser?
- Quel est le modèle d'apprentissage virtuel le plus efficace?
- Comment les professeurs virtuels pourront-ils être évalués?
- Qui devra soutenir financièrement le développement de programmes d'apprentissages
virtuels?
* L'étude « E-Learning : Studying Canada's Virtual Schools »
de la Society for the Advancement of Excellence in Education (SAEE) a été réalisée
par FuturEd, afin d'évaluer l'efficacité de l'école secondaire virtuelle et
de la comparer, à certains égards, à l'école secondaire traditionnelle. Pendant
deux ans, 800 étudiants, parents, enseignants, directeurs et administrateurs
provenant de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique ont été questionnés
par le biais d'entrevues ou de questionnaires. Pour chacune de ces provinces,
une école conventionnelle et deux écoles virtuelles ont été sélectionnées, pour
un total de neuf écoles.
De l'information supplémentaire est disponible en cliquant ici.
Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « Un
rapport sur les écoles virtuelles au Secondaire », Thot, 5 juin
2002
2. POUR UN BUREAU DE RÊVE : VOTRE
ESPACE DE TRAVAIL « REVAMPÉ » PAR LES TECHNOLOGIES - Porté
par les développements de la technologie, le travail adopte déjà depuis quelques
années diverses formes qui repoussent, jusqu'à les faire éclater, les murs
des bureaux traditionnels. Le télétravail à domicile, mobile, mixte, à partir
de bureaux satellites ou de télécentres, est ainsi de plus en plus répandu
et conduit ses adeptes à œuvrer dans des endroits divers, parfois inusités
ou peu adaptés à leurs tâches.
Tel qu'on le connaît aujourd'hui, le bureau « traditionnel »
demeure ainsi peu flexible et c'est plutôt son occupant qui doit faire preuve
de souplesse et parfois d'imagination pour y réaliser ses diverses tâches.
Or, si les technologies sont souvent sollicitées pour supporter les nouvelles
formes de travail à distance, elles peuvent aussi contribuer grandement à
transformer de façon très concrète les espaces professionnels des travailleurs
pour mieux les adapter à leurs besoins. Bien au-delà de ne jouer que le simple
rôle d'outil ou de dispositif, elles ont en effet le pouvoir et le potentiel
de redéfinir l'environnement physique même de chacun des membres d'une organisation.
Exit donc l'ennuyant et morne cubicule qui, il faut bien le dire, agit en
véritable éteignoir et rendons grâce à l'alliance du design de meuble, de
l'architecture et de la technologie grâce à laquelle la grenouille peut se
transformer en prince charmant!
C'est du moins ce à quoi aspire par exemple le projet de recherche BlueSpace,
mené de façon conjointe aux États- Unis par IBM et Steelcase, une entreprise
américaine de mobilier et d'accessoires de bureau haut de gamme. Empruntant
à des disciplines aussi diverses que l'ergonomie, l'ethnographie et la gestion
de données, le concept vise à créer un bureau entièrement malléable et complètement
adaptable aux besoins de son occupant. Le rêve! Selon Mark Greiner, chef de
la recherche chez Steelcase, « le bureau de l'avenir devra ainsi
se métamorphoser tout au long de la journée ». L'installation vedette
du BlueSpace : deux écrans plats actionnés par un bras de métal dont
les mouvements permettent de conférer à l'espace de travail un caractère privé
ou au contraire, de placer les écrans pour qu'ils puissent être utilisés pour
des présentations à un groupe.
Il est bien évident que de telles installations ne sont pas à la portée
de toutes les bourses. L'ambition leur étant sous-jacente cependant, assurer
à chacun un environnement de travail adéquat, confortable et bien adapté à
ses responsabilités, elle, est par contre applicable dans tous les milieux
professionnels. L'appropriation des technologies peut contribuer au mieux-être
des travailleurs en transformant leurs activités mais aussi tout à fait concrètement,
en remodelant l'espace où ces activités se réalisent.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Source : Erick Schonfeld, « The
Office That Revolves Around You », Business2.com, 7 juin 2002
3. LA GESTION DE LA RELATION FOURNISSEUR,
VOUS CONNAISSEZ? - S'il est essentiel de gérer, voire de soigner, les
relations avec sa clientèle*, il peut être aussi avantageux de gérer celles
avec ses fournisseurs. La solution informatique appelée gestion de la relation
fournisseur (GRF ; supplier relationship management) s'est ainsi développée,
afin de répondre aux nouveaux besoins et de s'adapter à la transformation
des façons de faire.
Précisons d'abord qu'un tel outil n'existe pas en soi. La GRF constitue
plutôt une intégration de plusieurs systèmes et processus relatifs aux approvisionnements,
allant de l'analyse des dépenses d'acquisitions aux activités d'achats, en
passant par le paiement, pour finir par l'évaluation et le contrôle du rendement
des fournisseurs. À prime abord, la notion d'intégration d'applications internes
n'est pas novatrice. Toutefois, la contribution de la GRF a l'avantage d'étendre
les activités de gestion des approvisionnements au-delà de la seule gestion
des fournisseurs. À un premier niveau, le système permet aux fournisseurs
d'accéder à des renseignements tels que l'état des commandes ou de l'information
sur les paiements. Un niveau plus sophistiqué rend possible le transfert d'information
en temps réel entre les partenaires.
À cet égard, AMR Research a identifié cinq caractéristiques d'un système
de GRF, que l'on peut également considérer comme les étapes à suivre en vue
d'améliorer la circulation de l'information, les processus ainsi que les transactions
entre une entreprise et ses fournisseurs-partenaires d'affaires.
Les voici :
- Automatisation des processus transactionnels entre l'entreprise et ses
fournisseurs;
- Intégration des procédés et des logiciels des différents départements
impliqués dans la chaîne d'approvisionnement;
- Accès des fournisseurs à l'information portant sur leurs transactions
avec l'organisation;
- Collaboration entre les organisations par le biais du partage de l'information
et de la possibilité, pour le fournisseur, de saisir de l'information directement
dans le système de l'entreprise;
- Optimisation des processus d'affaires et de la prise de décision grâce
à l'utilisation d'outils d'analyse améliorés comme l'entrepôt de données
et le traitement analytique en ligne.
Enfin, bien que ces caractéristiques puissent vous guider pour la mise sur pied
d'un système de GRF, notez qu'il est souvent nécessaire d'adapter son approche
à la catégorie de dépenses ou à ses fournisseurs.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech,
CEFRIO
Source : « The
Five Tenets of SRM » dans AMR Outlook, 10 juin 2002
*Voir l'article du bulletin SISTech du 7 juin 2002 : L'importance
de connaître et de soigner sa clientèle
Bulletin du 7 juin 2002
1. La publicité en ligne : à l'aube d'un nouveau virage?
2. Un programme de mentorat pour initier les PME albertaines
à l'intelligence d'affaires
3. L'importance de connaître et de soigner sa clientèle
1. LA PUBLICITÉ EN LIGNE : À L'AUBE
D'UN NOUVEAU VIRAGE? - En matière de revenus, la performance de la
publicité en ligne aux États-Unis n'est pas édifiante depuis quelques trimestres.
Pour l'année 2001, selon Internet Audience Bureau des États-Unis (IAB) et
PriceWaterhouseCoopers, les revenus publicitaires enregistrés étaient de 7,2
milliards de dollars, soit une diminution de 12 % par rapport à 2000.
Au dernier trimestre de 2001, les revenus se chiffraient à 1,7 milliard, ce
qui représente une baisse de 7,5 % par rapport au trimestre précédent.
D'aucuns jugent cette situation peu reluisante puisque le quatrième trimestre
représente généralement, pour la plupart des autres médias, la période où
les revenus publicitaires sont les plus élevés. Cependant, l'IAB prétend plutôt
que cette situation ne fait que refléter la tendance générale de l'industrie
de la publicité hors ligne, soulignant même que la santé de la publicité en
ligne serait davantage florissante que celle de certains médias plus traditionnels.
En conclusion à la première phase de leur plus récente recherche sur la mixité
dans les stratégies médias, IAB annonce même le début d'un grand virage pour
la publicité en ligne!
La première partie de cette étude avait pour objet l'observation spécifique
d'une campagne pour une nouvelle marque de produit d'Unilever. La conclusion :
le fait d'augmenter la proportion des investissements de publicité en ligne
dans le « mix-média » d'une entreprise améliorera son
retour sur investissement, en partie à cause de ses coûts relativement peu
élevés, en plus d'avoir un impact positif sur l'efficacité des marques. Notons
que la part de la « tarte publicitaire » qui revient à
la publicité sur le WEB est actuellement estimée à environ 2 %.
La deuxième phase de l'étude impliquera plus d'annonceurs et plus de sites
hôtes. Colgate, Palmolive, General Mills, ING et McDonald's y participeront,
entre autres, de même que AOL, Time Warner, Walt Disney Internet Group, MSN,
pour ne nommer que ceux-ci.
Selon Greg Stuart, PDG de IAB, « les résultats de cette recherche
seront pour les spécialistes du marketing des marques un point tournant dans
la façon de concevoir les plans médias, même ceux ne concernant que la publicité
hors ligne ». Plus encore, selon lui, « cette étude proposera
une vision tout à fait innovatrice de l'utilisation des médias interactifs
et de leur efficacité en complément des campagnes hors ligne. Elle changera
définitivement la vision des médias interactifs qu'ont les spécialistes du
marketing ». Comment? En permettant de discerner exactement quelle
est la contribution de chacun des médias pour les ventes et la promotion des
marques.
Comme quoi on travaille dur pour définir le modèle d'affaires de la publicité
en ligne!
Rédactrice : Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- « IAB
: Onlin Ad Sales Fell in Q4, 2001 », site Internet News, 23
mai 2002.
- « IAB
Kicks Off New Study », site Internet News,4 juin 2002.
2. UN PROGRAMME DE MENTORAT POUR
INITIER LES PME ALBERTAINES À L'INTELLIGENCE D'AFFAIRES - Selon un
récent sondage de la firme PricewaterhouseCoopers, les PME qui accordent une
forte importance à l'information concurrentielle ont un rendement supérieur
à leurs pairs. Elles se démarquent en effet par une croissance plus rapide
de leurs revenus ainsi que par un meilleur potentiel de croissance de leur
marge bénéficiaire et de leur main-d'œuvre. De plus, elles sont reconnues
pour investir davantage que le reste des entreprises, que ce soit en immobilisation,
pour le développement de nouveaux produits, en technologies de l'information
ou en RD.
Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que plusieurs organismes de développement
économique s'intéressent davantage à ce que les entreprises font en matière
de cueillette, de transformation et de gestion de l'information. Ainsi, le
gouvernement albertain, à la suite de consultations avec plusieurs intervenants
économiques, associations et experts dans le domaine de l'intelligence d'affaires,
a mis en place un programme de mentorat adapté aux spécificités des PME et
répondant à leurs besoins en matière d'intelligence concurrentielle.
La stratégie du gouvernement albertain comporte trois phases. La première
consiste en une session de sensibilisation d'une durée de quelques heures
qui sert d'introduction à la matière. On remet au participant une documentation
détaillée permettant de le guider et de l'aider à planifier ses efforts de
veille. À cette étape, les participants doivent remplir un questionnaire décrivant
leur entreprise et spécifiant leurs besoins précis en matière d'intelligence
concurrentielle. Par la suite, ce document est remis à un mentor attitré à
l'entreprise. Son rôle est de supporter la PME non seulement vis-à-vis le
programme lui-même, mais aussi en regard de ses besoins spécifiques de gestion
de l'information. Selon les statistiques du gouvernement albertain, seulement
10 % des entreprises abandonnent le programme à la suite de cette première
phase.
Une session de formation en bonne et due forme fait l'objet de la seconde
phase du programme. On y définit la notion d'intelligence d'affaires, on y
présente également plusieurs concepts de veille et d'analyse, et on y traite
de gestion de projet dans un contexte de « production d'intelligence ».
Cette session ne se limite pas à de la théorie. À la fin de la journée, les
participants repartent avec des devoirs! Ils ont en effet deux semaines pour
établir un échéancier détaillé de l'initiative d'intelligence stratégique
qu'ils souhaitent mettre en place.
La valeur ajoutée du programme albertain prend tout son sens dans le troisième
volet du programme, celui du mentorat. Deux semaines après la fin de la journée
de formation, chaque participant rencontre de nouveau son mentor afin que
ce dernier réagisse au projet proposé. Ayant développé une relation de confiance
avec l'entreprise et l'ayant aidée à définir sa problématique, le « conseiller-mentor »
est en bonne position pour conseiller et assister l'entreprise dans les prochaines
étapes de réalisation du projet.
En définitive, l'information concurrentielle procure un avantage de taille
aux entreprises en leur permettant d'accroître leur compétitivité. À ce titre,
les résultats du programme de mentorat pour initier les PME albertaines à
l'intelligence d'affaires sont probants : 80 % des entreprises ayant
participé à la deuxième phase ont entrepris une ou même plusieurs initiatives
d'intelligence d'affaires!
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- « Trendsetter
Barometer : One-Third of Fast-Growth CEOs Place Higher Importance on Competitor
Information Than a Year Ago », PricewaterhouseCoopers
- « Making
Intelligence Grow for Small & Mid-sized Companies : A Mentoring Approach »,
Calof J., Fox B. et Nguyen D, Competitive Intelligence Magazine, volume 5,
numéro 3, mai-juin 2002
3. L'IMPORTANCE DE CONNAÎTRE ET
DE SOIGNER SA CLIENTÈLE - Si la majorité des gestionnaires considèrent
leur clientèle d'affaires comme un atout ou un « actif de valeur »
(valuable assets), encore très peu d'entre eux accordent cependant une attention
particulière à la gestion de leurs relations avec celle-ci.
À cet égard, le professeur Narakesari Narayandas, de la Harvard Business
School, a cherché d'une part, à comprendre cette contradiction et d'autre
part, à connaître la façon dont les entreprises gèrent leurs relations avec
la clientèle, principalement dans un contexte interentreprises.
Comme principe de base, l'auteur définit les trois étapes du marketing dit
moderne. L'entreprise identifie d'abord sa vision et son mandat au niveau
du marché visé. Ensuite, elle élabore ses stratégies d'affaires selon les
segments de marché retenus. La troisième étape est réservée au consommateur.
Les organisations ont maintenant l'avantage d'accéder facilement à une mine
de renseignements sur les consommateurs et sur les perspectives de vente.
La technologie leur permet également de développer de nouveaux types de relations
et de travailler en étroite collaboration avec eux - par exemple, pour la
conception et le développement de nouveaux produits. Les entreprises ne doivent
donc plus se cantonner dans la gestion des marchés mais plutôt apprendre à
gérer leurs relations, d'une façon proactive, avec chacun de leurs clients
d'affaires.
Mais comment y parvenir? Voici quelques conseils du professeur qui a divisé
le processus de gestion des relations avec la clientèle (interentreprises)
en quatre phases.
- Identifier et développer sa clientèle cible;
- Élaborer et mettre en application des stratégies de gestion de la relation
client. Pour ce faire, il est essentiel de planifier et d'adapter les façons
de faire en fonction de chacun des clients. Aussi, il est bien de s'assurer
que les stratégies soient avantageuses pour chacune des parties;
- Suivre l'état et la qualité de ses relations avec la clientèle. On peut
communiquer avec le consommateur pour connaître son niveau de satisfaction
ou encore tirer ses propres conclusions par l'observation de son comportement;
- Évaluer la rentabilité des efforts consacrés à la gestion de la clientèle.
Ce qui n'est pas une mince tâche, considérant que les systèmes de mesure
existants fournissent plutôt de l'information sur le marché et les segments
de marché.
Par ailleurs, l'étude d'entreprises appartenant à diverses industries a fait
ressortir certains facteurs de succès de la rentabilité d'un processus de gestion
de la clientèle. En voici quelques-uns : la nature de l'environnement concurrentiel
du marché, la taille de l'entreprise, la loyauté et la quote-part du vendeur
sur les achats.
Enfin, soulignons que selon M. Narayandas la gestion proactive des relations
avec la clientèle est appelée à devenir un élément stratégique d'importance
dans l'arène des spécialistes du marketing interentreprises.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech,
CEFRIO
Source : Customer Portfolios
dans Leading Research, vol. 5, no 1, 2002, Harvard Business School