Bulletin du 29 juin 2001
Bulletin du 22 juin 2001
Bulletin du 15 juin 2001
Bulletin du 8 juin 2001
Bulletin du 1er juin 2001
Bulletin du 29 juin 2001
1. « Edge Economy company », ou gestion centrée sur ses clients
et fournisseurs
2. Nouvel indicateur du climat sur Internet
3. UDDI et relations d'affaires existantes : une lutte inégale
4. La gestion des connaissances se planifie tôt
1. « EDGE ECONOMY COMPANY », OU GESTION CENTRÉE SUR SES CLIENTS
ET FOURNISSEURS - Dans un rapport publié récemment, la firme
américaine Gartner Group conseille fortement aux entreprises de
transformer leurs processus d'affaires afin de se rapprocher le
plus possible de leurs clients, partenaires et fournisseurs.
Elle va même jusqu'à suggérer d'abandonner ou d'impartir leurs
activités qui n'ont aucun impact direct sur ceux-ci. Ainsi, une
entreprise qui concentre au moins 80 % de ses ressources et de
ses efforts sur ses clients et ses fournisseurs pour accroître
ses revenus est ce que Gartner Group nomme une « Edge Economy
company ». Notez que pour les besoins de notre article, nous
traduirons cette expression par « entreprise de l'économie à la
fine pointe ».
Selon Gartner Group, les entreprises de l'économie à la fine
pointe domineront 95 % de tous les marchés d'ici 2010. De plus,
d'ici 2005, l'incapacité de gérer correctement la transition
vers ce nouveau modèle de gestion sera responsable de près de la
moitié des échecs des grandes entreprises.
Par ailleurs, bien que Gartner Group ait identifié plusieurs
éléments pouvant définir les pratiques d'affaires de ce nouveau
modèle de gestion, l'adoption de la philosophie de l'économie à
la fine pointe exige ces trois pratiques majeures :
1- Relier tous ses processus d'affaires directement aux clients
et aux fournisseurs;
2- Permettre aux clients et aux fournisseurs d'accéder à
l'information stratégique;
3- Impartir les processus d'affaires qui ne sont pas directement
reliés aux clients ou aux fournisseurs.
Enfin, Gartner Group prédit que les entreprises qui ignoreront
ce modèle d'affaires seront désavantagées par rapport à leurs
compétiteurs en matière de qualité du produit et des services.
Par contre, celles qui l'adopteront connaîtront une plus grande
rentabilité des investissements, une croissance plus rapide
ainsi qu'un meilleur pourcentage de marge bénéficiaire. Ces
entreprises seront effectivement en mesure d'offrir un produit à
valeur ajoutée, répondant aux besoins individuels de leurs
clients. Ainsi, une augmentation des ventes en découlera, ce qui
se traduira par une hausse des revenus avec, en prime, des
clients fidèles et satisfaits!
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech, CEFRIO
Sources : Communiqué de presse, Gartner Group, 20 juin 2001
2. NOUVEL INDICATEUR DU CLIMAT SUR INTERNET - Cette semaine,
Yahoo! et ACNielsen lançait leur « Internet Confidence Index »
avec l'objectif de surveiller l'évolution de la confiance des
consommateurs pour les activités commerciales en ligne. Présenté
comme le « baromètre » de la situation d'Internet sur le marché
américain, le nouvel indicateur se veut un outil à partir duquel
l'industrie pourra calibrer son offre de produits et services.
Parmi les faits saillants présentés au public, on retiendra que
quatre internautes américains sur dix ont l'intention d'acheter
en ligne au cours des trois prochains mois. Si ces intentions
se concrétisent, ces achats en ligne totaliseront près de
10 milliards de dollars au cours de la période. Bonne ou
mauvaise nouvelle? Difficile à dire parce que les données
comparables ne concordent pas. D'une part, pour le 3e trimestre
de l'an dernier, les résultats du Forrester Online Retail Index
révèlent que les transactions en ligne auraient atteint quelque
12 milliards de dollars. D'autre part, pour la même période,
le US Department of Commerce parle plutôt d'un total de
6,4 milliards de dollars. Donc, il sera préférable d'attendre
les prochaines publications de l'indicateur de Yahoo! et
AcNielsen avant de pouvoir affirmer si le montant annoncé des
ventes anticipées constitue une bonne ou une mauvaise nouvelle.
L'enquête de Yahoo! et ACNielsein a aussi permis de valider ce
qu'on savait déjà sur les acheteurs de biens et services en
ligne. En effet, l'étude révèle que le consommateur type
recherche la possibilité de comparer des prix, il apprécie la
vaste sélection de produits disponibles et aussi l'information
qu'il peut recueillir sur le produit convoité. Par contre, le
côté pratique des achats sur Internet ne semble pas constituer
une motivation fondamentale pour les internautes. Par ailleurs,
les consommateurs sont de plus en plus sceptiques quant à la
possibilité de trouver des meilleurs prix en achetant en ligne.
Enfin, l'étude confirme que le fait de donner son numéro de
carte de crédit ou de l'information personnelle constitue
toujours les principaux freins au commerce électronique.
L'« Internet Confidence Index » sera publié trimestriellement,
donc, c'est à suivre...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Yahoo! and ACNielsen Release Inaugural Results of
Yahoo!/ACNielsen Internet Confidence Index ;
Yahoo! and ACNielsen Launch the Yahoo!/ACNielsen Internet
Confidence Index ;
Forrester Online Retail Index ;
RETAIL E-COMMERCE SALES IN FIRST QUARTER 2001 WERE $7.0 BILLION,
UP 33.5 PERCENT FROM FIRST QUARTER 2000, CENSUS BUREAU REPORTS
3.UDDI ET RELATIONS D'AFFAIRES EXISTANTES : UNE LUTTE INÉGALE -
Développé par IBM, Microsoft et Ariba et comptant plus de
200 compagnies membres, le projet Universal Description
Discovery and Integration (UDDI) a déjà fait couler beaucoup
d'encre depuis son lancement officiel en mai dernier. Selon ses
partisans et bailleurs de fonds, l'UDDI - qui est en fait un
répertoire web standardisé d'entreprises - serait la pierre
d'assise du commerce électronique puisqu'il permettra aux
compagnies de créer des liens d'affaires dynamiques entre elles
et ce, de façon facile et rapide. Normalisée pour unifier les
services proposés par les entreprises, sans distinction de leur
pays d'origine ou de la plate-forme adoptée, l'information de
l'UDDI est donc censée devenir essentielle aux organisations en
quête de partenaires commerciaux. Pour Dan Miklovic, vice-
président et directeur de la recherche chez Gartner, l'UDDI est
en effet la condition sine qua non de l'établissement
d'initiatives de commerce électronique interentreprises puisque,
sans son avènement, « les compagnies ne seraient pas en mesure
d'identifier les partenaires appropriés ».
Et pourtant, n'en déplaise à Gartner, les entreprises n'ont pas
attendu l'initiative d'IBM et de Microsoft pour tisser entre
elles des liens stratégiques, bâtis sur une confiance établie
souvent après plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, de
collaboration. Selon Ken Vollmer, directeur de la recherche au
GiGa Information Group, la solidité de ces relations d'affaires
ainsi que la notoriété des marques de commerce constitueront des
barrières majeures à l'adoption de l'UDDI par les gestionnaires.
L'influence déterminante de la notoriété de la marque a été très
bien démontrée, autant en ce qui concerne les transactions
reliées au B2C qu'au B2B. On le sait depuis longtemps, l'image
véhiculée par le produit a sans contredit un impact sur la
décision d'achat de son consommateur potentiel et ce, que la
transaction soit effectuée en ligne ou non. Tout comme les
clients de commerce au détail, les entreprises ont une nette
propension à acheter les produits ou services dont elles ont
besoin de fournisseurs qui leur sont familiers et en lesquels
elles ont confiance. Le risque de transiger avec un partenaire
d'affaires inconnu, identifié par exemple grâce à l'information
de l'UDDI, est en outre nettement plus grand dans l'univers du
B2B que dans celui du B2C. Le choix d'un fournisseur
retardataire ou offrant des produits de piètre qualité peut en
effet affecter grandement toute la chaîne de production et
entraîner des coûts supplémentaires que la compagnie ne pourrait
supporter.
Les relations de confiance établies entre entreprises ont
survécu aux impacts successifs du téléphone, du télécopieur
ainsi qu'à celui plus récent de l'EDI (electronic data
interchange). Il y a donc fort à parier qu'elles survivront
aussi à l'UDDI. Ce n'est ainsi pas demain la veille que les
dirigeants laisseront le soin à un système informatique, aussi
sophistiqué soit-il, de choisir leurs partenaires d'affaires.
Rédactrices : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
Stratégique
Sources :
Ken Vollmer, UDDI's Problem : Technology Cannot Replace
Relationships, 20juin 2001 ;
James Buchok, Emerging Standard Called « Vital » : Future of
Collaborative Commerce is at Stake, Gartner Tells CIO Summit,
Computing Canada, 4 mai 2001 ;
Universal Description Discovery and Integration of Business for
the Web
4. LA GESTION DES CONNAISSANCES SE PLANIFIE TÔT - La capacité à
s'adapter aux changements constitue une force fondamentale des
PME. Elles sont en mesure de répondre rapidement aux demandes du
marché, entre autres parce que, contrairement à certaines
grandes entreprises, elles n'ont pas à vivre avec une
bureaucratie étouffante. Cependant, au fur et à mesure qu'une
PME croît, elle perd un peu de cette flexibilité et ses
processus jadis informels sont remplacés par des systèmes plus
rigides.
Cette croissance rapide met souvent beaucoup de pression sur les
ressources de l'entreprise et une PME arrivée à ce stade, qui
n'aurait jamais porté aucune attention à la gestion des
connaissances peut trouver difficile de s'approprier ce concept
qui pourrait lui procurer un avantage concurrentiel. Un
entrepreneur soulignait d'ailleurs que lorsqu'il a décidé
d'implanter un système de gestion des connaissances dans son
organisation, il s'est heurté à trois problèmes majeurs :
certaines ressources avaient déjà quitté l'entreprise et leur
savoir pertinent n'avait jamais été répertorié, les ressources
de l'entreprise avaient un manque chronique de temps et la
culture organisationnelle en place ne favorisait pas
nécessairement le partage d'information. L'entrepreneur dut
alors mettre beaucoup plus d'efforts qu'il n'anticipait afin de
structurer la gestion des connaissances.
La solution pour éviter une telle situation : planifier la
gestion des connaissances le plus tôt possible. Cela permettra
non seulement à la PME de gérer les impératifs venant de pairs
avec leur phase de croissance rapide mais également de favoriser
un développement durable de l'entreprise. Une des premières
activités qu'une PME peut entreprendre pour réaliser cela est
d'effectuer un audit afin de répertorier où, qui et sur quel
savoir l'entreprise peut compter. Un autre point important dont
une PME doit tenir compte très tôt est de définir ses attentes
envers la gestion des connaissances. Cette définition des
attentes aidera la PME à calculer les retombées de la gestion
des connaissances.
Pour beaucoup de PME, la tentation est grande de se lancer dans
une initiative de gestion des connaissances sans planification
formelle. Selon une croyance tenace, cette tâche serait
uniquement réservée aux grandes firmes. Or, une PME désirant
obtenir des bénéfices concrets et palpables très rapidement,
doit d'abord et avant tout définir l'ensemble des enjeux reliés
à la gestion des connaissances avant d'implanter une solution.
Le meilleur exemple de cela touche à la formation des nouveaux
employés où la gestion des connaissances peut jouer un rôle très
important. En effet, posséder une base de connaissances
regroupant de l'information sur les clients, les produits, les
fournisseurs et certaines expériences de l'entreprise aidera les
nouveaux arrivés à être productifs plus vite et de se sentir
appuyés dans leurs premiers mois de travail. Ce genre de petites
victoires assiéra la crédibilité de l'initiative et les employés
seront davantage enclins à alimenter et à participer à ce
partage du savoir.
Certaines précautions sont néanmoins de mise. La gestion des
connaissances est avant tout une question de ressources humaines
et non de technologies. L'entreprise qui implante un système
informatique supportant la gestion des connaissances et qui
croit que la participation des employés sera immédiate se trompe
royalement. La planification de la gestion des connaissances
dans les organisations doit tenir compte des préoccupations des
employés. Ceux-ci doivent participer activement à l'élaboration
du projet.
La morale de l'histoire : n'attendez pas trop avant d'implanter
la gestion des connaissances, commercez tôt et préparez le
futur. De cette façon, vous serez assuré de ne pas avoir de
rattrapage à faire et pourrez concentrer vos efforts à devancer
la concurrence.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Michelle Delio, Stepping up, Moving On, Getting Smarter
- Growing companies need to plan for knowledge management,
Knowlelge Management Magazine, juin 2001
Bulletin du 22 juin 2001
1. Le libre-service Web, nouvelle tendance en gestion des
ressources humaines
2. Un portrait des TI dans les organisations au 21e siècle
3. Responsables TI, sachez prévenir l'épuisement professionnel
de vos ressources
4. Les VSP : promesses réelles ou futur flop?
1. LE LIBRE-SERVICE WEB, NOUVELLE TENDANCE EN GESTION DES
RESSOURCES HUMAINES - Au cours des dernières années, les
départements des ressources humaines (RH) - tout comme bien
d'autres - ont subi diverses transformations, en raison
notamment de l'adoption de nouvelles technologies ou
réglementations. Ces changements occasionnent évidemment un
surplus de travail au responsable des RH. Au Québec par exemple,
l'adoption de la nouvelle Loi sur l'équité salariale (stipulant
que tout employeur doit déterminer les ajustements salariaux
requis entre ses employés féminins et masculins afin qu'ils
reçoivent une même rémunération pour un travail équivalent,
d'ici le 21 novembre prochain, et corriger lesdits écarts d'ici
le 21 novembre 2005) a entraîné une hausse importante de leurs
tâches, particulièrement dans les grandes entreprises.
L'une des transformations du département des RH concerne son
rôle au sein de l'organisation. Si, dans la plupart des
entreprises, ce département travaille d'une façon isolée, il
tend actuellement à devenir un partenaire stratégique du succès
de l'organisation. Toutefois, pour se consacrer davantage à ses
nouvelles responsabilités, le département doit délaisser ou se
départir de certaines fonctions administratives. Par exemple, le
gestionnaire d'une entreprise appartenant à un secteur de pointe
doit souvent développer des stratégies pour contrer, entre
autres, la pénurie de personnel qualifié et ainsi réduire voire
éliminer ses problèmes de recrutement et de rétention des RH.
Les responsables des RH doivent donc allouer une importante
partie de leur temps à la planification stratégique, ce qui en
réduit d'autant celui accordé à l'administration des dossiers.
L'apparition des logiciels de gestion des RH (Human Resource
Management System, HRMS), au cours des années 90, a permis de
faciliter le travail du département et d'économiser du temps,
puisqu'ils permettent de gérer les dossiers des employés, les
postes, le processus de recrutement ou d'affectation, les
griefs, etc. Toutefois, ces logiciels n'ont malheureusement pas
éliminé la nécessité de recourir au service des RH, dans le cas
de modification à un régime d'assurance collective, par exemple.
C'est ainsi qu'est né le concept du libre-service employé
gestionnaire (employee/manager self-service), la nouvelle
tendance en gestion des ressources humaines! Le libre-service
permet aux employés et aux gestionnaires d'une entreprise
d'accéder aux données, aux informations clés ainsi qu'aux
dossiers les concernant par le biais d'un site Web, et
d'effectuer eux-mêmes les corrections ou changements appropriés.
Ce système favorise donc l'autogestion ou la responsabilisation
du personnel, la réduction des tâches qui incombe au département
des RH et même l'apparition du bureau sans papier! Par contre,
s'il peut être ardu de justifier l'important investissement
requis pour la mise sur pied d'un tel système, notez que le vrai
défi de l'opération se situe au niveau de la gestion du
changement de la culture de l'entreprise chez les employés.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : La gestion technologique des ressources humaines dans
" Chronique Cyberemploi ", 9 juin 2001 ;
Getting Employee/Manager Self-Service to Work for You dans
" Workforce Magazine " ;
Commission et loi sur l'équité salariale au Québec
2. UN PORTRAIT DES TI DANS LES ORGANISATIONS AU 21e SIÈCLE - De
nos jours les technologies évoluent tellement vite qu'il est
très difficile de prévoir ce que réserve l'année prochaine! Une
chose est cependant certaine, les TI changent et vont continuer
à changer fondamentalement la façon de faire des affaires des
organisations. La globalisation, les fusions/acquisitions, la
déréglementation et les affaires électroniques sont tous des
phénomènes, qui en affectant l'environnement de l'entreprise,
accélèrent l'évolution des TI. De la même manière, le
développement des nouvelles technologies amène de nouvelles
applications obligeant ainsi les organisations, et plus
particulièrement les départements des TI, à s'adapter. Et ce
n'est pas fini...
La mission même des TI devra changer. Plus qu'un simple outil
facilitant, elles devront jouer un rôle beaucoup plus
stratégique dans les organisations. Les TI devront être au
centre des transformations à venir. Elles devront participer
activement à la définition de l'offre de service de
l'organisation ainsi qu'à sa façon de se structurer et d'opérer.
À mesure que les technologies continueront d'évoluer et de se
diversifier, les TI devront de plus en plus être intégrées à la
mission et aux stratégies des organisations.
Pour ce faire, il reste encore beaucoup de travail à faire en
matière de calcul de rentabilité des TI. Celles-ci ne pourront
plus être considérées comme de simples coûts d'exploitation.
Elles devront être évaluées en fonction de la valeur qu'elles
créent pour l'entreprise et de l'avantage concurrentiel qu'elles
procurent à l'organisation. Ce n'est qu'à ce moment que les TI
seront appelées à jouer un rôle beaucoup plus stratégique dans
les organisations. Une attention particulière devra néanmoins
être portée sur la standardisation des systèmes sur deux plans.
D'abord à l'intérieur des organisations pour que celles-ci
puissent partager l'information plus facilement et offrir un
meilleur service à la clientèle. Ensuite, à l'externe, entre
les entreprises d'une même industrie, pour que dans cette ère de
commerce collaboratif, les organisations puissent coopérer.
Les infrastructures technologiques joueront également un rôle de
plus en plus important. Plus qu'une décision technologique
relevant d'expert, elles seront analysées d'un point de vue
stratégique par la direction des organisations.
Internet sera sans aucun doute un catalyseur pour les
changements à venir. Bien que nous puissions présentement en
entrevoir quelques des effets, l'ensemble des transformations à
venir n'est pas totalement connu. Mais une chose est certaine,
dans les années à venir, les TI seront au cœur de ces
transformations, au cœur de la mission et des stratégies de
l'entreprise.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Heather Smith et Jim McKeen, A portrait of IT in the
21st century, The National Post, 12 juin 2001
3. RESPONSABLES TI, SACHEZ PRÉVENIR L'ÉPUISEMENT PROFESSIONNEL
DE VOS RESSOURCES - C'est vraiment remarquable comment les
entreprises, tout comme les humains d'ailleurs, ont une nette
propension à voir la source de leurs problèmes comme leur étant
extérieure. Une pénurie de main-d'œuvre qualifiée sévit parce
que les institutions d'enseignement n'ont pas les capacités de
formation adéquates, les professionnels en TI sont épuisés parce
que la demande technologique ne cesse de croître et ce, à un
rythme effréné. Adhérant à la célèbre maxime de Sartre,
« l'enfer c'est les autres », les compagnies et leurs dirigeants
seraient-ils existentialistes à leur insu?
Pourtant, et c'est de plus en plus documenté, les entreprises
pourraient atténuer sinon résoudre bon nombre de leurs
difficultés en se livrant à un exercice d'introspection
organisationnelle. Tout à fait stratégique, ce mea culpa leur
permettrait ainsi d'entrevoir que des solutions peuvent être
applicables à l'interne et partant, qu'elles ont plus de
contrôle qu'elles ne le croient sur les embûches rencontrées.
Selon l'auteure de l'article, Barb Gomolski, dans le cas
particulier de l'épuisement professionnel (burnout) des
travailleurs en TI, épuisement qui paraît d'ailleurs prendre des
allures d'épidémie au sein de bon nombre d'industries, les
gestionnaires de bonne volonté ont en effet la possibilité
d'appliquer certaines mesures à l'interne pour endiguer la
fatigue chronique de leurs ressources. Ces transformations
auront en outre l'effet domino de faire renaître l'enthousiasme
des travailleurs qui, mieux disposés puisque mieux reposés,
considéreront à nouveau leurs nouvelles tâches, dont les
affaires électroniques, comme un défi et non une surcharge
additionnelle à des responsabilités déjà trop lourdes.
Voici donc les conseils de Barb Gomolski aux responsables TI :
- Planifiez et développez une architecture technologique à
implanter dans l'entreprise - bases de données, serveurs,
applications, etc. - et demeurez-lui fidèles.
- Établissez une convention sur le niveau de service (Service
Level Agreement ou SLA) qui spécifie clairement quels seront les
services dispensés par les ressources TI aux membres de
l'organisation.
- Adoptez un système de facturation interne qui définit de façon
précise comment les différents départements de la compagnie
paieront pour les services informatiques demandés. Grâce à un
tel système, tous les coûts relatifs aux technologies encourus -
support aux utilisateurs finaux, acquisition d'un nouveau
serveur, etc. - peuvent ainsi être répartis dans l'entreprise.
- Centralisez certaines fonctions TI. Une telle consolidation
des services permet de réduire de 10 à 20 % les budgets alloués
à l'infrastructure technologique.
- Et enfin, développez une stratégie d'impartition des services.
Procédez à une sélection stratégique des tâches à effectuer à
l'interne et de celles qui peuvent être imparties à des
fournisseurs de services externes. Cette opération permettra à
la fois à l'organisation de bâtir une solide expertise dans des
secteurs d'activité technologiques clés et de se tisser un
réseau de ressources qualifiées étendu.
Évidemment, la charge de travail sera toujours lourde sur les
épaules des spécialistes en TI. Au moins, il existe des outils
qui peuvent guider leurs superviseurs dans la mise en œuvre de
mesures destinées à leur simplifier la vie...et, qui sait?, à
réanimer leur fougue d'antan.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Barb Gomolski, Get Rid of IT Burnout, 8 juin 2001
4. LES VSP : PROMESSES RÉELLES OU FUTUR FLOP? - Avis aux
investisseurs déçus par la dégringolade du titre de Nortel,
voici peut-être le filon d'une nouvelle ruée vers l'or. CNET
News nous présente cette semaine les « Vertical Service
Providers (VSP) », la nouvelle coqueluche de certaines firmes de
capital de risque américaines. Imaginez, le concept est
tellement nouveau que l'Office de la langue française n'a pas
encore proposé d'équivalent français pour VSP.
D'abord, qu'est-ce qu'un VSP? Commençons par un exemple. Dans
l'article, CNET présente VitalLink, une entreprise offrant des
solutions électroniques aux propriétaires de bars et
restaurants. Grâce à des caméras de surveillance et à des
logiciels intégrés aux caisses enregistreuses, VitalLink offre
aux restaurateurs de suivre quotidiennement sur le Web un
monitoring de l'ensemble des transactions réalisées dans leur
établissement. Pour quelques centaines de dollars par mois, ces
commerçants peuvent donc s'assurer que leurs employés ne sont
pas en train de les voler. Un propriétaire de franchises Subway
dans la région de San Francisco aurait ainsi vu son profit
augmenter de 2 % et déclare maintenant travailler l'esprit en
paix.
Et qu'est-ce qui distingue les VSP des FSA (fournisseurs de
services applicatifs)? La nuance est mince, mais quand même
réelle. Un FSA offre la location de services en ligne génériques
pouvant s'appliquer à n'importe quelle industrie. Il pourrait
s'agir, par exemple, d'un système de compatibilité destiné aux
PME, qu'elles soient dans le secteur manufacturier ou dans celui
des services. En revanche, les VSP développent des services
propres à une industrie en particulier, d'où l'utilisation de
l'adjectif « vertical ». Donc, on s'en doute, la solution conçue
par VitalLink ne peut s'appliquer qu'à la restauration.
Intéressant comme principe, car une des lacunes majeures des
solutions génériques, c'est qu'en essayant de convenir à tous,
on finit par ne plus convenir à personne.
Or, les VSP ont présentement le vent dans les voiles. CNET
rapporte qu'à une conférence tenue jeudi à San Francisco,
l'enthousiasme et la fébrilité rappelaient les beaux jours du
B2C et du B2B... Certains participants allaient même jusqu'à
prétendre que certains VSP pourraient éventuellement surpasser
les profits générés par des géants comme IBM, Cisco Systems et
Dell Computer.
Bref, ça semble prometteur. L'idée de la « verticalité » n'est
certainement pas mauvaise, les solutions personnalisées sont
souvent meilleures que les solutions génériques. Et même si la
personnalisation se fait à l'échelle d'un secteur industriel
plutôt qu'à l'échelle de chacune des entreprises, il est
probable que ça convienne à plusieurs. Quant à savoir si les
modèles d'affaires des entreprises de ce nouveau secteur vont
tenir la route, seul l'avenir le dira.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : New Web service: Hot investment or hype?
Bulletin du 15 juin 2001
1. MetalSite : leçons à tirer d'un échec...
2. Internet 2e manière, ou la chronique d'une renaissance
annoncée
3. Des bouchons de circulation : possibles même sur Internet
4. Rentabilité des investissements (ROI) et gestion de la
relation client (CRM)
5. Lancement du nouveau site du CEFRIO
1. METALSITE : LEÇONS À TIRER D'UN ÉCHEC... - La semaine
dernière, le portail de l'industrie métallique MetalSite mettait
fin (temporairement?) à ses opérations avec le discours hélas
trop fréquent : nous n'avons plus d'argent, nous ne pouvons plus
poursuivre nos activités. Pourtant, sur le site, le portail se
vantait d'avoir « augmenté ses revenus de 100 % et son
achalandage d'acheteurs de 300 % en l'an 2000 ».
Pour ceux qui l'ignoreraient, un portail - ou une place de
marché électronique - constitue un lieu virtuel de rencontre
entre acheteurs et vendeurs. Et, comme nous l'annoncions il y a
quelques semaines, pour les lecteurs qui voudraient en savoir
plus sur le sujet, le CEFRIO a publié un guide de vulgarisation
disponible gratuitement (en format pdf) sur notre site Web.
Pour en revenir à MetalSite... Cette semaine, Business Week
Online publie une entrevue fort intéressante avec son PDG,
Patrick B. Stewart, qui explique sa perception de l'insuccès de
l'entreprise. En voici quelques points intéressants :
- Le concept des places de marchés a de l'avenir. Le problème
provient des coûts de développement technologique qui peuvent
devenir astronomiques, en particulier lorsqu'on essaie d'ajouter
des fonctionnalités multiples à un tel portail.
- Le manque de soutien de l'industrie constitue le problème de
plusieurs places de marchés.
- MetalSite avait trop d'employés pour espérer une profitabilité
à court terme. De 130 l'an dernier, elle en comptait 70 au
moment de sa fermeture. De l'aveu de monsieur Stewart, si c'était à
refaire, il redémarrerait le portail avec seulement une
quarantaine d'entre eux.
- L'impact attendu d'Internet était exagéré par tous. Les
chaînes d'approvisionnement de l'industrie sont complexes et ont
mis des dizaines d'années à se mettre en place. Il serait
utopique de croire qu'Internet peut changer le tout en un clin
d'œil.
Donc, il y a peut-être là des leçons à retenir pour nos futurs
portails québécois... Évidemment, il ne faut pas sous-estimer
les coûts de développement technologique. Il y a aussi
certainement lieu de privilégier les fonctionnalités qui sont
vraiment essentielles et requises par les acheteurs et vendeurs
qui fréquenteront le portail. En outre, avoir le soutien de
l'industrie pourra s'avérer un facteur de succès important.
Finalement, il ne faut jamais sous-estimer la résistance au
changement, particulièrement lorsque les pratiques sont bien
ancrées et que le processus apparaît complexe. Il s'agit
simplement(!) de se donner les moyens d'être patient. Après
tout, l'automobile a tout de même eu besoin de nombreuses années
avant de remplacer complètement la carriole à cheval...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
MetalSite: "It Was Overhyped by Everybody" ;
Guide sur les places d'affaires électroniques : tirez profit des
portails
2. INTERNET 2e MANIÈRE, OU LA CHRONIQUE D'UNE RENAISSANCE
ANNONCÉE - La navigation sur le Web, on le sait, peut rapidement
devenir ennuyante, l'enthousiasme initial qui l'avait
caractérisée s'émoussant clic après clic. Selon Erick Schonfeld,
ce marasme virtuel pourrait par contre bientôt être du passé,
puisque nous pourrions assister sous peu à une sorte de
résurrection du Net qui, en bout de ligne, en serait
profondément transfiguré. Basé sur des applications qui
permettront aux ordinateurs de communiquer directement entre eux
pour échanger des données ou se partager l'exécution des
différentes fonctionnalités de logiciels, Internet 2e manière
constituerait en outre le plus grand bouleversement connu par
l'informatique depuis l'apparition du navigateur.
Selon Schonfeld, on peut donc se consoler, les sommes d'argent
phénoménales englouties dans l'échec de nombreux projets reliés
à Internet ne sont pas totalement perdues. La plus grande part
de cet argent a en effet été utilisée pour mettre des masses
d'information en ligne, masses qui, précisément, viendront
supporter les déploiements de cet Internet revampé. S'il est
aujourd'hui souvent difficile de s'y retrouver, ces informations
étant pour l'instant tout à fait désorganisées, les nouvelles
avancées de l'informatique pourraient par contre structurer ces
données disparates et ainsi grandement nous simplifier la vie.
L'émergence du XML (extensible markup language) ainsi que de
nouveaux standards Internet paraissent ainsi mettre en place le
cadre de développement d'une nouvelle ère informatique. Ce
formidable projet, si toutefois il est mené à terme, permettrait
aux ordinateurs de s'échanger entre eux des données de façon
autonome, mais aussi de partager la puissance de leur processeur
dans l'exécution de diverses opérations. Au-delà de n'être qu'un
espace de presse virtuel et illimité, Internet a désormais le
potentiel de devenir une véritable structure informatique
(« fabric for computation ») qui sous-tendrait des actions
dont certaines seraient indépendantes de l'intervention humaine.
Pour Bill Burnham, associé chez Softbank Venture Capital, les
principaux usagers du Net ne seront plus tant les internautes
eux-mêmes que leurs machines qui pourront se relier entre elles
de façon autonome et exécuter en sous-main de nombreuses
opérations. Certaines de ces applications non Web existent en
outre déjà - courriel, messagerie instantanée, technologie
peer-to-peer (P2) - et sont parmi les plus populaires du Net.
Si tous les grands joueurs américains (HP, Sun, etc.)
travaillent déjà en ce sens, c'est cependant Microsoft qui, plus
que toute autre compagnie, mise le plus sur les développements
de telles applications qu'elle a regroupées sous l'identifiant
.Net. Selon David Vaskevith, un des hauts dirigeants de
l'entreprise, ces nouveaux services Internet mettront en place
une véritable « décade numérique » où les ordinateurs
deviendront réellement indispensables ce qui, à son avis, n'est
toujours pas le cas aujourd'hui. Parmi les dispositifs qui
deviendront utilisateurs d'Internet, le PC devrait demeurer le
plus important en même temps que serait confirmée, dans
l'optique où .Net connaîtrait le succès escompté, la
prédominance de Microsoft Windows.
Quoiqu'il en soit et peu importe la façon dont ces efforts se
feront, ils ont le potentiel pour créer un Internet plus riche
et surtout plus utile à tous. Pouvant impliquer la conception
d'une nouvelle génération de logiciels, le défi est emballant
mais de taille. Reste aussi bien sûr à espérer que nous
conserverons toujours l'ultime pouvoir « on/off » sur nos
machines.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Erick Schonfeld, Second Coming : The Internet Gets Reborn, 8 juin 2001
3. DES BOUCHONS DE CIRCULATION : POSSIBLES MÊME SUR INTERNET -
La version du protocole IP couramment utilisée par le réseau
Internet fête ses 20 ans cette année. Le protocole IP a pour
rôle de régir l'expédition et la circulation des informations
sur Internet. Il y a vingt ans donc, le IPv4 (protocole IP
version 4), développé pour supporter 4 milliards d'adresses,
semblait très adéquat. Mais voilà, il y a belle lurette que le
réseau n'est plus simplement utilisé à des fins académiques ou à
des fins de recherche. D'ici quelques années, des milliards
d'ordinateurs, de téléphones mobiles, d'appareils sans fil, de
jeux vidéo, de caméras numériques, de systèmes de sécurité,
d'appareils ménagers et même, pourquoi pas, de pneus automobiles
nécessiteront une adresse IP. Le IPv4 ne pourra alors plus
suffire, ayant comme conséquence de « congestionner » Internet.
Pour pallier à cette situation, le « Internet Engineering Task
Force » (IETF) travaille depuis 1990 au développement d'un
protocole IP nouvelle génération (IPng). En 1995, le protocole
IP version 6 (IPv6) a d'ailleurs été reconnu comme standard pour
remplacer l'ancienne version.
La problématique n'est cependant pas résolue pour autant. Alors
que plusieurs compagnies d'Europe et d'Asie se préparent à
adopter le IPv6, la plupart des entreprises nord-américaines ne
leur emboîtent pas le pas. Cette insouciance provient
apparemment du fait que 74 % des adresses disponibles avec
l'ancien protocole ont déjà été réservées pour l'Amérique du
Nord laissant le reste du monde - 95 % de la population mondiale
- pratiquement dépourvu d'adresses et cherchant une alternative.
Le nouveau protocole IPv6 peut contenir jusqu'à 1038 adresses -
soit 1 suivi de 38 zéros - faisant en sorte d'avoir amplement
assez d'adresses IP pour tout le monde.
La transition vers le protocole IPv6 sera toutefois coûteuse.
Un peu de la même façon qu'ils l'ont fait pour le Bogue de l'an
2000, les administrateurs de réseau devront analyser l'ensemble
de leurs équipements informatiques pour en faire la mise à jour.
Les gouvernements en Europe et en Asie considèrent d'ailleurs
élaborer un programme de crédit d'impôt pour encourager les
entreprises à faire la transition.
Pour l'Amérique du Nord, la problématique pourrait être beaucoup
plus importante que l'on pense. Le déploiement du nouveau
protocole qui s'effectuera, si la tendance se maintient, plus
vite en Europe et en Asie, donnera naissance à des applications
Internet nouvelles auxquelles les entreprises nord-américaines
n'auront pas accès à cause de leur utilisation du protocole
désuet. Les technologies européennes et japonaises pourraient
potentiellement envahir le marché et faire revivre à l'Amérique
du Nord la même situation qu'au début des années 1970 avec
l'industrie automobile.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Kevin Marron, Upgrade aims to avert crisis of
congestion in cyberspace, The Globe and Mail, 8 juin 2001
4. RENTABILITÉ DES INVESTISSEMENTS (ROI) ET GESTION DE LA
RELATION CLIENT (CRM) - D'une façon générale, les gestionnaires
sont friands d'analyses axées sur la rentabilité des
investissements (ROI) informatiques. Quelle que soit
l'appellation que l'on fait de cet exercice, il est le
précurseur de la plupart des projets informatiques. En fait,
l'analyse de la rentabilité des investissements constitue
l'estimation des bénéfices ou des économies qui peuvent être
réalisés grâce à certains investissements.
Curieusement, l'un des éléments clés d'un projet d'affaires
électroniques ne conduit pas nécessairement à une analyse en
règle du rendement du capital investi. Il s'agit de la gestion
de la relation client (CRM = GRC).
Certaines entreprises travaillent pendant des mois à planifier
une stratégie de GRC pour malheureusement échouer en bout de
piste. Par contre, d'autres préfèrent investir dans des systèmes
non éprouvés, provenant de vendeurs inconnus, simplement car
« cela leur semble la bonne chose à faire » et elles deviennent
des leaders dans leur industrie. Comment expliquer ce phénomène?
Les règles de la rentabilité des investissements ne
s'appliquent-elles donc pas?
L'explication de ces exemples pour le moins contradictoires
prend sa source dans la GRC. En effet, on a dégagé deux types
d'organisation, soit les leaders et les suiveurs (followers),
qui l'utilisent différemment.
Pour les organisations dites leaders, la GRC est un moyen
d'obtenir un avantage concurrentiel. Elles n'ont pas peur de
prendre des risques, d'expérimenter de nouvelles façons de faire
et d'adapter rapidement leurs processus d'affaires aux réponses
des consommateurs. Toutefois, ces entreprises courent un risque
de « surplanification » (« overplanning ») puisque les
changements en la matière ne peuvent pas tous être anticipés.
Citons un exemple. Si, dans les premiers temps du commerce
électronique, les gestionnaires d'Amazon.com avaient analysé le
rendement des investissements de la GRC d'une façon
traditionnelle, ils n'auraient sans doute pas développé une
aussi riche expérience avec la clientèle. De plus, ils
n'auraient pu savoir - financièrement parlant - que de faire des
recommandations aux clients basées sur leurs habitudes d'achat
aurait changé la façon dont ces derniers magasinent. Cependant,
une fois le processus entamé, Amazon.com a dû réagir rapidement
face aux résultats obtenus afin de réajuster ses processus
d'affaires à la demande.
Les organisations dites « suiveurs » (followers), quant à elles,
devraient d'abord mettre sur pied une stratégie de GRC. Pour ce
faire, on leur suggère de travailler à partir d'un dossier
commercial formel. Également, on leur conseille de choisir un
fournisseur fiable et de prendre exemple sur les organisations
leaders pour s'assurer que les exigences organisationnelles
nécessaires à la réussite soient en place. De plus, les suiveurs
doivent prévoir à l'avance à quel moment, dans leur stratégie,
intervient l'étude du rendement des investissements, sinon elles
seront incapables d'adapter leur processus d'affaires « à la
volée ».
Ajoutons que malgré sa connotation négative, être associé à la
catégorie des suiveurs n'est pas nécessairement une mauvaise
chose. Dans une industrie en pleine maturité, dans laquelle les
meilleures pratiques de GRC sont éprouvées et son impact sur la
façon de faire des affaires est minimal, être suiveur pourrait
même être positif. Par contre, si l'on s'attend à ce que la GRC
transforme l'entreprise, il faut comprendre que l'analyse
traditionnelle du rendement des investissements ne permet pas
toujours de reconnaître les bénéfices d'une telle initiative.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Source : InfoWorld, 6 juin 2001,
5. LANCEMENT DU NOUVEAU SITE DU CEFRIO - C'est à l'occasion de
son Assemblée générale annuelle que le CEFRIO a procédé au
lancement de la nouvelle version de son site Internet. Le site
offre un contenu plus diversifié et plus facile d'accès. Les
internautes peuvent notamment obtenir des renseignements sur les
projets de recherche et de veille du CEFRIO. Le site offre
également une solution de paiement sécurisée pour l'inscription
aux activités du Centre et pour la commande de publications. Les
internautes ont également la possibilité de compléter un
formulaire pour recevoir des informations par courrier
électronique sur les activités et publications du Centre. Le
CEFRIO souhaite que cette nouvelle version facilitera davantage
la diffusion et le transfert des connaissances dans le cadre de
ses projets de recherche et de veille. http://www.cefrio.qc.ca
Bulletin du 8 juin 2001
1. Organismes publics : comprenez les coûts reliés aux TI
2. L'importance de combler le fossé entre les inforiches et les
infopauvres
3. Gouvernement électronique en Grande-Bretagne : problèmes en
vue?
4. Courriel : conserver ou détruire, là est la question
5. Promotion, sensibilisation et veille pour la francisation des
inforoutes
1. ORGANISMES PUBLICS : COMPRENEZ LES COÛTS RELIÉS AUX TI - Les
coûts reliés à un projet en technologies de l'information (TI)
sont très souvent sous-estimés. N'ayant pas de modèle ou de
guide adéquat pour identifier l'ensemble des facteurs faisant
partie d'un tel projet, les organismes ont souvent tendance à
sous-estimer les coûts et la complexité de ces initiatives. Les
modèles existants tiennent compte des ressources dédiées au
projet, du matériel informatique, des logiciels ainsi que des
services de consultation. Même si ces facteurs sont bien réels,
ils ne représentent absolument pas l'ensemble des coûts d'un
projet en technologies de l'information.
Une des premières constatations qui doit être faite vis-à-vis
les TI est que les gestionnaires doivent arrêter de se fier
uniquement aux paramètres technologiques et juger de la
performance de leur solution de TI d'un point de vue stratégique
pour l'organisation.
Il est de plus en plus important, autant pour les organisations
publiques que privées, de connaître et d'estimer avec précision
l'ensemble des coûts reliés à un projet de TI. Le nombre
croissant d'initiatives coûteuses ainsi que les quelques échecs
retentissants très bien médiatisés ont d'ailleurs soulevé une
grande préoccupation pour le phénomène, ayant comme résultat le
développement de nouveaux outils et de nouvelles techniques
visant à l'amélioration de la planification et à la prise de
décision d'investissements en TI.
Les organisations qui réussissent à répertorier les facteurs
influençant leurs initiatives en TI, sont plus aptes à prédire
les coûts appropriés. Six facteurs influencent la complexité -
et par le fait même les coûts - d'un projet en TI :
- La diversité et le nombre de partenaires
- La similitude entre les processus et le travail actuel et ceux
envisagés
- La similitude entre les technologies désirées et les
technologies existantes
- La division des tâches
- Le niveau d'intégration souhaité
- La disparité des sources d'information à intégrer.
Ces facteurs qui ne sont souvent pas pris en compte dans des
approches plus traditionnelles de coûts jouent un rôle crucial
afin de déterminer la complexité et ainsi les coûts d'une
initiative en TI. D'ailleurs, la complexité et l'ampleur du
changement d'une initiative en TI influencent les coûts autant
que l'ensemble des dépenses directes. Un projet nécessitant
l'intégration de plusieurs départements ayant des systèmes
différents, modifiant fondamentalement les processus de
l'organisation et qui implante une technologie complètement
différente de celle existant déjà dans l'organisation, n'a pas
seulement un niveau de complexité élevé mais demandera également
des investissements très importants. Tous ces facteurs demandent
de sérieuses considérations dans l'évaluation et l'estimation
des coûts d'un projet en TI. Une organisation désirant obtenir
des estimations réalistes doit donc, en plus d'utiliser certains
modèles plus traditionnels, tenir compte de l'ensemble des
facteurs influençant la complexité d'un projet en TI.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille
Stratégique
Sources : Underestimating costs proves costly - Traditional
approaches aren't enough
;
Information Technology Investment Portfolio System (ITIPS)
;
The Hidden Costs of Data Integration, David Pearson
2. L'IMPORTANCE DE COMBLER LE FOSSÉ ENTRE LES INFORICHES ET LES
INFOPAUVRES - Pour qu'un pays puisse participer et prospérer
dans le contexte actuel de mondialisation de l'économie, il est
primordial qu'il élimine en tout premier lieu le fossé qui
existe entre les inforiches (info haves) et les infopauvres
(info have-nots). Ainsi, il doit s'assurer que les technologies
de l'information et de la communication (TIC) soient disponibles
et accessibles à tous les segments de la population. Voilà
l'essentiel du message véhiculé dans un récent rapport publié
par la firme américaine IDC.
Pour les besoins de l'étude, la firme s'est fiée au classement
de l'Information Society Index qui détermine le rang occupé par
chacun des pays en fonction de critères portant sur les
infrastructures des technologies et de l'information
(ordinateur, information, Internet, social). À cet égard, il est
intéressant de mentionner qu'au début de l'année 2001, la Suède
atteignait la première place du classement. Par contre, les
États-Unis sont passés du deuxième au quatrième rang. Cette
quatrième position étonne, si l'on considère que les États-Unis
sont les plus grands producteurs d'appareils informatiques.
Cependant, l'accessibilité à une grande quantité de technologies
ne peut à elle seule contribuer à accroître la productivité d'un
pays, à moins que tous les individus qui la composent sachent
comment les utiliser. D'ailleurs, IDC croit que le facteur
principal de cette chute des États-Unis est en lien direct avec
son incapacité à régler le problème de l'exclusion sociale
(digital divide).
Enfin, la firme américaine précise que les pays n'ont plus le
choix et qu'il est impératif qu'ils se développent comme société
de l'information. Ceci est d'ailleurs un processus continu
puisque l'arrivée de nouvelles technologies entraîne
inévitablement de nouvelles opportunités et ainsi de suite...
Plus près de nous au Québec, ce sont les groupes communautaires
qui ont récemment confirmé l'importance et la nécessité de
faciliter l'accès aux TIC. Une enquête menée par l'organisme à
but non lucratif Communautique démontre que ces derniers
souhaitent ainsi éviter que leurs clientèles ne vivent une
nouvelle forme d'exclusion et d'isolement. De plus, ils
considèrent que les TIC leur offriraient la possibilité de
communiquer et de s'informer, d'augmenter leurs chances de se
trouver un emploi, de se divertir, etc. Par ailleurs, il est
intéressant d'ajouter que les groupes communautaires interrogés
craignent même qu'un fossé se creuse entre eux et sépare les
groupes biens nantis de ceux qui ne le sont pas, soit les
inforiches et les infopauvres. Les résultats de l'enquête
corroborent malheureusement ces appréhensions puisqu'ils
indiquent des différences marquées entre les divers secteurs
d'intervention et entre les régions. Par exemple, en matière
d'ordinateurs performants de dernière génération, les groupes
répondants des secteurs « femmes, défense des droits et
consommation » apparaissent moins bien pourvus comparativement à
ceux des secteurs du « développement économique communautaire,
de l'insertion professionnelle et de l'éducation ». De plus, les
répondants des régions de l'Abitibi-Témiscamingue et du
Saguenay-Lac-St-Jean semblent, quant à eux, moins bien équipés
que ceux des régions de Québec et de Montréal.
Finalement, les groupes communautaires abondent dans le même
sens et conviennent des bienfaits (partage de l'information,
éducation populaire, développement local, etc.) mais aussi des
défis posés par l'intégration des TIC à l'action communautaire.
Le manque de ressources financières, le manque de temps et le
manque de formation freinent notamment l'intégration de
l'informatique et de la télématique dans leur travail.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : Communiqué de presse, IDC, 4 juin 2001 ;
Le monde communautaire et Internet : défis, obstacles et
espoirs. Résultats d'enquête, Communautique, mai 2001
* Pour information, l'Information Society Index est accessible sur Internet.
3. GOUVERNEMENT ÉLECTRONIQUE EN GRANDE-BRETAGNE : PROBLÈMES EN
VUE? - Cette semaine, un article publié sur le site britannique
MediaGuardian lançait un avertissement : le projet Internet du
gouvernement (britannique, bien entendu) serait condamné à
l'échec.
D'abord, quelques mots sur le projet. Comme le gouvernement
canadien souhaite le faire d'ici 2004 avec son programme « Pour
un gouvernement branché », le premier ministre britannique
s'était engagé à offrir tous les services de l'État anglais sur
le réseau Internet d'ici 2005. Lancé en 1998, le programme en
question prévoyait que d'ici 2008, tous les services
gouvernementaux - à la fois ceux des collectivités locales et
ceux du gouvernement central - seraient accessible en ligne à
tous les citoyens britanniques. La date d'échéance de 2008 avait
par la suite été ramenée à 2005 avec la promesse de changements
révolutionnaires dans la relation état citoyen.
Or, le quotidien The Guardian a mis la main sur le résumé d'un
rapport - à être publié après les élections du 7 juin 2001 - qui
présente une vue plutôt pessimiste du projet. Selon le document
en question, le projet serait voué à l'échec parce que les élus
auraient sous-estimé l'ampleur de la complexité de la tâche.
Cette conclusion s'appuie sur une série d'entrevues « off-the-
record » avec les hauts fonctionnaires (du gouvernement central
et des municipalités) qui sont impliqués dans le processus de
modernisation qui doit mener à l'intégration des services.
Selon le rapport, trois facteurs seraient à l'origine des
problèmes potentiels : (1) on utilise la technologie pour
assembler les services gouvernementaux actuels, plutôt qu'à
titre de levier pour le développement de meilleurs services;
(2) contrairement à l'entreprise privée, le gouvernement ne
s'adapte pas aux besoins changeants des clientèles pour
s'assurer que ses services conviennent à une clientèle mieux
renseignée, plus sophistiquée et plus exigeante; et (3) les
employés ne sont pas tous prêts à embarquer dans l'aventure de
la modernisation et du gouvernement en ligne.
Bien que le rapport ne soit pas encore public et que certains
officiels britanniques aient déclaré qu'ils maintenaient le cap
sur l'échéance de 2005, il y a quand même quelques leçons
valables à retenir ici. D'abord, la technologie ne doit pas
servir de pansement pour soigner des faiblesses
organisationnelles. Au contraire, elle doit soutenir des
changements qui amèneront l'organisation à devenir plus
efficace. Ensuite, les besoins de la clientèle doivent demeurer
prioritaires, même pour une administration publique. Enfin,
négliger le facteur humain dans une démarche d'innovation
technologique augmente significativement les risques d'échec du
projet...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Government's internet project 'doomed to fail', Stuart Miller,
The Guardian, 4 juin 2001 ;
La page du « Gouvernement en direct » du gouvernement canadien
4. COURRIEL : CONSERVER OU DÉTRUIRE, LÀ EST LA QUESTION - Si le
courrier électronique est désormais un outil de communication
stratégique pour l'entreprise, la plupart des organisations
n'ont cependant pas encore réussi à composer avec les propriétés
inhérentes à ce nouveau type de document. Les messages échangés
de façon électronique représentent en effet une arme à deux
tranchants pour les compagnies... et pour les individus qui se les
transmettent. Plus faciles à retracer que leurs homologues
papiers classés rapidement ou perdus au fond d'un classeur, les
courriels sont en conséquence plus susceptibles d'être récupérés
et retransmis, bref de mener une nouvelle vie virtuelle mais
clandestine. Or, les dénouements de cette existence parallèle,
on le sait notamment grâce à la cause qui opposait Microsoft au
gouvernement américain, peuvent devenir très embarrassants -
lire très coûteux - lorsque des courriels se retournent
finalement contre leurs destinateurs ou leurs destinataires et
sont produits en cour.
En clair, le dilemme est simple : doit-on conserver
systématiquement tous les courriels? Les détruire après un
certain temps? Ou encore, sur quelles bases peut-on établir la
distinction entre les messages qui doivent être conservés et les
autres? Aucune règle précise n'étant établie jusqu'à présent,
certaines compagnies optent pour la sauvegarde routinière de
tous les messages contenus dans les boîtes de courrier de leurs
employés, tandis que d'autres entreprises encouragent au
contraire fortement ceux-ci à vider ces mêmes boîtes de façon
régulière. Ayant flairé là un marché potentiel, Disappearing,
une compagnie de San Francisco, lançait récemment sur le marché
un logiciel destiné à supporter les entreprises lors de
l'implantation de politiques de rétention et de destruction des
courriels. Comme son nom l'indique, les efforts initiaux de la
compagnie américaine ont porté sur les développements
d'applications assurant l'auto destruction des courriels à
partir d'une date d'expiration chiffrée. Après cette date,
toutes les copies des messages, quelles soient « officielles »
ou clandestines, deviennent inaccessibles.
Limiter la durée de vie des courriels ne peut par contre
représenter une solution pour les industries réglementées qui
doivent conserver les documents produits ou reçus un certain
nombre d'années, avant de pouvoir procéder de façon légale à
leur destruction. Pour ces organisations, le dilemme demeure
ainsi entier : établir un système de conservation électronique
et coûteux qui assure une récupération rapide de l'information,
ou opter plutôt pour un système d'archivage sur bandes, moins
dispendieux mais ne permettant pas un accès aussi immédiat aux
contenus. Selon Steve King, chef de la direction de Zantaz, une
entreprise pionnière dans ce marché émergent, la solution réside
dans l'externalisation de l'archivage des courriels. Plusieurs
maisons de courtage américaines bénéficient ainsi déjà des
services de conservation et de récupération instantanée des
messages préalablement indexés offert par la compagnie.
Notons enfin que Disappearing et Zantaz ont par ailleurs
récemment annoncé la conclusion d'une alliance stratégique, les
deux partenaires ayant décidé d'allier leurs expertises pour
mieux supporter les entreprises dans l'application de politiques
de rétention des courriels... et sans doute s'approprier une plus
grande part de ce marché naissant.
Reste donc à espérer que les archivistes et spécialistes en
gestion de document sauront eux aussi saisir l'occasion et ne
pas laisser aux mains des seuls informaticiens l'application de
leur science à l'univers virtuel.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
Stratégique
Source : Louise Kehoe, Should I save or should I delete?, The
National Post, 30 mai 2001, C8.
5. PROMOTION, SENSIBILISATION ET VEILLE POUR LA FRANCISATION DES
INFOROUTES - Si des progrès en matière de multilinguisme et de
francisation des grands réseaux électroniques mondiaux avaient
déjà été réalisés en 1998, il restait par contre toujours un
certain nombre de problèmes à régler pour assurer une véritable
francisation des inforoutes. C'est dans ce contexte,
l'utilisation d'outils appropriés au multilinguisme s'avérant de
plus en plus cruciale, qu'a vu le jour le projet « Promotion,
sensibilisation et veille pour la francisation des inforoutes ».
Conduit par le CEFRIO et supporté par le FAI, le CEVEIL, Alis
Technologie et Viagénie, ce projet visait à donner suite aux
travaux du NoTIAL, en assurant des activités de veille
stratégique à l'intention des entreprises québécoises. Les
thématiques abordées ont été le repérage multilingue, les
standards existants permettant la francisation des inforoutes,
la « webification » des applications informatiques dans une
approche multilingue ainsi que les conditions requises pour
assurer intégralement l'usage du français sur les inforoutes.
Le projet est aujourd'hui parvenu à son terme, les livrables
étant tous rendus disponibles sur le site du CEVEIL
(www.ceveil.qc.ca).
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille
stratégique
Bulletin du 1er juin 2001
1. Mesurer le succès de ses affaires électroniques
2. Votre prochain réfrigérateur sera-t-il branché?
3. L'heure Internet : prière d'ajuster vos montres!
4. Le livre électronique (e-book) : un produit de niche encore
pour quelques années
1. MESURER LE SUCCÈS DE SES AFFAIRES ÉLECTRONIQUES - Une
entreprise peut-elle réellement évaluer le succès de ses
affaires électroniques? Certes, les résultats des ventes en
ligne donnent une bonne indication. Par contre, le gestionnaire
est-il en mesure d'identifier quels produits ou services les
consommateurs achèteront en ligne ou encore, si les
cyberacheteurs accordent plus d'importance à la rapidité de la
livraison ou aux bas prix? Les réponses à ces questions - fort
probablement négatives - confirment la nécessité de recourir aux
faits concrets et à la métrologie informatique (metrics) pour
mesurer le succès des affaires électroniques d'une organisation.
Alléchés par les promesses des affaires électroniques, les
gestionnaires de plusieurs entreprises ont investi beaucoup de
temps et d'argent dans différents projets de ce type. Toutefois,
bon nombre d'entre eux sont présentement scrutés à la loupe en
raison du marasme économique actuel. Malheureusement,
contrairement aux centres d'appels et à la force de vente
directe, le Web dispose de peu d'outils de métrologie
informatique efficaces. Les diverses méthodes d'évaluation se
regroupent sous l'appellation de l'« analyse-Web » (Web
analytics).
En fait, on prévoit que « l'analyse-Web » sera davantage connue
d'ici quelques temps. Fondamentalement, l'« analyse-Web » est un
outil de support à la décision en temps réel. Il permet
d'analyser les données relatives aux consommateurs et les
tableaux de ventes, un peu comme les outils actuels mais d'une
façon dynamique.
Prenons un exemple impliquant la gestion de la relation client
(customer relationship management, CRM). Bon nombre
d'entreprises connaissent le profil de leurs meilleurs clients
et utilisent cette information pour développer leurs stratégies
de vente. Avant l'arrivée du Web, la gestion de la relation avec
la clientèle était limitée. Bien qu'il était possible de tracer
l'historique d'achats des consommateurs, il était impossible de
connaître leur opinion sur les produits. Cependant, grâce à
l'« analyse-Web », il sera relativement simple de savoir quels
produits les clients regardent dans le Web.
En fournissant de l'information en temps réel sur la vente des
produits et services, l'« analyse-Web » laissera notamment
prévoir la réaction des consommateurs face à un nouveau produit.
Une entreprise de vêtements par exemple, pourrait faire un pré-
lancement d'une ligne de vêtements dans son site Internet et
utiliser l'« analyse-Web » pour étudier le comportement des
consommateurs. Cette méthode permettra également d'ajuster,
d'adapter et de renouveler au fur et à mesure les campagnes
publicitaires, ce qui autrefois nécessitait plus temps.
Par ailleurs, s'il est vrai que parler d'analyses de données
ressemble étrangement à un travail dédié aux experts des bases
de données, il est important de préciser que l'« analyse-Web »
est avant tout un exercice d'analyse et non un projet
informatique. La technologie est importante, mais le plus
important est d'abord de s'assurer d'obtenir la bonne
information. Pour cette raison, on suggère aux directeurs
marketing d'effectuer quelques projets pilotes afin de se
familiariser avec le système, avant de procéder au développement
final. Par la suite, on recommande la création d'une direction
de la veille au sein de l'organisation afin d'y concentrer
toutes les tâches d'analyse.
Enfin, soulignons évidemment l'importance pour le directeur
marketing d'étudier et de chercher à résoudre les questions ou
problèmes de sécurité et de protection des renseignements
personnels sous-jacents à l'« analyse-Web ».
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Source : InfoWorld, 25 mai 2001
2. VOTRE PROCHAIN RÉFRIGÉRATEUR SERA-T-IL BRANCHÉ? - Selon une
enquête récente de Cahners In-stat Group, le marché de
« l'équipement ménager intelligent » serait sur le point
d'exploser. En fait, si on en croit le communiqué de presse,
en 2005, les foyers américains compteraient 20 millions
d'appareils - autres que des micro-ordinateurs - branchés à
Internet.
Le marché de l'équipement ménager intelligent se divise en trois
catégories : les appareils électroniques (postes de radio,
téléviseurs, etc.), les électroménagers et les postes autonomes
dédiés au courriel. Globalement, selon Cahners, ce marché
devrait connaître une croissance annuelle composite de 101 %, la
plus forte croissance (115 %) revenant à la catégorie des
téléviseurs branchés. Selon Cindy Wolf, analyste chez Cahners,
malgré une économie fragile, ce segment de marché se porterait
plutôt bien. À preuve, elle avance que les manufacturiers de ce
secteur seraient plus nombreux qu'il y a un an et que le nombre
de produits serait en croissance. Et les modèles d'affaires dans
tout ça? Toujours selon madame Wolf : « les manufacturiers ont
noté les causes des échecs et succès récents et mettent
l'emphase sur des caractéristiques particulières qui ajoutent de
la valeur, tout en gardant l'œil sur les coûts. »
Sans vouloir paraître technophobe, n'y a-t-il pas lieu de
s'interroger : qui a besoin d'un réfrigérateur branché? Et que
fera un tel appareil? Commander lui-même un litre de lait
lorsque le carton sera presque vide? Autoanalyser son contenu et
proposer une recette en conséquence? Ou quoi d'autre? Et le
lave-vaisselle branché, lui? Participera-t-il à des forums de
discussion avec d'autres lave-vaisselle où ils compareront les
vertus du dernier détergent qui ne laisse pas de traces sur les
verres? Quoi qu'il en soit, cette vision futuriste a de quoi
laisser perplexe. Le communiqué de presse de Cahners a
certainement raison de mentionner que les manufacturiers
« devront éduquer les consommateurs quant aux nouvelles
capacités de ces appareils ».
Et si le passé est garant de l'avenir, la bataille est loin
d'être gagnée pour les « électroménagers intelligents ». On n'a
qu'à regarder le succès mitigé du WebTv, cet appareil permettant
de brancher la télévision à Internet : en 2000, le service
comptait seulement un million d'abonnés selon The Industry
Standard. Et ce, malgré le fait que le produit soit sous le
giron de Microsoft - et de son pouvoir marketing - depuis 1997.
Enfin, qui sait, Cahners a peut-être raison? L'avenir, nous
réserve certainement des surprises difficiles à anticiper
aujourd'hui...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Internet Growth Driving Smart Appliance Market; Unit
Sales to Top 20 Million by 2005 ;
AOLTV to Debut, But Does Anyone Want It?
3. L'HEURE INTERNET : PRIÈRE D'AJUSTER VOS MONTRES! - Internet
et son impact sur la société ont déjà fait couler beaucoup
d'encre. Mais, de nos jours, l'exubérance des discours
illusoires a plutôt laissé place à des réflexions mûres et
surtout plus réfléchies. Un des tenants d'un tel discours, ayant
en plus le mérite d'avoir vécu et même participé à toute
l'histoire de l'informatique, est l'ancien chef de la direction
d'Intel, Andy Grove. Après avoir passé 33 ans au service de
l'entreprise dont les dernières à titre de chef des opérations,
il occupe depuis un an le poste de président du conseil
d'administration.
Selon monsieur Grove, affirmer qu'Internet change tout est aussi
faux que de penser qu'Internet ne change rien. Lorsqu'il compare
les changements ayant eu lieu et ceux restant à venir, il ajoute
que les jours de l'adolescence d'Internet que nous vivrons sous
peu seront tout aussi marquants que les jours de son enfance que
nous avons vécus jusqu'à présent. Internet continuera donc de
transformer les organisations et propulsera la globalisation à
des niveaux sans précédent. Il croit également, encore plus que
jamais, que toutes les compagnies dans le futur utiliseront
Internet. Il donne, entre autres, l'exemple de Dell qui a su
utiliser efficacement Internet pour produire des économies de
coûts et un avantage concurrentiel qui se sont traduits par un
gain de part de marché. Selon son opinion, il en sera de même
pour l'ensemble des industries dans tous les pays.
Le dicton : « le Net change tout » est complètement faux selon
lui puisqu'il ne change pas des éléments comme la loi de l'offre
et de la demande, les prémisses de la concurrence ou encore le
principe de création de valeur pour les actionnaires basé sur
des bénéfices et non sur des dépenses opérationnelles
indéfinies.
Monsieur Grove s'est également penché sur les dernières
révolutions économiques que l'humanité a connues. Même si, selon
lui, les changements apportés par le téléphone, les chemins de
fer, l'électricité sont importants, la révolution de l'économie
Internet et les changements qui en découlent sont beaucoup plus
extrêmes. D'ailleurs, la vitesse à laquelle les organisations
d'aujourd'hui doivent opérer est un des changements les plus
importants apportés par Internet. L'expression « Le temps
Internet » est tout à fait réaliste. Or, ce phénomène, si l'on
en croit monsieur Grove, est très bénéfique puisque faire les
choses plus vite, en moins de temps, signifie une augmentation
de la productivité des organisations qui se traduit à son tour
par une croissance économique.
Les prochaines percées selon lui qui conduiront également à des
changements comparables à ce qu'Internet a amenés sont la
génétique et la biologie moléculaire. Il ne reste plus qu'à
réajuster nos montres à l'heure Internet et à voir défiler les
changements à la e-vitesse.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources : John Heilemann, Wired Magazine, juin 2001
4. LE LIVRE ÉLECTRONIQUE (E-BOOK) : UN PRODUIT DE NICHE ENCORE
POUR QUELQUES ANNÉES - Le livre électronique (livrel) est encore
aujourd'hui difficile à vendre... et ce n'est pas pour rien. Selon
META Group, son marché actuel est ainsi caractérisé par une
technologie de première génération, immature et coûteuse, et
qui, comme si ce n'était pas déjà suffisant, s'adresse à une
clientèle restreinte. Mis à part les technophiles, rares sont en
effet ceux qui préfèrent lire leurs ouvrages préférés à l'aide
des dispositifs électroniques actuellement disponibles plutôt
que dans leurs bonnes vieilles versions papier. Pour les
analystes de META, il faudra attendre la 3e génération du livrel
- et l'année 2005 - pour voir cette technologie quitter les
rangs des produits de niche et élargir son marché.
Une certaine confusion vient en outre du fait que le livrel
implique des technologies différentes. Ses développements sont
ainsi menés d'un côté par des compagnies comme Adobe et
Microsoft, qui mettent en marché des logiciels spécialisés
permettant la lecture, sur un ordinateur, d'ouvrages en
différents formats, et de l'autre, par des entreprises comme
Gemstar qui développent plutôt des périphériques portables
dédiés à la lecture (« bouquineur »). Si cette dernière
technologie paraît la plus prometteuse, le prix actuel du
bouquineur est par contre toujours trop élevé (entre 200 et
700 $ US), par rapport par exemple à celui d'un assistant
numérique personnel (PDA). Tout en offrant plusieurs autres
fonctionnalités, et quoique de façon beaucoup moins intéressante
(faible résolution et petitesse de l'écran), les PDA peuvent
ainsi permettre la lecture de livrel.
Les améliorations des dispositifs de lecture, logiciels ou
appareils dédiés, ne sont cependant pour META Group que l'une
des composantes des succès futurs du livrel. Les contenus qui,
pour l'instant ne présentent aucune valeur ajoutée par rapport à
ceux des ouvrages traditionnels, doivent eux aussi évoluer vers
des applications qui assureraient une expérience de lecture
unique aux utilisateurs. Dans cette optique, le développement de
modèles hybrides qui allieraient texte, son et image pourrait
conférer au livrel cette spécificité particulière... s'ils étaient
bien sûr offerts à des prix acceptables.
Au-delà d'en représenter un équivalent électronique coûteux, la
clé du succès du livrel réside ainsi dans sa capacité à se
différencier des supports traditionnels de lecture. Pour les
compagnies comme Microsost ou Gemstar le défi est donc de
parvenir à maximiser les diverses possibilités de la technologie
et ce, d'une façon véritablement créative et innovante.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources :
META Group, E-Books : Still a Niche Market, 3 mai 2001
(www.metagroup.com) ;
Denis Levasseur, Regards sur les livres électroniques, Argus,
vol. 30, no1, printemps 2001. ;