2. L'orthopédagogie en réseau : une expérience novatrice à la commission scolaire de Portneuf
Les 19 et 20 avril 2007 se tenait à Québec une importante session de transfert organisée par le CEFRIO et réunissant plusieurs acteurs
du projet École éloignée en réseau (ÉÉR) : directeurs généraux, directions des services éducatifs, enseignants, conseillers pédagogiques,
responsables des services informatiques, directions d'école, membres du comité directeur du projet, CEFRIO et équipe de
recherche-intervention provenant des universités Laval, McGill et Chicoutimi.
Rappelons que ce projet, initié par le CEFRIO et le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport en 2002, vise à transformer les pratiques
pédagogiques par l'apport des TI dans le but d'assurer la vitalité des petites écoles en région et favoriser le développement économique des
milieux ruraux. Près de 80 écoles rurales des niveaux primaire et secondaire de près d'une vingtaine de commissions scolaires participent aujourd'hui
à cette expérimentation.
Nous avons vu au cours de cette session de transfert, que non seulement les pratiques pédagogiques des enseignants se transforment et se bonifient avec l'utilisation des TI, mais aussi celles d'autres intervenants. C'est le cas notamment des orthopédagogues.
À cet égard, il est intéressant de rapporter une expérience en réseau réalisée à la commission scolaire de Portneuf au cours des derniers mois. Cherchant de nouveaux moyens pour regrouper et intervenir auprès des élèves présentant des difficultés d'apprentissage et considérant que la distance à parcourir entre les différentes écoles primaires pour répondre aux besoins particuliers de certains élèves diminuait le nombre d'interventions possibles auprès de ceux-ci, l'opportunité d'utiliser les TI pour intervenir à distance a été envisagée.
Cela posait toutefois un certain nombre de questions, comme :
- Est-ce que les élèves ayant des problèmes de comportement vont être capables de travailler sérieusement lorsqu'ils seront en réseau ?
- Est-ce que les élèves vont être capables d'être à l'écoute pendant près d'une heure sans la présence physique d'un adulte, alors qu'ils ont de la difficulté à se concentrer pendant de très courtes périodes ?
- Est-ce que les élèves vont être capables d'utiliser seuls les technologies (logiciel de vidéoconférence sur Internet notamment) et les différents périphériques ?
Ces appréhensions, légitimes reconnaissons-le, se sont vite estompées après la première semaine d'expérimentation.
En effet, l'orthopédagogue a réalisé des interventions en réseau d'une durée de 55 minutes à raison de 5 rencontres par cycle de neuf
jours. Les élèves ciblés provenaient de deux écoles : quatre élèves du 3e cycle (deux garçons et deux filles) et un garçon du 2e cycle.
Ces élèves présentent une ou des problématiques associées à la dysphasie, la dyslexie, des difficultés d'apprentissage ou
comportementales.
Que s'est-il
donc passé pour que soudain, ces élèves soient motivés et attentifs ? La
réponse se trouve en partie par le contexte créé par l'utilisation des TI.
En effet, pour certaines périodes d'intervention, l'orthopédagogue n'intervenait
pas dans la classe mais en réseau. On retirait alors l'élève de sa classe
pour l'installer seul dans un local voisin, devant un ordinateur branché
avec les logiciels et périphériques requis (caméra web, écouteurs, microphone).
Voilà déjà un élément propice à la concentration. De plus, l'élève ne subissant
pas le regard des autres élèves devenait beaucoup plus à l'aise pour s'exprimer
dans ce nouvel environnement. Aussi, l'utilisation même des technologies
pour réaliser des activités de lecture et de communication orale s'est avérée
très motivante. D'autres observations ont aussi été faites par l'orthopédagogue
et les enseignants après seulement trois mois de pratique. En effet, ils
ont remarqué que ces élèves :
- ont développé de l'autonomie par rapport à l'utilisation de l'ordinateur et des logiciels;
- se sont davantage responsabilisés face à leurs apprentissages;
- ont développé une meilleure communication orale et apporté de la fluidité dans leur lecture;
- ont consolidé plus rapidement les stratégies en lecture;
- et, non le moindre, ont amélioré leur comportement en classe et dans l'école (passage de leader négatif à leader positif).
Cette transformation vers une orthopédagogie en réseau implique toutefois de relever de nombreux défis.
Par exemple, il faut beaucoup de souplesse entre l'orthopédagogue et les enseignants dans l'organisation des horaires
et l'organisation physique (du fait qu'un élève est seul dans un autre local que celui de la classe). Et puis l'ordinateur,
les logiciels ou les périphériques connaissent parfois des ratés en pleine intervention, à distance rappelons-le, de
l'orthopédagogue…
Pourtant, tous les intervenants concernés par cette nouvelle forme d'orthopédagogie en réseau sont unanimes : il faut poursuivre
l'expérience, innover dans les types d'intervention, revoir l'organisation des horaires, trouver des solutions aux failles technologiques…
car en bout de course, l'élève ayant des besoins particuliers en sort gagnant.
Mentionnons que le projet École éloignée en réseau en est maintenant à sa troisième phase : l'institutionnalisation du modèle ÉÉR.
Si le modèle s'est avéré jusqu'à ce jour bon et pertinent et qu'il a été démontré que chaque site-pilote est porteur d'éléments importants
à la réussite de ce modèle, il appert néanmoins qu'il sera nécessaire dans l'avenir de mettre en valeur les bons coups des uns et des autres
pour institutionnaliser l'École éloignée en réseau. C'est un premier pas en ce sens que nous avons voulu accomplir en vous présentant une
expérience novatrice d'orthopédagogie en réseau.
Rédactrice : Gisèle Vachon, chargée de projet, CEFRIO
Remerciements à Brigitte Larivière, Marie-Hélène Ouellet et Louis Lemieux de la commission scolaire de
Portneuf pour leur témoignage dynamique lors de la session de transfert d'École éloignée en réseau le 20 avril 2007.
Pour en savoir davantage sur le projet École éloignée en réseau, communiquez avec Josée Beaudoin, directrice du projet au CEFRIO, (514) 840-1245.
Description du projet
http://www.cefrio.qc.ca/projets/proj_34.cfm
Site de l'École éloignée en réseau :
http://www.eer.qc.ca/
L'École éloignée en réseau - Rapport final (phase 2)
http://www.cefrio.qc.ca/projets/Documents/EER_phase2_rapport_final.pdf
3. Le Québec en bonne position sur la scène mondiale en termes d'utilisation d'Internet
Selon l'enquête NETendances 2006, en moyenne, les deux tiers (66 %) des adultes québécois ont utilisé Internet sur une base hebdomadaire en
2006. Le taux d'utilisation du réseau des réseaux a même atteint 72 % en novembre. Et à en voir les résultats pour les quatre premiers mois de
2007, on s'attend à une moyenne d'utilisation encore plus importante cette année. En effet, en moyenne entre janvier et avril 2007, 69 % des adultes
québécois naviguent sur Internet. Mais comment se positionne le Québec en matière d'utilisation d'Internet à l'échelle du pays et même par rapport
à son voisin du sud, les États-Unis?
Selon les données d'Internet World Stats, le taux d'utilisation d'Internet atteint 86 % en Islande ce qui en fait le pays qui utilise
le plus le réseau. La Nouvelle-Zélande, la Suède et le Portugal suivent alors que les États-Unis (70 %) se positionnent au 7e rang et
le Canada, au 10sup>e rang (68 %). Le Québec se situerait donc un peu derrière, environ en 15sup>e position, puisque le taux moyen d'utilisation
d'Internet chez les adultes en 2006 était de 66 %. Toutefois, si l'étude NETendances avait été effectuée qu'une seule fois en novembre
2006 (72 %), le Québec aurait devancé le Canada et se serait positionné au 5sup>e rang. Malgré ce bon positionnement, il semble que le
Québec soit encore légèrement en retard à l'échelle du pays. En effet, selon une étude de Statistique Canada, Montréal s'avérait en
2005 la grande région métropolitaine de recensement avec le plus faible taux d'utilisation annuel d'Internet dans la population adulte
(68 %).
Type de branchement à Internet
Selon une étude de 2006 publiée par eMarketer, le Canada dépasse les États-Unis en matière d'utilisation de la haute vitesse.
En effet, selon leurs données, 59 % des ménages canadiens auraient un accès Internet haut débit, proportion qui serait de 44 % aux États-Unis.
Au Québec, les données de NETendances montrent qu'en 2006, 58 % des adultes habitaient un domicile branché à la haute vitesse. Le Québec est
donc très bien positionné et devance la moyenne américaine !
Internet transactionnel
Les Québécois seraient au même niveau que les autres Canadiens en matière d'opérations bancaires en ligne. En 2006,
37 % des adultes québécois ont utilisé Internet sur une base mensuelle pour effectuer des opérations bancaires en ligne. À titre
comparatif, selon Statistique Canada, en 2005, 34 % des Canadiens avaient payé des factures en ligne et autant (35 %) avaient effectué
des opérations bancaires.
Le processus de magasinage en ligne sans toutefois y acheter est assez répandu autant au Québec qu'ailleurs.
Selon Statistique Canada, 9,2 millions d'adultes canadiens, ou 55 % de la population internaute, ont fait du lèche-vitrine en 2005
et, pour 60 % de ces personnes, l'achat s'est déroulé hors ligne. À la lumière de ces informations, le Québec n'accuse aucun retard
au niveau du magasinage en ligne puisqu'en moyenne, en 2006, 28 % des Québécois adultes ont magasiné en ligne pour préparer un
achat en magasin.
Toutefois, la situation diffère en matière de commerce électronique puisque les Québécois semblent moins friands de ce type d'achats.
Selon les données de NETendances, en 2006, 35 % des adultes du Québec avaient déjà effectué un achat sur Internet à au moins une reprise, alors
que 15 % des Québécois achètent en ligne sur une base mensuelle. Selon Statistique Canada, les internautes de l'Alberta (45 %) et de la
Colombie-Britannique (45 %) ont été les plus fervents utilisateurs du commerce en ligne en 2005 (sur une base annuelle) alors que le Québec
s'est situé bon dernier (35 %). Le taux d'utilisation d'Internet légèrement inférieur dans la province, la division de la population entre
régions rurales et urbaines, la richesse relative de la province et la langue seraient quelques facteurs pouvant expliquer la situation.
Notons que, selon e-Marketer, le Canada accuse lui aussi un retard sur les États-Unis en matière d'achat en ligne.
Utilisation du courriel et messagerie
Les Québécois utilisent le courrier électronique autant que les autres Canadiens. En moyenne, en 2006, 60 % des adultes du Québec
avaient communiqué par courrier électronique avec des parents ou des amis au cours du mois précédant l'enquête. Des chiffres de
Statistique Canada publiés en 2006 montrent qu'au cours des 12 mois précédant leur enquête, 56 % des Canadiens avaient utilisé le
courriel à leur domicile. Par ailleurs, en 2006, 28 % des adultes du Québec ont discuté en direct (clavardage ou messagerie instantanée)
sur Internet alors que Statistique Canada précise qu'en 2005 23 % des Canadiens participaient à des groupes de discussion ou utilisaient
la messagerie instantanée. Le phénomène étant en émergence, cette dernière proportion a probablement connu une croissance importante,
donc, prudence avec les comparaisons.
Divertissement
À l'échelle canadienne, la musique figurait en 2005 parmi les articles les plus commandés en ligne puisque 22 % des Canadiens
avaient acquis ou sauvegardé du contenu musical. Au Québec, les chiffes de NETendances montrent des similitudes puisqu'en moyenne,
en 2006, 22 % des adultes ont écouté ou téléchargé de la musique sur Internet dans un mois donné. Aussi, le visionnement ou le
téléchargement de vidéos en ligne a connu une forte progression en 2006 probablement en raison des sites comme YouTube et Têtes à claques.
Ainsi, en moyenne, 13 % des adultes québécois ont pratiqué cette activité. Les chiffres de Statistique Canada qui datent de 2005 montraient
pour leur part que 5 % des Canadiens téléchargeaient ou visionnaient la télévision sur Internet et autant, des films.
Les Québécois accuseraient par contre un léger retard en matière de jeux en ligne. En effet, en moyenne en 2006, 15 % des adultes du
Québec ont joué sur Internet ou en réseau dans un mois donné. Statistique Canada parlait plutôt de 24 % d'utilisateurs Canadiens de jeux sur
Internet en 2005 à partir du domicile.
La santé et les vacances
Enfin, les Québécois seraient selon toutes apparences à égalité avec les autres Canadiens en matière de recherche d'information en santé sur
Internet et pour la planification des vacances. En 2006, 34 % des adultes du Québec ont fait de telles recherches sur la santé au cours du
trimestre précédant l'enquête, proportion mesurée à 35 % en 2005 chez les adultes canadiens. Pour la planification des vacances, 39 % des
Québécois ont utilisé Internet à cette fin en 2006, alors que 39 % des Canadiens ont recherché de leur domicile des renseignements relatifs aux
voyages et y ont fait des arrangements.
Bref, on constate que le Québec se positionne très bien en matière d'utilisation d'Internet et qu'il a comblé bon nombre de retards
que l'on mesurait au cours des dernières années. Il y a encore du chemin à faire pour le commerce électronique où les Québécois sont encore
réticents à y adhérer. Il sera intéressant de voir comment la situation progressera.
Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Beauchemin, Malorie (2006). « Le Québec consomme moins sur Internet », La Presse, 2 novembre.
CEFRIO (2007). NETendances 2006 : utilisation d'Internet au Québec, [En ligne], février, 96 pages.
eMarketer (2006). Canada online
Site Internet World Stats
Statistique Canada (2006). « Commerce électronique : magasinage sur Internet » [Communiqué de presse], 1er novembre.
Statistique Canada (2006). « Enquête canadienne sur l'utilisation d'Internet » [Communiqué de presse], 15 août.
Statistique Canada (2006). Utilisation d'Internet par les individus, selon l'activité.