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Bulletin du 26 mai 2006
Bulletin du 12 mai 2006
Bulletin
du 26 mai 2006
Version PDF
1. Une
industrie technologique en excellente santé : un secret trop bien gardé
de la grande région de Québec
2. Le dossier médical électronique, la voie d’avenir
en médecine
3. PerLE, une collaboration entre les paliers du gouvernement canadien
au service de nos entreprises
1. Une industrie technologique
en excellente santé : un secret trop bien gardé de la grande région
de Québec - Trop souvent, on qualifie la grande région
de Québec de « gros village » ou encore de « ville
gouvernementale » avec une certaine pointe d’ironie. S’exprimer
ainsi démontre tout simplement une ignorance du dynamisme, de la croissance
et de l’excellence de l’industrie du secteur des technologies de
l’information (TI) de la région Québec Chaudière-Appalaches!
Le secteur des TI de la grande région de Québec représente
:
- plus de 491 entreprises;
- environ 13 880 emplois;
- un chiffre d’affaires annuel situé entre 1,6 G$ et 2 G$.
Dans le cadre de
la dixième édition de ses Rendez-vous technologiques qui se sont
déroulés en hiver 2006, la Chambre de commerce des entrepreneurs
de Québec a présenté un bilan de situation très
positif des industries technologiques de la grande région de Québec.
À cet égard
deux études réalisées par Pôle Québec Chaudière-Appalaches,
EB Data et le CEFRIO décrivent la grande région de Québec
comme un centre d’excellence et une masse critique d’entreprises,
notamment dans les secteurs de la géomatique, du multimédia, de
l’optique-photonique et du service-conseil en TI, suivis de près
par le secteur du jeu électronique.
La région
Québec Chaudière-Appalaches a connu un taux de croissance de l’emploi
plus qu’intéressant au cours des années 2002-2005, soit
3 %. On se rappelle que le secteur des TI a fait face à une période
difficile à la suite de l’effondrement de la bulle financière
de 2000. La majorité des pôles technologiques en Amérique
du Nord ont alors connu une diminution de l’emploi. La région métropolitaine
de Montréal, pour sa part, a vécu une décroissance de l’emploi
en TI de -2,6 % au cours de l’année 2002-2003.
La bonne santé
du secteur des TI de la grande région de Québec prend sa source
dans la volonté politique qui s’est traduite par des incitatifs
gouvernementaux tels que les crédits d’impôts et la mise
sur pied du Centre national des nouvelles technologies de Québec. À
cela, s’ajoutent le voisinage du gouvernement du Québec et l’environnement
général de la région de Québec qui fournissent plusieurs
avantages (octroi de contrats gouvernementaux, accompagnement gouvernemental
ou paragouvernemental, proximité de centres de recherche, qualité
de vie à Québec, etc.)… et quelques inconvénients
(unilinguisme français, carences au niveau du transport par avion et
par train, etc.).
La situation n’est
toutefois pas parfaite. Par exemple, on déplore un faible réseautage
entre les entreprises et les centres de recherche ainsi que la difficulté
d’obtenir du capital de risque. Lors de son étude, le CEFRIO a
d’ailleurs recueilli diverses suggestions visant à développer
davantage l’industrie des technologies à Québec. Parmi celles-ci,
retenons :
- Mettre sur pied une stratégie intégrée de développement
de l’industrie indépendante du politique;
- Poursuivre la concertation entre les organismes d’aide aux entreprises
: éviter les redondances, simplifier le démarrage et le support
aux entreprises, réduire la bureaucratie;
- Développer le marché international;
- Améliorer la collaboration entre les centres de recherche, les universités
et les entreprises;
- Créer un centre de sciences pour Québec, à l’instar
des plus grandes villes canadiennes.
* Note : je vous
suggère fortement de lire le Profil statistique des entreprises privées
des technologies appliquées de la zone Québec Chaudière-Appalaches
pour connaître le portrait détaillé de ce secteur (voir
les sources).
Rédactrice
: Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Chambre de commerce des entrepreneurs de Québec, et Pôle Québec
Chaudière-Appalaches (2006). « Rendez-vous
technologique 2006 : une performance plus qu’enviable pour l’industrie
technologique des régions de Québec et de la (sic) Chaudière-Appalaches
» [Communiqué de presse, en ligne], 9 févr., (Page consultée
le 23 mai 2006)
Rendez-vous technologique
(10e : 2006 : Québec). Rendez-vous
technologique 2006 [En ligne], Chambre de commerce des entrepreneurs de
Québec, févr. pag. multiple. (Page consultée le 23 mai
2006)
Dépouillement :
- Bilan de l’état des industries technologiques dans la grande
région de Québec–Chaudière-Appalaches (1995-2005),
CEFRIO, 18 p.
- Profil statistique des entreprises privées du secteur des Technologies
Appliquées dans la zone Québec Chaudière-Appalaches 2006,
Pôle Québec Chaudière-Appalaches, EB Data, 9 p.
2. Le dossier médical électronique,
la voie d’avenir en médecine - Selon plusieurs
experts américains interrogés par le CIO Magazine, l’année
2006 serait déterminante en ce qui concerne l’utilisation à
grande échelle des systèmes informatisés de dossiers médicaux
(electronic health recorders ou EHR). D’ici trois à cinq ans chez
nos voisins du Sud, près de la moitié des médecins devraient
utiliser un tel système et la presque totalité d’entre eux
l’auraient adopté dans 10 ans. Toutefois, il semble que la masse
critique d’utilisateurs se fasse toujours attendre.
Il va sans dire
que malgré les élans d’enthousiasme dans l’industrie
des dossiers médicaux électroniques, plusieurs médecins
demeurent réfractaires à cette innovation. Selon un sondage réalisé
en 2005 par la Medical Group Management Association, environ 14 % des médecins
aux États-Unis ont investi dans un tel système. Bien que l’utilisation
de cette technologie soulève de nombreuses inquiétudes en ce qui
a trait à la sécurité de l’information échangée
sur les patients, le principal frein demeure les doutes quant à la rentabilité
de ce modèle d’affaires. De fait, 95 % des économies réalisées
par l’utilisation d’un système de dossiers médicaux
électroniques vont aux compagnies d’assurances, aux hôpitaux
et aux gouvernements. De plus, plusieurs médecins appréhendent
l’échec d’une telle implantation au sein de leur cabinet.
Des économies
en tout genre
Les dossiers médicaux électroniques offrent pourtant d’indéniables
avantages :
• Économiser du temps en évitant de compléter et
de rechercher des formulaires ;
• Améliorer la qualité des soins en accédant rapidement
à l’information et en la faisant circuler aisément entre
les divers points de services, comme l’a démontré l’expérience
du rappel de Vioxx ;
• Éliminer près de 200 000 erreurs dans les prescriptions
de médicaments par année, soit une économie de 1 milliard
de dollars US, selon une étude réalisée à l’automne
2005 par le Rand Corporation et publiée dans le Health Affairs ;
• Économiser 80 milliards de dollars américains en frais
d’opération dans le secteur de la santé, toujours selon
la Rand Corp.
L’exemple
de la Dublin Primary Care, à Colorado Spring, est des plus révélateur.
Cet établissement a décidé, en 2002, d’installer
un système de dossiers électroniques en vue d’éliminer
les coûts de retranscription et d’améliorer les services
aux patients. Trois ans plus tard, l’investissement rapporte davantage,
soit plus de 5 millions de dollars par mois. L’économie la plus
importante est due à la diminution du personnel qui est passé
de 53 à 38 personnes à temps plein, et ce, sans réduire
le nombre de clients.
Les frais d’implantation
du système se situent entre de 12 000 dollars et 20 000 dollars par médecin,
ce qui inclut les infrastructures informatiques. Il faut ajouter à cela
des coûts de support et d’hébergement s’élevant
autour de 500 dollars mensuellement pour plusieurs docteurs. Même si ces
investissements initiaux paraissent élevés, il est fréquent
que le système se paie par lui-même dès la première
année.
Éviter
les échecs
Des utilisateurs précurseurs ont défini cinq étapes nécessaires
à l’implantation des dossiers médicaux électroniques
:
• Considérer les avantages du modèle d’affaires ;
• Faire le saut et rejoindre le groupe ;
• Magasiner l’offre ;
• S’entourer d’experts en la matière ;
• Se préparer au changement.
Enfin, tous s’entendent
pour dire que les clés du succès de la technologie sont la formation
et le support technique fournis par le vendeur.
Il semble que les
avantages liés aux dossiers médicaux électroniques ne soient
plus à démontrer. Afin d’encourager l’industrie à
emprunter cette voie, le gouvernement américain et les compagnies d’assurances
vont vers un assouplissement de la réglementation quant à l’échange
des informations sensibles et la mise sur pied de programmes de récompenses
à l’utilisation (Pay-for-performance). Il ne reste plus qu’à
convaincre les médecins qu’une fois bien entourés, le succès
est garanti.
Rédactrice : Sophie Poudrier, analyste-conseil, Direction des enquêtes
et de la veille stratégique, CEFRIO
Source : Michael
Fitzgerald,« The
Business Case for Paperless Medicine », CIO Magazine, 1er avril 2006,
3.
PerLE, une collaboration entre les paliers du gouvernement canadien au service
de nos entreprises - Rares ont été les occasions
où les divers paliers du gouvernement canadien se sont réunis
pour offrir un service intégré. PerLE est le fruit d’une
collaboration réussie entre l’ensemble des paliers gouvernementaux.
La création de ce projet novateur et unique permet aux autorités
gouvernementales de franchir une nouvelle étape en matière de
service en ligne. C’est à travers l’utilisation des sites
municipaux que PerLE offre aux entreprises canadiennes un guichet unique pour
l’obtention de licences et de permis en tout genre.
Un outil
simple et personnalisé
Financé dans le cadre de l'initiative Gouvernement en direct (GED), le
projet PerLE dispose d’un montant de 2,98 millions de dollars pour se
déployer. Depuis l’annonce de sa création en 2004, on compte
déjà trois projets pilotes : la ville de Kamloops
(Colombie-Britannique); la région de Halton
et les municipalités de Halton Hills et de Milton (Ontario); la ville
de Whitehorse (Yukon). Dirigé
par Industrie Canada, PerLE a pour objectifs de « réduire le temps
consacré à la recherche de documents et aider les entrepreneurs
à réaliser plus rapidement leurs projets » ¹. Principalement,
les forces de PerLE reposent sur sa capacité de tenir compte des particularités
régionales et des secteurs d’activité spécifiques
aux demandeurs. C’est pour tenir compte de ces aspects que le développement
des sites se fait au niveau municipal.
Précisément,
il s’agit d’un outil offrant un service personnalisé aux
entreprises. À partir de renseignements sommaires sur l’entreprise,
PerLE génère une liste de permis et de licences nécessaires
et pertinents au secteur d’activité identifié. En moins
de deux, sans même que l’entreprise ait à s’enregistrer
ou à créer un compte, cette dernière dispose d’une
panoplie de liens lui permettant d’obtenir des formulaires et des informations
utiles pour compléter ses demandes. Les données obtenues à
la suite d’une requête sont classées par type de demande
et selon la nature des formulaires. Ce qui est d’autant plus intéressant,
c’est que PerLE répertorie l’ensemble des documents en provenance
des divers paliers de gouvernement : municipal, provincial, territorial et fédéral.
Avantageux
et gratuit
De nombreux avantages sont associés à l’utilisation de PerLE.
Pour les entreprises, cet outil permet d’économiser du temps et
de l’argent dans la mesure où elles peuvent tout trouver rapidement
à un seul endroit. Cet outil vise, de plus, à améliorer
la gestion des affaires en sachant quel type d’autorisation est nécessaire
pour respecter les législations des divers niveaux d’autorité.
Enfin, l’initiative PerLE est disponible en tout temps et offre des réponses
segmentées selon les champs d’intérêt du demandeur.
L’efficacité et la convivialité de ce service demeurent
intéressantes pour les PME qui disposent souvent d’équipes
restreintes et non dédiées à ce genre de tâches.
Outre les entrepreneurs,
les instances gouvernementales bénéficient elles aussi de ce nouveau
service. De fait, l’outil PerLE facilite la mise en place d’un service
à la clientèle de qualité et automatisé. Il pousse
les entreprises à se conformer aux exigences en mettant à leur
disposition toute l’information nécessaire, et ce, tout en demeurant
un avantage concurrentiel pour attirer et conserver les entreprises établies
dans une région. Également, PerLE permet de rentabiliser la mise
en ligne des services et des formulaires électroniques en plus de fournir
une banque d’informations précises aux préposés téléphoniques.
Au cours de l’année
2006, plusieurs autres municipalités, en partenariat avec leur province,
devraient mettre en ligne leur version de PerLE. Par ailleurs, d’autres
partenaires sont recherchés de façon à rendre disponible
ce service efficace d’un océan à l’autre.
Note :
¹Site du projet PerLE,
(consulté le 23 mai 2006)
Rédactrice
: Sophie Poudrier, analyste-conseil, Direction des enquêtes et de la veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Site du projet PerLE,
(consulté le 23 mai 2006).
Industrie Canada, communiqué
de presse (consulté le 23 mai 2006).
Bulletin du 12 mai 2006
Version PDF
1. Le Livre blanc de la e-démocratie locale : les fruits
de la collaboration entre des villes de différents continents
2. Compétences en littératie et usages des technologies
de l’information, un duo porteur d’avenir
3. Le gouvernement électronique au Japon
1.
Le Livre blanc de la e-démocratie locale : les fruits de la collaboration
entre des villes de différents continents - Qu’ont
en commun les villes Issy-les-Moulineaux en France, Frameries en Belgique, Viña
del Mar au Chili ainsi que celles d’Ipatinga et de Juiz de Fora au Brésil?
Elles ont toutes pris part à un vaste projet d’implantation de
la démocratie participative par les TI. En plus de fournir des cadres
théoriques tirés des enseignements de ces expérimentations,
les chercheurs impliqués dans le projet e-AGORA décrivent, dans
le Livre blanc de la e-démocratie locale, les initiatives réalisées
dans chacune de ces villes et comment Internet a permis aux intervenants de
collaborer ensemble malgré la distance.
Financé
à 70 % par la Commission européenne et à 30 % par des fonds
recueillis par chacune des villes participantes, le programme e-AGORA s’est
déroulé entre avril 2004 et avril 2006. Il comportait trois axes
: un pôle formation en ligne sur la démocratie électronique,
un pôle d’expérimentation de la démocratie en ligne
dans diverses villes ainsi que des activités de transfert des connaissances
tirées du projet, notamment un colloque (Le Forum mondial iDémocratie
tenu en septembre 2004), un portail (http://eagora.org/) ainsi
que le « Livre blanc » récemment publié.
Malgré l’hétérogénéité
des villes participantes - tant aux plans de la langue, de la culture, du contexte
socio-économique et politique que du degré de pénétration
des TI – une réelle collaboration a émergé grâce
au projet et a permis de créer une synergie entre les intervenants des
diverses localités. C’est autour du portail e-AGORA, muni d’outils
collaboratifs tels qu’un dispositif de clavardage, des forums de discussion
et des blogues, que ces échanges ont pu être possibles.
Des bénéfices
concrets de la démocratie en ligne
Les initiatives
de démocratie en ligne mises en place dans les villes européennes
et latino-américaines se sont avérées tout aussi diversifiées
que les localités sont différentes. En voici des exemples :
• Ipatinga,
Brésil : Au cours de l’année 2005, la municipalité
d’Ipatinga au Brésil a opté pour l’usage d’appels
téléphoniques automatisés et de messages texte (SMS)
envoyés sur les téléphones cellulaires pour avertir les
citoyens de la tenue de réunions de quartier et de rencontres sur le
budget municipal. De plus, un numéro de téléphone avait
été mis à la disposition des citoyens pour leur permettre
d’exprimer leur point de vue concernant la répartition du budget
de la ville. En tout, 772 citoyens ont utilisé le service et ont fait
part de leurs préoccupations par la ligne téléphonique
dédiée à cette fin. Aussi, 30 000 appels automatiques
ont été logés auprès des familles habitant la
ville. Par ailleurs, cette méthode s’est révélée
très efficace, puisque la moitié des participants au vote sur
le budget ont dit que leur présence était due à ces rappels
téléphoniques. Autre résultat intéressant : les
chercheurs ont remarqué que la participation des femmes et des jeunes
dans le processus d’indications des priorités au budget avait
augmenté de façon significative en 2005.
• Issy-les-Moulineaux,
France : À Issy-les-Moulineaux, le projet e-AGORA s’est
concrétisé par :
- la création
d’un Conseil municipal interactif, qui permettait aux citoyens d’interagir
avec les élus pendant les séances du Conseil;
- la mise en place d’un Panel citoyen. Il s’agit d’un outil
de consultation en ligne, d’un échantillon sélectionné
de citoyens, et qui a permis à la ville d’interroger ce groupe
représentatif de la population sur divers sujets;
- un vote en ligne pour l’élection des conseillers municipaux
- plus audacieux que celui qui avait été expérimenté
en 2002 par la municipalité et qui s’était déroulé
sur une seule journée - a été rendu disponible aux citoyens
pendant une semaine en 2005. Aussi, des ordinateurs à écran
tactile ont été mis à la disposition des citoyens dans
divers lieux publics afin de maximiser les possibilités de voter de
façon électronique. Enfin, des blogues ont été
créés pour chacun des candidats, ce qui a permis des échanges
entre aspirants conseillers municipaux et citoyens de la municipalité.
Cette grande aventure
ne s’est pas déroulée sans peine : élections et changements
de représentants des villes, modifications aux projets initiaux dues
à des demandes politiques ou à une inadéquation avec le
contexte socio-économique, faible participation de la population à
certaines activités mises en place ont ponctué le parcours entrepris
par les chercheurs et les participants au projet. Néanmoins, tous ont
pu tirer des enseignements des bons et des moins bons coups réalisés
en cours de route. Et c’est ce que relate le Livre blanc de la e-démocratie
locale.
Rédactrice : Isabelle Vachon, chargée de projet, Direction des
enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Anttiroiko, Ari-Veikko; Legale, Eric; Virapatirin, Marie; Pintaudi, Silvana
Maria; Molès, Philippe; Peixoto, Tiago; Welp, Yanina; Avritzer, Leonardo;
Pratchett, Lawrence. E-agora, le livre blanc de la e- démocratie locale
: réflexions et perspectives, Sem Issy-média, 2006, 87 p.
Fargues, Laurent.
Acteurs publics. « E-agora
: bilan d'un projet de e-démocratie locale », La lettre de
la modernisation de l'État, 4 avril 2006.
Site
du projet e-agora
2.
Compétences en littératie et usages des technologies de l’information,
un duo porteur d’avenir - L’Institut de la statistique
du Québec (ISQ) publiait le 11 mai dernier les résultats du Rapport
québécois de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation
et les compétences des adultes (EIACA). L’analyse des résultats
de cette enquête menée en 2003, confirme l’existence d’un
lien important entre l’usage de l’ordinateur ou d’Internet
et les compétences en littératie chez les adultes québécois¹.
Ce type de relation serait aussi vrai en ce qui concerne les habitudes de lecture
et l’utilisation d’Internet.
Chapeauté
par Statistique Canada, ce volet canadien d’une recherche internationale
permet de dresser un portrait du niveau de compétence en littératie
de la population canadienne. Au Québec, 4166 répondants âgés
de 16 ans et plus ont été interrogés sur leur « aptitude
à comprendre et à utiliser l’information écrite dans
la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité
en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances
et ses capacités » (Legendre, 2005 : 841)². Le niveau de compétence
en littératie est mesuré sur une échelle de 1 à
5, 3 étant le niveau minimal et souhaité pour être considéré
comme fonctionnel socialement. Cette échelle sert à évaluer
la compréhension de textes suivis, la compréhension de textes
schématiques, la numératie et la résolution de problèmes.
Un décalage
entre le Québec et le reste du Canada
Les liens entre
les technologies de l’information et les compétences en littératie
sont décrits dans le cadre du Chapitre 7 L’utilisation des
technologies, pratiques d’activités de lecture et compétences
en littératie, chapitre rédigé par Éric Lacroix,
directeur Enquêtes et Veille stratégique au CEFRIO. De façon
globale, le rapport de l’Institut de la statistique démontre que
les résultats des adultes québécois aux tests de compétence
accusent un léger retard par rapport à ceux des autres Canadiens.
Dans le même sens, le chapitre 7 démontre un certain décalage
en matière d’utilisation des technologies de l’information
entre les Québécois et les autres Canadiens.
Ainsi, il faut
noter qu’en 2003, 77 % des adultes canadiens hors Québec vivaient
dans un ménage doté d’au moins un ordinateur, comparativement
à 70 % pour les Québécois. Même constat en ce qui
a trait au branchement à Internet : 61 % des Québécois
faisaient partie d’un ménage branché contre 70 % des Canadiens
hors Québec. Par ailleurs, à l’époque, 77 % des Québécois
avaient utilisé Internet au moins une fois contre 83 % des Canadiens
hors Québec.
Le potentiel technologique
Les données
sur l’accessibilité et l’utilisation de l’ordinateur
et d’Internet demeurent primordiales puisque plus un adulte canadien utilise
fréquemment l’ordinateur ou Internet, meilleures sont ses chances
de bien performer aux tests de compétences mesurées dans le cadre
de l’enquête. Aussi, à peine 20 % des plus faibles utilisateurs
de l’ordinateur et de ses applications atteignent ou dépassent
le niveau 3 en compréhension de textes suivis. Chez les plus grands utilisateurs,
cette proportion atteint 71 %. Même en tenant compte des variables sociodémographiques³,
plus l’usage d’Internet et de l’ordinateur est intense, meilleurs
sont les résultats sur les échelles de compétences, tant
en compréhension de textes suivis et schématiques qu’en
numératie.
Un lien existe
aussi entre l’intensité de la lecture, l’utilisation d’Internet
et les résultats sur les échelles des compétences, à
savoir que plus une personne lit fréquemment, meilleures sont ses chances
de bien figurer sur l’échelle des compétences. De plus,
il semble que les plus grands utilisateurs d’Internet soient aussi, toutes
proportions gardées, les lecteurs les plus assidus. Ainsi, un peu plus
du quart (27 %) des très faibles utilisateurs d’Internet lisent
régulièrement des livres alors que chez les utilisateurs les plus
assidus, cette proportion s’établit à 45 %. Bref, plus l’utilisation
d’Internet est intense, plus la pratique d’activités de lecture
est fréquente, et ce, que ce soit pour les journaux, les revues ou les
livres.
Un lien de cause
à effet entre l’utilisation de l’ordinateur ou d’Internet
et les performances en littératie ne peut être tiré à
partir des résultats de cette enquête. Toutefois, il reste évident
que l’un et l’autre demeurent liés. En considérant
qu’environ 51 % de la population québécoise âgée
entre 16 à 65 ans atteint ou dépasse le niveau 3 en compréhension
de textes suivis, soit le niveau minimal acceptable, il importe d’agir
rapidement afin d’améliorer les performances québécoises
et ainsi réduire le fossé avec le reste du Canada. À ce
propos, les technologies de l’information semblent une piste intéressante
à explorer. En sachant que depuis 2003, l’accessibilité
et l’utilisation de l’ordinateur et d’Internet se sont considérablement
accrues au Québec, il serait intéressant de mesurer l’impact
de ces changements sur la population et ainsi, vérifier si cela a contribué
à améliorer les performances des Québécois en littératie.
Notes :
1- Une publication de Statistique Canada avait démontré un tel
lien chez les adultes canadiens et nous en avions parlé en avril dernier
: http://www.infometre.cefrio.qc.ca/loupe/sistech/0406.asp#3
.
2- Québec
(Province). Institut de la statistique du Québec (2006). Développer
nos compétences en littératie : un défi porteur d’avenir,
Rapport québécois de l’Enquête internationale sur
l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA),
p 3.
3- Les données
sociodémographiques utilisées sont les suivantes : scolarité,
formation continue, revenu, situation par rapport à l’emploi, langue,
statut d’immigration.
Rédactrice : Sophie Poudrier, analyste-conseil, Direction des enquêtes
et de la veille stratégique, CEFRIO.
Source : Québec (Province). Institut de la statistique du Québec
(2006). Développer
nos compétences en littératie : un défi porteur d’avenir,
Rapport québécois de l’Enquête internationale sur
l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA)
[En ligne], 256 p.
3. Le gouvernement électronique
au Japon - Comme le montrent les résultats de l'édition
2005 d'une étude annuelle menée par l'ONU, Global E-Government
Readiness Report 2005 : From e-Government to e-Inclusion (1), le Japon
est le pays ayant connu la plus forte progression en matière de gouvernement
électronique au sein du palmarès des 25 nations leaders dans le
domaine. De 2004 à 2005, le pays est en effet passé de la 18e
à la 14e place en ce qui a trait à son état de prédisposition
électronique (2) et de la 25e à la 12e position en ce qui concerne
son degré de participation électronique (3). Les efforts du gouvernement
japonais consacrés à la mise en œuvre de la prestation de
services électronique à valeur ajoutée commencent donc
à porter fruit.
Un peu
d'histoire
L'histoire du gouvernement en ligne au Japon peut être scindée
en deux grandes étapes : la constitution d'une infrastructure de télécommunication
évoluée destinée à relier entre eux les ministères
et les autres agences gouvernementales, et la mise en ligne de services qui
répondent mieux aux besoins et aux attentes des citoyens. Or, selon Manabu
Muta (4), consultant japonais dans le domaine du gouvernement électronique,
le Japon, bien qu'il ait été très rapide à réaliser
la première de ces phases, a été plus lent que d'autres
nations à passer à la seconde.
De façon plus détaillée, voici quelques jalons marquants
de l'histoire du gouvernement électronique japonais.
En janvier 2001, le Japon lance la e-Japan Strategy, qui a pour objectifs d'accélérer
l'informatisation de la société japonaise et de « faire
du Japon le pays le plus avancé dans les technologies de l'information
et de la communication à l'horizon 2005 ». Cette stratégie
avait pour objet d'assurer la cohérence des différentes initiatives
de gouvernement en ligne mises en œuvre, tout en donnant le feu vert à
des investissements massifs en la matière. En mars de la même année,
est adopté le e-Japan Priority Policy Program qui matérialise
la e-Japan Strategy et clarifie les mesures que le gouvernement doit prendre.
Cinq axes prioritaires de développement sont fixés dans le programme
:
• La création d'un réseau d'information et de télécommunication
parmi les plus évolués au monde;
• La promotion de l'éducation, de l'apprentissage et du développement
des ressources humaines;
• La facilitation du commerce électronique;
• La numérisation de l'Administration et l'utilisation des TI dans
d'autres domaines publics;
• La sécurité et la fiabilité des réseaux
mis en place.
Deux ans plus tard, soit en juillet 2003, le pays publie la e-Japan Strategy
II, en guise de correctif à la stratégie initiale qui avait principalement
porté sur la mise en réseau des diverses agences gouvernementales,
tandis que peu de services en ligne à valeur ajoutée avaient été
développés pour les citoyens. Il importait ainsi de rajuster le
tir sur les bénéfices aux usagers et de concentrer les efforts
sur la promotion de l'utilisation des réseaux déployés
à grands frais.
L'année 2003 est aussi marquée par l'adoption du Program for Building
e-Government qui, en établissant les principes de base et en proposant
des actions, constitue l'assise de l'ensemble des initiatives gouvernementales
en la matière. Trois grands objectifs sont présentés dans
ce programme : proposer de meilleurs services au public, transformer les processus
d'affaires et les systèmes en place, développer l'infrastructure
nécessaire à la mise en œuvre du gouvernement en ligne.
En février 2004, afin d'accélérer l'instauration de la
e-Japan Strategy II, le gouvernement japonais lance enfin le e-Japan Strategy
II Acceleration Package. Ce programme présente les mesures destinées
aux utilisateurs (citoyens et entreprises) que le gouvernement doit mettre en
oeuvre.
Un aperçu des services offerts en ligne
• Lancé en avril 2001, le portail gouvernemental e-Gov (http://www.e-gov.go.jp)
constitue une porte d'entrée unique vers l'ensemble des services offerts
en ligne par l'Administration japonaise. Assurant l'accès gratuit aux
textes des différentes lois en vigueur au pays, le Law Data Retrieval
System est la fonction la plus utilisée du portail.
• Grâce à des systèmes d'archivage électroniques
(Electronic Filing System) mis en place tant par les agences gouvernementales
centrales que par les administrations publiques locales, la très grande
majorité des procédures administratives peuvent être suivies
en ligne par les citoyens et les entreprises du Japon.
• En 2003, l'administration publique japonaise s'est aussi dotée
d'un système d'approvisionnement électronique pour deux types
d'activité : les infrastructures publiques (édifices, routes,
etc.) et les autres biens, produits et services.
• Depuis 2004, les citoyens japonais peuvent remplir leur déclaration
de revenu et payer les sommes dues directement en ligne.
• Mis en fonction à la fin de 2005, le One-Stop Service System
for Procedures related to Car Ownership offre aux citoyens qui souhaitent acheter
ou vendre une voiture la possibilité d'engager en ligne toute procédure
liée à cette transaction.
• En mars 2006, le Japon a commencé à distribuer les premiers
exemplaires de son passeport électronique. Au cours des douze mois à
venir, il entend distribuer plus de 3,5 millions de ces passeports munis d'une
puce d'identification par radiofréquence.
De plus, pour que l'information et les services gouvernementaux soient accessibles
aux étrangers ainsi qu'aux citoyens moins familiers avec la langue japonaise,
plusieurs services en ligne sont aussi offerts dans d'autres langues, dont le
chinois, le coréen, le portugais, l'espagnol et, bien sûr, l'anglais.
Parmi ces services, mentionnons : un moteur de recherche couvrant l'ensemble
des sites gouvernementaux central et locaux, un guide en ligne destiné
aux étudiants étrangers, un portail présentant l'information
destinée aux investisseurs étrangers.
Conclusion
Bien que le Japon tire très bien son épingle du jeu en matière
de gouvernement en ligne et que 96 % de l'ensemble des procédures administratives
puissent désormais être remplies de façon électronique,
le taux d'utilisation des services offerts en ligne demeure relativement bas.
Au cours des mois à venir, la priorité de l'administration publique
japonaise sera donc certainement la promotion et le marketing de sa prestation
de services en ligne afin d'encourager les citoyens et les entreprises du pays
à tirer profit des transactions électroniques.
Cet article est tiré de l’édition
de mai 2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère
des Services gouvernementaux. Consultez les autres articles du bulletin pour
en savoir plus sur le développement du gouvernement électronique
en Asie!
Notes :
1. Ce document constitue la cinquième édition d'une étude
annuelle qui permet de dresser le portrait du secteur public mondial en matière
de gouvernement électronique. Comme ses prédécesseurs,
ce rapport présente une classification des 191 États membres des
Nations Unies en fonction de deux principales catégories : leur état
de prédisposition électronique (e-readiness) et leur degré
de participation électronique (e-participation).
2. Il s'agit en fait de classer les pays selon leur capacité (infrastructures
technologiques) et leur empressement à utiliser les technologies de l'information
et de la communication afin d'offrir à la population un accès
à des services sociaux de qualité.
3. Il s'agit ici de mesurer la propension d'une Administration à interagir
avec sa population en lui offrant de l'information et des services par l'intermédiaire
d'Internet d'une part et, d'autre part, à encourager la population à
utiliser Internet pour interagir avec elle (par exemple, consultations publiques
pour la prise de décisions politiques).
4. Manabu Muta est l'auteur du blogue Manaboo
e-Governement Japan qui porte précisément sur le gouvernement
électronique au Japon.
Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe des enquêtes et
de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Collins, Jonathan. « Japan
Issues E-Passports », RFID Journal, 28 mars 2006.
Japon. Ministry of International Affairs and Communications. Information
and Communications in Japan 2005 : Stirrings of u-Japan, 33e édition,
2005.
Muta, Manabu, Manaboo's Room Consulting. « IT
policy », Japanese e-Government and e-Commerce, 23 mars 2004.
Muta, Manabu. « Network-driven
e-government in Japan », Public Sector Technology and Management,
5 mai 2005.
Nations Unies. Department of Economic and Social Affairs. Compendium
: e-Government Innovative Practices, volume I, 2005, xiii, 180 p. [voir
p. 73-74].
Nations Unies. Global
e-Government Readiness Report 2005 : From e-Government to e-Inclusion, 2005.
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