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Bulletin du 20 mai 2005
Bulletin du 6 mai 2005
Bulletin du 20 mai 2005
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1. La gestion de la relation client en trois mots : marketing,
vente, service
2. Préserver la mémoire et les savoirs de votre organisation
au-delà de l’exode annoncé des baby-boomers
3. Une pilule, une petite granule : la vente de médicaments
en ligne
1. La gestion de la relation client
en trois mots : marketing, vente, service - La gestion de la
relation client (GRC, customer relationship management, CRM) permet aux organisations
d’identifier leur clientèle, d’en connaître les besoins
et attentes, d’offrir des produits et services ciblés, de fournir
un service après-vente de qualité en vue d’établir
des relations profitables avec elle et de la fidéliser. Bien que les
entreprises aient toujours effectué des activités de GRC, le développement
d’Internet et des outils de GRC a rendu ces méthodes traditionnelles
désuètes. En effet, les nouvelles applications ont permis d’élargir
l’éventail des possibilités et des avantages offerts par
la GRC. Trois fonctions définissent la GRC : marketing, vente et service
à la clientèle.
1-
Marketing
Une opération de marketing réussie repose sur une prémisse
de base simple : les clients apprécient une approche personnalisée.
À cet égard, l’avènement d’Internet a justement
permis de développer le processus de marketing personnalisé. Si
l’on considère que le coût de marketing associé à
la recherche de nouveaux clients est de cinq à huit fois supérieur
à celui alloué aux clients existants, les entreprises comprennent
vite l’avantage de miser sur la personnalisation. Les outils de GRC travaillent
à partir des bases de données sur leur clientèle pour générer
divers types de produits marketing. En voici quelques-uns :
- Campagne publicitaire
: automatisation de tout le processus de la campagne : extraction des données
sur les clients visés, création de la campagne, envoi, gestion
des réponses, évaluation;
- Activité
promotionnelle (concours, rabais, etc.) : les fonctions liste d’inclusion
et liste d’exclusion permettent de rejoindre rapidement et directement
les personnes ciblées par courriel ou sur le Web;
- Vente croisée
et vente incitative: si la vente croisée consiste à offrir au
consommateur des produits ou services apparentés à ceux qu’il
achète, la vente incitative cherche à encourager le client à
acheter des produits ou services d’une gamme supérieure, donc
plus coûteux. Pour être efficaces, les applications Web doivent
être en mesure d’analyser correctement les clients afin de leur
offrir des produits correspondant réellement à leurs intérêts.
2- Vente
Le développement des technologies, d’Internet et du commerce électronique
offre autant d’avantages pour le vendeur que pour l’acheteur. Par
exemple, les sociétés peuvent s’adresser directement à
leurs clients. Les internautes, pour leur part, bénéficient d’un
plus grand choix de fournisseurs, de produits et de services. Également,
les applications Web ont simplifié le processus de commande en ligne.
Les outils de communication facilitent les transmissions bidirectionnelles.
Internet a engendré le service 24/7/365 (en tout temps), l’information
en temps réel, l’aide à la clientèle en ligne, l’accès
à la documentation, etc. L’un des premiers outils Web offerts par
les entreprises dans un contexte de GRC est le portail client. Celui-ci regroupe
des renseignements, des produits, des services, des fournisseurs, etc., d’un
même domaine mais provenant de diverses sources. D’autres sociétés
préfèrent offrir la personnalisation des pages Web sur leur site
afin de combler les besoins individuels de leurs clients.
Par ailleurs, il
semble que le modèle d’affaires GRC actuel a pris source au début
des années 1990, dans l’automatisation des ventes (sales force
automation). Toutefois, les nouvelles technologies ont permis de pousser plus
loin les possibilités offertes par des fonctions comme la gestion des
contacts, la gestion des comptes, le traitement des ventes et la gestion des
connaissances.
3-
Service à la clientèle
Le service après-vente peut prendre différentes formes. Le but visé
étant toujours le même, soit engager un dialogue personnalisé
avec le client, de façon à répondre à ses demandes
ou à ses interrogations le plus rapidement possible - idéalement
en temps réel. Voici quelques technologies utilisées :
- Distribution
automatique d'appels : répartition automatique des appels vers le service
ou la personne appropriés;
- Système
de réponse vocale interactif : le client peut communiquer par le biais
des touches du clavier du téléphone ou oralement, grâce
à un système de reconnaissance vocale. Ce système, qui
ne nécessite pas l’intervention d’une personne physique,
permet l’appel service 24/7/365;
- Couplage de
la téléphonie et de l'informatique : intégration des
installations téléphoniques aux systèmes informatiques;
- Libre-service
Web : le client peut trouver des réponses à ses questions et
des solutions à ses problèmes sur le site Web de l’entreprise;
- Cyberagent de
service à la clientèle, avatar, robot : utilisation d’agents
intelligents.
Pour être
efficace, un système de service à la clientèle doit contenir
des outils permettant de répertorier, d’analyser, d’évaluer
et de mesurer les interactions avec la clientèle, la qualité des
réponses transmises, la productivité, etc.
Les besoins des
clientèles actuelles et les nouvelles technologies ont transformé
la portée et la mission du service à la clientèle. Aujourd’hui,
les entreprises considèrent ce service comme un investissement nécessaire,
qui favorisera la fidélisation de la clientèle… et les profits!
En conclusion,
rappelons-nous qu’aussi profitable le marketing personnalisé soit-il,
il doit toujours être pratiqué dans le respect de la volonté
du consommateur à recevoir de l’information de la part de l’entreprise.
Rédactrice
: Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Ross, David F. (2005). « E-CRM
from a supply chain management perspective » [En ligne], Information
systems management, vol. 22, no 1, hiver, p. 37-44 dans IT today, 14 mars. (Page
consultée le 18 mai 2005)
Office québécois
de la langue française.
Le grand dictionnaire terminologique [En ligne]. (Page consultée
le 18 mai 2005)
2. Préserver la mémoire
et les savoirs de votre organisation au-delà de l’exode annoncé
des baby-boomers - Avec le départ massif à la
retraite des baby-boomers et si aucune stratégie de transfert des compétences
et des expertises n’est mise en place, c’est une bonne partie de
la mémoire des organisations qui aura, elle aussi, franchit la porte.
Or, cette mémoire représenterait, selon plusieurs travaux de recherche,
70 % des connaissances d’une organisation. Ces connaissances tacites
ou deep smarts, issues et construites au fil des ans valent ainsi plus que leur
pesant d’or, on le sait notamment grâce au développement
de la gestion des connaissances. Mais comment donc assurer la rétention
de ces savoirs intangibles, mais ô combien précieux, et éviter
qu’ils ne soient transportés vers des cieux plus cléments
par une horde de jeunes retraités festifs?
Selon Dorothy Leonard
et Walter Swap, experts en la matière et auteurs de l’ouvrage Deep
Smarts: How to Cultivate and Transfer Enduring Business (Harvard Business School
Publishing, 2005), l’un des plus grands problèmes avec les connaissances
tacites, c’est qu’on doit souvent les avoir perdues avant de vraiment
se rendre compte de leur valeur. Comparant l’exode des baby-boomers avec
un véritable tsunami professionnel - annoncé par contre celui-là
-, les auteurs citent l’exemple de la NASA dont la moitié des effectifs
deviendra éligible à la retraite en 2006. Cette illustration rappellera
peut-être aux lecteurs cinéphiles le film Space Cowboys, dont le
réalisateur visionnaire exposait dès 2000, certainement en l’ignorant
lui-même mais dans toute sa splendeur, la problématique du transfert
de connaissances entre les générations¹.
Toujours selon
Leonard et Swap, l’autre grande difficulté associée aux
savoirs tacites provient du fait que, comme ils sont profondément liés
au contexte de leur appropriation et par définition inconscients, ils
sont difficiles à capturer et à documenter. Heureusement, il y
a de l’espoir. Différentes techniques et mécanismes peuvent
en effet être mis en place pour assurer le transfert de ces précieux
savoir-faire. Prenant pour prémisse le vieil adage qui veut que c’est
en forgeant qu’on devient forgeron, les deux chercheurs, privilégient
pour leur part la voie de l’apprentissage par la pratique (learning by
doing). Les méthodes associées à ce type d’apprentissage
ne sont cependant pas familières à tous et requièrent un
engagement actif du coach entraîneur et de l’apprenti.
Dans son projet
de recherche-action consacré au transfert intergénérationnel
des savoirs à l’ère d’Internet, le CEFRIO vise justement
à proposer des moyens novateurs pour préserver les connaissances
stratégiques des organisations. Pour ce faire, le Centre privilégie
une méthodologie basée sur l’identification de ces connaissances
stratégiques et sur l’expérimentation de nouveaux moyens
de transfert des savoirs². Dans une telle optique, une fois la cartographie
des connaissances stratégiques établie, les individus et les réseaux
impliqués dans la production, la circulation, la conservation et le renouvellement
de celles-ci sont identifiés. Enfin, une fois ces premières étapes
de travail franchies, différents procédés associés
aux technologies de l’information seront utilisés pour soutenir
le partage des connaissances, notamment l’élaboration de catalogues
électroniques des savoirs ainsi que la mise en place de communautés
de pratique intergénérationnelles.
Notes :
¹Rappelons, pour les intéressés, les grandes lignes de l’intrigue
: un satellite russe menaçant de s’écraser sur la terre,
une équipe de vétérans astronautes est rappelée
par la NASA, l’un de ses membres étant le seul à détenir
l’expertise nécessaire à la maîtrise de l’antique
système de guidage de l’appareil.
²Pour en savoir
plus sur le projet du CEFRIO, veuillez consulter
notre site ou contacter Jocelyne
Tremblay, directrice de projet, Recherche, Transfert et Valorisation au
(418) 523-3746.
Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Éric Desrosiers, « Le choc démographique : les détenteurs
du savoir tacite », Le Devoir, 11 mai 2005, C7.
Dorothy Leonard
et Walter Swap, « Deep Smarts », Harvard Business Review, septembre
2004, p. 88-97.
3.
Une pilule, une petite granule : la vente de médicaments en ligne - Ne
soyez pas surpris de recevoir quantité de pourriels vous invitant à
acheter à rabais un médicament miracle par Internet. Les cyberpharmacies
prolifèrent à un rythme effréné sur la toile, permettant
aux internautes du monde entier d'acheter des médicaments, parfois même
sans ordonnance d’un médecin. Illégales? Dangereuses? Elles
constituent à tout le moins un casse-tête pour les gouvernements
et les professionnels de la santé.
Trois types de
pharmacies virtuelles se retrouvent sur Internet. Certaines livrent des médicaments
aux patients après avoir obtenu une ordonnance électronique d’un
médecin. Il s’agit d’un processus tout à fait légal.
D’autres enfreignent la loi en employant des médecins qui prescrivent
des médicaments sur la seule base d’information recueillie à
partir d’un questionnaire en ligne, puis en les faisant parvenir au patient
virtuel. Les plus illégales d’entre elles ne se fatiguent pas avec
ces convenances et livrent partout dans le monde des médicaments –
souvent contrefaits - à toute personne ayant la capacité de les
payer. Si les pharmacies virtuelles peuvent être fort utiles et pratiques
pour les personnes âgées, les personnes à mobilité
réduite ou les travailleurs trop occupés, sans contrôle
ni réglementation, elles peuvent entraîner un lot de problèmes.
Des quelque 7000
pharmacies que compte le Canada, près de 270 opèrent exclusivement
par Internet ou par une combinaison de méthodes traditionnelles, de cyberpharmacie
et de livraison à distance. L’inspection de 11 portails pharmaceutiques
par Santé Canada en 2004 a toutefois permis de constater que la vente
ou la livraison de médicaments par le biais d’Internet respectait
la Loi et le Règlement sur les aliments et drogues. Les cyberpharmacies
canadiennes analysées vendaient des produits approuvés au Canada.
Il n’en est
pas toujours ainsi. En effet, certaines pharmacies en ligne – dont on
ignore l’origine - auraient vendu des médications contrefaites
provenant de l’Inde. Par ailleurs, des internautes américains auraient
subi des malaises importants après avoir ingéré des pilules
achetées sur Internet. Le consommateur qui souhaite se procurer des médicaments
en ligne doit s’assurer qu’ils portent le sceau d’une compagnie
pharmaceutique reconnue ainsi qu’un numéro d’enregistrement.
Le Canada
: mine de médicaments à rabais
Actuellement, près de deux millions d'Américains sans assurances
ou sous-assurés achètent leurs médicaments au Canada, à
prix moindre qu'aux États-Unis, par l'entremise des cyberpharmacies.
La vente de médicaments à prix réduits par Internet a d’ailleurs
été un enjeu important de la dernière campagne présidentielle
américaine, puisqu’elle nuit aux pharmacies américaines.
Du côté
canadien, le ministre de la Santé, Ujjal Dosanjh, considère les
pharmacies virtuelles comme une menace pour le contrôle des prix des médicaments
au Canada, craignant que ce commerce crée des pénuries à
long terme. Le gouvernement canadien songe à interdire l'exportation
aux États-Unis de médicaments de prescription brevetés
bon marché et à prendre certaines mesures pour réglementer
davantage ce commerce. En effet, les internautes américains ne devraient
pas bénéficier de tarifs réduits, ce privilège n’étant
réservé qu’aux contribuables canadiens. Ces mesures plus
restrictives frapperaient durement l'industrie canadienne de la pharmacie par
Internet qui génère à elle seule un chiffre d'affaires
d'environ 1 milliard de dollars.
Phénomène mondial, les pharmacies Internet échappent au
contrôle rigoureux de la pratique des pharmaciens et de celui des médecins,
mais également aux lois, aux réglementations, aux codes d'éthique
et de déontologie en vigueur au Canada et au Québec. Il s’avère
également difficile de les poursuivre ou de les contrôler, puisqu’elles
peuvent changer facilement de noms et d’adresses Web. Il importe donc
de se préoccuper de cette pratique qui constituerait, selon certains,
un risque pour la santé de nos pairs et pour l’économie
canadienne.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO
Sources :
Gautrais,
Vincent. « Internet
et professions réglementées », Droit des affaires électroniques
DRT 3422 / DRT 6929, présentation powerpoint, 15 mars 2005.
Louiseville
Courrier Journal, « Internet
drugstore laws differ », Detroit News, 18 mai 2005.
Maimon, Alan. “Online
pharmacies give rise to illegal drug sales”, Detroit News, 18 mai
2005.
Office québécois
de la langue française, Grand
dictionnaire terminologique, 2005.
Radio-Canada,
« Ottawa
veut contrer les « cyberpharmacies » », 18 février
2005.
Bulletin du 6 mai 2005
Version PDF
Dans cette édition
:
1. Les déchets électroniques : une nouvelle bête
à dompter
2. Qu’en est-il du cyberrecrutement
dans les États américains ?
3. DOSSIER : Biométrie : le laissez-passer de demain?
1. Les déchets électroniques
: une nouvelle bête à dompter - Une fois qu’ils
ne font plus l’affaire, téléviseurs, ordinateurs, téléphones
cellulaires et autres dispositifs électroniques sont vite relégués
aux oubliettes et remplacés par leur génération subséquente.
Or, le plus souvent et faute de législation en la matière, ces
milliers d’appareils sont simplement rejetés dans la nature et
s’amoncellent alors joyeusement parmi les autres rebuts domestiques. Pour
plusieurs pays aux prises avec ce fléau, la gestion des déchets
électroniques constitue une question de plus en plus préoccupante,
l’adoption de mesures destinées à endiguer le phénomène
étant désormais tout à fait incontournable.
Les chiffres démontrent
d’ailleurs de façon très éloquente l’ampleur
de la problématique. Selon Environnement Canada par exemple, ce sont
plus de 158 000 tonnes de vieux dispositifs électroniques en tout genre
qui s’accumulent au pays - d’un océan à l’autre
- chaque année. En Amérique du Nord, près de 130 millions
de téléphones cellulaires sont abandonnés annuellement
par leur propriétaire, tandis que 500 millions d’ordinateurs personnels
seront devenus ou deviendront obsolètes aux États-Unis entre 1997
et 2007. En plus d’encombrer les dépotoirs et sites d’enfouissement
sanitaires du globe pour des siècles et des siècles, les appareils
électroniques contiennent en outre des matières recyclables comme
l’aluminium et le cuivre ainsi que des substances telles que le mercure,
le cadmium et le béryllium qui, en plus de causer des dommages à
l’environnement, présentent aussi certains risques pour la santé.
Devançant
l’Amérique du Nord sur cette question, l’Europe a choisi
de prendre le taureau par les cornes et a mis en place un certain nombre de
programmes de recyclage des déchets électroniques. L’Union
européenne a d’ailleurs adopté cette année de nouvelles
réglementations environnementales incitant les manufacturiers de tels
produits à privilégier les matières recyclables, à
réduire leur utilisation de substances potentiellement dangereuses ainsi
qu’à opter pour des designs facilitant la réparation des
appareils et la réutilisation de leurs composantes. À partir du
13 août prochain, il deviendra enfin illégal en Europe d’importer
et de vendre des produits qui ne portent pas un sceau spécial certifiant
qu’ils sont écologiques (environmentally friendly).
Si les initiatives
canadiennes en matière de gestion des déchets électroniques
demeurent encore aujourd’hui peu nombreuses, réjouissons-nous cependant
car le vent semble tourner. En mars dernier, l’Alberta est en effet devenue
la toute première province du pays à instaurer un programme de
recyclage de ces appareils. Soixante-quinze sites destinés à leur
récupération ont ainsi été déployés
en sol albertain, les frais de ce projet étant couverts par une nouvelle
taxe environnementale imposant aux consommateurs des frais supplémentaires
lors de l’achat de tels dispositifs. Emboîtant le pas à sa
voisine, la Saskatchewan a pour sa part annoncé récemment son
intention d’implanter un tel programme sous peu.
Malgré l’engagement
du gouvernement Charest envers le développement durable, le Québec,
par contre, ne s’est pas encore doté d’un tel programme¹.
Toutefois, selon Sophie Gagnon de l’organisme Recyc-Québec, diverses
stratégies destinées à inciter les municipalités,
les consommateurs et les entreprises à supporter le recyclage des appareils
électroniques sont présentement à l’étude
en sol québécois. Pour l’instant, les citoyens qui souhaitent
recycler leurs appareils électroniques doivent donc se tourner vers leur
municipalité, certaines ayant instauré des initiatives au niveau
local² ou encore, vers des entreprises spécialisées dans
le domaine. Pour ne nommer que celui-là, à Québec par exemple,
l’organisme à vocation environnementale CTOU (Centre
de traitement des ordinateurs usagés) donne une deuxième vie
aux ordinateurs désuets. Entre 15 000 et 20 000 machines y transitent
chaque année et sont ultimement réutilisés ou recyclés.
Enfin, autre bonne
nouvelle. Puisqu’il vaut certainement mieux prévenir que guérir
en matière de déchets électroniques aussi, certains grands
manufacturiers, dont HP et IBM, ont commencé à s’impliquer
dans la gestion de leurs produits, une fois ceux-ci parvenus au terme de leur
vie utile. Et Dell Canada, pour sa part, a annoncé un nouveau programme
de recyclage de ses ordinateurs et imprimantes, programme qui permet aux consommateurs
de se départir de leurs vieux appareils pour que ceux-ci soient recyclés
ou gracieusement offerts à des œuvres de charité.
Notes :
¹Mentionnons cependant que le programme OPEQ (Ordinateurs
pour les écoles du Québec) est toujours actif.
²À Montréal, six éco-centres
acceptent les déchets électroniques parmi les autres matières
recyclables domestiques.
Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Anne-Louise Champagne, « Une deuxième vie pour les vieux ordinateurs
», Le Soleil, 9 avril 2005, B 1-2.
Mari-Len De Guzman,
« Harmonizing
e-waste management », ITworldcanada.com, 26 avril 2005
Susan Semenak,
« From
TVs to cellphones, we’re throwing it all away », The Gazette,
18 avril 2005, repris sur Canada.com News le 19 avril 2005
2.
Qu’en est-il du cyberrecrutement dans les États américains
? - Avec l’arrivée des technologies de l’information,
plusieurs phénomènes ont vu le jour, notamment le cyberrecrutement.
Cette méthode d’embauche par l’intermédiaire du réseau
Internet, qui a été instaurée il y a déjà
quelques années, est largement utilisée dans les entreprises privées,
mais également dans le secteur public. D’ailleurs, le site officiel
du recrutement en ligne du gouvernement fédéral américain
offre chaque jour en moyenne 17 000 postes à combler et attirait en 2003
approximativement 22 millions de visiteurs annuellement.
Le recrutement
en ligne présente un grand intérêt dans le secteur public
afin d’éviter une pénurie de main-d’œuvre qui
pourrait entre autres résulter d’une vague de départs à
la retraite. Les avantages de cette méthode de recrutement comparativement
aux procédures traditionnelles sont principalement d’ordres monétaire
et temporel. Le cycle de sélection des candidats se déroule plus
rapidement et ainsi le chercheur d’emploi autant que le service des ressources
humaines y gagnent. Le recrutement en ligne permet une mise à jour rapide
des emplois offerts, des compétences nécessaires et attire des
candidats de meilleure qualité, plus instruits et plus informatisés,
une qualité davantage exigée par les employeurs.
Les gouvernements
d’États américains sont nombreux à avoir instauré
un système de recrutement en ligne et les méthodes qui y sont
associées se multiplient. Selon une étude récente effectuée
par deux chercheurs de l’Université de Syracuse dans l’État
de New York, tous les États sondés (27 parmi les 50 États
américains) affichent l’ensemble les postes à combler sur
un site Internet. Outre cet aspect, la plupart des gouvernements offrent au
postulant la possibilité de télécharger le formulaire d’application
pour le poste escompté et la liberté de soumettre sa candidature
en ligne. Quelques gouvernements comblent les postes vacants à l’interne
par l’affichage des emplois dans l’intranet ou réutilisent
l’information des candidats pour des emplois futurs. L’élaboration
d’une marche à suivre lors de la recherche d’emploi ainsi
que la sélection et l’évaluation des candidats par le Web
sont d’autres avenues du cyberrecrutement qui sont assez répandues
chez nos voisins du Sud. D’un autre côté, peu de sites permettent
aux candidats de créer leur profil personnel ou de passer une entrevue
en ligne. Quant aux services des ressources humaines, rares sont ceux qui possèdent
un système pour rechercher en ligne dans la banque de candidatures reçues.
En général,
les étapes associées au recrutement sur Internet ne se déroulent
pas toutes en ligne dans la majorité des gouvernements. À peine
60 % des États ont instauré un système pour recevoir les
curriculum vitae par le Web alors que le tiers des États ayant participé
à l’étude acheminent automatiquement par courrier électronique
une lettre de réponse confirmant la réception de la candidature.
Quelques-uns reçoivent les références, les vérifient
et programment les entrevues en ligne et acheminent automatiquement à
l’employeur et au chercheur d’emploi l’état de la demande.
Jusqu’à
maintenant, les États qui compilent des statistiques relatives à
l’application en ligne ont constaté un accroissement de l’intérêt.
Au Minnesota, au Nebraska et au Dakota du Sud, les demandes d’emplois
soumises en ligne ont grimpé d’environ 20 % en 2003 par rapport
à 2002 alors que l’Idaho a connu une hausse fulgurante de 82 %
pour la même période. D’autres procédés d’évaluation
du système de recrutement en ligne sont sollicités, notamment
les commentaires des employeurs à l’intérieur des agences,
la satisfaction des services des ressources humaines face aux procédures,
l’achalandage des sites Internet de recrutement et les commentaires des
candidats.
Les principaux
défis lors de l’implantation d’un système de recrutement
en ligne à l’intérieur des gouvernements d’États
américains sont essentiellement de nature technique ou budgétaire.
Il n’en demeure pas moins que les services des ressources humaines ont
dû s’adapter aux nouvelles technologies et recevoir une formation
sur les nouvelles méthodes utilisées. Quelques États ont
aussi rapporté que les candidats qui appliquent pour plusieurs postes
sans posséder les qualifications requises, qui posent leur candidature
à plusieurs reprises pour le même emploi et qui postulent par plusieurs
canaux représentent un obstacle au recrutement en ligne. Quant aux États
en milieu plus rural comme c’est le cas en Alaska, l’implantation
d’un tel système fut plus complexe en raison du faible taux d’accès
au cyberespace. D’ailleurs, quoique le cyberrecrutement connaisse un grand
succès, tous les gouvernements continuent d’afficher les emplois
disponibles par les canaux traditionnels.
Enfin, les gouvernements
les plus avancés en recrutement en ligne prévoient poursuivre
leur évolution. L’État de Géorgie prévoit
entre autres instaurer un questionnaire en ligne qui associerait le candidat
aux postes qui lui sont accessibles selon ses qualifications, concevoir un système
qui administrerait un test écrit en ligne et afficher une probabilité
d’embauche.
Rédactrice
: Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille
stratégique, CEFRIO
Source: Soonhee
Kim et Jennifer Greenwood O'Connor (2005). A
National Study of E-Recruitment in State Governments [En ligne], Syracuse,
New York, Campbell Public Affairs Institute, 35 p. (Page consultée le
3 mai 2005)
3.
DOSSIER : Biométrie : le laissez-passer de demain? -
La nouvelle carte d’identité nationale que compte lancer la France
en 2006 comportera, entre autres, des fonctions d’identification biométriques
par l’analyse des empreintes digitales. L’Hexagone n’est pas
le seul pays à opter pour cette technologie : de plus en plus de pays
se tournent vers les mesures biométriques dans la conception de passeport
et de carte d’accès à des services publics ou pour le contrôle
des frontières. Voyons quelques-uns des choix qui s’offrent à
eux. Chaque mesure biométrique, physiologique ou comportementale, comporte
des avantages et des inconvénients, ainsi que des degrés différents
de fiabilité.
Quoi qu’on
en dise, la biométrie n’est pas une science infaillible. En effet,
certaines caractéristiques physiques peuvent être falsifiées
- notamment par l’ajout de prothèses modifiant la forme d’un
visage ou le port d’une lentille qui imite le dessin d’un iris –
ou altérées dans le temps (vieillissement, maladie, changement
de comportement, etc.) ou par des conditions environnementales (saleté,
humidité ou autres). Une coïncidence absolue, c'est-à-dire
100 % de similitude entre le fichier « signature » créé
lors de l’enregistrement de la personne et le fichier utilisé lors
de la vérification, s’avère impossible.
Explorons quelques-unes
de ces technologies de plus en plus convoitées par les organisations
qui souhaitent protéger des données sensibles et confidentielles.
a) Biométrie
physiologique
- La reconnaissance
des empreintes digitales constitue la technique
biométrique de type physiologique la plus ancienne et la plus répandue.
Elle est, en outre, largement utilisée par la CIA depuis les années
1960. Cette mesure est obtenue d'après le dessin représenté
par les crêtes et les sillons de l’épiderme d’un
doigt.
- La reconnaissance
de la forme de la main ou des doigts figure également parmi
les techniques biométriques les plus répandues, notamment aux
États-Unis. Elle consiste à mesurer plusieurs caractéristiques
de la main, telles que sa forme, la longueur et la largeur des doigts ou la
forme des articulations.
Ces deux techniques
sont surtout utilisées pour contrôler l’accès à
des locaux, à des machines, à des équipements spécifiques
ou encore à des systèmes d’information. De plus, la reconnaissance
de la forme de la main a été utilisée lors des Jeux olympiques
d’Atlanta et est actuellement en cours d’utilisation pour offrir aux
voyageurs un accès rapide aux aéroports.
Deux composantes
de l’œil peuvent également servir à l’identification
des individus, soit l’iris et la rétine.
- Considéré
comme le « fleuron de la biométrie », le balayage
de l’iris obtient un taux d’erreur pratiquement nul.
L’iris, anneau visible coloré de l’œil, comporte un
dessin unique à chaque personne. Plus encore, les deux yeux d’une
même personne présentent des dessins distincts. L'accès
rapide des voyageurs aux aéroports et le passage accéléré
aux douanes, le contrôle de l’accès à des locaux
ou à des systèmes informatiques ne sont que quelques-unes des
applications possibles de la reconnaissance de l’iris comme instrument
biométrique.
- Quant à
la reconnaissance de la rétine, elle repose sur le
dessin formé par la vascularisation près de la rétine.
Ce schéma veineux est propre à chaque personne et permet même
une différenciation entre jumeaux. Cette technique requiert toutefois
que la mesure soit prise à quelques centimètres seulement de
l’appareil, ce qui peut sembler intrusif. La rétine demeure néanmoins
la caractéristique physique qui s’altère le moins au cours
de la vie. On utilise surtout cette technique pour contrôler l’accès
à des distributeurs automatiques de billets.
- Moins fiable
que les techniques décrites précédemment, l’analyse
de la forme du visage croît néanmoins en popularité.
Cette mesure s'obtient à partir de diverses photographies plus ou moins
évoluées du visage. Elle est davantage utilisée pour
vérifier les passeports dans les aéroports, pour reconnaître
les criminels ainsi que pour contrôler l’accès à
certains services, à des systèmes ou à des réseaux
informatiques.
b) Biométrie
comportementale
Des mesures biométriques
basées sur les comportements permettent aussi d’attester l’identité
d’un individu.
- D’abord,
la reconnaissance des personnes à leur façon unique
de frapper les touches du clavier repose sur l’analyse du rythme
des frappes, de la durée entre les frappes, de la fréquence
des erreurs, de la durée de la frappe elle-même. Elle s’avère
surtout utile pour contrôler l’accès à un système
d’information. Elle permet aussi d’identifier une personne à
distance, à partir de son ordinateur.
- La mesure
de la dynamique des signatures s’effectue, quant à elle,
à l’aide d’une palette graphique et d’un stylet.
Cette technique tient compte, notamment, de la vitesse d’exécution
de la signature, de la pression, de l’accélération, du
temps total, de l’inclinaison du stylet et du nombre de fois que le
stylet est enlevé de la palette. Elle permet, en outre, d’attester
l’identité des personnes qui signent des documents électroniques,
des contrats ou des rapports.
- Enfin, la
reconnaissance vocale a pour assise une combinaison de données
physiologiques et comportementales de la voix. Elle sert surtout à
protéger des immeubles d’habitation, à exercer un contrôle
frontalier et à sécuriser l’accès à des
services banquiers.
À ces diverses
techniques, s’ajoutent les mesures biométriques s'appuyant sur
la géométrie de l’oreille, les odeurs corporelles, les pores
de la peau, la thermographie et l’ADN. Chacune des techniques biométriques
existantes peut répondre à un besoin particulier et convenir à
un contexte d’utilisation précis. La biométrie « multimodalité
» – soit la combinaison de diverses techniques biométriques
– ou une combinaison de différentes méthodes d’authentification
assure également un meilleur niveau de sécurité en réunissant
les avantages de chacun et en éliminant certaines limites.
Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, Enquêtes et Veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Accenture. The
Future of Identity : Biometrics Solutions to Enhance the Performance of Businesses
and Governments, 2005, 8 p., [en ligne], (page consultée le 5 mai
2005)
CROCHET-DAMAIS,
Antoine. « Carte
d'identité électronique : la France dans les starting blocks
», Journal du Net, 15 avril 2005, [en ligne], (page consultée le
5 mai 2005)
Drothier, Yves.
« La recherche envisage la biométrie multimodalité »,
Journal du Net, 2 novembre 2004, [en ligne], (page consultée le 5 mai
2005)
Hope-Tindall, Peter;
OCDE. Direction de la science, de la technologie et de l'industrie. Comité
de la politique de l'information, de l'informatique et des communications. Working
Party on Information Security and Privacy : Biometric-Based Technologies,
30 juin 2004, 66 p., [en ligne], (page consultée le 5 mai 2005)
Office québécois
de la langue française. « Biométrie », « Biométrie
comportementale » et « Biométrie physiologique », Grand
dictionnaire terminologique, 2004, (page consultée le 5 mai 2005)
Securiteinfo.com.
« La biométrie
», « Les technologies biométriques », 2004, (page consultée
le 5 mai 2005)
Six, Nicolas. «
Biométrie
: six moyens d'identifier un utilisateur », Journal du Net, 26 août
2002, (page consultée le 5 mai 2005)
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