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du bulletin SISTech : mai 2002
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Bulletin
du 31 mai 2002
Bulletin du 24 mai 2002
Bulletin du 17 mai 2002
Bulletin du 10 mai 2002
Bulletin du 3 mai 2002
Bulletin du 31 mai 2002
1. La
reprise dans le secteur des TIC : êtes-vous optimiste ou pessimiste?
2. La gestion des relations d'affaires : un élément essentiel de
la transformation d'un département informatique
3. La gestion des connaissances en sept étapes
1.
LA REPRISE DANS LE SECTEUR DES TIC : ÊTES-VOUS OPTIMISTE OU PESSIMISTE ? - Selon
que l'on soit optimiste ou pessimiste, l'espoir d'une reprise économique dans
le secteur des technologies de l'information et de la communication peut paraître
fondé ou au diable vauvert. À la fin de l'année dernière, plusieurs entreprises,
encore meurtries et assommées de la débâcle de 2000, prévoyaient cette reprise
pour la fin de 2002 mais le débat reste encore ouvert.
La reprise s'annonce
difficile jusqu'en Europe. Le déploiement des services mobiles de troisième
génération (3G) en Suède qui, selon le terme des licences octroyées aux entreprises,
devait être réalisé avant la fin de 2003, sera très probablement retardé. Bien
qu'aucune demande officielle n'ait encore été soumise à l'autorité suédoise
des postes et des télécommunications (organisme qui gère les licences de télécommunications),
plusieurs fournisseurs de services sans fils retardent leur investissement.
Ils en sont encore à rentabiliser leur réseau de deuxième génération.
Certaines
compagnies restent toutefois positives. C'est par exemple le cas d'IBM qui,
malgré le fait que de nouvelles suppressions de postes sont à prévoir, estime
que son marché reprendra en 2003 alors que beaucoup d'organisations devront
renouveler leurs ordinateurs. Les fabricants de téléphones mobiles, qui misent
sur l'attrait des écrans couleur et les « data services »
pour engendrer des ventes de remplacement, gardent également espoir.
Les analystes,
un peu plus perplexes, croient qu'une reprise ne pourra toutefois se concrétiser
sans des investissements majeurs de la part des grandes entreprises. Or, ces
dernières sont encore timides semble-t-il. Le ralentissement économique lié
à la difficulté de dégager des bénéfices tangibles des investissements majeurs
des dernières années en est une des causes. Selon une récente étude de l'Université
de Californie, « The Net Impact Study », 63 % des entreprises
n'auraient pas des procédures établies pour suivre l'impact de leur investissement
en TIC. Toutefois, toujours selon cette même étude, les TIC auraient contribué
depuis les dernières années à assurer aux organisations des gains de productivité
et des économies probants. Bien que l'étude se base plus sur des données qualitatives
que sur des chiffres précis, les auteurs ont réussi à quantifier les économies
réalisées par les entreprises grâce à Internet : 160 milliards aux États-Unis
pour la période de 1996 à 2000.
Malgré tout, si
l'on se fie au début de l'année et aux investissements repoussés, le deuxième
semestre de 2002 devrait voir le secteur des technologies vivoter. Pour ce qui
est de 2003, bien peu de gens semblent prêts à s'avancer. Même Larry Ellison,
le PDG de la firme Oracle qui est normalement très volubile sur le sujet, affirmait
récemment : « je me retire de la business des prédictions ».
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- « Tech sector strives to recover », Briony Hale, BBC News
- « The Net Impact Study », Université de Californie
- « Report
possible du passage à la 3G en Suède », Yahoo! Actualités
- « Netéconomie :
reprise en vue? », Éric Lacroix, Bulletin du 10 mai 2002
2.
LA GESTION DES RELATIONS D'AFFAIRES : UN ÉLÉMENT ESSENTIEL DE LA TRANSFORMATION
D'UN DÉPARTEMENT INFORMATIQUE - Pour
se mettre au diapason et suivre l'évolution du rôle joué par les technologies
de l'information (TI) au sein de l'organisation, les gestionnaires informatiques
devraient actuellement poursuivre quatre objectifs principaux, soit, 1- inculquer
la gestion de la valeur dans la culture informatique, 2- utiliser le portefeuille
d'applications informatiques comme un outil de communication et de gestion*,
3- développer une méthode de gestion des ressources humaines susceptible de
favoriser une croissance de la productivité des employés de la direction, et
4- s'assurer que les processus informatiques principaux soient uniques, cohérents,
souples et bien compris.
Présentement,
les départements informatiques sont principalement considérés comme un centre
de coûts. Meta Group prévoit que d'ici 2004-2005, ils seront davantage perçus
comme un centre de planification dynamique, de développement d'architecture
réseau, de gestion des équipements informatiques et de gestion des relations
d'affaires (GRA), bref, comme un « centre de valeur » (value
center). Pour l'instant, la préoccupation première des gestionnaires informatiques
demeure encore l'alignement des TI sur les processus d'affaires (business/IT
aligment). À cet égard, Meta Group recommande le déploiement d'un processus
de GRA qu'elle considère comme un outil essentiel à la réalisation de cette
activité. La firme croit qu'un tel processus, implanté à un niveau avancé, contribue
largement à faire évoluer la perception de l'entreprise relativement à la transformation
du département informatique. De par sa nature proactive, la GRA à un niveau
avancé (advanced business relationship management) permettra justement au gestionnaire
des relations d'affaires de s'impliquer et de jouer un rôle pivot dans la stratégie
d'affaires et dans la stratégie informatique de l'organisation. Meta Group affirme
également qu'une gestion proactive de la gestion des relations de la part du
département informatique optimise la gestion du capital client, ce qui permet,
en même temps, d'atteindre l'objectif d'alignement des TI sur les processus
d'affaires.
Précisons que
ce que Meta Group identifie comme un niveau avancé de GRA correspond à la troisième
et dernière phase du processus qui est celle de l'« enabling ».
À cette étape, la direction informatique peut agir comme un fournisseur de services
externe et ses efforts sont concentrés sur l'anticipation des besoins de la
clientèle. Cependant, cette phase ne peut intervenir que si certains éléments
sont en place, soit l'établissement d'un réel dialogue avec ses clients et l'intégration
de processus de GRA au sein des équipes de direction. La phase trois atteint
sa maturité lorsque les processus de GRA influencent activement les choix de
l'entreprise, d'une façon stratégique et tactique. Les analyses métriques peuvent
aussi démontrer comment les initiatives du département informatique, ses produits,
ses services et ses stratégies se traduisent en valeur ajoutée pour les clients
externes.
Rédactrice : Isabelle
Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : « A CIO's guide to implementing advanced business relationship management »
dans IT World Canada, Meta Group, 10 mai 2002
* Voir l'article
SISTech du 24 mai 2002 : Rationalisation des applications... jamais sans une stratégie d'affaires
3.
LA GESTION DES CONNAISSANCES EN SEPT ÉTAPES - La
recrudescence de l'intérêt pour la gestion des connaissances (GC) devra amener
les organisations à reconsidérer certains principes de base en la matière, quelque
peu laissés pour compte depuis les trois ou quatre dernières années. Bien qu'elle
semble être abordée de façon plus intelligente et éclairée, la GC devra néanmoins
être supportée de façon plus rigoureuse par des stratégies visant le gain d'appuis
humains et financiers.
Alors qu'elles
essaient de se relever de la récession, les organisations réalisent que les
employés qui ont dû quitter, dans cette circonstance, ont aussi amené avec eux
leur lot de connaissances et d'expérience... On comprend alors l'importance
d'une bonne stratégie de GC, qu'on avait jusque-là négligé de mettre sur pied.
La GC devient d'autant plus pertinente si l'on considère qu'au cours des prochaines
années, une proportion importante du personnel actuel des organisations aura
quitté, en majeure partie, pour la retraite.
La conservation
et la sauvegarde de l'expertise des employés après leur départ constituent des
outils de taille pour permettre à l'entreprise de reprendre des plumes et d'éviter
qu'elle ne traverse des périodes de crises générées par de potentielles pertes
d'expertise nécessaire à son bon fonctionnement.
Afin de mettre
en place une stratégie efficace de gestion des connaissances, un article de
ITWorld Canada propose sept étapes essentielles :
- Bien définir
le sens de « gestion des connaissances » (GC) pour l'organisation.
Selon les organisations, cela peut être orienté vers l'apprentissage virtuel,
la conservation des procédés de production les plus optimaux, la recherche
d'innovation, la satisfaction des employés ou des clients, etc.
- Déterminer quels
sont les besoins de l'organisation. En d'autres mots, il faut établir des
priorités, en choisissant les « chevaux de bataille »
et les procédés les plus rentables.
- Mettre en évidence
les bénéfices. Une fois les objectifs et procédés déterminés, il est essentiel
de faire valoir des bénéfices tangibles sur le plan des affaires aux gestionnaires
afin de leur « vendre » l'idée.
- Dans la mesure
du possible, estimer le plus précisément possible le retour sur le capital
investi à la suite de l'implantation du projet. La productivité et les bénéfices
stratégiques sont des éléments importants, encore faut-il démontrer que cela
aura un impact réel à plus ou moins long terme sur les profits de l'organisation.
- Créer des paramètres
de fonctionnement. Il est nécessaire d'informer les différents protagonistes
de l'organisation afin qu'ils comprennent quel est leur rôle dans ce changement,
et ce qu'ils doivent faire concrètement pour le mener à bien.
- Choisir des
technologies appropriées. Les technologies et l'équipement nécessaires doivent
être identifiés en fonction des objectifs principaux de la stratégie adoptée
et mise en place.
- Établir des
indicateurs de performance et les partager avec les membres de l'organisation.
La réalisation d'une stratégie de gestion des connaissance prend son sens
si tous les membres d'une organisation peuvent y prendre part et se sentent
concernés.
Rédactrice :
Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « The
seven steps to knowledge management », site Itworld, 31 mai 2002.
Bulletin
du 24 mai 2002
1. Marketing
par courriel : quelques conseils pour un message percutant
2. Rationalisation des applications... jamais sans une stratégie
d'affaires
3. Quand le net se fait thérapeute!
1. MARKETING PAR COURRIEL : QUELQUES CONSEILS POUR UN MESSAGE
PERCUTANT -
La plupart des experts sont d'accord : le marketing par courriel, lorsque bien
fait, est probablement le véhicule publicitaire le plus efficace sur Internet.
Son taux de conversion dépasserait de loin les fameux bandeaux publicitaires
ou les fenêtres « pop-ups » qui, plus souvent qu'autrement,
ennuient l'internaute plutôt que de l'inciter à consommer.
Mais attention :
il faut d'abord éviter de confondre « marketing par courriel bien
fait » et pollupostage (spam!), cette dernière pratique étant nuisible,
peu efficace et même illégale dans certains états américains. À la base, le
marketing par courriel doit s'appuyer sur une liste de courriels d'internautes
qui se sont inscrits VOLONTAIREMENT ET EN PLEINE CONNAISSANCE DE CAUSE pour
recevoir du courrier commercial de votre part.
Bien sûr, au-delà
de l'assentiment des récipiendaires, la nature et la forme du message demeurent
des éléments essentiels. Voici, selon Chris Maher, spécialiste du marketing
électronique, quelques conseils sur l'art de s'adresser à des cadres ou à des
décideurs dans un courriel d'affaires.
Supposons que
vous cherchiez à inviter des internautes à participer à une conférence ou à
un colloque quelconque. Que devrait contenir le courriel d'invitation? Évidemment,
les éléments logistiques de base, tels le lieu, l'heure, les sujets abordés,
etc., doivent s'y retrouver. Ensuite, vient la question plus épineuse de l'argumentaire
de vente. Pour y voir plus clair, l'auteur propose cinq questions :
1. Qu'est-ce que
vos prospects font dans la vie?
2. Quels sont les deux défis principaux qu'ils doivent relever chaque jour?
3. De quelle façon est-ce que le fait d'assister à l'événement que vous planifiez
leur permettra de mieux relever ces défis dans le futur?
4. Comment allez-vous récompenser les prospects pour le temps investi?
5. Qui signera le courriel d'invitation?
À partir de ces
renseignements, un agent de communication devrait être en mesure de composer
un message qui vous permettra de maximiser l'efficacité de votre campagne.
Une fois le message
composé, voici quelques points essentiels à valider avant son envoi :
- le titre du
message doit être clair et limpide. Laissons les ambiguïtés aux polluposteurs
qui font la promotion de sites pornos;
- les deux premières
phrases doivent être percutantes. Sans quoi, il y a de fortes chances que
la personne ne poursuive pas la lecture;
- le message doit
être signé par une vraie personne. Et si vous vous adressez à des cadres,
il est préférable qu'un cadre signe l'invitation;
- gardez le message
court : deux ou trois paragraphes au plus;
- le message devrait
se terminer par une conclusion qui renforcira le message communiqué.
Avec ces quelques
conseils pratiques en tête, vos communications d'affaires ne s'en porteront que
mieux.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique,
CEFRIO
Source : Email
Copy for the Next Economy
2. RATIONALISATION DES APPLICATIONS... JAMAIS SANS UNE STRATÉGIE
D'AFFAIRES - Bon
nombre de départements informatiques vantent la gestion du portefeuille d'applications
comme un moyen permettant de diminuer les dépenses en matière de technologies
de l'information (TI). Théoriquement, la consolidation ou le remplacement des
applications, disons archaïques, devraient permettre de dégager des sommes pour
de nouvelles initiatives. Or, selon une étude de AMR Research, la réalité s'avère
parfois toute autre puisqu'en général, c'est le secteur de l'administration
- et non celui des TI - qui gère le portefeuille d'applications. Le département
informatique doit plutôt user de son influence du côté du gestionnaire de portefeuille
en le persuadant que les bénéfices associés à certains changements l'emportent
largement sur les risques encourus.
Voici quelques
constats et propos tenus par les administrateurs interrogés, suivis de recommandations
de AMR Research en matière de rationalisation des applications :
- Des économies
peuvent être réalisées en cessant de débourser (coûts d'entretien) pour les
applications peu ou non utilisées.
- Des gestionnaires
craignent que le changement de certaines applications se traduise par un risque
économique ou qu'il entraîne des dépenses supplémentaires.
- Les directeurs
d'affaires ont encore confiance en leurs vieilles applications et doutent
qu'elles représentent un risque pour l'organisation. Ils sont d'avis qu'advenant
un problème, le responsable des TI et son personnel pourront le régler.
- Les nouvelles
applications sont souvent plus dispendieuses (entretien, licences d'utilisation,
adaptation aux besoins de l'entreprise) que les anciennes, jugées plus stables
(bogues déjà réglés).
- Enfin, tous
les gestionnaires interrogés s'accordent pour dire que la rationalisation
des applications doit être une partie intégrante d'un projet global de transformation
de l'organisation et non un projet isolé.
Pour y parvenir, AMR
Research recommande notamment de :
- Faire un inventaire
complet des applications en place, ce qui permettra également d'identifier
les coûts associés à chacune d'elles.
- Corréler cet
inventaire avec la « version officielle ».
- Identifier
les applications principales de chaque département de l'organisation ainsi
que celles qui sont moins utilisées. Concentrer ses efforts sur les applications
qui grugent 80 % du budget d'entretien et de l'emploi du temps de travail.
- Repérer les
initiatives stratégiques majeures des départements et déterminer quelles applications
sont susceptibles d'interférer avec ses objectifs.
Rédactrice : Isabelle
Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : « Application Rationalization Only Happens if it Advances Business Strategy »
dans Outlook, AMR Research, 20 mai 2002
3. QUAND LE NET SE FAIT THÉRAPEUTE! -
Les jeunes, c'est bien connu, sont de grands adeptes d'Internet. Leurs diverses
utilisations du réseau (sociales, scolaires ou professionnelles) sont de plus
en plus documentées et intéressent un nombre croissant d'intervenants tant publics
que privés. Mais le phénomène demeure en émergence et des zones d'ombre persistent.
Le rôle « thérapeutique » qu'Internet peut jouer auprès
des membres de la Net génération aux prises avec différents problèmes personnels
reste ainsi à notre connaissance peu exploré.
Il y a pourtant
fort à parier sur le fait que les technologies dont ils sont si friands deviennent,
en cas de pépins ou de difficultés plus graves, le tout premier recours ou,
en clair, le canal d'aide privilégié par les jeunes. Il semble ainsi que leurs
applications fétiches, la messagerie instantanée et le « chat »,
constituent les voies toutes désignées pour leur permettre d'exprimer inconforts
et détresse. Le plus souvent associées au côté futile du Net, ces fonctionnalités
peuvent aussi jouer un rôle social de tout premier plan et permettre à leurs
adeptes d'être écoutés et rassurés par des oreilles tant virtuelles que compatissantes.
C'est précisément
le pari qu'a fait le Long Island Crisis Center (LICC), une organisation de soutien
aux jeunes en difficulté, qui dès 1999 et suite à l'observation d'une baisse
des appels reçus, a offert ses services d'aide en ligne en temps réel. Pour
la directrice du LICC, Linda Leonard, il ne fait ainsi aucun doute que le Net
peut offrir des formes d'aide tout particulièrement attrayantes pour les jeunes.
Sur la toile, ceux-ci sont en effet en terrain connu : ils s'y sentent « confortables »
et plus « anonymes » qu'au téléphone. Grâce au logiciel
de messagerie instantanée AnswerChat, développé par une firme locale et offert
gracieusement à l'organisme, cette prestation de service sera par ailleurs encore
améliorée sous peu. Le logiciel résoudra ainsi les principaux irritants reliés
à l'utilisation antérieure de l'application AOL Instant Messenger (nécessité
pour les utilisateurs du service de télécharger l'application AIM, problèmes
liés à la confidentialité et à l'anonymat, etc.) et assurera un accès simultané
à plusieurs intervenants. Initialement dédiée à offrir un service à la clientèle
en ligne aux utilisateurs de sites Web commerciaux, AnswerChat se fera ainsi
philanthrope.
Plus près de nous,
le ministère de la Santé et des Services sociaux, en collaboration avec l'organisme
d'intervention bien connu Tel-Jeunes, propose aussi des services
de soutien en ligne aux jeunes de 12 à 20 ans. Ceux-ci demeurent toutefois
plus limités que dans le cas du LICC, le « chat » n'étant
ouvert par exemple que du mercredi au samedi soir et sur des sujets déterminés
à l'avance. À noter que les jeunes ont aussi la possibilité d'envoyer leurs
questions par courriel, avec promesse de réponse dans un délai de 48 heures.
Chez Tel-Jeunes, c'est donc toujours la voie téléphonique (24 heures/7 jours)
qui est privilégiée lorsque « ça urge ».
Et c'est peut-être
mieux ainsi puisque le fait d'assurer un meilleur anonymat aux jeunes en détresse
est en fait une arme à deux tranchants et ce, tant pour les organismes d'aide
que pour les personnes y ayant recours. En cas de tentatives de suicide par
exemple, la localisation rapide de l'individu en crise devient en effet tout
à fait cruciale.
Le défi des Tel-Jeunes
de ce monde, on le voit, n'est pas mince. Ces organismes doivent savoir mettre
en place des modes de prestation de services sachant préserver l'anonymat de
leurs usagers... mais pas trop. Car il importe aussi et surtout de ne pas brouiller
toutes les pistes.
Rédactrice : Catherine
Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Matthew Miller, « Instant Messaging As a Therapy Tool », Newsday.com, 14 mai 2002
- Long Island Crisis Center
- Détresse.com
Bulletin
du 17 mai 2002
1. La
gestion du risque : l'aspect négligé des affaires électroniques
2. Guérillas au travail : attention aux courriels en bas de la
ceinture
3. Une nouvelle façon de contrer le polluriel
1.
LA GESTION DU RISQUE : L'ASPECT NÉGLIGÉ DES AFFAIRES ÉLECTRONIQUES - La
démocratisation des affaires électroniques au milieu des années 90 a amené des
opportunités prodigieuses pour les organisations. De nos jours, les affaires
électroniques sont considérées comme une pratique innovante améliorant la compétitivité
même des organisations. Toutefois, qui dit opportunité, dit également menace
(ou risque pour être plus précis). Les nombreux échecs, amplement publicisés,
en témoignent. Or, outre les risques technologiques (liés à la fraude, au déni
de services, au piratage ...) - dont nous entendons beaucoup parler - cette
notion de risque fait rarement partie du discours des affaires électroniques.
Pourtant il existe diverses sortes de risques, tout aussi importants à gérer
:
- Les risques
stratégiques liés : à la stratégie, aux modèles d'affaires aux investissements
des ressources...
- Les risques
de processus liés : aux procédures administratives et aux contrôles manuels
- Les risques
de transaction liés : à l'externalisation des processus, aux partenariats,
à l'intermédiation et à l'impartition.
- Les risques
de diversification liés : à la complexité de la diversification des opérations.
La gestion du risque
constitue un incontournable en matière d'affaires électroniques et aucune entreprise
ne devrait s'y soustraire. Le processus qui sous-tend cette gestion du risque
vise à aider les organisations à mettre en place des moyens de contrôle (moyens
de contrôle stratégique, technologique, de processus...) afin de maximiser les
retombées de leur stratégie d'affaires électroniques. Évidemment, il ne s'agit
pas de contrecarrer l'ensemble des risques associés à une initiative, ce qui est
pratiquement impossible, sinon démesurément coûteux. La relation « risque/efficacité/coûts »
est ainsi un des premiers éléments à considérer en matière de la gestion du risque.
Si le processus
de gestion du risque varie d'un auteur à l'autre, la plupart s'entende sur certaines
étapes : Analyser le contexte de l'initiative; préciser les bénéfices attendus;
mesurer les risques potentiels; déterminer et mettre en œuvre les méthodes de
contrôle; et assurer le suivi.
En somme, les
affaires électroniques représentent une très grande opportunité pour les organisations
qui savent bien établir leur stratégie. Or, considérant les investissements
souvent importants en ressources matérielles, humaines et financières qu'elles
demandent, les organisations doivent se doter d'outils, comme la gestion de
risque, afin de maximiser leurs chances de succès tout en minimisant leurs risques
et leurs pertes potentielles.
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Vézina, M., Martel, L., « Lier la stratégie à la gestion
des risques dans les affaires électroniques », Gestion, numéro hors
série 2002.
Michel Vézina
est professeur à l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal et est chercheur
associé au CEFRIO
Louise Martel est associée universitaire KPMG et professeure à l'École des Hautes
Études Commerciales de Montréal
2.
GUÉRILLAS AU TRAVAIL : ATTENTION AUX COURRIELS EN BAS DE LA CEINTURE - Chouchou
des internautes, le courrier électronique fait décidément couler beaucoup d'encre.
Ses usages abusifs en milieu de travail (farces, potins, etc., échangés entre
collègues) ainsi que le fait qu'il s'agit d'une arme à double tranchant qui
peut se retourner contre son expéditeur ou son destinataire et l'amener jusqu'en
cour sont en effet très documentés.
Le fait que le
courriel puisse aussi constituer à lui seul un véritable arsenal pour des collègues
malveillants et peu scrupuleux l'est par contre beaucoup moins. Il appert ainsi
que rien n'approche l'efficacité des missives électroniques, à la fois insidieuses
et d'autant plus redoutables, pour alimenter en sous-main de vilaines luttes
intestines au bureau. En moins de deux et le temps d'un clic, elles permettent
en effet d'entacher à jamais la réputation d'un confrère dérangeant ou, mieux,
de le donner en pâture à ses « collaborateurs » qui attendaient
cette occasion depuis des lustres. Et vlan, prends ça dans les dents!
Grâce à cette
nouvelle tendance, l'expression « killer app » associée
au courriel prend littéralement tout son sens. Et selon les experts, de tels
usages tout à fait non politiquement corrects du courrier électronique étaient
plus que prévisibles. L'application vedette du Net porte ainsi en elle-même
tout ce qu'il faut pour devenir l'arme de prédilection des guérilleros en cravate :
à la fois rapide et facile à utiliser, le courriel permet en plus d'attaquer
l'ennemi par surprise, là et quand il ne s'y attendait pas.
Cet effet de surprise
est sans contredit ce qui confère leur plus grand pouvoir à ces attaques virtuelles
qui peuvent en outre prendre diverses formes :
- L'attaque invisible
(stealth attack) : particulièrement prisée des internautes malveillants,
cette forme d'action agit en véritable raid. En clair, il s'agit d'un assaut
soigneusement ciblé réalisé grâce à une copie conforme invisible (cci) envoyée
par exemple au patron d'un collègue et contenant de l'information pouvant l'incriminer;
- L'épée de Damoclès
(smoking gun) : il s'agit ici pour le méchant de service de profiter du fait
que « les écrits restent » pour récupérer et retransmettre
un courriel compromettant à l'insu de son expéditeur. À noter par ailleurs que
votre boîte de courrier pourrait bien être le tout premier endroit où votre
employeur irait fouiller si et seulement si, bien sûr, il avait de bonnes raisons
de vouloir se débarrasser de vous!
- L'opération
kamikaze (suicide bomber) : lancée in extremis par un ex- employé vengeur
qui n'a donc plus rien à perdre à se vider le cœur et à semer la zizanie derrière
lui, cette attaque prend la forme d'un message dévastateur souvent envoyé à
tous les membres d'une organisation.
Gardez donc l'œil
ouvert et le bon et méfiez-vous du sourire trop enjôleur de votre voisin de
bureau : les conséquences de ces attaques varient mais demeurent toujours
bien réelles. L'impression d'anonymat associée au Net confère enfin à vos éventuels
agresseurs une liberté et une audace dont ils se surprennent souvent eux-mêmes!
Rédactrice : Catherine
Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : David Miller, « The
art of office e-mail war », Salon.com, 9 mai 2002
3.
UNE NOUVELLE FAÇON DE CONTRER LE POLLURIEL - Des
millions de courriels commerciaux non sollicités aboutissent chaque jour dans
autant de boîtes de courriel. Certaines techniques existent déjà pour contrer
le polluriel, mais leur efficacité n'est pas à toute épreuve et leur fonctionnement
est parfois lourd à gérer pour les utilisateurs. Or, en réponse au nombre sans
cesse croissant de polluriels, un nouveau procédé a été mis au point pour protéger
les internautes qui publient leur adresse sur le Web.
Approches actuelles
Actuellement, on peut tenter de contrecarrer le polluriel de deux façons. L'approche
du « filtre » permet de bloquer les courriels non sollicités,
généralement à l'aide de logiciels reconnaissant des centaines d'adresses de
polluposteurs reconnues, ou encore en refusant des messages contenant certains
mots ou caractères tels « $ », « money »,
« sex », etc. Ces filtres ne sont cependant pas exempts
d'intercepter des messages provenant d'amis, de clients, ou du patron...
La deuxième approche
consiste à se cacher, ou, en d'autres mots, à ne jamais révéler son adresse
de courriel sur le Web. Dans les cas où il n'est pas envisageable de le faire,
plusieurs utiliseront des adresses temporaires « jetables »,
qui expireront au bout d'un certain temps ou après l'envoi d'un certain nombre
de messages. Mais encore : combien de courriels légitimes ou importants
seront perdus parce que dirigés vers une adresse « jetée »?
Un carnet d'adresses
central « anti-polluposteur »
La nouvelle approche proposée repose sur un principe de base simple. Afin d'obtenir
l'adresse de courriel " publique " d'une personne à qui il veut expédier un
message, un internaute doit prouver qu'il n'est pas un robot polluposteur. Par
exemple, supposons que vous vouliez écrire à l'auteur de ce site sur le golf
que vous aimez tant pour lui signifier votre appréciation. Vous cliquez donc
sur son lien de courriel (ex. : http://www.serviceABC.com/users/7283623).
Au lieu d'obtenir
immédiatement l'adresse désirée, un intermédiaire vous demandera alors, par
exemple, d'identifier un dessin, d'écrire la série de chiffres contenus dans
une image ou encore de répondre à une question du type « quelle est
la couleur du ciel ». Question bien banale pour un humain, mais bigrement
embêtante pour un robot polluposteur! En répondant correctement, vous obtiendrez
alors l'adresse réelle du destinataire de votre message, que vous pourrez intégrer
dans votre carnet d'adresses pour éviter d'avoir à vous soumettre à ce processus
la prochaine fois.
Le succès d'un
tel système repose évidemment sur la volonté des gens à confier leur adresse
de courriel à l'intermédiaire qui en assurera la gestion. Idéalement, ce type
de service devrait être administré par une organisation renommée en qui les
gens auront confiance. Il faudra aussi compter sur la réceptivité des internautes
à se soumettre à ce procédé.
Certains pourront
trouver contrariant de devoir aller chercher une adresse de courriel par le
biais d'un intermédiaire, et d'aucuns préféreront-ils renoncer à envoyer certains
messages... Par contre, ce procédé compliquera la tâche des « spammers »,
et ceux qui doivent publier une adresse sur le Web devraient y voir un avantage
réel.
Des renseignements
supplémentaires sont disponibles en cliquant ici.
Rédactrice : Caroline
Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « KeepingSpambots Out
: A New Anti-Spam System », site Kuro5hin, technology and culture,
from the trenches, 21 avril 2002.
Bulletin
du 10 mai 2002
1. Netéconomie
: reprise en vue?
2. Gouvernement électronique : et si un environnementaliste américain
nous donnait des leçons
3. L'enfance, l'adolescence et l'âge de raison des communautés
de pratique
1.
NETÉCONOMIE : REPRISE EN VUE? - Alors
que l'ensemble de l'économie nord-américaine se remet rapidement d'une récession
beaucoup moins grave qu'anticipée, le secteur gravitant autour d'Internet tarde
à emboîter le pas.
Par exemple, cette
semaine des rumeurs circulent à l'effet qu'IBM serait sur le point de couper
plusieurs milliers d'emplois. Récemment, à la fin avril, le géant AOL Time Warner
annonçait des pertes astronomiques de 54 milliards de dollars au premier trimestre
de 2002. Sans oublier la contre-performance d'Amazon qui, après avoir affiché
un premier bénéfice à la fin de 2001, retombait dans le rouge au premier trimestre
de 2002.
Côté canadien,
Nortel Networks continue son calvaire boursier. Au moment d'écrire ces lignes,
l'action valait 4,40 $ par rapport au sommet de 120 $ atteint en 2000.
Ainsi, pour reprendre l'analogie, quelqu'un qui aurait décidé d'acheter en mars
2000, cinq caisses de 24 bouteilles de bière au lieu d'une action de Nortel,
pourrait aujourd'hui revendre ses bouteilles vides pour un montant de 12 $.
Un rendement presque trois fois supérieur à celui de l'action de Nortel...
Par contre, dans
ce climat morose, certains signes sont encourageants : l'équipementier CISCO
Systems a fait bondir les parquets américains cette semaine en annonçant des
bénéfices meilleurs que prévus. Les chroniqueurs les plus enthousiastes prédisent
même que cette annonce marque le début de la reprise dans le secteur des hautes
technologies. L'avenir le dira!
Autre bonne nouvelle
: chez les point-coms, la situation se stabilise. Selon Webmergers, seulement
17 d'entre elles auraient fermé leurs portes en mars 2002, une diminution considérable
par rapport à mai 2001 qui avait vu 64 faillites. Les mauvaises langues diront
que cette baisse du nombre de fermetures ne constitue pas une bonne nouvelle,
mais plutôt un signe que le bassin des point-coms est sur le point de s'assécher.
Attention! Selon Webmergers, en janvier 2000, on comptait entre 7 000 et
10 000 de ces entreprises et jusqu'à présent 806 d'entre elles auraient
fait faillite. On est encore loin du compte.
Bref, malgré une
reprise plus lente que le reste de l'économie nord- américaine, le secteur des
hautes technologies commence à montrer des signes encourageants. Reste à voir
si l'élan donné par Cisco Systems se poursuivra!
Rédacteur : Éric
Lacroix, directeur de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Layoffs likely at IBM, say analysts
- Stocks Open Higher as Cisco Results Fuel Hopes for Tech Recovery
- Q1 Shutdowns & Bankruptcies Down Two-Thirds from Q1 of Last Year
2.
GOUVERNEMENT ÉLECTRONIQUE : ET SI UN ENVIRONNEMENTALISTE AMÉRICAIN NOUS DONNAIT
DES LEÇONS - Dans
un article précédent, nous avons présenté de façon théorique les cinq grands
impératifs à la base de projets de gouvernance en ligne réussis¹. Tout
en prolongeant la réflexion, notre propos sera nettement plus pratique cette
semaine, la première de ces règles d'or « se concentrer sur la satisfaction
des besoins et attentes des clientèles » se trouvant magistralement
illustrée par un exemple tout à fait concret.
Car on sait bien
qu'au-delà et en amont des besoins particuliers des citoyens à l'égard des services
gouvernementaux électroniques, il y a avant tout des internautes - et des gens
pressés - dont la toute première exigence est de trouver rapidement et facilement
l'information ou le service recherché. Et l'une des façons de répondre à cette
revendication tout à fait légitime et partant, de simplifier la vie des citoyens
adeptes du Net, est sans conteste d'adopter une approche basée sur la centralisation
de l'information²... plutôt que sur sa dissémination à tout vent sur divers
portails tous plus rutilants les uns que les autres.
C'est précisément
cette formule de l'entrée ou du guichet unique qui sous- tend le succès du site
américain Earth 911. Créé il y 11 ans par Chris Warner, un promoteur immobilier
défroqué converti à la défense de l'environnement, le portail est cité comme
modèle par l'Administration Bush qui souhaite que son concept soit repris et
utilisé pour mener à bien d'autres projets. Le site reçoit et met en ligne de
façon centralisée de l'information de nature environnementale provenant de 10
000 municipalités américaines et poursuit l'ambitieux objectif de devenir LA
référence en la matière aux États- Unis.
Géré par une organisation
sans but lucratif (Cleanup Inc.) et supporté financièrement par des commanditaires
de marque (Home Depot Inc., Microsoft Corp. BP PLC et AT&T), Earth 911 représente
en fait pour Stephen Goldsmith, conseiller en gouvernance électronique auprès
du président Bush, le parfait exemple d'un partenariat gagnant-gagnant entre
les secteurs public et privé. Une telle collaboration a en outre le grand mérite
de permettre l'économie de millions de dollars tout en rendant l'information
beaucoup plus facile à repérer par les citoyens. Les municipalités qui fournissent
de l'information (numéros de téléphone et adresses de centres de recyclage,
dates de collecte sélective, etc.) à Earth 911 le font tout à fait gratuitement
et n'ont plus qu'à diriger leurs contribuables vers le site.
Pour Goldsmith,
il est clair que les différentes administrations publiques ont tout à gagner
à considérer la possibilité de se tourner vers des « canaux privés »
alternatifs déjà existants pour offrir de l'information et des services aux
citoyens. Mais selon Chris Warner, un tel virage ne se fera certes pas sans
grincements de dents, les agences gouvernementales souhaitant garder le contrôle
de leur information. Il faut donc travailler avant tout au changement des mentalités
pour qu'en bout de ligne, du choc des cultures et de leur confrontation émerge
enfin une véritable collaboration³ où tous les intervenants, partenaires
publics, privés et citoyens seront gagnants.
Notes :
¹ « Cinq règles d'or pour des projets de gouvernance en ligne réussis »,
Bulletin SISTech du 19 avril 2002
²Voir à ce propos l'article « Gouvernement électronique : le temps du citoyen aussi précieux en ligne que
sur la terre ferme », Bulletin SISTech du 16 novembre 2001
³À noter que le CEFRIO tiendra à l'automne prochain le colloque international
« Partenariat public/privé : pour une meilleure performance de l'État »
(Québec, 24 et 25 octobre 2002). Dans la foulée du projet de recherche « Nouveaux
modèles de collaboration pour la prestation des services publics »,
l'événement explorera cette problématique de la collaboration entre différents
partenaires.
Rédactrice : Catherine
Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- William Matthews, « Earth 911 site a model for e-gov », FCW.com, 29 avril 2002
- Earth 911
3.
L'ENFANCE, L'ADOLESCENCE ET L'ÂGE DE RAISON DES COMMUNAUTÉS DE PRATIQUE - Nous
avons traité à maintes reprises dans ce bulletin des communautés de pratique¹
sans entrer en profondeur dans l'aspect spécifique de leur cycle de vie. Ce
thème est fascinant, non pas parce qu'il présente un modèle que l'on peut appliquer
mot à mot, mais plutôt parce qu'il aide les organisations à comprendre les problématiques,
les changements et les mesures à prendre dans l'évolution d'une communauté de
pratique. D'ailleurs, au même titre qu'un individu qui, tout au long de son
existence, doit surmonter des difficultés, vit des périodes de transition, suit
une courbe d'apprentissage, reçoit des renforcements positifs, les communautés
sont une entité dynamique en constante mouvance. Ainsi, chacune des phases (gestation,
émerveillement, maturité, gérance et transformation) d'une communauté de pratique
possède ses propres défis.
Définir le domaine
d'intervention, trouver les participants, définir le rôle et l'apport de chacun
ainsi que déterminer le savoir commun qui fera l'objet du groupe sont les premières
actions à entreprendre. La communauté est alors dans sa phase de gestation.
Une fois qu'une vision claire de la mission et des objectifs existe, la communauté
de pratique passe à la phase d'émerveillement. L'équilibre entre la création
d'une relation de confiance des individus et l'impératif de démontrer la valeur
du groupe est alors très fragile. Le rôle du coordonnateur à cette étape est
donc très important. Il doit s'assurer de dynamiser les interactions et de bâtir
les fondements de la synergie à venir tout en focalisant l'énergie du groupe
vers ses buts ultimes : la création et le partage de connaissances. À cet effet,
la nature des connaissances à gérer, l'interaction des participants ainsi que
la méthode de travail de la communauté sont cruciales.
La phase de la
maturité est celle où les communautés de pratique commencent à s'affirmer au
sein des organisations. À ce stade, elles ont normalement développé une bonne
crédibilité et doivent maintenant gérer leur croissance. Les besoins de l'ensemble
des individus et non les besoins d'un seul doivent primer. Elles doivent souvent
par ailleurs repositionner leur rôle dans l'organisation. Durant la phase de
gérance il est très important pour la communauté de maintenir son « momentum ».
Dans certains cas il pourrait être même nécessaire de raviver la communauté
ou de renouveler son leadership.
La dernière phase
que vit une communauté de pratique est celle de la transformation. À ce stade,
la communauté de pratique est souvent obligée de se transformer afin de suivre
l'évolution des technologies, des marchés, du changement d'orientation ou de
structure de son organisation. Si elle ne peut le faire d'une façon efficace,
avec le support des individus qui la composent, elle se dissout tout simplement.
La transformation ou la mort d'une communauté de pratique n'ont rien d'extraordinaire,
elles font partie de son cycle!
La progression
d'une communauté de pratique selon les étapes de vie démontre que comme un individu,
les communautés de pratique vivent des périodes relativement stables, des périodes
de grandes découvertes et des périodes plus creuses. Les organisations qui sauront
tirer parti de ces hauts et de ces bas contribueront à faire de leur communauté
de pratique une force pour leur développement.
Note :
¹Dans le cadre d'un des projets du CEFRIO, Richard McDermott, coauteur
du livre « Cultivating Communities of Practice » et consultant
reconnu internationalement en matière de communautés de pratique sera conférencier
invité le 23 mai prochain, lors d'une rencontre avec les partenaires du projet
: « MODES DE TRAVAIL ET DE COLLABORATION À L'ÈRE D'INTERNET ».
Pour plus de renseignements contacter Marcel
Gilbert , directeur développement de projet, CEFRIO.
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Etienne WENGER, Richard Mc DERMOTT, William M. SNYDER « Cultivating
communities of practice : a guide to managing knowledge », Boston,
Harvard Business School Press, 2002, 284 p.
Bulletin
du 3 mai 2002
1. L'apprentissage
virtuel en entreprise au secours de la formation continue
2. Pornographie sur Internet : comment protéger les enfants?
3. Les services gouvernementaux en ligne : un défi en constante
évolution
1.
L'APPRENTISSAGE VIRTUEL EN ENTREPRISE AU SECOURS DE LA FORMATION CONTINUE -
Toute entreprise
qui désire tirer son épingle du jeu doit pouvoir compter sur des employés spécialisés
et bien formés en tout temps et en toutes circonstances, surtout dans le contexte
actuel d'ouverture des marchés et de mondialisation. Cette prémisse tient-elle
de l'utopie? Des entreprises ont relevé le défi de la formation continue grâce
à l'apprentissage virtuel, et en ont tiré profit. " Nous avons réalisé des économies
de 30 à 50 % tout en augmentant la qualité de nos programmes", souligne
Marie-Ève Pineault, chef, apprentissage en ligne, Service de la formation chez
Microcell Solutions.
D'entrée de jeu,
spécifions que l'apprentissage virtuel réfère à toute formation diffusée électroniquement,
soit par le biais d'Internet, d'un navigateur Web ou d'un intranet, ou encore
au moyen de plates-formes multimédias tels le cédérom, le DVD, la téléconférence,
etc. En comparaison avec les méthodes traditionnelles de formation, les nouvelles
technologies de l'information ont l'avantage de rendre accessible la formation
aux employés au moment nécessaire, en tout temps, en tout lieu, à moindre coût
et au rythme souhaité. De plus, elles permettent une diffusion simultanée et
uniforme de l'information, tout en offrant la flexibilité nécessaire pour ajuster
les contenus selon les cibles.
Stéphane Pelletier,
chef divisionnaire des ressources humaines chez Bell, croit en ce sens que les
bénéfices de l'apprentissage virtuel résident dans son accessibilité, sa disponibilité
et sa convivialité. « Les gens s'en prévalent lorsque cela leur convient,
et là où cela leur convient ».
Jusqu'à aujourd'hui,
ce sont surtout les grandes entreprises qui ont expérimenté l'apprentissage
virtuel étant donné les coûts d'implantation qui, au départ, étaient relativement
élevés. Cependant, les coûts afférents à l'implantation de l'apprentissage virtuel
ont substantiellement diminué, entre autres en raison de la standardisation
des applications et à l'implantation dans de nombreuses entreprises de réseaux
informatiques plus puissants capables de soutenir les applications nécessaires
à sa mise en œuvre.
Malgré ses avantages,
certaines entreprises ne semblent pas avoir trouvé leur profit dans l'apprentissage
virtuel ou n'envisagent pas le recours à cette pratique. Certaines réticences
persistent. Mentionnons, entre autres, les craintes quant aux coûts reliés à
son implantation, le temps que devront y consacrer les gestionnaires, la résistance
au changement, la réduction des contacts humains, etc.
Cependant, règle
générale, l'apprentissage virtuel avantage tout le monde : les employés en tirent
profit par le développement rapide et efficace de leurs compétences et les entreprises
y trouvent un rendement sur le capital généralement plus élevé que les sommes
investies. L'apprentissage virtuel constitue même désormais un nouveau marché
qui, selon les prévisions de la Société conseil IDC (spécialité : tendances
technologiques), atteindra près d'un milliard de dollars en 2004 au Canada,
ce qui correspondra à environ 30 % du marché de la formation. En 2001,
au Canada, le marché de l'apprentissage virtuel était estimé à 240 millions
de dollars.
Les entreprises
qui prévoient faire le grand saut devraient s'assurer d'implanter ce changement
avec rigueur, en respectant certaines façons de faire qui se sont avérées porteuses
de succès jusqu'à ce jour. « L'implantation de l'apprentissage virtuel
n'est pas une tâche à prendre à la légère. Il faut savoir convaincre les gens
et gérer le changement », souligne à cet égard Marie-Ève Pineault,
chef, apprentissage en ligne, Service de la formation chez Microcell Solutions.
Des renseignements
supplémentaires sont disponibles sur le site de TechnoCompétences
. Rédactrice :
Caroline Masson, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO Source : « Elearning,
Guide pratique de l'apprentissage virtuel en entreprise », TechnoCompétences,
le comité sectoriel de main-d'œuvre en technologies de l'information et des
communications, avril 2002.
2.
PORNOGRAPHIE SUR INTERNET : COMMENT PROTÉGER LES ENFANTS? - Sur
le Web, la pornographie est un marché florissant : 1 milliard de dollars de
revenus annuels, 400 000 sites payants pour adultes, etc. D'ailleurs, selon
certains observateurs cyniques, ce secteur constituerait l'unique créneau du
commerce B2C qui soit vraiment rentable.
Cette prolifération
de sites et de contenus pour adultes préoccupe de nombreux parents qui s'inquiètent
de la facilité avec laquelle leur progéniture peut s'abreuver d'images et de
contenus très explicites. Aux États-Unis, le National Research Council s'est
penché sur la question et lançait cette semaine un volumineux rapport sur l'accès
à la pornographie en ligne et aux dangers qui guettent les jeunes sur Internet.
Première conclusion
du rapport : il ne sera pas facile de restreindre l'accès au contenu douteux.
À elles seules, les approches législatives ou techniques ne permettront pas
de régler le problème, n'en déplaise aux membres du Congrès américain qui militent
en ce sens. En fait, l'approche technique privilégiée, les filtres, prive les
jeunes d'une somme considérable d'information appropriée. Par exemple, un logiciel
filtre qui empêcherait l'accès à toutes les pages contenant le mot « sein »,
restreindrait l'accès non seulement aux pages lubriques, mais aussi aux ressources
médicales traitant du cancer du sein, etc. En plus, aussi performants soient-ils,
les filtres vont quand même laisser passer une certaine proportion de contenus
inappropriés.
En fait, le rapport
préconise plutôt une approche mixte, où la législation, les moyens techniques
et surtout l'éducation viennent jouer des rôles complémentaires. Les auteurs
présentent une analogie intéressante : « Les piscines sont dangereuses
pour les enfants. » Certes, pour les protéger, on peut installer des
cadenas, des clôtures et des alarmes. Toutes ces mesures sont utiles, cependant,
enseigner à l'enfant à nager demeure la chose plus importante à faire.
Dans cette optique,
le rapport se positionne comme un guide didactique pour les parents, les professeurs,
les bibliothécaires, les technologues et les législateurs. L'objectif fondamental
est donc d'éduquer les enfants à faire les bons choix lors de leurs activités
virtuelles : où ils doivent aller, ce qu'ils doivent voir, avec qui ils clavardent
et ce qu'ils font. Par exemple, on devrait enseigner aux enfants à reconnaître
les stratégies des prédateurs sexuels qui fréquentent les « chat-rooms »
en se faisant passer pour d'autres enfants.
C'est donc dire
à quel point la problématique de l'éducation des jeunes face aux médias est
toujours d'actualité!
Rédacteur : Eric
Lacroix, directeur de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Article du NY Times (inscription en ligne obligatoire)
- Le communiqué de presse
- Le rapport
3.
LES SERVICES GOUVERNEMENTAUX EN LIGNE : UN DÉFI EN CONSTANTE ÉVOLUTION - Depuis
ses premiers balbutiements, le phénomène du gouvernement électronique n'a cessé
de gagner en popularité. De nombreux pays ont d'ailleurs maintenant une stratégie
bien établie en la matière. Les bénéfices sont probants : un service au citoyen
plus rapide, moins coûteux, personnalisé et plus efficient, offert 24 heures
sur 24, 7 jours par semaine. Il existe toutefois de nombreuses contraintes de
nature juridique, administrative, sociale et politique entravant la transition
des gouvernements vers l'univers virtuel.
Historiquement,
les initiatives en « e-gouvernement » étaient principalement
fondées sur des stratégies génériques ne tenant pas compte de l'ensemble des
contraintes culturelles, technologiques, économiques et sociales associées à
ce type de projet. Par la suite, une deuxième vague d'initiatives s'est traduite
par une offre de service en ligne non seulement informationnelle mais également
transactionnelle. Maintenant, on commence à voir apparaître de plus en plus
de stratégies articulées, basées sur une philosophie « penser globalement,
agir localement ». Les gouvernements recherchent en effet des projets
qu'ils peuvent faire avancer à petits pas mais dont les résultats à court terme
sont palpables et concrets. Ces stratégies modernes sont beaucoup plus pragmatiques
et tiennent compte de l'ensemble des facteurs dont les gouvernements doivent
tenir compte.
D'ailleurs, le
défi ultime des gouvernements n'est pas d'implanter une technologie mais bien
d'utiliser les TI pour se transformer. Il s'agit pour plusieurs gouvernements
de recentrer et d'intégrer leurs processus afin de repositionner le citoyen
au cœur de leurs préoccupations. En Nouvelle- Zélande par exemple, le gouvernement
a utilisé les TI afin de redéfinir la notion même de la relation entre un gouvernement
et un citoyen. Ainsi le gouvernement néo-zélandais stipule que le citoyen doit
avoir le choix dans la façon de faire affaire avec son gouvernement et que le
gouvernement se doit de rendre accessible et de maximiser son offre de service.
Les services en ligne ne sont en fait qu'un des outils à la portée des organisations
publiques pour les aider à faire face aux réalités de la nouvelle économie.
L'étude de projets
de gouvernement électronique antérieurs démontre qu'il existe une forte corrélation
entre le leadership, la volonté politique et l'avancement des projets de « e-gouvernement ».
Les gouvernements doivent opter pour une approche pragmatique mais visionnaire.
Ils doivent de plus reconnaître que la transformation des services gouvernementaux
: (1) transcende l'ensemble des organismes; (2) est tributaire de l'innovation;
(3) demande plus que le simple développement d'applications Web. L'importance
d'avoir une stratégie claire, intégrée, et en lien avec les attentes et les
besoins de citoyens (individus ou corporations) demeure primordiale.
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- Le Canada : un leader et un innovateur en matière de services gouvernementaux
en ligne, site Infomètre, CEFRIO
- eGovernment Leadership-Realizing the Vision report`, Accenture, avril 2002
Pour en savoir
plus: Le CEFRIO entreprend un projet sur les Services
électroniques aux citoyens et aux entreprises. On peut aussi contacter le
directeur de ce projet Marcel Gilbert
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