Bulletin du 25 mai 2001
Bulletin du 18 mai 2001
Bulletin du 11 mai 2001
Bulletin du 4 mai 2001
Bulletin du 25 mai 2001
1. Commerce électronique sécuritaire : un mythe?
2. L'apport humain : l'élément clé d'une véritable stratégie de
gestion de l'information
3. La fin du web est inévitable
4. Communications sans fil et sécurité : deux antonymes
1. COMMERCE ÉLECTRONIQUE SÉCURITAIRE : UN MYTHE? - Cinq ans
après l'avènement du commerce électronique, on pourrait croire
que les problèmes de sécurité sont maintenant derrière nous.
Mais est-ce vraiment le cas? En fait, ce serait plutôt le
contraire, si l'on en croit un article récent de PCWorld.
L'article dresse un portrait plutôt sombre des questions
entourant la sécurité en ligne. En effet, en plus de dénoncer
les sites qui n'affichent pas de garanties de sécurité,
l'auteure nous rappelle que même les plus grandes entreprises de
détail américaines ont subi des assauts contre leurs
infrastructures de commerce en ligne. Elle nous offre en exemple
certains grands noms comme IKEA, Columbia House et Western Union
et en profite pour citer le PDG de IShopSecure qui affirme :
« À peu près tous les détaillants en ligne, des moyens aux plus
gros, ont été affectés par une forme ou une autre de fraude ».
Encore pire, une étude récente de Gartner prévoit, pour les deux
prochaines années, une nouvelle vague de délits informatiques
provenant des pays moins favorisés sur le plan économique. Selon
Gartner, au cours des derniers mois, plusieurs attaques contre
des sites de commerce électronique provenaient de Russie.
Réalité corroborée par le FBI qui ajoute que des numéros de
cartes de crédit volées auraient été vendus à des organisations
criminelles en Europe de l'Est.
L'article souligne aussi la manipulation négligente de
l'information donnée par les clients. Certes, vous avez peut-
être entré votre numéro de carte de crédit sur un site
sécuritaire avec chiffrement à 128 bits. Par contre, comment
cette information est-elle stockée sur le serveur du commerçant?
En fait, habituellement le vol d'un numéro de carte de crédit ne
survient pas au moment de sa transmission, mais plus tard alors
que l'information est mal entreposée chez le cybercommerçant.
L'auteure conclut avec certaines recommandations pour les
acheteurs en ligne : surveillez votre relevé de carte de crédit
attentivement; pour vos achats en ligne, procurez-vous une carte
avec une faible limite de crédit; changez vos mots de passe
fréquemment et évitez les mots usuels; pesez le pour et le
contre avant de permettre à un site de conserver votre numéro de
carte de crédit; évitez les sites qui n'affichent pas une
politique de sécurité et finalement, dans le doute, n'hésitez
pas à vous renseigner auprès de l'administrateur du système pour
clarifier toute ambiguïté en matière de sécurité.
Mais le portrait est-il aussi sombre au Québec? Pas
nécessairement... D'abord, le gouvernement québécois est en voie
de se doter d'outils législatifs visant à instaurer un climat de
confiance en matière de commerce électronique. Des exemples? Les
travaux de l'Office de la protection du consommateur dont nous
avons déjà parlé et le projet de loi concernant le cadre
juridique des technologies de l'information. Et il ne faudrait
pas passer sous silence les initiatives de nos institutions
bancaires qui, fortes de leurs expériences passées en matière de
sécurité transactionnelle - pensons aux guichets automatiques et
au paiement direct -, s'impliquent de plus en plus dans le
commerce électronique.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Consumer Watch : The Myth of Secure E-Shopping (Anne Kandra);
Desjardins : du B2C au B2B2B (Liette D'Amours);
Bulletin SISTech du 2 février 2001;
Bulletin SISTech du 19 janvier 2001;
Le projet de loi concernant le cadre juridique des technologies
de l'information
2. L'APPORT HUMAIN : L'ÉLÉMENT CLÉ D'UNE VÉRITABLE STRATÉGIE DE
GESTION DE L'INFORMATION - On n'a jamais tant parlé
d'information, ou plutôt de technologies de l'information (TI).
La puissance novatrice des technologies et leurs développements
spectaculaires ont en effet occulté une question pourtant
fondamentale : que faire de toutes ces données et surtout,
comment les transformer en savoirs et en connaissances
véritablement utiles pour l'entreprise.
Selon Thomas Davenport, l'auteur de l'article, l'« obsession
technologique » a ainsi distrait les dirigeants qui, trop
occupés à implanter des systèmes de plus en plus performants,
ont négligé de s'interroger sur le fait que cette
« quincaillerie » réponde ou non aux besoins de l'organisation.
Et pourtant, aucun économiste n'a pu jusqu'à présent établir une
corrélation entre des investissements technologiques massifs et
les bénéfices financiers qui en résultent. Et pourtant, des
sondages auprès de gestionnaires indiquent que ceux-ci ont
l'impression que l'information à laquelle ils ont accès
aujourd'hui, une fois ces technologies coûteuses en opération,
n'est pas de qualité supérieure à celle qu'ils recevaient avant
leur implantation.
Au-delà de la gestion de données « insignifiantes » en elles-
mêmes pour l'entreprise, comment donc instaurer un système de
gestion de l'information qui, lui, fera sens? La réponse de
Davenport : en réhabilitant l'intervention humaine qui, en fait,
est l'élément clé de la création d'un bon environnement
informationnel. Il faut tenter de comprendre comment
l'information circule dans l'entreprise, cerner les besoins
informationnels précis de ses différents membres et mettre au
jour ce qui motive ceux-ci à partager, ou au contraire à garder
pour eux, l'information dont ils disposent. Les développements
de la gestion des connaissances (« knowledge management »), dont
Davenport est d'ailleurs l'un des pionniers, s'inscrivent on le
voit de façon directe dans cette lignée.
D'un point de vue plus pratique, l'auteur présente les
composantes qui peuvent intervenir lors de l'élaboration d'un
plan de gestion de l'information :
- L'utilisation d'une « carte informationnelle » (« information
map »), un outil simple et peu coûteux, qui indique aux membres
de l'organisation où trouver chaque type d'information. Si cette
cartographie paraît nécessiter beaucoup de travail, la recherche
d'informations non répertoriées par les employés en exige par
contre encore davantage.
- Le recours aux bibliothécaires dont les compétences en
recherche, analyse et synthèse de l'information et l'expertise
dans la compréhension des besoins informationnels des usagers,
en font des spécialistes tout désignés pour contribuer à un tel
projet.
- L'adoption de la forme journalistique - communiqués clairs et
relativement brefs - ou de la forme narrative - la preuve étant
faite depuis longtemps que les gens aiment bien se faire
raconter des histoires - dans la transmission d'informations
corporatives.
- L'utilisation de l'« ethnographie informationnelle », basée
sur l'observation des membres de l'entreprise, dans le but de
dégager comment, et à quels escients, ils utilisent
l'information.
La technologie peut intervenir, et avec grand succès, dans le
processus de gestion de l'information - et notamment dans sa
transmission et sa conservation - mais elle ne peut cependant
suffire à la tâche. Il en revient toujours à l'humain, et c'est
tout à fait réjouissant, d'avoir le dernier mot.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Thomas Davenport, The National Post, 15 mai 2001,
M2 à 4
3. LA FIN DU WEB EST INÉVITABLE - Les logiciels de navigation
ont permis à des millions de personnes d'accéder à Internet, et
ainsi favoriser une forte croissance de l'utilisation du réseau
des réseaux. Pourtant, une nouvelle étude de la firme américaine
Forrester Research prédit que les jours du Web, tel qu'on le
connaît, sont comptés. D'ailleurs, George F. Colony, président-
directeur général de Forrester, considère que l'actuel Internet
est « stupide, ennuyant et isolé ». Ainsi, la firme annonce une
nouvelle phase d'expansion du réseau qui s'étendra au-delà du
navigateur. La nouvelle génération d'Internet, que Forrester
définit comme étant la « X Internet », comprendra deux vagues
d'innovation, soit le Net exécutable (executable Net) et le Net
étendu (extended Net).
La première étape de la « X Internet », le Net exécutable,
offrira aux internautes de vivre une expérience en ligne
interactive et en temps réel, grâce à un code à usage unique
téléchargé sur un ordinateur personnel ou sur un appareil
mobile. Téléchargés en un court laps de temps, ces programmes
permettront d'élargir l'étendue des services Internet.
La seconde phase de la « X Internet » est le Net étendu.
Forrester prévoit que ce dernier apparaîtra grâce aux appareils
et aux applications Internet qui perçoivent, analysent et
contrôlent le monde réel. Munis de puces et d'un réseau
fédérateur mondial (worldwide Internet backbone), la plupart des
appareils fonctionnant à l'électricité auront une connexion
Internet, que ce soit par un réseau câble ou sans fil.
D'après Carl D. How, directeur de la recherche chez Forrester,
le Net étendu changera le rôle de la technologie dans les
entreprises. Ainsi, la deuxième vague d'innovation d'Internet
fournira de l'information en temps réel sur ce qui se passe au
sein de l'organisation et donnera aux entreprises les
instruments utiles à la gestion des affaires. Par exemple, un
centre de données en Californie pourrait obtenir des données en
temps réel provenant d'un distributeur d'électricité et de ses
clients pour agir à distance afin de réduire la consommation
d'électricité de leur climatiseur, en cas de surcharge du réseau
électrique.
Le Web disparaîtra peut-être... mais Internet renaîtra sous un
jour nouveau, encore plus attirant, plus divertissant et plus
performant...
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Source : Communiqué de presse, Forrester Research, 17 mai 2001
4. COMMUNICATIONS SANS FIL ET SÉCURITÉ : DEUX ANTONYMES - La
sécurité informatique est un sujet préoccupant pour beaucoup de
gens. Que ce soit sur Internet, sur un ordinateur ou sur un
réseau, plusieurs technologies et politiques corporatives
existent afin de protéger la confidentialité de l'information.
Mais voilà que les communications sans fil risquent de
compliquer la situation davantage. Imaginez-vous une information
cruciale d'une entreprise voyageant par la voie des airs où,
quiconque avec des intentions malveillantes, pourrait -
littéralement - la subtiliser au vol...
La problématique est d'autant plus importante puisque selon
certaines prédictions, en 2003, il y aura quelque 400 millions
d'usagers de technologies sans fil. Pour l'instant ni le réseau,
ni les protocoles de communication, ni les appareils sans fil ne
fournissent un niveau de sécurité acceptable pour l'envoi ou la
réception de message. Selon certains experts en sécurité
informatique, il n'y aurait présentement que 5 % des entreprises
qui disposeraient d'un réseau sans fil sécurisé.
D'un point de vue technologique les problèmes de sécurité des
appareils sans fil sont assez complexes à résoudre. Il y a entre
autres le protocole WAP qui cause des problèmes puisque, pendant
une fraction de seconde, lorsqu'un message atteint la passerelle - même s'il était chiffré lors de l'envoi - l'information n'est
soudainement plus protégée et devient vulnérable. Les réseaux et
les protocoles ne sont cependant pas les seuls à blâmer. Les
appareils sans fil connaissent aussi leurs problèmes : leur
capacité de chiffrement de l'information, lorsque présente, est
faible et peut facilement être déjouée. Un autre élément
compliquant la situation est que les solutions existantes,
adéquates pour l'ordinateur et Internet, ne sont pas applicables
à la technologie sans fil.
Il n'y a pas encore lieu de s'inquiéter puisqu'il est encore
rare que des informations hyper-confidentielles soient
divulguées par la voie des airs. Il y a cependant beaucoup de
travail à faire avant que vous puissiez accéder à vos comptes
bancaires par votre téléphone sans fil ou votre Palm.
En terminant, voici quelques suggestions pour les organisations
inquiètes de cette problématique :
1- Traitez votre réseau sans fil comme s'il s'agissait
d'Internet;
2- Protégez vos appareils sans fil (Palm et autres) à l'aide de
logiciel de chiffrement;
3- Assurez-vous que vos employés appliquent les mesures de
sécurité de votre réseau et des appareils sans fil.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Eric W. Pfeiffer, Forbes ASAP, Forbes.com, mai 2001
Bulletin du 18 mai 2001
1. Commerce électronique : prudence avec l'interprétation des
statistiques
2. Le véritable impact d'Internet : la transformation des
organisations
3. La gestion des connaissances : une question de confiance
4. P2P : quand la technologie se fait philantrope!
1. COMMERCE ÉLECTRONIQUE : PRUDENCE AVEC L'INTERPRÉTATION DES
STATISTIQUES - Ça y est, encore des mauvaises nouvelles... Cette
semaine, le Département du commerce américain (DoC) a fait
paraître les résultats des ventes en ligne pour le premier
trimestre de 2001. Quelques jours plus tard, un article paru
chez Reuters annonce l'inévitable : les ventes en ligne sont en
déclin. Le paragraphe d'introduction de l'article va même
jusqu'à suggérer que l'engouement pour le commerce électronique
commence à s'essouffler.
Et les chiffres ne mentent pas : les ventes en ligne ont chuté
dramatiquement de 19,3 % par rapport au quatrième trimestre de
2000. Pour la même période, l'ensemble des ventes au détail - en
ligne ou autres - a seulement chuté de quelque 10 %. Bref, une
autre tuile qui s'abat sur la nouvelle économie.
Mais attention, en poursuivant la lecture de l'article jusqu'au
cinquième paragraphe, on peut y lire : « Malgré le déclin, les
ventes en ligne étaient plus élevées que pendant le premier
trimestre de 2000... ». Un instant. N'est-ce pas plutôt ça, la
vraie nouvelle?
En fait, aux États-Unis, entre le premier trimestre de 2000 et
celui de 2001, les ventes en ligne ont augmenté de 5,24 à 6,99
milliards de dollars, soit une augmentation de 33 %. Pendant la
même période, le total des ventes au détail est passé de 748 à
765 milliards de dollars, pour une augmentation de 23 %. Donc,
au début de 2001 chez nos voisins du Sud, le commerce
électronique a connu une bonne croissance par rapport à la même
période de l'année précédente. On peut même ajouter que malgré
les déboires des point-com, cette croissance est même plus
rapide que celle de l'ensemble du secteur du commerce de détail.
Donc, que conclure du ton de l'article de Reuters : erreur de
bonne foi ou biais journalistique volontaire parce que les
mauvaises nouvelles se « vendent » mieux? Lorsqu'on considère
que l'article de Reuters a été repris presque intégralement par
Internet Report de Yahoo! sous le titre « Online Retail
Purchases Plunge at Start of 2001 », il est tentant de pencher
pour la deuxième hypothèse. Quoiqu'il en soit, cet exemple nous
rappelle que la prudence est de mise lors de la lecture
d'articles qui interprètent des statistiques officielles.
Parfois, ça ne va pas si mal que ça!
Mise à jour : le Jeudi soir, 17 mai, le service de nouvelles en
ligne de Radio-Canada en rajoute avec un article intitulé :
« États-Unis : le commerce en ligne en forte baisse »... Les
mauvaises nouvelles ont la couenne dure.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Retail e-commerce sales in first quarter 2001 were $7.0 billion,
up 33.5 percent from first quarter 2000, census bureau reports ;
Slow start for online sales (Reuters) ;
Online Retail Purchases Plunge at Start of 2001 (Reuters) ;
États-Unis : le commerce en ligne en forte baisse (Radio-Canada)
2. LE VÉRITABLE IMPACT D'INTERNET : LA TRANSFORMATION DES
ORGANISATIONS - À l'instar du génome humain, le génome d'une
entreprise définit la structure d'une organisation, soit, ce
qu'elle fait, avec qui elle interagit et avec quelles
ressources. Au cours des années, la structure des entreprises
s'est transformée en fonction notamment de l'avènement des
technologies et de l'évolution de l'avantage concurrentiel.
À cet égard, la firme américaine A.T. Kearney considère que la
transformation des organisations représente le véritable impact
d'Internet. La tendance émergente en la matière veut que
l'organisation des entreprises s'articule autour des éléments de
la chaîne de valeur plutôt qu'autour de ses différents
départements. Ainsi, la fabrication, l'assemblage et la
distribution, tout comme le développement et la conception,
seront considérés comme des entreprises séparées. Chacune
d'elles sera alors évaluée individuellement, ce qui amènera les
gestionnaires à réfléchir, encore une fois, aux questions
fondamentales liées à la nature réelle de l'entreprise et à la
façon d'aller de l'avant. D'après A.T. Kearney, une société qui
anticipe ce genre de questions pourra ajouter une grande valeur
à son entreprise.
Par ailleurs, la firme note qu'à ce jour, les initiatives
d'affaires électroniques de la plupart des entreprises sont
concentrées sur la réduction du temps et des coûts ainsi que sur
l'impact sur les processus actuels et sur l'offre des produits.
Cependant, l'utilisation d'Internet dans le but de réduire les
coûts entraîne, ultimement, une réduction des coûts à tous les
niveaux, et c'est le consommateur final qui se retrouve le seul
gagnant.
Par contre, de nouvelles opportunités peuvent apparaître si le
réseau Internet est utilisé pour redéfinir les affaires telles
que nous les connaissons. C'est ainsi que l'entreprise intégrée,
généralement un assemblage de départements stratégiques, a fait
son temps. Le moment est donc venu de réécrire le génome de
l'entreprise.
* Pour plus de détails, le sommaire de l'étude : Rebuilding the
corporate genome : new ways to organize your company est
disponible en ligne.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : Latest Thoughts, A.T. Kearney, mai 2001
3. LA GESTION DES CONNAISSANCES : UNE QUESTION DE CONFIANCE -
Dans une économie fondée sur le savoir, la créativité et
l'innovation, la gestion des connaissances est une condition
essentielle pour atteindre efficacité et efficience
organisationnelles. Mais voilà, une entreprise ayant une
atmosphère de « méfiance » échouera sans aucun doute dans son
effort pour capitaliser sur le flux de connaissances.
La confiance dans le processus de la gestion des connaissances
permet à un employé de participer pleinement au succès de
l'organisation, tant en rendant l'employé confiant de proposer
de nouvelles idées et de partager son savoir, qu'en
reconnaissant la contribution de celui-ci.
La problématique majeure dans cette « question de confiance »
est que ni les technologies, ni une mission d'entreprise
(souvent dénuée de sens) aident l'employé à se sentir en
confiance. Cette problématique est d'autant plus complexe que
cette confiance doit se manifester à divers niveaux : envers
l'organisation, ses superviseurs, ses collègues...
Selon William Ives, directeur des pratiques de la gestion des
connaissances chez Accenture, la gestion des connaissances dans
un contexte organisationnel se définit comme un phénomène
survenant lorsque les employés sentent que leurs contributions
sont directement reliées aux succès ou aux échecs de
l'organisation. Selon lui, il est donc essentiel pour toutes
organisations impliquées dans une telle initiative de
reconnaître l'importance de la confiance dans le processus - que
les employés soient dans le même édifice ou répartis à travers
le monde. L'établissement et la consolidation de cette confiance
devraient même formellement être inclus dans la stratégie de
l'organisation.
Mais créer une culture organisationnelle qui a comme fondement
le respect absolu des employés et de leur capital intellectuel
n'est pas une tâche facile. Une organisation ne peut forcer
cette confiance. Elle doit plutôt, sur une base continue,
établir cette confiance à partir d'un esprit d'équipe fort, d'un
sentiment de communauté qui sera supporté par l'ensemble des
règles, des départements et des ressources de l'organisation.
La confiance demeure l'élément intangible le plus difficile à
créer et à évaluer dans une organisation, mais sa valeur demeure
incontestable surtout pour la gestion des connaissances pour
laquelle elle est indispensable.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Phat X. Chiem, destination.com - Knowledge Management, mai 2001
4. P2P : QUAND LA TECHNOLOGIE SE FAIT PHILANTROPE! - Les
technologies de l'information et de la communication, et
particulièrement Internet, font souvent parler d'elles quant à
leur vocation d'outils stratégiques de développement des
organisations. Leur potentiel commercial est mis de l'avant et
elles sont associées aux concepts de rentabilité et de profits.
Mais au-delà de ce rôle très documenté, le Net peut aussi
s'avérer une formidable voie de rassemblement et d'actions
humanitaires.
Si elle servait le piratage dans l'aventure de Napster, la
technologie peer-to-peer (P2P ou poste à poste) redore ainsi son
blason et se donne une mission sociale : la philanthropie P2P.
Grâce à des économiseurs d'écran intelligents qui utilisent les
ressources dormantes des PC oisifs pour créer un
supercalculateur, le concept permet à tous les utilisateurs de
telles machines d'embrasser différentes causes, toutes plus
nobles les unes que les autres.
Lancé au début d'avril par Intel et l'éditeur de logiciels
United Devices au profit du Département de chimie d'Oxford, le
dernier projet en lice¹ a pour objectif de vaincre la leucémie,
à partir du téléchargement sur le Web d'un écran de veille par
le plus grand nombre possible d'internautes. Des millions
d'heures de calcul - et la mobilisation de 6 millions
d'ordinateurs - seront ainsi requises pour passer au crible
l'échantillon des 250 molécules susceptibles de neutraliser
quatre protéines identifiées à la maladie. Si la tendance se
maintient, 309 000 participants ont déjà téléchargé 426 000
économiseurs, le projet devrait être mené à terme d'ici un an.
Bien plus qu'une simple tapisserie d'écran, l'économiseur en
question - baptisé l'Agent UD - véhicule le logiciel THINK qui,
une fois installé, communique avec le serveur pour obtenir un
premier paquet de 100 molécules qu'il étudie ensuite une à une
en relation avec les protéines cibles. D'autres échantillons
sont ensuite successivement pigés sur le serveur et analysés sur
votre ordinateur. Et tout ça à votre insu, sans affecter ni
votre performance, ni celle de votre machine. L'Agent UD
fonctionne en tâche de fond, à basse priorité et cède sa place
de façon automatique aux applications plus lourdes. Les
participants obtiennent de légères récompenses - argent, billets
de sports, etc. -, mais la meilleure compensation demeure bien
sûr la satisfaction d'avoir contribué à une recherche qui, en
bout de ligne, pourra sauver des vies.
Les développements technologiques permettent aux internautes,
qui font souvent partie des privilégiés de ce monde, de
communiquer et de transiger sur le NET, mais aussi on le voit,
de faire de cette richesse dont ils disposent, un outil de
partage et d'implication sociale.
Caractéristiques techniques :
-L'Agent UD ne fonctionne que sur Windows 95 ou ses versions
ultérieures;
-Au minimum, il faut : 48 MB de RAM, un disque dur de 500 MB, un
écran 800X600 à affichage graphique 8 bits ainsi qu'un
processeur Pentium ou l'équivalent.
¹L'idée n'est en effet pas nouvelle, le projet SETI ayant par
exemple mobilisé 2,98 millions de volontaires à la recherche
d'extraterrestres depuis 1999.
Adresses :
United Devices ;
Intel Philantropic Peer-to-Peer Program
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Patricia Bergeron, Six millions d'économiseurs d'écran
contre la leucémie, Le Devoir, 14 mai 2001, B-3
Bulletin du 11 mai 2001
1. Approvisionnement électronique : pas encore la ruée, mais
croissance attendue
2. La carte à puce : un défi exigeant
3. Commerce électronique : quand les mères s'en mêlent!
4. Les compétences informatiques des responsables des TI ne
suffisent plus
1. APPROVISIONNEMENT ÉLECTRONIQUE : PAS ENCORE LA RUÉE, MAIS
CROISSANCE ATTENDUE - On entend beaucoup parler du rôle
important que joue Internet dans la fonction ventes/marketing
d'une entreprise. Les sites Web, vitrines ou transactionnels, la
participation à des places de marchés électroniques et les
encans électroniques en sont autant d'exemples. Par contre, on
en parle un peu moins, mais Internet peut aussi intervenir à
profit pour soutenir d'autres fonctions des entreprises. Par
exemple, s'approvisionner sur Internet peut engendrer des
économies d'échelle importantes.
Or, selon un article récent du Globe and Mail, les entreprises
canadiennes seraient lentes à prendre le virage du « e-buying »
ou de l'approvisionnement électronique. En fait, d'ici 2005, ce
serait seulement 18 % (par rapport à 8 % aujourd'hui) de ces
transactions qui s'effectueraient en ligne. En fait, l'enquête
révèle que le papier demeure le maître au royaume des bons de
commande et des factures. Et ce, malgré les diminutions de coûts
et la plus grande efficacité promises par les tenants de
l'approvisionnement en ligne.
Quant à la façon d'acheter, le téléphone (95 %), le télécopieur
(88 %) et l'achat en personne (80 %) demeurent les modes les
plus répandus. Par contre, les entreprises interrogées
s'attendent à faire de plus en plus d'achats sur Internet. Par
exemple, l'étude prévoit que 60 % des entreprises vont
s'approvisionner par courriel d'ici 2005, par rapport à 39 %
aujourd'hui. Au cours de la même période, la proportion qui
commande directement sur le site Web des fournisseurs devrait
passer de 22 % à 38 %.
Et aujourd'hui, que commandent les entreprises qui
s'approvisionnent en ligne? En fait, l'enquête révèle que des
items généraux comme le matériel informatique et l'équipement de
bureau sont les plus populaires alors que l'achat de produits ou
services plus spécialisés serait moins répandu. Question de
relation de confiance entre partenaires ou fournisseurs de
longue date, semble-t-il.
Bref, avant que l'achat en ligne ne devienne très répandu, les
entreprises sont appelées à se transformer. Et première étape,
plusieurs d'entre elles devront apprendre à mesurer les coûts
reliés à leurs activités d'acquisition avant de pouvoir évaluer
précisément le retour sur investissement d'une stratégie
d'approvisionnement électronique.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : E-buying yet to catch fire, Globe and Mail, 7 mai 2001
2. LA CARTE À PUCE : UN DÉFI EXIGEANT - L'usage d'une carte à
puce pour conserver l'information médicale pose encore beaucoup
de questions. Rien n'est encore moins sûr aujourd'hui que le
rôle que devrait jouer l'informatique dans notre système de
santé. La solution qui pourrait coûter des centaines de millions
de dollars laisse peu de place à l'erreur et doit
inéluctablement servir l'intérêt public tout en présentant un
minimum « d'effets pervers ». Les enjeux sont de taille!
D'ailleurs, la question doit non seulement être étudiée d'un
point de vue technique mais surtout d'un point de vue social, en
tenant compte des interrelations entre acteurs et utilisateurs
du système de santé.
Une des problématiques majeures englobe toute la question de la
démocratie, l'élaboration des droits et des obligations auxquels
les technologies de l'information doivent répondre. Par exemple,
dans quelles circonstances un usager pourrait-il limiter l'accès
aux informations contenues par sa carte à puce à un médecin? Par
crainte de discrimination? Pour garder le contrôle de sa vie?
Par conviction religieuse? Pour une simple question de principe?
Une chose semble cependant certaine. L'établissement de normes
ne doit absolument pas être laissé dans les mains des
technologues et encore moins dans celles de la technologie
elle-même qui ne fait qu'exécuter « bêtement » un programme.
Il semble également évident qu'il sera impossible de définir ces
éléments de droits et d'obligations dans l'abstrait. Le
gouvernement devra donc sûrement consulter usagers et
professionnels de la santé tout en tenant compte des conclusions
des premières expériences de Rimouski et de Laval avant de
présenter une solution de départ. Celle-ci devra comporter des
éléments touchant la justification des moyens, l'architecture,
les normes sociales ainsi que les démarches de développement et
d'évaluation publique. C'est à la suite de cette proposition de
départ que devrait commencer le véritable processus de
consultation publique qui, espérons-le, saura apporter des
réponses aux nombreuses questions en suspens.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources : Carte santé à microprocesseur : l'incontournable débat
public, Le Devoir, 2 mai 2001 ; La difficile union de la
démocratie et de l'informatique, Le Devoir, 3 mai 2001
3. COMMERCE ÉLECTRONIQUE : QUAND LES MÈRES S'EN MÊLENT! - Bien
au-delà d'avoir une bonne pensée pour elles dimanche prochain,
les spécialistes du marketing sur le Net devraient cibler les
mères internautes dans le développement de leurs stratégies
commerciales.
Les « mères surfantes » (« surfing moms ») sont en effet
aujourd'hui l'une des audiences clés du Web et représentent
ainsi une clientèle potentielle de choix pour le commerce
électronique. Une récente étude conduite aux États-Unis l'a
démontré : les femmes passent plus de temps sur Internet que les
hommes, complètent plus de transactions en ligne qu'eux et sont
aussi plus enclines à cliquer sur les bandeaux publicitaires
rencontrés. Plus de la moitié des femmes branchées aux États-
Unis et plus de 60 % d'entre elles en Angleterre ayant des
enfants, le pouvoir des mères dans l'univers virtuel est donc
bien réel.
Selon une enquête menée par CyberAtlas et Disney, les mères en
ligne croient qu'Internet contribue à resserrer les liens
familiaux, le courriel permettant aux différents membres d'une
famille de communiquer entre eux rapidement et à peu de frais.
Outil de communication donc, mais aussi d'éducation pour les
enfants, le Net a en outre permis à la presque totalité des
mamans sondées de sauver du temps (90 %) et de leur simplifier
la vie (85 %)... ce qui n'est pas rien, particulièrement quand
on doit concilier travail et vie familiale, ou composer avec
plusieurs rejetons. De plus, et c'est encore plus intéressant
pour les entreprises qui commercialisent des produits et
services destinés au marché familial, la moitié des mères sont
influencées par leurs enfants dans leurs achats sur Internet.
Les experts en marketing électronique, on le voit, auraient
grand avantage à déplacer leur point de mire des enfants,
plusieurs campagnes publicitaires les ayant ciblés jusqu'à
présent, vers leur mère qui, dans les faits, sont de grandes
consommatrices en ligne. Mais comment viser juste et atteindre,
sinon le cœur, du moins le portefeuille d'une maman? Il suffit
de faire vibrer sa fibre maternelle. Les mères branchées
préfèrent en effet conclure des affaires avec des entreprises
« pro-enfants » (« baby-friendly ») qui ont instauré des
pratiques montrant une ouverture aux tout-petits. Par exemple,
lors de l'achat de billets d'avion, les mères américaines optent
pour Amerian Airlines et Delta, les deux compagnies offrant des
rabais aux enfants et des sièges de sécurité leur étant
appropriés. Du côté des hôtels, elles apprécient
particulièrement Holiday Inn, les différents établissements de
la chaîne ayant installé divers dispositifs assurant la sécurité
des bambins.
Qu'elle soit branchée ou non, et pour le meilleur comme pour le
pire, une mère demeure donc une mère. La meilleure façon de
l'atteindre demeure de lui démontrer que ses enfants sont
importants et que, comme elle le fait déjà elle-même de façon
quotidienne, notre entreprise est prête à se mettre en quatre
pour eux.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
stratégique
Source : Kathy Foley, Every day is Mother's Day, 30 avril 2001
4. LES COMPÉTENCES INFORMATIQUES DES RESPONSABLES DES TI NE
SUFFISENT PLUS - Le rôle du responsable des technologies de
l'information (TI) (Chief Information Officer, CIO) au sein
d'une organisation est en constante évolution. De directeur
majoritairement centré sur la gestion du système informatique,
il est de plus en plus sollicité comme conseiller en matière de
stratégie de l'entreprise.
Ainsi, les exigences du poste de directeur informatique ne se
limitent plus aux seules compétences informatiques. Des
habiletés de communication et des connaissances du domaine des
affaires font dorénavant partie du profil de ce spécialiste. À
cet égard, les entreprises assignent à leur spécialiste des TI
des tâches diversifiées qui interpellent des compétences
différentes. Par exemple, on leur demande d'assurer la sécurité
du réseau, d'expliquer aux usagers pourquoi et comment ils
doivent procéder d'une telle manière et quels en seront les
bénéfices.
Également, les habiletés de communication des spécialistes des
TI peuvent être mises à profit lors de périodes économiques
difficiles. En effet, ces moments leurs fournissent l'occasion
de suggérer l'utilisation de certaines technologies qui
permettent de réduire les coûts et d'augmenter le retour sur
investissement. Ceux qui se démarquent par leur facilité à
communiquer profiteront davantage de la reprise économique qui
s'en suivra car leur image de leader sera établie au sein de
l'entreprise.
Par ailleurs, 1 400 responsables des TI interrogés par la firme
américaine RHI Consulting ont identifié « la transmission
d'information à caractère technique à du personnel qui ne
possède pas de telles connaissances » comme principal défi
rencontré dans leur travail. Les autres défis mentionnés sont,
par ordre de priorité, le classement des échéances de
l'entreprise par ordre de priorité, l'interaction avec
différents types de personnalité et la gestion du stress en
situation de crise. Ces résultats illustrent bien l'importance
de la communication et des relations interpersonnelles dans le
travail quotidien du directeur des TI.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : Daily ITwire, ITworldcanada.com, 1er mai 2001 ; Communiqué de
presse, RHI Consulting, 30 avril 2001
Bulletin du 4 mai 2001
1. Le leadership entrepreneurial essentiel à la réussite des
organisations
2. Les firmes de télécommunications sans fil lorgnent de près le
marché des PME
3. La guerre virtuelle : de la fiction à la réalité
4. Une agence fédérale américaine encourage les entreprises à
implanter un programme de télétravail
1. LE LEADERSHIP ENTREPRENEURIAL ESSENTIEL À LA RÉUSSITE DES
ORGANISATIONS - Selon un récent article dans le Industry
Standard, l'entrepreneur John Peters, président directeur
général de Sigma Networks, qui a passé en moyenne quatre ans
dans les entreprises qu'il a fondées, se qualifie
« d'entrepreneur en série ». Son goût du risque, son attirance
pour les défis, ainsi que sa faiblesse pour le changement et
pour la créativité constituent en fait les caractéristiques
intrinsèques des entrepreneurs.
Le professeur en management à Fordham, Vipin Gupta, ainsi que le
directeur du Centre entrepreneurial Sol C. Snider de Wharton,
Ian C. MacMillan, ont d'ailleurs réalisé une étude intitulée :
« Entrepreneurial Leadership : Developing a Cross-Cultural
Construct » traitant de l'importance de l'attitude
entrepreneuriale dans les organisations. Ils utilisent
d'ailleurs le terme « leader entrepreneurial » pour refléter le
style de leadership que les cadres d'aujourd'hui devraient
cultiver. Messieurs Gupta et MacMillan basent, entre autres,
leurs analyses sur un sondage qu'ils ont réalisé auprès de
13 000 cadres intermédiaires dans plus de 60 sociétés.
Selon eux, l'esprit entrepreneurial n'est pas seulement
bénéfique lors de percées technologiques ou pour le
développement de nouvelles industries. Même les entreprises
matures ayant des tendances plutôt conservatrices ont besoin de
leaders entrepreneuriaux pour survivre. Une compagnie ayant un
esprit entrepreneurial est en mesure de gagner de nouveaux
avantages concurrentiels, d'adapter ses ressources afin de mieux
répondre aux menaces de ses concurrents et de transformer sa
vision afin d'augmenter la valeur de l'entreprise.
Selon les auteurs, les leaders entrepreneuriaux ont deux grands
champs de responsabilités :
1) Gérer les impacts transformationnels
2) Gérer les impacts organisationnels
Ces responsabilités se divisent en cinq rôles : absorber
l'incertitude, encadrer les défis, montrer la voie, développer
le sentiment d'appartenance et faire tomber les barrières. En
fait, les cadres « nouvelle vague » doivent créer un
environnement propice pour que l'entreprise et les employés
prospèrent.
À la vitesse à laquelle les technologies se développent et que
la compétition s'intensifie, les approches traditionnelles de
gestion ne sont tout simplement plus adéquates. Les cadres
doivent être en mesure d'opérer dans un environnement hautement
instable et dans lequel un avantage concurrentiel peut se créer
ou se perdre en tout temps. Mieux vos donc adopter une attitude
proactive et un style de leadership entrepreneurial...
Rédacteur, François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources : What Makes a Good Entrepreneurial Leader? Ask Middle
Managers
2. LES FIRMES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS SANS FIL LORGNENT DE PRÈS LE
MARCHÉ DES PME - L'industrie des appareils de communication sans
fil est en plein essor. Selon les prévisions de Cahners In-Stat
Group (Scottsdale, Arizona), ces nouveaux outils - incluant les
ordinateurs de poche, modems radios, téléphones cellulaires et
téléavertisseurs bidirectionnels - devraient éventuellement
succéder à l'ordinateur conventionnel de bureau pour devenir les
dispositifs d'accès à Internet préférés des usagers. Si l'on en
croit In-Stat, la majorité des internautes sont donc appelés à
devenir sous peu mobinautes!
Au Canada, le marché des technologies sans fil atteint déjà
5 milliards $. Pour Peter Barnes, président et chef de la
direction de la Canadian Wireless Communications Association
(Ottawa), c'est l'augmentation de la vitesse de transmission des
messages par les différents dispositifs qui a donné le plus
grand coup d'envoi à l'essor de l'industrie. Attendus sur le
marché au cours des deux prochaines années, les appareils de
troisième génération (3G), permettront d'ailleurs la
transmission de données à un débit pouvant théoriquement
atteindre 2 mégabits par seconde (Mbit/s). Une telle vitesse
assurera une communication pratiquement instantanée des images,
sons et vidéo.
Pour la clientèle d'affaires, le plus grand avantage des
communications sans fil est sans contredit la possibilité de
travailler à partir de quelque endroit que ce soit. Les
résultats d'une étude menée auprès de 500 petites entreprises du
pays par IDC Canada révèlent en outre que 70 % d'entre elles
utilisent une forme de technologie sans fil, tandis que le taux
global de pénétration de ces nouvelles voies de transmission
n'est que de 28 %. Quand on sait par ailleurs que les petites
organisations (99 employés et moins) représentent 98,2 % de
l'ensemble des entreprises du Canada, on comprend aisément
qu'elles soient plus que jamais dans la mire des firmes offrant
des produits et services sans fil. Les Rogers AT&T Wireless,
Bell Mobilité et Microcell Connexions inc. s'affairent donc à
développer des solutions d'affaires adaptées à leurs besoins et
à ceux de leurs clients.
Selon Peter Barnes, les multiples possibilités du sans fil sont
particulièrement attrayantes pour les petites entreprises :
« Nous voyons des firmes travailler en partenariat avec des
petites organisations pour le contrôle des inventaires, la
commande de pièces, le système de paiement, etc. grâce à des
applications sans fil développées sur mesure pour s'ajuster aux
processus de l'entreprise cliente. » Des vendeurs et techniciens
travaillant sur la route peuvent communiquer et transmettre
rapidement des données et ainsi conclure une transaction, sans
que le contact avec le client n'ait été interrompu ou que celui-
ci n'ait été placé en attente de réponse.
Sans oublier bien sûr que les technologies mobiles ont le grand
avantage d'assurer aux patrons un contact constant avec leur
entreprise et ce, même sur un terrain de golf par un bel après-
midi de mai!
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste Conseil en veille
stratégique
Source :
Suzanne Wintrob, Wireless Firms Eye Growing Small-Business
Market, The Globe and Mail, 27 avril 2001, W4
3. LA GUERRE VIRTUELLE : DE LA FICTION À LA RÉALITÉ - On en a
parlé pendant le conflit au Kosovo, plus récemment lors de
l'escalade de la violence entre Palestiniens et Juifs entourant
les territoires occupés par l'État hébreu. Les possibilités de
guerre virtuelle ou de « cyberwar » sont bien réelles et cette
semaine, un nouvel épisode oppose maintenant la Chine aux États-
Unis.
En effet, Wired, dans son édition en ligne du 30 avril révèle
que la (cyber) guerre est ouvertement déclarée entre la Chine et
les États-Unis, résultat direct de l'incident de l'avion espion
américain dont la presse a abondamment parlé. Les premières
hostilités de cette guerre virtuelle ont fait quelques victimes
parmi les sites web américains. En tout une douzaine de sites
de la USAF, des départements de l'Énergie, du Travail et de la
Santé et Services sociaux ont été défigurés. Réplique immédiate
de hackers américains, une quinzaine de sites chinois ornés de
blagues racistes accompagnées d'appels au ralliement. L'appel au
ralliement des hackers américains survient en réaction, non
seulement aux attaques contre les sites américains, mais aussi à
la mise sur pied d'une coalition de hackers chinois. Ceux-ci,
menés par deux groupes organisés, auraient tenu une réunion
virtuelle pour planifier une semaine d'attaque contre des sites
américains. Consensus : conserver une certaine retenue contre
les sites commerciaux, mais attaquer sans merci les sites
gouvernementaux.
Le gouvernement et la Défense américaine ont déclaré avoir
augmenté la sécurité suite à un avertissement lancé par le
National Infrastructure Protection Center (NIPC). En plus de les
prévenir contre les défigurations de sites web, le NIPC avertit
les responsables de se tenir prêts pour faire face à
d'éventuelles attaques de déni de service, semblables aux
actions du fameux MafiaBoy contre des sites comme Yahoo! ou
eBay.
On peut se demander jusqu'où ira l'escalade, non seulement dans
le conflit actuel, mais dans les prochains. Certes on peut
croire que les sites militaires, qu'ils soient canadiens ou
américains, feront en sorte de protéger leur information
stratégique - car il y a toute une marge entre défigurer une
page Web et obtenir des informations secrètes. Par contre, que
se passera-t-il si des hackers à la solde d'états hostiles
attaquent l'infrastructure commerciale américaine basée sur
Internet? Certains vous diront que la menace est réelle et que
les conséquences économiques pourraient être catastrophiques.
Par contre, d'autres prétendent que notre « cyberdépendance
économique » est actuellement trop faible pour que de telles
attaques aient un impact autre que superficiel. Qui a raison?
Mise à jour : ce matin, 4 mai, Wired rapporte que la guerre
virtuelle entre la Chine et les États-Unis prend davantage
l'allure d'un concours de graffitis...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
It's (Cyber) War: China vs. U.S. ;
Cyberwar? More Like Hot Air
4. UNE AGENCE FÉDÉRALE AMÉRICAINE ENCOURAGE LES ENTREPRISES À
IMPLANTER UN PROGRAMME DE TÉLÉTRAVAIL - L'agence fédérale
américaine Environmental Protection Agency (EPA) a récemment
lancé un programme visant à favoriser l'accroissement du nombre
de personnes qui utilisent les nouvelles technologies pour
travailler à partir de la maison - ce qu'on appelle le
télétravail. C'est dans l'ultime but de protéger et d'améliorer
l'environnement que l'EPA a mis sur pied le projet pilote
National Telework and Air Quality Project, étant donné que le
télétravail permet notamment de réduire le nombre de
travailleurs sur les routes et ainsi, le volume de gaz
carbonique émis par les véhicules.
Si l'EPA s'occupe de la gestion du projet surnommé ecommute
program, c'est l'organisation sans but lucratif National
Environment Policy Institute (NEPI) qui est chargée de son
fonctionnement. À cet égard, le projet pilote qui a pour devise
« Don't Pollute, E-Commute », incite réellement les entreprises
à implanter un programme de télétravail car il leur permet de
gagner des crédits pour toute réduction d'émissions de gaz
carbonique obtenue par leurs employés télétravailleurs. Par la
suite, les entreprises ont la possibilité de vendre les crédits
accumulés aux manufacturiers ou aux services publics désirant se
soumettre aux normes environnementales de l'EPA. Notons que le
NEPI prévoit publiciser ce programme par le biais du nouveau
site Web.
Par ailleurs, il est intéressant d'ajouter que les résultats de
l'enquête annuelle « Benefits Survey » de la Society for Human
Resource Management témoignent des besoins changeant des
travailleurs et de l'adaptation des employeurs depuis 1997. En
matière de télétravail par exemple, le nombre d'organisations
américaines offrant à ses employés la possibilité de
télétravailler est passé de 20 % à 37 % au cours des cinq
dernières années.
Enfin, un document publié récemment par le U.S. Department of
Labor démontre que les employeurs ont tout avantage à proposer à
leurs employés de travailler à la maison. Il semble en effet
qu'en plus de favoriser une augmentation de la productivité, le
télétravail représente dorénavant un moyen d'attirer et de
conserver son personnel.
* Pour plus d'information, consultez le rapport Telework : the
New Workplace of the 21st Century qui regroupe une douzaine
d'études présentées lors d'un symposium national qui s'est
déroulé au Xavier University, Nouvelle-Orléans en octobre 2000.
(source no 3)
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : 1- Whitman, Lawmakers Kick Off Nat'l 'E-
Commute' Program, Newsbytes, 24 avril 2001 ;
2- Communiqué de presse, Society for Human Resource Management,
18 avril 2001 ;
3- Telework: The New Workplace of the 21st Century, U.S.
Department of Labor, 2001,