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Archives du bulletin SISTech: mai 2001
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Bulletin du 25 mai 2001
Bulletin du 18 mai 2001
Bulletin du 11 mai 2001
Bulletin du 4 mai 2001

Bulletin du 25 mai 2001

1. Commerce électronique sécuritaire : un mythe?
2. L'apport humain : l'élément clé d'une véritable stratégie de gestion de l'information
3. La fin du web est inévitable
4. Communications sans fil et sécurité : deux antonymes

1. COMMERCE ÉLECTRONIQUE SÉCURITAIRE : UN MYTHE? - Cinq ans après l'avènement du commerce électronique, on pourrait croire que les problèmes de sécurité sont maintenant derrière nous. Mais est-ce vraiment le cas? En fait, ce serait plutôt le contraire, si l'on en croit un article récent de PCWorld.

L'article dresse un portrait plutôt sombre des questions entourant la sécurité en ligne. En effet, en plus de dénoncer les sites qui n'affichent pas de garanties de sécurité, l'auteure nous rappelle que même les plus grandes entreprises de détail américaines ont subi des assauts contre leurs infrastructures de commerce en ligne. Elle nous offre en exemple certains grands noms comme IKEA, Columbia House et Western Union et en profite pour citer le PDG de IShopSecure qui affirme : « À peu près tous les détaillants en ligne, des moyens aux plus gros, ont été affectés par une forme ou une autre de fraude ».

Encore pire, une étude récente de Gartner prévoit, pour les deux prochaines années, une nouvelle vague de délits informatiques provenant des pays moins favorisés sur le plan économique. Selon Gartner, au cours des derniers mois, plusieurs attaques contre des sites de commerce électronique provenaient de Russie. Réalité corroborée par le FBI qui ajoute que des numéros de cartes de crédit volées auraient été vendus à des organisations criminelles en Europe de l'Est.

L'article souligne aussi la manipulation négligente de l'information donnée par les clients. Certes, vous avez peut- être entré votre numéro de carte de crédit sur un site sécuritaire avec chiffrement à 128 bits. Par contre, comment cette information est-elle stockée sur le serveur du commerçant? En fait, habituellement le vol d'un numéro de carte de crédit ne survient pas au moment de sa transmission, mais plus tard alors que l'information est mal entreposée chez le cybercommerçant.

L'auteure conclut avec certaines recommandations pour les acheteurs en ligne : surveillez votre relevé de carte de crédit attentivement; pour vos achats en ligne, procurez-vous une carte avec une faible limite de crédit; changez vos mots de passe fréquemment et évitez les mots usuels; pesez le pour et le contre avant de permettre à un site de conserver votre numéro de carte de crédit; évitez les sites qui n'affichent pas une politique de sécurité et finalement, dans le doute, n'hésitez pas à vous renseigner auprès de l'administrateur du système pour clarifier toute ambiguïté en matière de sécurité.

Mais le portrait est-il aussi sombre au Québec? Pas nécessairement... D'abord, le gouvernement québécois est en voie de se doter d'outils législatifs visant à instaurer un climat de confiance en matière de commerce électronique. Des exemples? Les travaux de l'Office de la protection du consommateur dont nous avons déjà parlé et le projet de loi concernant le cadre juridique des technologies de l'information. Et il ne faudrait pas passer sous silence les initiatives de nos institutions bancaires qui, fortes de leurs expériences passées en matière de sécurité transactionnelle - pensons aux guichets automatiques et au paiement direct -, s'impliquent de plus en plus dans le commerce électronique.

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Consumer Watch : The Myth of Secure E-Shopping (Anne Kandra);
Desjardins : du B2C au B2B2B (Liette D'Amours);
Bulletin SISTech du 2 février 2001;
Bulletin SISTech du 19 janvier 2001;
Le projet de loi concernant le cadre juridique des technologies de l'information

2. L'APPORT HUMAIN : L'ÉLÉMENT CLÉ D'UNE VÉRITABLE STRATÉGIE DE GESTION DE L'INFORMATION - On n'a jamais tant parlé d'information, ou plutôt de technologies de l'information (TI). La puissance novatrice des technologies et leurs développements spectaculaires ont en effet occulté une question pourtant fondamentale : que faire de toutes ces données et surtout, comment les transformer en savoirs et en connaissances véritablement utiles pour l'entreprise.

Selon Thomas Davenport, l'auteur de l'article, l'« obsession technologique » a ainsi distrait les dirigeants qui, trop occupés à implanter des systèmes de plus en plus performants, ont négligé de s'interroger sur le fait que cette « quincaillerie » réponde ou non aux besoins de l'organisation. Et pourtant, aucun économiste n'a pu jusqu'à présent établir une corrélation entre des investissements technologiques massifs et les bénéfices financiers qui en résultent. Et pourtant, des sondages auprès de gestionnaires indiquent que ceux-ci ont l'impression que l'information à laquelle ils ont accès aujourd'hui, une fois ces technologies coûteuses en opération, n'est pas de qualité supérieure à celle qu'ils recevaient avant leur implantation.

Au-delà de la gestion de données « insignifiantes » en elles- mêmes pour l'entreprise, comment donc instaurer un système de gestion de l'information qui, lui, fera sens? La réponse de Davenport : en réhabilitant l'intervention humaine qui, en fait, est l'élément clé de la création d'un bon environnement informationnel. Il faut tenter de comprendre comment l'information circule dans l'entreprise, cerner les besoins informationnels précis de ses différents membres et mettre au jour ce qui motive ceux-ci à partager, ou au contraire à garder pour eux, l'information dont ils disposent. Les développements de la gestion des connaissances (« knowledge management »), dont Davenport est d'ailleurs l'un des pionniers, s'inscrivent on le voit de façon directe dans cette lignée.

D'un point de vue plus pratique, l'auteur présente les composantes qui peuvent intervenir lors de l'élaboration d'un plan de gestion de l'information :

  • L'utilisation d'une « carte informationnelle » (« information map »), un outil simple et peu coûteux, qui indique aux membres de l'organisation où trouver chaque type d'information. Si cette cartographie paraît nécessiter beaucoup de travail, la recherche d'informations non répertoriées par les employés en exige par contre encore davantage.
  • Le recours aux bibliothécaires dont les compétences en recherche, analyse et synthèse de l'information et l'expertise dans la compréhension des besoins informationnels des usagers, en font des spécialistes tout désignés pour contribuer à un tel projet.
  • L'adoption de la forme journalistique - communiqués clairs et relativement brefs - ou de la forme narrative - la preuve étant faite depuis longtemps que les gens aiment bien se faire raconter des histoires - dans la transmission d'informations corporatives.
  • L'utilisation de l'« ethnographie informationnelle », basée sur l'observation des membres de l'entreprise, dans le but de dégager comment, et à quels escients, ils utilisent l'information.
La technologie peut intervenir, et avec grand succès, dans le processus de gestion de l'information - et notamment dans sa transmission et sa conservation - mais elle ne peut cependant suffire à la tâche. Il en revient toujours à l'humain, et c'est tout à fait réjouissant, d'avoir le dernier mot.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille Stratégique
Source : Thomas Davenport, The National Post, 15 mai 2001, M2 à 4

3. LA FIN DU WEB EST INÉVITABLE - Les logiciels de navigation ont permis à des millions de personnes d'accéder à Internet, et ainsi favoriser une forte croissance de l'utilisation du réseau des réseaux. Pourtant, une nouvelle étude de la firme américaine Forrester Research prédit que les jours du Web, tel qu'on le connaît, sont comptés. D'ailleurs, George F. Colony, président- directeur général de Forrester, considère que l'actuel Internet est « stupide, ennuyant et isolé ». Ainsi, la firme annonce une nouvelle phase d'expansion du réseau qui s'étendra au-delà du navigateur. La nouvelle génération d'Internet, que Forrester définit comme étant la « X Internet », comprendra deux vagues d'innovation, soit le Net exécutable (executable Net) et le Net étendu (extended Net).

La première étape de la « X Internet », le Net exécutable, offrira aux internautes de vivre une expérience en ligne interactive et en temps réel, grâce à un code à usage unique téléchargé sur un ordinateur personnel ou sur un appareil mobile. Téléchargés en un court laps de temps, ces programmes permettront d'élargir l'étendue des services Internet.

La seconde phase de la « X Internet » est le Net étendu. Forrester prévoit que ce dernier apparaîtra grâce aux appareils et aux applications Internet qui perçoivent, analysent et contrôlent le monde réel. Munis de puces et d'un réseau fédérateur mondial (worldwide Internet backbone), la plupart des appareils fonctionnant à l'électricité auront une connexion Internet, que ce soit par un réseau câble ou sans fil.

D'après Carl D. How, directeur de la recherche chez Forrester, le Net étendu changera le rôle de la technologie dans les entreprises. Ainsi, la deuxième vague d'innovation d'Internet fournira de l'information en temps réel sur ce qui se passe au sein de l'organisation et donnera aux entreprises les instruments utiles à la gestion des affaires. Par exemple, un centre de données en Californie pourrait obtenir des données en temps réel provenant d'un distributeur d'électricité et de ses clients pour agir à distance afin de réduire la consommation d'électricité de leur climatiseur, en cas de surcharge du réseau électrique.

Le Web disparaîtra peut-être... mais Internet renaîtra sous un jour nouveau, encore plus attirant, plus divertissant et plus performant...

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Source : Communiqué de presse, Forrester Research, 17 mai 2001

4. COMMUNICATIONS SANS FIL ET SÉCURITÉ : DEUX ANTONYMES - La sécurité informatique est un sujet préoccupant pour beaucoup de gens. Que ce soit sur Internet, sur un ordinateur ou sur un réseau, plusieurs technologies et politiques corporatives existent afin de protéger la confidentialité de l'information. Mais voilà que les communications sans fil risquent de compliquer la situation davantage. Imaginez-vous une information cruciale d'une entreprise voyageant par la voie des airs où, quiconque avec des intentions malveillantes, pourrait - littéralement - la subtiliser au vol...

La problématique est d'autant plus importante puisque selon certaines prédictions, en 2003, il y aura quelque 400 millions d'usagers de technologies sans fil. Pour l'instant ni le réseau, ni les protocoles de communication, ni les appareils sans fil ne fournissent un niveau de sécurité acceptable pour l'envoi ou la réception de message. Selon certains experts en sécurité informatique, il n'y aurait présentement que 5 % des entreprises qui disposeraient d'un réseau sans fil sécurisé.

D'un point de vue technologique les problèmes de sécurité des appareils sans fil sont assez complexes à résoudre. Il y a entre autres le protocole WAP qui cause des problèmes puisque, pendant une fraction de seconde, lorsqu'un message atteint la passerelle - même s'il était chiffré lors de l'envoi - l'information n'est soudainement plus protégée et devient vulnérable. Les réseaux et les protocoles ne sont cependant pas les seuls à blâmer. Les appareils sans fil connaissent aussi leurs problèmes : leur capacité de chiffrement de l'information, lorsque présente, est faible et peut facilement être déjouée. Un autre élément compliquant la situation est que les solutions existantes, adéquates pour l'ordinateur et Internet, ne sont pas applicables à la technologie sans fil.

Il n'y a pas encore lieu de s'inquiéter puisqu'il est encore rare que des informations hyper-confidentielles soient divulguées par la voie des airs. Il y a cependant beaucoup de travail à faire avant que vous puissiez accéder à vos comptes bancaires par votre téléphone sans fil ou votre Palm.

En terminant, voici quelques suggestions pour les organisations inquiètes de cette problématique :
1- Traitez votre réseau sans fil comme s'il s'agissait d'Internet;
2- Protégez vos appareils sans fil (Palm et autres) à l'aide de logiciel de chiffrement;
3- Assurez-vous que vos employés appliquent les mesures de sécurité de votre réseau et des appareils sans fil.

Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille Stratégique
Source : Eric W. Pfeiffer, Forbes ASAP, Forbes.com, mai 2001


Bulletin du 18 mai 2001

1. Commerce électronique : prudence avec l'interprétation des statistiques
2. Le véritable impact d'Internet : la transformation des organisations
3. La gestion des connaissances : une question de confiance
4. P2P : quand la technologie se fait philantrope!

1. COMMERCE ÉLECTRONIQUE : PRUDENCE AVEC L'INTERPRÉTATION DES STATISTIQUES - Ça y est, encore des mauvaises nouvelles... Cette semaine, le Département du commerce américain (DoC) a fait paraître les résultats des ventes en ligne pour le premier trimestre de 2001. Quelques jours plus tard, un article paru chez Reuters annonce l'inévitable : les ventes en ligne sont en déclin. Le paragraphe d'introduction de l'article va même jusqu'à suggérer que l'engouement pour le commerce électronique commence à s'essouffler.

Et les chiffres ne mentent pas : les ventes en ligne ont chuté dramatiquement de 19,3 % par rapport au quatrième trimestre de 2000. Pour la même période, l'ensemble des ventes au détail - en ligne ou autres - a seulement chuté de quelque 10 %. Bref, une autre tuile qui s'abat sur la nouvelle économie.

Mais attention, en poursuivant la lecture de l'article jusqu'au cinquième paragraphe, on peut y lire : « Malgré le déclin, les ventes en ligne étaient plus élevées que pendant le premier trimestre de 2000...  ». Un instant. N'est-ce pas plutôt ça, la vraie nouvelle?

En fait, aux États-Unis, entre le premier trimestre de 2000 et celui de 2001, les ventes en ligne ont augmenté de 5,24 à 6,99 milliards de dollars, soit une augmentation de 33 %. Pendant la même période, le total des ventes au détail est passé de 748 à 765 milliards de dollars, pour une augmentation de 23 %. Donc, au début de 2001 chez nos voisins du Sud, le commerce électronique a connu une bonne croissance par rapport à la même période de l'année précédente. On peut même ajouter que malgré les déboires des point-com, cette croissance est même plus rapide que celle de l'ensemble du secteur du commerce de détail.

Donc, que conclure du ton de l'article de Reuters : erreur de bonne foi ou biais journalistique volontaire parce que les mauvaises nouvelles se « vendent » mieux? Lorsqu'on considère que l'article de Reuters a été repris presque intégralement par Internet Report de Yahoo! sous le titre « Online Retail Purchases Plunge at Start of 2001 », il est tentant de pencher pour la deuxième hypothèse. Quoiqu'il en soit, cet exemple nous rappelle que la prudence est de mise lors de la lecture d'articles qui interprètent des statistiques officielles. Parfois, ça ne va pas si mal que ça!

Mise à jour : le Jeudi soir, 17 mai, le service de nouvelles en ligne de Radio-Canada en rajoute avec un article intitulé : « États-Unis : le commerce en ligne en forte baisse »... Les mauvaises nouvelles ont la couenne dure.

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Retail e-commerce sales in first quarter 2001 were $7.0 billion, up 33.5 percent from first quarter 2000, census bureau reports ;
Slow start for online sales (Reuters) ;
Online Retail Purchases Plunge at Start of 2001 (Reuters) ;
États-Unis : le commerce en ligne en forte baisse (Radio-Canada)

2. LE VÉRITABLE IMPACT D'INTERNET : LA TRANSFORMATION DES ORGANISATIONS - À l'instar du génome humain, le génome d'une entreprise définit la structure d'une organisation, soit, ce qu'elle fait, avec qui elle interagit et avec quelles ressources. Au cours des années, la structure des entreprises s'est transformée en fonction notamment de l'avènement des technologies et de l'évolution de l'avantage concurrentiel.

À cet égard, la firme américaine A.T. Kearney considère que la transformation des organisations représente le véritable impact d'Internet. La tendance émergente en la matière veut que l'organisation des entreprises s'articule autour des éléments de la chaîne de valeur plutôt qu'autour de ses différents départements. Ainsi, la fabrication, l'assemblage et la distribution, tout comme le développement et la conception, seront considérés comme des entreprises séparées. Chacune d'elles sera alors évaluée individuellement, ce qui amènera les gestionnaires à réfléchir, encore une fois, aux questions fondamentales liées à la nature réelle de l'entreprise et à la façon d'aller de l'avant. D'après A.T. Kearney, une société qui anticipe ce genre de questions pourra ajouter une grande valeur à son entreprise.

Par ailleurs, la firme note qu'à ce jour, les initiatives d'affaires électroniques de la plupart des entreprises sont concentrées sur la réduction du temps et des coûts ainsi que sur l'impact sur les processus actuels et sur l'offre des produits. Cependant, l'utilisation d'Internet dans le but de réduire les coûts entraîne, ultimement, une réduction des coûts à tous les niveaux, et c'est le consommateur final qui se retrouve le seul gagnant.

Par contre, de nouvelles opportunités peuvent apparaître si le réseau Internet est utilisé pour redéfinir les affaires telles que nous les connaissons. C'est ainsi que l'entreprise intégrée, généralement un assemblage de départements stratégiques, a fait son temps. Le moment est donc venu de réécrire le génome de l'entreprise.

* Pour plus de détails, le sommaire de l'étude : Rebuilding the corporate genome : new ways to organize your company est disponible en ligne.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Sources : Latest Thoughts, A.T. Kearney, mai 2001

3. LA GESTION DES CONNAISSANCES : UNE QUESTION DE CONFIANCE - Dans une économie fondée sur le savoir, la créativité et l'innovation, la gestion des connaissances est une condition essentielle pour atteindre efficacité et efficience organisationnelles. Mais voilà, une entreprise ayant une atmosphère de « méfiance » échouera sans aucun doute dans son effort pour capitaliser sur le flux de connaissances.

La confiance dans le processus de la gestion des connaissances permet à un employé de participer pleinement au succès de l'organisation, tant en rendant l'employé confiant de proposer de nouvelles idées et de partager son savoir, qu'en reconnaissant la contribution de celui-ci.

La problématique majeure dans cette « question de confiance » est que ni les technologies, ni une mission d'entreprise (souvent dénuée de sens) aident l'employé à se sentir en confiance. Cette problématique est d'autant plus complexe que cette confiance doit se manifester à divers niveaux : envers l'organisation, ses superviseurs, ses collègues...

Selon William Ives, directeur des pratiques de la gestion des connaissances chez Accenture, la gestion des connaissances dans un contexte organisationnel se définit comme un phénomène survenant lorsque les employés sentent que leurs contributions sont directement reliées aux succès ou aux échecs de l'organisation. Selon lui, il est donc essentiel pour toutes organisations impliquées dans une telle initiative de reconnaître l'importance de la confiance dans le processus - que les employés soient dans le même édifice ou répartis à travers le monde. L'établissement et la consolidation de cette confiance devraient même formellement être inclus dans la stratégie de l'organisation.

Mais créer une culture organisationnelle qui a comme fondement le respect absolu des employés et de leur capital intellectuel n'est pas une tâche facile. Une organisation ne peut forcer cette confiance. Elle doit plutôt, sur une base continue, établir cette confiance à partir d'un esprit d'équipe fort, d'un sentiment de communauté qui sera supporté par l'ensemble des règles, des départements et des ressources de l'organisation.

La confiance demeure l'élément intangible le plus difficile à créer et à évaluer dans une organisation, mais sa valeur demeure incontestable surtout pour la gestion des connaissances pour laquelle elle est indispensable.

Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille Stratégique
Source : Phat X. Chiem, destination.com - Knowledge Management, mai 2001

4. P2P : QUAND LA TECHNOLOGIE SE FAIT PHILANTROPE! - Les technologies de l'information et de la communication, et particulièrement Internet, font souvent parler d'elles quant à leur vocation d'outils stratégiques de développement des organisations. Leur potentiel commercial est mis de l'avant et elles sont associées aux concepts de rentabilité et de profits. Mais au-delà de ce rôle très documenté, le Net peut aussi s'avérer une formidable voie de rassemblement et d'actions humanitaires.

Si elle servait le piratage dans l'aventure de Napster, la technologie peer-to-peer (P2P ou poste à poste) redore ainsi son blason et se donne une mission sociale : la philanthropie P2P. Grâce à des économiseurs d'écran intelligents qui utilisent les ressources dormantes des PC oisifs pour créer un supercalculateur, le concept permet à tous les utilisateurs de telles machines d'embrasser différentes causes, toutes plus nobles les unes que les autres.

Lancé au début d'avril par Intel et l'éditeur de logiciels United Devices au profit du Département de chimie d'Oxford, le dernier projet en lice¹ a pour objectif de vaincre la leucémie, à partir du téléchargement sur le Web d'un écran de veille par le plus grand nombre possible d'internautes. Des millions d'heures de calcul - et la mobilisation de 6 millions d'ordinateurs - seront ainsi requises pour passer au crible l'échantillon des 250 molécules susceptibles de neutraliser quatre protéines identifiées à la maladie. Si la tendance se maintient, 309 000 participants ont déjà téléchargé 426 000 économiseurs, le projet devrait être mené à terme d'ici un an.

Bien plus qu'une simple tapisserie d'écran, l'économiseur en question - baptisé l'Agent UD - véhicule le logiciel THINK qui, une fois installé, communique avec le serveur pour obtenir un premier paquet de 100 molécules qu'il étudie ensuite une à une en relation avec les protéines cibles. D'autres échantillons sont ensuite successivement pigés sur le serveur et analysés sur votre ordinateur. Et tout ça à votre insu, sans affecter ni votre performance, ni celle de votre machine. L'Agent UD fonctionne en tâche de fond, à basse priorité et cède sa place de façon automatique aux applications plus lourdes. Les participants obtiennent de légères récompenses - argent, billets de sports, etc.  -, mais la meilleure compensation demeure bien sûr la satisfaction d'avoir contribué à une recherche qui, en bout de ligne, pourra sauver des vies.

Les développements technologiques permettent aux internautes, qui font souvent partie des privilégiés de ce monde, de communiquer et de transiger sur le NET, mais aussi on le voit, de faire de cette richesse dont ils disposent, un outil de partage et d'implication sociale.

Caractéristiques techniques :
-L'Agent UD ne fonctionne que sur Windows 95 ou ses versions ultérieures; -Au minimum, il faut : 48 MB de RAM, un disque dur de 500 MB, un écran 800X600 à affichage graphique 8 bits ainsi qu'un processeur Pentium ou l'équivalent.

¹L'idée n'est en effet pas nouvelle, le projet SETI ayant par exemple mobilisé 2,98 millions de volontaires à la recherche d'extraterrestres depuis 1999.

Adresses : United Devices ; Intel Philantropic Peer-to-Peer Program

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille Stratégique
Source : Patricia Bergeron, Six millions d'économiseurs d'écran contre la leucémie, Le Devoir, 14 mai 2001, B-3


Bulletin du 11 mai 2001

1. Approvisionnement électronique : pas encore la ruée, mais croissance attendue
2. La carte à puce : un défi exigeant
3. Commerce électronique : quand les mères s'en mêlent!
4. Les compétences informatiques des responsables des TI ne suffisent plus

1. APPROVISIONNEMENT ÉLECTRONIQUE : PAS ENCORE LA RUÉE, MAIS CROISSANCE ATTENDUE - On entend beaucoup parler du rôle important que joue Internet dans la fonction ventes/marketing d'une entreprise. Les sites Web, vitrines ou transactionnels, la participation à des places de marchés électroniques et les encans électroniques en sont autant d'exemples. Par contre, on en parle un peu moins, mais Internet peut aussi intervenir à profit pour soutenir d'autres fonctions des entreprises. Par exemple, s'approvisionner sur Internet peut engendrer des économies d'échelle importantes.

Or, selon un article récent du Globe and Mail, les entreprises canadiennes seraient lentes à prendre le virage du « e-buying » ou de l'approvisionnement électronique. En fait, d'ici 2005, ce serait seulement 18 % (par rapport à 8 % aujourd'hui) de ces transactions qui s'effectueraient en ligne. En fait, l'enquête révèle que le papier demeure le maître au royaume des bons de commande et des factures. Et ce, malgré les diminutions de coûts et la plus grande efficacité promises par les tenants de l'approvisionnement en ligne.

Quant à la façon d'acheter, le téléphone (95 %), le télécopieur (88 %) et l'achat en personne (80 %) demeurent les modes les plus répandus. Par contre, les entreprises interrogées s'attendent à faire de plus en plus d'achats sur Internet. Par exemple, l'étude prévoit que 60 % des entreprises vont s'approvisionner par courriel d'ici 2005, par rapport à 39 % aujourd'hui. Au cours de la même période, la proportion qui commande directement sur le site Web des fournisseurs devrait passer de 22 % à 38 %.

Et aujourd'hui, que commandent les entreprises qui s'approvisionnent en ligne? En fait, l'enquête révèle que des items généraux comme le matériel informatique et l'équipement de bureau sont les plus populaires alors que l'achat de produits ou services plus spécialisés serait moins répandu. Question de relation de confiance entre partenaires ou fournisseurs de longue date, semble-t-il.

Bref, avant que l'achat en ligne ne devienne très répandu, les entreprises sont appelées à se transformer. Et première étape, plusieurs d'entre elles devront apprendre à mesurer les coûts reliés à leurs activités d'acquisition avant de pouvoir évaluer précisément le retour sur investissement d'une stratégie d'approvisionnement électronique.

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : E-buying yet to catch fire, Globe and Mail, 7 mai 2001

2. LA CARTE À PUCE : UN DÉFI EXIGEANT - L'usage d'une carte à puce pour conserver l'information médicale pose encore beaucoup de questions. Rien n'est encore moins sûr aujourd'hui que le rôle que devrait jouer l'informatique dans notre système de santé. La solution qui pourrait coûter des centaines de millions de dollars laisse peu de place à l'erreur et doit inéluctablement servir l'intérêt public tout en présentant un minimum « d'effets pervers ». Les enjeux sont de taille! D'ailleurs, la question doit non seulement être étudiée d'un point de vue technique mais surtout d'un point de vue social, en tenant compte des interrelations entre acteurs et utilisateurs du système de santé.

Une des problématiques majeures englobe toute la question de la démocratie, l'élaboration des droits et des obligations auxquels les technologies de l'information doivent répondre. Par exemple, dans quelles circonstances un usager pourrait-il limiter l'accès aux informations contenues par sa carte à puce à un médecin? Par crainte de discrimination? Pour garder le contrôle de sa vie? Par conviction religieuse? Pour une simple question de principe?

Une chose semble cependant certaine. L'établissement de normes ne doit absolument pas être laissé dans les mains des technologues et encore moins dans celles de la technologie elle-même qui ne fait qu'exécuter « bêtement » un programme.

Il semble également évident qu'il sera impossible de définir ces éléments de droits et d'obligations dans l'abstrait. Le gouvernement devra donc sûrement consulter usagers et professionnels de la santé tout en tenant compte des conclusions des premières expériences de Rimouski et de Laval avant de présenter une solution de départ. Celle-ci devra comporter des éléments touchant la justification des moyens, l'architecture, les normes sociales ainsi que les démarches de développement et d'évaluation publique. C'est à la suite de cette proposition de départ que devrait commencer le véritable processus de consultation publique qui, espérons-le, saura apporter des réponses aux nombreuses questions en suspens.

Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille Stratégique
Sources : Carte santé à microprocesseur : l'incontournable débat public, Le Devoir, 2 mai 2001 ; La difficile union de la démocratie et de l'informatique, Le Devoir, 3 mai 2001

3. COMMERCE ÉLECTRONIQUE : QUAND LES MÈRES S'EN MÊLENT! - Bien au-delà d'avoir une bonne pensée pour elles dimanche prochain, les spécialistes du marketing sur le Net devraient cibler les mères internautes dans le développement de leurs stratégies commerciales.

Les « mères surfantes » (« surfing moms ») sont en effet aujourd'hui l'une des audiences clés du Web et représentent ainsi une clientèle potentielle de choix pour le commerce électronique. Une récente étude conduite aux États-Unis l'a démontré : les femmes passent plus de temps sur Internet que les hommes, complètent plus de transactions en ligne qu'eux et sont aussi plus enclines à cliquer sur les bandeaux publicitaires rencontrés. Plus de la moitié des femmes branchées aux États- Unis et plus de 60 % d'entre elles en Angleterre ayant des enfants, le pouvoir des mères dans l'univers virtuel est donc bien réel.

Selon une enquête menée par CyberAtlas et Disney, les mères en ligne croient qu'Internet contribue à resserrer les liens familiaux, le courriel permettant aux différents membres d'une famille de communiquer entre eux rapidement et à peu de frais. Outil de communication donc, mais aussi d'éducation pour les enfants, le Net a en outre permis à la presque totalité des mamans sondées de sauver du temps (90 %) et de leur simplifier la vie (85 %)... ce qui n'est pas rien, particulièrement quand on doit concilier travail et vie familiale, ou composer avec plusieurs rejetons. De plus, et c'est encore plus intéressant pour les entreprises qui commercialisent des produits et services destinés au marché familial, la moitié des mères sont influencées par leurs enfants dans leurs achats sur Internet.

Les experts en marketing électronique, on le voit, auraient grand avantage à déplacer leur point de mire des enfants, plusieurs campagnes publicitaires les ayant ciblés jusqu'à présent, vers leur mère qui, dans les faits, sont de grandes consommatrices en ligne. Mais comment viser juste et atteindre, sinon le cœur, du moins le portefeuille d'une maman? Il suffit de faire vibrer sa fibre maternelle. Les mères branchées préfèrent en effet conclure des affaires avec des entreprises « pro-enfants » (« baby-friendly ») qui ont instauré des pratiques montrant une ouverture aux tout-petits. Par exemple, lors de l'achat de billets d'avion, les mères américaines optent pour Amerian Airlines et Delta, les deux compagnies offrant des rabais aux enfants et des sièges de sécurité leur étant appropriés. Du côté des hôtels, elles apprécient particulièrement Holiday Inn, les différents établissements de la chaîne ayant installé divers dispositifs assurant la sécurité des bambins.

Qu'elle soit branchée ou non, et pour le meilleur comme pour le pire, une mère demeure donc une mère. La meilleure façon de l'atteindre demeure de lui démontrer que ses enfants sont importants et que, comme elle le fait déjà elle-même de façon quotidienne, notre entreprise est prête à se mettre en quatre pour eux.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille stratégique
Source : Kathy Foley, Every day is Mother's Day, 30 avril 2001

4. LES COMPÉTENCES INFORMATIQUES DES RESPONSABLES DES TI NE SUFFISENT PLUS - Le rôle du responsable des technologies de l'information (TI) (Chief Information Officer, CIO) au sein d'une organisation est en constante évolution. De directeur majoritairement centré sur la gestion du système informatique, il est de plus en plus sollicité comme conseiller en matière de stratégie de l'entreprise.

Ainsi, les exigences du poste de directeur informatique ne se limitent plus aux seules compétences informatiques. Des habiletés de communication et des connaissances du domaine des affaires font dorénavant partie du profil de ce spécialiste. À cet égard, les entreprises assignent à leur spécialiste des TI des tâches diversifiées qui interpellent des compétences différentes. Par exemple, on leur demande d'assurer la sécurité du réseau, d'expliquer aux usagers pourquoi et comment ils doivent procéder d'une telle manière et quels en seront les bénéfices.

Également, les habiletés de communication des spécialistes des TI peuvent être mises à profit lors de périodes économiques difficiles. En effet, ces moments leurs fournissent l'occasion de suggérer l'utilisation de certaines technologies qui permettent de réduire les coûts et d'augmenter le retour sur investissement. Ceux qui se démarquent par leur facilité à communiquer profiteront davantage de la reprise économique qui s'en suivra car leur image de leader sera établie au sein de l'entreprise.

Par ailleurs, 1 400 responsables des TI interrogés par la firme américaine RHI Consulting ont identifié « la transmission d'information à caractère technique à du personnel qui ne possède pas de telles connaissances » comme principal défi rencontré dans leur travail. Les autres défis mentionnés sont, par ordre de priorité, le classement des échéances de l'entreprise par ordre de priorité, l'interaction avec différents types de personnalité et la gestion du stress en situation de crise. Ces résultats illustrent bien l'importance de la communication et des relations interpersonnelles dans le travail quotidien du directeur des TI.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Sources : Daily ITwire, ITworldcanada.com, 1er mai 2001 ; Communiqué de presse, RHI Consulting, 30 avril 2001


Bulletin du 4 mai 2001

1. Le leadership entrepreneurial essentiel à la réussite des organisations
2. Les firmes de télécommunications sans fil lorgnent de près le marché des PME
3. La guerre virtuelle : de la fiction à la réalité
4. Une agence fédérale américaine encourage les entreprises à implanter un programme de télétravail

1. LE LEADERSHIP ENTREPRENEURIAL ESSENTIEL À LA RÉUSSITE DES ORGANISATIONS - Selon un récent article dans le Industry Standard, l'entrepreneur John Peters, président directeur général de Sigma Networks, qui a passé en moyenne quatre ans dans les entreprises qu'il a fondées, se qualifie « d'entrepreneur en série ». Son goût du risque, son attirance pour les défis, ainsi que sa faiblesse pour le changement et pour la créativité constituent en fait les caractéristiques intrinsèques des entrepreneurs.

Le professeur en management à Fordham, Vipin Gupta, ainsi que le directeur du Centre entrepreneurial Sol C. Snider de Wharton, Ian C. MacMillan, ont d'ailleurs réalisé une étude intitulée : « Entrepreneurial Leadership : Developing a Cross-Cultural Construct  » traitant de l'importance de l'attitude entrepreneuriale dans les organisations. Ils utilisent d'ailleurs le terme « leader entrepreneurial » pour refléter le style de leadership que les cadres d'aujourd'hui devraient cultiver. Messieurs Gupta et MacMillan basent, entre autres, leurs analyses sur un sondage qu'ils ont réalisé auprès de 13 000 cadres intermédiaires dans plus de 60 sociétés.

Selon eux, l'esprit entrepreneurial n'est pas seulement bénéfique lors de percées technologiques ou pour le développement de nouvelles industries. Même les entreprises matures ayant des tendances plutôt conservatrices ont besoin de leaders entrepreneuriaux pour survivre. Une compagnie ayant un esprit entrepreneurial est en mesure de gagner de nouveaux avantages concurrentiels, d'adapter ses ressources afin de mieux répondre aux menaces de ses concurrents et de transformer sa vision afin d'augmenter la valeur de l'entreprise.

Selon les auteurs, les leaders entrepreneuriaux ont deux grands champs de responsabilités :
1) Gérer les impacts transformationnels
2) Gérer les impacts organisationnels

Ces responsabilités se divisent en cinq rôles : absorber l'incertitude, encadrer les défis, montrer la voie, développer le sentiment d'appartenance et faire tomber les barrières. En fait, les cadres « nouvelle vague » doivent créer un environnement propice pour que l'entreprise et les employés prospèrent.

À la vitesse à laquelle les technologies se développent et que la compétition s'intensifie, les approches traditionnelles de gestion ne sont tout simplement plus adéquates. Les cadres doivent être en mesure d'opérer dans un environnement hautement instable et dans lequel un avantage concurrentiel peut se créer ou se perdre en tout temps. Mieux vos donc adopter une attitude proactive et un style de leadership entrepreneurial...

Rédacteur, François Dubeau, analyste conseil en veille Stratégique
Sources : What Makes a Good Entrepreneurial Leader? Ask Middle Managers

2. LES FIRMES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS SANS FIL LORGNENT DE PRÈS LE MARCHÉ DES PME - L'industrie des appareils de communication sans fil est en plein essor. Selon les prévisions de Cahners In-Stat Group (Scottsdale, Arizona), ces nouveaux outils - incluant les ordinateurs de poche, modems radios, téléphones cellulaires et téléavertisseurs bidirectionnels - devraient éventuellement succéder à l'ordinateur conventionnel de bureau pour devenir les dispositifs d'accès à Internet préférés des usagers. Si l'on en croit In-Stat, la majorité des internautes sont donc appelés à devenir sous peu mobinautes!

Au Canada, le marché des technologies sans fil atteint déjà 5 milliards $. Pour Peter Barnes, président et chef de la direction de la Canadian Wireless Communications Association (Ottawa), c'est l'augmentation de la vitesse de transmission des messages par les différents dispositifs qui a donné le plus grand coup d'envoi à l'essor de l'industrie. Attendus sur le marché au cours des deux prochaines années, les appareils de troisième génération (3G), permettront d'ailleurs la transmission de données à un débit pouvant théoriquement atteindre 2 mégabits par seconde (Mbit/s). Une telle vitesse assurera une communication pratiquement instantanée des images, sons et vidéo.

Pour la clientèle d'affaires, le plus grand avantage des communications sans fil est sans contredit la possibilité de travailler à partir de quelque endroit que ce soit. Les résultats d'une étude menée auprès de 500 petites entreprises du pays par IDC Canada révèlent en outre que 70 % d'entre elles utilisent une forme de technologie sans fil, tandis que le taux global de pénétration de ces nouvelles voies de transmission n'est que de 28 %. Quand on sait par ailleurs que les petites organisations (99 employés et moins) représentent 98,2 % de l'ensemble des entreprises du Canada, on comprend aisément qu'elles soient plus que jamais dans la mire des firmes offrant des produits et services sans fil. Les Rogers AT&T Wireless, Bell Mobilité et Microcell Connexions inc. s'affairent donc à développer des solutions d'affaires adaptées à leurs besoins et à ceux de leurs clients.

Selon Peter Barnes, les multiples possibilités du sans fil sont particulièrement attrayantes pour les petites entreprises : « Nous voyons des firmes travailler en partenariat avec des petites organisations pour le contrôle des inventaires, la commande de pièces, le système de paiement, etc. grâce à des applications sans fil développées sur mesure pour s'ajuster aux processus de l'entreprise cliente. » Des vendeurs et techniciens travaillant sur la route peuvent communiquer et transmettre rapidement des données et ainsi conclure une transaction, sans que le contact avec le client n'ait été interrompu ou que celui- ci n'ait été placé en attente de réponse.

Sans oublier bien sûr que les technologies mobiles ont le grand avantage d'assurer aux patrons un contact constant avec leur entreprise et ce, même sur un terrain de golf par un bel après- midi de mai!

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste Conseil en veille stratégique
Source : Suzanne Wintrob, Wireless Firms Eye Growing Small-Business Market, The Globe and Mail, 27 avril 2001, W4

3. LA GUERRE VIRTUELLE : DE LA FICTION À LA RÉALITÉ - On en a parlé pendant le conflit au Kosovo, plus récemment lors de l'escalade de la violence entre Palestiniens et Juifs entourant les territoires occupés par l'État hébreu. Les possibilités de guerre virtuelle ou de « cyberwar » sont bien réelles et cette semaine, un nouvel épisode oppose maintenant la Chine aux États- Unis.

En effet, Wired, dans son édition en ligne du 30 avril révèle que la (cyber) guerre est ouvertement déclarée entre la Chine et les États-Unis, résultat direct de l'incident de l'avion espion américain dont la presse a abondamment parlé. Les premières hostilités de cette guerre virtuelle ont fait quelques victimes parmi les sites web américains. En tout une douzaine de sites de la USAF, des départements de l'Énergie, du Travail et de la Santé et Services sociaux ont été défigurés. Réplique immédiate de hackers américains, une quinzaine de sites chinois ornés de blagues racistes accompagnées d'appels au ralliement. L'appel au ralliement des hackers américains survient en réaction, non seulement aux attaques contre les sites américains, mais aussi à la mise sur pied d'une coalition de hackers chinois. Ceux-ci, menés par deux groupes organisés, auraient tenu une réunion virtuelle pour planifier une semaine d'attaque contre des sites américains. Consensus : conserver une certaine retenue contre les sites commerciaux, mais attaquer sans merci les sites gouvernementaux.

Le gouvernement et la Défense américaine ont déclaré avoir augmenté la sécurité suite à un avertissement lancé par le National Infrastructure Protection Center (NIPC). En plus de les prévenir contre les défigurations de sites web, le NIPC avertit les responsables de se tenir prêts pour faire face à d'éventuelles attaques de déni de service, semblables aux actions du fameux MafiaBoy contre des sites comme Yahoo! ou eBay.

On peut se demander jusqu'où ira l'escalade, non seulement dans le conflit actuel, mais dans les prochains. Certes on peut croire que les sites militaires, qu'ils soient canadiens ou américains, feront en sorte de protéger leur information stratégique - car il y a toute une marge entre défigurer une page Web et obtenir des informations secrètes. Par contre, que se passera-t-il si des hackers à la solde d'états hostiles attaquent l'infrastructure commerciale américaine basée sur Internet? Certains vous diront que la menace est réelle et que les conséquences économiques pourraient être catastrophiques. Par contre, d'autres prétendent que notre « cyberdépendance économique » est actuellement trop faible pour que de telles attaques aient un impact autre que superficiel. Qui a raison?

Mise à jour : ce matin, 4 mai, Wired rapporte que la guerre virtuelle entre la Chine et les États-Unis prend davantage l'allure d'un concours de graffitis...

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : It's (Cyber) War: China vs. U.S. ;
Cyberwar? More Like Hot Air

4. UNE AGENCE FÉDÉRALE AMÉRICAINE ENCOURAGE LES ENTREPRISES À IMPLANTER UN PROGRAMME DE TÉLÉTRAVAIL - L'agence fédérale américaine Environmental Protection Agency (EPA) a récemment lancé un programme visant à favoriser l'accroissement du nombre de personnes qui utilisent les nouvelles technologies pour travailler à partir de la maison - ce qu'on appelle le télétravail. C'est dans l'ultime but de protéger et d'améliorer l'environnement que l'EPA a mis sur pied le projet pilote National Telework and Air Quality Project, étant donné que le télétravail permet notamment de réduire le nombre de travailleurs sur les routes et ainsi, le volume de gaz carbonique émis par les véhicules.

Si l'EPA s'occupe de la gestion du projet surnommé ecommute program, c'est l'organisation sans but lucratif National Environment Policy Institute (NEPI) qui est chargée de son fonctionnement. À cet égard, le projet pilote qui a pour devise « Don't Pollute, E-Commute », incite réellement les entreprises à implanter un programme de télétravail car il leur permet de gagner des crédits pour toute réduction d'émissions de gaz carbonique obtenue par leurs employés télétravailleurs. Par la suite, les entreprises ont la possibilité de vendre les crédits accumulés aux manufacturiers ou aux services publics désirant se soumettre aux normes environnementales de l'EPA. Notons que le NEPI prévoit publiciser ce programme par le biais du nouveau site Web.

Par ailleurs, il est intéressant d'ajouter que les résultats de l'enquête annuelle « Benefits Survey » de la Society for Human Resource Management témoignent des besoins changeant des travailleurs et de l'adaptation des employeurs depuis 1997. En matière de télétravail par exemple, le nombre d'organisations américaines offrant à ses employés la possibilité de télétravailler est passé de 20 % à 37 % au cours des cinq dernières années.

Enfin, un document publié récemment par le U.S. Department of Labor démontre que les employeurs ont tout avantage à proposer à leurs employés de travailler à la maison. Il semble en effet qu'en plus de favoriser une augmentation de la productivité, le télétravail représente dorénavant un moyen d'attirer et de conserver son personnel.
* Pour plus d'information, consultez le rapport Telework : the New Workplace of the 21st Century qui regroupe une douzaine d'études présentées lors d'un symposium national qui s'est déroulé au Xavier University, Nouvelle-Orléans en octobre 2000. (source no 3)

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Sources : 1- Whitman, Lawmakers Kick Off Nat'l 'E- Commute' Program, Newsbytes, 24 avril 2001 ; 2- Communiqué de presse, Society for Human Resource Management, 18 avril 2001 ; 3- Telework: The New Workplace of the 21st Century, U.S. Department of Labor, 2001,


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