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Archives du bulletin SISTech : avril 2006
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Bulletin du 28 avril 2006
Bulletin du 13 avril 2006

Bulletin du 28 avril 2006
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1. L’approche sectorielle : pour de l’apprentissage en ligne plus près de la réalité d’un secteur
2. Le télétravail : un moyen d’attirer du personnel, une façon de concilier travail/famille ou un nouveau mode de vie?
3. Combattre la fracture numérique à travers le Canada

1. L’approche sectorielle : pour de l’apprentissage en ligne plus près de la réalité d’un secteur - Implanter l’apprentissage en ligne dans un secteur industriel - et ainsi développer une collaboration et des échanges entre les entreprises d’un même domaine - serait une des recettes gagnantes pour assurer le succès d’un tel projet. C’est un des constats qui se dégage des résultats de la mise en œuvre, du suivi et de l'évaluation de neuf projets-pilotes d’implantation de l’apprentissage virtuel réalisés en 2005 par le CEFRIO et Valorisation-Québec pour la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT)¹. Et c’est aussi le pari que fait Alliance eLearning, une association créée par Alliance NumériQc et qui regroupe des entreprises québécoises offrant services et logiciels pour supporter l’apprentissage en ligne.

Pour le bénéfice de ses membres, Alliance eLearning a mandaté le CEFRIO d’étudier trois secteurs dont certains besoins de formation pourraient potentiellement être comblés par l’apprentissage en ligne, soit la fonction publique; l’aéronautique; puis l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies. Basées sur des entrevues avec les représentants des comités sectoriels et autres intervenants de ce milieu ainsi que sur l’analyse de publications pertinentes, les études de cas ont permis de décrire l’usage actuel et potentiel de l’apprentissage en ligne pour chaque secteur et de dépeindre le contexte économique propre à chacun. De ces analyses, il a été possible par la suite de tirer des stratégies de sensibilisation de chaque secteur aux bienfaits de l’apprentissage en ligne qui tiennent compte des besoins de formation et des préoccupations propres à chaque domaine. En voici un bref aperçu :

La fonction publique

La fonction publique québécoise compte plus de 60 000 employés, répartis dans 20 ministères et 75 organismes situés surtout à Montréal et à Québec, mais également un peu partout sur le territoire québécois. Plusieurs départs à la retraite sont en cours et la formation des recrues s’avère un défi de taille pour l’État québécois, d’autant plus que les ressources manquent pour arriver à transférer de façon adéquate tout le savoir acquis par les fonctionnaires expérimentés qui quittent. Moderniser l’État, réaliser des économies d’échelles, partager les ressources entre ministères et organismes, séduire les plus jeunes, adeptes de nouvelles technologies : voilà une panoplie de préoccupations de l’Administration auxquelles peut répondre l’apprentissage en ligne. Par ailleurs, le gouvernement québécois compte déjà quelques leaders dans ce domaine². Toutefois, dans l’ensemble, leur usage de l’apprentissage en ligne reste assez rudimentaire, soit des formations davantage de masse par auto-apprentissage basées sur des technologies asynchrones. La fonction publique représente un terreau fertile pour l’apprentissage en ligne, puisqu’il répondrait à bien des besoins de l’État québécois.

L’aéronautique

Après une période creuse, due aux crises qu’elle a connues notamment avec le 11 septembre 2001 et le SRAS, l’aérospatiale est maintenant en plein essor. L’industrie aérospatiale au Québec se classe au sixième rang mondial avec des revenus annuels de 13,1 milliards de dollars. Environ 260 entreprises génèrent plus de 42 000 emplois. Ces entreprises, essentiellement des PME, se situent surtout à Québec et à Montréal. Toutefois, plusieurs d’entre elles opèrent dans diverses régions du Québec. Si les plus grandes entreprises expérimentent l’apprentissage virtuel depuis une vingtaine d’années, plusieurs entreprises de plus petite taille n’en font pas encore l’usage. Cette industrie, selon Carmy Hayes, du Centre d’adaptation de la main-d’œuvre en aérospatiale (CAMAQ), entretient des liens très étroits avec les institutions scolaires en ce qui a trait à la formation de base et à la formation continue.

Les entreprises se soucient grandement de l’homogénéité ainsi que de la qualité des savoirs et des compétences de la main-d’œuvre dans leur domaine. Aussi, le partage de ressources en formation fait partie de leurs préoccupations. L’apprentissage en ligne pourrait combler les besoins de formation des employés situés en dehors de la région de Montréal – puisque la plupart des cours y sont offerts sur place – ou encore être utilisé pour le développement de compétences des gestionnaires et pour offrir de la formation générique commune à plusieurs entreprises. La formation continue constitue un enjeu majeur pour cette industrie de haute technologie faisant face à une compétition mondiale. L’embauche massive de nouveaux employés prévue dans cette industrie laisse entrevoir des besoins accrus de formation des recrues au cours des prochaines années.

La biotechnologie et l’industrie pharmaceutique

L’industrie des biotechnologies au Canada est la deuxième plus importante au monde, juste après celle des États-Unis. C’est d’ailleurs ce qui donne le ton au contexte et aux préoccupations de cette industrie : concurrence féroce, rude compétition pour attirer et retenir la main-d’œuvre hautement spécialisée et pénurie de gestionnaires compétents. Tant dans le secteur pharmaceutique qu’en biotechnologies, au Canada, les entreprises utilisent encore très peu l’apprentissage en ligne. Selon des intervenants auprès de ces milieux et les documents consultés, l’apprentissage en ligne dans ces secteurs pourrait être bénéfique pour développer les compétences en commercialisation et en marketing, pour former les pharmaciens, et, plus spécifiquement en biotechnologies, pour amener les dirigeants d’entreprise, souvent des chercheurs, à développer leurs compétences en gestion.

Que retient-on de ces trois études? D’abord, que le partage de ressources entre les entreprises – ou ministères et organismes – est au cœur des préoccupations et constitue un facteur critique du succès de l’implantation de l’apprentissage en ligne. Aussi, il s’avère primordial de bien cerner les besoins de formation pour ensuite déterminer lesquels peuvent être comblés par l’apprentissage en ligne. En outre, créer des partenariats avec les intervenants auprès du milieu ou les représentants du secteur – que ce soit les associations professionnelles, les comités sectoriels, les syndicats ou autres – permet de mieux saisir le contexte et les besoins du milieu et de faciliter les interactions avec le secteur choisi. Enfin, de nouveaux défis se posent aux entreprises offrant services et logiciels pour l’apprentissage en ligne, puisque les besoins en la matière ont évolué. Outils d’aide à la tâche, outils d’aide à la décision, lien entre formation en ligne et gestion des connaissances, logiciels simples à utiliser qui permettent une autonomie de l’usager, partage d’objets d’apprentissage n’en sont que quelques exemples.


Cet article ne fait qu’un bref survol de tout ce que l’on retrouve dans les trois études de cas réalisées pour Alliance eLearning. Les trois rapports sur les secteurs analysés proposent davantage d’informations et indiquent des stratégies pour sensibiliser ces secteurs aux avantages à l’apprentissage en ligne. Pour obtenir un exemplaire des rapports, communiquez avec André Lessard d’Alliance NumériQc, par courriel alessard@numeriqc.ca ou par téléphone au (514) 848 -7177 #317.

Notes :
¹ Pour en savoir davantage sur ce projet, communiquez avec Josée Beaudoin, directrice de projets au CEFRIO, (514) 840-1245, ou consultez notre site.
² Dont Hydro-Québec, la Commission de santé et sécurité au travail (CSST), Revenu Québec, la Régie des rentes du Québec, la Société immobilière du Québec, la Société de l’assurance automobile ainsi que les ministères de l’Emploi et de la Solidarité sociale, des Ressources naturelles et de la Faune, de l’Immigration et des Communautés culturelles, et celui des Transports.

Rédactrice : Isabelle Vachon, chargée de projets, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources : Diverses entrevues ont été réalisées et plusieurs documents ont été consultés. Les sources utilisées pour les trois études de cas sont listées dans chacun des rapports.

2. Le télétravail : un moyen d’attirer du personnel, une façon de concilier travail/famille ou un nouveau mode de vie? - À l’ère des technologies, la plage d’horaire de travail fixe traditionnelle, communément appelée « 9 à 5 », correspond de moins en moins à la réalité de plusieurs employés. Notamment, la hausse du taux d’adoption des TI a favorisé le déploiement du télétravail ou du travail à domicile au cours des dernières années. Pour plusieurs entreprises, ces modes de travail représentent une excellente façon d’attirer ou de conserver du personnel. Pour leurs employés, c’est une opportunité de concilier leurs responsabilités parentales et professionnelles.

Rappelons que la notion de télétravail est apparue dans les années 1990. Elle réfère à une activité professionnelle exercée en dehors des bureaux de l’employeur (à la maison, chez un client, dans sa voiture, etc.) en ayant recours aux TI et à Internet. Certaines personnes télétravaillent à temps plein tandis que d’autres préfèrent travailler à distance quelques jours par semaine ou par mois.

À l’ère de l’économie du savoir, les TI permettent d’accomplir des travaux ou des tâches d’une manière innovante et productive. Les employés dont le travail est intellectuel ne sont plus limités par le « 9 à 5 ». Le télétravail ouvre ainsi la voie à la conciliation travail/vie personnelle. Ce concept relativement récent est déjà inclus dans des politiques de gestion des ressources humaines de plusieurs organisations.

En effet, selon une enquête de Robert Half Technology, 47 % des responsables des TI (CIO) américains interrogés offrent l’horaire variable comme moyen de conserver ou de retenir leurs employés qualifiés en informatique. L’horaire variable et le télétravail sont considérés comme une façon d’améliorer la satisfaction du personnel et de démontrer l’appréciation de l’employeur envers ses employés. Parallèlement, une étude de Towers Perrin effectuée auprès de la population de seize pays démontre qu’au moment de choisir un emploi, les gens de partout dans le monde recherchent des avantages similaires. Parmi ceux-ci, la conciliation travail/vie personnelle qui occupe le 2e rang au Canada, en France et au Royaume Uni. Elle occupe la 1ère position en Espagne, la 3e aux États-Unis et la 8e en Chine.

On parle de conciliation travail/famille mais la réalité démontre qu’il s’agit plutôt d’une intégration du travail et de la vie personnelle. On ne compte pas le nombre d’heures de travail lorsque celui-ci est intimement lié à notre style de vie. Pensons par exemple au fermier dont les heures de travail sont imposées par les cycles de la nature. L’agriculture n’est pas juste un travail, c’est une façon de vivre. On peut faire un parallèle avec le monde des TI. L’informatique est omniprésente. Elle est totalement intégrée au mode de vie de bien des gens. La limite entre l’utilisation des TI pour le travail ou pour les activités de tous les jours est mince.

Dans la même optique, des universitaires et des praticiens voient dans le travail à la maison une nouvelle tendance vers l’intégration travail/vie personnelle et non seulement une solution à la problématique de la conciliation travail/famille. Ils nomment « modular work » ou « work redesign » le phénomène dans lequel le travail doit être adapté aux besoins et aux cycles de vie des êtres humains. Les gens étudient, fondent une famille, prennent soin de leurs parents, etc. Reconnaissant cette réalité, les employeurs devraient permettre à leur personnel d’effectuer le travail qu’il est en mesure de réaliser selon le stade de leur vie. Par exemple, il suffirait d’accepter de diminuer le nombre d’heures ou d’envisager un arrêt temporaire d’un employé, sans que cela nuise à son avenir professionnel.

Un rapport de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels de l’économie du savoir conclut que les Canadiens télétravaillent davantage pour répondre aux exigences de leur emploi, en faisant des heures supplémentaires, que pour des raisons de conciliation travail/famille. On est donc encore loin du « modular work »!


Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Andronache, Tatiana (2006). « IT industry feels effects of new work-life realities » [En ligne], Computerworld Canada, 31 mars.

Québec (Province). Office québécois de la langue française (2005). « Télétravail » [En ligne], Le grand dictionnaire terminologique. (Page consultée le 27 avril 200)

Robert Half Technology (2006). Keeping their best on board : chief information officers surveyed reveal smart retention strategies [En ligne], 29 mars. (Page consultée le 26 avril 2006)

Tremblay, Diane-Gabrielle, Renaud Paquet et Elmustapha Najem (2006). Le télétravail : une façon de concilier emploi et famille? [En ligne], Télé-université. Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels de l'économie du savoir, janv. 27 p. (Note de recherche ; 2006-03) (Page consultée le 26 avril 2006)

Towers Perrin (2006). Winning strategies for a global workforce : attracting, retaining and engaging employees for competitive advantage : executive report [En ligne], 24 p. (Page consultée le 27 avril 2006

3. Combattre la fracture numérique à travers le Canada - Quoiqu'Internet ait été adopté assez rapidement par la société canadienne, certains groupes de la population ne participent toujours pas à la société de l'information et ce, en raison de différents facteurs. Afin d'y remédier, le gouvernement du Canada a développé différents programmes qui permettent à un plus grand nombre de personnes d'avoir accès à un ordinateur, au réseau Internet, à la large bande et à de nouveaux services (commerce électronique, télé-santé, apprentissage en ligne).

L'éloignement et l'accès à Internet

Au Canada, le lieu de résidence joue un rôle important quant à l'utilisation d'Internet et au type de branchement. Selon des données d'Ekos Research Associates, les trois quarts (76 %) des Canadiens âgés de 16 ans et plus qui habitent un milieu urbain utilisent Internet, 69 % ont accès à Internet à la maison dont la majorité (62 %) disposent de la haute vitesse. Le scénario diffère complètement en milieu rural où 65 % des Canadiens sont des utilisateurs d'Internet et où 59 % des gens possèdent Internet à la maison, mais seulement le tiers au moyen d'une connexion haute vitesse.

Face à cette réalité, le gouvernement canadien a mis en place un éventail de programmes pour accroître l'accessibilité à la large bande, une infrastructure, somme toute, très importante au 21e siècle.

Accès à la large bande en régions rurales et éloignées

En avril 2002, le gouvernement canadien, par l'intermédiaire du Centre de recherches sur les communications (CRC), a lancé le programme Accès à la large bande en régions rurales et éloignées. Ainsi, le CRC s'est engagé, jusqu'en 2007, à coordonner l'exécution de travaux de recherche et de développement sur les sujets les plus susceptibles d'avoir une incidence sur la disponibilité de l'accès Internet par large bande dans les régions éloignées. La recherche sera d'abord effectuée, puis des technologies à large bande novatrices et abordables seront développées et mises à l'essai. De plus, le CRC assure la promotion des concepts auprès des entreprises afin qu'elles puissent fournir des services à large bande aux régions mal desservies.

Initiative nationale de satellite

Lancée en octobre 2003 par Industrie Canada en partenariat avec Infrastructure Canada et l'Agence spatiale canadienne, l'Initiative nationale de satellite a pour mandat de fournir une capacité satellitaire à prix abordable aux collectivités du Grand-Nord, du Moyen-Nord ainsi qu'aux autres régions éloignées du pays afin qu'elles puissent avoir accès à des services Internet à large bande. Quatre candidats ont été retenus au cours de la première phase et un total de 52 collectivités établies en Colombie-Britannique, au Manitoba, en Ontario et à Kativik au Québec ont bénéficié de cette infrastructure. En novembre 2005, une entente de financement a été conclue, ce qui permettra à 43 000 résidents, 14 000 ménages, 2531 institutions et 2100 entreprises des Territoires du Nord-Ouest de bénéficier, d'ici à la fin de 2006, d'un accès à Internet par large bande.

Programme pilote de services à large bande pour le développement rural et du Nord

En complément à l'Initiative nationale de satellite, Industrie Canada a mis sur pied le Programme pilote de services à large bande pour le développement rural et du Nord. Ce programme s'adresse aux collectivités qui n'ont pas accès au réseau Internet à haut débit. Ainsi, environ 1380 collectivités ont bénéficié de cette aide. À titre d'exemple, la municipalité de Tillsonburg au sud-ouest de l'Ontario a pu être reliée au réseau à large bande, puis développer et appliquer son plan de technologie stratégique. Cette infrastructure lui a permis d'améliorer sa prestation de services et de devenir un milieu propice aux affaires. Dernièrement, des fonds additionnels ont été dégagés, ce qui permettra de financer quatre nouveaux projets. L'Union des chambres de commerce et d'industrie de Portneuf, au Québec, bénéficiera ainsi d'un montant de près de 700 000 dollars pour offrir Internet à grand débit à 21 collectivités locales.

Enfin, le Fonds canadien sur l'infrastructure stratégique vise également à développer des réseaux à larges bandes. C'est par l'intermédiaire de ce programme que les habitants des Îles-de-la-Madeleine, ainsi que 68 écoles et 103 collectivités des régions rurales et éloignées de Terre-Neuve-et-Labrador pourront accéder à ce moyen de communication grâce à des câbles sous-marins.

Les TIC dans les écoles et dans les lieux communautaires

Le tiers (33 %) des Canadiens âgés de 16 ans et plus n'ont pas accès à Internet à la maison. Ce nombre s'accroît dans les ménages moins fortunés et chez les personnes plus âgées, selon les données de Dual Digital Divide. Ainsi, pour réduire la fracture numérique, il est primordial que des ordinateurs munis d'Internet soient disponibles dans les lieux publics. Différents programmes communautaires ont donc été mis en place pour y arriver, dont le Programme d’accès communautaire et le programme Ordinateurs pour les écoles. Pour sa part, le programme Francommunautés virtuelles, dont le but était d’enrichir la toile de contenus francophones et acadiens, a permis la mise en ligne d’une centaine de projets canadiens depuis 1998.

En terminant, rappelons un autre programme du gouvernement fédéral qui a connu un grand succès et qui a permis à plusieurs villes et villages du Canada d'élaborer une stratégie pour mettre les TIC au service des citoyens, des entreprises et des institutions : les Collectivités ingénieuses. Pour en connaître davantage sur le sujet, consultez l'article « Les gouvernements locaux en ligne au Canada ou le Canada et ses collectivités ingénieuses » publié dans le bulletin e-Veille de décembre 2004. Mises ensemble, ces initiatives contribueront certainement à faire du Canada une société de l'information plus diversifiée et plus équitable.

Extrait d’un article de l’édition d’avril 2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux. Consultez l’article complet ainsi que les autres textes du bulletin pour en savoir plus sur les mesures entreprises par les gouvernements nord-américains pour combattre le fossé numérique.

Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Ekos Research Associates. Integrated Findings : Final Report, Part of The Dual Digital Divide IV Study, 117 p.

Gouvernement du Canada. « Un nouveau partenariat fédéral aide les collectivités à répondre aux besoins des sans-abri », Communiqué de presse, 25 octobre 2005.

Industrie Canada. « Entente d'infrastructure permettant d'accroître l'accès aux services à large bande dans les Territoires du Nord-Ouest », Communiqué de presse, 24 novembre 2005.

Industrie Canada. « Le ministre Lapierre annonce l'octroi d'un financement à l'Union des chambres de commerce et d'industrie de Portneuf… » Communiqué de presse, 24 novembre 2005.

Site Web du Centre de recherches sur les communications

Site Web des Francommunautés virtuelles

Site Web d'Ordinateurs pour les écoles

Site Web du Programme d'accès communautaire

Site Web des Services à large bande


Bulletin du 13 avril 2006
Version PDF

1. Nouvelle tendance en marketing : le « circular marketing » ou objectif Terre
2. Joindre l’utile à l’agréable : le jeu en ligne pour former la génération « techno » au travail
3. Fracture numérique et compétences des adultes : situation préoccupante pour le Québec

1. Nouvelle tendance en marketing : le « circular marketing » ou objectif Terre - D’un point de vue métaphorique et humoristique, on peut se permettre de contredire Galilée et d’affirmer que la Terre s’est transformée en une surface plane ou une plateforme numérique sur laquelle on peut naviguer et faire des affaires (électroniques). Maintenant, c’est au tour du marketing de tourner autour de la planète! Naseem Javad, spécialiste renommé en matière de stratégies de marque sur Internet, compare la nouvelle tendance marketing à un attirant emballage autour d’une tablette de chocolat. C’est le circular marketing! (1)

Plus sérieusement, les affaires électroniques ont fait apparaître de nouvelles règles de marketing. Par exemple, on s’adresse directement aux clients visés et ce, à la destination de leur choix. De plus, le marketing doit englober les besoins des consommateurs appartenant à un marché spécifique. Le message qui leur est réservé circulera dans le monde entier. Également, on s’attend à ce que les activités de marketing soient accompagnées d’un support et de services accessibles en continu. En somme, c’est un marketing en action et en mouvement perpétuels autour de la Terre, complètement circulaire quoi!

De nos jours, la mondialisation (going global) implique nécessairement la notion de « going circular ». M. Javed explique ce concept d’une manière imagée par la circumnavigation autour du globe à la recherche de nouveaux clients accessibles électroniquement sur la base horaire 24-7-365. Cette nouvelle avenue représente tout un changement, voire un choc culturel, pour les gestionnaires habitués aux méthodes traditionnelles de marketing international comme les salons commerciaux et les voyages d’affaires.

Par ailleurs, les spécialistes doivent aussi s’ajuster à l’adoption des nouvelles technologies de l’information dans la société pour mieux rejoindre et répondre aux demandes des consommateurs. Par exemple, ils ont tout avantage à tenir compte de l’usage des télécommunications sans fil pour les communications de masse ou de l’utilisation de la voix sur IP dont on a d’ailleurs constaté l’emploi dans les places de marché électroniques.

Spécifions que le circular marketing est le sujet de l’heure en la matière et que les projets de recherche s’y rapportant sont encore en cours. Néanmoins, on sait que le concept requiert une approche totalement différente de la méthode traditionnelle de marketing. À cet égard, le développement de stratégies de marque sur Internet (cyberbranding) constitue un réel défi relativement à l’image que l’on veut donner ou que l’on donnera de l’entreprise. Ainsi, il faudra apprendre à créer de nouvelles images de marque ou identités (global name icons) et à développer de nouvelles façons de faire pour évoluer dans un univers à la fois multinational et restreint.

Enfin, M. Javed considère que seul le marketing mondial existe désormais et que rien ne pourra empêcher le circular marketing… de tourner!

« Et pourtant, elle tourne »…


(1) On ne peut traduire circular marketing par marketing circulaire car l’Office québécois de la langue français a déjà utilisé cette expression pour définir un autre type de marketing, soit le « societal marketing ». Cela explique donc pourquoi j’utiliserai l’expression anglophone dans mon article.


Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Javed, Naseem (2006). « Circular marketing : the number one issue of 2006 » [En ligne], Themanager.org, 14 févr. (Page consultée le 11 avril 2006)

Javed, Naseem (2006). « The next big challenge : circular marketing » [En ligne], E-commerce times, 2 févr. (Page consultée le 11 avril 2006)


2. Joindre l’utile à l’agréable : le jeu en ligne pour former la génération « techno » au travail - Une véritable révolution s’amorce avec l’arrivée des « nés avec une souris à la main » sur le marché du travail. Totalement à l’aise avec les nouvelles technologies et mordus de jeux vidéo, les jeunes âgés de moins de 30 ans transformeront les façons de faire des entreprises et les pousseront à adopter davantage de gadgets derniers cris et de technologies d’avant-garde, et ce, à un rythme plus rapide. Selon des articles parus dans Learning Circuits et dans Educause, l’apprentissage en ligne n’échappe pas à cette vague.

Finis les modules en ligne composés de pages de texte à lire suivies de questions-réponses : la génération qui intègre le marché du travail souhaite apprendre différemment. Jeux et animations doivent être de la partie pour répondre aux attentes de ces nouveaux travailleurs : se divertir en apprenant.

Le jeu constitue un outil de choix pour former les recrus au vocabulaire de l’entreprise, aux règles de sécurité, aux divers acronymes, aux normes et règlements et autres. Par ailleurs, le jeu en ligne s’inscrit tout droit dans la pédagogie de type constructiviste: il est centré sur l’apprenant, interactif et rend le travailleur acteur de son apprentissage plutôt que simple auditeur ou lecteur. Il permet autant l’appropriation d’informations que celle de procédés, notamment par la simulation et la résolution de problèmes.

Pour attirer l’attention des jeunes travailleurs et éviter qu’ils abandonnent la formation en ligne en cours de route, de nouvelles stratégies pédagogiques devront être mises en place. Tout un défi se pose donc aux designers pédagogiques, mais un défi fort stimulant. Si l’apprentissage par le jeu motive les plus jeunes, il ne risque pas de déplaire aux travailleurs aguerris. En effet, qui ne souhaitent pas s’amuser en apprenant?

Pour ce faire, il n’est pas nécessaire de construire un monde virtuel hypercomplexe. Des jeux très simples peuvent être intégrés à des modules de formation afin de rendre le processus d’apprentissage plus attrayant. À titre d’exemples, un jeu de mots croisés en ligne peut s’avérer une bonne méthode pour apprendre des termes techniques de base utilisés par l’entreprise. Aussi, des variantes de jeux de « mots cachés » peuvent être très efficaces pour apprendre à reconnaître des composantes du « jargon » du milieu. Incorporer une liste de questions et réponses à un jeu de serpents et échelles ou encore à un jeu de Tic Tac Toe peut également ajouter une petite touche ludique à l’apprentissage de concepts clés, de normes corporatives et autres. Gagner des points en répondant à des questions peut représenter un défi des plus stimulants pour l’apprenant. Pour aller plus loin, pourquoi ne pas lui offrir la possibilité d’entrer en compétition avec ses pairs en réseau?

Bien sûr, tous les jeux ne conviennent pas à tous les apprenants. Qui plus est, apprendre par le jeu n’est pas nécessairement adapté à tous les styles d’apprenants ni à tous les contenus. Il faut donc prévoir une analyse de besoins ainsi qu’une phase de tests auprès des apprenants ciblés avant d’implanter le jeu en ligne comme méthode de formation en entreprise. Pour s’assurer que tous prennent plaisir à apprendre au travail, rien de mieux que d’offrir différents modèles de formation : en présence, par des textes, par des modules de formation plus « traditionnels » et par le jeu, bien sûr!


Rédactrice : Isabelle Vachon, chargée de projet, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Kapp, Karl M. « Teaching Facts with Fun, Online Games », Learning Circuits, février 2006.

Site Enjeux de la Société pour l’apprentissage à vie (SAVIE)

Van Eck, Richard.« Digital Game-Based Learning: It's Not Just the Digital Natives Who Are Restless », Educause Review, vol. 41, no. 2, mars-avril 2006, p. 16–30

3. Fracture numérique et compétences des adultes : situation préoccupante pour le Québec - Récemment publiée, l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) permet d'illustrer le lien entre les compétences des adultes et leur utilisation de l'ordinateur et d'Internet. Et la situation n'est pas très rose pour le Québec. On le sait depuis quelques années, malgré un certain rattrapage, l'utilisation d'Internet demeure plus faible au Québec que dans le reste du Canada. L'EIACA vient aussi confirmer que les compétences des Québécois en compréhension de textes sont plus faibles que la moyenne nationale.


Quelques mots sur les tests de compétences


Selon le Quotidien de Statistique Canada¹ :

L'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) de 2003 a été menée auprès de plus de 23 000 Canadiens, en vue d'évaluer leurs compétences sur quatre échelles, soit la compréhension de textes suivis, la compréhension de textes schématiques, la numératie et la résolution de problèmes. Les compétences ont été évaluées selon cinq niveaux, en ordre ascendant.

Une publication de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ)² permet d'en connaître un peu plus sur les tests utilisés pour l'enquête :

QUATRE DOMAINES DE COMPÉTENCE sont mesurés directement par le biais de tâches à compléter par les répondants :

1. Compréhension de textes suivis : compréhension et utilisation de l'information contenue dans des éditoriaux, des reportages, des brochures, des dépliants, des manuels, etc. ;

2. Compréhension de textes schématiques : repérage et utilisation de l'information contenue dans des tableaux, des diagrammes, des cartes géographiques, etc. ;

3. Numératie : traitement de l'information mathématique présente dans des activités de la vie courante (établir le solde d'un compte de chèques, calculer un pourboire, etc.) ;

4. Résolution de problèmes : approche visant à prendre des mesures concrètes dans des tâches complexes pour lesquelles il n'y a pas de procédure courante de résolution.


Notés sur un total de 500 points, ces tests permettent de classer les adultes selon les cinq niveaux ascendants. Et l'ISQ précise :

(…)
Niveau 3 : Ce niveau est considéré comme « le niveau minimal permettant de comprendre et d'utiliser l'information contenue dans des textes et des tâches de difficulté grandissante qui caractérisent la société du savoir émergente et l'économie de l'information » (Statistique Canada et OCDE, 2005) ; il peut être vu comme le niveau « souhaité » de compétence pour fonctionner aisément dans la société actuelle.



Position du Québec dans le Canada


Globalement, une majorité des adultes (16 ans et plus) du Québec n'atteignent pas le niveau souhaité pour fonctionner aisément dans la société actuelle. En effet, pour le test de compréhension de textes suivis, 45 % des adultes québécois atteignent ou dépassent le niveau 3, comparativement à 52 % pour l'ensemble des adultes canadiens. Pour ce qui est de la compréhension de textes schématiques, 43 % des adultes québécois atteignent le niveau souhaité. Un peu plus de quatre adultes québécois sur dix (41 %) obtiennent un résultat qui leur permet d'atteindre au moins le niveau 3.

Pour les tests de compréhension de textes, Statistique Canada divise les provinces et territoires en trois strates :

• Les provinces et territoires dont les performances dépassent la moyenne canadienne. On y trouve le Yukon, la Colombie-Britannique, l'Alberta et la Saskatchewan.

• Les provinces et territoires dont les résultats sont similaires à la moyenne canadienne. S'y situent, l'Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario, le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest.

• Enfin, les provinces dont les résultats sont inférieurs à la moyenne canadienne. On y compte Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, le Québec et le Nunavut. Il est à noter cependant que pour les tests de numératie, le Québec se situe dans la strate dont les résultats sont semblables à la moyenne canadienne.

En conclusion, malgré une amélioration notable depuis 1994, le Québec a encore du chemin à faire pour rattraper ce retard mesuré par les tests de compétence.


Lien entre compétences et utilisation d'Internet


Une analyse de Statistique Canada confirme le lien entre les compétences mesurées par les tests de compréhension de textes et l'utilisation de l'ordinateur et d'Internet. En fait, plus un adulte utilise l'ordinateur ou Internet, meilleurs sont ses résultats aux divers tests de compétences. Il est cependant difficile d'établir clairement le lien de cause à effet : est-ce l'utilisation assidue de l'ordinateur ou d'Internet qui amène un adulte à mieux répondre aux tests ou ses compétences personnelles le prédisposent-elles à utiliser davantage les technologies ?

Quoi qu'il en soit, le fait demeure : non seulement les adultes dont les compétences sont les plus faibles présentent-ils des difficultés à fonctionner dans la société du savoir, mais en plus, dans la majorité des cas, ils subissent la fracture numérique. Ils sont donc souvent privés d'un accès à l'ordinateur ou à Internet. Pourtant, ces outils technologiques sont de formidables moyens d'acquérir de nouvelles connaissances, de développer des compétences ou de maintenir certains acquis cognitifs.

On constate que, par rapport à la moyenne des provinces canadiennes, le Québec soulève une problématique double. D'une part, sa population répond moins bien aux tests de compétence et, d'autre part, son utilisation des technologies demeure plus faible que celle mesurée dans le reste du Canada. Le défi est donc double, on doit à la fois chercher à améliorer l'accès aux technologies et continuer à fournir les efforts pour améliorer les compétences des adultes.

Des initiatives passées, comme le programme Brancher les familles, ont connu un succès indéniable pour ce qui est d'augmenter l'utilisation d'Internet au Québec. Cependant, ce programme ne visait pas nécessairement les clientèles les plus vulnérables. Comme on peut le constater à la lecture de l'article de Sabrina Côté publié dans cette édition du bulletin, les exclus de la société de l'information ne sont pas les jeunes familles avec enfants, mais plutôt les adultes moins scolarisés, les moins fortunés, les plus âgés et les personnes qui ne sont pas sur le marché du travail.

Il faut donc concentrer les efforts pour améliorer l'accès à Internet, sa disponibilité, sa qualité (haute vitesse) et son accessibilité économique, sur les clientèles qui demeurent vulnérables. Parallèlement, les efforts d'amélioration des compétences des adultes doivent être maintenus, même s'ils portent leurs fruits depuis 1994³. La table est mise...

Cet article est tiré de l’édition d’avril 2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux du Québec. Consultez les autres articles du bulletin pour en savoir davantage sur les mesures prises par les gouvernements nord-américains pour freiner la fracture numérique.


Rédacteur : Eric Lacroix, directeur des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Institut de la statistique du Québec. La littératie au Québec en 2003 : faits saillants, Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 2003, 2005.

Veenhof, B., Y. Clermont et G. Sciadas, Statistique Canada. Littératie et technologies numériques : liens et résultats, décembre 2005.

Statistique Canada. « Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes », Le Quotidien, 9 novembre 2005.

Notes :
1. Statistique Canada; Le Quotidien du 9 novembre 2005.
2. Institut de la statistique du Québec. Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 2003.
3. Selon l'ISQ : « Lorsqu'on compare les résultats québécois de 2003 à ceux de 1994, on observe un changement significatif dans le score moyen obtenu par les 16 ans et plus en compréhension de textes suivis, lequel passe de 255 à 266 points (…). Cette tendance à l'amélioration contraste avec la stagnation des scores moyens à l'échelle canadienne. On note donc une réduction des écarts entre les moyennes québécoises et canadiennes, mais ces écarts sont encore significatifs. »



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