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du bulletin SISTech : avril 2006
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Bulletin du 28 avril 2006
Bulletin du 13 avril 2006
Bulletin du 28 avril 2006
Version PDF
1. L’approche sectorielle : pour de l’apprentissage
en ligne plus près de la réalité d’un secteur
2. Le télétravail : un moyen d’attirer du personnel,
une façon de concilier travail/famille ou un nouveau mode de vie?
3. Combattre la fracture numérique à travers le Canada
1. L’approche sectorielle
: pour de l’apprentissage en ligne plus près de la réalité
d’un secteur - Implanter l’apprentissage en ligne
dans un secteur industriel - et ainsi développer une collaboration et
des échanges entre les entreprises d’un même domaine - serait
une des recettes gagnantes pour assurer le succès d’un tel projet.
C’est un des constats qui se dégage des résultats de la
mise en œuvre, du suivi et de l'évaluation de neuf projets-pilotes
d’implantation de l’apprentissage virtuel réalisés
en 2005 par le CEFRIO et Valorisation-Québec pour la Commission des partenaires
du marché du travail (CPMT)¹. Et c’est aussi le pari que fait
Alliance eLearning, une association créée par Alliance NumériQc
et qui regroupe des entreprises québécoises offrant services et
logiciels pour supporter l’apprentissage en ligne.
Pour le bénéfice
de ses membres, Alliance eLearning a mandaté le CEFRIO d’étudier
trois secteurs dont certains besoins de formation pourraient potentiellement
être comblés par l’apprentissage en ligne, soit la fonction
publique; l’aéronautique; puis l’industrie pharmaceutique
et les biotechnologies. Basées sur des entrevues avec les représentants
des comités sectoriels et autres intervenants de ce milieu ainsi que
sur l’analyse de publications pertinentes, les études de cas ont
permis de décrire l’usage actuel et potentiel de l’apprentissage
en ligne pour chaque secteur et de dépeindre le contexte économique
propre à chacun. De ces analyses, il a été possible par
la suite de tirer des stratégies de sensibilisation de chaque secteur
aux bienfaits de l’apprentissage en ligne qui tiennent compte des besoins
de formation et des préoccupations propres à chaque domaine. En
voici un bref aperçu :
• La
fonction publique
La fonction publique
québécoise compte plus de 60 000 employés, répartis
dans 20 ministères et 75 organismes situés surtout à Montréal
et à Québec, mais également un peu partout sur le territoire
québécois. Plusieurs départs à la retraite sont
en cours et la formation des recrues s’avère un défi de
taille pour l’État québécois, d’autant plus
que les ressources manquent pour arriver à transférer de façon
adéquate tout le savoir acquis par les fonctionnaires expérimentés
qui quittent. Moderniser l’État, réaliser des économies
d’échelles, partager les ressources entre ministères et
organismes, séduire les plus jeunes, adeptes de nouvelles technologies
: voilà une panoplie de préoccupations de l’Administration
auxquelles peut répondre l’apprentissage en ligne. Par ailleurs,
le gouvernement québécois compte déjà quelques leaders
dans ce domaine². Toutefois, dans l’ensemble, leur usage de l’apprentissage
en ligne reste assez rudimentaire, soit des formations davantage de masse par
auto-apprentissage basées sur des technologies asynchrones. La fonction
publique représente un terreau fertile pour l’apprentissage en
ligne, puisqu’il répondrait à bien des besoins de l’État
québécois.
• L’aéronautique
Après une
période creuse, due aux crises qu’elle a connues notamment avec
le 11 septembre 2001 et le SRAS, l’aérospatiale est maintenant
en plein essor. L’industrie aérospatiale au Québec se classe
au sixième rang mondial avec des revenus annuels de 13,1 milliards de
dollars. Environ 260 entreprises génèrent plus de 42 000 emplois.
Ces entreprises, essentiellement des PME, se situent surtout à Québec
et à Montréal. Toutefois, plusieurs d’entre elles opèrent
dans diverses régions du Québec. Si les plus grandes entreprises
expérimentent l’apprentissage virtuel depuis une vingtaine d’années,
plusieurs entreprises de plus petite taille n’en font pas encore l’usage.
Cette industrie, selon Carmy Hayes, du Centre d’adaptation de la main-d’œuvre
en aérospatiale (CAMAQ), entretient des liens très étroits
avec les institutions scolaires en ce qui a trait à la formation de base
et à la formation continue.
Les entreprises
se soucient grandement de l’homogénéité ainsi que
de la qualité des savoirs et des compétences de la main-d’œuvre
dans leur domaine. Aussi, le partage de ressources en formation fait partie
de leurs préoccupations. L’apprentissage en ligne pourrait combler
les besoins de formation des employés situés en dehors de la région
de Montréal – puisque la plupart des cours y sont offerts sur place
– ou encore être utilisé pour le développement de
compétences des gestionnaires et pour offrir de la formation générique
commune à plusieurs entreprises. La formation continue constitue un enjeu
majeur pour cette industrie de haute technologie faisant face à une compétition
mondiale. L’embauche massive de nouveaux employés prévue
dans cette industrie laisse entrevoir des besoins accrus de formation des recrues
au cours des prochaines années.
• La
biotechnologie et l’industrie pharmaceutique
L’industrie
des biotechnologies au Canada est la deuxième plus importante au monde,
juste après celle des États-Unis. C’est d’ailleurs
ce qui donne le ton au contexte et aux préoccupations de cette industrie
: concurrence féroce, rude compétition pour attirer et retenir
la main-d’œuvre hautement spécialisée et pénurie
de gestionnaires compétents. Tant dans le secteur pharmaceutique qu’en
biotechnologies, au Canada, les entreprises utilisent encore très peu
l’apprentissage en ligne. Selon des intervenants auprès de ces
milieux et les documents consultés, l’apprentissage en ligne dans
ces secteurs pourrait être bénéfique pour développer
les compétences en commercialisation et en marketing, pour former les
pharmaciens, et, plus spécifiquement en biotechnologies, pour amener
les dirigeants d’entreprise, souvent des chercheurs, à développer
leurs compétences en gestion.
Que retient-on
de ces trois études? D’abord, que le partage de ressources entre
les entreprises – ou ministères et organismes – est au cœur
des préoccupations et constitue un facteur critique du succès
de l’implantation de l’apprentissage en ligne. Aussi, il s’avère
primordial de bien cerner les besoins de formation pour ensuite déterminer
lesquels peuvent être comblés par l’apprentissage en ligne.
En outre, créer des partenariats avec les intervenants auprès
du milieu ou les représentants du secteur – que ce soit les associations
professionnelles, les comités sectoriels, les syndicats ou autres –
permet de mieux saisir le contexte et les besoins du milieu et de faciliter
les interactions avec le secteur choisi. Enfin, de nouveaux défis se
posent aux entreprises offrant services et logiciels pour l’apprentissage
en ligne, puisque les besoins en la matière ont évolué.
Outils d’aide à la tâche, outils d’aide à la
décision, lien entre formation en ligne et gestion des connaissances,
logiciels simples à utiliser qui permettent une autonomie de l’usager,
partage d’objets d’apprentissage n’en sont que quelques exemples.
Cet article ne fait qu’un bref survol de tout ce que l’on retrouve
dans les trois études de cas réalisées pour Alliance eLearning.
Les trois rapports sur les secteurs analysés proposent davantage d’informations
et indiquent des stratégies pour sensibiliser ces secteurs aux avantages
à l’apprentissage en ligne. Pour obtenir un exemplaire des rapports,
communiquez avec André Lessard d’Alliance NumériQc, par
courriel alessard@numeriqc.ca ou par téléphone au (514) 848 -7177
#317.
Notes :
¹ Pour en savoir davantage sur ce projet, communiquez avec Josée
Beaudoin, directrice de projets au CEFRIO, (514) 840-1245, ou consultez
notre site.
² Dont Hydro-Québec, la Commission de santé et sécurité au travail (CSST),
Revenu Québec, la Régie des rentes du Québec, la Société immobilière du Québec,
la Société de l’assurance automobile ainsi que les ministères de l’Emploi et
de la Solidarité sociale, des Ressources naturelles et de la Faune, de l’Immigration
et des Communautés culturelles, et celui des Transports.
Rédactrice : Isabelle Vachon, chargée de projets, Direction des
enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources : Diverses entrevues ont été réalisées et
plusieurs documents ont été consultés. Les sources utilisées
pour les trois études de cas sont listées dans chacun des rapports.
2.
Le télétravail : un moyen d’attirer du personnel, une façon
de concilier travail/famille ou un nouveau mode de vie? - À
l’ère des technologies, la plage d’horaire de travail fixe
traditionnelle, communément appelée « 9 à 5 »,
correspond de moins en moins à la réalité de plusieurs
employés. Notamment, la hausse du taux d’adoption des TI a favorisé
le déploiement du télétravail ou du travail à domicile
au cours des dernières années. Pour plusieurs entreprises, ces
modes de travail représentent une excellente façon d’attirer
ou de conserver du personnel. Pour leurs employés, c’est une opportunité
de concilier leurs responsabilités parentales et professionnelles.
Rappelons que la
notion de télétravail est apparue dans les années 1990.
Elle réfère à une activité professionnelle exercée
en dehors des bureaux de l’employeur (à la maison, chez un client,
dans sa voiture, etc.) en ayant recours aux TI et à Internet. Certaines
personnes télétravaillent à temps plein tandis que d’autres
préfèrent travailler à distance quelques jours par semaine
ou par mois.
À l’ère
de l’économie du savoir, les TI permettent d’accomplir des
travaux ou des tâches d’une manière innovante et productive.
Les employés dont le travail est intellectuel ne sont plus limités
par le « 9 à 5 ». Le télétravail ouvre ainsi
la voie à la conciliation travail/vie personnelle. Ce concept relativement
récent est déjà inclus dans des politiques de gestion des
ressources humaines de plusieurs organisations.
En effet, selon
une enquête de Robert Half Technology, 47 % des responsables des TI (CIO)
américains interrogés offrent l’horaire variable comme moyen
de conserver ou de retenir leurs employés qualifiés en informatique.
L’horaire variable et le télétravail sont considérés
comme une façon d’améliorer la satisfaction du personnel
et de démontrer l’appréciation de l’employeur envers
ses employés. Parallèlement, une étude de Towers Perrin
effectuée auprès de la population de seize pays démontre
qu’au moment de choisir un emploi, les gens de partout dans le monde recherchent
des avantages similaires. Parmi ceux-ci, la conciliation travail/vie personnelle
qui occupe le 2e rang au Canada, en France et au Royaume Uni. Elle occupe la
1ère position en Espagne, la 3e aux États-Unis et la 8e en Chine.
On parle de conciliation
travail/famille mais la réalité démontre qu’il s’agit
plutôt d’une intégration du travail et de la vie personnelle.
On ne compte pas le nombre d’heures de travail lorsque celui-ci est intimement
lié à notre style de vie. Pensons par exemple au fermier dont
les heures de travail sont imposées par les cycles de la nature. L’agriculture
n’est pas juste un travail, c’est une façon de vivre. On
peut faire un parallèle avec le monde des TI. L’informatique est
omniprésente. Elle est totalement intégrée au mode de vie
de bien des gens. La limite entre l’utilisation des TI pour le travail
ou pour les activités de tous les jours est mince.
Dans la même
optique, des universitaires et des praticiens voient dans le travail à
la maison une nouvelle tendance vers l’intégration travail/vie
personnelle et non seulement une solution à la problématique de
la conciliation travail/famille. Ils nomment « modular work » ou
« work redesign » le phénomène dans lequel le travail
doit être adapté aux besoins et aux cycles de vie des êtres
humains. Les gens étudient, fondent une famille, prennent soin de leurs
parents, etc. Reconnaissant cette réalité, les employeurs devraient
permettre à leur personnel d’effectuer le travail qu’il est
en mesure de réaliser selon le stade de leur vie. Par exemple, il suffirait
d’accepter de diminuer le nombre d’heures ou d’envisager un
arrêt temporaire d’un employé, sans que cela nuise à
son avenir professionnel.
Un rapport de la
Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels de l’économie
du savoir conclut que les Canadiens télétravaillent davantage
pour répondre aux exigences de leur emploi, en faisant des heures supplémentaires,
que pour des raisons de conciliation travail/famille. On est donc encore loin
du « modular work »!
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Andronache, Tatiana (2006). « IT
industry feels effects of new work-life realities » [En ligne], Computerworld
Canada, 31 mars.
Québec
(Province). Office québécois de la langue française (2005).
« Télétravail
» [En ligne], Le grand dictionnaire terminologique. (Page consultée
le 27 avril 200)
Robert Half Technology
(2006). Keeping
their best on board : chief information officers surveyed reveal smart retention
strategies [En ligne], 29 mars. (Page consultée le 26 avril 2006)
Tremblay, Diane-Gabrielle,
Renaud Paquet et Elmustapha Najem (2006). Le
télétravail : une façon de concilier emploi et famille?
[En ligne], Télé-université. Chaire de recherche du Canada
sur les enjeux socio-organisationnels de l'économie du savoir, janv.
27 p. (Note de recherche ; 2006-03) (Page consultée le 26 avril 2006)
Towers Perrin (2006).
Winning
strategies for a global workforce : attracting, retaining and engaging employees
for competitive advantage : executive report [En ligne], 24 p. (Page consultée
le 27 avril 2006
3.
Combattre la fracture numérique à travers le Canada -
Quoiqu'Internet ait été adopté assez rapidement par la
société canadienne, certains groupes de la population ne participent
toujours pas à la société de l'information et ce, en raison
de différents facteurs. Afin d'y remédier, le gouvernement du
Canada a développé différents programmes qui permettent
à un plus grand nombre de personnes d'avoir accès à un
ordinateur, au réseau Internet, à la large bande et à de
nouveaux services (commerce électronique, télé-santé,
apprentissage en ligne).
L'éloignement et l'accès à Internet
Au Canada, le lieu de résidence joue un rôle important quant à
l'utilisation d'Internet et au type de branchement. Selon des données
d'Ekos Research Associates, les trois quarts (76 %) des Canadiens âgés
de 16 ans et plus qui habitent un milieu urbain utilisent Internet, 69 % ont
accès à Internet à la maison dont la majorité (62
%) disposent de la haute vitesse. Le scénario diffère complètement
en milieu rural où 65 % des Canadiens sont des utilisateurs d'Internet
et où 59 % des gens possèdent Internet à la maison, mais
seulement le tiers au moyen d'une connexion haute vitesse.
Face à cette réalité, le gouvernement canadien a mis en
place un éventail de programmes pour accroître l'accessibilité
à la large bande, une infrastructure, somme toute, très importante
au 21e siècle.
Accès à la large bande en régions rurales et éloignées
En avril 2002, le gouvernement canadien, par l'intermédiaire du Centre
de recherches sur les communications (CRC), a lancé le programme Accès
à la large bande en régions rurales et éloignées.
Ainsi, le CRC s'est engagé, jusqu'en 2007, à coordonner l'exécution
de travaux de recherche et de développement sur les sujets les plus susceptibles
d'avoir une incidence sur la disponibilité de l'accès Internet
par large bande dans les régions éloignées. La recherche
sera d'abord effectuée, puis des technologies à large bande novatrices
et abordables seront développées et mises à l'essai. De
plus, le CRC assure la promotion des concepts auprès des entreprises
afin qu'elles puissent fournir des services à large bande aux régions
mal desservies.
Initiative nationale de satellite
Lancée en octobre 2003 par Industrie Canada en partenariat avec Infrastructure
Canada et l'Agence spatiale canadienne, l'Initiative nationale de satellite
a pour mandat de fournir une capacité satellitaire à prix abordable
aux collectivités du Grand-Nord, du Moyen-Nord ainsi qu'aux autres régions
éloignées du pays afin qu'elles puissent avoir accès à
des services Internet à large bande. Quatre candidats ont été
retenus au cours de la première phase et un total de 52 collectivités
établies en Colombie-Britannique, au Manitoba, en Ontario et à
Kativik au Québec ont bénéficié de cette infrastructure.
En novembre 2005, une entente de financement a été conclue, ce
qui permettra à 43 000 résidents, 14 000 ménages, 2531
institutions et 2100 entreprises des Territoires du Nord-Ouest de bénéficier,
d'ici à la fin de 2006, d'un accès à Internet par large
bande.
Programme pilote de services à large bande pour le développement
rural et du Nord
En complément à l'Initiative nationale de satellite, Industrie
Canada a mis sur pied le Programme pilote de services à large bande pour
le développement rural et du Nord. Ce programme s'adresse aux collectivités
qui n'ont pas accès au réseau Internet à haut débit.
Ainsi, environ 1380 collectivités ont bénéficié
de cette aide. À titre d'exemple, la municipalité de Tillsonburg
au sud-ouest de l'Ontario a pu être reliée au réseau à
large bande, puis développer et appliquer son plan de technologie stratégique.
Cette infrastructure lui a permis d'améliorer sa prestation de services
et de devenir un milieu propice aux affaires. Dernièrement, des fonds
additionnels ont été dégagés, ce qui permettra de
financer quatre nouveaux projets. L'Union des chambres de commerce et d'industrie
de Portneuf, au Québec, bénéficiera ainsi d'un montant
de près de 700 000 dollars pour offrir Internet à grand débit
à 21 collectivités locales.
Enfin, le Fonds canadien sur l'infrastructure stratégique vise également
à développer des réseaux à larges bandes. C'est
par l'intermédiaire de ce programme que les habitants des Îles-de-la-Madeleine,
ainsi que 68 écoles et 103 collectivités des régions rurales
et éloignées de Terre-Neuve-et-Labrador pourront accéder
à ce moyen de communication grâce à des câbles sous-marins.
Les TIC dans les écoles et dans les lieux communautaires
Le tiers (33 %) des Canadiens âgés de 16 ans et plus n'ont pas
accès à Internet à la maison. Ce nombre s'accroît
dans les ménages moins fortunés et chez les personnes plus âgées,
selon les données de Dual Digital Divide. Ainsi, pour réduire
la fracture numérique, il est primordial que des ordinateurs munis d'Internet
soient disponibles dans les lieux publics. Différents programmes communautaires
ont donc été mis en place pour y arriver, dont le Programme d’accès
communautaire et le programme Ordinateurs pour les écoles. Pour sa part,
le programme Francommunautés virtuelles, dont le but était d’enrichir
la toile de contenus francophones et acadiens, a permis la mise en ligne d’une
centaine de projets canadiens depuis 1998.
En terminant, rappelons un autre programme du gouvernement fédéral
qui a connu un grand succès et qui a permis à plusieurs villes
et villages du Canada d'élaborer une stratégie pour mettre les
TIC au service des citoyens, des entreprises et des institutions : les Collectivités
ingénieuses. Pour en connaître davantage sur le sujet, consultez
l'article « Les
gouvernements locaux en ligne au Canada ou le Canada et ses collectivités
ingénieuses » publié dans le bulletin e-Veille de décembre
2004. Mises ensemble, ces initiatives contribueront certainement à faire
du Canada une société de l'information plus diversifiée
et plus équitable.
Extrait d’un article de l’édition d’avril
2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère
des Services gouvernementaux. Consultez l’article complet ainsi que les
autres textes du bulletin pour en savoir plus sur les mesures entreprises par
les gouvernements nord-américains pour combattre le fossé numérique.
Rédactrice
: Sabrina Côté, analyste en statistique, Direction des enquêtes
et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Ekos Research Associates. Integrated
Findings : Final Report, Part of The Dual Digital Divide IV Study,
117 p.
Gouvernement du Canada. « Un
nouveau partenariat fédéral aide les collectivités à
répondre aux besoins des sans-abri », Communiqué de
presse, 25 octobre 2005.
Industrie Canada. « Entente
d'infrastructure permettant d'accroître l'accès aux services à
large bande dans les Territoires du Nord-Ouest », Communiqué
de presse, 24 novembre 2005.
Industrie Canada. « Le
ministre Lapierre annonce l'octroi d'un financement à l'Union des chambres
de commerce et d'industrie de Portneuf… » Communiqué
de presse, 24 novembre 2005.
Site Web du Centre
de recherches sur les communications
Site Web des Francommunautés
virtuelles
Site Web d'Ordinateurs
pour les écoles
Site Web du Programme
d'accès communautaire
Site Web des Services
à large bande
Bulletin
du 13 avril 2006
Version PDF
1. Nouvelle
tendance en marketing : le « circular marketing » ou objectif Terre
2. Joindre l’utile à l’agréable : le
jeu en ligne pour former la génération « techno »
au travail
3. Fracture numérique et compétences des adultes
: situation préoccupante pour le Québec
1. Nouvelle tendance en marketing
: le « circular marketing » ou objectif Terre -
D’un point de vue métaphorique et humoristique, on peut se permettre
de contredire Galilée et d’affirmer que la Terre s’est transformée
en une surface plane ou une plateforme numérique sur laquelle on peut
naviguer et faire des affaires (électroniques). Maintenant, c’est
au tour du marketing de tourner autour de la planète! Naseem Javad, spécialiste
renommé en matière de stratégies de marque sur Internet,
compare la nouvelle tendance marketing à un attirant emballage autour
d’une tablette de chocolat. C’est le circular marketing!
(1)
Plus sérieusement,
les affaires électroniques ont fait apparaître de nouvelles règles
de marketing. Par exemple, on s’adresse directement aux clients visés
et ce, à la destination de leur choix. De plus, le marketing doit englober
les besoins des consommateurs appartenant à un marché spécifique.
Le message qui leur est réservé circulera dans le monde entier.
Également, on s’attend à ce que les activités de
marketing soient accompagnées d’un support et de services accessibles
en continu. En somme, c’est un marketing en action et en mouvement perpétuels
autour de la Terre, complètement circulaire quoi!
De nos jours, la
mondialisation (going global) implique nécessairement la notion de «
going circular ». M. Javed explique ce concept d’une manière
imagée par la circumnavigation autour du globe à la recherche
de nouveaux clients accessibles électroniquement sur la base horaire
24-7-365. Cette nouvelle avenue représente tout un changement, voire
un choc culturel, pour les gestionnaires habitués aux méthodes
traditionnelles de marketing international comme les salons commerciaux et les
voyages d’affaires.
Par ailleurs, les
spécialistes doivent aussi s’ajuster à l’adoption
des nouvelles technologies de l’information dans la société
pour mieux rejoindre et répondre aux demandes des consommateurs. Par
exemple, ils ont tout avantage à tenir compte de l’usage des télécommunications
sans fil pour les communications de masse ou de l’utilisation de la voix
sur IP dont on a d’ailleurs constaté l’emploi dans les places
de marché électroniques.
Spécifions
que le circular marketing est le sujet de l’heure en la matière
et que les projets de recherche s’y rapportant sont encore en cours. Néanmoins,
on sait que le concept requiert une approche totalement différente de
la méthode traditionnelle de marketing. À cet égard, le
développement de stratégies de marque sur Internet (cyberbranding)
constitue un réel défi relativement à l’image que
l’on veut donner ou que l’on donnera de l’entreprise. Ainsi,
il faudra apprendre à créer de nouvelles images de marque ou identités
(global name icons) et à développer de nouvelles façons
de faire pour évoluer dans un univers à la fois multinational
et restreint.
Enfin, M. Javed
considère que seul le marketing mondial existe désormais et que
rien ne pourra empêcher le circular marketing… de tourner!
« Et pourtant,
elle tourne »…
(1) On ne peut traduire circular marketing par marketing circulaire
car l’Office québécois de la langue français a déjà
utilisé cette expression pour définir un autre type de marketing,
soit le « societal marketing ». Cela explique donc pourquoi j’utiliserai
l’expression anglophone dans mon article.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Javed, Naseem (2006). « Circular
marketing : the number one issue of 2006 » [En ligne], Themanager.org,
14 févr. (Page consultée le 11 avril 2006)
Javed, Naseem (2006).
« The next big
challenge : circular marketing » [En ligne], E-commerce times, 2 févr.
(Page consultée le 11 avril 2006)
2. Joindre l’utile à
l’agréable : le jeu en ligne pour former la génération
« techno » au travail - Une véritable révolution
s’amorce avec l’arrivée des « nés avec une souris
à la main » sur le marché du travail. Totalement à
l’aise avec les nouvelles technologies et mordus de jeux vidéo,
les jeunes âgés de moins de 30 ans transformeront les façons
de faire des entreprises et les pousseront à adopter davantage de gadgets
derniers cris et de technologies d’avant-garde, et ce, à un rythme
plus rapide. Selon des articles parus dans Learning Circuits et dans
Educause, l’apprentissage en ligne n’échappe pas
à cette vague.
Finis les modules
en ligne composés de pages de texte à lire suivies de questions-réponses
: la génération qui intègre le marché du travail
souhaite apprendre différemment. Jeux et animations doivent être
de la partie pour répondre aux attentes de ces nouveaux travailleurs
: se divertir en apprenant.
Le jeu constitue
un outil de choix pour former les recrus au vocabulaire de l’entreprise,
aux règles de sécurité, aux divers acronymes, aux normes
et règlements et autres. Par ailleurs, le jeu en ligne s’inscrit
tout droit dans la pédagogie de type constructiviste: il est centré
sur l’apprenant, interactif et rend le travailleur acteur de son apprentissage
plutôt que simple auditeur ou lecteur. Il permet autant l’appropriation
d’informations que celle de procédés, notamment par la simulation
et la résolution de problèmes.
Pour attirer l’attention
des jeunes travailleurs et éviter qu’ils abandonnent la formation
en ligne en cours de route, de nouvelles stratégies pédagogiques
devront être mises en place. Tout un défi se pose donc aux designers
pédagogiques, mais un défi fort stimulant. Si l’apprentissage
par le jeu motive les plus jeunes, il ne risque pas de déplaire aux travailleurs
aguerris. En effet, qui ne souhaitent pas s’amuser en apprenant?
Pour ce faire,
il n’est pas nécessaire de construire un monde virtuel hypercomplexe.
Des jeux très simples peuvent être intégrés à
des modules de formation afin de rendre le processus d’apprentissage plus
attrayant. À titre d’exemples, un jeu de mots croisés en
ligne peut s’avérer une bonne méthode pour apprendre des
termes techniques de base utilisés par l’entreprise. Aussi, des
variantes de jeux de « mots cachés » peuvent être très
efficaces pour apprendre à reconnaître des composantes du «
jargon » du milieu. Incorporer une liste de questions et réponses
à un jeu de serpents et échelles ou encore à un jeu de
Tic Tac Toe peut également ajouter une petite touche ludique à
l’apprentissage de concepts clés, de normes corporatives et autres.
Gagner des points en répondant à des questions peut représenter
un défi des plus stimulants pour l’apprenant. Pour aller plus loin,
pourquoi ne pas lui offrir la possibilité d’entrer en compétition
avec ses pairs en réseau?
Bien sûr,
tous les jeux ne conviennent pas à tous les apprenants. Qui plus est,
apprendre par le jeu n’est pas nécessairement adapté à
tous les styles d’apprenants ni à tous les contenus. Il faut donc
prévoir une analyse de besoins ainsi qu’une phase de tests auprès
des apprenants ciblés avant d’implanter le jeu en ligne comme méthode
de formation en entreprise. Pour s’assurer que tous prennent plaisir à
apprendre au travail, rien de mieux que d’offrir différents modèles
de formation : en présence, par des textes, par des modules de formation
plus « traditionnels » et par le jeu, bien sûr!
Rédactrice : Isabelle Vachon, chargée de projet, Enquêtes
et Veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Kapp, Karl M. « Teaching
Facts with Fun, Online Games », Learning Circuits, février
2006.
Site Enjeux
de la Société pour l’apprentissage à vie (SAVIE)
Van Eck, Richard.«
Digital Game-Based
Learning: It's Not Just the Digital Natives Who Are Restless », Educause
Review, vol. 41, no. 2, mars-avril 2006, p. 16–30
3.
Fracture numérique et compétences des adultes : situation préoccupante
pour le Québec - Récemment
publiée, l'Enquête internationale sur l'alphabétisation
et les compétences des adultes (EIACA) permet d'illustrer le lien entre
les compétences des adultes et leur utilisation de l'ordinateur et d'Internet.
Et la situation n'est pas très rose pour le Québec. On le sait
depuis quelques années, malgré un certain rattrapage, l'utilisation
d'Internet demeure plus faible au Québec que dans le reste du Canada.
L'EIACA vient aussi confirmer que les compétences des Québécois
en compréhension de textes sont plus faibles que la moyenne nationale.
Quelques mots sur les tests de compétences
Selon le Quotidien de Statistique Canada¹ :
L'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences
des adultes (EIACA) de 2003 a été menée auprès de
plus de 23 000 Canadiens, en vue d'évaluer leurs compétences sur
quatre échelles, soit la compréhension de textes suivis, la compréhension
de textes schématiques, la numératie et la résolution de
problèmes. Les compétences ont été évaluées
selon cinq niveaux, en ordre ascendant.
Une publication de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ)²
permet d'en connaître un peu plus sur les tests utilisés pour l'enquête
:
QUATRE DOMAINES DE COMPÉTENCE sont mesurés directement par
le biais de tâches à compléter par les répondants
:
1. Compréhension de textes suivis : compréhension et utilisation
de l'information contenue dans des éditoriaux, des reportages, des brochures,
des dépliants, des manuels, etc. ;
2. Compréhension de textes schématiques : repérage et utilisation
de l'information contenue dans des tableaux, des diagrammes, des cartes géographiques,
etc. ;
3. Numératie : traitement de l'information mathématique présente
dans des activités de la vie courante (établir le solde d'un compte
de chèques, calculer un pourboire, etc.) ;
4. Résolution de problèmes : approche visant à prendre
des mesures concrètes dans des tâches complexes pour lesquelles
il n'y a pas de procédure courante de résolution.
Notés sur un total de 500 points, ces tests permettent de classer les
adultes selon les cinq niveaux ascendants. Et l'ISQ précise :
(…)
Niveau 3 : Ce niveau est considéré comme « le niveau minimal
permettant de comprendre et d'utiliser l'information contenue dans des textes
et des tâches de difficulté grandissante qui caractérisent
la société du savoir émergente et l'économie de
l'information » (Statistique Canada et OCDE, 2005) ; il peut être
vu comme le niveau « souhaité » de compétence pour
fonctionner aisément dans la société actuelle.
Position du Québec dans le Canada
Globalement, une majorité des adultes (16 ans et plus) du Québec
n'atteignent pas le niveau souhaité pour fonctionner aisément
dans la société actuelle. En effet, pour le test de compréhension
de textes suivis, 45 % des adultes québécois atteignent
ou dépassent le niveau 3, comparativement à 52 % pour l'ensemble
des adultes canadiens. Pour ce qui est de la compréhension de
textes schématiques, 43 % des adultes québécois
atteignent le niveau souhaité. Un peu plus de quatre adultes québécois
sur dix (41 %) obtiennent un résultat qui leur permet d'atteindre au
moins le niveau 3.
Pour les tests de compréhension de textes, Statistique Canada divise
les provinces et territoires en trois strates :
• Les provinces et territoires dont les performances dépassent
la moyenne canadienne. On y trouve le Yukon, la Colombie-Britannique, l'Alberta
et la Saskatchewan.
• Les provinces et territoires dont les résultats sont similaires
à la moyenne canadienne. S'y situent, l'Île-du-Prince-Édouard,
la Nouvelle-Écosse, l'Ontario, le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest.
• Enfin, les provinces dont les résultats sont inférieurs
à la moyenne canadienne. On y compte Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick,
le Québec et le Nunavut. Il est à noter cependant que pour les
tests de numératie, le Québec se situe dans la strate dont les
résultats sont semblables à la moyenne canadienne.
En conclusion, malgré une amélioration notable depuis 1994, le
Québec a encore du chemin à faire pour rattraper ce retard mesuré
par les tests de compétence.
Lien entre compétences et utilisation d'Internet
Une analyse
de Statistique Canada confirme le lien entre les compétences mesurées
par les tests de compréhension de textes et l'utilisation de l'ordinateur
et d'Internet. En fait, plus un adulte utilise l'ordinateur ou Internet, meilleurs
sont ses résultats aux divers tests de compétences. Il est cependant
difficile d'établir clairement le lien de cause à effet : est-ce
l'utilisation assidue de l'ordinateur ou d'Internet qui amène un adulte
à mieux répondre aux tests ou ses compétences personnelles
le prédisposent-elles à utiliser davantage les technologies ?
Quoi qu'il en soit, le fait demeure : non seulement les adultes dont les compétences
sont les plus faibles présentent-ils des difficultés à
fonctionner dans la société du savoir, mais en plus, dans la majorité
des cas, ils subissent la fracture numérique. Ils sont donc souvent privés
d'un accès à l'ordinateur ou à Internet. Pourtant, ces
outils technologiques sont de formidables moyens d'acquérir de nouvelles
connaissances, de développer des compétences ou de maintenir certains
acquis cognitifs.
On constate que, par rapport à la moyenne des provinces canadiennes,
le Québec soulève une problématique double. D'une part,
sa population répond moins bien aux tests de compétence et, d'autre
part, son utilisation des technologies demeure plus faible que celle mesurée
dans le reste du Canada. Le défi est donc double, on doit à la
fois chercher à améliorer l'accès aux technologies et continuer
à fournir les efforts pour améliorer les compétences des
adultes.
Des initiatives passées, comme le programme Brancher les familles, ont
connu un succès indéniable pour ce qui est d'augmenter l'utilisation
d'Internet au Québec. Cependant, ce programme ne visait pas nécessairement
les clientèles les plus vulnérables. Comme on peut le constater
à la lecture de l'article de Sabrina Côté publié
dans cette édition du bulletin, les exclus de la société
de l'information ne sont pas les jeunes familles avec enfants, mais plutôt
les adultes moins scolarisés, les moins fortunés, les plus âgés
et les personnes qui ne sont pas sur le marché du travail.
Il faut donc concentrer les efforts pour améliorer l'accès à
Internet, sa disponibilité, sa qualité (haute vitesse) et son
accessibilité économique, sur les clientèles qui demeurent
vulnérables. Parallèlement, les efforts d'amélioration
des compétences des adultes doivent être maintenus, même
s'ils portent leurs fruits depuis 1994³. La table est mise...
Cet article est tiré de l’édition d’avril
2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère
des Services gouvernementaux du Québec. Consultez les autres articles
du bulletin pour en savoir davantage sur les mesures prises par les gouvernements
nord-américains pour freiner la fracture numérique.
Rédacteur : Eric Lacroix, directeur des enquêtes et de la veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Institut de la statistique du Québec. La
littératie au Québec en 2003 : faits saillants, Enquête
internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes
(EIACA), 2003, 2005.
Veenhof, B., Y. Clermont et G. Sciadas, Statistique Canada. Littératie
et technologies numériques : liens et résultats, décembre
2005.
Statistique Canada. « Enquête
internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes
», Le Quotidien, 9 novembre 2005.
Notes :
1. Statistique
Canada; Le Quotidien du 9 novembre 2005.
2. Institut de la statistique du Québec. Enquête
internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes
(EIACA), 2003.
3. Selon l'ISQ : « Lorsqu'on compare les résultats québécois
de 2003 à ceux de 1994, on observe un changement significatif dans le
score moyen obtenu par les 16 ans et plus en compréhension de textes
suivis, lequel passe de 255 à 266 points (…). Cette tendance à
l'amélioration contraste avec la stagnation des scores moyens à
l'échelle canadienne. On note donc une réduction des écarts
entre les moyennes québécoises et canadiennes, mais ces écarts
sont encore significatifs. »
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