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Bulletin du 8 avril 2005
Bulletin du 22 avril 2005

Bulletin du 22 avril 2005
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Dans cette édition :
1. Nouveaux enjeux du gouvernement en ligne
2. L’hôpital numérique : à votre santé!
3. La place de la radio satellite et de la baladodiffusion en 2010


1. Nouveaux enjeux du gouvernement en ligne - Maintenant que plusieurs services publics sont offerts en ligne, quels nouveaux défis attendent les gouvernements? Des écrits publiés par les experts de la question, on peut dégager six grands enjeux qui tiendront en haleine les gouvernements au cours des prochaines années.

1. Marketing des services en ligne : En février 2005, selon notre enquête NETendances¹ , 65,3 % des adultes québécois surfaient régulièrement sur la toile. Il s’agit d’une augmentation fulgurante depuis février 2002, alors que ce taux se fixait à 56,4 %. Malgré ce gain majeur d’internautes et l’éventail de services publics maintenant offerts en ligne, la proportion de Québécois qui consultent mensuellement des sites gouvernementaux est demeurée sensiblement la même au cours de la même période, soit de 30 % pour les sites du gouvernement du Québec et d’environ 22 % pour le gouvernement fédéral. Promouvoir les services mis en ligne constituera donc un des défis majeurs des divers paliers de gouvernements.

2. Donner confiance dans Internet et dans le gouvernement : Usurpation d’identité, vol de données, transmissions de renseignements personnels non autorisées et fraudes informatiques s’avèrent autant de risques que craignent les citoyens qui transigent avec le gouvernement par voie électronique. Pour les rassurer, les gouvernements devront d’abord instaurer les systèmes informatiques les plus sécuritaires, mais également encadrer la transmission de renseignements et protéger la vie privée des citoyens par des lois. Faire la promotion de la sécurité de ces transactions devra aussi faire partie de l’agenda des gouvernements. Néanmoins, le cadre législatif doit être adapté pour permettre certains échanges sécuritaires de données. À titre d’exemple, si elle est adoptée, la loi 83 autorisera l’échange de renseignements de dossiers patients entre professionnels autorisés, et ce, en tout sécurité et dans l’intérêt des citoyens.

3. Attester de l’identité des citoyens : Identifier une personne de manière irréfutable, voilà le rêve de bien des organisations dont les services se fondent sur des données sensibles et confidentielles. La recherche de moyens simples mais irréfutables d’authentifier l’identité des citoyens a mené au développement d’une panoplie de technologies comportant chacune ses avantages et inconvénients. Parmi elles, on compte notamment les cartes électroniques, les authentifiants numériques et les technologies biométriques. Parmi les techniques biométriques les plus connues, notons la reconnaissance de l’empreinte digitale ou l’analyse de l’ADN. Celles-ci sont utilisées actuellement pour contrôler la circulation dans les bâtiments, pour sécuriser davantage les cartes d’identité nationale et les passeports, pour protéger l’accès à des dossiers médicaux ou à des frontières. Grâce au progrès dans ce domaine, nous pouvons croire qu’à moyen terme, des technologies permettront d’authentifier l’identité des citoyens à distance et de leur donner l'accès à des services gouvernementaux en ligne. Déjà, des souris munies d’un capteur d’empreintes digitales, la reconnaissance de la forme du visage à partir d'une image de webcaméra ou encore l’analyse de la dynamique de frappe sur clavier démontrent l’usage potentiel de la biométrie à cette fin.

4. Développer et intégrer les divers canaux de communication : Selon une étude réalisée par IDC et le magazine Technology in Government portant sur les priorités des gouvernements du Canada, intitulée Predictions on the Canadian Government Sector in 2005, un enjeu important concerne l’intégration des divers canaux de communication. Les demandes adressées par téléphone, par la poste, au comptoir de service ou par Internet doivent être gérées à travers un même système. Pour les participants de l’étude, Internet représente un canal de communication parmi d’autres qu’il faut développer et rendre disponibles.

5. Évaluer des services en ligne et indicateurs de performance : Au cœur des préoccupations des gouvernements canadiens, on trouve également l’évaluation des travaux effectués au cours des dernières années. En effet, l’intérêt des répondants de l’enquête de Technology in Governement pour la définition d’indicateurs clés de productivité a augmenté de façon significative : 15 % des personnes interrogées ont jugé qu’elle devait avoir la priorité, comparativement à 10 % en 2003.

6. Développer la participation citoyenne par les TI : Les gouvernements du Canada et des États-Unis vivent une crise importante. La participation des citoyens aux activités démocratiques connaît un déclin considérable depuis les dernières années. En outre, les jeunes sont nombreux à délaisser la politique, comme en témoigne la diminution du taux de participation aux élections. Voilà que de nouvelles technologies de la communication offrent un potentiel d’interaction avec la population. Vote sur la réglementation, référendums et élections, composition de jurys virtuels, consultation publique, accès à davantage d’information et à l’historique des décisions sont autant d’activités de la vie démocratique que les gouvernements pourront mettre en ligne pour accroître la participation des citoyens.

La promotion des services en ligne, l’élaboration de services publics multicanaux intégrés, l'évaluation des services actuels, la sécurité de l’information et le développement de la démocratie en ligne ont été désignés comme les prochaines étapes à franchir pour atteindre le but : une administration publique plus efficace, plus efficiente, plus accessible et plus conviviale.

Note :
¹ Les résultats de l’enquête mensuelle NETendances du CEFRIO sont disponibles en ligne.


Rédactrice :
Isabelle Vachon, analyste-conseil, Enquêtes et veille stratégique, CEFRIO.

Sources :
« Government strategies 2005/06 Meta trends”, Meta Group, [en ligne], 2 mars 2005,
(page consultée le 22 avril 2005)

Coglianese, Cary. The Internet and Citizen Participation in Rulemaking, John F. Kennedy School of Government, Harvard University, [en ligne], novembre 2004, 31 pages, (page consultée le 22 avril 2005)

Gilpin, Mike ; Bartels, Andrew Bartels ; Schwaber, Carey. « The top 10 new technologies for state and local government Forrester Research”, Forrester, 21 juin 2004, 7 p.

Securiteinfo.com. « La biométrie », « Les technologies biométriques », [en ligne], 2004, (page consultée le 22 avril 2005)

Sibley, Kathleen. « Government crafts strategies beyond e-service delivery », itbusiness.ca, [en ligne], 17 mars 2005, (page consultée le 22 avril 2005)

2. L’hôpital numérique : à votre santé! - Au cours des dernières années, force est de le constater, le système de santé s’est montré moins enthousiaste que d’autres secteurs économiques à tirer profit des technologies de l’information. Les hôpitaux ont ainsi souvent été critiqués pour ne pas les avoir adoptées plus rapidement, plusieurs d’entre eux ayant opté pour une position réactive, plutôt que proactive, dans ce domaine. Or, bonne nouvelle, les choses commencent à changer. Aux États-Unis par exemple, certains hôpitaux pionniers ont renversé la vapeur et entrepris une transformation en profondeur grâce aux TI. L’hôpital numérique est désormais à nos portes!

Mais encore, comment peut-on définir cet établissement de l’avenir? Selon PriceWaterhouseCoopers, les technologies sont au cœur même des processus de l’hôpital numérique et représentent une composante fondamentale de sa stratégie d’affaires. Grâce à leur utilisation innovante et à leur appropriation par le personnel soignant, elles permettent à l’organisation d’optimiser son potentiel et partant, d’offrir des soins de plus grande qualité.

Bien que les exemples d’hôpitaux totalement numériques demeurent toujours rares¹, plusieurs établissements américains ont cependant réalisé des pas étonnants dans leur appropriation des TI. Parmi ceux-ci, l’Hackensack University Medical Center (N.-J.) fait certainement figure de proue. Depuis 1998, l’hôpital a en effet investi 72 millions $ US dans différents projets impliquant les technologies, notamment dans :

- la mise en œuvre d’un système électronique de prescription de médicaments;
- l’implantation d’un réseau d’échange d’imageries médicales (système PACS pour picture archiving and communication system) qui permet, entre autres, aux médecins d’examiner les radiographies de leurs patients en ligne;
- l’installation d’écrans télé à plasma dans les chambres des patients, écran leur permettant de rechercher de l’information en ligne sur leur condition médicale;
- un surprenant « médecin électronique », un robot que les médecins peuvent diriger depuis leur portable et grâce auquel ils entrent en interaction à distance avec les patients, par l’intermédiaire d’un système vidéo bidirectionnel.

Les résultats de ces investissements massifs sont éloquents. Le taux de mortalité des patients a diminué, tandis que la productivité des ressources et la qualité des soins sont en hausse. Et malgré le fait que les transformations soient encore récentes et que des obstacles demeurent à surmonter, la direction de l’hôpital est tout à fait convaincue que c’est grâce à ce passage au numérique que l’établissement a pu se hisser en tête du palmarès des hôpitaux du pays.

Le secret du succès de l’Hackensack University Medical Center? Dans le cas du système électronique de prescription de médicaments, le centre hospitalier a passé de longues heures sur le design de l’application, de façon à éviter d’emblée les pièges identifiés dans une étude menée antérieurement sur le sujet. À retenir donc : pour que les TI choisies fonctionnent adéquatement et répondent à toutes les composantes de la routine du corps médical, de nombreuses heures de travail sont nécessaires.

Les médecins eux-mêmes constituent enfin l’un des principaux facteurs de succès des initiatives de transformation par les TI mises de l’avant par les hôpitaux. Si inciter ces praticiens à faire le saut vers le numérique est parfois un défi en soi, une fois convaincus, ils deviennent par contre des alliers cruciaux voire même, des champions du changement. Pour gagner leur appui, une dernière recommandation : s’assurer que les TI leur permettront de gagner du temps, seront faciles à utiliser et n’interféreront pas dans leurs relations avec les patients.


Note :
¹Le concept d’hôpital numérique va en effet au-delà de l’adoption de systèmes cliniques avancés et sous-tend une intégration des TI aux technologies médicales comme par exemple, les lits des patients, l’équipement chirurgical, les systèmes de communication, etc.


Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Sources : PriceWaterhouseCoopers, Reactive to Adaptative : Transforming Hospitals with Digital Technology, mars 2005.

Timothy J. Mullaney et Arlene Weintraub, « The Digital Hospital », BusinessWeek Online, 28 mars 2005,

3. La place de la radio satellite et de la baladodiffusion en 2010 - À l’automne 2004, on apprenait que le roi des médias américains, Howard Stern, avait signé un contrat totalisant 500 millions de dollars U.S. avec la compagnie Sirius, un joueur important dans la radio satellite aux États-Unis. Cet événement a par le fait même révélé à plusieurs personnes l’existence de cette radio nouveau genre. Et ce nouvel engouement n’est pas à la veille de s’estomper puisqu’un récent rapport, The Future of Digital Audio, présenté par Forrester Research Inc., prétend que la radio satellite et la baladodiffusion connaîtront une forte croissance d’utilisation d’ici la fin de cette décennie.

La radio satellite diffère de la radio traditionnelle par le fait qu’elle reçoit les signaux qui sont diffusés par satellites. Elle permet donc à l’auditeur d’écouter la même émission peu importe où il se trouve sans s’attarder aux contraintes relatives à la portée de la station radio. Aux États-Unis, deux compagnies dominent le marché de la radio satellite et, en échange de frais mensuels, offrent aux auditeurs une panoplie de canaux de musique, de nouvelles, de sports, de divertissements, de radios parlées, de circulation et de météo. Un récepteur portable la rend accessible dans l’automobile, différents accessoires permettent de l’écouter par sa chaîne stéréo à la maison et les services sont aussi disponibles en ligne à même son ordinateur.

À la fin de l’année 2004, la radio satellite comptait déjà 4,5 millions d’abonnés aux États-Unis, une croissance de 150 % par rapport aux données de 2003. Selon l’étude mentionnée précédemment, le marché devrait croître constamment pour atteindre 20,1 millions de foyers américains branchés à la radio satellite d’ici la fin de la présente décennie. Avant que le marché ne devienne saturé, les fournisseurs de radio satellite devront offrir différents forfaits d’abonnements pour la rendre accessible à tous et non seulement aux plus riches et ainsi intéresser 85 % des foyers américains. Au Canada, la situation est tout autre. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a débuté, en novembre dernier, les auditions pour l’application du premier service de radio satellite canadien. Une décision devrait être rendue prochainement.

Un autre type de radio gagne en popularité: la radio en ligne. En fait, sur Internet, on retrouve de plus en plus de fichiers audionumériques de tous genres. Il est même possible, pour un amateur de produire sa propre émission de radio et de la rendre disponible sur la toile, c’est facile et peu coûteux à réaliser. Les contenus sont variés et peuvent être écoutés sur divers dispositifs. En effet, un mécanisme, qui a d’abord été popularisé par les blogues, permet de saisir les émissions de radio numérisées et tout autre fichier audio recueillis sur la toile et de les transférer sur un baladeur numérique personnel. En route vers la baladodiffusion ou podcasting. Les utilisateurs conçoivent ainsi leur propre programmation selon leurs propres intérêts. Comme plusieurs personnes ne peuvent écouter leurs émissions favorites en temps réel, cette solution offre à l’utilisateur la possibilité d’en prendre connaissance quand il le veut et où il le veut. Selon les prévisions de l’étude de Forrester, en 2010, 12,3 millions de ménages américains utiliseront leur lecteur MP3 à des fins de baladodiffusion, ce qui représente 62 % des foyers. Dans les prochaines années, la radio en ligne continuera de croître sur les portails comme AOL, Yahoo ! et MSN grâce à l’ajout d’informations numériques et les stations radio, quant à elles, déposeront plus fréquemment, sur leur site Internet, des émissions d’abord diffusées sur les ondes traditionnelles. Toujours selon l’étude, d’ici 2010, 30 % des foyers américains et 50 % des ménages possédant la large bande s’intéresseront à la radio en ligne.

Enfin, est-ce que la baladodiffusion et la radio satellite feront disparaître la radio traditionnelle ? Probablement pas, mais selon certains analystes, la radio traditionnelle pourrait connaître le même sort qu’a subi la radio AM suite à l’arrivée des fréquences FM. Les stations de radio traditionnelle ont donc intérêt à ne pas fermer les yeux sur les nouvelles perspectives qui s’offrent à elles et à intégrer une stratégie de baladodiffusion à leur offre de service.


Rédactrice : Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO
Sources:

News Staff (2005) « New Report forecast growth of satellite radio and podcasting » [En ligne], Government technology, 18 avril 2005, (Page consultée le 21 avril 2005)

Dumais, Michel (2004) « Le podcasting, ou ses émissions préférées sous le bras», Le Devoir, 18 octobre 2004, p.B7.


Bulletin du 8 avril 2005
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Dans cette édition :
1. Les réseaux privés virtuels (RPV) sont-ils vraiment avantageux?
2. Internet au féminin… le fossé perdure
3. Les blogues et les entreprises font-ils bon ménage?

1. Les réseaux privés virtuels (RPV) sont-ils vraiment avantageux? - Les réseaux privés virtuels (RPV ou, en anglais, VPN pour virtual private network), consistent à utiliser Internet comme support sécurisé de transmission d’information au lieu d’un réseau entièrement privé. Ils peuvent s’avérer intéressants pour relier les entreprises comptant plusieurs établissements ou tout simplement pour fournir aux télétravailleurs un accès à distance aux systèmes de leur entreprise.

Selon un article de Jacob Stoller publié en mars dernier dans CMA Management, les RPV sont un moyen économique de remplacer les anciens réseaux de télécommunication privés reliant les différents établissements d’une même entreprise. Les données encryptées, donc inintelligibles pour quiconque voudrait les intercepter durant le transfert, sont transmises d’un point à l’autre par un tunnel, un chemin virtuel. Avec cette utilisation, il est possible de réaliser de grandes économies puisque les RPV utilisent le réseau Internet comme mode de transport éliminant ainsi les frais élevés en télécommunications associés aux réseaux privés. Certaines entreprises utilisent un mélange des deux types de réseaux où les établissements principaux continuent d’être branchés au système d’information central par des réseaux privés alors que les plus petits s’y connectent par un RPV.

Toutefois, l’auteur apporte un bémol à tous ces aspects positifs des RPV. En effet, citant Heath Freel, directeur de la technologie chez End-to-End Networks de Markham, en Ontario, il mentionne que les entreprises doivent savoir que les économies par rapport aux réseaux privés peuvent être réduites en raison des coûts d’installation et de maintenance engendrés par les RPV. Par ailleurs, l’article souligne que les entreprises doivent évaluer correctement leurs besoins puisque certains aspects garantis par les réseaux privés ne le sont pas par les RPV. À titre d’exemple, dans le cas d’une liaison par trame (type de réseau privé), l’entreprise de télécommunication contrôle la bande passante, la sécurité, la disponibilité et le rendement. Ce n’est pas le cas d’un RPV qui dépend du lien à Internet de l’entreprise et de ses établissements. Il suffit d’une panne chez son fournisseur de services Internet pour que le RPV cesse de fonctionner et que les établissements perdent leur lien avec l’entreprise.

Les RPV permettent aussi aux employés d’accéder à distance à tout le réseau de l’entreprise, à leurs données et à leurs applications. Avec un tel système, il n’est dorénavant plus nécessaire que chaque utilisateur à distance soit doté d’une ligne individuelle de transmission de données. Il ne faut pas plus qu’un accès à Internet ce qui élimine certains frais mensuels. Les utilisateurs de portables sont donc en mesure de travailler à différents endroits à la seule condition qu’il y ait un accès Internet. Évidemment, l’accès à haute vitesse garantit un meilleur rendement du RPV.

Si le fait que les travailleurs aient accès à distance au réseau de l’entreprise est certainement un grand avantage, il n’en reste pas moins que l’usage de cette technologie comporte certains risques en matière de sécurité. Ce réseau, relié aux ordinateurs domestiques par RPV, s’expose ainsi davantage aux virus et aux intrusions diverses. Alors, il est important que les employés soient sensibilisés à protéger efficacement leur poste de travail. Mises à jour régulières de l’antivirus et installation d’un bon système pare-feu sont donc tout à fait essentielles. Autre source potentielle d’intrusion, le vol d’un appareil pouvant se brancher par RPV pourrait permettre à un malfaiteur d’accéder au réseau de l’entreprise. Pour éviter ceci, il est nécessaire que l’usager doive s’identifier à chaque fois qu’il se branche à distance aux serveurs de l’entreprise.

Bref, avec leurs qualités et leurs défauts, les RPV constituent sans nul doute une alternative intéressante aux coûteux réseaux privés. Par contre, il ne s’agit pas d’une panacée applicable à toutes les situations. Dans bon nombre de cas, les enjeux reliés à la sécurité ou à la fiabilité du lien de communication primeront sur les opportunités d’économies.

Rédactrice :

Sabrina Côté, analyste en statistique, Enquêtes et Veille stratégique, CEFRIO

Source: Jacob Stoller (2005) « Gagner du temps et économiser grâce aux RPV » [En ligne], CMA Management, mars 2005, (Page consultée le 5 avril 2005)

2. Internet au féminin… le fossé perdure - Depuis 2000, la proportion de femmes qui utilisent Internet sur une base régulière a crû de façon importante au Québec, passant de 33,7 % en 2000 à 53,1 % en 2004. Mais cette augmentation n’aura pas suffi à combler le fossé qui les sépare des hommes. À preuve, l’écart entre les hommes et les femmes, qui atteignait 12,5 points en 2000, se chiffre maintenant à 11,5 points. Que font les femmes sur Internet? Pourquoi le fossé numérique entre les hommes et les femmes persiste? Dans un dossier spécial, intitulé Les Québécoises et Internet¹, le CEFRIO s’est penché sur le sujet et a tenté d’y apporter un éclairage.

Transaction en ligne

Une hausse fulgurante de la proportion d’adultes québécois effectuant des transactions en ligne, que ce soit des achats, du magasinage ou des opérations bancaires en ligne, a été observée depuis cinq ans. Malheureusement, ces gains ont surtout été enregistrés auprès des hommes. Ce phénomène a donc eu pour effet d’accentuer, au cours des années, le fossé entre les Québécoises et les Québécois dans ce type d’activité en ligne. À titre d’exemple, malgré le fait que le pourcentage de Québécoises qui transigent avec leur institution financière par Internet ait doublé depuis 2001, l’écart entre les deux sexes s’est considérablement accru, passant de 5,5 points en 2001 à 10 points en 2004. La même tendance s’observe en ce qui a trait aux achats en ligne au cours du dernier mois et au magasinage sur Internet.

Outre le fait que les femmes utilisent, en général, moins Internet que les hommes, leur perception de la sécurité des transactions en ligne semble aussi un facteur explicatif important de leur faible propension à effectuer des transactions en ligne. En effet, les femmes demeurent plus craintives que les hommes quant à la sécurité des transactions Web par carte de crédit. Et la situation ne s’améliore pas avec le temps, puisqu’un écart entre les deux sexes s’est creusé depuis les cinq dernières années.

Divertissement sur Internet

Les distinctions notables qui se posent et même qui s’accentuent entre hommes et femmes sur les plans de l’usage régulier d’Internet et pour les transactions en ligne se répètent dans le domaine du loisir. Seul loisir sur Internet où les femmes gagnent du terrain : la communication par courriel. En fait, on constate une augmentation constante de l’usage du courriel chez les deux sexes depuis les cinq dernières années. Ce gain a, par ailleurs, été plus important chez les femmes (14 points) que chez les hommes (12,7 points). En 2004, 49,8 % des femmes et 56,9 % des hommes utilisent le courriel. La différence entre les deux sexes s’amenuise également sur le fait de posséder une adresse de courriel, passée de 7,5 points en 2003 à 5,7 points en 2004. Interrogées sur la question, 54,8 % des Québécoises ont indiqué détenir une adresse personnelle de courrier électronique en 2004.

Langue d’usage sur Internet

La langue que les Québécoises utilisent pour naviguer sur le Web les caractérise aussi dans leur usage d’Internet. En 2004, une plus grande proportion de femmes (59,5 %) que d’hommes (52,0 %) surfent avant tout sur des sites uniquement francophones. Le pourcentage de femmes et d’hommes internautes affirmant naviguer en français a considérablement augmenté entre 2001 et 2004, soit d’environ 11 points. Il s’agit en fait d’une transition de l’anglais au français, l’anglais ayant perdu un nombre similaire de points au cours de la même période.

Différent profil, différente utilisation

Est-ce que la situation socio-économique des femmes influence leur faible taux d’utilisation d’Internet comparativement aux hommes? L’analyse statistique plus approfondie des résultats de NETendances entre 2001 et 2004 laisse croire que oui. Si les femmes utilisent moins Internet que les hommes, et ce, depuis cinq ans, il appert que cet écart varie selon l’âge, le revenu, le degré de scolarité, le fait d’avoir un enfant et la région où les femmes habitent. Le retard dans l’utilisation d’Internet se situe surtout chez les femmes de 55 ans et plus, sans enfant, ayant réalisé des études secondaires ou collégiales et dont le ménage possède un revenu annuel brut de moins de 20 000 $. Notons qu’une grande distance se dessine entre les générations de Québécoises. Ainsi, alors qu’un fossé énorme existe entre hommes et femmes de 55 ans et plus (15,9 points), les jeunes femmes affichent un taux d’utilisation d’Internet beaucoup plus près des jeunes hommes de leur âge (3,9 points chez les 18-34 ans; 4,3 points chez les 35-54 ans)².

Pour en savoir plus sur le sujet, procurez vous le rapport complet Les Québécoises et Internet.

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil, Direction des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO

Source :Isabelle Vachon, CEFRIO, Léger Marketing. NETendances 2004 : Les Québécoises et Internet, février 2005, 43 pages.
Procurez vous le fascicule en format PDF ou papier en le commandant sur le site du CEFRIO.

Notes :
¹ Notes méthodologiques - Dans le cadre du sondage omnibus de Léger Marketing, l’enquête NETendances a interrogé au téléphone plus de 12 000 répondants adultes au cours de 2004, à raison d’environ 1000 Québécois par mois. Chaque mois, le taux de réponse à l’enquête s’est avéré supérieur à 60 %. Les résultats sont pondérés selon le sexe, la langue et la région de résidence des répondants de façon à en assurer la représentativité. De façon générale, les résultats mensuels globaux sont affectés d’une marge d’erreur maximale de l’ordre de 3,8 % alors que les résultats portant sur les pratiques des internautes comportent une marge de l’ordre de 5,5 %. Dans le rapport Les Québécoises et Internet, la majeure partie des données porte sur l’année 2004. Par contre, certaines données présentées réfèrent à la période de 24 mois du 1er janvier 2003 au 31 décembre 2004. On devrait les citer de la façon suivante : « En 2003-2004, le taux moyen d’utilisation d’Internet chez les femmes âgées entre 18 et 34 ans se situait à 73,8 %. »

² La dernière enquête NetAdos a, par ailleurs, révélé qu’il n’y a pratiquement aucune différence entre l’usage hebdomadaire des garçons et des filles âgés de 12 à 17 ans. En mars 2004, 87,9 % des garçons contre 89,4 % des filles avaient utilisé Internet au cours de la semaine précédant le sondage. D’autres variables, telles que la langue maternelle et l’occupation principale, ont peu ou pas d’effet sur la différence entre les deux sexes en ce qui a trait à l’utilisation d’Internet. La marge d’erreur de l’étude ne permet cependant pas de conclure à une réelle avance des filles dans cette tranche d’âge.

3. Les blogues et les entreprises font-ils bon ménage? - Les blogues ont bonne presse ces temps-ci. Qui n’a pas entendu parler du « fameux » carnet Web américain qui a dévoilé les témoignages de la Commission Gomery pour lesquels il y avait un interdit de publication? Toutefois, si le blogue a le pouvoir d’influencer le cours de la justice ou de répandre de fausses rumeurs, il comporte de nombreux avantages, tant pour les individus qui ont l’opportunité de s’exprimer librement, que pour les entreprises qui peuvent s’abreuver à cette source riche d’information sur leur clientèle. Le carnet Web est un phénomène en expansion. Selon certaines estimations, d’ici la fin de 2005, approximativement 10 millions de blogues américains et 34 millions de blogues provenant de partout dans le monde seront accessibles dans la blogosphère. Les entreprises ainsi que les spécialistes de la communication et du marketing ont donc intérêt à mieux les connaître et à les utiliser efficacement afin de profiter de toutes leurs possibilités.

Selon Pam Talbot, président de la firme de relations publiques Edelman, nous venons d’entrer dans une ère de personnalisation de masse. D’un côté, les consommateurs s’attendent de plus en plus à ce que leurs marques de commerce ou leurs entreprises favorites s’impliquent et emboîtent le pas. D’un autre côté, les sociétés méconnaissent le phénomène et ignorent les avantages qu’elles pourraient en tirer. À cet effet, les blogues représentent un excellent outil de communication et de marketing. Voici quelques exemples des avantages qu’ils procurent. Les carnets Web :
- représentent une nouvelle source d’information pour les études de marché;
- permettent de connaître le point de vue d’un groupe de gens partageant le même intérêt;
- fournissent l’occasion de lancer une nouvelle publicité et de mesurer son efficacité;
- encouragent la mercatique relationnelle;
- permettent aux employés de s’exprimer, de rétablir la vérité, de prodiguer des conseils, de défendre leur employeur;
- accroissent la visibilité et parfois même la réputation d’une organisation qui publie un blogue ou qui participe dans différents carnets Web.

Cependant, avant de s’embarquer dans une telle aventure, il est important d’en étudier les tenants et aboutissants. Il faut pousser la réflexion au-delà des simples questions comme : devons-nous publier un blogue?, quel type de blogue? et à quoi servira-t-il? Il s’agit, en fait, d’établir la base d’une nouvelle stratégie de communication. Voici donc quelques questions pertinentes à analyser :
- Êtes-vous prêt à engager un dialogue avec votre clientèle?;
- Pensez-vous établir une politique concernant les blogues?;
- Effectuerez-vous des activités de veille pour être au courant des discussions et des commentaires véhiculés à votre sujet? Qui s’occupera de les répertorier? À qui seront-ils transmis?;
- Que ferez-vous des commentaires négatifs?;
- Développerez-vous une stratégie de présentation pour les lancements de nouveaux produits ou les annonces d’événements aux blogueurs?;
- Déterminerez-vous le format ou certains éléments visuels afin que le cybercarnet soit adapté à votre site Web?;
- Êtes-vous prêt à plonger dans la blogosphère avec toute l’honnêteté, la franchise et l’humour possibles? Si vous ne pouvez « dépasser » les niveaux marketing et défensif des messages, alors, le blogue n’est pas pour vous.

Si, par contre, vous jugez que le carnet Web est un outil intéressant, voici quelques trucs à faire… :
- Annoncer sur des blogues clés, s’il est pertinent de le faire;
- Établir une relation bidirectionnelle avec les blogueurs en fournissant du contenu, des explications ou une rétroaction;
- Rédiger des commentaires brefs, succincts et appropriés;
- Dire la vérité;
… et à ne pas faire :
- S’engager dans une discussion orageuse, spécialement si le blogue contient de l’information négative à votre endroit. Répondre afin de rétablir la vérité et publier la réponse sur le site Internet de votre entreprise;
- Être anonyme ou prétendre être quelqu’un d’autre;
- Répandre des critiques non fondées;
- Écrire une réponse déguisée en un message publicitaire. Lorsque vous répondez à une demande, identifiez-vous, offrez de l’aide et transmettez l’URL de votre site Web, de la section des questions répétitives (FAQ) ou celle d’autres ressources.

Enfin, une récente enquête réalisée par Edelman a permis d’observer un transfert graduel de la confiance des Américains vers l’opinion du « citoyen ordinaire » par rapport à celle du spécialiste ou de la figure d’autorité. La « personne moyenne » préfère s’engager dans des discussions plutôt que de recevoir de l’information digérée. Cela explique sûrement - en partie du moins - l’émergence du blogue et l’engouement qu’il suscite. Alors, ne manquez pas le bateau et… suivez le courant!

Pour plus de renseignements, je vous suggère de consulter le rapport mentionné en source.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO

Sources :
Edelman, et Intelliseek (2005). Edelman, Intelliseek co-publish first-of-a-kind report on the impact of blogs [Communiqué de presse, en ligne], 4 avril. (Page consultée le 7 avril 2005)

Edelman, et Intelliseek (2005). Trust media : how real people are finally being heard [En ligne], 22 p. (Page consultée le 7 avril 2005)



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