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Bulletin du 8 avril 2004
Bulletin du 23 avril 2004

 

Bulletin du 23 avril 2004
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Dans cette édition :
1. À qui va donc le chapeau de la sécurité informatique?
2. Innobaromètre : portrait de l’innovation dans les entreprises de l’Union européenne
3. La gestion des connaissances pour améliorer l’administration publique: 2 exemples américains

1-À qui va donc le chapeau de la sécurité informatique?
Si la sécurité informatique est traditionnellement l’une des responsabilités du directeur TI (CIO) d’une organisation, les entreprises sont par contre désormais nombreuses à remettre en cause ce leadership. Ne vaudrait-il pas mieux, par exemple, confier cette tâche délicate à un tiers indépendant (CSO pour « chief security officer ») qui pourrait lui consacrer tout son temps? Là est certainement la question.

Il n’est pas besoin d’être spécialiste en la matière pour savoir que la sécurité informatique est à la fois de plus en plus cruciale et complexe à assurer. Elle requiert ainsi une formation, des compétences ainsi que des aptitudes qui ne cessent de s’affiner et qui, de façon idéale, doivent se doubler d’un instinct de limier. En clair, les enjeux reliés aux brèches informatiques sont devenus si importants que même les employés TI qui maîtrisent les rouages des technologies de protection ne peuvent suffire à la tâche s’ils sont incapables, par ailleurs, de comprendre et de mettre au jour les intentions malveillantes d’éventuels pirates informatiques. Et si ce n’est au personnel TI, à qui donc confier la responsabilité d’assurer la sécurité informatique d’une organisation?

Pour bon nombre d’entreprises et de consultants du milieu, la solution réside en fait dans la scission entre TI et sécurité et partant, dans la création d’une fonction indépendante : le responsable de la sécurité informatique (CSO). Cette option paraît en outre appuyée par les résultats d’un sondage mené par le CIO Magazine auprès de plus de 7 500 répondants répartis dans 54 pays, « The State of Information Security 2003 ». Cette enquête met en effet au jour que les répondants s’étant déclarés « très confiants » face à la sécurité informatique de leur entreprise étaient pratiquement deux fois plus nombreux à œuvrer dans une organisation où la sécurité ne relevait pas des TI que ceux ayant indiqué au contraire ne pas être très confiants. À la base de cette confiance : les premières entreprises rapportaient près de 6 fois moins d’incidents reliés à la sécurité que les secondes, avaient enregistré moins de pannes importantes de réseau, mais aussi… allouaient un budget supérieur à la sécurité.

Plusieurs autres raisons peuvent en outre motiver la séparation des responsabilités associées aux TI de façon globale et à la sécurité informatique. D’aucuns avancent ainsi que s’ils en sont responsables, les directeurs TI peuvent être tentés de réduire le budget consenti à la sécurité pour bénéficier d’une meilleure marge de manœuvre lors de la réalisation d’autres projets reliés aux TI. De plus, pour déjouer les pirates informatiques, il faut savoir penser comme eux, ce qui n’est pas l’apanage de tous les CIO de ce monde. Par ailleurs, les principales menaces à la sécurité provenant le plus souvent de l’interne et d’erreurs humaines associées à un manque de connaissances en sécurité(1), force est de constater que même chez les ressources TI, la formation en matière de sécurité demeure déficiente. Sans oublier enfin, la sempiternelle question de la surcharge de travail du département TI, traditionnellement au prise avec de multiples feux à éteindre.

Dans cette optique, l’idée de confier la lourde responsabilité de la sécurité informatique à un tiers indépendant est certainement un pensez-y bien. Bénéficiant de la formation ainsi que des aptitudes adéquates, celui-ci peut en effet se consacrer à plein temps à la sécurité et s’en faire l’ambassadeur dans toute l’organisation, tout en travaillant bien sûr en étroite collaboration avec le responsable TI.

Qu’on se le dise, le débat est désormais ouvert. Car la scission TI/sécurité a aussi ses détracteurs, certains responsables TI craignant par exemple de perdre de l’influence si la responsabilité de la sécurité leur échappe… tout en demeurant imputables en cas de pépins.


Note :

1- Sur cette question, voir la fiche Infomètre http://www.infometre.cefrio.qc.ca/fiches/fiche715.asp qui rend compte de l’enquête « Committing to security : a CompTIA Analysis of IT Security and the Workforce » menée en mars 2004 par la Computing Technology Industry Association (CompTIA).


Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Sources :

Scott Berinato, « The State of Information Security 2003 », CIO.com, 15 octobre 2003
http://www.cio.com/archive/101503/state.html

Christopher Koch, « Hand Over Security », CIO.com, 15 avril 2004
http://www.cio.com/archive/041504/homeland.html

2- Innobaromètre : portrait de l’innovation dans les entreprises de l’Union européenne
Pour une troisième année consécutive la Commission européenne a tâté le pouls des entreprises des 15 pays membres de l’Union européenne en matière d’innovation. Menée sous le thème « l’Innovation en 2003 : l’expérience et les priorités des managers européens », l’enquête Innobaromètre avait pour objectif de sonder l’opinion des dirigeants d’entreprises selon différents sujets : investissements, incitatifs, approches de gestion, etc. Voici quelques conclusions issues de cette enquête d’envergure.

L’importance de l’innovation
L’innovation, créatrice de valeurs et d’avantages compétitifs, fait partie de la stratégie d’affaires de bon nombre d’entreprises. Ainsi, la mise en marché de produits ou de services, nouveaux ou améliorés, a généré en 2003 des revenus pour quatre entreprises sur cinq (80 %). Dans 10 % des entreprises, la mise en marché de produits et de services innovants a généré plus de la moitié de leur chiffre d’affaires. Ces organisations fortement innovantes sont souvent de jeunes entreprises (10 ans ou moins) ou des entreprises dont plus de 50 % des ventes sont destinées à l’exportation.

Presque neuf entreprises sur dix (89 %) ont investi dans des activités innovantes en 2003. Parmi les « gros investisseurs » on retrouve surtout des entreprises manufacturières, des entreprises exportatrices et des entreprises âgées de 10 ans ou moins. Fait surprenant, les entreprises embauchant entre 50 et 249 employés (PME) sont plus enclines que les entreprises appartenant aux autres catégories de tailles à affecter plus de la moitié de leur budget d’investissements à l’innovation.

Les besoins à combler
Parmi les différents facteurs qui peuvent inciter les organisations à innover, c’est la volonté de répondre aux besoins des consommateurs qui motive la plus grande proportion (35 %) d’entreprises de l’Union européenne. Si les besoins des consommateurs arrivent au premier rang des préoccupations des entreprises, leurs propres besoins ne sont cependant pas tous comblés. Avoir accès à des clients ou à des marchés innovants (37 %), trouver ou mobiliser des ressources humaines (35 %) et trouver ou utiliser de nouvelles technologies (28 %) sont les trois principaux besoins en matière d’innovation ressentis par les entreprises.

Parmi les moyens mis à la disposition des entreprises pour répondre à leurs besoins en technologies de pointe, les entreprises ont été nombreuses (86 %) à identifier la collaboration avec des fournisseurs et des clients comme étant celui qui leur offre le plus de satisfaction. Viennent ensuite l’acquisition de machines et d’équipement de pointe (64 %), la recherche et développement (RD) en interne (52 %), l’acquisition de propriétés intellectuelles externes (29 %) et la collaboration avec des universités ou des spécialistes de RD (28 %).

Les priorités en matière de gestion de l’innovation
En matière de nouvelles approches de gestion de l’innovation, les entreprises prévoient axer leurs efforts au cours des deux prochaines années sur les relations avec les fournisseurs et les clients (23 %), sur les nouvelles caractéristiques des produits et services (21 %), sur le traitement des données et de l’information (16 %), sur l’introduction des nouveaux processus technologiques (15 %), sur la logistique et la livraison (12 %) et sur la restructuration du processus de prise de décision (10 %).

L’enquête Innobaromètre, en plus de dresser un portrait de l’état de la situation de l’innovation dans les entreprises de l’Union européenne, fait ressortir l’importance de la collaboration et de l’établissement de relations avec les fournisseurs et les clients comme une tendance en matière de gestion de l’innovation. La collaboration interentreprise, en aval et en amont, peut s’avérer un moyen de répondre à certains besoins de compétitivité, de performance logistique et de service à la clientèle.

Rédaction : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Sources : Innobaromètre : Résumé et commentaires, Collection Flash Eurobaromètre, Commission européenne, février 2004, 16 p.
ftp://ftp.cordis.lu/pub/innovation-smes/docs/f_innobarometer_summary_fr_2003.pdf

Innobarometer, Flash Eurobarometer, European Commission, February 2004, 80 p.
ftp://ftp.cordis.lu/pub/innovation-smes/docs/f_innobarometer_report_en_2003.pdf

3- La gestion des connaissances pour améliorer l’administration publique: deux exemples américains
La gestion des connaissances (GC) contribue à améliorer l’efficacité des administrations publiques dans divers paliers de gouvernement. C’est ce qu’illustrent deux expériences en gestion des connaissances par les TI réalisées en Californie et dans l’État de New York. Leur grande conclusion : plus qu’un changement technologique, le partage des connaissances nécessite un changement de culture.

Premier cas : Le petit comté californien de Nevada s’est doté d’un logiciel de gestion de documents. Cinq ans auparavant, les 28 départements du comté possédaient chacun un système différent pour stocker, organiser et extraire des documents. Comme plusieurs d’entre eux souhaitaient passer à une nouvelle technologie, le directeur en chef (CEO) en a profité pour amener son comté à changer ses façons de faire par le partage d’applications mais également de connaissances. Le comté a opté pour Xerox DocuShare, une application Web permettant de gérer les contenus et les documents. Qui plus est, le système, relié au site Web public du comté, permet maintenant aux citoyens d’accéder plus facilement à des documents en ligne. Le plus grand obstacle face à cette restructuration de l’organisation n’aura pas été de mettre en place cette technologie, mais bien d’amener les employés à passer d’un travail en silo à un travail collaboratif. Pour contrer le problème, un modèle de gouvernance incorporant les TI a été créé. Les employés ayant des tâches similaires dans les différents départements ont été regroupés autour de communautés d’intérêts. Le système informatique utilisé permet à ces communautés de praticiens de partager des comptes rendus de réunions, du matériel de formation, des agendas et d’utiliser divers outils pour supporter leur groupe. Les bénéfices de cette réorganisation ont été nombreux. Le système gère maintenant 70 000 documents dont 10 % sont rendus publics. Une évaluation des 18 premiers mois d’utilisation a révélé que le portail aura évité 65 000 déplacements de citoyens pour l’obtention de formulaires ou de documents.

Deuxième cas : Une initiative en gestion des connaissances a été instaurée par la Division des affaires municipales de l’État de New York. Cette division gère à elle seule 3 000 gouvernements locaux à travers l’État. Pour arriver à ce que ses employés, répartis dans 11 secteurs du territoire, obtiennent, organisent et diffusent l’information aux municipalités, la Division a mis en place le Municipal Affairs Contact Repository Operating System (MACROS)¹. Depuis son implantation à la fin de 2001, MACROS a permis aux employés d’accéder à une même information sur les municipalités, et ce, en tous lieux. Cette base de données contient maintenant 50 000 documents sur les municipalités. Selon Michele Hasso, une des responsables du projet, la plus grande difficulté aura été d’amener les gens à partager de l’information à l’échelle de l’organisation globale et non de se limiter seulement à leur secteur.

Ces deux cas pratiques en gestion des connaissances viennent consolider une observation déjà documentée par maintes études et analyses d’expériences semblables : plus que l’implantation de TI, la GC est avant tout une révision des processus internes et des façons d’agir à l’intérieur de son organisation. Ces exemples nous montrent que le défi est surmontable, même dans de grandes organisations comme des gouvernements, et que la GC apporte quantité de bénéfices à l’interne comme à l’externe.


Note :

1. Ce projet a été réalisé avec le Center for Technology in Government (CTG). L’étude du CTG portait sur sept agences de l’État de New York et visait à relever certaines barrières au partage de l’information dans les organisations.


Rédactrice :

Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO


Source:

Vicki Powers, avril 2004, « Culture is key: Creating a collaborative government », KMWorld, vol. 13, no. 4, pp. 12-13;28.
http://www.kmworld.com/publications/magazine/index.cfm?action=readarticle&Article_ID=1745&Publication_ID=109


Bulletin du 8 avril 2004
Version pour imprimer en format PDF

Dans cette édition :
1. L'ONU à tête d'Internet ?
2. Bibliothèques publiques et fracture numérique
3. Le déploiement des services à large bande au Canada : Dépôt du rapport final du Comité national de sélection

 

1- L’ONU à la tête d'Internet ?
Les 25 et 26 mars dernier se tenait à New York un forum mondial sur la gouvernance d’Internet. Cette rencontre, organisée par le Groupe d’étude des technologies de l’information et des communications des Nations Unies, réunissait 200 représentants des États membres, de la société civile et de l’entreprise privée. Leur but : discuter de la possibilité pour l’ONU d’acquérir certains pouvoirs sur l’attribution des noms de domaine sur le Net.

Le débat ne date pas d’hier. La régulation des noms de domaine sur Internet était également au menu du Sommet mondial sur la société de l’information à Genève en décembre dernier. L’organisme en charge d’attribuer les noms de domaine sur Internet actuellement, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), est ardemment critiqué par plusieurs pays et organisations. Cet organisme à but non lucratif, basé en Californie, est chargé de coordonner la gestion des éléments techniques du Domain Name System (DNS) et supervise la distribution des identificateurs techniques uniques utilisés dans les opérations Internet et l’affectation des noms de domaine de premier niveau (tels que .com, .info, etc.).

Mise sur pied il y a six ans en remplacement d’une agence américaine, l’ICANN se présente comme un organisme international, notamment à cause de la diversité géographique d’où proviennent les membres de son comité directeur. Ses opposants affirment toutefois qu’elle est sous la tutelle des États-Unis et des pays les plus riches, notamment le Canada, le Japon et les pays d’Europe. Selon Declan McCullagh, journaliste pour CNET, « Le gouvernement américain a encore le contrôle sur les aspects clés de la structure des noms de domaine, de par ses accords qui le lient à l’organisme, et à la société Verisign, en charge de la gestion des extensions les plus lucratives (.com et .net) ». Ses détracteurs lui reprochent également d'être trop favorable au monde des affaires et de négliger les pays pauvres.

Qui devrait attribuer les noms de domaine sur le Net? Les avis demeurent mitigés. De leur côté, les entreprises privées veulent un libre marché sans intrusion des gouvernements et souhaitent que l’ICANN demeure l’organisme en charge de cet aspect. Elles critiquent notamment la lourdeur administrative qui serait imposée au marché par une agence onusienne. Le gouvernement américain abonde également en ce sens. À l’opposé, la plupart des États membres de l’ONU, notamment les pays les plus pauvres, se disent partisans d’une gestion intergouvernementale. Selon eux, une part des pouvoirs de l’ICANN devrait être transférée à l’International Telecommunication Union (ITU), une agence de l’ONU vieille de 138 ans, qui a notamment établi les règles qui régissent les appels téléphoniques internationaux. Notons toutefois que parmi les pays favorables à un contrôle des États sur la toile, on compte la Tunisie, l’Iran, la Chine et Cuba, des pays aux pratiques démocratiques douteuses ayant limité l’accès de leurs internautes à des milliers de sites Web. Enfin, le Groupe de coordination de la société civile (GCSC), collectif d’organisations non gouvernementales (ONG), oscille entre un contrôle des États – s’avérant problématique dans le cas de pays brimant la liberté d’expression - et un organisme pluriel contrôlé par le trio citoyens/privés/publics.

Il faudra attendre la tenue de la deuxième phase du Sommet mondial de la société de l’information, qui aura lieu à Tunis en novembre 2005, pour connaître l’issue de cette impasse. L’événement baignera encore dans la controverse, le choix de la Tunisie comme pays hôte étant vivement critiqué.

Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique

Sources :

Declan McCullagh, 29 mars 2004, “Gouvernance de l’Internet : Washington ne laissera pas l’ONU supplanter l’ICANN », ZDNet.fr.
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39147165,00.htm

Declan McCullagh, 30 mars 2004, « Should the United Nations run the Internet? », CNET News.com.
http://news.com.com/2010-1028_3-5181327.html

Christine Treguier , 16 décembre 2003, « SMSI : la « gouvernance » de l’Internet, un chantier de longue haleine », ZDNet.fr.
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39134006,00.htm

2- Bibliothèques publiques et fracture numérique
Bonne nouvelle, selon un rapport publié par la Bill & Melinda Gates Foundation (1) en collaboration avec plusieurs autres organismes (2), les bibliothèques publiques américaines contribuent à diminuer la fracture numérique aux États-Unis en offrant, à toutes les communautés qu’elles desservent, un accès gratuit à des ordinateurs branchés. Moins bonne nouvelle cependant : malgré ce rôle de premier plan en matière de démocratisation des technologies, elles doivent toujours se débattre et faire face à de nombreux défis, dont celui de leur survie même, pour assurer le maintien et le développement des services mis en place.

L’étude en question, « Toward Equality of Access: The Role of Public Libraries in Addressing the Digital Divide » démontre ainsi que l’accès gratuit aux TI offert par les bibliothèques publiques du pays s’avère très précieux, notamment pour les groupes socioéconomiques traditionnellement désavantagés aux États-Unis (afro-américains, hispanophones, ménages à faible revenu, etc.) et partant, souvent exclus de l’univers numérique. Aujourd’hui, 95 % des bibliothèques publiques permettent à leurs usagers d’utiliser des ordinateurs branchés au Net (3), 14 millions d’Américains, soit environ 10 % de la population internaute totale, utilisant régulièrement ce matériel.

Les ordinateurs des bibliothèques publiques jouent donc un rôle important pour diminuer, sinon enrayer totalement, les inégalités entre diverses communautés en matière d’alphabétisation numérique. Des recherches sur leur utilisation ont en effet démontré que ces ordinateurs :

- rejoignent les groupes désavantagés et plus particulièrement encore les enfants et les adolescents appartenant à ces groupes;
- permettent à ceux qui les utilisent d’apprendre les rudiments de l’informatique et de la navigation sur le Web et les aident ainsi à communiquer avec leur famille et leurs amis, à conduire des recherches sur le Net (information relative à la santé, recherche d’emploi, etc.), à rédiger leur curriculum vitae, à compléter des travaux scolaires ou relatifs à un emploi, etc.
- ont enfin un impact encore plus grand dans les communautés rurales.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’au-delà du seul accès au matériel, bon nombre de bibliothèques offrent aussi du soutien et de la formation informatique à leurs usagers, afin que ceux-ci puissent développer les compétences essentielles à un usage adéquat et efficace des TI.

Si tant l’expérience que les chiffres démontrent que les communautés américaines ont fait le bon choix en investissant dans leurs bibliothèques pour en faire des lieux d’accès gratuit aux technologies, des efforts de sensibilisation doivent cependant toujours être faits auprès des élus afin que les engagements en ce sens soient maintenus. Pour supporter les services informatiques qu’elles ont mis en place, les bibliothèques doivent en effet faire face à plusieurs défis. Elles ont par exemple besoin d’investissement et de support pour assurer la mise à niveau du matériel et des logiciels, maintenir ou améliorer la connectivité des appareils, entretenir les systèmes, former le personnel en poste… et enfin, assurer leur survie dans un contexte économique souvent difficile.


Notes :

1- À noter que la fondation Gates a mis sur pied en 1997 un programme de financement destiné aux bibliothèques publiques des États-Unis et du Canada desservant une population à faible revenu. Au Québec, cette aide s’est traduite par une somme de 8 millions de dollars, distribuée à 548 bibliothèques.

2- AARP, American Library Association, Beaumont Foundation of America, Benton Foundation, Institute of Museum and Library Services, Leadership Conference on Civil Rights, National League of Cities and U.S. Chamber of Commerce.

3- Au Québec, selon le ministère de la Culture et des Communications, ce pourcentage serait d’environ 90 %.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Sources :

Pew Internet and American Life Project, « New Report on Libraries and the Digital Divide », février 2004
http://www.pewinternet.org/releases/release.asp?id=74

Bill and Melinda Gates Foundation, « Toward Equality of Access : The Role of Public Libraries in Addressing the Digital Divide », février 2004
http://www.gatesfoundation.org/nr/Downloads/libraries/uslibraries/reports/TowardEqualityofAccess.pdf

3- Le déploiement des services à large bande au Canada : Dépôt du rapport final du Comité national de sélection
En octobre 2000, le gouvernement du Canada s’est donné comme objectif de rendre accessible la large bande passante à l’ensemble des entreprises et des résidents des collectivités du pays et ce, d’ici 2005.

À l’approche de cette date butoir, le Comité national de sélection (CNS) vient de présenter son rapport final (1). Le mandat du CNS est d’examiner et de recommander au ministère de l’Industrie les propositions de plans de déploiement de la large bande du Programme pilote des services à large bande pour le développement rural et du nord (2). Principalement, ce rapport présente au gouvernement trois recommandations faites par le CNS en vue de la réalisation de l’objectif de relier toutes les collectivités canadiennes à des réseaux à large bande. Voici donc un survol rapide de ces recommandations.

Première recommandation : Rendre les services à large bande une priorité nationale.
Le CNS recommande au gouvernement du Canada d’élever le déploiement de la large bande, pour tous les Canadiens et à un prix abordable, au rang de priorité nationale. Le rapport conseille à Industrie Canada, en guise de recommandation secondaire, de créer une stratégie pour :

  • sensibiliser les groupes d’intervenants clés aux avantages de la large bande;
  • mobiliser le soutien envers les initiatives de services à large bande parmi les groupes d’intervenants;
  • engager les citoyens dans le processus d’élaboration et d’évaluation d’initiatives publiques d’accès abordable à la large bande;
  • tirer des leçons de l’initiative du Programme pilote, diffuser l’information et partager les connaissances entre les collectivités.

Aussi, le CNS conseille à Industrie Canada de mettre sur pied un conseil fédéral-provincial-territorial comme mécanisme de coordination des différentes initiatives sur le territoire canadien et de mettre sur pied une infrastructure de réseautage reliant différents centres d’expertise en matière de large bande au Canada et ailleurs dans le monde.

Deuxième recommandation : Renforcer les initiatives de services à large bande du gouvernement fédéral
Malgré le succès des initiatives de services à large bande – le Programme pilote ainsi que les investissements complémentaires – il est prévu que 1 700 collectivités ne seront pas branchées à des réseaux à large bande d’ici la fin de 2005. Le CNS recommande donc au gouvernement du Canada de renforcer les initiatives en :

  • poursuivant le Programme pilote au-delà de la période prescrite,
  • investissant des sommes supplémentaires du Fonds sur l’infrastructure,
  • permettant aux collectivités d’être éligibles au Programme pilote,
  • déployant d’autres approches pour aider les collectivités qui ne sont pas en mesure de développer un plan de déploiement de services à large bande;
  • stimulant la concurrence sur le plan des services à large bande.

Troisième recommandation : Partager les réalisations du Canada au chapitre des services à large bande
Le CNS recommande au gouvernement de profiter de l’expertise développée en matière de services à large bande au Canada afin de devenir un leader mondial dans ce domaine et d’améliorer la place du Canada à l’international, en partageant les savoirs et les savoir-faire.

En décidant de relever le défi de l’accessibilité à des réseaux à large bande, le Canada a, par la même occasion, décidé de forger le Canada du 21e siècle. Les recommandations du CNS constituent des pistes à suivre afin de concrétiser cette vision à partager avec le reste du monde.


(1) Le CNS est composé de 24 membres provenant de toutes les régions du Canada et provenant de milieux professionnels variés. Madame Monique Charbonneau, présidente-directrice-générale du CEFRIO est membre du Comité.

(2) Le Programme pilote de services à large bande pour le développement rural et du Nord aide à fournir un service Internet à haute capacité aux collectivités non desservies des Premières nations, rurales et éloignées. Lancé le 5 septembre 2002, ce programme d’une valeur de 105 millions de dollars est essentiel pour remplir l’engagement du gouvernement du Canada qui vise à mettre la technologie à large bande à la portée de toutes les collectivités canadiennes. (Site Internet des Services à large bande du Canada)


Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Sources : La perspective des services à large bande: Des collectivités plus efficaces pour un Canada plus fort, Rapport du Comité national de sélection, Programme pilote des services à large bande pour le développement rural et du nord.
http://www.largebande.ic.gc.ca/pub/media/nsc/report/nsc_report_fr.pdf

Site visité : Site Internet des Services à large bande du Canada, http://www.largebande.ic.gc.ca/pub/media/program_description.html

 


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