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du bulletin SISTech : avril 2004
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Bulletin
du 8 avril 2004
Bulletin
du 23 avril 2004
Bulletin
du 23 avril 2004
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pour imprimer en format PDF
Dans cette édition
:
1. À qui va donc le chapeau de la sécurité
informatique?
2. Innobaromètre : portrait de l’innovation
dans les entreprises de l’Union européenne
3. La gestion des connaissances pour améliorer
l’administration publique: 2 exemples américains
1-À
qui va donc le chapeau de la sécurité informatique?
Si la sécurité informatique est traditionnellement l’une
des responsabilités du directeur TI (CIO) d’une organisation, les
entreprises sont par contre désormais nombreuses à remettre en
cause ce leadership. Ne vaudrait-il pas mieux, par exemple, confier cette tâche
délicate à un tiers indépendant (CSO pour « chief
security officer ») qui pourrait lui consacrer tout son temps? Là
est certainement la question.
Il n’est
pas besoin d’être spécialiste en la matière pour savoir
que la sécurité informatique est à la fois de plus en plus
cruciale et complexe à assurer. Elle requiert ainsi une formation, des
compétences ainsi que des aptitudes qui ne cessent de s’affiner
et qui, de façon idéale, doivent se doubler d’un instinct
de limier. En clair, les enjeux reliés aux brèches informatiques
sont devenus si importants que même les employés TI qui maîtrisent
les rouages des technologies de protection ne peuvent suffire à la tâche
s’ils sont incapables, par ailleurs, de comprendre et de mettre au jour
les intentions malveillantes d’éventuels pirates informatiques.
Et si ce n’est au personnel TI, à qui donc confier la responsabilité
d’assurer la sécurité informatique d’une organisation?
Pour bon nombre
d’entreprises et de consultants du milieu, la solution réside en
fait dans la scission entre TI et sécurité et partant, dans la
création d’une fonction indépendante : le responsable de
la sécurité informatique (CSO). Cette option paraît en outre
appuyée par les résultats d’un sondage mené par le
CIO Magazine auprès de plus de 7 500 répondants répartis
dans 54 pays, « The State of Information Security 2003 ». Cette
enquête met en effet au jour que les répondants s’étant
déclarés « très confiants » face à la
sécurité informatique de leur entreprise étaient pratiquement
deux fois plus nombreux à œuvrer dans une organisation où
la sécurité ne relevait pas des TI que ceux ayant indiqué
au contraire ne pas être très confiants. À la base de cette
confiance : les premières entreprises rapportaient près de 6 fois
moins d’incidents reliés à la sécurité que
les secondes, avaient enregistré moins de pannes importantes de réseau,
mais aussi… allouaient un budget supérieur à la sécurité.
Plusieurs autres
raisons peuvent en outre motiver la séparation des responsabilités
associées aux TI de façon globale et à la sécurité
informatique. D’aucuns avancent ainsi que s’ils en sont responsables,
les directeurs TI peuvent être tentés de réduire le budget
consenti à la sécurité pour bénéficier d’une
meilleure marge de manœuvre lors de la réalisation d’autres
projets reliés aux TI. De plus, pour déjouer les pirates informatiques,
il faut savoir penser comme eux, ce qui n’est pas l’apanage de tous
les CIO de ce monde. Par ailleurs, les principales menaces à la sécurité
provenant le plus souvent de l’interne et d’erreurs humaines associées
à un manque de connaissances en sécurité(1), force est
de constater que même chez les ressources TI, la formation en matière
de sécurité demeure déficiente. Sans oublier enfin, la
sempiternelle question de la surcharge de travail du département TI,
traditionnellement au prise avec de multiples feux à éteindre.
Dans cette optique,
l’idée de confier la lourde responsabilité de la sécurité
informatique à un tiers indépendant est certainement un pensez-y
bien. Bénéficiant de la formation ainsi que des aptitudes adéquates,
celui-ci peut en effet se consacrer à plein temps à la sécurité
et s’en faire l’ambassadeur dans toute l’organisation, tout
en travaillant bien sûr en étroite collaboration avec le responsable
TI.
Qu’on se
le dise, le débat est désormais ouvert. Car la scission TI/sécurité
a aussi ses détracteurs, certains responsables TI craignant par exemple
de perdre de l’influence si la responsabilité de la sécurité
leur échappe… tout en demeurant imputables en cas de pépins.
Note :
1- Sur cette question,
voir la fiche Infomètre http://www.infometre.cefrio.qc.ca/fiches/fiche715.asp
qui rend compte de l’enquête « Committing to security : a
CompTIA Analysis of IT Security and the Workforce » menée en mars
2004 par la Computing Technology Industry Association (CompTIA).
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
Scott Berinato,
« The State of Information Security 2003 », CIO.com, 15 octobre
2003
http://www.cio.com/archive/101503/state.html
Christopher Koch,
« Hand Over Security », CIO.com, 15 avril 2004
http://www.cio.com/archive/041504/homeland.html
2-
Innobaromètre : portrait de l’innovation dans les entreprises de
l’Union européenne
Pour une
troisième année consécutive la Commission européenne
a tâté le pouls des entreprises des 15 pays membres de l’Union
européenne en matière d’innovation. Menée sous le
thème « l’Innovation en 2003 : l’expérience
et les priorités des managers européens », l’enquête
Innobaromètre avait pour objectif de sonder l’opinion des dirigeants
d’entreprises selon différents sujets : investissements, incitatifs,
approches de gestion, etc. Voici quelques conclusions issues de cette enquête
d’envergure.
L’importance
de l’innovation
L’innovation, créatrice de valeurs et d’avantages compétitifs,
fait partie de la stratégie d’affaires de bon nombre d’entreprises.
Ainsi, la mise en marché de produits ou de services, nouveaux ou améliorés,
a généré en 2003 des revenus pour quatre entreprises sur
cinq (80 %). Dans 10 % des entreprises, la mise en marché de produits
et de services innovants a généré plus de la moitié
de leur chiffre d’affaires. Ces organisations fortement innovantes sont
souvent de jeunes entreprises (10 ans ou moins) ou des entreprises dont plus
de 50 % des ventes sont destinées à l’exportation.
Presque neuf entreprises
sur dix (89 %) ont investi dans des activités innovantes en 2003. Parmi
les « gros investisseurs » on retrouve surtout des entreprises manufacturières,
des entreprises exportatrices et des entreprises âgées de 10 ans
ou moins. Fait surprenant, les entreprises embauchant entre 50 et 249 employés
(PME) sont plus enclines que les entreprises appartenant aux autres catégories
de tailles à affecter plus de la moitié de leur budget d’investissements
à l’innovation.
Les besoins
à combler
Parmi les différents facteurs qui peuvent inciter les organisations à
innover, c’est la volonté de répondre aux besoins des consommateurs
qui motive la plus grande proportion (35 %) d’entreprises de l’Union
européenne. Si les besoins des consommateurs arrivent au premier rang
des préoccupations des entreprises, leurs propres besoins ne sont cependant
pas tous comblés. Avoir accès à des clients ou à
des marchés innovants (37 %), trouver ou mobiliser des ressources humaines
(35 %) et trouver ou utiliser de nouvelles technologies (28 %) sont les trois
principaux besoins en matière d’innovation ressentis par les entreprises.
Parmi les moyens mis à
la disposition des entreprises pour répondre à leurs besoins en
technologies de pointe, les entreprises ont été nombreuses (86
%) à identifier la collaboration avec des fournisseurs et des clients
comme étant celui qui leur offre le plus de satisfaction. Viennent ensuite
l’acquisition de machines et d’équipement de pointe (64 %),
la recherche et développement (RD) en interne (52 %), l’acquisition
de propriétés intellectuelles externes (29 %) et la collaboration
avec des universités ou des spécialistes de RD (28 %).
Les priorités
en matière de gestion de l’innovation
En matière de nouvelles approches de gestion de l’innovation, les
entreprises prévoient axer leurs efforts au cours des deux prochaines
années sur les relations avec les fournisseurs et les clients (23 %),
sur les nouvelles caractéristiques des produits et services (21 %), sur
le traitement des données et de l’information (16 %), sur l’introduction
des nouveaux processus technologiques (15 %), sur la logistique et la livraison
(12 %) et sur la restructuration du processus de prise de décision (10
%).
L’enquête Innobaromètre,
en plus de dresser un portrait de l’état de la situation de l’innovation
dans les entreprises de l’Union européenne, fait ressortir l’importance
de la collaboration et de l’établissement de relations avec les
fournisseurs et les clients comme une tendance en matière de gestion
de l’innovation. La collaboration interentreprise, en aval et en amont,
peut s’avérer un moyen de répondre à certains besoins
de compétitivité, de performance logistique et de service à
la clientèle.
Rédaction : Caroline
Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources : Innobaromètre
: Résumé et commentaires, Collection Flash Eurobaromètre,
Commission européenne, février 2004, 16 p.
ftp://ftp.cordis.lu/pub/innovation-smes/docs/f_innobarometer_summary_fr_2003.pdf
Innobarometer, Flash Eurobarometer,
European Commission, February 2004, 80 p.
ftp://ftp.cordis.lu/pub/innovation-smes/docs/f_innobarometer_report_en_2003.pdf
3-
La gestion des connaissances pour améliorer l’administration publique:
deux exemples américains
La gestion des connaissances (GC) contribue à améliorer l’efficacité
des administrations publiques dans divers paliers de gouvernement. C’est
ce qu’illustrent deux expériences en gestion des connaissances
par les TI réalisées en Californie et dans l’État
de New York. Leur grande conclusion : plus qu’un changement technologique,
le partage des connaissances nécessite un changement de culture.
Premier cas : Le
petit comté californien de Nevada s’est doté d’un
logiciel de gestion de documents. Cinq ans auparavant, les 28 départements
du comté possédaient chacun un système différent
pour stocker, organiser et extraire des documents. Comme plusieurs d’entre
eux souhaitaient passer à une nouvelle technologie, le directeur en chef
(CEO) en a profité pour amener son comté à changer ses
façons de faire par le partage d’applications mais également
de connaissances. Le comté a opté pour Xerox DocuShare, une application
Web permettant de gérer les contenus et les documents. Qui plus est,
le système, relié au site Web public du comté, permet maintenant
aux citoyens d’accéder plus facilement à des documents en
ligne. Le plus grand obstacle face à cette restructuration de l’organisation
n’aura pas été de mettre en place cette technologie, mais
bien d’amener les employés à passer d’un travail en
silo à un travail collaboratif. Pour contrer le problème, un modèle
de gouvernance incorporant les TI a été créé. Les
employés ayant des tâches similaires dans les différents
départements ont été regroupés autour de communautés
d’intérêts. Le système informatique utilisé
permet à ces communautés de praticiens de partager des comptes
rendus de réunions, du matériel de formation, des agendas et d’utiliser
divers outils pour supporter leur groupe. Les bénéfices de cette
réorganisation ont été nombreux. Le système gère
maintenant 70 000 documents dont 10 % sont rendus publics. Une évaluation
des 18 premiers mois d’utilisation a révélé que le
portail aura évité 65 000 déplacements de citoyens pour
l’obtention de formulaires ou de documents.
Deuxième
cas : Une initiative en gestion des connaissances a été instaurée
par la Division des affaires municipales de l’État de New York.
Cette division gère à elle seule 3 000 gouvernements locaux à
travers l’État. Pour arriver à ce que ses employés,
répartis dans 11 secteurs du territoire, obtiennent, organisent et diffusent
l’information aux municipalités, la Division a mis en place le
Municipal Affairs Contact Repository Operating System (MACROS)¹. Depuis
son implantation à la fin de 2001, MACROS a permis aux employés
d’accéder à une même information sur les municipalités,
et ce, en tous lieux. Cette base de données contient maintenant 50 000
documents sur les municipalités. Selon Michele Hasso, une des responsables
du projet, la plus grande difficulté aura été d’amener
les gens à partager de l’information à l’échelle
de l’organisation globale et non de se limiter seulement à leur
secteur.
Ces deux cas pratiques
en gestion des connaissances viennent consolider une observation déjà
documentée par maintes études et analyses d’expériences
semblables : plus que l’implantation de TI, la GC est avant tout une révision
des processus internes et des façons d’agir à l’intérieur
de son organisation. Ces exemples nous montrent que le défi est surmontable,
même dans de grandes organisations comme des gouvernements, et que la
GC apporte quantité de bénéfices à l’interne
comme à l’externe.
Note :
1. Ce projet a
été réalisé avec le Center for Technology in Government
(CTG). L’étude du CTG portait sur sept agences de l’État
de New York et visait à relever certaines barrières au partage
de l’information dans les organisations.
Rédactrice :
Isabelle Vachon,
analyste-conseil, CEFRIO
Source:
Vicki Powers, avril
2004, « Culture is key: Creating a collaborative government », KMWorld,
vol. 13, no. 4, pp. 12-13;28.
http://www.kmworld.com/publications/magazine/index.cfm?action=readarticle&Article_ID=1745&Publication_ID=109
Bulletin du 8 avril 2004
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pour imprimer en format PDF
Dans cette édition
:
1. L'ONU à tête d'Internet ?
2. Bibliothèques publiques et fracture
numérique
3. Le déploiement des services à large bande au Canada
: Dépôt du rapport final du Comité national de sélection
1- L’ONU
à la tête d'Internet ?
Les 25 et 26 mars
dernier se tenait à New York un forum mondial sur la gouvernance d’Internet.
Cette rencontre, organisée par le Groupe d’étude des technologies
de l’information et des communications des Nations Unies, réunissait
200 représentants des États membres, de la société
civile et de l’entreprise privée. Leur but : discuter de la possibilité
pour l’ONU d’acquérir certains pouvoirs sur l’attribution
des noms de domaine sur le Net.
Le débat ne date pas d’hier. La régulation des noms de domaine
sur Internet était également au menu du Sommet mondial sur la
société de l’information à Genève en décembre
dernier. L’organisme en charge d’attribuer les noms de domaine sur
Internet actuellement, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN),
est ardemment critiqué par plusieurs pays et organisations. Cet organisme
à but non lucratif, basé en Californie, est chargé de coordonner
la gestion des éléments techniques du Domain Name System (DNS)
et supervise la distribution des identificateurs techniques uniques utilisés
dans les opérations Internet et l’affectation des noms de domaine
de premier niveau (tels que .com, .info, etc.).
Mise sur pied il y a six ans en remplacement d’une agence américaine,
l’ICANN se présente comme un organisme international, notamment
à cause de la diversité géographique d’où
proviennent les membres de son comité directeur. Ses opposants affirment
toutefois qu’elle est sous la tutelle des États-Unis et des pays
les plus riches, notamment le Canada, le Japon et les pays d’Europe. Selon
Declan McCullagh, journaliste pour CNET, « Le gouvernement américain
a encore le contrôle sur les aspects clés de la structure des noms
de domaine, de par ses accords qui le lient à l’organisme, et à
la société Verisign, en charge de la gestion des extensions les
plus lucratives (.com et .net) ». Ses détracteurs lui reprochent
également d'être trop favorable au monde des affaires et de négliger
les pays pauvres.
Qui devrait attribuer les noms de domaine sur le Net? Les avis demeurent mitigés.
De leur côté, les entreprises privées veulent un libre marché
sans intrusion des gouvernements et souhaitent que l’ICANN demeure l’organisme
en charge de cet aspect. Elles critiquent notamment la lourdeur administrative
qui serait imposée au marché par une agence onusienne. Le gouvernement
américain abonde également en ce sens. À l’opposé,
la plupart des États membres de l’ONU, notamment les pays les plus
pauvres, se disent partisans d’une gestion intergouvernementale. Selon
eux, une part des pouvoirs de l’ICANN devrait être transférée
à l’International Telecommunication Union (ITU), une agence de
l’ONU vieille de 138 ans, qui a notamment établi les règles
qui régissent les appels téléphoniques internationaux.
Notons toutefois que parmi les pays favorables à un contrôle des
États sur la toile, on compte la Tunisie, l’Iran, la Chine et Cuba,
des pays aux pratiques démocratiques douteuses ayant limité l’accès
de leurs internautes à des milliers de sites Web. Enfin, le Groupe de
coordination de la société civile (GCSC), collectif d’organisations
non gouvernementales (ONG), oscille entre un contrôle des États
– s’avérant problématique dans le cas de pays brimant
la liberté d’expression - et un organisme pluriel contrôlé
par le trio citoyens/privés/publics.
Il faudra attendre la tenue de la deuxième phase du Sommet mondial de
la société de l’information, qui aura lieu à Tunis
en novembre 2005, pour connaître l’issue de cette impasse. L’événement
baignera encore dans la controverse, le choix de la Tunisie comme pays hôte
étant vivement critiqué.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique
Sources :
Declan McCullagh,
29 mars 2004, “Gouvernance de l’Internet : Washington ne laissera
pas l’ONU supplanter l’ICANN », ZDNet.fr.
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39147165,00.htm
Declan McCullagh,
30 mars 2004, « Should the United Nations run the Internet? », CNET
News.com.
http://news.com.com/2010-1028_3-5181327.html
Christine Treguier
, 16 décembre 2003, « SMSI : la « gouvernance » de
l’Internet, un chantier de longue haleine », ZDNet.fr.
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39134006,00.htm
2-
Bibliothèques publiques et fracture numérique
Bonne nouvelle, selon un rapport publié par la Bill & Melinda Gates
Foundation (1) en collaboration avec plusieurs autres organismes (2), les bibliothèques
publiques américaines contribuent à diminuer la fracture numérique
aux États-Unis en offrant, à toutes les communautés qu’elles
desservent, un accès gratuit à des ordinateurs branchés.
Moins bonne nouvelle cependant : malgré ce rôle de premier plan
en matière de démocratisation des technologies, elles doivent
toujours se débattre et faire face à de nombreux défis,
dont celui de leur survie même, pour assurer le maintien et le développement
des services mis en place.
L’étude
en question, « Toward Equality of Access: The Role of Public Libraries
in Addressing the Digital Divide » démontre ainsi que l’accès
gratuit aux TI offert par les bibliothèques publiques du pays s’avère
très précieux, notamment pour les groupes socioéconomiques
traditionnellement désavantagés aux États-Unis (afro-américains,
hispanophones, ménages à faible revenu, etc.) et partant, souvent
exclus de l’univers numérique. Aujourd’hui, 95 % des bibliothèques
publiques permettent à leurs usagers d’utiliser des ordinateurs
branchés au Net (3), 14 millions d’Américains, soit environ
10 % de la population internaute totale, utilisant régulièrement
ce matériel.
Les ordinateurs
des bibliothèques publiques jouent donc un rôle important pour
diminuer, sinon enrayer totalement, les inégalités entre diverses
communautés en matière d’alphabétisation numérique.
Des recherches sur leur utilisation ont en effet démontré que
ces ordinateurs :
- rejoignent les
groupes désavantagés et plus particulièrement encore les
enfants et les adolescents appartenant à ces groupes;
- permettent à ceux qui les utilisent d’apprendre les rudiments
de l’informatique et de la navigation sur le Web et les aident ainsi à
communiquer avec leur famille et leurs amis, à conduire des recherches
sur le Net (information relative à la santé, recherche d’emploi,
etc.), à rédiger leur curriculum vitae, à compléter
des travaux scolaires ou relatifs à un emploi, etc.
- ont enfin un impact encore plus grand dans les communautés rurales.
Par ailleurs, il
ne faut pas oublier qu’au-delà du seul accès au matériel,
bon nombre de bibliothèques offrent aussi du soutien et de la formation
informatique à leurs usagers, afin que ceux-ci puissent développer
les compétences essentielles à un usage adéquat et efficace
des TI.
Si tant l’expérience
que les chiffres démontrent que les communautés américaines
ont fait le bon choix en investissant dans leurs bibliothèques pour en
faire des lieux d’accès gratuit aux technologies, des efforts de
sensibilisation doivent cependant toujours être faits auprès des
élus afin que les engagements en ce sens soient maintenus. Pour supporter
les services informatiques qu’elles ont mis en place, les bibliothèques
doivent en effet faire face à plusieurs défis. Elles ont par exemple
besoin d’investissement et de support pour assurer la mise à niveau
du matériel et des logiciels, maintenir ou améliorer la connectivité
des appareils, entretenir les systèmes, former le personnel en poste…
et enfin, assurer leur survie dans un contexte économique souvent difficile.
Notes :
1- À noter
que la fondation Gates a mis sur pied en 1997 un programme de financement destiné
aux bibliothèques publiques des États-Unis et du Canada desservant
une population à faible revenu. Au Québec, cette aide s’est
traduite par une somme de 8 millions de dollars, distribuée à
548 bibliothèques.
2- AARP, American
Library Association, Beaumont Foundation of America, Benton Foundation, Institute
of Museum and Library Services, Leadership Conference on Civil Rights, National
League of Cities and U.S. Chamber of Commerce.
3- Au Québec,
selon le ministère de la Culture et des Communications, ce pourcentage
serait d’environ 90 %.
Rédactrice
: Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Pew Internet and
American Life Project, « New Report on Libraries and the Digital Divide
», février 2004
http://www.pewinternet.org/releases/release.asp?id=74
Bill and Melinda
Gates Foundation, « Toward Equality of Access : The Role of Public Libraries
in Addressing the Digital Divide », février 2004
http://www.gatesfoundation.org/nr/Downloads/libraries/uslibraries/reports/TowardEqualityofAccess.pdf
3-
Le déploiement des services à large bande au Canada : Dépôt
du rapport final du Comité national de sélection
En
octobre 2000, le gouvernement du Canada s’est donné comme objectif
de rendre accessible la large bande passante à l’ensemble des entreprises
et des résidents des collectivités du pays et ce, d’ici
2005.
À l’approche
de cette date butoir, le Comité national de sélection (CNS) vient
de présenter son rapport final (1). Le mandat du CNS est d’examiner
et de recommander au ministère de l’Industrie les propositions
de plans de déploiement de la large bande du Programme pilote des
services à large bande pour le développement rural et du nord
(2). Principalement, ce rapport présente au gouvernement trois recommandations
faites par le CNS en vue de la réalisation de l’objectif de relier
toutes les collectivités canadiennes à des réseaux à
large bande. Voici donc un survol rapide de ces recommandations.
Première
recommandation : Rendre les services à large bande une priorité
nationale.
Le CNS recommande au gouvernement du Canada d’élever le déploiement
de la large bande, pour tous les Canadiens et à un prix abordable, au
rang de priorité nationale. Le rapport conseille à Industrie Canada,
en guise de recommandation secondaire, de créer une stratégie
pour :
- sensibiliser
les groupes d’intervenants clés aux avantages de la large bande;
- mobiliser le
soutien envers les initiatives de services à large bande parmi les
groupes d’intervenants;
- engager les
citoyens dans le processus d’élaboration et d’évaluation
d’initiatives publiques d’accès abordable à la large
bande;
- tirer des leçons
de l’initiative du Programme pilote, diffuser l’information et
partager les connaissances entre les collectivités.
Aussi, le CNS conseille
à Industrie Canada de mettre sur pied un conseil fédéral-provincial-territorial
comme mécanisme de coordination des différentes initiatives sur
le territoire canadien et de mettre sur pied une infrastructure de réseautage
reliant différents centres d’expertise en matière de large
bande au Canada et ailleurs dans le monde.
Deuxième
recommandation : Renforcer les initiatives de services à large bande
du gouvernement fédéral
Malgré le succès des initiatives de services à large bande
– le Programme pilote ainsi que les investissements complémentaires
– il est prévu que 1 700 collectivités ne seront pas branchées
à des réseaux à large bande d’ici la fin de 2005.
Le CNS recommande donc au gouvernement du Canada de renforcer les initiatives
en :
- poursuivant
le Programme pilote au-delà de la période prescrite,
- investissant
des sommes supplémentaires du Fonds sur l’infrastructure,
- permettant aux
collectivités d’être éligibles au Programme pilote,
- déployant
d’autres approches pour aider les collectivités qui ne sont pas
en mesure de développer un plan de déploiement de services à
large bande;
- stimulant la
concurrence sur le plan des services à large bande.
Troisième
recommandation : Partager les réalisations du Canada au chapitre des
services à large bande
Le CNS recommande au gouvernement de profiter de l’expertise développée
en matière de services à large bande au Canada afin de devenir
un leader mondial dans ce domaine et d’améliorer la place du Canada
à l’international, en partageant les savoirs et les savoir-faire.
En décidant
de relever le défi de l’accessibilité à des réseaux
à large bande, le Canada a, par la même occasion, décidé
de forger le Canada du 21e siècle. Les recommandations du CNS constituent
des pistes à suivre afin de concrétiser cette vision à
partager avec le reste du monde.
(1) Le CNS est composé de 24 membres provenant de toutes les régions
du Canada et provenant de milieux professionnels variés. Madame Monique
Charbonneau, présidente-directrice-générale du CEFRIO est
membre du Comité.
(2) Le Programme
pilote de services à large bande pour le développement rural et
du Nord aide à fournir un service Internet à haute capacité
aux collectivités non desservies des Premières nations, rurales
et éloignées. Lancé le 5 septembre 2002, ce programme d’une
valeur de 105 millions de dollars est essentiel pour remplir l’engagement
du gouvernement du Canada qui vise à mettre la technologie à large
bande à la portée de toutes les collectivités canadiennes.
(Site Internet des Services à large bande du Canada)
Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources : La perspective
des services à large bande: Des collectivités plus efficaces pour
un Canada plus fort, Rapport du Comité national de sélection,
Programme pilote des services à large bande pour le développement
rural et du nord.
http://www.largebande.ic.gc.ca/pub/media/nsc/report/nsc_report_fr.pdf
Site visité
: Site Internet des Services à large bande du Canada, http://www.largebande.ic.gc.ca/pub/media/program_description.html
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