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du bulletin SISTech : avril 2002
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Bulletin du 26 avril 2002
Bulletin du 19 avril 2002
Bulletin du 12 avril 2002
Bulletin du 5 avril 2002
Bulletin
du 26 avril 2002
1. Gestion de l'information : mieux vaut prévenir
que guérir
2. L'image de marque des TI
3. Un réseau de réseaux d'innovation pour améliorer la capacité
concurrentielle des PME canadiennes
1.
GESTION DE L'INFORMATION : MIEUX VAUT PRÉVENIR QUE GUÉRIR - Tôt ou tard,
toute entreprise est vouée à gérer ou selon le cas, à crouler sous le poids
d'une importante accumulation de renseignements, de données et de documents.
Des solutions comme l'entreposage, l'élagage, les réseaux dédiés au stockage
ou les intergiciels de bases de données principales (middleware on back-end
databases) peuvent très bien satisfaire les besoins de certaines organisations.
Malheureusement, dans bien des cas, ces solutions ne servent qu'à mettre un
baume sur une situation fortement susceptible de s'aggraver, voire même de dégénérer.
Mais, puisqu'il est « préférable de prévenir que de guérir »,
comme veut le dicton, la première solution à envisager devrait être l'intervention
de spécialistes comme les gestionnaires de l'information ou les gestionnaires
des documents administratifs.
À prime abord,
les technologies de l'information traitent les? fichiers et non l'information.
De plus, aucune règle n'a jamais vraiment été établie sur la façon d'emmagasiner
l'information électronique, les feuilles de calcul et les fichiers Word. Et,
selon Angela Fares, gestionnaire de l'information chez Radio Shack Corp. au
Texas, les professionnels informatiques n'ont jamais (ou rarement) été en mesure
d'en valoriser, d'un point de vue informationnel, le contenu ou la teneur de
l'information.
Un système de
gestion efficace permet de connaître le but et la date de création de l'information,
son support, les délais de conservation ainsi que sa valeur intrinsèque et les
personnes les mieux désignées pour en bénéficier. La mise sur pied d'un tel
système exige des recherches, des vérifications et des rencontres qui permettront
d'identifier les besoins des différents départements ou personnes de l'organisation
en matière de gestion de « leur » information. Elle nécessite
également un travail de collaboration entre les gens des secteurs informatiques,
juridiques et de la comptabilité et les individus affectés à la gestion documentaire
pour développer une politique cohésive de gestion de l'information.
Pour la plupart
des organisations, cette façon de procéder représente un changement significatif
de la façon dont elles gèrent - ou même considèrent - l'information qu'elles
produisent ou reçoivent. À cet égard, des gestionnaires informatiques travaillant
dans une grande entreprise ont identifié comme plus grands défis rencontrés
dans le cadre d'un projet d'entrepôt de données : le coût, le support de la
direction, les normes juridiques et industrielles, la logistique ainsi que la
gestion du personnel.
Enfin, retenons
que la transformation organisationnelle en matière de gestion de l'information
a surtout l'avantage de faciliter l'accès à la bonne information au moment voulu.
Rédactrice : Isabelle
Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : « Learn to manage data, not crises » dans Computerworld, 15 avril
2002
2.
L'IMAGE DE MARQUE DES TI - Affirmer
que les technologies de l'information (TI) ont de nos jours un impact important
au niveau de l'expérience d'achat des consommateurs relève du cliché. Les TI
sont plus que jamais au centre de la relation qu'une entreprise entretient avec
ses clients. Or, que l'on pense aux sites Web, à la gestion de la relation client
(CRM) et, depuis peu, au « branding » - le développement
de l'image de marque d'une entreprise - les technologies de l'information sont
de plus en plus impliquées avec le marketing. L'intégration de ces deux éléments
est d'ailleurs considérée et reconnue par plusieurs comme un atout important
à la rentabilité des organisations.
Il existe trois
phases distinctes à la vente d'un produit : l'expérience préachat, l'expérience
d'achat et l'expérience postachat. Les TI peuvent jouer un rôle important à
l'ensemble de ces étapes que ce soit au niveau de la publicité, de fournir de
l'information sur le produit, de la vente, du service à la clientèle... Le « branding »
intervient sur l'ensemble de ce processus et, associé aux TI, c'est finalement
une toute nouvelle dimension que l'on donne à cette notion.
Les TI jouent,
à la fois, un rôle crucial dans la prestation, la constance et l'impact de l'expérience
d'achat, en plus d'aider les organisations à développer, à gérer et à mesurer
leur image de marque. À cet effet, un sondage réalisé par la firme de consultation
américaine Prophet en 2002, indiquait que la satisfaction de? la clientèle (96 %),
la popularité du nom de l'entreprise (83 %), les intentions d'achats (79 %)
ainsi que les achats répétitifs sont les quatre indicateurs les plus utilisés
par les organisations afin d'évaluer leur image de marque. Or, la gestion de
l'image de marque passe par une infrastructure technologique capable de capturer,
de regrouper et de traiter cette information client dans les buts (1) de donner,
au sein de l'organisation, la bonne information à la bonne personne, (2) d'améliorer
le processus décisionnel des départements.
Que ce soit en
rapport avec le branding, le CRM ou encore le marketing en général, les TI jouent
un rôle crucial. L'arrimage stratégie/technologies est évidemment une des clés
qui doit guider l'intégration des TI au sein des activités marketing. Le but
à atteindre : l'amélioration de la performance des organisations !
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « A Brand New Role For IT », Jeff Smith, Optimize Magazine, avril
2002
3.
UN RÉSEAU DE RÉSEAUX D'INNOVATION POUR AMÉLIORER LA CAPACITÉ CONCURRENTIELLE
DES PME CANADIENNES - Si
145 000 nouvelles PME sont créées chaque année au Canada, à peine 25 000 entreprises
survivent. Comment expliquer ce taux élevé d'échecs liés à la croissance? Bien
que des représentants canadiens de réseaux d'innovation et de représentants
de PME réunis sous l'égide du Réseau canadien de technologie (RCT) et du Conference
Board du Canada (CBC) à Ottawa en septembre 2001 n'ont pas de réponse globale
au phénomène, ils ont néanmoins pointé la faiblesse de la capacité concurrentielle
des PME canadiennes. Par conséquent, la PME connaît d'importantes difficultés
à pénétrer les chaînes d'approvisionnement des multinationales et percer les
marchés internationaux dans le contexte compétitif de la mondialisation.
Solutions envisagées
: d'une part, centraliser l'offre d'information technologique, financière et
de veille concurrentielle sur un seul portail Web permettant d'accroître ainsi
rapidement la connexité et le rapprochement des entreprises aux réseaux établis
d'innovation (partenaires et organismes de recherche et développement). D'autre
part, les participants ont mandaté le Conference Board du Canada de déterminer
les causes profondes qui affectent la performance et la compétitivité des entreprises
canadiennes par rapport aux pays nordiques réputés très innovateurs telles la
Finlande, la Norvège et la Suède. La publication de cette analyse est prévue
pour le début de 2003.
À pied d'œuvre
depuis 1994 dans la création d'un réseau national du savoir, le Réseau canadien
de technologie réseaute plus de 1000 organismes (universités, associations professionnelles
et industrielles, gouvernements, laboratoires et centres de recherche) dans
le but de favoriser les activités de transfert technologique et de diffusion
des connaissances auprès des entreprises canadiennes. Bien que les dirigeants
des PME reconnaissent les actions accomplies par le RCT dans cet effort de rapprochement,
ils souhaitent que l'organisme facilite davantage les contacts directs avec
les institutions de la recherche et développement perçues comme hermétiques
et intimidantes. À cette fin, les PME souhaitent la création d'un portail Web
unique comme tête de pont d'un réseau de réseaux d'innovation.
On préconise un
modèle de réseau non structuré, flexible, fluide et d'accès facile par le biais
d'un portail Web. On plaide la rareté du temps et des ressources propres à la
PME dont des modalités de participation trop exigentes pourraient compromettre
sa participation et, du coup, saper l'initiative. Donc, la force de ce réseau
ouvert reposerait sur des liens faibles, mais bidirectionnels, humains et très
réactifs : on veut communiquer efficacement en temps opportun de personne à
personne ou de collectivité à collectivité, non pas avec des machines et des
tutoriels. Enfin, on suggère de créer une instance de consultation et de surveillance
du réseau, mais imputable devant ses membres.
Rédacteur : Murray
Caron, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO Source : « Maillage des réseaux d'innovation du Canada », Rencontre organisée
par le Conference Board du Canada et le Réseau canadien de technologie (RCT)
du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) les 4 et 5 septembre 2001
à Ottawa.
Bulletin
du 19 avril 2002
1. Cinq règles d'or pour des projets de gouvernance
en ligne réussis
2. Quand l'anthropologie vient à la rescousse des technologies
de l'information
3. « Cultivating Communities of Pratices »
: un livre culte pour l'entreprise apprenante
1.
CINQ RÈGLES D'OR POUR DES PROJETS DE GOUVERNANCE EN LIGNE RÉUSSIS - En
gouvernance électronique comme ailleurs, les tous premiers ingrédients du succès
d'un projet sont sans contredit la vision, la confiance et la volonté à toute
épreuve de ses leaders. Mais encore, quels sont donc les grands principes à
la base de la réussite d'une offre de service gouvernementale en ligne?
C'est précisément
pour répondre à cette épineuse question, et ainsi mettre au jour les principaux
facteurs de succès de la cybergouvernance, que l'Executive Programs Research
Team de Gartner a récemment sondé une équipe d'experts en la matière. Leurs
conclusions ont ensuite été condensées en cinq impératifs majeurs qui constituent
en fait de véritables « incontournables ».
Voici donc ces
règles d'or à suivre coûte que coûte lors de l'élaboration d'une offre de service
électronique par les administrations publiques :
Règle d'or
no 1 : Se concentrer sur l'objectif ultime de l'intervention : la satisfaction
des besoins et attentes des clientèles
Les gouvernements
sont habituellement organisés en silos fonctionnels, chaque entité (ministères,
directions, organismes, etc.) étant responsable de certains produits et services
spécifiques. Or, et c'est précisément là que le bât blesse, composer avec plusieurs
intervenants pour offrir en bout de ligne une transaction intégrée par voie
électronique n'est pas une mince affaire. La solution : adopter et conserver
le point du vue du client. Il faut en fait chercher à comprendre les comportements
d'internautes des différentes clientèles à desservir (citoyens, entreprises,
travailleurs autonomes, etc.) et saisir leurs attentes dans le but de mieux
y apparier par la suite l'offre de service proposée.
Règle d'or
no 2 : Identifier des leaders aux différents projets
Selon les experts
interrogés, la création d'une entité permanente responsable des stratégies de
gouvernance en ligne adoptée par une administration publique est aussi un gage
de succès. Bien au-delà des actions épisodiques d'un comité formé à la va comme
je te pousse, ce e-ministère aurait ainsi le mandat clair d'assurer le leadership
des opérations en plus d'inspirer et de mobiliser les autres intervenants à
participer à l'effort.
Règle d'or
no 3 : Trouver les ressources
Dans un contexte
de restriction des ressources, des approches créatives et innovantes doivent
être adoptées pour dénicher des fonds et des travailleurs qualifiés. Par exemple,
des partenariats « gagnants/gagnants » peuvent être établis
avec des entreprises privées, des fonds gouvernementaux mis sur pied pour financer
les initiatives rencontrant certains critères, etc.
Règle d'or
no 4 : Investir dans le développement de l'infrastructure informatique de
base
C'est pour le
moins évident.
Règle d'or
no 5 : Maintenir la pression pour progresser sur plusieurs fronts
En clair, il faut
apprendre à naviguer dans les dédales des processus et procédures politiques
pour en tirer le meilleur avantage.
Ajoutez à ces
grands principes une bonne dose d'optimisme et de persévérance et vous venez
de mettre toutes les chances de votre côté pour voir un jour vos e-projets couronnés
de succès.
Rédactrice : Catherine
Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Marianne Broadbent, « Five Imperatives for Successful E-government », CIO Canada, 1er
avril 2002
2.
QUAND L'ANTHROPOLOGIE VIENT À LA RESCOUSSE DES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION
- L'anthropologie
est une science dont le dessein est d'étudier l'Homme. Or, dans cette ère où
l'Homme essaie tant bien que mal d'apprivoiser les nouvelles réalités engendrées
par les technologies de l'information (TI), il est tout à fait normal que l'anthropologie
s'intéresse davantage à l'appropriation des TI.
Les fondements
modernes de cette science nous révèlent que, dans bien des cas, les TI et les
systèmes d'information échouent à répondre à un besoin inhérent de l'Homme -
celui d'interagir avec ses semblables. La problématique réside dans le fait
que trop souvent les organisations adoptent des technologies en ne tenant pas
compte de leurs processus internes et de leurs façons de communiquer. De plus,
leur méconnaissance des TI ne leur permet pas d'utiliser le plein potentiel
de celles-ci. Les organisations se retrouvent ainsi souvent à intégrer une nouvelle
technologie tout en poursuivant leur vieille façon de faire. Par le fait même
- au lieu de faciliter la communication - elles briment leurs employés et créent
une barrière à l'échange et à la mise en commun de connaissances. De leur côté,
les employés doivent être proactifs dans leur utilisation des TI, tandis que
l'interactivité qu'ils recherchent tant doit migrer vers des formes de collaboration
tangibles.
L'interaction
ne demande pas toujours le développement d'une solution informatique complexe
comportant un agenda, un forum de discussion et un bloc-notes intégrés. Des
technologies aussi simples que le courriel ou la messagerie instantanée représentent
d'ailleurs le premier pas à franchir vers une finalité de collaboration tangible.
Elles facilitent l'établissement de relations au sein d'une organisation et
ce, même si la distance sépare les individus ou même si aucun lien hiérarchique
formel n'existe entre eux.
Les fonctionnalités
offertes par les TI, dans leur rôle communicationnel, doivent en fait concorder
avec les besoins réels des individus. L'importance de cette convergence n'est
d'ailleurs pas à dénigrer puisque le travailleur moderne utilise de plus en
plus les TI afin d'entretenir et de développer son réseau de contacts personnels
et professionnels. Les technologies permettent de maximiser ce type de réseau
et de partage des connaissances en redéfinissant le continuum espace-temps.
Il faut toutefois se rappeler que les technologies de l'information ne sont
pas une fin en soi. Les contacts humains face à face pour certaines activités
seront toujours actuels. Le brainstorming, qui gagne à se faire en personne,
en est d'ailleurs un bon exemple.
L'apport de l'anthropologie
à l'étude de l'appropriation des technologies par les organisations et les individus
sera, espérons-le, de replacer la primauté de l'Homme dans tout ce phénomène
contemporain.
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « Software for the People », Elana Varon, CIO Magazine, Knowledge
Management Research Center
3.
« CULTIVATING COMMUNITIES OF PRATICES » : UN LIVRE
CULTE POUR L'ENTREPRISE APPRENANTE - Dans
ce livre fraîchement sorti des presses de la « Harvard Business School »,
trois pionniers américains des communautés de pratique (CoP) documentent et
explicitent toutes les phases de développement d'une telle communauté, depuis
sa forme embryonnaire jusqu'à sa pleine maturité voire sa transformation en
un nouveau département de l'organisation : conditions d'implantation, conseils
pratiques de démarrage, outils de communication, mode d'animation, résolution
de conflits, identification de certains maux et écueils, gestion des connaissances
et des initiatives. Cet ouvrage circonscrit théoriquement la problématique :
il ne s'agit donc pas d'un recueil de recettes. Par contre, à la lumière d'expériences
positives éprouvées dans des contextes organisationnels variés, les auteurs
proposent une approche pragmatique et flexible loin de toute tentative d'imposer
un carcan unique et rigide.
Les auteurs rappellent
que la communauté de pratique s'apparente aux corporations de métiers du Moyen-Âge
qu'a éclipsées la révolution industrielle. Douce revanche des hommes sur la
technologie réplique-t-on, puisqu'elle libère le travailleur de ce qui l'avait
d'abord asservi et assigné à une position fixe et un travail répétitif. Bien
que l'apparition des « unités d'affaires » dans les années
soixante et, un peu plus tard, des « team- based organization »
aient contribué à renouveler le modèle de production industrielle en misant
davantage sur l'entraide et la collaboration, ce n'est qu'au début de la dernière
décennie qu'on a expérimenté plus formellement les premières communautés de
pratique dans quelques grandes entreprises américaines. D'abord marginales,
la popularité de ces pratiques explose à la faveur de l'appropriation des TI
au tournant du millénaire.
Évidemment, la
globalisation économique et l'abolition du temps, des frontières et des distances
par les TI constituent un terreau fertile pour l'éclosion et l'épanouissement
de ces communautés de pratique à géométrie fort variable : nombre, statuts (interne,
externe) et fonction des participants, provenance géographique, domaine, taille,
modes de communication, cadence des échanges bref, la culture de l'organisation
engendre sa propre espèce bien adaptée. Caractéristiques communes de la CoP
: participants issus de différentes fonctions ou unités, hiérarchie distribuée,
prospection d'un domaine précis et non pas atteinte d'un objectif prédéterminé.
S'il est impératif
d'évaluer le rendement de la communauté de pratique afin de favoriser son intégration
à l'organisation et, par là, lui conférer une légitimité et une reconnaissance
par les pairs, il faut reconnaître que la CoP par sa nature organique et consensuelle
plutôt que purement fonctionnelle et hiérarchique se prête mal à l'analyse quantitative.
En attendant l'élaboration d'instruments de mesure plus précis -si cela est
possible, laissez votre calculette et le ROI au vestiaire. Par contre, vous
pouvez examiner le taux de résolution de problèmes soumis, le volume des échanges,
la valeur des connaissances tacites acquises et transférées à l'ensemble de
l'organisation ou la valeur de votre avantage technologique.
En tous les cas,
les gestionnaires devront s'armer de patience avant de goûter aux fruits du
travail collaboratif des CoP, car le rendement à court terme pourrait être décevant.
Mais rassurez-vous : Shell, DaimlerChrysler, HP, Hallmark Cards, Procter & Gamble,
Johnson & Johnson ainsi que certaines administrations publiques, éducatives
et sociétales ont ouvert le chemin et balisé le terrain de manœuvres des communautés
de pratique, ce vaste et prometteur chantier de l'économie du savoir.
*Cet ouvrage est
disponible chez Amazon
Rédacteur : Murray
Caron, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Etienne WENGER, Richard Mc DERMOTT, William M. SNYDER « Cultivating
communities of practice : a guide to managing knowledge », Boston,
Harvard Business School Press, 2002, 284 p.
Bulletin du 12 avril 2002
1. Les technologies de l'information en quête
de productivité
2. L'OCDE cybersquatté : l'organisme brise le tabou du silence
3. Les affaires électroniques ont entraîné une évolution et non
une révolution des processus d'affaires
1.
LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION EN QUÊTE DE PRODUCTIVITÉ - Les organisations
investissent en informatique et en technologies de l'information (TI) dans le
but ultime d'améliorer leur productivité. Bien que les gains en productivités
soient indéniables pour certaines applications informatiques, en général, l'impact
des investissements en TI sur la productivité est souvent moins concret et surtout,
plus difficilement mesurable.
Pourtant, les
coûts associés aux TI sont assez facilement quantifiables; l'ensemble des organisations
reconnaissent ainsi qu'il ne s'agit pas seulement de calculer les coûts d'acquisition
du matériel mais de tenir compte également des coûts de maintenance, de formation,
d'apprentissage... Or, la mesure des gains de productivité demande aux organisations
l'utilisation de nouvelles métriques, mais surtout un changement de perception
envers l'impact et les bénéfices des investissements en TI.
Pour ce faire,
deux changements doivent s'opérer. Premièrement, les investissements en TI ne
doivent plus être évalués et réalisés en fonction des départements. Une vision
globale des besoins de l'organisation et une adéquation entre l'investissement
et les objectifs d'affaires sont cruciales. Deuxièmement, les organisations
doivent revoir leur définition de « productivité ». Anciennement,
cette notion appliquée aux TI nous renseignait par exemple sur le nombre de
mots/minute qu'une personne pouvait taper à son clavier d'ordinateur. Cette
vision individualiste de la productivité est toutefois dépassée de nos jours.
La productivité doit être étudiée au niveau de l'ensemble de l'organisation.
Si au niveau individuel, ce ne sont souvent que des gains aléatoires qui se
concrétisent, au niveau organisationnel par contre - où interaction, collaboration
et partage du savoir sont les mots d'ordre - se sont des gains beaucoup plus
importants qui se réalisent. Ce changement de paradigme fait en sorte que la
valeur des TI doit être analysée, à la fois à partir d'éléments concrets mais
également au niveau de bénéfices plus intangibles.
La quantification
des gains de productivité attribuables aux TI est essentielle de nos jours.
Trop de projets en TI n'ont pas atteint les objectifs escomptés ou ont connu
des résultats médiocres et décevants. D'autre part, les investissements en TI
sont de plus en plus importants et les organisations, de plus en plus soucieuses
d'en tirer le maximum.
Cette nouvelle
relation entre productivité et TI date en fait du début des années 90 mais a
réellement pris son envol avec le nouveau millénaire. La quête de productivité
des technologies de l'information devra dorénavant passer par de nouveaux modèles
qui permettront d'évaluer, de façon globale et quantifiable, les bénéfices de
ces investissements.
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « Measuring the Productivity Impact of IT Investments: Changing the Way Companies
Quantify Gains », réalisé pour Microsoft par Knowledge@Wharton
2. L'OCDE CYBERSQUATTÉ : L'ORGANISME BRISE LE TABOU DU SILENCE
- On savait
que l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ne comptait
pas que des amis, mais on ignorait la ténacité de certains de ses ennemis. Bien
que l'organisme avait renouvelé et payé l'enregistrement de son adresse Web
française (ocde.org) l'automne dernier auprès de VeriSign/Network Solutions,
une erreur de procédure l'a dépouillée de son nom de domaine. Dès lors rançonné
par des escrocs et des prête-noms, l'organisme a finalement retrouvé son identité
deux mois plus tard après une lutte acharnée tant auprès des instances du Web,
notamment le service public WHOIS (base de données des enregistrements de noms
de domaine) et joueurs privés de l'enregistrement. Malgré de vaines tentatives
auprès de l'Uniform Dispute Resolution Procedure (UDRP) et la menace de procédures
judiciaires, c'est finalement l'arnaqueur qui, arrogant mais gentleman, redonna
à titre gracieux l'identité usurpée. Rocambolesque!
Si le meilleur
allié du crime est le silence, force est de constater que l'OCDE a refusé de
se faire complice de son malheur. Contrairement à la majorité silencieuse, l'OCDE
a décidé de prendre les devants et de tout raconter plutôt que de tenter de
camoufler les faits. C'est que plusieurs experts s'entendent pour dire que le
silence sert le crime, qu'il s'agisse de délinquance gratuite commise aux dépens
des internautes vulnérables ou de fraudes commerciales électroniques bien ficelées.
D'ailleurs, une récente enquête du FBI révélait qu'à peine le tiers (35 %)
des responsables d'organismes et d'entreprises ont accepté de divulguer leurs
pertes liées à la cybercriminalité. Statistiques incomplètes, amplification
de la rumeur publique et effet de grossissement des médias sont autant de facteurs
qui non seulement déforment la réalité, mais nuisent à la prévention et à une
lutte plus efficaces.
La publication
des épisodes de cette fraude a-t-elle été proposée par M. Daniel Martin, directeur
sécurité de l'OCDE? Il est permis de le penser. Acteur actif dans la cybercriminalité
depuis de nombreuses années, M. Martin, créateur et ex-responsable du système
d'information de la DST (agence française de sécurité intérieure) est aussi
l'instigateur du CyberCrimInstitut, un réseau d'experts luttant contre la cybercriminalité
par la prévention. Cet organisme dispose d'un service anonyme traitant les plaintes
des victimes de la criminalité virtuelle. La recette, déjà éprouvée, contribuera-t-elle
à changer les choses?
Certes, le rapport
de l'OCDE publié et disponible sur son site Web met en lumière les astuces des
escrocs, mais révèle surtout la vulnérabilité du système d'attribution de noms
de domaine et les failles des mécanismes d'arbitrage des conflits auprès des
instances d'Internet. Certains détails troublants démontrent que le WHOIS, cet
état civil du Web, est une véritable passoire qui profite davantage aux criminels
qu'aux honnêtes citoyens. Refrain connu.
Toutefois, cette
façon de se lancer tête baissée dans la mêlée est rafraîchissante. À la suite
de cette mésaventure, il va sans dire que l'OCDE recommande aux organisations
de s'assurer que le renouvellement du nom de domaine soit valide. Mais l'organisme
international presse également la communauté Web de faire pression afin d'obtenir
des mécanismes d'arbitrage sérieux. Car la mascarade actuelle ne permet même
pas de préserver les apparences de justice.
De telles révélations
sont-elles souhaitables pour la notoriété et la crédibilité des entreprises
et organisations? Briser le silence comme l'a fait l'OCDE, est-ce vraiment l'arme
la plus efficace pour changer une situation qui ne cesse de pourrir et qui révèle
la vulnérabilité critique du Web? Histoire à suivre.
Rédacteur : Murray
Caron, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
- « CYBERSQUATTING : The OECD'S experience and the problems it illustrates with
registar practices and the « WHOIS » system »
- Anne-Laure BÉRANGER « Interview : Daniel Martin , fondateur, Cybercriminstitut », Journal
du Net, 20 décembre 2000
- « Le crime informatique coûte une fortune », Le Soleil,
8 avril 2002, A-12
3. LES AFFAIRES ÉLECTRONIQUES ONT ENTRAÎNÉ UNE ÉVOLUTION ET
NON UNE RÉVOLUTION DES PROCESSUS D'AFFAIRES - L'arrivée
des affaires électroniques annonçait un bouleversement majeur voire même révolutionnaire
de la façon de pratiquer des affaires et ce, malgré sa nature imprécise et mal
définie des tous débuts. Dans la réalité, on assiste plutôt à une évolution
des pratiques d'affaires sur le Web qu'à une révolution.
À cet égard, voici
quelques observations témoignant de cette évolution : - Les objectifs des entreprises
ont changé. Les investissements relatifs aux affaires électroniques sont dorénavant
fondés sur une approche plus pragmatique, moins naïve que par le passé. Les
entreprises visent à faciliter les relations et les transactions faites avec
leurs fournisseurs, leurs partenaires et leurs clientèles, tout en cherchant
toujours, évidemment, à réduire leurs coûts associés à la gestion de la chaîne
logistique et aux interactions avec leurs partenaires.
- Les acteurs
ne sont plus les mêmes. Au départ, les affaires électroniques n'interpellaient
que les grandes firmes bien établies comme Intel, Microsoft, General Motors
et Ford. Maintenant, les petites entreprises et celles de taille moyenne s'impliquent
et se sentent concernées par les affaires électroniques.
- Les joueurs
informatiques ne sont plus les mêmes. Au commencement, le marché des affaires
électroniques était dominé par ce que Meta Group appelle les marchés électroniques
neutres (neutral online markets). Malheureusement, peu d'entre eux ont survécu
et continueront à jouer un rôle important dans les marchés verticaux. Dans le
climat d'affaires actuel, Meta ne prévoit pas l'apparition de nouveaux marchés
mais plutôt l'évolution de marchés réglementés ou partiellement réglementés
par le gouvernement comme celui de l'énergie, de la santé et des télécommunications.
- La technologie
a évolué (et continue de le faire). Après le développement de services tels
que « entreprises à entreprises » (B2B) et « entreprises
à employés » (B2E) rendus par le biais d'un portail, arriveront les
initiatives qui permettront l'intégration des processus d'affaires selon une
approche du type « person-to-system » et « system-to-system ».
- Les utilisateurs
sont en mesure de partager de l'information de plus en plus complexe. Aux premiers
jours du commerce électronique, les organisations pouvaient partager relativement
peu de documents. L'arrivée des portails et des extranets de 3e génération a
permis et favorisé le partage d'information plus riche et plus complexe. Ainsi,
au fur et à mesure que les services Web prendront de la maturité, les processus,
et non seulement les documents, pourront être partagés au-delà des frontières
de l'entreprise.
Enfin, ce que
l'on perçoit comme étant l'échec de la révolution des affaires électroniques
peut s'expliquer par l'attention portée sur des modèles d'affaires défaillants
plutôt que sur les avantages d'Internet. Concrètement, les technologies Internet
ont déjà réussi à réduire significativement les coûts et à accroître l'efficacité
de plusieurs organisations. Il est cependant vrai que certaines ont mieux réussi
que d'autres... Retenons que les affaires électroniques sont là pour rester
et qu'elles continueront de se développer. Donc, explorez le potentiel du commerce
électronique et concentrez vous sur les bénéfices et les avantages tangibles
que vous en retirerez.
Rédactrice : Isabelle
Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : E-Business : The Revolution That Failed - But the Evolution Continues, Meta
Group, 9 avril 2002
Bulletin
du 5 avril 2002
1. Songez à remplacer votre responsable TI si...
2. Le lien entre modèle d'affaires et gestion de la relation client
3. Le « Web Services » : du Web serviable
au Web servile
1. SONGEZ À REMPLACER VOTRE RESPONSABLE TI SI... - Les
changements technologiques, organisationnels et opérationnels observés au cours
des dernières années ont contribué - inévitablement - à transformer le rôle
du responsable des technologies de l'information (TI) d'une organisation. Si
auparavant ses tâches se restreignaient majoritairement à la gestion et au bon
fonctionnement des systèmes informatiques, elles sont aujourd'hui d'une nature
beaucoup plus stratégique. Ainsi, on exige de plus en plus que le gestionnaire
informatique possède des connaissances du monde des affaires, en plus d'une
habileté à bien gérer les TI.
Toutefois, même
si votre responsable TI possède toutes les compétences et habiletés requises,
il peut, tôt ou tard, laisser paraître certains signes avant-coureurs d'un problème
signifiant qu'il serait opportun de songer à le remplacer. Les voici :
1- Incapacité
de justifier les dépenses informatiques. Le responsable TI doit être en mesure
d'expliquer dans les moindres détails tous les investissements informatiques,
que ce soit en matière d'équipement ou de capital humain. Il aurait aussi avantage
à suivre l'évolution des technologies pour s'assurer de conseiller des investissements
permettant de bénéficier du meilleur coût/bénéfice.
2- Incompatibilité
entre les objectifs d'affaires de l'entreprise et ceux du département informatique.
Le fait que le responsable TI ne puisse justifier ses demandes budgétaires signifie
souvent que les buts du département ne concordent pas avec les objectifs globaux
de l'entreprise. Selon Guy Creese, directeur chez Aberdeen Group, les demandes
budgétaires d'un département informatique ainsi que leurs objectifs fixés témoignent
de la vision du responsable TI à l'égard du rôle joué par les TI dans l'organisation.
3- Baisse des
parts de marché. Roger Kay, analyste chez IDC, croit que le rang occupé par
une entreprise dans son secteur d'activité est un bon indicateur de l'efficacité
du responsable TI, particulièrement dans le cas d'une entreprise « IT-dependent ».
4- Le responsable
TI pose un lapin à ses supérieurs. De sérieux problèmes risquent de pointer
à l'horizon si le responsable TI n'informe pas ses collègues de difficultés
pouvant affecter certains projets ou encore s'il a la mauvaise habitude d'annoncer
à la dernière minute des problèmes ou changements. Un bon gestionnaire informatique
a l'habitude d'atteindre la majorité de ses objectifs tout en respectant les
délais et les budgets. Toutefois, dans le cas contraire, celui-ci doit avertir
ses supérieurs et proposer des solutions ou un plan révisé.
5- Le responsable
TI se fait poser un lapin. Inversement, le responsable TI peut être victime
de son propre personnel. Souvent, cette situation est le signe que les communications
internes, dans le département, sont déficientes ou pire, que ses employés lui
cachent de l'information.
Certains analystes
prétendent que la croissance de l'utilisation des TI a de loin dépassé l'offre
de spécialistes ou de responsables informatiques hautement qualifiés. Un conseil
: même si vous pensez avoir embauché le meilleur des gestionnaires informatiques,
vérifiez de temps à autre si l'un de ces cinq signes ne seraient pas présents...
Rédactrice : Isabelle
Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Source : « Five signs your CIO is in trouble » dans E-Commerce Times, 2 avril
2002
2. LE LIEN ENTRE MODÈLE D'AFFAIRES ET GESTION DE LA RELATION
CLIENT - Selon
un sondage américain réalisé en 2001 par le Conference Board, la loyauté et
la rétention de la clientèle sont les premiers défis auxquels font face les
dirigeants d'entreprise. Plusieurs organisations voient ainsi dans les solutions
de CRM (la gestion de la relation client) le salut tant espéré.
Cependant, pour
plusieurs entreprises, la plus grande difficulté du CRM consiste à aligner leur
modèle d'affaires avec leur stratégie client. Le CRM est d'ailleurs beaucoup
plus complexe qu'une question de technologie ou encore qu'une question de management.
La problématique réside en fait dans l'intégration de ces deux éléments. La
rentabilité des solutions de CRM n'a jamais été à la hauteur des attentes jusqu'à
présent justement parce que les cas où ces deux éléments étaient réunis sont
plutôt rares.
Les erreurs les
plus communes en matière de CRM commises jusqu'à présent :
- Implanter une technologie de CRM et croire qu'elle sera le pilier de sa stratégie
client;
- Avoir une vague idée au lieu d'un plan précis de sa stratégie client;
- Avoir une structure organisationnelle ainsi que des processus d'affaires qui
ne sont pas en liens avec la stratégie client.
Le CRM qu'il soit
utilisé pour supporter les ventes, le marketing, le service à la clientèle ou
même le développement de produit demande des réalignements au niveau de la structure,
des processus d'affaires et des technologies de l'information déjà en place
dans l'organisation. Le nouveau modèle d'affaires qui forme la base d'une solution
de CRM rentable doit d'ailleurs tenir compte de ces trois éléments.
En fait, la gestion
de la relation client sera profitable en autant que les organisations se dotent :
- D'une structure organisationnelle flexible et décentralisée,
- De processus d'affaires simples et en adéquation avec leur stratégie client,
- De technologies qui facilitent l'ensemble des échanges d'information ainsi
que la prise de décision dans l'organisation.
La création de
valeur ainsi que la rentabilité des solutions de CRM - voire même des affaires
électroniques en général - ne dépendent pas d'une simple implantation technologique
réussie. Le modèle d'affaires de l'organisation doit être pensé de façon à ce
que stratégie, technologies et processus d'affaires fassent bon ménage!
Rédacteur : François
Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : « Capturing Value Through Customer Strategy »; Rosenbleeth, Dallas-Feeney,
Simmerman, Casey; Booz Allen Hamilton, 2002
3. LE « WEB SERVICES » : DU WEB SERVIABLE
AU WEB SERVILE -
En TI, une révolution n'attend pas l'autre: après le Web statique, le Web dynamique,
la place d'affaires électroniques et le client léger, voici venir un Web sémantique
où l'on échange moins des objets que des services exécutés automatiquement par
des machines et applications distantes. Selon ses promoteurs, les géants de
l'informatique, ce Web de troisième génération serait au commerce électronique
interentreprises ce que le Web fut à l'appropriation populaire.
Ce projet de pouvoir
déléguer l'exécution des actions aux machines n'est possible que si elles se
comprennent et échangent entre elles sans égard à leurs programmes, langages
et passerelles. Concrètement, qu'est-ce qu'un service Web? Si votre imprimante
laser flanche, il est possible que votre technicien arrive avant même que vous
ne décidiez, résigné, de l'appeler. Bref, le Web Services pige tout rapidement
et accomplit prestement une gamme de services tant dans l'arrière-boutique qu'au
service à la clientèle.
Voici un vieux
fantôme de l'informatique qu'on a sorti du placard à la faveur de la tiédeur
relative du commerce électronique interentreprises. Parce qu'il faut bien le
dire, la révolution B2B n'a pas encore vraiment eu lieu. C'est qu'elle est freinée
à la fois par la vigueur et la sécurité offertes par l'EDI, mais également par
« l'insouciance » d'Internet. Si jusqu'à maintenant, Internet
facilitait et dynamisait l'interactivité et la rapidité des échanges, il ne
pouvait ni les intégrer ni les automatiser, encore moins garantir l'intégralité
de l'information transmise.
Ainsi, en mode
navigation, une page appelée à laquelle il manque une information est fâcheux,
mais rarement dramatique. Par contre, lors de transactions commerciales, toute
perte d'information furtive et non signalée est préjudiciable pour les tiers
impliqués. La solution : l'implémentation du protocole SOAP, lui-même associé
aux protocoles Internet existants, squattera Internet pour y loger une plateforme
universelle de transmission fiable d'échange de données : le Web devient donc
une interface interopérationnelle. L'automatisation des processus sera assurée
par des instructions machines basées sur des règles propres à chaque entreprise
: qualification de l'acheteur, approbations, modalités de paiement, etc. À terme,
c'est l'annuaire UDDI (Universal Description, Discovery and Integration) qui
recense des données (nom, modalités de paiement, descriptions et codes des produits,
etc.) sur des milliers d'entreprises qui assurera l'automatisation et l'interopérabilité.
Mode passagère
ou tendance de fond? Difficile à juger, néanmoins tous les géants de l'informatique,
dont notamment Microsoft, IBM, Oracle, Sun et HP, travaillent à cette plateforme
universelle. L'avantage de ce nouveau protocole, c'est qu'il n'oblige pas les
entreprises à une réingénierie de leurs installations et renouvellement des
applications informatiques. Il s'agit donc d'une révolution de protocole (d'ailleurs
disponible en « open source »), non de machines. En attendant
le triomphe de ce Web Services annoncé pour 2005-2007, on peut toutefois, à
la lumière des prédictions antérieures, douter moins de la réalisation technologique
de la prophétie que de son adoption massive par les entreprises qui ne cessent
d'être courtisées et appelées à ce qui commence à ressembler à une tentative
de sauvetage du Web. Beau concept en théorie, mais attendons l'épreuve du réel
toute aussi cruciale que celle du virtuel.
Rédacteur : Murray
Caron, analyste-conseil à la veille stratégique, CEFRIO Source : Kevin MARRON,
« The quiet revolution in e-business » Globe and Mail, 28
mars 2002.
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