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Archives du bulletin SISTech: avril 2001
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Bulletin du 27 avril 2001
Bulletin du 12 avril 2001
Bulletin du 6 avril 2001

Bulletin du 27 avril 2001

1. La Suède : havre des technologies de l'information
2. Une initiative internationale pour accroître la confiance des consommateurs dans le commerce électronique
3. Pub en ligne : de l'espoir en vue?
4. Les courriels internes inutiles : le véritable pourriel des entreprises
5. Assurer la connectivité des Amériques : un enjeu démocratique pour les chefs d'État

1. LA SUÈDE : HAVRE DES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION - Avez- vous horreur d'attendre en file au supermarché, ayant à subir les regards impatients des personnes derrières vous pour qui rien n'avance assez vite? Si oui, alors déménageons en Suède!

Une chaîne de supermarché vient en effet d'implanter un système permettant de balayer (scanner) vous-même les objets que vous désirez acheter au fur et à mesure que vous les déposez dans votre panier. Plus besoin de faire la file avant de sortir de l'épicerie, vos achats sont portés automatiquement sur votre carte de crédit.

Même si elle paraît un peu futuriste, cette situation n'a rien d'étonnant si l'on tient compte de la propension des Suédois à utiliser tout ce qui touche de près ou de loin les technologies d'information. La Suède possède le plus haut taux de pénétration d'Internet et de téléphone mobile au monde. Plus de 70 % de la population suédoise utilise chacune de ces technologies. La Suède est au troisième rang, derrière la Suisse et les États- Unis, en ce qui a trait aux dépenses par personne en matière de technologie de l'information. Elle arrive au premier rang pour ce qui est de ses investissements en recherche et développement en technologies de l'information : 4 % du produit intérieur brut du pays.

Plusieurs autres initiatives sont encore en développement en Suède. D'ailleurs, la vente d'unités d'un complexe de 155 appartements qui offrent les fonctionnalités d'une « maison intelligente » - frigidaire relié à Internet, chauffage et air climatisé reliés par ordinateur, système de sécurité géré par informatique et appareils ménagers que l'on peut opérer à distance - a débuté le mois dernier dans la ville de Varmdo. D'ailleurs plusieurs résidences de cette ville offrent déjà ces fonctionnalités et plus encore. Pour environ 600 000 $ vous pouvez acheter une résidence unifamiliale disposant d'une tondeuse qui tond votre gazon toute seule en suivant des émetteurs disposés sous la pelouse.

Il n'est pas étonnant que la prochaine grande révolution attendue en Suède soit le téléphone sans fil de troisième génération (3G). Les Suédois, tout comme plusieurs multinationales ayant déjà investi des sommes faramineuses, misent beaucoup sur le développement de cette technologie et de ses applications, et feront de la Suède un terrain d'expérimentation idéal.

Ce penchant pour les technologies de l'information semble imprégné à la culture suédoise. Et cela remonte jusqu'en 1895, seulement vingt ans après l'invention du téléphone par Alexander Graham Bell, lorsque la Suède avait un réseau de 4000 téléphones. Leur philosophie est simple mais très efficace : voir à ce que les TI rendent la vie plus facile pour le citoyen moyen. Voilà une vision pratique des TI qui gagnerait à être adoptée!

Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille stratégique
Source : The Gazette, 20 avril 2001

2. UNE INITIATIVE INTERNATIONALE POUR ACCROÎTRE LA CONFIANCE DES CONSOMMATEURS DANS LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE - Trois importantes organisations internationales commerciales ont lancé récemment une initiative unique, basée sur l'autoréglementation volontaire des entreprises, dans le but d'augmenter le niveau de confiance des consommateurs dans le commerce électronique mondial.

En effet, le BBBOnLine, une division du Better Business Bureau Américain, Eurochambres, l'Association des chambres de commerce et d'industrie européennes et la Fédération européenne de marketing direct (FEDMA) travaillent conjointement au développement d'un nouveau label (traduction suggérée par l'Office de la langue française pour « seal ») ou marque de confiance (trustmark program) international faisant foi de l'adoption de normes d'affaires spécifiques - incluant le règlement des différends, et ce, peu importe les frontières - de la part du cybercommerçant.

L'initiative vise à encourager toutes les entreprises dans le monde à implanter les mêmes normes de transactions électroniques et d'utiliser un label unique, reconnu internationalement. Ainsi, en plus de sécuriser les consommateurs qui reconnaîtront partout la même marque de confiance - ce qui éliminera la prolifération des labels ainsi que les conflits résultant de la diversité des normes d'un pays à l'autre - le programme favorisera le développement du commerce électronique. À cet égard, est-il encore utile de rappeler que le succès du commerce électronique est intimement lié au sentiment de confiance des consommateurs?

Les entreprises désirant apposer le label dans leur site devront d'abord adhérer aux pratiques d'affaires normalisées de l'initiative. Celles-ci seront d'ailleurs similaires aux codes de conduite du BBBOnLine, de la FEDMA ainsi que de plusieurs chambres de commerce en Europe. Notons également que ces codes sont également en accord avec les normes recommandées par l'OCDE et le Global Business Dialogue on E-Commerce.

La prochaine étape consiste à développer des directives communes pour fournir à la communauté d'affaires internationales un outil efficace d'autoréglementation. Enfin, le BBBOnLine, l'Eurochambres et la FEDMA prévoient que le programme sera entièrement mis en place d'ici le début de l'an prochain.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Source : Communiqué de presse, BBBOnLine, Eurochambres et la Fédération européenne de Marketing Direct, 23 avril 2001

3. PUB EN LIGNE : DE L'ESPOIR EN VUE? - Décidément, la publicité sur Internet a le dos large ces derniers temps. Aussitôt qu'un fournisseur de contenu présente un bilan désastreux, on entend des expressions comme « revenus publicitaires insuffisants  » ou « le contexte actuel du marché publicitaire ». D'ailleurs, certains prédisent que les revenus publicitaires trop faibles seraient sur le point de sonner le glas de la gratuité (quasi) universelle du contenu sur Internet. Mais qu'en est-il vraiment?

En fait, selon une étude récente du Interactive Advertising Bureau (IAB) et de PricewaterhouseCoopers, les revenus tirés de la publicité en ligne seraient à la hausse. D'abord, au quatrième trimestre de 2000, ils auraient connu une croissance de 9 % par rapport au trimestre précédent pour s'établir à 2,2 milliards de dollars. Ensuite, pour l'année 2000 en entier, les revenus totaux se chiffrent à 8,2 milliards, soit une hausse importante de 78 % par rapport à 1999. Autre résultat intéressant de l'étude, au dernier trimestre de 2000, les véhicules publicitaires électroniques s'étaient diversifiés. Les bannières traditionnelles représentaient 40 % des revenus totaux - par rapport à 46 % au troisième trimestre - alors que les revenus tirés des ententes de commandites passaient de 28 % à 31 % et que les recettes attribuables aux annonces classées grimpaient de 4 % à 10 % du total. Devant ces résultats, sans toutefois vouloir être trop optimistes, les analystes d'IAB concluent à une maturation imminente de l'industrie.

Mais attention, ces bonnes nouvelles ne signifient pas nécessairement que la partie soit gagnée pour la publicité sur Internet. Loin de là. Pendant que les publicitaires recherchent des façons de plus en plus originales - et visibles - de vendre leurs produits par le biais du Web, des entreprises travaillent d'arrache-pied pour leur faire la vie dure. Leurs produits, WebWasher, AdSubtract ou AdKiller protègent l'internaute des intrusions publicitaires en bloquant les bannières, les « pop- ups » en Javascript et les autres outils utilisés. Et leur popularité est grandissante. Selon un article publié par The Standard, 4 millions d'internautes auraient déjà téléchargé WebWasher et AdSubstract prévoit compter 2 millions d'usagers d'ici la fin de l'année. On peut comprendre l'intérêt pour ces produits : certaines pages se téléchargeraient deux fois plus vite sans la pub. Pour les internautes qui ne peuvent compter sur l'accès haute vitesse, c'est toute une aubaine.

Et, paradoxe intéressant, l'offensive marketing de ces « tueurs de publicité » n'est pas terminée. En plus de donner leurs produits aux acheteurs de certaines marques de micro-ordinateurs ou de modems, ils visent aussi la clientèle en ligne. Par exemple, pour atteindre le marché corporatif, WebWasher offre gratuitement son logiciel aux particuliers. D'autres offrent des versions dénudées de leur logiciel en espérant que les consommateurs paieront pour la version complète. On peut se demander si certains iront même jusqu'à placer des bannières pour publiciser leurs produits anti-bannières?

Il sera intéressant de voir de quel côté la tendance ira. Devrons-nous bientôt payer pour le contenu qui est aujourd'hui gratuit? Ou plutôt, le noyau d'internautes réfractaires à la publicité demeurera-t-il suffisamment marginal pour que le placement publicitaire continue d'être rentable et de permettre la gratuité.

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Internet News Advertising Report ;
Disappearing Act

4. LES COURRIELS INTERNES INUTILES : LE VÉRITABLE POURRIEL DES ENTREPRISES - Selon une récente étude conduite par Gartner Group, les échanges de courriels superflus entre collègues représentent un tiers (34 %) de la correspondance électronique interne en entreprise. Si une bonne intention est souvent à l'origine de ces envois parasites - se montrer à l'écoute, encourager ou divertir les collègues, etc. -, selon Maurene Caplan Grey de Gartner, « dans la réalité, [ces courriels] embrouillent les boîtes de réception des messageries, surchargent les serveurs et, en bout de ligne, réduisent la productivité des organisations  ».

Qualifiées de « pourriel occupationnel  » (« occupational spam  ») par les analystes de Gartner, ces nombreuses intrusions électroniques doivent ainsi être rapidement endiguées par les gestionnaires. Dans le contexte d'une économie démontrant des signes évidents d'essoufflement, ceux-ci sont en effet plus que jamais soucieux d'augmenter la productivité de leurs employés et de réduire leurs frais d'opération.

Parmi les recommandations de Gartner pour aider les dirigeants à établir un usage du courriel efficace :

  • Compter jusqu'à dix avant de cliquer sur « Répondre à tous », puis compter jusqu'à 20;
  • Utiliser les listes de diffusion avec prudence : n'envoyer des courriels qu'aux personnes qui ont véritablement besoin de l'information;
  • Éliminer les réponses de félicitations et d'appui;
  • Signaler poliment aux polluposteurs que l'information envoyée est inutile, du moins pour certains destinataires;
  • Investir dans l'élaboration d'un intranet et d'outils qui permettent le partage d'expertises;
  • Enrayer les envois divertissants mais non directement associés au travail - farces, chaînes de lettres, etc.;
  • Assumer que l'accord est implicite : éviter les réponses telles que « Parfait  », « Tout à fait d'accord  », etc.;
  • Démontrer clairement qu'un message donné met fin à la discussion électronique par des affirmations explicites et sans équivoque comme « Aucune action requise  », « Aucune réponse nécessaire  ».

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil à la veille Stratégique
Source : Communiqué de presse, Gartner Group, 19 avril 2001 : The Spam Within : Gartner Says One-Third of Business E-Mail Is "Occupational Spam"

5. ASSURER LA CONNECTIVITÉ DES AMÉRIQUES : UN ENJEU DÉMOCRATIQUE POUR LES CHEFS D'ÉTAT - Le clivage numérique qui sévit dans l'hémisphère américain était à l'ordre du jour lors du célèbre Sommet des Amériques tenu récemment à Québec. Le Plan d'action adopté par les dirigeants au terme de l'événement reconnaît en effet de façon explicite « qu'un accès abordable et universel aux nouvelles technologies de l'information et de la communication constitue un moyen de hausser les niveaux de vie des citoyens et de réduire le fossé entre les populations rurales et urbaines et entre les pays »... et partant, un tremplin tout indiqué pour la démocratie.

Selon une nouvelle étude de Gartner Group, on a effectivement bien raison de s'inquiéter. Les pays de l'Amérique latine accusent toujours beaucoup de retard en ce qui concerne à la fois les services de téléphonie de base, et les services de télécommunication plus sophistiqués, dont l'accès à Internet. Dans la même foulée, un article du Devoir nous apprend qu'on ne peut trouver que 33 ordinateurs par millier d'habitants en Amérique latine et dans les Caraïbes, moins de la moitié d'entre eux étant branchés à Internet. Ici, au Canada, c'est un résidant sur quatre qui possède un ordinateur. Et puisque tout s'enchaîne, cette insuffisance d'infrastructures de télécommunication adéquates entraîne à son tour un faible développement du commerce électronique qui, pourtant, constitue l'une des assises de la nouvelle économie.

Plusieurs exemples d'usages ingénieux ayant démontré que les plus pauvres du continent peuvent eux aussi tirer des bénéfices du Net, des mesures incitatives et des politiques publiques doivent être rapidement élaborées par les nations concernées et les autorités responsables. Si la charte d'Okinawa sur la société d'information globale adoptée l'an dernier à la rencontre du G8, avait posé le secteur privé comme devant mener cette campagne de connectivité, il importe, selon le Devoir, d'être réaliste et de bien voir que les profits à tirer étant très faibles dans plusieurs régions, les firmes de télécommunications ne se bousculeront sans doute pas au portillon pour y investir. Les gouvernements des pays du Sud, les agences d'aide au développement, les agences internationales et non gouvernementales ainsi que les entités privées devront plutôt être ensemble les acteurs de l'établissement de la connectivité des Amériques assurant la démocratisation des TIC. Pour atteindre un tel objectif, des solutions innovantes qui sauront prendre en compte les caractéristiques culturelles, sociales, commerciales et politiques de ces nations devront être développées.

C'est au prix de tout ce travail de coopération et de collaboration que les différents pays d'Amérique latine pourront s'inscrire dans la mouvance de l'économie du savoir et, peut- être, mieux tirer leur épingle du jeu de la contestée ZLÉA.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil à la veille Stratégique
Sources : Le Devoir, 20 avril 2001, A11 ;
Communiqué de presse, Gartner's Dataquest unit, 16 avril 2001 : Gartner Dataquest Says Latin America has a Long Road Ahead to Bridge the Digital Divide ;
Plan d'action adopté durant le Sommet


Bulletin du 12 avril 2001

1. Les places de marché électroniques ne tiennent pas leurs promesses
2. Nouvelle économie? Nous n'avons encore rien vu!
3. Récolter les connaissances de votre organisation
4. Dis moi combien de temps tu navigues, je te dirai qui tu es

1. LES PLACES DE MARCHÉ ÉLECTRONIQUES NE TIENNENT PAS LEURS PROMESSES - Dans le petit monde du C3E - commerce électronique entre entreprises ou B2B en anglais -, les portails ou places de marché électroniques occupent une place de choix. Ou plutôt, la rhétorique officielle leur prête une place de choix. La réalité actuelle serait bien différente semble-t-il...

Selon un article récent de Reuters, malgré leurs promesses d'économies à grande échelle, les places de marché électroniques ne connaissent pas le succès escompté. Les déboires d'Ariba, pionnier des logiciels pour le C3E, qui annonçait récemment des ventes « quasi nulles » pour le 1er trimestre confirment cette nouvelle réalité. Et Ariba n'est pas la seule à souffrir, son principal concurrent Commerce One Inc. a aussi annoncé que ses résultats seraient en deçà des attentes.

Et bien entendu, les concepteurs de logiciels pour le C3E ne sont pas les seuls témoins de cet engouement moins fort que prévu. Toujours selon l'article de Reuters, plusieurs places de marché auraient cessé leurs opérations ou n'auraient jamais pris leur envol. L'article mentionne l'exemple de Ventro Corp. qui aurait fermé ses portails Chemdex (industrie chimique) et Promedix (industrie bio-médicale). Même Dell Computer Corp. aurait fermé Dellmarketplace.com, son portail destiné à faciliter les échanges entre ses clients et des revendeurs d'articles de bureau. Plus récemment, la Potomac Electric Power Co. annonçait la fin de son portail d'échanges de services et d'articles de bureau dû au manque d'intérêt des acheteurs et des vendeurs.

De poursuivre l'article, seuls les plus grands portails comme Covisint (industrie autombile) ou Exostar (industrie aérospatiale et défense) continuent de tirer leur épingle du jeu. Par contre, il semblerait qu'il soit difficile d'obtenir des données sur les volumes de transactions et les économies qu'en retirent les participants.

Selon certains analystes, le problème proviendrait du manque d'intérêt pour participer à ces places de marchés électroniques : les entreprises, particulièrement les PME, ne sont pas au rendez-vous. L'article cite d'ailleurs Bruce Richardson, analyste pour AMR Research de Boston : « GM est l'exemple classique. Lorsqu'ils ont signé une entente avec Commerce One en novembre 1999, ils avaient dit qu'en 18 mois, leurs 30 000 fournisseurs seraient inscrits au portail. Le délai de 18 mois se termine le mois prochain et présentement, je pense que seulement 40 fournisseurs sont présentement inscrits. Que s'est- il passé avec les 29 960 autres? ».

Bien entendu, il ne faudrait pas conclure que les portails sont inutiles et qu'ils fermeront tous leurs portes, les uns après et les autres. Au contraire, la période de morosité actuelle ne serait que le retour du balancier, une réponse à l'euphorie disproportionnée de la fin du dernier millénaire. Donc, selon les analystes, les places de marché électroniques sont là pour rester. Par contre, les modèles d'affaires et la technologie restent encore à définir et il faut s'attendre à ce que le marché actuel se consolide avant que la profitabilité ne soit au rendez-vous... pour les survivantes.

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Reuters

2. NOUVELLE ÉCONOMIE? NOUS N'AVONS ENCORE RIEN VU! - Si les derniers replis boursiers ainsi que le déclin des sociétés point-com annoncent pour certains l'agonie de la nouvelle économie, d'autres observateurs croient plutôt qu'ils ne marquent que les débuts d'une révolution profonde dont l'économie du savoir ne serait en fait qu'une des composantes.

Au cours des dernières années, un véritable débat s'est instauré autour de l'existence - ou de l'inexistence - de la nouvelle économie, opposant d'une part les « traditionalistes » et d'autre part, les « optimistes ». Pour les premiers, l'économie du savoir n'est qu'un mythe, les assises traditionnelles de l'économie politique et sociale demeurant en place. Pour les seconds, au contraire, son existence n'est plus à démontrer et mettra fin aux fluctuations du marché des affaires qui, propulsé par les développements rapides des technologies, ne connaîtra plus désormais que croissance et prospérité. Selon les auteurs de l'article du National Post, Alvin et Heidi Toffler, les deux partis sont dans l'erreur. Les « traditionalistes » ont négligé que, mis à part l'objectif premier de l'entreprise qui demeure de générer des profits, la nouvelle économie a tout transformé, du monde de la finance à la vie de famille en passant par l'utilisation des ressources, comme l'a par ailleurs fait avant elle, au XVIIe siècle, la révolution industrielle. En parlant d'une révolution technologique, les optimistes ont pour leur part oublié que par définition, une révolution est marquée par une grande volatilité, des rebondissements inattendus et des surprises.

Pour Alvin et Heidi Toffler, l'existence de la nouvelle économie n'est plus à démontrer, celle-ci ayant d'ailleurs déjà profondément restructuré les différents processus des organisations. Il y aurait en outre aujourd'hui près d'un demi-milliard de PC sur la planète, tandis qu'Internet et la téléphonie cellulaire se répandent rapidement à travers les pays. Ces développements technologiques ne sont pas appelés à disparaître mais plutôt à être remplacés par des outils encore plus performants. La révolution technologique est donc bien en cours et bouleverse simultanément différents niveaux de l'organisation sociale. On peut penser par exemple au niveau international, avec la montée de la mondialisation et l'organisation des forces qui s'y opposent - une bonne pensée ici pour le Sommet des Amériques -, et au niveau politique, si on s'arrête à toute l'importance que prennent désormais la protection de la vie privée et la propriété intellectuelle.

Malgré l'ampleur des transformations qu'elle induit, la nouvelle économie n'est cependant pas la seule source de changements profonds. Les développements scientifiques sont eux aussi phénoménaux et touchent différents aspects de notre vie : compréhension des cellules souches qui permettra la régénération d'organes humains, chimie supra-moléculaire, invention de nouveaux matériaux composites, etc. Les modifications les plus importantes viendront toutefois des découvertes reliées à la génétique et à la biotechnologie et surtout, de l'impact de la convergence de la biologie et de l'informatique. Déjà, les deux disciplines ont une influence l'une sur l'autre : la technologie supporte bien sûr la recherche scientifique - bio-puces, décomposition de la structure de l'ADN -, mais on peut aussi imaginer une rétroaction, de nouveaux modes de communication technologiques pouvant être développés à partir de ces modèles biologiques.

La révolution, on le voit, ne fait que commencer. Dans la première phase de son déploiement, la technologie a renouvelé la biologie, mais dans la deuxième, les rôles se verront inversés, les découvertes biologiques venant influencer et sous-tendre les développements informatiques. L'économie sera alors elle aussi redéfinie, tandis que sera marqué un nouveau point tournant de l'histoire de l'humanité.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille Stratégique
Sources : The National Post, 3 avril 2001, C19

3. RÉCOLTER LES CONNAISSANCES DE VOTRE ORGANISATION - Le transfert de connaissances est une problématique à laquelle font face plusieurs organisations. Comment former la relève? Comment leur transmettre les connaissances que leurs prédécesseurs ont acquises à la suite de maints labeurs et d'une longue expérience de travail? Comment conserver les connaissances d'un employé quittant à la retraite?

De plus en plus, les connaissances des employés sont considérées comme des actifs majeurs d'une organisation, d'où l'importance de les gérer efficacement. Mais transformer les savoirs tacites - connaissances que les employés accumulent à force de faire leur travail - en savoir explicite, n'est pas chose facile. Dans leur travail quotidien, les employés développent des habiletés et des expertises qui, à la suite de répétitions, deviennent presque des automatismes. Cette expérience améliore la productivité de l'employé mais crée également certaines difficultés puisqu'un employé expérimenté agissant par instinct n'est souvent plus en mesure d'expliquer à ses confrères la clé de son succès. Comme cette expertise demeure tacite, les autres employés doivent adopter leur propre cheminement d'essais erreurs afin de développer le même niveau d'expertise. Dans le meilleur des cas cette approche est totalement inefficiente, dans le pire des cas elle peut causer la perte de connaissances essentielles à la survie de l'organisation.

La solution : la moisson du savoir (knowledge harvesting en anglais). Le but ultime de cette solution est de comprendre et de capturer le processus décisionnel d'un individu pour guider les actions d'une autre personne à atteindre les mêmes résultats. Mais attention cette moisson du savoir n'est pas appropriée pour toutes les organisations : une culture de partage de l'information à l'intérieur de l'organisation est prérequis.

Cette solution simple doit être vue comme un processus répétitif. Les grandes étapes sont :
- Le focus - Déterminer quelles sont les connaissances à rechercher et pour quelles raisons l'organisation en aurait besoin.
- La recherche - Identifier les experts ayant les connaissances recherchées et préparer l'interview.
- L'extraction - Réaliser l'interview.
- L'organisation - Catégoriser et classer les connaissances recueillies.
- La mise en forme - En fonction du besoin de l'organisation et de l'auditoire cible, développer un produit de diffusion.
- Le partage - Publier et conserver les connaissances de telle sorte que les membres de l'organisation puissent les consulter.
- L'application - Au cours de leur travail quotidien, les employés appliquent les nouvelles connaissances.
- L'évaluation et l'adaptation - En se basant se les rétroactions des employés, maintenir la base de connaissances à jour en matière de pertinence et d'opportunité.

Bien que ce processus ait ses limites et que quelques critiques le qualifient de « processus statique », il doit être vu comme un outil parmi d'autres en matière de gestion des connaissances. Cette gestion, qui rappelons-le, doit être au service des organisations en les aidant à maîtriser cette richesse intangible que sont les connaissances.

Rédacteur : François Dubeau
Sources : Knowledge Management Magazine, avril 2001

4. DIS MOI COMBIEN DE TEMPS TU NAVIGUES, JE TE DIRAI QUI TU ES - La firme américaine Booz-Allen & Hamilton conseille aux publicitaires et aux commerçants de tenir compte du comportement en ligne des internautes dans l'élaboration de leur stratégie marketing, afin d'accroître l'efficacité de leur cyberpublicité. Ainsi, les segments de marché traditionnels basés sur la démographie ne suffisent plus dans le cyberunivers!

En effet, les résultats d'une récente enquête ont permis à Booz- Allen & Hamilton d'identifier une nouvelle forme de segmentation du marché Internet nommée « occasionalization ». Cette dernière est divisée en sept catégories de consommateurs répartis selon leur comportement et leur utilisation du Web. L'étude révèle également que les internautes appartenant à trois des catégories, soit « De l'information svp  », « Flânerie » et « Navigation », sont davantage susceptibles d'effectuer des achats dans le Web que ceux des autres groupes.

Voici le portrait des sept catégories de comportements en ligne :
1- « Les rapides » (Quickies). Session de navigation plutôt courte (1 minute), concentrée dans quelques sites familiers. Les internautes passent environ 15 secondes par page Web. Ils utilisent Internet pour chercher une information spécifique ou pour envoyer des courriels. Ils ne remarquent pas vraiment les messages publicitaires puisqu'ils vont chercher ce qui les intéresse et ferment ensuite le tout.
2- « Seulement les faits » (Just the facts). Session de navigation d'environ 9 minutes. Tout comme « Les rapides » ils passent rapidement d'une page Web à l'autre. Les internautes recherchent une information spécifique dans des sites qu'ils connaissent déjà. Les sites visités le sont rarement à des fins de divertissement. Ils ont une faible propension à faire des cyberachats.
3- « Mission commandée » (Single Mission). Session de navigation d'une durée moyenne de 10 minutes. Les usagers vont dans Internet pour compléter certaines tâches ou pour obtenir une information précise. Ils explorent des sites inconnus - mais toujours du même type - pour trouver ce qu'ils cherchent. Ils ne portent attention qu'aux messages publicitaires portant sur l'objet de leur recherche. Cependant, une bannière bien ciblée peut réussir à les attirer.
4- « Encore une fois » (Do it again). Session de navigation d'une durée de 14 minutes, généralement dans des sites déjà visités au moins 4 fois. Les internautes accordent 2 minutes de leur temps par page Web. Ils peuvent ainsi être tentés de cliquer sur une bannière publicitaire placée stratégiquement sur leur site favori.
5- « Flânerie » (Loitering). Session de navigation de 33 minutes et 2 minutes de temps passées par page Web. À l'instar du groupe « Encore une fois », les usagers retournent souvent dans des sites qui leur sont familiers comme les bulletins de nouvelles et les sites de divertissement. Toute entreprise qui entreprend une campagne publicitaire souhaiterait porter son attention sur ces usagers puisqu'ils passent plus de temps sur chaque page Web que les autres internautes. Ainsi, ils sont plus aptes à retenir le message annoncé et à développer les associations de marques requises.
6- « De l'information svp » (Information, Please). Session de navigation d'une durée moyenne de 37 minutes. Les individus se rendent dans Internet dans le but d'approfondir leurs connaissances sur un sujet. Ils diffèrent du groupe « Mission commandée » car ils repèrent l'information à partir d'un large éventail de sites. Même s'ils sont portés à visiter des sites familiers, ils explorent différents types de sites Web. Par ailleurs, ils peuvent s'attarder à une page Web qui a piqué leur attention, donnant ainsi l'opportunité aux publicitaires de présenter leurs produits ou services.
7- « Navigation » (Surfing). Session de navigation la plus longue, soit 70 minutes en moyenne. Au cours d'une session typique, les internautes se rendent sur près de 45 sites Web. Ils allouent 1 minute ou plus par page Web, ce qui suggère une exploration étendue mais non en profondeur. Habituellement, les usagers sont friands de sites Web riches en contenu. Ainsi, les publicitaires ont l'occasion de faire connaître leurs produits ou services étant donné qu'ils seront exposés aux messages durant une période de temps relativement longue.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Source : Communiqué de presse, Booz-Allen & Hamilton, 2 avril 2001


Bulletin du 6 2001

1. Formation par Internet en entreprise
2. Après les sports extrêmes, la programmation extrême
3. Le paradoxe d'Internet : des industries plus performantes mais moins rentables
4. Trouver la perle rare sur le net
5. Sex.com : du nouveau...

1. FORMATION PAR INTERNET EN ENTREPRISE - De plus en plus de dirigeants reconnaissent la valeur du capital humain de leur entreprise. Celui-ci possédant l'ensemble des connaissances et des compétences de l'organisation, il en assure, par le fait même, la productivité et la compétitivité.

Ainsi, la formation du personnel dispensé par Internet est née d'une part, de l'importance accordée au savoir du capital humain et d'autre part, du besoin concret d'actualiser ses connaissances et compétences ou d'en acquérir de nouvelles. Par ailleurs, la téléformation a l'avantage d'éliminer les inconvénients de la formation traditionnelle - comme les déplacements - et de permettre d'économiser jusqu'à 60 % des coûts de formation. Aussi, elle offre plus de souplesse aux travailleurs puisqu'elle leur permet d'intégrer les nouveaux apprentissages aux tâches quotidiennes et d'apprendre graduellement, selon le rythme et les besoins de chacun.

Sensibles aux avantages de la téléformation, de nombreuses entreprises choisissent d'utiliser des logiciels spécialisés qui leur permettent de développer des systèmes de formation intégrant les contenus ainsi que des outils de gestion dans leur propre intranet. D'autres préfèrent acheter des formations accessibles directement dans le Web.

C'est ainsi que s'explique l'apparition de cette nouvelle industrie qu'est la « formation Internet au service des entreprises » (corporate e-training). D'ailleurs, une étude de la firme WR Hambrecht mentionne que le marché de cette industrie a atteint 870 millions $US en 2000 et devrait s'élever à 11,5 milliards $US d'ici 2003.

En matière de téléformation, notons qu'aux États-Unis, plus de 70 % des universités et des collèges offrent des cours par Internet. À cet égard, la firme IDC prédit que 2,2 millions d'étudiants suivront des cybercours d'ici 2002. Au Canada, huit universités canadiennes dont la Télé-université du Québec se sont regroupées pour former l'Université virtuelle canadienne (UVC). L'UVC propose un choix de 1500 cours enseignés à distance. Parmi ceux-ci, plus de 200 sont entièrement offerts en ligne. Les autres recourent au courrier, à la télévision, aux conférences par ordinateur, aux vidéos, etc. Enfin, il est intéressant de préciser qu'en 1999, l'UVC a enregistré plus de 80 000 inscriptions à des cours à distance.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech
Sources : La Presse, 31 mars 2001 ; Site de l'Université virtuelle Canadienne

2. APRÈS LES SPORTS EXTRÊMES, LA PROGRAMMATION EXTRÊME - Autour du globe, de plus en plus de programmeurs se convertissent à la programmation extrême. Loin de revêtir les attributs casse-cou des sports extrêmes, cette nouvelle philosophie formalise le processus - parfois anarchique - de la programmation et permettrait de produire des applications de meilleure qualité dans des délais plus serrés.

Oubliez l'image du programmeur isolé entre ses paravents qui tape du code le soir alors que tout le monde est rentré à la maison et qui carbure à la pizza froide arrosée de cola tiède. La programmation extrême, c'est d'abord le travail en équipe, deux personnes sur la même machine qui tapent à tour de rôle en se validant au fur et à mesure du processus créatif. C'est aussi une semaine raisonnable de travail, comme en fait foi la règle du « 40 heures par semaine ». Les programmeurs fatigués font plus d'erreurs, alors que les programmeurs extrêmes sont frais et dispos et... plus efficaces.

Autre règle intéressante, « l'application extrême » doit être lancée dans sa forme la plus dénudée possible. Par la suite, on travaille avec les usagers à ajouter les fonctions nécessaires et utiles. Cette procédure réduit les délais de mise en marché (« time-to-market ») et permet de focaliser l'ajout de fonctionnalités pour répondre aux besoins du client. On est loin de la philosophie traditionnelle qui consiste à assembler plusieurs milliers de fonctionnalités - parfois inutiles - dans un logiciel, sans égard à leur utilisation éventuelle.

La programmation extrême comporte aussi une étape de « re- factoring », moment où l'équipe de programmeurs révise son code dans le but de le simplifier. Ainsi, en gardant les choses simples et en s'assurant de définir les concepts une seule fois, les programmeurs réduisent drastiquement les erreurs à corriger lors de la phase « débuggage ».

Par contre, cette nouvelle méthodologie qui a déjà fait ses preuves chez Ford, IBM et Chrysler, n'est pas nécessairement pour tous. Elle convient davantage aux petites équipes de programmation et aux organisations où une rétroaction entre programmeurs et clients est facilitée et encouragée. Par ailleurs, dans les organisations gouvernementales, l'inévitable documentation des systèmes peut venir compliquer quelque peu un processus créatif basé sur les règles de la programmation extrême.

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Article de CNET News ; Les douze règles de la programmation extrême

3. LE PARADOXE D'INTERNET : DES INDUSTRIES PLUS PERFORMANTES MAIS MOINS RENTABLES - Selon Michael Porter, du Harvard Business School, le grand apport d'Internet n'est pas d'avoir créé de nouvelles industries comme les enchères en ligne ou les places de marché virtuelles mais plutôt d'avoir reconfiguré certaines industries qui étaient contraintes et limitées par des coûts de communications ou de transactions élevés ou encore par une concentration de l'information. L'éducation à distance, par exemple, existait bien avant l'apparition d'Internet. La toile lui a simplement fourni des moyens supplémentaires pour se développer. Un autre exemple : les commandes par catalogue. Encore une fois, Internet n'a rien inventé, il a seulement changé le « Front end » du processus.

Que l'industrie soit nouvelle ou qu'elle existe depuis longtemps, sa structure est déterminée par cinq forces inhérentes : la rivalité interfirmes, les barrières à l'entrée, la menace de produits ou services substituts, le pouvoir des fournisseurs ainsi que le pouvoir des acheteurs. Bien que ce modèle sur les « cinq forces de la concurrence » existe depuis le début des années 80, personne de l'avait adapté aux nouvelles réalités qu'Internet avait créées. Or, selon Porter, l'influence d'Internet varie d'une industrie à l'autre et il ne faut surtout pas tirer de conclusions générales sur la profitabilité à long terme d'une industrie puisque chaque industrie est affectée différemment par Internet.

L'étude de plusieurs industries a néanmoins fait ressortir quelques tendances créées par Internet. Certaines sont positives ... d'autres moins! D'un point de vue positif, Internet a eu tendance à diminuer le pouvoir des canaux de distribution traditionnels en fournissant aux entreprises des avenues plus directes pour rejoindre leur clients. De plus, Internet a amélioré la performance des entreprises, ce qui leur a permis d'élargir leurs marchés en plus d'améliorer la position concurrentielle de leurs produits face à des produits substituts traditionnels.

Internet a toutefois engendré plusieurs tendances négatives. Ainsi, le pouvoir de négociation des acheteurs, la menace de produits ou de services substituts, ainsi que la rivalité interfirmes se sont accrus passablement dans plusieurs industries alors que les barrières à l'entrée et que le pouvoir des fournisseurs ont diminué. Ces tendances sont toutes principalement issues du fait qu'Internet a éliminé les barrières limitant l'accès à des marchés géographiques plus vastes. En somme, les entreprises se retrouvent dans des industries où la concurrence est plus féroce et où il est de plus en plus difficile pour leurs produits de se démarquer.

Le plus grand paradoxe d'Internet est que les bénéfices et avantages qu'il procure aux entreprises - l'accessibilité à l'information; la diminution des difficultés d'approvisionnement, de marketing et de distribution; la facilité avec laquelle acheteurs et vendeurs ont de se trouver et de transiger - rendent la capture et la conservation d'avantages concurrentiels et de profits plus difficiles pour les entreprises.

Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille Stratégique
Sources : Harvard Business Review, mars 2001

4. TROUVER LA PERLE RARE SUR LE NET - Le marché du recrutement en ligne a le vent dans les voiles. Si, en 1998, il représentait déjà 2,4 milliards de dollars US, les prévisions indiquent qu'il pourrait atteindre 22 milliards dès 2003. Grâce à Internet, il se déroule désormais 32 millions de transactions de recrutement par année en Amérique du Nord, tandis que l'activité des candidats à la recherche d'emploi s'est vue décuplée.

Pour garder leur place et s'approprier la meilleure part de ce marché florissant, les sites d'emplois se livrent une concurrence acharnée. Les solutions de sélection des postulants se diversifient pour s'étendre à toutes les étapes du processus d'embauche. Les babillards électroniques, qui ne représentent en fait que l'étape A du développement d'une approche de recrutement en ligne, sont remplacés par les agents intelligents, les systèmes de présélections automatisés... et bientôt, par les chasseurs de têtes virtuels.

Après avoir redéfini les différentes composantes inhérentes à l'entreprise, les solutions technologiques s'attaquent enfin aux ressources humaines qui, selon Gabriel Bouchard, vice-président et directeur général de Monster.ca, représentent « le dernier bastion où la technologie n'était pas encore entrée pour automatiser le processus. » Toujours selon M. Bouchard, le recrutement électronique au Québec ne fait que débuter, les entreprises étant plus lentes à adopter cette nouvelle voie d'embauche. Nous en sommes donc toujours à l'étape A de ces solutions virtuelles, Internet servant principalement à l'affichage des postes disponibles.

Comme le constate Louis Têtu, président de Recruisoft, une firme de développement de logiciels de gestion du recrutement, le recrutement en ligne est bien loin jusqu'à maintenant d'avoir éliminé les piles de curriculum vitæ qui s'érigent sur les bureaux des recruteurs. En facilitant l'accès aux offres d'emploi, un postulant pouvant désormais poser sa candidature sur 100 postes différents en 10 minutes, l'automatisation du processus contribue au contraire à élever ces amoncellements de CV encore davantage. Les clients de Recruisoft - Bombardier, Canadian Tire, etc.- peuvent ainsi recevoir de 50 000 à 1,5 million de CV par année! Selon une étude d'iLogos Research, le Web permet cependant de réduire à moins de 30 jours le cycle d'embauche qui, autrement, prend une moyenne de 67 jours.

Selon M. Têtu, les chasseurs de têtes traditionnels doivent offrir une valeur ajoutée à leurs services s'ils veulent survivre aux bouleversements du marché. Venatus Conseil, une firme de courtiers spécialisée dans le monde de la finance et de la gestion, l'a bien compris et utilise abondamment le courriel pour faire la chasse aux talents en ligne. L'avenir appartient donc à ceux qui sauront réagir et tirer profit des nouvelles technologies, mais aussi, selon Nathalie Francisci, la présidente de Venatus, aux firmes qui se spécialiseront dans certains créneaux d'emplois.

Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille Stratégique
Sources : Les Affaires, 31 mars 2001, p. 27 ; IT Forecaster, 20 mars 2001

5. SEX.COM : DU NOUVEAU... - Dans son édition du 9 mars, le bulletin SISTech parlait de la bataille légale autour du nom de domaine Sex.com. Eh bien, l'histoire a connu son dénouement mardi de cette semaine dévoile Reuters. Le fraudeur Stephen Cohen a été reconnu coupable et devra payer la rondelette somme de 65 millions de dollars au propriétaire légitime du site, un dénommé Gary Kremen.

Certes, le fraudeur demeure maintenant au Mexique et sa fortune est camouflée un peu partout, il y a donc fort peu de chances que M. Kremen touche son dû. Cependant, la cause fera sans doute jurisprudence, le jugement reconnaissant enfin qu'un nom de domaine constitue une propriété tangible.

Par contre, même si Cohen fait défaut de paiement, Kremen et son portail du sexe virtuel ne sont pas démunis pour autant. Selon ses avocats, le site Sex.com reçoit quelque 25 millions de visites par jour et vaudrait 100 millions de dollars... De quoi faire pâlir de jalousie certains propriétaires de point-com!

Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : Judge awards $65 mln in sex.com cybersquatting case - Reuters


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Mai 2008
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