Bulletin du 27 avril 2001
Bulletin du 12 avril 2001
Bulletin du 6 avril 2001
Bulletin du 27 avril 2001
1. La Suède : havre des technologies de l'information
2. Une initiative internationale pour accroître la confiance des
consommateurs dans le commerce électronique
3. Pub en ligne : de l'espoir en vue?
4. Les courriels internes inutiles : le véritable pourriel des
entreprises
5. Assurer la connectivité des Amériques : un enjeu démocratique
pour les chefs d'État
1. LA SUÈDE : HAVRE DES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION - Avez-
vous horreur d'attendre en file au supermarché, ayant à subir
les regards impatients des personnes derrières vous pour qui
rien n'avance assez vite? Si oui, alors déménageons en Suède!
Une chaîne de supermarché vient en effet d'implanter un système
permettant de balayer (scanner) vous-même les objets que vous
désirez acheter au fur et à mesure que vous les déposez dans
votre panier. Plus besoin de faire la file avant de sortir de
l'épicerie, vos achats sont portés automatiquement sur votre
carte de crédit.
Même si elle paraît un peu futuriste, cette situation n'a rien
d'étonnant si l'on tient compte de la propension des Suédois à
utiliser tout ce qui touche de près ou de loin les technologies
d'information. La Suède possède le plus haut taux de pénétration
d'Internet et de téléphone mobile au monde. Plus de 70 % de la
population suédoise utilise chacune de ces technologies. La
Suède est au troisième rang, derrière la Suisse et les États-
Unis, en ce qui a trait aux dépenses par personne en matière de
technologie de l'information. Elle arrive au premier rang pour
ce qui est de ses investissements en recherche et développement
en technologies de l'information : 4 % du produit intérieur brut
du pays.
Plusieurs autres initiatives sont encore en développement en
Suède. D'ailleurs, la vente d'unités d'un complexe de 155
appartements qui offrent les fonctionnalités d'une « maison
intelligente » - frigidaire relié à Internet, chauffage et air
climatisé reliés par ordinateur, système de sécurité géré par
informatique et appareils ménagers que l'on peut opérer à
distance - a débuté le mois dernier dans la ville de Varmdo.
D'ailleurs plusieurs résidences de cette ville offrent déjà ces
fonctionnalités et plus encore. Pour environ 600 000 $ vous
pouvez acheter une résidence unifamiliale disposant d'une
tondeuse qui tond votre gazon toute seule en suivant des
émetteurs disposés sous la pelouse.
Il n'est pas étonnant que la prochaine grande révolution
attendue en Suède soit le téléphone sans fil de troisième
génération (3G). Les Suédois, tout comme plusieurs
multinationales ayant déjà investi des sommes faramineuses,
misent beaucoup sur le développement de cette technologie et
de ses applications, et feront de la Suède un terrain
d'expérimentation idéal.
Ce penchant pour les technologies de l'information semble
imprégné à la culture suédoise. Et cela remonte jusqu'en 1895,
seulement vingt ans après l'invention du téléphone par Alexander
Graham Bell, lorsque la Suède avait un réseau de 4000 téléphones.
Leur philosophie est simple mais très efficace : voir à ce que
les TI rendent la vie plus facile pour le citoyen moyen. Voilà
une vision pratique des TI qui gagnerait à être adoptée!
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille stratégique
Source : The Gazette, 20 avril 2001
2. UNE INITIATIVE INTERNATIONALE POUR ACCROÎTRE LA CONFIANCE DES
CONSOMMATEURS DANS LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE - Trois importantes
organisations internationales commerciales ont lancé récemment
une initiative unique, basée sur l'autoréglementation volontaire
des entreprises, dans le but d'augmenter le niveau de confiance
des consommateurs dans le commerce électronique mondial.
En effet, le BBBOnLine, une division du Better Business Bureau
Américain, Eurochambres, l'Association des chambres de commerce
et d'industrie européennes et la Fédération européenne de
marketing direct (FEDMA) travaillent conjointement au
développement d'un nouveau label (traduction suggérée par
l'Office de la langue française pour « seal ») ou marque de
confiance (trustmark program) international faisant foi de
l'adoption de normes d'affaires spécifiques - incluant le
règlement des différends, et ce, peu importe les frontières - de
la part du cybercommerçant.
L'initiative vise à encourager toutes les entreprises dans le
monde à implanter les mêmes normes de transactions électroniques
et d'utiliser un label unique, reconnu internationalement.
Ainsi, en plus de sécuriser les consommateurs qui reconnaîtront
partout la même marque de confiance - ce qui éliminera la
prolifération des labels ainsi que les conflits résultant de la
diversité des normes d'un pays à l'autre - le programme
favorisera le développement du commerce électronique. À cet
égard, est-il encore utile de rappeler que le succès du commerce
électronique est intimement lié au sentiment de confiance des
consommateurs?
Les entreprises désirant apposer le label dans leur site devront
d'abord adhérer aux pratiques d'affaires normalisées de
l'initiative. Celles-ci seront d'ailleurs similaires aux codes
de conduite du BBBOnLine, de la FEDMA ainsi que de plusieurs
chambres de commerce en Europe. Notons également que ces codes
sont également en accord avec les normes recommandées par l'OCDE
et le Global Business Dialogue on E-Commerce.
La prochaine étape consiste à développer des directives communes
pour fournir à la communauté d'affaires internationales un outil
efficace d'autoréglementation. Enfin, le BBBOnLine,
l'Eurochambres et la FEDMA prévoient que le programme sera
entièrement mis en place d'ici le début de l'an prochain.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Source : Communiqué de presse, BBBOnLine, Eurochambres et la
Fédération européenne de Marketing Direct, 23 avril 2001
3. PUB EN LIGNE : DE L'ESPOIR EN VUE? - Décidément, la publicité
sur Internet a le dos large ces derniers temps. Aussitôt qu'un
fournisseur de contenu présente un bilan désastreux, on entend
des expressions comme « revenus publicitaires insuffisants » ou
« le contexte actuel du marché publicitaire ». D'ailleurs,
certains prédisent que les revenus publicitaires trop faibles
seraient sur le point de sonner le glas de la gratuité (quasi)
universelle du contenu sur Internet. Mais qu'en est-il vraiment?
En fait, selon une étude récente du Interactive Advertising
Bureau (IAB) et de PricewaterhouseCoopers, les revenus tirés de
la publicité en ligne seraient à la hausse. D'abord, au
quatrième trimestre de 2000, ils auraient connu une croissance
de 9 % par rapport au trimestre précédent pour s'établir à 2,2
milliards de dollars. Ensuite, pour l'année 2000 en entier, les
revenus totaux se chiffrent à 8,2 milliards, soit une hausse
importante de 78 % par rapport à 1999. Autre résultat
intéressant de l'étude, au dernier trimestre de 2000, les
véhicules publicitaires électroniques s'étaient diversifiés. Les
bannières traditionnelles représentaient 40 % des revenus totaux
- par rapport à 46 % au troisième trimestre - alors que les
revenus tirés des ententes de commandites passaient de 28 % à
31 % et que les recettes attribuables aux annonces classées
grimpaient de 4 % à 10 % du total. Devant ces résultats, sans
toutefois vouloir être trop optimistes, les analystes d'IAB
concluent à une maturation imminente de l'industrie.
Mais attention, ces bonnes nouvelles ne signifient pas
nécessairement que la partie soit gagnée pour la publicité sur
Internet. Loin de là. Pendant que les publicitaires recherchent
des façons de plus en plus originales - et visibles - de vendre
leurs produits par le biais du Web, des entreprises travaillent
d'arrache-pied pour leur faire la vie dure. Leurs produits,
WebWasher, AdSubtract ou AdKiller protègent l'internaute des
intrusions publicitaires en bloquant les bannières, les « pop-
ups » en Javascript et les autres outils utilisés. Et leur
popularité est grandissante. Selon un article publié par The
Standard, 4 millions d'internautes auraient déjà téléchargé
WebWasher et AdSubstract prévoit compter 2 millions d'usagers
d'ici la fin de l'année. On peut comprendre l'intérêt pour ces
produits : certaines pages se téléchargeraient deux fois plus
vite sans la pub. Pour les internautes qui ne peuvent compter
sur l'accès haute vitesse, c'est toute une aubaine.
Et, paradoxe intéressant, l'offensive marketing de ces « tueurs
de publicité » n'est pas terminée. En plus de donner leurs
produits aux acheteurs de certaines marques de micro-ordinateurs
ou de modems, ils visent aussi la clientèle en ligne. Par
exemple, pour atteindre le marché corporatif, WebWasher offre
gratuitement son logiciel aux particuliers. D'autres offrent des
versions dénudées de leur logiciel en espérant que les
consommateurs paieront pour la version complète. On peut se
demander si certains iront même jusqu'à placer des bannières
pour publiciser leurs produits anti-bannières?
Il sera intéressant de voir de quel côté la tendance ira.
Devrons-nous bientôt payer pour le contenu qui est aujourd'hui
gratuit? Ou plutôt, le noyau d'internautes réfractaires à la
publicité demeurera-t-il suffisamment marginal pour que le
placement publicitaire continue d'être rentable et de permettre
la gratuité.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Internet News Advertising Report ;
Disappearing Act
4. LES COURRIELS INTERNES INUTILES : LE VÉRITABLE POURRIEL DES
ENTREPRISES - Selon une récente étude conduite par Gartner
Group, les échanges de courriels superflus entre collègues
représentent un tiers (34 %) de la correspondance électronique
interne en entreprise. Si une bonne intention est souvent à
l'origine de ces envois parasites - se montrer à l'écoute,
encourager ou divertir les collègues, etc. -, selon Maurene
Caplan Grey de Gartner, « dans la réalité, [ces courriels]
embrouillent les boîtes de réception des messageries,
surchargent les serveurs et, en bout de ligne, réduisent la
productivité des organisations ».
Qualifiées de « pourriel occupationnel » (« occupational spam »)
par les analystes de Gartner, ces nombreuses intrusions
électroniques doivent ainsi être rapidement endiguées par les
gestionnaires. Dans le contexte d'une économie démontrant des
signes évidents d'essoufflement, ceux-ci sont en effet plus que
jamais soucieux d'augmenter la productivité de leurs employés et
de réduire leurs frais d'opération.
Parmi les recommandations de Gartner pour aider les dirigeants à
établir un usage du courriel efficace :
- Compter jusqu'à dix avant de cliquer sur « Répondre à tous »,
puis compter jusqu'à 20;
- Utiliser les listes de diffusion avec prudence : n'envoyer des
courriels qu'aux personnes qui ont véritablement besoin de
l'information;
- Éliminer les réponses de félicitations et d'appui;
- Signaler poliment aux polluposteurs que l'information envoyée
est inutile, du moins pour certains destinataires;
- Investir dans l'élaboration d'un intranet et d'outils qui
permettent le partage d'expertises;
- Enrayer les envois divertissants mais non directement associés
au travail - farces, chaînes de lettres, etc.;
- Assumer que l'accord est implicite : éviter les réponses
telles que « Parfait », « Tout à fait d'accord », etc.;
- Démontrer clairement qu'un message donné met fin à la
discussion électronique par des affirmations explicites et sans
équivoque comme « Aucune action requise », « Aucune réponse
nécessaire ».
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil à la veille
Stratégique
Source : Communiqué de presse, Gartner Group, 19 avril 2001 :
The Spam Within : Gartner Says One-Third of Business E-Mail Is
"Occupational Spam"
5. ASSURER LA CONNECTIVITÉ DES AMÉRIQUES : UN ENJEU DÉMOCRATIQUE
POUR LES CHEFS D'ÉTAT - Le clivage numérique qui sévit dans
l'hémisphère américain était à l'ordre du jour lors du célèbre
Sommet des Amériques tenu récemment à Québec. Le Plan d'action
adopté par les dirigeants au terme de l'événement reconnaît en
effet de façon explicite « qu'un accès abordable et universel
aux nouvelles technologies de l'information et de la
communication constitue un moyen de hausser les niveaux de vie
des citoyens et de réduire le fossé entre les populations
rurales et urbaines et entre les pays »... et partant, un
tremplin tout indiqué pour la démocratie.
Selon une nouvelle étude de Gartner Group, on a effectivement
bien raison de s'inquiéter. Les pays de l'Amérique latine
accusent toujours beaucoup de retard en ce qui concerne à la
fois les services de téléphonie de base, et les services de
télécommunication plus sophistiqués, dont l'accès à Internet.
Dans la même foulée, un article du Devoir nous apprend qu'on ne
peut trouver que 33 ordinateurs par millier d'habitants en
Amérique latine et dans les Caraïbes, moins de la moitié d'entre
eux étant branchés à Internet. Ici, au Canada, c'est un résidant
sur quatre qui possède un ordinateur. Et puisque tout
s'enchaîne, cette insuffisance d'infrastructures de
télécommunication adéquates entraîne à son tour un faible
développement du commerce électronique qui, pourtant, constitue
l'une des assises de la nouvelle économie.
Plusieurs exemples d'usages ingénieux ayant démontré que les
plus pauvres du continent peuvent eux aussi tirer des bénéfices
du Net, des mesures incitatives et des politiques publiques
doivent être rapidement élaborées par les nations concernées et
les autorités responsables. Si la charte d'Okinawa sur la
société d'information globale adoptée l'an dernier à la
rencontre du G8, avait posé le secteur privé comme devant mener
cette campagne de connectivité, il importe, selon le Devoir,
d'être réaliste et de bien voir que les profits à tirer étant
très faibles dans plusieurs régions, les firmes de
télécommunications ne se bousculeront sans doute pas au
portillon pour y investir. Les gouvernements des pays du Sud,
les agences d'aide au développement, les agences internationales
et non gouvernementales ainsi que les entités privées devront
plutôt être ensemble les acteurs de l'établissement de la
connectivité des Amériques assurant la démocratisation des TIC.
Pour atteindre un tel objectif, des solutions innovantes qui
sauront prendre en compte les caractéristiques culturelles,
sociales, commerciales et politiques de ces nations devront être
développées.
C'est au prix de tout ce travail de coopération et de
collaboration que les différents pays d'Amérique latine pourront
s'inscrire dans la mouvance de l'économie du savoir et, peut-
être, mieux tirer leur épingle du jeu de la contestée ZLÉA.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil à la veille
Stratégique
Sources :
Le Devoir, 20 avril 2001, A11 ;
Communiqué de presse, Gartner's Dataquest unit, 16 avril 2001 :
Gartner Dataquest Says Latin America has a Long Road Ahead to
Bridge the Digital Divide ;
Plan d'action adopté durant le Sommet
Bulletin du 12 avril 2001
1. Les places de marché électroniques ne tiennent pas leurs
promesses
2. Nouvelle économie? Nous n'avons encore rien vu!
3. Récolter les connaissances de votre organisation
4. Dis moi combien de temps tu navigues, je te dirai qui tu es
1. LES PLACES DE MARCHÉ ÉLECTRONIQUES NE TIENNENT PAS LEURS
PROMESSES - Dans le petit monde du C3E - commerce électronique
entre entreprises ou B2B en anglais -, les portails ou places de
marché électroniques occupent une place de choix. Ou plutôt, la
rhétorique officielle leur prête une place de choix. La réalité
actuelle serait bien différente semble-t-il...
Selon un article récent de Reuters, malgré leurs promesses
d'économies à grande échelle, les places de marché électroniques
ne connaissent pas le succès escompté. Les déboires d'Ariba,
pionnier des logiciels pour le C3E, qui annonçait récemment des
ventes « quasi nulles » pour le 1er trimestre confirment cette
nouvelle réalité. Et Ariba n'est pas la seule à souffrir, son
principal concurrent Commerce One Inc. a aussi annoncé que ses
résultats seraient en deçà des attentes.
Et bien entendu, les concepteurs de logiciels pour le C3E ne
sont pas les seuls témoins de cet engouement moins fort que
prévu. Toujours selon l'article de Reuters, plusieurs places de
marché auraient cessé leurs opérations ou n'auraient jamais pris
leur envol. L'article mentionne l'exemple de Ventro Corp. qui
aurait fermé ses portails Chemdex (industrie chimique) et
Promedix (industrie bio-médicale). Même Dell Computer Corp.
aurait fermé Dellmarketplace.com, son portail destiné à
faciliter les échanges entre ses clients et des revendeurs
d'articles de bureau. Plus récemment, la Potomac Electric Power
Co. annonçait la fin de son portail d'échanges de services et
d'articles de bureau dû au manque d'intérêt des acheteurs et des
vendeurs.
De poursuivre l'article, seuls les plus grands portails comme
Covisint (industrie autombile) ou Exostar (industrie
aérospatiale et défense) continuent de tirer leur épingle du
jeu. Par contre, il semblerait qu'il soit difficile d'obtenir
des données sur les volumes de transactions et les économies
qu'en retirent les participants.
Selon certains analystes, le problème proviendrait du manque
d'intérêt pour participer à ces places de marchés électroniques :
les entreprises, particulièrement les PME, ne sont pas au
rendez-vous. L'article cite d'ailleurs Bruce Richardson,
analyste pour AMR Research de Boston : « GM est l'exemple
classique. Lorsqu'ils ont signé une entente avec Commerce One en
novembre 1999, ils avaient dit qu'en 18 mois, leurs 30 000
fournisseurs seraient inscrits au portail. Le délai de 18 mois
se termine le mois prochain et présentement, je pense que
seulement 40 fournisseurs sont présentement inscrits. Que s'est-
il passé avec les 29 960 autres? ».
Bien entendu, il ne faudrait pas conclure que les portails sont
inutiles et qu'ils fermeront tous leurs portes, les uns après et
les autres. Au contraire, la période de morosité actuelle ne
serait que le retour du balancier, une réponse à l'euphorie
disproportionnée de la fin du dernier millénaire. Donc, selon
les analystes, les places de marché électroniques sont là pour
rester. Par contre, les modèles d'affaires et la technologie
restent encore à définir et il faut s'attendre à ce que le
marché actuel se consolide avant que la profitabilité ne soit au
rendez-vous... pour les survivantes.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : Reuters
2. NOUVELLE ÉCONOMIE? NOUS N'AVONS ENCORE RIEN VU! - Si les
derniers replis boursiers ainsi que le déclin des sociétés
point-com annoncent pour certains l'agonie de la nouvelle
économie, d'autres observateurs croient plutôt qu'ils ne
marquent que les débuts d'une révolution profonde dont
l'économie du savoir ne serait en fait qu'une des composantes.
Au cours des dernières années, un véritable débat s'est instauré
autour de l'existence - ou de l'inexistence - de la nouvelle
économie, opposant d'une part les « traditionalistes » et
d'autre part, les « optimistes ». Pour les premiers, l'économie
du savoir n'est qu'un mythe, les assises traditionnelles de
l'économie politique et sociale demeurant en place. Pour les
seconds, au contraire, son existence n'est plus à démontrer et
mettra fin aux fluctuations du marché des affaires qui, propulsé
par les développements rapides des technologies, ne connaîtra
plus désormais que croissance et prospérité. Selon les auteurs
de l'article du National Post, Alvin et Heidi Toffler, les deux
partis sont dans l'erreur. Les « traditionalistes » ont négligé
que, mis à part l'objectif premier de l'entreprise qui demeure
de générer des profits, la nouvelle économie a tout transformé,
du monde de la finance à la vie de famille en passant par
l'utilisation des ressources, comme l'a par ailleurs fait avant
elle, au XVIIe siècle, la révolution industrielle. En parlant
d'une révolution technologique, les optimistes ont pour leur
part oublié que par définition, une révolution est marquée par
une grande volatilité, des rebondissements inattendus et des
surprises.
Pour Alvin et Heidi Toffler, l'existence de la nouvelle économie
n'est plus à démontrer, celle-ci ayant d'ailleurs déjà
profondément restructuré les différents processus des
organisations. Il y aurait en outre aujourd'hui près d'un
demi-milliard de PC sur la planète, tandis qu'Internet et la
téléphonie cellulaire se répandent rapidement à travers les
pays. Ces développements technologiques ne sont pas appelés à
disparaître mais plutôt à être remplacés par des outils encore
plus performants. La révolution technologique est donc bien en
cours et bouleverse simultanément différents niveaux de
l'organisation sociale. On peut penser par exemple au niveau
international, avec la montée de la mondialisation et
l'organisation des forces qui s'y opposent - une bonne pensée
ici pour le Sommet des Amériques -, et au niveau politique, si
on s'arrête à toute l'importance que prennent désormais la
protection de la vie privée et la propriété intellectuelle.
Malgré l'ampleur des transformations qu'elle induit, la nouvelle
économie n'est cependant pas la seule source de changements
profonds. Les développements scientifiques sont eux aussi
phénoménaux et touchent différents aspects de notre vie :
compréhension des cellules souches qui permettra la régénération
d'organes humains, chimie supra-moléculaire, invention de
nouveaux matériaux composites, etc. Les modifications les plus
importantes viendront toutefois des découvertes reliées à la
génétique et à la biotechnologie et surtout, de l'impact de la
convergence de la biologie et de l'informatique. Déjà, les deux
disciplines ont une influence l'une sur l'autre : la technologie
supporte bien sûr la recherche scientifique - bio-puces,
décomposition de la structure de l'ADN -, mais on peut aussi
imaginer une rétroaction, de nouveaux modes de communication
technologiques pouvant être développés à partir de ces modèles
biologiques.
La révolution, on le voit, ne fait que commencer. Dans la
première phase de son déploiement, la technologie a renouvelé la
biologie, mais dans la deuxième, les rôles se verront inversés,
les découvertes biologiques venant influencer et sous-tendre les
développements informatiques. L'économie sera alors elle aussi
redéfinie, tandis que sera marqué un nouveau point tournant de
l'histoire de l'humanité.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources : The National Post, 3 avril 2001, C19
3. RÉCOLTER LES CONNAISSANCES DE VOTRE ORGANISATION - Le
transfert de connaissances est une problématique à laquelle font
face plusieurs organisations. Comment former la relève? Comment
leur transmettre les connaissances que leurs prédécesseurs ont
acquises à la suite de maints labeurs et d'une longue expérience
de travail? Comment conserver les connaissances d'un employé
quittant à la retraite?
De plus en plus, les connaissances des employés sont considérées
comme des actifs majeurs d'une organisation, d'où l'importance
de les gérer efficacement. Mais transformer les savoirs tacites
- connaissances que les employés accumulent à force de faire
leur travail - en savoir explicite, n'est pas chose facile. Dans
leur travail quotidien, les employés développent des habiletés
et des expertises qui, à la suite de répétitions, deviennent
presque des automatismes. Cette expérience améliore la
productivité de l'employé mais crée également certaines
difficultés puisqu'un employé expérimenté agissant par instinct
n'est souvent plus en mesure d'expliquer à ses confrères la clé
de son succès. Comme cette expertise demeure tacite, les
autres employés doivent adopter leur propre cheminement d'essais
erreurs afin de développer le même niveau d'expertise. Dans le
meilleur des cas cette approche est totalement inefficiente,
dans le pire des cas elle peut causer la perte de connaissances
essentielles à la survie de l'organisation.
La solution : la moisson du savoir (knowledge harvesting en
anglais). Le but ultime de cette solution est de comprendre et
de capturer le processus décisionnel d'un individu pour guider
les actions d'une autre personne à atteindre les mêmes
résultats. Mais attention cette moisson du savoir n'est pas
appropriée pour toutes les organisations : une culture de
partage de l'information à l'intérieur de l'organisation est
prérequis.
Cette solution simple doit être vue comme un processus
répétitif. Les grandes étapes sont :
- Le focus - Déterminer quelles sont les connaissances à
rechercher et pour quelles raisons l'organisation en aurait
besoin.
- La recherche - Identifier les experts ayant les connaissances
recherchées et préparer l'interview.
- L'extraction - Réaliser l'interview.
- L'organisation - Catégoriser et classer les connaissances
recueillies.
- La mise en forme - En fonction du besoin de l'organisation et de
l'auditoire cible, développer un produit de diffusion.
- Le partage - Publier et conserver les connaissances de telle
sorte que les membres de l'organisation puissent les consulter.
- L'application - Au cours de leur travail quotidien, les employés
appliquent les nouvelles connaissances.
- L'évaluation et l'adaptation - En se basant se les rétroactions
des employés, maintenir la base de connaissances à jour en
matière de pertinence et d'opportunité.
Bien que ce processus ait ses limites et que quelques critiques
le qualifient de « processus statique », il doit être vu comme
un outil parmi d'autres en matière de gestion des connaissances.
Cette gestion, qui rappelons-le, doit être au service des
organisations en les aidant à maîtriser cette richesse
intangible que sont les connaissances.
Rédacteur : François Dubeau
Sources : Knowledge Management Magazine, avril 2001
4. DIS MOI COMBIEN DE TEMPS TU NAVIGUES, JE TE DIRAI QUI TU ES -
La firme américaine Booz-Allen & Hamilton conseille aux
publicitaires et aux commerçants de tenir compte du comportement
en ligne des internautes dans l'élaboration de leur stratégie
marketing, afin d'accroître l'efficacité de leur cyberpublicité.
Ainsi, les segments de marché traditionnels basés sur la
démographie ne suffisent plus dans le cyberunivers!
En effet, les résultats d'une récente enquête ont permis à Booz-
Allen & Hamilton d'identifier une nouvelle forme de segmentation
du marché Internet nommée « occasionalization ». Cette dernière
est divisée en sept catégories de consommateurs répartis selon
leur comportement et leur utilisation du Web. L'étude révèle
également que les internautes appartenant à trois des
catégories, soit « De l'information svp », « Flânerie » et
« Navigation », sont davantage susceptibles d'effectuer des
achats dans le Web que ceux des autres groupes.
Voici le portrait des sept catégories de comportements en ligne :
1- « Les rapides » (Quickies). Session de navigation plutôt
courte (1 minute), concentrée dans quelques sites familiers. Les
internautes passent environ 15 secondes par page Web. Ils
utilisent Internet pour chercher une information spécifique ou
pour envoyer des courriels. Ils ne remarquent pas vraiment les
messages publicitaires puisqu'ils vont chercher ce qui les
intéresse et ferment ensuite le tout.
2- « Seulement les faits » (Just the facts). Session de
navigation d'environ 9 minutes. Tout comme « Les rapides » ils
passent rapidement d'une page Web à l'autre. Les internautes
recherchent une information spécifique dans des sites qu'ils
connaissent déjà. Les sites visités le sont rarement à des fins
de divertissement. Ils ont une faible propension à faire des
cyberachats.
3- « Mission commandée » (Single Mission). Session de navigation
d'une durée moyenne de 10 minutes. Les usagers vont dans
Internet pour compléter certaines tâches ou pour obtenir une
information précise. Ils explorent des sites inconnus - mais
toujours du même type - pour trouver ce qu'ils cherchent. Ils ne
portent attention qu'aux messages publicitaires portant sur
l'objet de leur recherche. Cependant, une bannière bien ciblée
peut réussir à les attirer.
4- « Encore une fois » (Do it again). Session de navigation
d'une durée de 14 minutes, généralement dans des sites déjà
visités au moins 4 fois. Les internautes accordent 2 minutes de
leur temps par page Web. Ils peuvent ainsi être tentés de
cliquer sur une bannière publicitaire placée stratégiquement sur
leur site favori.
5- « Flânerie » (Loitering). Session de navigation de 33 minutes
et 2 minutes de temps passées par page Web. À l'instar du groupe
« Encore une fois », les usagers retournent souvent dans des
sites qui leur sont familiers comme les bulletins de nouvelles
et les sites de divertissement. Toute entreprise qui entreprend
une campagne publicitaire souhaiterait porter son attention sur
ces usagers puisqu'ils passent plus de temps sur chaque page Web
que les autres internautes. Ainsi, ils sont plus aptes à retenir
le message annoncé et à développer les associations de marques
requises.
6- « De l'information svp » (Information, Please). Session de
navigation d'une durée moyenne de 37 minutes. Les individus se
rendent dans Internet dans le but d'approfondir leurs
connaissances sur un sujet. Ils diffèrent du groupe « Mission
commandée » car ils repèrent l'information à partir d'un large
éventail de sites. Même s'ils sont portés à visiter des sites
familiers, ils explorent différents types de sites Web. Par
ailleurs, ils peuvent s'attarder à une page Web qui a piqué leur
attention, donnant ainsi l'opportunité aux publicitaires de
présenter leurs produits ou services.
7- « Navigation » (Surfing). Session de navigation la plus
longue, soit 70 minutes en moyenne. Au cours d'une session
typique, les internautes se rendent sur près de 45 sites Web.
Ils allouent 1 minute ou plus par page Web, ce qui suggère une
exploration étendue mais non en profondeur. Habituellement, les
usagers sont friands de sites Web riches en contenu. Ainsi, les
publicitaires ont l'occasion de faire connaître leurs produits
ou services étant donné qu'ils seront exposés aux messages
durant une période de temps relativement longue.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Source : Communiqué de presse, Booz-Allen & Hamilton,
2 avril 2001
Bulletin du 6 2001
1. Formation par Internet en entreprise
2. Après les sports extrêmes, la programmation extrême
3. Le paradoxe d'Internet : des industries plus performantes
mais moins rentables
4. Trouver la perle rare sur le net
5. Sex.com : du nouveau...
1. FORMATION PAR INTERNET EN ENTREPRISE - De plus en plus de
dirigeants reconnaissent la valeur du capital humain de leur
entreprise. Celui-ci possédant l'ensemble des connaissances et des
compétences de l'organisation, il en assure, par le fait même, la
productivité et la compétitivité.
Ainsi, la formation du personnel dispensé par Internet est née
d'une part, de l'importance accordée au savoir du capital humain
et d'autre part, du besoin concret d'actualiser ses connaissances
et compétences ou d'en acquérir de nouvelles. Par ailleurs, la
téléformation a l'avantage d'éliminer les inconvénients de la
formation traditionnelle - comme les déplacements - et de
permettre d'économiser jusqu'à 60 % des coûts de formation. Aussi,
elle offre plus de souplesse aux travailleurs puisqu'elle leur
permet d'intégrer les nouveaux apprentissages aux tâches
quotidiennes et d'apprendre graduellement, selon le rythme et les
besoins de chacun.
Sensibles aux avantages de la téléformation, de nombreuses
entreprises choisissent d'utiliser des logiciels spécialisés qui
leur permettent de développer des systèmes de formation intégrant
les contenus ainsi que des outils de gestion dans leur propre
intranet. D'autres préfèrent acheter des formations accessibles
directement dans le Web.
C'est ainsi que s'explique l'apparition de cette nouvelle
industrie qu'est la « formation Internet au service des
entreprises » (corporate e-training). D'ailleurs, une étude de la
firme WR Hambrecht mentionne que le marché de cette industrie a
atteint 870 millions $US en 2000 et devrait s'élever à 11,5
milliards $US d'ici 2003.
En matière de téléformation, notons qu'aux États-Unis, plus de
70 % des universités et des collèges offrent des cours par Internet.
À cet égard, la firme IDC prédit que 2,2 millions d'étudiants
suivront des cybercours d'ici 2002. Au Canada, huit universités
canadiennes dont la Télé-université du Québec se sont regroupées
pour former l'Université virtuelle canadienne (UVC). L'UVC propose
un choix de 1500 cours enseignés à distance. Parmi ceux-ci, plus
de 200 sont entièrement offerts en ligne. Les autres recourent au
courrier, à la télévision, aux conférences par ordinateur, aux
vidéos, etc. Enfin, il est intéressant de préciser qu'en 1999,
l'UVC a enregistré plus de 80 000 inscriptions à des cours à
distance.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : La Presse, 31 mars 2001 ; Site de l'Université virtuelle
Canadienne
2. APRÈS LES SPORTS EXTRÊMES, LA PROGRAMMATION EXTRÊME - Autour du
globe, de plus en plus de programmeurs se convertissent à la
programmation extrême. Loin de revêtir les attributs casse-cou
des sports extrêmes, cette nouvelle philosophie formalise le
processus - parfois anarchique - de la programmation et
permettrait de produire des applications de meilleure qualité dans
des délais plus serrés.
Oubliez l'image du programmeur isolé entre ses paravents qui tape
du code le soir alors que tout le monde est rentré à la maison et
qui carbure à la pizza froide arrosée de cola tiède. La
programmation extrême, c'est d'abord le travail en équipe, deux
personnes sur la même machine qui tapent à tour de rôle en se
validant au fur et à mesure du processus créatif. C'est aussi une
semaine raisonnable de travail, comme en fait foi la règle du « 40
heures par semaine ». Les programmeurs fatigués font plus
d'erreurs, alors que les programmeurs extrêmes sont frais et
dispos et... plus efficaces.
Autre règle intéressante, « l'application extrême » doit être
lancée dans sa forme la plus dénudée possible. Par la suite, on
travaille avec les usagers à ajouter les fonctions nécessaires et
utiles. Cette procédure réduit les délais de mise en marché
(« time-to-market ») et permet de focaliser l'ajout de
fonctionnalités pour répondre aux besoins du client. On est loin
de la philosophie traditionnelle qui consiste à assembler
plusieurs milliers de fonctionnalités - parfois inutiles - dans un
logiciel, sans égard à leur utilisation éventuelle.
La programmation extrême comporte aussi une étape de « re-
factoring », moment où l'équipe de programmeurs révise son code
dans le but de le simplifier. Ainsi, en gardant les choses
simples et en s'assurant de définir les concepts une seule fois,
les programmeurs réduisent drastiquement les erreurs à corriger
lors de la phase « débuggage ».
Par contre, cette nouvelle méthodologie qui a déjà fait ses
preuves chez Ford, IBM et Chrysler, n'est pas nécessairement pour
tous. Elle convient davantage aux petites équipes de
programmation et aux organisations où une rétroaction entre
programmeurs et clients est facilitée et encouragée. Par
ailleurs, dans les organisations gouvernementales, l'inévitable
documentation des systèmes peut venir compliquer quelque peu un
processus créatif basé sur les règles de la programmation extrême.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Article de CNET News ; Les douze règles de la programmation extrême
3. LE PARADOXE D'INTERNET : DES INDUSTRIES PLUS PERFORMANTES
MAIS MOINS RENTABLES - Selon Michael Porter, du Harvard Business
School, le grand apport d'Internet n'est pas d'avoir créé de
nouvelles industries comme les enchères en ligne ou les places de
marché virtuelles mais plutôt d'avoir reconfiguré certaines
industries qui étaient contraintes et limitées par des coûts de
communications ou de transactions élevés ou encore par une
concentration de l'information. L'éducation à distance, par
exemple, existait bien avant l'apparition d'Internet. La toile lui
a simplement fourni des moyens supplémentaires pour se développer.
Un autre exemple : les commandes par catalogue. Encore une fois,
Internet n'a rien inventé, il a seulement changé le « Front end »
du processus.
Que l'industrie soit nouvelle ou qu'elle existe depuis longtemps,
sa structure est déterminée par cinq forces inhérentes : la
rivalité interfirmes, les barrières à l'entrée, la menace de
produits ou services substituts, le pouvoir des fournisseurs ainsi
que le pouvoir des acheteurs. Bien que ce modèle sur les « cinq
forces de la concurrence » existe depuis le début des années 80,
personne de l'avait adapté aux nouvelles réalités qu'Internet
avait créées. Or, selon Porter, l'influence d'Internet varie d'une
industrie à l'autre et il ne faut surtout pas tirer de conclusions
générales sur la profitabilité à long terme d'une industrie
puisque chaque industrie est affectée différemment par Internet.
L'étude de plusieurs industries a néanmoins fait ressortir
quelques tendances créées par Internet. Certaines sont
positives ... d'autres moins! D'un point de vue positif, Internet
a eu tendance à diminuer le pouvoir des canaux de distribution
traditionnels en fournissant aux entreprises des avenues plus
directes pour rejoindre leur clients. De plus, Internet a amélioré
la performance des entreprises, ce qui leur a permis d'élargir
leurs marchés en plus d'améliorer la position concurrentielle de
leurs produits face à des produits substituts traditionnels.
Internet a toutefois engendré plusieurs tendances négatives.
Ainsi, le pouvoir de négociation des acheteurs, la menace de
produits ou de services substituts, ainsi que la rivalité
interfirmes se sont accrus passablement dans plusieurs industries
alors que les barrières à l'entrée et que le pouvoir des
fournisseurs ont diminué. Ces tendances sont toutes principalement
issues du fait qu'Internet a éliminé les barrières limitant
l'accès à des marchés géographiques plus vastes. En somme, les
entreprises se retrouvent dans des industries où la concurrence
est plus féroce et où il est de plus en plus difficile pour leurs
produits de se démarquer.
Le plus grand paradoxe d'Internet est que les bénéfices et
avantages qu'il procure aux entreprises - l'accessibilité à
l'information; la diminution des difficultés d'approvisionnement,
de marketing et de distribution; la facilité avec laquelle
acheteurs et vendeurs ont de se trouver et de transiger - rendent
la capture et la conservation d'avantages concurrentiels et de
profits plus difficiles pour les entreprises.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources : Harvard Business Review, mars 2001
4. TROUVER LA PERLE RARE SUR LE NET - Le marché du recrutement en
ligne a le vent dans les voiles. Si, en 1998, il représentait déjà
2,4 milliards de dollars US, les prévisions indiquent qu'il
pourrait atteindre 22 milliards dès 2003. Grâce à Internet, il se
déroule désormais 32 millions de transactions de recrutement par
année en Amérique du Nord, tandis que l'activité des candidats à
la recherche d'emploi s'est vue décuplée.
Pour garder leur place et s'approprier la meilleure part de ce
marché florissant, les sites d'emplois se livrent une concurrence
acharnée. Les solutions de sélection des postulants se
diversifient pour s'étendre à toutes les étapes du processus
d'embauche. Les babillards électroniques, qui ne représentent en
fait que l'étape A du développement d'une approche de recrutement
en ligne, sont remplacés par les agents intelligents, les systèmes
de présélections automatisés... et bientôt, par les chasseurs de
têtes virtuels.
Après avoir redéfini les différentes composantes inhérentes à
l'entreprise, les solutions technologiques s'attaquent enfin aux
ressources humaines qui, selon Gabriel Bouchard, vice-président et
directeur général de Monster.ca, représentent « le dernier bastion
où la technologie n'était pas encore entrée pour automatiser le
processus. » Toujours selon M. Bouchard, le recrutement
électronique au Québec ne fait que débuter, les entreprises étant
plus lentes à adopter cette nouvelle voie d'embauche. Nous en
sommes donc toujours à l'étape A de ces solutions virtuelles,
Internet servant principalement à l'affichage des postes
disponibles.
Comme le constate Louis Têtu, président de Recruisoft, une firme
de développement de logiciels de gestion du recrutement, le
recrutement en ligne est bien loin jusqu'à maintenant d'avoir
éliminé les piles de curriculum vitæ qui s'érigent sur les bureaux
des recruteurs. En facilitant l'accès aux offres d'emploi, un
postulant pouvant désormais poser sa candidature sur 100 postes
différents en 10 minutes, l'automatisation du processus contribue
au contraire à élever ces amoncellements de CV encore davantage.
Les clients de Recruisoft - Bombardier, Canadian Tire, etc.-
peuvent ainsi recevoir de 50 000 à 1,5 million de CV par année!
Selon une étude d'iLogos Research, le Web permet cependant de
réduire à moins de 30 jours le cycle d'embauche qui, autrement,
prend une moyenne de 67 jours.
Selon M. Têtu, les chasseurs de têtes traditionnels doivent offrir
une valeur ajoutée à leurs services s'ils veulent survivre aux
bouleversements du marché. Venatus Conseil, une firme de courtiers
spécialisée dans le monde de la finance et de la gestion, l'a bien
compris et utilise abondamment le courriel pour faire la chasse
aux talents en ligne. L'avenir appartient donc à ceux qui sauront
réagir et tirer profit des nouvelles technologies, mais aussi,
selon Nathalie Francisci, la présidente de Venatus, aux firmes qui
se spécialiseront dans certains créneaux d'emplois.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Sources : Les Affaires, 31 mars 2001, p. 27 ; IT Forecaster,
20 mars 2001
5. SEX.COM : DU NOUVEAU... - Dans son édition du 9 mars, le bulletin
SISTech parlait de la bataille légale autour du nom de domaine
Sex.com. Eh bien, l'histoire a connu son dénouement mardi de cette
semaine dévoile Reuters. Le fraudeur Stephen Cohen a été reconnu
coupable et devra payer la rondelette somme de 65 millions de
dollars au propriétaire légitime du site, un dénommé Gary Kremen.
Certes, le fraudeur demeure maintenant au Mexique et sa fortune
est camouflée un peu partout, il y a donc fort peu de chances que
M. Kremen touche son dû. Cependant, la cause fera sans doute
jurisprudence, le jugement reconnaissant enfin qu'un nom de
domaine constitue une propriété tangible.
Par contre, même si Cohen fait défaut de paiement, Kremen et son
portail du sexe virtuel ne sont pas démunis pour autant. Selon
ses avocats, le site Sex.com reçoit quelque 25 millions de visites
par jour et vaudrait 100 millions de dollars... De quoi faire
pâlir de jalousie certains propriétaires de point-com!
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : Judge awards $65 mln in sex.com cybersquatting case -
Reuters