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Archives du bulletin SISTech : mars 2006
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Bulletin du 31 mars 2006
Bulletin du 17 mars 2006
Bulletin du 3 mars 2006


Bulletin du 31 mars 2006
Version PDF

1. La Finlande à l'ère numérique
2. Nouveau - Guide sur le gouvernement électronique - Chapitre 2 : Gouvernement électronique : Le Quoi et le Pourquoi
3. CAA-Québec – CRM : l’ingéniosité au service du client – Article PerspecTIves 2006

1. La Finlande à l'ère numérique - Tout comme les autres nations scandinaves, la Finlande est une figure de proue en matière de gouvernement en ligne. Une enquête menée en 2005 par la firme Capgemini et destinée à évaluer l'évolution de la prestation électronique de services dans 28 pays européens, classe ce pays au 5e rang pour l'interactivité en ligne et au 4e pour la disponibilité en ligne. Selon le palmarès du site Internet World Stats, le pays compterait 3 286 000 internautes, soit 62,6 % de sa population, ce qui le place au dix-huitième rang des pays les plus branchés. Il faut d'ailleurs remonter à 1994 pour assister à l'adoption par le gouvernement finlandais d'une stratégie de gestion de l'information gouvernementale, stratégie qui constituait la toute première étape du développement de son gouvernement électronique.

Un peu d'histoire

Dès 1998, la Finlande approuvait une décision sur les transactions électroniques, le développement de services électroniques et la réduction de la collecte de données. Adopté en 1999 afin de promouvoir le développement de services électroniques, l'Act on Electronic Service in the Administration entrait en vigueur en janvier 2000. Le document présentait alors les dispositions relatives aux droits, aux devoirs, aux responsabilités des autorités gouvernementales et de leur clientèle dans le contexte des services électroniques et les conditions essentielles à la protection des données et à l'identification électronique.

Le 31 décembre 2001, l'Information Society Advisory Board publiait le rapport Public Services in the New Millenium, the Programme of Action to Promote Online Government for 2002-2003 qui présentait la stratégie finlandaise en matière de gouvernement électronique. Ce nouveau plan d'action proposait notamment les mesures qui devaient être mises en place pour surmonter les obstacles au gouvernement en ligne.

En avril 2002, la Finlande lançait Suomi.fi, un portail citoyen constituant un point d'accès unique à l'information et aux services publics. Résultat d'un effort conjoint de sept agences gouvernementales, le portail destiné aux entreprises du pays, YritysSuomi.fi, était, pour sa part, lancé au printemps de la même année.

Au cours des années 2004 et 2005, plusieurs projets, dont un système d'identification en ligne, la possibilité pour les citoyens finnois de déposer les données relatives à leur assurance santé sur leur carte d'identification électronique (le Citizen Certificate), un service d'identification électronique mobile et un service de changement d'adresse en ligne, étaient enfin réalisés.

Un aperçu des services destinés aux citoyens

• Les citoyens finlandais peuvent déclarer leur revenu et payer les sommes dues en ligne.
• Grâce aux efforts du Finnish Employment Service, les citoyens ont accès aux emplois ainsi qu'aux séances de formation disponibles et peuvent poser leur candidature en ligne.
• Les citoyens peuvent aussi dénoncer en ligne certains crimes dont ils peuvent être victimes, tels que les atteintes à la propriété et les actes de vandalisme.
• Par l'intermédiaire du portail Kirjastot.fi, les Finlandais peuvent accéder aux services offerts par les différentes bibliothèques publiques du pays.
• Le National Board of Education informe les citoyens sur l'inscription aux programmes universitaires, tandis que certaines universités ont mis en place des systèmes d'inscription en ligne.
• Les citoyens finlandais peuvent effectuer leur changement d'adresse auprès d'un nombre important d'organisations publiques et privées grâce à une seule opération en ligne.

Un aperçu des services offerts aux entreprises

• Les entreprises finlandaises peuvent soumettre en ligne leur déclaration de revenus d'entreprise et de taxes de vente et effectuer leur paiement par Internet. Elles peuvent aussi effectuer de façon électronique le paiement des contributions sociales pour leurs employés.
• En ce qui a trait à l'enregistrement de nouvelles entreprises, l'information sur les diverses procédures administratives à suivre est actuellement disponible en ligne et des formulaires peuvent être téléchargés. Un système interactif d'enregistrement électronique est également en développement.
• Les entreprises du pays peuvent aussi soumettre leurs données au bureau national de statistique en ligne et effectuer de façon électronique leurs déclarations de douanes.

Conclusion

Selon un récent rapport de l'Information Society Council (ISC), Towards a Networked Finland, pour demeurer parmi les leaders en matière de gouvernement en ligne, la Finlande devra prendre diverses mesures. Selon l'ISC, le pays gagnerait, par exemple, à établir des structures de financement pour les projets interministériels, à structurer l'information relative au développement du gouvernement en ligne et à entreprendre des activités de recherche autour de la thématique du gouvernement électronique.

Article tiré de l’édition de février 2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux. Consultez les autres articles du bulletin pour en apprendre davantage sur différentes initiatives en gouvernement électronique dans les pays scandinaves.

Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :

Commission européenne, Direction générale, Société de l'information et média ; Capgemini. Online Availability of Public Services : How is Europe Progressing ?, 5e éd., 3 mars 2005, 66 p.

Commission européenne, IDABC, eGovernement Observatory. « eGovernment in Finland », eGovernment in the Member States of the European Union, 2e éd., novembre 2005.

Information Society Council. Towards a Networked Finland, février 2005, 109 p.

Internet World Stats. Usage and Population statistics.


2. Nouveau - Guide sur le gouvernement électronique - Chapitre 2 : Gouvernement électronique : Le Quoi et le Pourquoi - Plusieurs facteurs expliquent que l’ensemble des gouvernements des États occidentaux investissent actuellement des ressources substantielles dans la mise en place du gouvernement électronique. Avant d’en faire la liste, il est cependant important de répondre à la question suivante : lorsqu’on parle de gouvernement électronique,
de quoi parle-t-on exactement ?

Pour lire l’article complet : http://www.cefrio.qc.ca/Actes/acte_06.cfm


3. CAA-Québec – CRM : l’ingéniosité au service du client – Article PerspecTIves 2006 - Le CAA-Québec est un précurseur en matière de CRM (customer relationship management), ou gestion de la relation-client. C’est là un des avantages d’avoir des membres plutôt que des clients et, surtout, de leur avoir toujours donné la priorité. Découvrez comment ses dirigeants ont misé sur cette approche pour évaluer les efforts à investir auprès de leur clientèle et maximiser leurs actions auprès des membres à forte valeur à long terme.

Pour lire l’article complet : http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Perspectives06_CAA.pdf


Bulletin du 17 mars 2006
Version PDF

1. Un projet du CEFRIO qui fait du chemin: École éloignée en réseau
2. Combattre le fossé numérique dans les pays en développement
3. Êtes-vous en train de dévorer vos clients ?

1. Un projet du CEFRIO qui fait du chemin: École éloignée en réseau - Une session de transfert réunissant près de deux cents participants – directeurs d’école, enseignants, conseillers pédagogiques, chercheurs et autres intervenants - impliqués dans le projet École éloignée en réseau a eu lieu les 16 et 17 février dernier à Québec.

L’événement a donné la parole à des enseignants de 13 sites pilotes du projet. Ce fut l’occasion pour eux de nous parler de leurs bons coups et de montrer comment, concrètement, ils ont intégré des outils technologiques (vidéoconférence, logiciel de télécollaboration) à leur pratique.

Rappelons que le projet rejoint actuellement de petites écoles situées dans des communautés éloignées des centres urbains. Les enseignants de ces écoles, qui ont d’ailleurs souvent des classes multiâges, n’ont généralement pas accès à toutes les ressources nécessaires, et sont donc appelés à innover pour pallier ce manque et assurer la réussite scolaire de leurs élèves.

De façon plus concrète, voici quelques-unes des initiatives qui ont été présentées lors de cette session de transfert :

- Des enseignants de quatre petites écoles primaires de la Commission scolaire Beauce-Appalaches ont uni leurs talents et leurs intérêts pour développer un projet de bande dessinée (BD) avec leurs élèves. Chaque enseignant était responsable d’un thème (ex : Histoire et géographie de la BD, Héros et héroïnes de BD et Les classiques de la BD). L’enseignant responsable présentait sa matière en vidéoconférence à l’ensemble des élèves. Ceux-ci ont aussi discuté ensemble de sujets d’intérêt pour le projet avec le logiciel Knowledge Forum. Une fois le projet avancé, chaque élève présentait son scénario de BD à d’autres élèves en vidéoconférence pour recevoir une rétroaction lui permettant de peaufiner son projet. À la fin, tous ont présenté à leurs pairs en vidéoconférence le fruit de leur travail. Ce projet a permis de tisser des liens serrés entre les élèves qui ont formulé le souhait de se rencontrer ; ce qui fut fait à l’occasion d’un pique-nique organisé à la fin des classes.

- À l’école primaire Christ-Roi de St-Camille, les élèves ont préparé avec des pairs d’une autre école un projet visant à connaître comment se déroulait anciennement la fête de Noël. Ils ont élaboré avec l’aide de Knowledge Forum (KF) leurs questions et leurs hypothèses. Les enseignants y ont aussi fait profiter de leurs contacts dans le milieu communautaire pour rejoindre et intéresser les personnes âgées du village au questionnement des enfants. Le tout a résulté en un échange virtuel enrichissant entre les élèves des deux écoles et les personnes âgées grâce à la vidéoconférence. Et les élèves ont gardé une trace de cette rencontre en écrivant sur le KF ce qu’ils en avaient apprécié.

- L’école des Deux-Rivières à Matapédia a la particularité d’accueillir des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire. Située à la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick, l’école est établie en région défavorisée, loin des centres importants dans les domaines culturel, économique et éducatif. Les enseignants au secondaire de cette école ont remarqué que pour les élèves finissants, cela tient plus du rêve que de la réalité que de poursuivre des études universitaires. Pour renverser la vapeur, ils les ont mis en lien, dans le cadre de leurs cours de chimie, avec des professeurs de l’Université du Québec à Rimouski dont un est d’ailleurs issu de leur communauté. Avec l’aide de Knowledge Forum, ils ont pu échanger et se rendre compte que tout est possible et envisager des études postsecondaires avec le désir de réussir.

Au-delà des succès qui ont été présentés, cette session de transfert a été l’occasion pour bien des intervenants d’échanger en face-à-face, de susciter de nouvelles idées de projets et surtout, d’exprimer le désir de collaborer tous ensemble pour briser l’isolement des enseignants, des élèves et des milieux pour une plus grande réussite éducative des citoyens de demain.


Rédactrice : Gisèle Vachon, chargée de projet, Direction recherche, transfert et valorisation, CEFRIO

Pour en savoir plus :
http://www.eer.qc.ca/
http://www.cefrio.qc.ca/projets
Josée Beaudoin,
Directrice de projet
CEFRIO

2. Combattre le fossé numérique dans les pays en développement - En raison de l'absence d'une infrastructure de réseau de base et de piètres liaisons internationales, le fossé numérique est beaucoup plus prononcé dans les zones du monde où les revenus sont les plus bas. Les technologies liées à Internet sont particulièrement lentes à arriver jusqu'aux nations les plus pauvres. Cependant, pour les pays en développement comme pour les pays mieux développés, l'enjeu fondamental demeure le même : étendre l'accès aux technologies à tous, à l'intérieur d'une société donnée.

Puisqu'elle est le résultat d'un ensemble de facteurs sociaux, économiques, politiques et environnementaux, la fracture numérique est un problème complexe. Bien au-delà de la seule construction de réseaux et d'infrastructures de télécommunication, les pays qui s'y attaquent gagnent ainsi à entreprendre diverses actions telles que la mise en œuvre de séances de formation à l'utilisation des technologies et d'Internet, la création de centres d'accès publics à Internet, l'adoption de politiques gouvernementales favorisant la création de contenus locaux, etc. Plusieurs initiatives dignes de mention ont d'ailleurs été réalisées par les administrations publiques de différents pays en développement.

Quelques initiatives

L'Inde branche ses communautés rurales

Pour réduire le fossé numérique qui sévit particulièrement dans les régions rurales du pays, le gouvernement indien s'est allié à des partenaires privés pour lancer en 2004 le projet Mission 2007. Ce projet consiste à établir des centres du savoir au sein des 600 000 villages ruraux. Implantés dans différents lieux publics tels que les établissements d'enseignement et les bureaux gouvernementaux, ces centres mettent une panoplie de services en ligne à la disposition des citoyens :

- Services gouvernementaux : demande de certificat de naissance ou de décès, plaintes relatives à l'eau, etc. ;
- Santé : prise de rendez-vous en ligne avec un ophtalmologiste, information et enregistrement aux Eye camps ;
- Agriculture : accès aux prix des marchés, demandes de tests de sols, avis de vétérinaires, etc. ;
- Communication : accès au courrier électronique, au clavardage, etc. ;
- Loisirs : résultats de loteries, astrologie, jeux, etc. ;
- Éducation : résultats d'examens, programme d'alphabétisation, etc. ;
- Emploi : affichage de postes et de curriculum vitae.

La formation des utilisateurs étant considérée comme primordiale pour assurer une réelle appropriation des technologies par les communautés, Mission 2007 mettra aussi en œuvre des séances de formation destinées à des centaines de milliers de personnes.

• L'Afrique du Sud passe à l'action


Lancé en 2002, le projet The Digital Doorway consiste à établir des terminaux multimédias, accessibles 24 heures sur 24, dans différentes communautés africaines. Une centaine de terminaux ont, jusqu'à présent, été implantés dans des localités rurales, semi-rurales et urbaines du pays. Les contenus sont configurés de façon à encourager les utilisateurs à les explorer. Les applications et les programmes éducatifs sont, par exemple, destinés à l'apprentissage des mathématiques, des sciences ou des langues, à la formation à Internet, au traitement de texte, etc. Les terminaux peuvent aussi être utilisés à d'autres fins, notamment à la prestation de services gouvernementaux en ligne et à la diffusion de l'information.

Le Chili met en œuvre de nouvelles politiques gouvernementales

Le cas chilien montre que la transformation des politiques gouvernementales peut grandement contribuer à réduire le fossé numérique. En effet, grâce à certaines modifications des politiques, l'accès à Internet dans la population est passé de 2 %, en 1998, à 23,8 % en 2002. Parmi les politiques avancées, mentionnons l'abaissement des coûts de la téléphonie, la création de centres d'accès publics à Internet ainsi que l'adoption de lois en matière de commerce électronique.

Mexique : la ville de Tecamac crée un quartier de maisons à prix modiques, branchées!

Real del Sol, un ensemble immobilier de 1 800 maisons, a récemment été construit dans la ville mexicaine de Tecamac. Il s'agit d'un projet pilote qui offre des résidences à prix modiques, toutes équipées d'un ordinateur ainsi que d'une connexion à Internet haute vitesse. Les résidents du quartier bénéficient également d'un système de sécurité, d'un compte de courriel ainsi que d'un portail sur la vie de quartier. Ces maisons sont réservées aux familles dont le revenu est moins de 700 $ US par mois.

Conclusion

Selon l'OCDE, trois grandes conditions sont à la base du succès des réalisations destinées à réduire le fossé numérique :

• les liaisons à Internet doivent exister et être proposées à des tarifs abordables ;
• les utilisateurs doivent posséder des compétences de base pour utiliser la technologie adéquatement ;
• des services et des contenus attirants et répondant aux besoins des populations locales doivent être offerts pour favoriser la connexion à Internet et l'appropriation des technologies.

Dans leur lutte pour réduire le fossé numérique, les pays en développement peuvent s'inspirer de l'expérience acquise par les pays de l'OCDE. Les grandes leçons découlant des actions entreprises par ces nations pionnières permettent en effet de croire qu'elles peuvent être appliquées ailleurs. À la suite de l'examen de la situation de ses pays membres, l'OCDE indique que trois méthodes d'intervention se sont révélées particulièrement efficaces, soit :

• la libéralisation des marchés des télécommunications : selon les observations de l'Organisation, la concurrence joue en effet un rôle clé dans le développement de l'accès aux technologies ;
• la mise en œuvre d'un cadre réglementaire sain qui favorise par exemple, l'extension des réseaux, la réduction des prix et l'augmentation de la qualité des services ;
• la promotion d'une concurrence effective entre les fournisseurs en télécommunication.


Article tiré de l’édition de mars 2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux. Consultez les autres articles du bulletin pour en apprendre davantage sur les initiatives de différents gouvernements pour réduire la fracture numérique.

Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, enquêtes et veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Bowonder, B. et Gopi Boddu. « Internet kiosks for rural communities: using ICT platforms for reducing digital divide », International Journal of Services Technology and Management, vol. 6, no 3 5, 2005, p. 356-378.

Hanson, Wayne. « Tecamac: A City of Hope for Mexico's Future », Government Technology, 24 octobre 2005.

Harris, Blake. « Training Seen as Essential for India's Rural Connectivity Plans », Government Technology, 12 octobre 2005.

Hawkins, E. T. « Creating a national strategy for Internet development in Chile », Telecommunications Policy, vol. 29, no 5-6, 2005, p. 351-365.

Meraka Institute. Digital Doorway.

OCDE. Perspectives des communications de l'OCDE 2005, 2005, 336 p.


3. Êtes-vous en train de dévorer vos clients ? - En matière de gestion de clients, faites-vous tout ce qu’il faut? Pour vous en assurer, prenez connaissance des derniers travaux des chercheurs Don Peppers et Martha Rodgers, créateurs du fameux « marketing personnalisé » (one-to-one marketing).

Pour lire l’article complet : http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Perspectives06_Marketing.pdf


Bulletin du 3 mars 2006
Version PDF

1. Vers de nouvelles relations entre l’État et les citoyens : un gouvernement en ligne pour tous ?
2. Le sans-fil public : une solution viable pour réduire le fossé numérique ?
3. Relations publiques – Internet : faiseur ou briseur d’image? - Article PerspecTIves 2006

1. Vers de nouvelles relations entre l’État et les citoyens : un gouvernement en ligne pour tous ? - Instaurer un réel gouvernement en ligne s’avère actuellement une préoccupation de premier plan au Québec. Déjà, certains projets tels que le Service québécois de changement d’adresse ou la déclaration de revenus sur Internet connaissent un grand succès. Toutefois, il est pertinent de s’interroger sur l’égalité - ou l’inégalité - de l’accès à ces services en ligne pour tous les citoyens et toutes les entreprises. Autrement dit, existe-t-il une fracture numérique au Québec? Fort du succès connu lors de son colloque international sur le gouvernement en ligne de mai 2005 (1), le CEFRIO a organisé un séminaire visant à encourager la réflexion et l’évaluation de la situation au Québec.

Ainsi, près de 225 personnes provenant des secteurs gouvernemental, municipal, privé, communautaire, de la santé et de l’éducation se sont réunies le 28 février dernier afin d’échanger sur le thème « Vers de nouvelles relations entre l’État et les citoyens : un gouvernement en ligne pour tous? » (2). Invité à l’événement, le ministre des Services gouvernementaux du Québec, monsieur Henri-François Gautrin a reconnu que l’État a déployé « beaucoup d’efforts pour le développement du gouvernement en ligne mais qu’il reste encore beaucoup à faire ». Le CEFRIO a également profité de l’occasion pour lancer un nouvel outil issu de sa recherche-action Services électroniques aux citoyens et aux entreprises. Le Guide sur le gouvernement électronique (3) est destiné à tous les stratèges et artisans du gouvernement en ligne.

Défis
En guise d’introduction, l’animateur de la journée, Michel Audet, directeur scientifique au CEFRIO, directeur Institut technologies de l’information et société, professeur titulaire, Département des relations industrielles, Université Laval, a énuméré quelques grands défis que doivent affronter les différents acteurs de la mise en œuvre du gouvernement électronique. Les voici :
- Leadership et gouvernance : Les organisations doivent bénéficier d’une certaine marge de manœuvre et faire preuve d’innovation pour gérer la différenciation et l’intégration des services;
- Optimisation, rigueur et partage des meilleures pratiques en matière de gestion des projets informatiques : Il est avantageux de bénéficier des expériences vécues;
- Modèles d’administration publique : Il faudra revoir et transformer les façons de faire relativement à la prise de décision, le financement et le coût à l’innovation, l’identification et la gestion des bénéfices, l’arrière-boutique, etc.;
- La société de l’information : Il faut voir au-delà des ministères en ligne et penser à la synergie interministérielle ou interpaliers de gouvernement, à l’intégration santé-éducation-collectivités, à la lutte à la fracture numérique, à la course aux meilleures pratiques d’affaires pour la productivité des PME, etc.

Étude internationale
En direct de Paris, au moyen de la vidéoconférence, Christian Vergez, administrateur principal, Direction de la gouvernance publique et du développement territorial, OCDE, et Edwin Lau, chef de l'Unité du gouvernement en ligne, Direction de la gouvernance publique et du développement territorial, OCDE, ont présenté les principales réflexions du récent rapport intitulé E-government for better government (4).

L’OCDE aborde l’administration électronique sous l’angle de la bonne gouvernance. L’administration électronique réfère davantage à « l’administration » qu’à « l’électronique ». Les technologies de l’information (TI) permettent à l’administration de se développer et d’améliorer son efficacité; elles ne sont pas une fin en soi. D’autres facteurs doivent cependant être considérés dans une démarche de bonne gouvernance. Pensons à la transparence, à la sécurité informatique, à la protection de la vie privée, à l’engagement des citoyens, à l’équité et à l’accès aux services publics, aux politiques sectorielles, etc.

L’OCDE a étudié ses pays membres sous différents axes :
- Utilisation du gouvernement électronique centrée sur l’usager : Les services électroniques doivent avant tout répondre aux besoins des citoyens et des entreprises. Il faut comprendre leurs comportements et leurs priorités pour ensuite chercher à les combler;
- Fourniture de services par des canaux multiples : La fracture numérique étant une réalité, l’intégration des services en ligne aux services traditionnels permet de rejoindre tous les citoyens, sans exception;
- Mutualisation des processus : Il est important d’améliorer l’interopérabilité entre les différentes administrations, de favoriser une meilleure collaboration et d’offrir des services intégrés afin de réduire les doublons, de tirer un meilleur parti des travaux et des ressources de l’administration, d’effectuer des économies d’échelle, etc. À cet égard, le Danemark a gagné le prix de la catégorie « Transformer l’administration » du concours e-Europe 2005 pour un système de facturation électronique utilisé par les administrations nationales et locales du pays. Le système permet de réaliser des économies substantielles;
- Analyse coûts/avantages : Il est important d’identifier et de mesurer les coûts et les bénéfices des investissements faits afin de mieux gérer et de prioriser les projets de gouvernement électronique.

La Finlande, la Norvège, le Danemark comptent parmi les pays les plus performants en matière de gouvernement en ligne. Ils offrent des services aussi variés que le dossier patient sur le Web, le passeport biométrique, la procuration électronique, l’enregistrement de nouvelles entreprises, etc. (5).

Modernisation des services publics québécois des secteurs clés
Lors d’une table ronde, des chercheurs associés au CEFRIO, ont dressé un portrait de la situation dans leur domaine respectif.

- Secteur gouvernemental : Selon Yves-Chantal Gagnon, chercheur associé, CEFRIO (6), professeur titulaire, Direction de l’enseignement et de la recherche, École nationale d’administration publique, le gouvernement a effectué diverses expérimentations qui lui ont permis de développer une expertise, notamment en matière de développement de nouvelles applications. Plusieurs projets fonctionnent très bien, dont ceux du ministère de la Justice, du ministère des Ressources naturelles et de Revenu Québec. Le site Bonjour Québec.com témoigne d’un partenariat fructueux avec le secteur privé. Mentionnons aussi le portail Services Québec qui démontre parfaitement la diversification des modes de prestation des services de l’État québécois. Maintenant, il faudrait concentrer ses efforts sur le développement d’une culture de partage et de travail collaboratif en vue d’intégrer efficacement les services des différents secteurs (municipal, éducation, santé). Le but recherché étant de regrouper dans un seul site les divers services destinés aux Québécois. En plus d’encourager et de faciliter l’utilisation des services en ligne, cette destination unique augmenterait significativement le taux de satisfaction des citoyens.

- Secteur de l’éducation : Thérèse Laferrière, chercheure associée, CEFRIO (6), professeure titulaire, Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Université Laval, est fière des innovateurs et des projets qu’ils ont développés dans le domaine de l’éducation. Le Fonds de l’autoroute de l’information a notamment favorisé le foisonnement de sites et de produits intéressants permettant de rejoindre tous les acteurs du secteur, soit des élèves en passant par les ordres d’enseignement, les intervenants hors classe jusqu’aux parents. Les problèmes rencontrés sont liés au déploiement et à la pérennité des projets. Une fois le financement obtenu, le partenariat convenu et le projet mis en marche, la deuxième phase se concrétise difficilement ou plus lentement. Par ailleurs, on déplore que l’utilisation de Web n’ait pas encouragé la transformation des façons de faire mais tout simplement une différenciation du mode de prestation des services.

- Secteur municipal : Bernard Sévigny (7), chercheur, Faculté d’administration, Université de Sherbrooke, considère que le programme Villages branchés, destiné à fournir un accès au réseau Internet aux municipalités de toutes les régions du Québec, est de loin l’initiative gouvernementale la plus percutante. Le défi à venir concerne l’usage que les municipalités feront du réseau. Malheureusement, les TI demeurent un mystère pour un trop grand nombre d’élus en région. Ceux-ci devront augmenter leurs connaissances et leur utilisation d’Internet afin de mieux se l’approprier. De plus, il serait intéressant de créer une instance qui favoriserait la création d’une « culture socio-électronique » pour les municipalités.

- Secteur de la santé : Claude Sicotte, chercheur associé, CEFRIO (6), professeur titulaire, Administration de la santé, Université de Montréal, dresse un portrait positif de la situation malgré les expériences négatives vécues, compte tenu de l’ampleur des défis sous-jacents au secteur de la santé. Les quelques succès et les nombreux échecs (SIDOCI, carte santé à Rimouski, etc.) ont effectivement permis d’apprendre des erreurs commises et de développer des connaissances tacites. On a constaté que l’échec des projets en santé prend naissance dans leur conception : objectifs trop nombreux et ambitieux, échéanciers trop courts, vision idéalisée de ce que peuvent faire les TI, etc. Présentement, des efforts sont consentis au projet d’informatisation des données cliniques. La vision de ce projet étant plus réaliste, un vent d’optimisme souffle dans leur direction. Le dossier patient électronique devrait avoir un effet positif sur la productivité des professionnels de la santé qui sont actuellement surchargés de travail. Il contribuera à diminuer le nombre d’erreurs médicales et à augmenter la qualité des soins tout en favorisant l’accès aux soins de santé en région éloignée, au moyen de la télésanté. On prévoit également que le dossier patient informatisé instaurera de nouveaux modèles de relation entre les patients et les professionnels de la santé.

Citoyens et entreprises dans la société de l’information
Lors d’une deuxième table ronde, des représentants des secteurs communautaire, privé et municipal se sont prononcés sur la question de la fracture numérique (13) au Québec.

- Secteur communautaire : Monique Chartrand, directrice générale, Communautique (8), déplore que malgré les efforts, les initiatives et les politiques gouvernementales déployés pour favoriser et encourager l’accès au réseau ainsi que le branchement et l’utilisation d’Internet, on constate encore un écart entre les inforiches et les infopauvres au Québec. Les personnes moins scolarisées, à faible revenu, vivant seules ou encore les femmes sont les moins grands utilisateurs d’Internet (11). Pour le secteur communautaire, l’accès à la société de l’information se traduit par un accès aux infrastructures, à la formation, à l’animation, à l’adoption de normes et de standards ainsi qu’à un service adapté aux besoins des différentes populations. Pourtant, certaines catégories d’individus sont négligées, soit les personnes âgées, les personnes analphabètes et les personnes handicapées. Il existe une fracture numérique au Québec et malheureusement, les fonds publics pour la combattre diminuent.

- Secteur privé : Selon Daniel Charron, président-directeur général, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (9), la question de l’allégement réglementaire est un enjeu majeur pour les entreprises car elle peut se traduire en gain de productivité. En effet, l’énergie nécessaire à la conformité des exigences et des délais ainsi que les coûts afférents représentent tout un casse-tête pour le secteur privé. Dans son dernier rapport (12), le Groupe conseil sur l’allégement réglementaire affirme que le gouvernement électronique constitue une solution au problème d’allégement réglementaire. La question n’est pas réglée à ce jour mais l’on félicite tout de même la mise sur pied du portail Services aux entreprises, particulièrement la section Démarrage. Par ailleurs, on rappelle que dans le contexte de compétitivité actuel, les entreprises doivent être informatisées et être présentes sur le Web. Elles n’ont même pas le choix car leurs partenaires d’affaires et leurs concurrents y sont. Pourtant, on constate que l’accès aux TI et à Internet varie beaucoup selon la taille, le type et le secteur d’activité des entreprises.

- Secteur municipal : Christian Laverdière, directeur de l’inforoute municipale et de la géomatique, ministère des Affaires municipales et des Régions (10), a expliqué la nouvelle vision du ministère des Affaires municipales et des Régions. Elle porte sur le développement territorial et démontre la volonté du gouvernement d’aller au-delà de la structure municipale pour rejoindre les citoyens et les entreprises de toutes les régions du Québec. Le Ministère intervient à deux niveaux. Il a une responsabilité horizontale pour faciliter l’accès des gouvernements municipaux à de l’information en ligne. La mise sur pied du Bureau municipal, une place d’affaires sécurisée, est d’ailleurs une belle réussite. Également, il encourage et stimule les initiatives contribuant à améliorer le cadre de vie et les services municipaux aux citoyens. Malheureusement, beaucoup de projets ne voient pas le jour, faute de financement.

Conclusion
En conclusion, monsieur Henri-François Gautrin, ministre des Services gouvernementaux, a rappelé le cheminement parcouru pour moderniser les services publics depuis les dernières années :
- Première phase : Mise sur pied de sites Web;
- Deuxième phase : Développement de « sites intelligents » présentant l’information en fonction des besoins des clientèles (citoyens, entreprises);
- Troisième phase : L’aspect transactionnel, en fonction de la banque de données d’un ministère, se greffe aux sites. Pensons au site de Revenu Québec et à celui du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. M. Gautrin a également souligné la bonne notoriété du Service québécois de changement d’adresse qui implique six ministères et organismes;
- Quatrième phase : L’arrivée de ClicSÉQUR, un authentifiant unique permettant d’accéder en toute sécurité aux services électroniques gouvernementaux est considérée comme un pas de géant. ClicSÉQUR est un tremplin pour le déploiement du gouvernement en ligne (formulaires électroniques, ventes transactionnelles, etc.). L’identifiant est présentement utilisé à la Régie des rentes et à Revenu Québec.
Enfin, M. Gautrin est conscient que d’importants défis l’attendent, comme la transformation de l’arrière-boutique. Néanmoins, il a réitéré sa détermination à travailler dans le but d’améliorer l’accès et l’utilisation des TI pour tous les citoyens québécois.

Malgré la volonté du gouvernement à faire entrer le Québec dans la société de l’information, la fracture numérique des citoyens, des entreprises et des collectivités perdure. On peut donc conclure que « le gouvernement en ligne n’est pas encore pour tous ». Les programmes, les projets et les initiatives mis en œuvre constituent un grand pas dans la bonne direction mais la route est longue. Souhaitons que tous les acteurs de la société de l’information en devenir se mobilisent dans la poursuite de ce noble objectif. Espérons aussi que les bonnes idées et intentions annoncées par le nouveau ministre des Services gouvernementaux lors du séminaire se concrétisent afin de faire progresser le Québec dans la société de l’information et de réduire la fracture numérique.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO

Références mentionnées :
(1) CEFRIO (2005). Vers une nouvelle relation entre le gouvernement et les citoyens : colloque international sur le gouvernement en ligne, 24, 25 et 26 mai 2005, Québec.

(2) Programme du séminaire

(3) Roy, Réjean (2006). Guide sur le gouvernement électronique : vers une nouvelle relation entre le gouvernement et les citoyens, Québec, CEFRIO, 85 p.

(4) OCDE (2005). E-government for better government, Paris, OCDE, nov. 205 p. (OECD e-government studies)

(5) Québec (Province). Ministère des Services gouvernementaux (2006). « La Scandinavie, une région à l'avant-garde en matière de gouvernement en ligne », E-veille : à la rencontre des gouvernements en ligne du globe, le Ministère, CEFRIO, févr.

(6) CEFRIO. Chercheurs associés.

(7) Bernard Sévigny, chercheur, Faculté d’administration, Université de Sherbrooke.

(8) Communautique.

(9) Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

(10) Québec (Province). Ministère des Affaires municipales et des Régions.

(11) CEFRIO, et Léger Marketing (2006). NETendances 2005 : utilisation d’Internet au Québec, Québec, CEFRIO, 70 p.

(12) Québec (Province). Groupe conseil sur l’allégement réglementaire (2003). Une administration plus attentive aux entreprises pour créer plus d’emplois et de richesse, 82 p.

(13) Pour information, le CEFRIO et le ministère des Services gouvernementaux viennent tout juste de publier un bulletin E-veille portant sur la fracture numérique et les initiatives gouvernementales. Il est disponible à cette adresse : http://www.services.gouv.qc.ca/fr/enligne/connaissance/e-veille/2006/mars.asp

Sources utilisées :
CEFRIO (2006). Vers de nouvelles relations entre l’État et les citoyens : un gouvernement en ligne pour tous? : séminaire sur le gouvernement en ligne, le 28 février 2006, Québec.

Commission européenne (2005). Services publics innovants: les lauréats du prix européen viennent de Pologne, du Danemark, des Pays-Bas et d’Irlande, 25 nov.

Québec (Province). Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Villages branchés du Québec.

Québec (Province). Ministère des Services gouvernementaux (2005). Le Service québécois d'authentification gouvernementale - ClicSÉQUR : un tremplin pour des transactions en ligne simplifiées et sécuritaires, 9 déc.


2. Le sans-fil public : une solution viable pour réduire le fossé numérique ? - Depuis plusieurs années, l'accès à Internet à haute vitesse sans fil au moyen d'un réseau local Wi-fi compte parmi les solutions les plus prometteuses pour brancher efficacement une population moins fortunée ou plus dispersée. Cette solution permet de s'affranchir des coûts prohibitifs du « dernier kilomètre », facteur qui avait d'ailleurs ralenti le déploiement rural de la téléphonie locale ou de la télévision par câble au siècle dernier. Mais si l'approche technologique semble faire l'unanimité, un débat fait rage : qui doit offrir le service sans fil, les collectivités locales ou les entreprises de télécommunications ?

Pourquoi le branchement à Internet haute vitesse ?

Plusieurs auteurs¹ ont explicitement reconnu l'impact de la haute vitesse sur la qualité de l'utilisation d'Internet, établissant par le fait même l'existence d'un fossé numérique entre les branchés à haute et à basse vitesse. Le sondage NETendances 2005 du CEFRIO établit aussi une corrélation positive entre le taux d'utilisation d'Internet d'une population et la disponibilité de l'accès à haute vitesse à domicile. En effet, le taux d'utilisation d'Internet par la population adulte est nettement plus élevé dans les régions où la haute vitesse est plus largement disponible.

Donc, non seulement l'accès à haute vitesse permet-il une expérience en ligne plus intéressante et enrichissante, mais sa disponibilité augmente l'adhésion à Internet. Encore aujourd'hui au Québec, dans la grande majorité des cas, l'accès à haute vitesse nécessite un branchement filaire, soit par le câble ou une ligne téléphonique locale modifiée, pour transmettre un signal numérique (DSL, en anglais).

Or, les coûts d'un tel service filaire sont souvent prohibitifs, surtout dans les régions éloignées. D'une part, la dispersion de la population sur de grands territoires fait en sorte qu'il n'est pas financièrement rentable de brancher toutes les résidences. D'autre part, pour les travailleurs à plus faible revenu ou pour les aînés, il n'est pas toujours évident de débourser les quelque 500 $ par année nécessaires pour se brancher à haute vitesse à domicile. Pour résoudre ces deux problèmes, l'accès à haute vitesse sans fil sur un réseau local Wi-fi s'impose donc comme une solution intéressante, surtout lorsqu'il est offert gratuitement ou à très bas prix par une instance publique locale.

Des initiatives

Le cas de la ville de Philadelphie en Pennsylvanie est intéressant. En 2004, la ville dévoile son plan d'offrir l'accès Wi-fi sur l'ensemble de son territoire. Selon le projet, le service aurait été gratuit pour la majeure partie du centre-ville et à prix modique pour les autres secteurs. Il n'en fallait pas plus pour déclencher la réaction de l'industrie de la connectivité à Internet qui prétend que de telles initiatives publiques limitent l'innovation technologique et détruisent la compétition. Tant et si bien que quelques mois plus tard, l'État de Pennsylvanie passait une loi, le Pennsylvania Telecommunications Act, House Bill 30, interdisant aux instances locales ou à toute entité sans but lucratif créée à cette fin d'offrir des services payants de télécommunication.

Pourtant, selon ses promoteurs, le projet ne souhaitait pas faire concurrence à l'industrie privée, mais visait plutôt à réduire la fracture numérique en offrant, en plus de la connectivité, l'équipement et la formation à la population moins fortunée. Tout récemment, la Ville s'est entendue avec l'entreprise Earthlink pour déployer un service sans fil Wi-fi qui devrait être disponible pour moins de 20 $ par mois. Ce n'est pas vraiment gratuit, mais cela constitue une solution intéressante aux frais usuels de branchement à la haute vitesse qui varient de 40 à 50 $ chez nos voisins américains.

Au Canada, la ville de Vancouver annonçait, à la fin de janvier 2006, qu'elle allait explorer la possibilité d'offrir un service haute vitesse sans fil à sa population pour mieux la servir. Dans son communiqué de presse, elle mentionne que l'accès gratuit ou à très bas tarif permettra de promouvoir les affaires et offrira la possibilité aux plus démunis d'avoir accès à Internet tout en rendant plus efficace la prestation de services de la ville aux citoyens.

Plus près de nous, la ville de Fredericton au Nouveau-Brunswick offre un accès sans fil gratuit dans la plupart des zones commerciales de la municipalité. Dans ce cas particulier, la concurrence régionale et la capacité d'attirer de nouvelles entreprises semblent avoir motivé l'initiative. Une philosophie intéressante : l'administration municipale de la capitale néo-brunswickoise considère que l'accès sans fil à Internet représente une infrastructure publique au même titre que les routes, les ponts ou le réseau d'égout.

Vers une nouvelle philosophie

La philosophie de Fredericton contraste avec ce qu'on pouvait observer aux États-Unis au cours des dernières années. En effet, selon le Government Computer News, une quinzaine d'États américains avaient légiféré pour empêcher les municipalités de devenir des fournisseurs d'accès à Internet en concurrence avec les entreprises de télécommunications. Toutefois, même chez nos voisins du Sud, une nouvelle tendance se dessine. Reste à savoir comment la situation évoluera.

D'abord, en 2005, Google a fait part de son intention de se lancer dans l'aventure du Wi-fi gratuit dans certains grands centres urbains américains. Il sera intéressant d'observer les effets de ce nouveau modèle économique qui vise à dégager des profits en offrant gratuitement l'accès à Internet. Le blogue Muniwireless.com² mentionne aussi que, en 2005, le Texas, la Floride et l'Indiana ont abandonné ou modifié leur projet de légiférer pour empêcher les municipalités d'offrir l'accès à Internet sans fil.

Est-ce le début d'une nouvelle ère ? Quoi qu'il en soit, le débat est loin d'être réglé. Les grands fournisseurs de connectivité continueront certainement à défendre le modèle économique actuel où les branchés doivent débourser un montant significatif pour avoir le privilège de naviguer à haute vitesse dans Internet. D'un autre côté, la technologie sans fil permet maintenant au monde municipal d'offrir un accès quasi universel à des coûts très faibles ce qui aura pour conséquence positive de réduire la fracture numérique. Les Administrations peuvent alors utiliser le Web pour mieux servir une grande portion de la population. Il sera intéressant de voir quel compromis permettra aux deux parties d'y trouver leur compte.

Une histoire à suivre...

Notes :
¹ Notamment Pew Internet & American Life Project. Digital Divisions: There are clear differences among those with broadband connections, dial-up connections, and no connections at all to the internet.
² Un blogue à suivre absolument pour tout lecteur intéressé par la question du sans-fil offert par les municipalités : Muniwireless.

Article tiré de l’édition de mars 2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère des Services gouvernementaux. Consultez les autres articles du bulletin pour en apprendre davantage sur les initiatives de différents gouvernements pour réduire la fracture numérique.


Rédacteur : Eric Lacroix, directeur des enquêtes et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :

Blogue Muniwireless.

CEFRIO. NETendances 2005 : Portrait de l'utilisation d'Internet au Québec, version abrégée, Sabrina Côté, Isabelle Vachon et Eric Lacroix, février 2006, 70 p.
Accès au dépliant.

Government computer news. Philadelphia Free-for-all, 21 mars 2005.

Pew Internet & American Life Project. Digital Divisions: There are clear differences among those with broadband connections, dial-up connections, and no connections at all to the internet, 5 octobre 2005.

Site de Fred-ezone

Ville de Vancouver, « Mayor supports study of free wireless Internet access in Vancouver », communiqué de presse, 31 janvier 2006.


3. Relations publiques – Internet : faiseur ou briseur d’image? - Article PerspecTIves 2006 - La croissance et l’adoption fulgurantes d’Internet – et plus particulièrement du Web – engendrent non seulement un changement fondamental dans la façon de faire des affaires, mais, en abolissant les frontières physiques, elles révolutionnent aussi la façon dont les entreprises peuvent désormais communiquer avec leurs différents publics. À la vitesse grand V, Internet est devenu l’outil de communication par excellence pour rejoindre un auditoire sans cesse croissant. Comment apprendre à gérer son image d’entreprise dans le cyberespace et à tirer profit de ces nouveaux outils?

Pour lire l’article complet : http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Perspectives06_Rel.pub.pdf



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