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du bulletin SISTech : mars 2004
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Bulletin
du 26 mars 2004
Bulletin du 12 mars 2004
Bulletin du 26 mars 2004
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pour imprimer en format PDF
Dans cette édition
:
1. Le « papy-boom » ou la dérive du savoir
organisationnel
2. Plusieurs
parents américains ignorent toujours les risques associés au téléchargement
de musique en ligne
3. Apprentissage en ligne : le Canada au deuxième
rang mondial
1-
Le « papy-boom » ou la dérive du savoir organisationnel
Selon des chiffres
avancés dans un récent article du Harvard Business Review, d’ici
les quinze prochaines années, 20 % des
travailleurs nord-américains (en excluant les travailleurs immigrants
de première génération) seront quinquagénaires,
une croissance de 80 % par rapport à l'an 2000. Cette situation démographique
plus que particulière et qui prévaut d’ailleurs aussi au
Québec entraîne deux problèmes majeurs pour les entreprises
: le manque de relève compétente, puisque non expérimentée,
et la perte de savoir organisationnel détenu par les enfants de l’après-guerre.
Mais comme on le dit si bien : à chaque problème, sa solution.
La relève
La formation des nouveaux venus sur le marché du travail est essentielle.
Parmi les outils qui sont les plus susceptibles d’offrir les meilleurs
résultats afin de former les nouveaux travailleurs et d’assurer
le transfert intergénérationnel des savoirs (1), on retrouve le
mentorat en réseau à l’aide de communautés de pratique
et la formation par les TI (e-learning).
Le premier outil,
le mentorat en réseau à l’aide de communautés de
pratique sur Internet, permet de faire partager l’expertise des travailleurs
les plus expérimentés aux plus jeunes, d’intégrer
les nouveaux travailleurs à un réseau de contacts et de transformer
le savoir tacite en savoir explicite. En instaurant une telle structure les
organisations feront une pierre deux coups : premièrement, les jeunes
travailleurs vont bénéficier de la présence rassurante
d’un réseau ainsi que de l’expertise de leurs collègues
et deuxièmement, les connaissances se formaliseront.
Le deuxième
outil, la formation par les TI, permet aux organisations d'acquérir de
nouvelles connaissances (formation externe), mais aussi de diffuser les connaissances
qu'elles ont développées (formation interne). Toute organisation
a intérêt à développer ses aptitudes à se
transformer en organisation apprenante puisque la connaissance est essentielle
à la création de la valeur. En utilisant les TI pour former les
jeunes travailleurs (vidéoconférence, cours en ligne sur l’intranet,
etc.), les connaissances de l’entreprise seront formalisées, puis
seront prêtes à être diffusées et utilisées.
La perte
de savoir
Malgré tous les moyens qui seront mis en œuvre pour former la nouvelle
main-d’œuvre et lui transmettre les savoirs acquis par les générations
précédentes de travailleurs, il reste que le nombre de jeunes
qui entreront sur le marché du travail d’ici la prochaine décennie
ne sera pas suffisant pour combler le départ des baby-boomers. L’article
du Harvard Business Review dont il a été question plus haut, suggère
de tenter de réduire le taux de départ à la retraite des
baby-boomers en leur offrant des conditions de travail plus flexibles qui s’adapteront
mieux à leurs besoins. Le télétravail est un bon exemple
d’outil qui offre aux travailleurs plus âgés la flexibilité
qu’ils requièrent et aux entreprises, divers avantages, dont la
réduction de certains coûts. De plus, considérant que 50
% des pensionnés âgés de moins de 60 ans sont retournés
grossir les rangs de la population active, il est dans le bon intérêt
des organisations de tenter de retenir leurs effectifs plus expérimentés
quelques années supplémentaires. Ainsi, elles pourront éviter
de voir leurs employés retraités offrir sur un plateau d’argent
le savoir organisationnel à leur nouvel employeur, probablement l’organisation
compétitrice.
Note :
1-Le CEFRIO vient d’entreprendre un important projet de recherche-action
intitulé « Le transfert intergénérationnel des savoirs
: la contribution des TI ». Pour en savoir plus ou pour vous joindre au
groupe de partenaires, veuillez communiquer avec Marcel Gilbert, directeur développement
de projet au CEFRIO (marcel.gilbert@cefrio.qc.ca).
Rédaction
: Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Source : Ken Dychtwald,
Tamara Erickson et Bob Morison, « It’s Time to Retire Retirement
», Harvard Business Review, mars 2004, pp. 48-57.
Manufacturiers
et exportateurs du Québec, La formation par les TIC ou le e-learning.
Le pourquoi et le comment. Guide d’aide à la décision en
contexte manufacturier, 2003, 70 p.
Télétravail.
Concilier performance et qualité de vie, Sous la direction de Liette
d’Amours, 2001, 149 p
2-
Plusieurs parents américains ignorent toujours les risques associés
au téléchargement de musique en ligne
Malgré le récent
battage médiatique entourant le téléchargement et le partage
de fichiers musicaux sur le Net ainsi que les sanctions légales pouvant
résulter de ces activités, bon nombre de parents américains
ne sont toujours pas au courant de leur illégalité.
Lors d’une récente
enquête menée aux États-Unis par Nielsen NRG pour le compte
de la Motion Picture Association of America (MPAA) (1), près de 40 %
des parents interrogés ont en effet indiqué qu’ils ne savaient
pas qu’eux-mêmes ou leurs enfants violaient les lois en vigueur
en s’adonnant à de telles activités en ligne. Qui plus est,
le tiers des parents ayant déjà téléchargé
de la musique sur le Net ont avoué avoir réussi à le faire
grâce aux judicieux conseils de leurs rejetons, experts en la matière
s’il en est.
Le téléchargement
et le partage de fichiers musicaux sont en effet particulièrement populaires
auprès des adolescents. Au Québec par exemple, NetAdos 2003 a
démontré l’an dernier que ces usages du Net venaient au
3e rang des activités privilégiées par les jeunes Québécois
de 12 à 17 ans, 70 % d’entre eux ayant déclaré avoir
écouté ou téléchargé de la musique en ligne
au cours du mois précédant le sondage, contre 17 % pour les adultes
du Québec.
Devant cette ferveur, les
parents doivent s’informer et surtout ouvrir l’œil et le bon
afin de s’assurer que leurs enfants se conduisent de façon légale
et éthique et ce, tant dans l’univers virtuel que dans la vie de
tous les jours. Par ailleurs, bien au-delà des conséquences légales
qu’il peut engendrer, plusieurs autres risques, ceux-là nettement
plus tangibles, peuvent être associés au téléchargement
de musique en ligne :
- Les logiciels
de partage de fichiers obtenus gratuitement sur Internet exposent l’ordinateur
qui les accueille à un grand nombre de virus ainsi qu’à
l’installation en sous-main de logiciels espions (« spyware »);
- Quelques-uns
des logiciels de partage de fichiers les plus populaires sont en outre accompagnés
de logiciels supplémentaires appelés « voleurs de trafic
» (« scumwares », « thiefwares ») qui, une fois
installés sur un ordinateur, créent automatiquement leurs propres
hyperliens sur des pages Web visitées par un internaute pour le détourner
d'un site donné et l'amener vers un site promotionnel ou parfois pornographique.
Plusieurs de ces logiciels peuvent laisser des jeunes avoir accidentellement
accès à des images ou à des vidéos pornographiques
ou les conduire vers des bavardoirs où ils seront en contact avec des
étrangers.
- Plusieurs précautions,
on le voit, doivent entourer le téléchargement et le partage
de fichiers musicaux en ligne. Le Réseau éducation-médias,
dont les actions sont précisément destinées à
développer l’esprit critique des jeunes face aux médias,
propose d’ailleurs plusieurs conseils de sécurité devant
encadrer ces activités virtuelles.
Veuillez enfin prendre note
que le CEFRIO a récemment tenu, en collaboration avec le ministère
de la Culture et des Communications, le ministère de l'Éducation
et Desjardins Solutions en ligne, la seconde édition de l’enquête
NetAdos. Menée à la fois auprès de jeunes Québécois
de 12 à 17 ans et de leurs parents, cette étude s’est encore
cette année intéressée, entre autres problématiques,
aux différentes activités menées en ligne par les jeunes
Québécois. Les résultats de NetAdos 2004 seront dévoilés
par le CEFRIO lors d’un événement qui se tiendra au cours
du mois de mai prochain.
Note :
1- À noter que ce
sondage a été conduit entre le 25 février et le 5 mars
2004 auprès de 396 parents de jeunes de 12-17 ans ayant accès
à Internet à domicile.
Rédactrice : Catherine
Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
« File Swapping : Dangers
You Man Not Know About », Parents Television Council, 22 août 2003
http://www.parentstv.org/PTC/publications/rgcolumns/2003/0822.asp
« New Survey Indicates
Parents Unaware of or Indifferent to Risks of Illegal File Swapping, HardwareGeeks.com
», 17 mars 2004
http://www.hardwaregeeks.com/comments.php?shownews=1881
« Parents Learn Piracy
From Kids, Australian IT », 18 mars 2004
http://australianit.news.com.au/articles/0,7204,9000070%5e15318%5e%5enbv%5e15306,00.html
« Le partage de fichiers
», Réseau Éducation-Médias
http://www.media-awareness.ca/francais/parents/internet/toute_securite_parents/partage_fichiers_par.cfm
« Two Out
of Three American Teens Oppose Fines For Music File Sharers, Harris Interactive
», 9 octobre 2003
http://www.harrisinteractive.com/news/allnewsbydate.asp?NewsID=683
3-
Apprentissage
en ligne : le Canada au deuxième rang mondial
Le marché mondial de l’apprentissage en ligne est en pleine effervescence
: il devrait passer de 6,6 milliards US$ en 2002 à 23,7 milliards de
US$ en 2006 selon les projections de la firme de recherche IDC. C’est
à partir de ce constat et afin de dresser un portrait de ce phénomène
à l’échelle mondiale que l’Economist Intelligence
Unit et IBM ont réalisé un classement de 60 pays selon leur état
d’avancement dans le domaine de l’apprentissage en ligne. Résultat
intéressant : Le Canada remporte la deuxième position de ce palmarès.
Selon le classement
réalisé, le Canada obtient la seconde position, devançant
ainsi les États-Unis qui récoltent la troisième place.
Les pays scandinaves s’avèrent des terrains particulièrement
fertiles pour la mise en place de formations sur Internet : la Suède
remporte la première place, alors que la Finlande, le Danemark et la
Norvège se classent dans les dix premiers rangs. Pour leur part, la Corée
du Sud (5e rang) et Singapour (6e rang) se positionnent comme les leaders de
l’Asie pacifique.
Pour réaliser
ce classement, l’Economist Intelligence Unit (EIU) a élaboré
un indice d’avancement en apprentissage en ligne. Cet indice se base sur
150 critères qualitatifs et quantitatifs, divisés en quatre catégories,
soit l’éducation, l’industrie, le gouvernement et la société.
Pour chacune de ces catégories, quatre éléments ont été
analysés. Ceux-ci s’avèrent les conditions rendant un pays
apte à offrir de la formation en ligne à sa population :
1. connectivité : bande passante suffisante, taux
de pénétration élevé de l’ordinateur et
du téléphone cellulaire ainsi que d’autres technologies;
2. capacité : taux d’alphabétisme élevé,
système d’éducation fort, tradition de formation continue
et de formation en entreprises, etc.;
3. contenu : contenu sur Internet produit par le pays, dans
la langue locale autant que possible, tel que des journaux, des données
gouvernementales, des livres ou autres;
4. culture : croyances, comportements et institutions favorables
à l’apprentissage et à l’utilisation des TI.
L’information
sur chacun des pays a été tirée de données quantitatives
fournies par l’UNESCO, la Banque mondiale et d’autres organisations
publiques et privées. Les données qualitatives proviennent, pour
leur part, d’une étude réalisée par l’EIU et
Pyramid Research.
Qu’ont en
commun les pays ayant obtenu les meilleurs scores selon cet indice? Il s’agit
bien évidemment de pays parmi les plus fortunés ayant un taux
de pénétration des TI élevé, un système d’éducation
solide, un libre marché encourageant la compétition et dont les
gouvernements, les citoyens et les entreprises ont intégré les
TI dans leur culture.
Malgré le
fait que des pays bien nantis comme le Japon et l’Allemagne n’aient
obtenu que les 17e et 23e rangs, l’étude met en évidence
des disparités subsistant entre les pays les plus favorisés et
les pays les plus pauvres du globe. En effet, les pays d’Afrique, d’Amérique
latine et d’Europe de l’Est se situent encore loin derrière
dans ce palmarès.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO
Source :
Economist Intelligence
Unit et IBM, 2004, The 2003 e-learning readiness rankings. A white paper
from the Economist Intelligence Unit, 17 pages.
http://eb.eiu.com/upload/elearn.pdf
http://www-1.ibm.com/services/strategy/e_strategy/econ_unit.html
Bulletin du 12 mars 2004
Version
pour imprimer en format PDF
Dans cette édition
:
1. Les TIC : au coeur des enjeux des entreprises manufacturières
2. Savez-vous combien vous coûte le fait de ne pas savoir
ce que vous savez?
3. Sauver le système de santé par les TI
1-
Les TIC : au cœur des enjeux des entreprises manufacturières
L’environnement dans lequel évoluent les
entreprises québécoises ne cesse de se transformer. Au fil de
ces mutations, les entreprises du secteur manufacturier se sont retrouvées
à affronter autant de nouveaux défis. L’ouverture des marchés,
la segmentation de la demande, le passage de la production en mode push
en un mode pull où l’aval régule l’amont,
font partie des défis auxquels les entreprises ont dû faire face.
Regardons maintenant un aperçu des nouveaux enjeux dictés par
un environnement économique où les aspects technologiques prédominent.
1.-
La mondialisation, la décentralisation et les technologies. La
décentralisation des grandes firmes fordistes en plusieurs petites
unités indépendantes, conjuguée avec l’abolition
des frontières, entraînent des défis qui ne datent pas d’hier.
Par contre, ce qui est nouveau, ce sont les outils dont disposent maintenant
les organisations, même les plus petites pour gérer cette entreprise
éclatée. Avec la démocratisation des technologies, les
entreprises ont la possibilité de se doter d’applications qui peuvent
leur permettre d’optimiser les processus et accroître leur compétitivité.
Par exemple, les réseaux sans fil, peuvent assurer une meilleure fluidité
au niveau de la circulation de l’information et ainsi contribuer à
l’amélioration de l’efficacité de la chaîne
d’approvisionnement.
2.-
Le défi de l’innovation. La création de valeur
ajoutée est devenue capitale pour les entreprises québécoises
et canadiennes. Les entreprises doivent stimuler l’innovation en investissant
des ressources dans la recherche et développement (RD) et dans la formation
des employés, par exemple par l’intégration de formation
à la tâche ou, encore, par les technologies d’apprentissage
en ligne. D’ailleurs, la formation en ligne peut jouer un rôle significatif
dans l’accroissement de la capacité d’innovation en permettant
à des employés provenant de différents départements
et possédant différents savoirs et savoir-faire, de collaborer
et de communiquer en utilisant le même vocabulaire.
Aussi,
pour contrer les coûts élevés de développement d’innovations
technologiques les entreprises doivent se tourner vers de nouveaux modes de
collaboration interfirmes et apprendre à travailler entre elles ainsi
qu’à partager leurs ressources, et ce même quand elles sont
compétitrices. Dans ce cas, il s’agit de « coopétition
». Par ailleurs, la collaboration intrafirme est au cœur des discussions
depuis longtemps, mais encore peu d’entreprises utilisent des technologies
de e-collaboration (logiciels collaboratifs, vidéoconférences,
babillards électroniques, etc.).
3.-
Le défi de la logistique d’entreprise. La gestion en temps
réel des ventes par le biais d’un système d’information
efficace dans le but de mieux gérer les approvisionnements, d’optimiser
la production et de diminuer les stocks, est devenue primordiale pour les entreprises.
Pour y arriver les entreprises peuvent avoir recours à des systèmes
intégrés de gestion de type ERP et à des solutions réseaux
qui permettent à leur système d’information de capter les
commandes chez les clients et de les acheminer aux fonctions concernées
(approvisionnements et production). Aussi, le portail Internet peut s’avérer
un outil qui facilite la gestion de la chaîne d’approvisionnement
en facilitant l’achat des matières premières nécessaires
à la production, en accélérant la livraison des produits
finis et en offrant aux clients un suivi en ligne des commandes.
4.-
Le défi de la modernisation des systèmes et équipements
de communication. La mise en place de moyens de communication peut
s’avérer un enjeu majeur pour les entreprises manufacturières.
En effet, les entreprises ont de plus en plus besoin de communiquer de grands
volumes d’information, soit avec leurs partenaires (sous-traitants et
donneurs d’ordres), soit avec leurs constituantes externes. Les quantités
d’information à communiquer sont devenues énormes en raison
de l’automatisation des fonctions des organisations (conception, production,
système de contrôle de la qualité, etc.). Pour transporter
de telles quantités de données, les entreprises doivent être
raccordées à un réseau à large bande passante. Également,
il faut noter que le besoin de communiquer se ressent également à
plus petite échelle au sein des entreprises. À ce niveau aussi,
les technologies de e-collaboration peuvent intervenir pour permettre des communications
plus efficaces entre les personnes.
5.-
Le défi des fonctions marketing, vente et service à la clientèle.
Les entreprises sont de plus en plus appelées à offrir à
leurs clients des services efficients et rapides. Avec les outils de communications
mobiles, il est possible pour un représentant de pouvoir offrir aux clients
de meilleurs services à distance. Également, des solutions Internet
et des outils de gestion de la relation client (CRM) peuvent offrir des interfaces
privilégiées entre le client et l’entreprise.
Rédactrice
: Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources : Kalyta, Steve. « Les
enjeux du secteur manufacturier au Canada », Logistics magazine,
vol. 7, no. 6, nov.-déc. 2003, p. 26
Hagel III, John, et John Seely Brown. « The
innovation/productivity quotient : a combination of high tech, soft touch, and
loose coupling will enhance both productivity and business innovation »,
Optimize, no. 22, févr. 2004
Roy,
Réjean. La
e-collaboration dans les PME manufacturières : d’abord un défi
de gestion, CEFRIO, 20 p.
2- Savez-vous combien vous coûte le fait de ne pas savoir
ce que vous savez?
Dans un monde où pouvoir mettre la main sur l’information
adéquate au bon moment est plus crucial que jamais, la gestion des connaissances
devient un véritable passage obligé. Les inconvénients
associés à une gestion de l’information déficiente
sont en effet une menace grandissante que les organisations ne peuvent ignorer.
Et parmi tous ces inconvénients, le fait de ne pas savoir ce qu’elles
savent ou, en clair, de ne pas parvenir à récupérer rapidement
de l’information bien qu’elles la détiennent, engendre d’ailleurs
des coûts importants pour bon nombre d’entreprises.
En ne gérant pas de façon efficace les savoirs dont elle dispose,
une organisation peut être confrontée à différents
types de problèmes, notamment au fait de prendre des décisions
à partir de renseignements erronés ou d’information incomplète.
Mais par-dessus tout, ces savoirs étant le plus souvent dispersés
dans plusieurs répertoires et bases de données sans qu’aucun
accès unique n’ait été développé, l’entreprise
risque de voir ses travailleurs réinventer la roue, faute d’avoir
pu mettre la main à temps sur l’information recherchée.
C’est
en poursuivant l’objectif de chiffrer les coûts engendrés
dans les organisations par ces difficultés à repérer l’information
que la firme IDC a commencé en 2001 à rassembler des données
relativement à la productivité des travailleurs du savoir aussi
bien qu’aux pertes de revenus relatifs à l’impossibilité
par un consommateur de mener à terme une recherche sur le Web.
Selon
les résultats de ces travaux :
- les travailleurs du savoir passent de 15 % à 35 % de leur temps à
rechercher de l’information;
- 40 % des travailleurs ne parviennent pas à trouver l’information
dont ils ont besoin sur l’intranet de leur organisation;
- seulement la moitié de ceux qui recherchent de l’information
sur le Web parviennent à leurs fins.
Par
ailleurs, d’autres études ont démontré que les travailleurs
du savoir passent plus de temps à « recréer » de l’information
existant déjà quelque part dans l’organisation - mais où?,
là est la question- qu’à en repérer de la nouvelle.
À partir des ces études, IDC a quantifié l’impact
que peut avoir le fait de ne pas trouver l’information sur une organisation
type comptant 1000 employés et qui gagnent un salaire moyen de 80000
$US :
- le temps alloué à rechercher de l’information sans finalement
parvenir à la repérer équivaut à un montant de 6
millions $US par année;
- Les coûts associés au fait de « recréer »
de l’information déjà existante représentent pour
leur part 12 millions $US par année;
- Les frais et le volume des appels reçus par une entreprise ayant pignon
sur le Web diminuent en outre de 30 % lorsque de meilleurs outils de navigation
sont implantés.
Les
développements de la gestion des connaissances, qui visent précisément
à structurer formellement le capital connaissances explicites et tacites
d’une organisation pour s’assurer que ces savoirs soient en bout
de ligne réinvestis dans les processus de travail, sont, on le voit,
promis à un brillant avenir. Enfin, si des outils peuvent certes contribuer
à capturer, codifier et transférer les connaissances, il ne faut
pas perdre de vue que l’intervention des travailleurs du savoir est cependant
tout à fait fondamentale. Spécialisés dans la recherche,
l'analyse, la gestion et la diffusion de l'information pertinente à la
prise de décision, ceux-ci sont en effet les ressources toutes désignées
pour mettre en place des procédures de gestion des savoirs efficaces…
et rentables.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Source : Susan Feldman (IDC). « The
high cost of not finding information », KMWorld magazine,
vol. 13, no 3, mars 2004
3- Sauver le système de
santé par les TI
Dossiers médicaux papier transportés par un messager
en chariot électrique, résultats de tests sanguins transmis par
télécopieur, documents relatifs à un patient se retrouvant
sur le bureau du médecin à la vue de sa secrétaire, du
concierge et de tout bon passant, calligraphie illisible d’un médecin
font partie des difficultés quotidiennes dans les hôpitaux québécois.
Un des remèdes à ces maux : l’informatisation des procédures
administratives ainsi que du stockage et de la transmission des données
médicales. Si la tâche apparaît fastidieuse et coûteuse,
des expériences en cours dans certains établissements de santé
démontrent déjà que le défi est surmontable et que
les TI amènent des résultats surprenants.
Dans
la région de Laval, c’est par le biais du système d’information
du réseau intégré (SI-RIL) que les intervenants de la Cité
de la santé - Centre hospitalier ambulatoire régional de Laval
(CHARL), de dix cliniques médicales, des services diagnostiques privés
ainsi que de sept établissements du territoire échangent maintenant
de l’information clinique sur les patients qui les consultent. Cet échange
de résultats d’analyse de laboratoire, de rapports d’imagerie
médicale et de dictée centrale par le système informatique
améliore grandement la prise de décision clinique en plus d’assurer
une meilleure coordination des soins et services au niveau régional.
Les résultats reçus par le médecin et la décision
prise deviennent partie intégrante du dossier clinique informatisé
du patient en clinique médicale. Avec le consentement de son patient,
le médecin de famille peut donc accéder directement à l’ensemble
des résultats le concernant. La transmission sécurisée
des résultats et des données cliniques est assurée par
une infrastructure d’intégration des différents systèmes
informatiques. Le système respecte par ailleurs les normes de confidentialité
et de sécurité imposées par la Commission d’accès
à l’information du Québec (CAI). Cette innovation reçoit
un accueil très favorable tant des médecins et des intervenants
que des patients eux-mêmes. Il va s’en dire qu’elle accroît
considérablement la rapidité d’accès aux résultats
du patient et a permis de réduire le taux de séjours excessifs
dans les urgences de la Cité de la santé - CHARL.
Pour
sa part, le Centre hospitalier universitaire de Québec expérimente
actuellement un réseau sans fil de technologies portatives. Ce réseau
offrira un accès à de l’information médicale sur
le patient à partir de divers endroits à l’intérieur
d’un même établissement. Par exemple, il permettra aux médecins
d’accéder à des données médicales directement
à partir du lit d’un patient hospitalisé. Pour réaliser
ce projet, l’équipe informatique du CHUQ a choisi d’utiliser
Windows Server 2003 de Microsoft et ses options facilitant l’implantation
d’un réseau sans fil. Si la mise en place d’un réseau
sans fil s’avère moins coûteuse que celle d’un réseau
filaire, les trois hôpitaux que regroupe le CHUQ n’ont pas l’intention
d’implanter cette technologie à grande échelle, et ce, tant
pour des considérations de sécurité que pour éviter
des interférences avec les appareils biomédicaux (IMI). Les tests
effectués jusqu’à présent dans le département
de l’informatique ont été concluants. La sécurité
de ce système est assurée par des certificats numériques
installés sur chacun des ordinateurs portables et des assistants numériques
personnels ainsi que par le cryptage de tous les points d’accès
au réseau. Le déploiement de ces technologies sur quelques étages
d’un établissement est prévu d’ici le début
de l’été.
Ces
différentes initiatives représentent seulement la pointe de l’iceberg
du potentiel que peuvent offrir les TI pour accroître l’efficacité
du système de santé. Le dossier patient universel disponible pour
l’ensemble des intervenants de la province; le maintien à domicile
des personnes âgées et leur suivi grâce à la télémédecine;
ainsi que la mise en réseau de tous les établissements de santé
s’avèrent des chantiers majeurs pour la modernisation et la revitalisation
de notre système de santé. Si les investissements technologiques
dans le domaine de la santé semblent relever de l’utopie dans le
contexte actuel de restrictions budgétaires, ils sont nécessaires
car leur impact sera significatif dans la performance à long terme de
notre système de santé.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, analyste-conseil, CEFRIO
Sources : Agence de développement des réseaux locaux de services
de santé et de services sociaux. « Une
première en santé au Canada. Un système d’information
qui soutient la continuité des services entre l’hôpital,
les établissements et les cliniques médicales à Laval »,
communiqué de presse, 16 février 2004
Bélisle, Solange. « Le CHUQ se met à l’heure des technologies
sans fil », Les Affaires, 27 février 2004
Foster, Scott . « Quebec
hospital explores use of wireless in health care », IT business, 24
février 2004
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