Bulletin du 30 mars 2001
Bulletin du 23 mars 2001
Bulletin du 16 mars 2001
Bulletin du 9 mars 2001
Bulletin du 2 mars 2001
Bulletin du 30 mars 2001
1. À l'aube de l'état électronique
2. Procuron, place d'affaires électroniques interentreprises
canadienne
3. Développer une stratégie « portail »
4. Le contenu gratuit en voie d'extinction sur le web?
1. À L'AUBE DE L'ÉTAT ÉLECTRONIQUE - Si le secteur public a été
plus lent que le secteur privé à tirer avantage de l'univers
virtuel, les états ont désormais compris que l'adoption de la
gouvernance en ligne marque une nouvelle étape de la course à
l'information qu'ils se mènent entre eux. Les enjeux de cette
lutte pour le savoir sont en outre cruciaux puisqu'ils
détermineront quels pays auront le mieux su tirer profit de la
nouvelle économie et partant, quelles nations pourront jouir des
meilleurs niveaux de prospérité.
L'implantation du gouvernement en ligne (GEL) marque en fait le
changement le plus important vécu par l'Administration publique
depuis des générations et transformera radicalement la façon
dont elle interagit avec les citoyens. Selon l'article du Globe
and Mail, le GEL inscrit ainsi, sinon une nouvelle révolution
démocratique, du moins une récente étape de son développement,
et représente peut-être la phase la plus déterminante de
l'évolution de l'humanité depuis la Révolution industrielle.
Pour le Centre for Collaborative Governments (Ottawa), suite à
l'adoption des communications numériques « le centre de gravité
des gouvernements aura abandonné le vieux modèle départemental
hérité de l'Âge industriel, pour adopter un nouveau modèle en
réseau, produit de l'Âge de l'information. »
D'un point de vue plus terre à terre, en offrant différents
services et produits en ligne, les gouvernements pourraient
augmenter leur productivité tout en réduisant leurs dépenses.
Le Department of Transportation de l'Arizona illustre bien le
phénomène. Depuis 1997, le DT utilise le Net pour offrir des
services bonifiés et moins coûteux. L'organisme permet par
exemple le renouvellement de l'immatriculation des véhicules en
ligne, ce qui représente une économie de plus des trois quarts
des coûts engendrés par la même opération effectuée à un
comptoir de service.
Mais qu'en est-il pour l'administration canadienne? Selon Marcel
Lachance, analyste en GEL chez Deloitte Consulting LLC, le
passage à l'univers numérique permettrait au gouvernement de
Jean Chrétien de réduire d'environ 20 % ses dépenses relatives à
l'offre d'information et de services. Et ce n'est pas rien,
puisque ces dépenses correspondent à près de 50 % du budget
fédéral et donc, à plus de 15 milliards de dollars! D'ici 2004,
le gouvernement s'est ainsi fixé l'objectif d'offrir le plus
grand nombre de services possibles sur Internet. Les demandes de
brevets en ligne sont déjà effectives et, on le sait à renfort
de publicités, les contribuables canadiens peuvent remplir leur
déclaration d'impôt fédérale par voie électronique.
Comment en fait peut-on se représenter l'état électronique
canadien? Selon les analystes, les services offerts répondront
mieux aux besoins des citoyens et seront sans doute accessibles
par un portail unique, à tout moment de la journée.
L'administration se réorganisera autour des résultats, selon une
structure en réseau, plutôt que suivant la structure en silos
adoptée depuis la Confédération. Les trois niveaux de
gouvernement pourraient par ailleurs être appelés à mieux
coopérer, sinon à amalgamer certains de leurs services sur un
seul portail Web.
Pour Reg Alcock, député de Winnipeg Sud, le citoyen paraît enfin
au cœur du passage du pays à l'ère virtuelle puisque, sans
l'appui de l'opinion publique, les états ne peuvent induire de
grands changements. La balle est ainsi, on le voit, dans le camp
de la population canadienne.
Rédactrice : Catherine Lamy
Source : The Globe and Mail, le jeudi 22 mars 2001, T 1-2
2. PROCURON, PLACE D'AFFAIRES ÉLECTRONIQUES INTERENTREPRISES
CANADIENNE - Si les entreprises américaines foncent la tête
première dans le commerce électronique, les entreprises
canadiennes, quant à elles, sont plus frileuses et certaines
tardent même à se lancer dans le Net.
En septembre dernier, cinq sociétés canadiennes, soit Bell
Canada, la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC), la
Banque de Nouvelle-Écosse, le Mouvement des caisses Desjardins
et BCE Emergis se sont regroupées pour créer et mettre à la
disposition des entreprises du pays Procuron, un portail
d'affaires électroniques interentreprises. Procuron permet de
vendre ou d'acheter des biens et des services tels que
logiciels, services de voyage et fournitures de bureau.
Selon les fondateurs de Procuron, l'utilisation d'un service
d'échanges interentreprises peut être très avantageux pour une
entreprise puisqu'il permet de réduire le nombre d'interurbains,
le travail de bureau et le temps accordé à certaines tâches
(time-consuming), ce qui entraîne une réduction des coûts
d'opération. Aussi, dans le cas de Procuron, les organisations
qui y achètent des produits ou des services bénéficient d'un
prix d'achat plus bas - grâce aux négociations de Procuron - et
n'ont pas à payer des frais de transaction ou une commission.
Toutefois, les organisations qui souhaitent y vendre des
produits ou des services, doivent être sélectionnées à titre de
fournisseur officiel et payer à Procuron une commission sur
leurs ventes. Malgré ces frais supplémentaires, les entreprises
y reconnaissent l'avantage d'accéder à une base de données
considérable de consommateurs potentiels.
Notons que Procuron opère comme projet pilote depuis six mois et
qu'il annonçait récemment un élargissement de ses activités afin
d'offrir un plus vaste éventail de produits et de services.
Ainsi, Procuron donne accès à environ 200 clients commerciaux et
offre un total de 6000 produits et services proposés par
l'entremise d'un catalogue électronique bilingue.
Finalement, souhaitons que ce portail sensibilisera les
entreprises canadiennes et les incitera à s'initier ou à
s'engager davantage dans les affaires électroniques.
Le portail Procuron est accessible à l'adresse suivante :
http://www.procuron.com
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : The Gazette, 24 mars 2001 ; Communiqué de presse,
Procuron inc., 1er février 2001
3. DÉVELOPPER UNE STRATÉGIE « PORTAIL » - La semaine dernière
dans le bulletin SIStech nous vous présentions Le « Guide sur
les places d'affaires électroniques, Tirez profit des portails
». Cette semaine nous vous invitons à prendre connaissance de
cet article qui reprend certains éléments du guide et qui, nous
l'espérons, vous donnera le goût d'approfondir les notions qu'il
contient.
Le guide propose en outre une série de cas concrets et de
grilles d'évaluation qui permettent aux entrepreneurs de
développer une stratégie concrète en matière de portails. Par
exemple, une grille sur la pertinence des portails nous révèle
que l'adhésion à un portail convient aux entreprises désireuses
de développer de nouveau marché ou de réduire leurs coûts
d'approvisionnement. Par ailleurs, les produits différenciés, ou
les produits qui sont plutôt standardisés que fait sur mesure,
ou encore ceux dont les coûts de transports sont négligeables
auraient tous avantage à être intégrés dans un portail. Selon le
guide, qui a le plus à gagner des portails ? Les organisations
dont les clients et les fournisseurs sont dispersés
géographiquement, celles dont la clientèle fait déjà affaires
avec des portails, ou encore les entreprises de petite taille.
Grâce au guide, la participation à des encans en ligne ne sera
dorénavant plus un secret pour les entrepreneurs. On y apprend
entre autres qu'il faut porter une attention particulière au
titre de l'encan, qu'il est utile de mettre en ligne une photo
du produit à vendre et qu'il est important d'aviser ses clients
avant un encan. D'autres trucs s'adressent également aux
entreprises voulant acheter lors d'encans électroniques. Ainsi,
avant d'acheter, il est important qu'une entreprise se renseigne
sur le prix « traditionnel » du produit et qu'elle effectue des
recherches dans les archives du site d'enchères afin de
déterminer la crédibilité du vendeur. Finalement, l'entreprise
qui achète sur des sites d'encans électroniques doit porter une
attention particulière aux dernières minutes de l'encan puisque
c'est souvent le moment où il y a le plus d'action.
Le guide définit trois types de portail (informationnel,
transactionnel et collaboratif). Évidemment, selon les besoins
de l'entreprise, il y a divers avantages à faire partie d'un
type de portail plutôt qu'un autre. Notons quand même qu'il
n'existe pas de portail appartenant exclusivement à un type.
Ainsi, avant d'adhérer à un portail, une entreprise devrait
définir :
1) Quels sont ses besoins informationnels : accéder à de
l'information stratégique, accéder à l'expertise de ses pairs ou
entrer en contact avec des partenaires;
2) Quels sont ses besoins transactionnels : obtenir des produits
et des services à meilleur prix, accroître sa visibilité dans le
marché ou attirer de nouveaux clients;
3) Quels sont ses besoins collaboratifs : concevoir à distance
des produits et des services, communiquer régulièrement (voix et
image) avec des partenaires d'un projet, diminuer le temps et
les frais de déplacement.
Choses importantes à retenir : inévitablement un portail
modifiera les stratégies d'affaires de l'entreprise, affectera
l'ensemble de ses processus et sera, si l'entrepreneur a bien
fait ses devoirs, un levier important pour son entreprise.
Rédacteur : François Dubeau
Source : Le Guide sur les places d'affaires électroniques, Tirez
profit des portails
4. LE CONTENU GRATUIT EN VOIE D'EXTINCTION SUR LE WEB? - Depuis
quelques semaines, la rumeur s'intensifie. La pub en ligne
décline et les grands joueurs de la Toile réfléchissent au
meilleur moyen de rentabiliser rapidement leurs opérations. Or,
en plus des mises à pied massives, l'abandon du principe de
gratuité universelle est sur toutes les lèvres. Mais qui fera le
premier pas? Et quels services deviendront payants?
Le Globe and Mail s'est donc penché sur la question dans son
édition du 24 mars. Conclusion : au Canada, on y pense, mais on
est très prudent. Ailleurs, par contre, le pas est déjà franchi.
Par exemple, Britannica.com - célèbre pour l'encyclopédie du
même nom - a annoncé qu'elle abandonnait son service de
consultation gratuite, service lancé il y a tout juste 17 mois.
Dans la même vague, le mois prochain, le réputé Netmag Salon.com
lance une édition sans pub qui coûtera 30 $ / année à ses
abonnés. Même Yahoo!, l'emblème de la gratuité sur Internet, a
commencé à facturer les mises à l'enchère sur son site en
janvier 2001. Dans ce dernier cas, la réaction a été immédiate
et spectaculaire : chute de 90 % de l'achalandage du service.
Un tel résultat justifie certainement la prudence actuelle des
cyberentreprises canadiennes. En plus, selon Ian Angus,
président de Angus Telemanagement Group Inc. : « Fondamentalement,
il s'agit d'un créneau d'affaires [le contenu en ligne] où
personne n'a encore découvert comment faire de l'argent ». Donc,
toujours selon l'article du Globe and Mail, les quatre plus
grandes cyberentreprises canadiennes : MSN, AOL Canada, Yahoo!
et Sympatico seraient à la recherche de nouveaux modèles
d'affaires moins dépendants de la publicité et qui permettraient
d'accroître la rentabilité. Dans ce contexte, AOL Canada aurait
une certaine longueur d'avance. En effet, son contenu exclusif
destiné à ses membres, héritage de la glorieuse époque des méga-
babillards commerciaux (CompuServe, Prodigy, etc.), lui assure
une source de financement importante : les frais d'accès à son
service. Pour les autres, différentes options sont sur la table
: micro-facturation, offre de services payants à plus haute
valeur ajoutée pour l'usager, etc. Par contre, de ce côté de la
frontière, la vente de publicité fait toujours partie des plans
à court terme.
L'avenir dira quel modèle sera couronné de succès, mais pour
l'instant il y a peu de certitudes. Et qui sait, si une grande
majorité des fournisseurs de contenu se convertissent aux
services payants, il deviendra peut-être finalement rentable
pour les autres de compter sur la pub en ligne pour offrir des
services gratuits...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : Globe and Mail, 24 mars 2001
Bulletin du 23 mars 2001
1. La planification stratégique dans un monde en changement
2. Le bouche à oreille... la clé du recrutement des femmes dans
les programmes de formation en TI
3. Développer un intranet utile
4. Récession imminente sur le marché américain?
5. Les portails : démystifiés
1. LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE DANS UN MONDE EN CHANGEMENT -
Depuis l'adoption massive d'Internet tant par les individus que
par les organisations et l'arrivée de nouvelles technologies
révolutionnant le monde des affaires, la planification
stratégique a été reléguée au second plan dans plusieurs
organisations traditionnelles et surtout dans la majorité des
entreprises point-com. Le résultat de ce délaissement est bien
connu et a d'ailleurs coûté la vie à plusieurs entreprises.
Selon Michael Porter, le gourou du Harvard Business School :
« Même si le monde des affaires bouge de plus en plus vite, les
organisations seront gagnantes de prendre du temps pour définir
leur planification stratégique ». Selon Porter, même en des
temps turbulents comme ceux dans lesquels nous vivons, l'idée
qui prétend que les organisations n'ont pas besoin de stratégie
est complètement ridicule. Il cite en exemple des compagnies
comme Dell, Intel ou même Wal-Mart qui sont connues comme étant
des exemples de succès et qui ont toutes des stratégies bien
définies.
Établir et maintenir sa stratégie n'est évidemment pas chose
facile. Cela requiert l'obligation de faire des choix qui ne
sont pas toujours évidents. Entre autres, les décideurs sont
confrontés à la confusion existante entre planification
stratégique et efficacité opérationnelle. La planification
stratégique relève de choix réfléchis et démarque une
organisation par rapport à ses rivaux. Pour sa part,
l'incontournable efficacité opérationnelle regroupe l'ensemble
des meilleures pratiques d'une industrie. Les deux sont donc
distincts mais complémentaires puisque, par exemple, une
compagnie sans stratégie est souvent prête à essayer tous les
moyens lui étant présentés sans se questionner sur les avantages
que ceux-ci procurent.
D'ailleurs, de poursuivre Porter, l'entreprise qui pense réussir
en imitant les pratiques de son concurrent n'aura pas du succès
bien longtemps. Et c'est encore plus vrai aujourd'hui.
L'information circule tellement rapidement qu'il est illusoire
de penser pouvoir conserver un avantage concurrentiel par
rapport à un rival avec comme seul avantage une pratique
innovatrice. De là l'importance de se démarquer de ses
concurrents à l'aide de sa stratégie. Il est vrai que la
rapidité avec laquelle les changements s'opèrent dans les
industries force les organisations à être constamment à l'affût
de nouveaux moyens qui lui aideront à développer une offre de
service plus concurrentielle. Mais il est fondamental que ces
moyens doivent absolument être en adéquation avec la stratégie
de l'organisation.
Certains dirigeants d'entreprise pensent qu'en cette période de
changement où tout va plus vite, la planification stratégique
n'est plus essentielle. C'est faux, puisqu'une stratégie aide
les organisations à faire des choix et ainsi à saisir seulement
les opportunités pour lesquelles elles disposent d'un avantage
concurrentiel. De la même façon, une stratégie aide à définir
quelles nouvelles technologies correspondent le plus aux besoins
de l'organisation.
Une stratégie doit faire preuve de continuité. Elle doit être
développée en fonction des valeurs intrinsèques qu'une
organisation veut partager avec sa clientèle, en fonction de son
segment de marché desservi, mais surtout, elle ne peut souscrire
à d'autres objectifs que la rentabilité à long terme de
l'organisation. Les principes inclus dans une stratégie sont
immuables, indépendamment des technologies ou de la vitesse à
laquelle s'effectuent les changements.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Fast Company, mars 2001 ; Harvard Business Review,
mars 2001
2. LE BOUCHE À OREILLE...LA CLÉ DU RECRUTEMENT DES FEMMES DANS LES
PROGRAMMES DE FORMATION EN TI - Les difficultés de recrutement
des étudiantes dans les différentes formations reliées aux
sciences et aux technologies font désormais partie des évidences
sur lesquelles il faut malheureusement compter. Ces problèmes
sont en outre appuyés par des statistiques d'inscription
accablantes. C'est pourquoi, il était apparu tout à fait
remarquable, il y a quelques années, que plus de la moitié des
étudiants gradués (60 %) du baccalauréat en programmation de
systèmes d'information de l'Université St-Francis Xavier
(Antigonish, Nouvelle-Écosse) étaient en fait... des étudiantes!
Le haut taux de placement de ces finissants, avait à l'époque
rendu ce programme très populaire auprès des universitaires des
deux sexes. Pourtant, depuis lors, le pourcentage de femmes
inscrites au programme a chuté, les étudiantes ne représentant
plus que le quart de l'ensemble des inscrits. Les
administrateurs de l'Université entendent mettre en œuvre
plusieurs actions pour attirer les femmes en plus grand nombre,
et hausser leur pourcentage d'inscriptions au moins jusqu'à ce
qu'il atteigne 30 %.
Bien que relativement faible, ce pourcentage serait en outre
supérieur à la moyenne nationale d'inscriptions des femmes dans
les programmes d'informatique universitaires, celle-ci se
situant plutôt entre 15 et 20 % selon la Canadian Information
Processing Society (CIPS), une association qui représente les
professionnels en TI. Pour Faye West, la présidente de
l'organisation, cette faible représentation féminine dans les
formations technologiques est un problème à résoudre puisque, en
boudant les programmes de sciences et technologies, les femmes
se privent de merveilleuses opportunités de carrières. Dans le
but de stimuler l'intérêt des jeunes femmes, CIPS a organisé
plusieurs événements, notamment une journée entière de
conférences données par des femmes de l'industrie des TI. Le
principal but poursuivi est de briser l'image stéréotypée du
travailleur en TI, image qui le présente travaillant seul devant
une machine à longueur de journée, pour en élargir le spectre et
la rendre attrayante.
À l'Université St-Francis Xavier, Lisa Mullin - professeure
assistante au Département d'informatique - a sondé tous les
étudiants du Département pour tenter de mettre au jour ce qui
pourrait motiver les femmes à s'engager sur la voie d'une
carrière technologique. Elle a ainsi découvert que c'est souvent
le fait d'avoir eu un contact personnel - avec un étudiant ou un
membre du personnel du programme - qui incite les femmes à s'y
inscrire. Au-delà de campagnes de séduction massives, le
principal facteur d'attraction des étudiantes pourrait donc être
le bon vieux bouche à oreille. Toujours selon l'étude de Mullin,
le travail d'équipe joue lui aussi un rôle de catalyseur, les
femmes recherchant les contacts humains et ne souhaitant pas
travailler de façon isolée. Enfin, si le haut taux d'embauche
paraît aussi attrayant pour tous les étudiants, les hommes se
montrent cependant plus intéressés que leurs collègues féminines
par les salaires élevés qui les attendent une fois les portes de
l'université franchies.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : The Globe and Mail, jeudi le 15 mars 2001, B13
3. DÉVELOPPER UN INTRANET UTILE - Un nombre grandissant
d'organisations développent un intranet - réseau informatique
privé utilisant les technologies d'Internet - pour y déposer et
partager des informations relativement aux ressources humaines,
aux finances, à la formation des employés, etc. Fait intéressant :
on a de plus en plus tendance à utiliser les intranets comme
des sites Web traditionnels. C'est-à-dire qu'ils disposent d'une
page d'accueil, présentent des nouvelles et offrent même des
options de personnalisation.
Tout comme pour les sites Web, il existe de bons et de mauvais
intranets. À cet égard, deux caractéristiques sont nécessaires
au développement d'un intranet utile : de l'information à jour
et l'enrichissement dynamique de son contenu.
1- La mise à jour continue de l'information est essentielle car
elle assure la fidélité des utilisateurs. Cependant, dans le cas
d'un site Web commercial, cette préoccupation implique
généralement des dépenses liées à l'achat d'un système de
gestion du contenu. Les organisations publiques, quant à elles,
ont souvent de la difficulté à justifier de telles dépenses.
Voici donc quelques trucs facilitant la mise à jour de
l'information à moindre coût :
- permettre aux utilisateurs de créer et de corriger le contenu
les concernant, dans un répertoire d'employés par exemple;
- créer une section " Questions fréquentes " (FAQ) répondant aux
questions de base concernant l'organisation, ses politiques,
etc. L'approche traditionnelle est de fournir un document HTML,
Word ou PDF dont la gestion est confiée à un seul employé.
Conséquence potentielle : l'information disponible est désuète
ou fausse car elle n'aura jamais été modifiée depuis son dépôt;
- fournir un système de rétroaction (feedback) encourageant
l'utilisateur à mentionner si la réponse trouvée dans l'intranet
lui a été utile ou non. La compilation des messages permet de
cerner et de régler les questions problématiques;
- autoriser les utilisateurs à saisir toute information
susceptible d'intéresser un collègue, afin d'en faire bénéficier
le personnel ou les membres de l'organisation.
2- L'autre caractéristique essentielle à un intranet utile et
fiable est de permettre aux utilisateurs de modifier les
informations les concernant dans les banques de données plutôt
que de réserver cette tâche aux programmeurs. Bien qu'il en
coûte un peu plus cher lors de la création de l'intranet, cette
façon de procéder évite aux organisations de défrayer, par la
suite, des coûts de gestion de contenu et de programmation pour
les mises à jour. Notons cependant que le délai de récupération
(payback) des montants investis ne se mesure pas concrètement.
La réalité se traduira plutôt par un intranet dynamique, utile
et consulté plutôt que statique, ennuyant et presqu'ignoré.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Source : Federal Computer Week, 12 mars 2001
4. RÉCESSION IMMINENTE SUR LE MARCHÉ AMÉRICAIN? - Dans son
édition du 20 mars 2001, The Industry Standard Metrics Report
révèle que les trois principaux indicateurs de la confiance des
consommateurs sont à la baisse aux États-Unis depuis le début de
l'année. Et lorsque la confiance des consommateurs baisse,
leurs dépenses diminuent et l'ensemble de l'économie en souffre.
En fait, comme les dépenses des consommateurs représentent les
deux tiers de l'économie américaine, ces trois indicateurs ont
permis de prédire assez précisément les hauts et les bas récents
de l'économie de nos voisins du Sud.
Parmi les facteurs qui favorisent le plus la confiance des
consommateurs, le revenu vient en tête de liste. L'emploi y joue
aussi un rôle déterminant, par exemple, lorsqu'on s'attend à une
augmentation salariale ou à une promotion. À l'opposé, la
crainte de l'inflation ou de l'augmentation des taux d'intérêts
provoque généralement une baisse de confiance. Étonnamment,
dans le passé, les fluctuations boursières influençaient très
peu la confiance des consommateurs, ce type d'investissement
étant réservé aux mieux nantis, qui ne représentaient finalement
qu'une fraction des consommateurs.
Que se passe-t-il donc cette fois-ci? La Réserve fédérale
américaine ne cesse d'abaisser son taux d'escompte, donc il y a
peu de craintes de voir les taux d'intérêts augmenter à court
terme. L'inflation est légèrement à la hausse depuis quelques
mois, mais rien de vraiment comparable à ce qui avait marqué les
récessions précédentes.
Pourtant, comme le rapporte Forbes.com, malgré des taux
d'intérêts faibles, les investissements technologiques des
entreprises continuent de diminuer. Conclusion, même les
entreprises les plus solides (Cisco, 3Com, Nortel Networks,
etc.) sont forcées de faire des mises à pied massives et de
ralentir la production pour écouler des mois d'inventaire qui
traîne sur les tablettes. Si on ajoute la baisse de confiance
des consommateurs, on obtient la recette d'une récession.
L'avenir dira si la situation actuelle est le fruit d'un
défaitisme médiatique qui s'estompera bientôt ou le résultat
d'une conjoncture plus complexe de la nouvelle économie,
conjoncture qui serait difficile à diagnostiquer avec les
indicateurs de l'ancienne économie...
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : The Industry Standard Metrics Report, Consumer
Confidantes (20 mars 2001)
Forbes.com Powering the next boom (22 mars 2001)
L'indice américain des prix à la consommation
5. LES PORTAILS : DÉMYSTIFIÉS! - Place d'affaires électroniques;
communautés virtuelles; portails verticaux, sectoriels,
géographiques, informationnels, corporatifs, etc. Les dirigeants
d'entreprise n'ont pas sitôt maîtrisé une nouvelle expression
qu'ils doivent en apprendre rapidement d'autres. Ainsi va la vie
depuis l'avènement d'Internet...
Le Guide sur les places d'affaires électroniques, Tirez profit
des portails a donc été pensé, élaboré et documenté en tenant
compte de la réalité des PME et de leurs préoccupations. Cet
ouvrage de vulgarisation, inspiré des résultats de plusieurs
projets de recherche menés au CEFRIO, vise à faciliter la prise
de décision en matière de portails. Non seulement il démystifie
les nouvelles expressions relatives aux places d'affaires
électroniques mais présente aussi leurs différentes
fonctionnalités (encans électroniques, des groupes d'achat, des
catalogues, des marchés boursiers, des lieux d'échanges/de
discussion, etc.).
Distribué gratuitement, il suffit de communiquer avec le CEFRIO
ou les bureaux régionaux du ministère de l'Industrie et du
Commerce ou ceux de Développement Économique Canada pour obtenir
une copie du guide. Une version électronique (format PDF) peut
également être téléchargée.
Rédactrice : Liette D'Amours
Source : Le Guide sur les places d'affaires électroniques, Tirez
profit des portails
Bulletin du 16 mars 2001
1. Pour ou contre les neutralisateurs de téléphone cellulaire?
2. Et si on achetait votre expertise...
3. Le cybercrime en pleine expansion!
4. La veille et l'information concurrentielle sources
d'avantages compétitifs pour les entreprises
1. POUR OU CONTRE LES NEUTRALISATEURS DE TÉLÉPHONE CELLULAIRE? -
Les neutralisateurs de téléphone cellulaire brouillent ou
bloquent les ondes des services de communication mobile.
Employés dans le but d'assurer la sécurité publique, ces
appareils sont présentement disponibles auprès des services
policiers et des organismes chargés d'appliquer la loi.
Cependant, la population générale n'est pas autorisée à en faire
l'usage au Canada et aux États-Unis.
Actuellement, le gouvernement fédéral songe à accepter
l'installation de tels systèmes dans les restaurants, les
théâtres et autres lieux privés, pour en préserver la
tranquillité. Des firmes de sécurité souhaitent également les
utiliser afin de protéger la confidentialité de la salle du
conseil d'administration ainsi que la vie privée de leurs
clients corporatifs. Toutefois, avant de procéder, Industrie
Canada lance une consultation publique afin de connaître
l'opinion des Canadiens sur la question et d'obtenir des
conseils relativement à l'attribution et aux conditions de
détention des licences d'utilisation.
Par ailleurs, l'Association canadienne des télécommunications
sans fil, qui représente des fournisseurs majeurs de téléphonie
et des géants du domaine des technologies de l'information comme
Nortel, milite férocement contre la libéralisation de
l'utilisation des neutralisateurs de cellulaire. Monsieur Marc
Choma, de l'Association, dit être prioritairement concerné par
la sécurité du public dont l'achat d'un téléphone sans fil est
souvent motivé par la « sécurité d'esprit » qu'il procure -
puisqu'on peut être rejoint en tout temps.
Le Conseil consultatif canadien de la radio, quant à lui, a
prévenu Industrie Canada et les fabricants qu'une utilisation
étendue des neutralisateurs pourrait leur causer des problèmes
légaux. En effet, le téléphone cellulaire pouvant jouer un rôle
d'importance lors d'une situation d'urgence, le gouvernement,
les fournisseurs de neutralisateurs et de téléphones cellulaires
pourraient être tenus responsables de décès ou de dégâts
survenus parce qu'un appel d'urgence n'a pu être effectué.
Enfin, notons que plus de 9 millions de Canadiens utilisent
quotidiennement des services de téléphonie cellulaire ou de
communications personnelles. Parmi ceux-ci, 6,3 millions
possèdent un téléphone cellulaire, 1,8 million un
téléavertisseur et un million une radio mobile.
* Pour information, l'avis de la consultation publique sur les
neutralisateurs de cellulaire (DGTP-002-01) publiée dans la
Gazette du Canada est disponible en ligne.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du
service SISTech
Sources : The National Post, 8 mars 2001 ; Communiqué, Industrie
Canada, 9 mars 2001
2. ET SI ON ACHETAIT VOTRE EXPERTISE... - Les organisations de
haute technologie à la recherche d'une main-d'œuvre qualifiée
recourent désormais à une nouvelle et énergique méthode de
recrutement : elles achètent les industries dont le personnel
correspond à leurs besoins. À la fois plus efficace et rapide
que les campagnes massives d'embauche, cette alternative s'avère
souvent aussi plus facile, attirer les travailleurs qualifiés un
par un se révélant fastidieux et très coûteux.
Selon Paul Laufert, un des vice-présidents de Descartes Systems
Group inc., une compagnie ontarienne qui fabrique des logiciels
supportant le paiement et la livraison de biens, cette façon de
procéder a fait ses preuves. Elle permet de combler rapidement
des besoins en ressources humaines, mais aussi en technologies
de pointe et peut ainsi conduire une organisation à pénétrer un
marché avant ses compétiteurs. En novembre dernier, Descartes
faisait d'ailleurs l'acquisition de iLink Global, une compagnie
basée à Chicago, pour la modique somme de 16 millions de dollars
U.S., la transaction lui permettant de mettre la main sur
9 nouveaux programmeurs. Si cette solution peut s'avérer dans
certains cas relativement économique, elle peut aussi se
révéler, on le voit, particulièrement onéreuse. En juin dernier
par exemple, Nortel Networks a déboursé 3,25 milliards en
actions pour acquérir les 90 ingénieurs de Xros Inc... Ce qui
représente environ 36 millions de dollars par employé!
Fondre une entreprise existante à une autre est en outre tout un
défi, le choc des cultures organisationnelles pouvant s'avérer
fatal pour l'acquéreur. Selon Salman Mufti, assistant professeur
de commerce électronique et de TI à l'Université Queen's de
Kingston, c'est déjà difficile de fusionner des structures et
systèmes en place et si, en plus, les approches et les styles de
travail sont différents, les organisations doivent faire preuve
d'une grande prudence avant de s'engager dans un tel processus.
Pour faciliter la transition, quelques compagnies ont suivi
l'exemple de Cisco Systems inc. (San Jose, Californie) qui, il y
a cinq ans, avait mis sur pied une équipe d'intégration pour
faciliter la transition.
Traditionnellement, des entreprises acquéraient leurs
compétiteurs pour pénétrer un marché, s'approprier un produit,
un procédé ou une technologie, mais cette nouvelle motivation
pour les ressources humaines n'est pas tout à fait inédite.
Toujours selon Salman Mufti, les firmes de consultants et de
logiciels sont en effet déjà passées maîtres en la matière. Dans
la nouvelle économie - ou l'économie du savoir -, la gestion des
connaissances et le capital intellectuel sont les enjeux
principaux de la concurrence. Et les dirigeants les plus avertis
en sont bien conscients.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
stratégique
Source : The Globe and Mail, lundi le 12 mars 2001, B3
3. LE CYBERCRIME EN PLEINE EXPANSION! - Lancée le 12 mars 2001,
la sixième enquête du Computer Security Institute (CSI) confirme
une croissance importante des pertes reliées à la criminalité
informatique. En fait, chez les répondants à l'enquête, les
pertes moyennes se situaient à quelque 2 millions de dollars,
soit le double de ce qu'avait mesuré la dernière édition de
l'enquête.
Financièrement, les pertes les plus importantes sont
attribuables au vol d'information - 40 % du total déclaré par
les répondants à l'enquête - suivi par la fraude financière qui
représente 25 % du total. Par contre, l'infection par un virus
demeure l'incident le plus fréquent, 94 % des répondants
déclarant avoir détecté au moins un virus par rapport à 85 %
pour l'édition précédente de l'enquête. La connexion à Internet
est le point d'attaque privilégié - taux d'incidence de 70 %-,
beaucoup plus que le réseau interne (31 %).
L'enquête présente une multitude d'autres résultats intéressants
qui illustrent l'expansion indéniable de la cybercriminalité.
Mais, au-delà des simples statistiques, on doit se rendre à
l'évidence que le Net prend de plus en plus les allures d'une
grande agglomération urbaine, un genre de New-York virtuel. Un
terrain d'opportunités merveilleuses, certes, mais aussi des
quartiers mal famés où les délits de toutes natures deviennent
monnaie courante.
Patrick Rapalus, directeur du CSI, lance un message
d'avertissement : « Des intrusions surviennent, malgré la
présence de coupe-feux (firewall). Le vol d'information
confidentielle se produit, même si l'entreprise utilise des
outils de cryptographie. L'abus du Net fleurit, malgré des
décrets corporatifs. » Et tout semble indiquer que la situation
va encore se détériorer avant que l'on assiste à une
amélioration. De poursuivre M. Rapalus : « Les organisations
qui veulent survivre au cours des prochaines années doivent
adopter une approche globale au phénomène de la sécurité
informatique, incorporant à la fois les aspects humains et
technologiques. Elles devront s'assurer de financer
adéquatement, de former et d'octroyer les ressources nécessaires
aux unités chargées de la sécurité de l'information. » Évidemment,
il faut que la sécurité mise en place soit fonction de ce que
l'on désire protéger... ou plus précisément de ce que l'on
pourrait perdre en étant victime d'un délit informatique.
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources : CNET News, 12 mars 2001 ; Communiqué de presse du CSI, 12 mars 2001
4. LA VEILLE ET L'INFORMATION CONCURRENTIELLE SOURCES
D'AVANTAGES COMPÉTITIFS POUR LES ENTREPRISES - Mercredi dernier,
au Château Frontenac, se tenait le 12e colloque de la série
« Faire affaires à l'étranger ». Organisé par la Chaire Stephen-
Jarislowsky en gestion des affaires internationales en
collaboration avec la Society of Competitive Intelligence
Professionals (SCIP), section Québec et l'École de guerre
économique de Paris, le thème de la journée était : Dynamiser
l'entreprise par l'information concurrentielle.
Une dizaine de conférenciers se sont succédés afin d'aborder
quatre aspects de l'information concurrentielle: bâtir une
entreprise apprenante avec ses ressources, trouver et partager
l'information stratégique, analyser l'information et passer à
l'action ainsi que protéger et sécuriser l'entreprise. Les
conférenciers dont madame Monique Charbonneau, PDG du CEFRIO ont
défilé en présentant le processus, les enjeux et les
implications de la veille, de l'information concurrentielle et
de la gestion des connaissances.
Dès l'ouverture du colloque, l'information a été présentée comme
le nerf de la guerre, comme une ressource unique qui ne se gère
comme aucune autre et comme une ressource qui est présentement à
la base de la nouvelle économie. À ce propos, citons madame
Charbonneau : « La connaissance avec un grand « C » s'avère
aujourd'hui le carburant de la nouvelle économie. Les experts la
considèrent d'ailleurs comme le seul véritable avantage
compétitif qu'une organisation puisse s'approprier face à ses
concurrents. »
Dès les premières conférences, le cycle de l'intelligence
(collecte, analyse, dissémination, action et rétroaction) a été
exposé à la centaine de participants présents. Mais les
discussions ont surtout abordé le fait que les ressources
humaines étaient au centre du processus de veille. La « Humint »
(Human Intelligence), l'intelligence humaine a ainsi été
présentée comme la source principale des informations. Certaines
astuces simples ont été proposées afin de faire converger
l'information qu'un individu possède. Par exemple : ajouter une
adresse de courriel ou une boîte vocale pour que les employés
puissent transmettre directement au président de l'organisation
toute information stratégique qu'ils croient vitale pour
l'entreprise.
Cet exemple révèle d'ailleurs une des problématiques soulevées
durant la journée, soit l'importance de la veille pour les
organisations. L'économiste Michael Porter avait été l'un des
premiers auteurs à aborder la notion de veille. Selon ses
écrits, toutes les entreprises font une sorte de veille
« naturelle » et, une entreprise qui n'effectuerait pas une
telle veille serait inévitablement vouée à la faillite. Mais
voilà! Dans l'ère informationnelle actuelle, cette veille
naturelle qui est plus individuelle que collective et plus
intuitive que systémique n'est plus suffisante. Un processus de
veille doit être organisé et intégré à la stratégie même de
l'organisation.
Un des points cruciaux d'une veille est sans aucun doute le
partage de l'information. Mais ce partage relève surtout de la
psychologie, du comportement des individus, et de la culture
organisationnelle. Il ne s'agit pas, dans un processus de
veille, de diffuser l'information simplement pour la diffuser ou
pour informer, mais plutôt de la diffuser pour apprendre et
surtout pour augmenter la connaissance. En fait, l'information
existe pourvu qu'elle réponde à un besoin et mène à une prise de
décision concrète. Mais, comme l'a indiqué une des
participantes, au Québec, seulement 0,5 % des dirigeants
d'entreprises semblent se préoccuper vraiment de la veille. Il
reste donc encore beaucoup de travail à faire afin de convaincre
les entreprises que la veille et l'information concurrentielles
sont cruciales à leur survie.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
stratégique
Source : XII colloque annuel : Faire affaires à l'étranger -
Dynamiser l'entreprise par l'information concurrentielle, 14
mars 2001
Bulletin du 9 mars 2001
1. Les réunions électroniques, un flop virtuel!
2. Êtes-vous techno-boulimique ou techno-convertible?
3. Sex.com : bataille pour un nom de domaine
4. Des systèmes de communications efficaces et intelligents
1. LES RÉUNIONS ÉLECTRONIQUES, UN FLOP VIRTUEL! - Les logiciels
Web d'aide à la décision de groupe qui permettent aux gens de
travailler ensemble en ligne et en temps réel sont encore loin
de s'être substitués au bon vieux téléphone.
Selon Mark Levitt, directeur de la recherche en informatique de
groupe chez la compagnie américaine International Data
Corporation (IDC), la puissance des habitudes acquises explique
le peu de popularité que connaissent ces nouveaux outils. Ceux-
ci nécessitent en effet de leurs utilisateurs une formation
préalable et surtout, une modification de comportements
d'affaires depuis longtemps acquis.
Dans l'évolution de la connectivité entre entreprises, le
courrier électronique est apparu le premier, suivi par la
messagerie instantanée et enfin par les conférences virtuelles,
plus complexes en matière de technologies. Une enquête conduite
l'an dernier par IDC auprès de 500 entreprises a par ailleurs
mis au jour que si les deux tiers de ces organisations
utilisaient le courrier électronique en guise de substitut aux
appels interurbains, les effets des réunions Web demeuraient
toujours négligeables. Malgré ce constat, IDC prédit que les
entreprises qui produisent des applications destinées au travail
de groupe virtuel ou qui instaurent des salles de réunion Web
vendront pour une valeur de 177$ millions de dollars
(américains!) en 2001, une hausse de 67$ millions par rapport à
l'an dernier... ce qui n'est tout de même pas rien! Les outils
seront ainsi de plus en plus disponibles au sein des
organisations, mais de là à conclure qu'ils seront utilisés, il
y a un grand pas à franchir.
L'expérience de Fred Yee, président de Team Wave Software, une
compagnie de Calgary qui produit des applications de conférence
Web en temps réel, confirme le doute qui entoure l'usage de ces
logiciels. Onestopmeeting.com par exemple est souvent utilisé
par les clients de Team Wave, mais dans ses composantes les plus
similaires au courrier électronique. Yee demeure cependant
optimiste; il est convaincu que la prochaine demande majeure en
ce qui a trait au marché des réunions virtuelles sera pour la
visioconférence en direct sur Internet.
Il reste toutefois beaucoup de chemin à parcourir d'ici là...
puisque même Tom Vassos, qui n'est pourtant pas le premier venu
- vice-président de la division « e-business » de IBM Canada et
professeur au MBA à l'Université de Toronto - avoue opter pour
le cellulaire lorsqu'il a à discuter d'une stratégie d'affaires
avec un collègue d'un autre bureau. Pour Vassos qui, on l'a vu,
n'est pas le seul dans son cas, instaurer une conférence en
ligne est toute une histoire, l'appel interurbain étant au
contraire une solution à la fois facile et rapide.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : The Globe and Mail, jeudi le 1er mars, T5
2. ÊTES-VOUS TECHNO-BOULIMIQUE OU TECHNO-CONVERTIBLE? -
L'Institut Louis-Harris a réalisé récemment une enquête sur la
perception des Français face aux nouvelles technologies (NT).
Cette étude a notamment permis à l'Institut d'identifier
quatre groupes correspondant aux types de comportements des
individus : les techno-boulimiques, les avertis pragmatiques,
les techno-convertibles et les techno-réfractaires.
Voici le portait de chacun d'eux. Dans lequel vous situez-vous?
1- Les techno-boulimiques. Les individus appartenant à ce groupe
ont, en moyenne, entre 25 et 44 ans. Ils forment le groupe qui
possède le plus grand nombre d'enfants de moins de 15 ans et le
moins de foyers monoparentales. Passionnés par les NT, ils se
tiennent informés de l'évolution du secteur et des dernières
nouveautés dans le domaine. Il n'est donc pas étonnant de
constater qu'ils sont fortement équipés (DVD, câble/satellite,
ordinateur/Internet, téléphone mobile, baladeur MP3, graveur,
etc.) et qu'ils sont de grands utilisateurs d'Internet. Plus que
dans les autres groupes, ils effectuent des achats en ligne,
consultent les sites boursiers et téléchargent des jeux et de la
musique à partir du Web. Notons que leurs activités sont
socialement orientées vers la famille. Enfin, loin de craindre
les NT, les techno-boulimiques considèrent qu'elles sont
indispensables, qu'elles leur simplifient la vie et qu'elles
peuvent même créer une certaine forme de dépendance. Notons que
les techno-boulimiques représentent 18 % de la population
française.
2- Les avertis pragmatiques. C'est dans ce groupe que l'on
retrouve le plus grand nombre de jeunes (moins de 24 ans). Ils
sont très intéressés par les NT - moins cependant que les
techno-boulimiques - et ils se tiennent bien informés. On les
qualifie de consommateurs avertis. Bien qu'ils possèdent un fort
pourcentage d'accès à Internet, leur utilisation du réseau se
fait majoritairement hors du domicile. Bien équipés en matière
de téléphone mobile et d'ordinateur, ils boudent cependant le
DVD et la télévision 16/9. Ils sont aussi moins épris des
produits comme les consoles de jeux vidéo, les scanners, le
satellite ainsi que des produits dits « tendance » comme le
baladeur MP3. Leurs centres d'intérêts se portent davantage sur
les activités extérieures comme les balades en ville, le sport
ou le théâtre. Enfin, les avertis pragmatiques croient
qu'Internet ne leur permettra pas vraiment d'accroître leur
savoir ou de simplifier leur vie. Aussi, leur utilisation des NT
n'entraîne pas un changement dans leurs habitudes de
divertissement. Notons que les avertis pragmatiques représentent
24 % de la population française.
3- Les techno-convertibles. Ce groupe rejoint le plus grand
nombre d'individus. Il est ainsi semblable au profil général de
la population française. À part l'âge moyen des gens qui y
appartiennent (45-54 ans), il ne se démarque des autres groupes
par aucun critère sociodémographique. Les techno-convertibles
sont soit fortement, soit peu intéressés par les NT. Il semble
également que leur niveau de connaissance technologique soit
assez limité. Leur définition des NT se limite à Internet, à
l'ordinateur et au téléphone mobile. À cet égard, bien qu'ils
soient relativement peu équipés, les deux tiers se sont prémunis
d'un portable (lire téléphone cellulaire). Par ailleurs,
considérant les NT trop compliquées, c'est dans ce groupe que
l'on compte le plus grand nombre de freins à leur utilisation.
Par contre, il est intéressant d'ajouter qu'ils craignent de se
sentir exclus s'ils ne connaissent rien dans ce domaine. Notons
que les techno-convertibles représentent 38 % de la population
française.
4- Les techno-réfractaires. Les individus appartenant à ce
groupe sont nettement plus âgés que la moyenne. Ils vivent
souvent seuls ou à deux. Inutile de préciser que leur intérêt
envers les NT est très faible et que leur niveau de connaissance
est quasiment nul. Leur utilisation des produits technologiques
et d'Internet est plus que limitée. Ils considèrent que les NT
sont très compliquées pour eux, voire inutiles, et ils ne
croient pas qu'elles pourraient simplifier leur vie. On décrit
ces personnes comme assez casanières, préférant regarder la
télévision, bricoler ou lire à la maison. Notons que les techno-
réfractaires représentent 20 % de la population française. Et
parions que peu de lecteurs de SISTech se reconnaîtront dans ce
dernier groupe!
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste
Source : Le Figaro (section multimédia, puis technologie), 1er mars 2001
3. SEX.COM : BATAILLE POUR UN NOM DE DOMAINE - Il y a quelques
années, la croyance populaire disait qu'être détenteur d'un nom
de domaine générique garantissait le succès en commerce
électronique. Aujourd'hui, les défunts Pets.com, Furniture.com,
eToys.com et plusieurs autres témoignent de la futilité de cette
croyance. Par contre, le nom de domaine Sex.com continue à
générer de l'intérêt et se retrouve au centre d'une bataille
juridique intéressante sur la propriété dans l'univers virtuel.
L'histoire débute en 1994, alors qu'un dénommé Gary Kremen
enregistre sex.com auprès de Network Solutions. Poursuivant
d'autres intérêts, il n'exploite pas immédiatement le site et le
laisse en latence. Dans l'intermédiaire, Network Solutions
reçoivent une lettre mentionnant que M. Kremen renonce au nom de
domaine et autorise son transfert à un certain Stephen Cohen,
ex-fraudeur condamné. Ce dernier lance le site qui devient
rapidement rentable, générant des revenus publicitaires
importants en se positionnant comme portail du sexe virtuel.
Finalement, au terme d'une longue bataille juridique, en
novembre 2000, une cour américaine remet le nom de domaine tant
convoité à son propriétaire initial, jugeant qu'il avait été
transféré frauduleusement.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Que faire des revenus
générés par sex.com au cours des cinq années où il était
exploité frauduleusement? La cour doit maintenant se pencher sur
cette épineuse question, car Kremen - le propriétaire floué -
est de retour avec une poursuite de 43 millions de dollars
contre Cohen. La cause est intéressante car elle fera
vraisemblablement jurisprudence aux États-Unis en matière de
propriété virtuelle. Les avocats de Kremen devront réussir à
démontrer qu'un nom de domaine constitue une propriété pour
laquelle s'applique une doctrine légale connue sous le nom de
« constructive trust ». S'ils réussissent à établir ce fait, la
doctrine prescrit que « la propriété et les profits doivent être
remis à leur propriétaire légal ». Par contre, la partie est
loin d'être gagnée, car dans un jugement préalable, la cour
avait proscrit des poursuites contre Network Solutions en se
basant sur le fait qu'un nom de domaine ne constitue pas une
propriété tangible. Argument évidemment rejeté par les avocats
de Kremen pour les besoins actuels. Histoire à suivre!
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Source : CNET News.com, 8 mars 2001
4. DES SYSTÈMES DE COMMUNICATIONS EFFICACES ET INTELLIGENTS -
L'explosion des communications, due en grande partie à Internet,
inonde littéralement les compagnies d'informations. Plusieurs
employés sont assiégés de courriels, de télécopies et de
messages dans leur boîte vocale. Les compagnies se sentant
démunies face à cette problématique ont maintenant une option.
La solution: l'unification des communications. L'idée soutenant
cette terminologie : regrouper l'ensemble des communications
d'un employé pour lui transférer le tout à l'aide d'une
messagerie unifiée (un seul canal de communication). En termes
plus concrets, l'unification des communications permet d'avoir
accès à ses messages en composant un seul numéro de téléphone.
La mondialisation, la mobilité des employés, et toute
l'explosion des affaires électroniques font en sorte que, de nos
jours, même une PME peut avoir des bureaux dans plusieurs pays.
Il est donc évident qu'une entreprise peut avoir de la
difficulté à gérer ses communications et les effets engendrés
peuvent être de plusieurs natures : service à la clientèle
déficient, problèmes de communication interne, etc.
Généralement, les systèmes unifiés de communications
fonctionnent en centralisant messages vocaux, télécopies et
courriels pour les redistribuer au destinataire. Ces systèmes
incluent également des fonctionnalités tels : une messagerie
instantanée, une évaluation de l'importance des appels selon
certaines caractéristiques et un service permettant de rejoindre
un destinataire où qu'il soit avec le moyen de communication
qu'il lui est disponible sur le champ.
L'unification des communications n'est pas aussi simple que cela
puisse paraître. Certaines difficultés subsistent :
- problèmes d'intégration;
- difficulté de calculer le retour sur l'investissement;
- difficulté de mesurer les gains de productivité au niveau des
employés;
- Complexité afin de répondre efficacement aux besoins des
employés en évitant la perturbation de la chaîne de travail.
Plusieurs fournisseurs offrent leur propre solution
d'intégration des communications. Les fournisseurs de services
applicatifs (ASP), les centres de messagerie vocal et certains
fournisseurs de communications se partageaient en 1999 un marché
de deux millions d'usagers.
L'unification des communications doit tout de même faire
réfléchir les entreprises puisque qu'elle peut s'avérer une
méthode pour transformer en avantage concurrentiel, le chaos
informationnel dans lequel les entreprises évoluent aujourd'hui.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Internetweek.com, 28 février 2001
Bulletin du 2 mars 2001
1. L'avenir du 3G compromis
2. eToys : histoire d'une autre faillite d'une point-com
américaine
3. Quand le commerce électronique prend figure humaine
4. Impartition des ressources humaines en entreprise
1. L'AVENIR DU 3G COMPROMIS - La téléphonie cellulaire de
troisième génération communément appelée le 3G a fait beaucoup
parler d'elle dans les derniers mois. Elle promettait des
connections ultra-rapides (jusqu'à 1,4 mégabit par seconde) en
plus de pouvoir supporter un plus grand nombre d'usagers que les
systèmes actuels. Les nouveaux services incluraient entre autres
la navigation haute vitesse sur Internet et permettraient même
la transmission de vidéo. Les investissements faisaient foi du
potentiel de cette technologie : 100 milliards de dollars pour
l'achat l'année dernière de licences par quatre compagnies
européennes. Mais voilà! Le ciel au-dessus du 3G commence à
s'assombrir et son avenir semble même compromis.
Plusieurs questions laissent en effet douter du méga-potentiel
jadis prisé. D'ailleurs, suite à un ralentissement des
investissements en matière d'infrastructures pour la téléphonie
de troisième génération en Europe, les entreprises de
télécommunications sans fil américaines ont retardé leurs
projets de développement de réseau 3G.
Une des premières raisons de cette déconfiture est sans aucun
doute l'instabilité du marché. D'ailleurs, les percées
technologiques dans le domaine de la téléphonie sans fil de
deuxième génération (la technologie actuelle) permettent
d'offrir près de 90 % des services que le 3G promet. En matière
d'instabilité de marché il y a également l'exemple des
fournisseurs d'appareil sans fil qui se battent déjà pour des
parts de marché inexistantes : La firme Nokia désire obtenir 35
% du marché total, Ericsson, 40 %; Alcatel, 25 %; Siemens, 25 %
et finalement, Nortel qui vise s'accaparer également de 25 % du
marché. En somme, un marché de 150 % si l'on se fie aux
prédictions de ces entreprises! L'industrie se dirige donc vers
de gros problèmes surtout si les prédictions de revenus des
entreprises sont aussi démesurées que leur prédiction de parts
de marché.
Sans compter qu'aucun modèle d'affaires à l'horizon ne semble
viable. Les énormes investissements en infrastructures et en
développement technologique ne pourront tout simplement pas être
refilés aux consommateurs qui ne sont pas prêts à payer plus
cher pour une technologie qui répond à aucun de leurs besoins
intrinsèques. Les firmes de télécommunications ne pourront donc
pas rentabiliser rapidement leur investissement et si en plus,
les ventes ne se matérialisent pas aussi vite que prévu,
plusieurs firmes se retrouveront dans une situation plutôt
précaire.
Finalement, la crainte des consommateurs reliant téléphone sans
fil et cancer pourrait nuire passablement au déploiement de la
technologie 3G. Bien que cette peur ne soit pas fondamentalement
prouvée, les téléphones sans fil de troisième génération
existants sont reconnus pour surchauffer davantage que les
téléphones de deuxième génération, d'où une inquiétude
croissante des consommateurs.
L'avenir jadis prometteur de la téléphonie sans fil risque donc
de décevoir. Mais devons-nous être vraiment surpris? Encore une
fois, il s'agit de l'exemple classique du développement d'une
technologie qui, en plus d'être fondée sur une analyse
suroptimiste des coûts bénéfices, ne tient aucunement compte des
attentes et besoins des clients potentiels.
Rédacteur : François Dubeau, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : Le Devoir, 24 février 2001 ; Businessweek.com
2. eToys : HISTOIRE D'UNE AUTRE FAILLITE D'UNE POINT-COM
AMÉRICAINE - Cette semaine, la compagnie américaine eToys
annonçait que, croulant sous des dettes de plus de 274 millions
de dollars, elle se plaçait sous la protection de la loi
américaine des faillites et qu'elle allait vraisemblablement
cesser ses activités dans les jours suivants. À l'intention des
investisseurs, le communiqué de l'entreprise précisait que eToys
considère maintenant que " ses actions n'ont plus de valeur ".
Bof, diront certains. Encore une point-com qui fait faillite,
rien de bien original là-dedans. Mais encore...
Fondée en 1996 et basée sur le modèle Amazon.com, l'entreprise a
été une des premières à s'imposer dans le créneau de la vente de
jouets en ligne. Forte de 50 millions d'investissements privés,
son premier appel à l'épargne public (IPO) lui avait permis
d'amasser un montant additionnel de 166 millions de dollars. À
leur apogée en 1999, les actions de eToys valait plus de 80 $
(américains!). Même le géant Toys-R-Us considérait que
l'avantage d'eToys - premier en ligne - serait difficile à
battre. Bref, eToys était une entreprise bien financée, vendant
des produits populaires et basée sur le modèle à succès
d'Amazon. Alors, comment expliquer son sort actuel?
Au cours de la période des fêtes de 1999, eToys fait la
manchette en livrant en retard les cadeaux de Noël de milliers
d'enfants. Qu'à cela ne tienne, l'entreprise décide de se
racheter pour la période des fêtes 2000 et emprunte pour
construire un entrepôt moderne sur la côte Est, entrepôt qui lui
permettra de livrer à temps les cadeaux tant attendus. Certes,
l'idée de mieux s'équiper pour mieux servir sa clientèle est
fondamentalement bonne. L'erreur se situe davantage au niveau de
la stratégie d'emprunt. En effet, armée de l'exubérance typique
des pionniers de la nouvelle économie, eToys a fait le pari que
ses ventes allaient doubler par rapport à la période des fêtes
précédente et a emprunté en conséquence pour construire son
entrepôt. La réalité s'est avérée bien décevante : les ventes
ont augmenté beaucoup moins que prévu. Conclusion, en janvier
2001, eToys annonçait des mises à pied massives et la fermeture
de sa filiale britannique dans le but de couper drastiquement
ses dépenses. Trop peu, trop tard!
L'exemple de eToys illustre trop bien la fragilité de ces
entreprises qui se construisent un modèle d'affaires basé sur la
« magie d'Internet » ou de la nouvelle économie. En réalité, les
ventes de eToys sont passées de 106,8 millions (dernier
trimestre de 1999) à 131,2 millions (dernier trimestre de 2000),
soit une augmentation de 23 %. Pour une entreprise de la
« vieille économie », une telle performance aurait probablement
été très satisfaisante, alors que pour eToys, une croissance de
23 % a signifié la mort. Se pourrait-il que les anciennes
stratégies d'affaires - faire des profits, ne pas emprunter plus
que l'on peut rembourser, etc. - ne soient pas si dépassées?
Rédacteur : Éric Lacroix, directeur de la veille stratégique
Sources :
Reuters (eToys to File for Bankruptcy, Stock Worthless)
Associated Press (Retailer eToys Will File for Ch. 11)
Communiqués de presse :
eTOYS ANNOUNCES PLANS FOR BANKRUPTCY FILING
eTOYS REPORTS FISCAL THIRD QUARTER FINANCIAL RESULTS
3. QUAND LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE PREND FIGURE HUMAINE! - La
dernière tendance du commerce électronique brille... par sa
simplicité. Les compagnies visionnaires ont en effet compris que
pour réussir en ligne, elles se devaient d'associer aux
nouvelles technologies du Net une possibilité de communication
directe. Selon l'article du National Post, ce dernier
développement connaît un franc succès auprès des consommateurs
et ce, à la fois dans le marché du commerce électronique
interentreprises (B2B), que dans celui du commerce électronique
entre entreprises et consommateurs(B2C).
En novembre dernier, une étude de Statistique Canada avait ainsi
mis en lumière que les internautes délaissaient les affaires
électroniques parce qu'ils ne pouvaient retrouver dans ce
nouveau modèle commercial la communication directe à laquelle
ils étaient habitués. Les transactions en ligne s'avèrent en
effet souvent moins « personnalisées » que celles effectuées
d'une façon traditionnelle, personne-à-personne, et partant,
moins familières aux yeux des consommateurs. Certaines
entreprises à succès combinent donc aujourd'hui l'homme et la
technologie, pour le plus grand bonheur de leurs cyberclients.
Le site Web d'une compagnie doit dans les faits devenir une voie
privilégiée de communication avec le consommateur. D'où la
nécessité pour ce site d'être à la fois simple, clair et tout à
fait adapté à la clientèle visée. Un tel site, convivial et
orienté vers le client, a le grand bénéfice d'assurer la
conquête de nouveaux consommateurs, voire de nouveaux marchés,
tout en s'avérant une source capitale d'information sur
l'entreprise.
Selon l'auteure de l'article, Mary Donohue, il existe au Canada
deux excellents exemples de l'application de cette nouvelle
orientation du commerce électronique : The Boiler Insurance and
Inspection Company (www.biico.com) et GroceryGateway
(www.grocerygateway.com). Dans le secteur particulier du B2B,
The Boiler Inspection and Insurance Company a su tirer son
épingle du jeu en intégrant le contact humain à Internet. Son
site permet ainsi aux compagnies de gestion de propriétés et aux
corporations aux prises avec des problèmes de pannes ou de bris
d'équipement de parler à un courtier pour qui le Net, au-delà
d'un simple outil de vente, devient canal d'information. La
stratégie de BI &I consiste en fait à développer un site qui
simplifie et améliore de façon simultanée la relation entre
courtiers et décideurs. L'entreprise mise sur le désir du client
d'avoir un service personnalisé et une information complète,
livrée avec efficacité et rapidité.
Pour l'auteure, et pour ceux qui comme elle ont mieux à faire
que de pousser un chariot d'épicerie au milieu d'une cohorte
d'inconnus, GroceryGateway est une véritable bénédiction. Le
site permet la commande en ligne de denrées alimentaires ainsi
que le choix d'une date de livraison. Il est clair, convivial et
donne un numéro de téléphone à composer en cas de pépin. Une
fois composé, ce numéro vous permet de parler à une véritable
personne, vous évitant ainsi de vous perdre à nouveau dans les
dédales d'une boîte vocale.
Notons en passant que l'homologue québécois de GroceryGateway,
le Cybermarché d'IGA (www.iga.net/qc/), connaît lui aussi
un grand succès. Le site comporte entres autres une rubrique
« Soutien » où se retrouve un numéro de téléphone grâce auquel
on peut parler à un(e) préposé(e) sympathique, mais aux heures
de bureau. En soirée, prière de vous débrouiller tout seul,
d'envoyer un courriel (on vous répondra le lendemain matin) ou
de prendre votre courage à deux mains pour affronter la boîte
vocale.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille
Stratégique
Source : National Post, le mardi 20 février 2001, C11
4. IMPARTITION DES RESSOURCES HUMAINES EN ENTREPRISE - La
gestion des ressources humaines en entreprise devient de plus en
plus complexe. L'intégration de nouvelles technologies, le
développement de stratégies de mondialisation et la pénurie de
personnel qualifié sont notamment responsables de cette
situation.
Selon Marc Pramuk, analyste principal au programme de recherche
« eHuman Resources » chez IDC, les départements des ressources
humaines cherchent à se départir des activités tactiques et
transactionnelles afin de concentrer leurs efforts sur la
concordance de leurs activités stratégiques ou à valeur ajoutée
avec les buts et objectifs de l'organisation.
La gestion des ressources humaines comprend deux grands types de
responsabilités. Le premier réfère à la conception de
l'organisation et de la culture. Le second est lié aux
acquisitions, à la gestion et au développement des capacités
humaines au sein de l'entreprise. Certaines activités en
découlent dont le développement de politiques et de procédures,
la communication institutionnelle et la relation avec les
employés, le recrutement de personnel, la gestion des paies et
la formation.
Au moment où les entreprises songent à impartir certaines
activités, elles doivent s'interroger sur la façon dont leur
personnel peut créer et fournir une plus grande valeur à
l'organisation. Les activités de nature transactionnelle ou
pouvant être prises en charge à partir d'une autre entreprise
sont plus faciles à impartir. Celles visant à renforcir la
culture et les valeurs de l'organisation sont généralement
gérées à l'interne.
La firme IDC croit que les entreprises vont impartir plus d'une
activité propre aux ressources humaines. Ceci explique pourquoi
elles auront tendance à rechercher des fournisseurs de services
qui offrent des solutions globales. Par ailleurs, c'est
justement dans le but de mieux répondre à ce besoin grandissant
que plusieurs fournisseurs de services d'impartition des
ressources humaines se regroupent afin de former des alliances
et des partenariats. Ainsi, en plus de favoriser l'accès de ces
fournisseurs de services aux compétences et aux capacités dont
ils ont besoin pour fournir des services de qualité, ces
ententes de collaboration leur permettent de se concentrer sur
leurs champs spécifiques de compétences.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste
Source : Communiqué de presse, IDC, 21 février 2001