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du bulletin SISTech : février 2006
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Bulletin
du 17 février 2006
Bulletin du 3 février 2006
Bulletin
du 17 février 2006
Version PDF
1. Quand les jeunes cyberfutés transforment l’apprentissage
2. Le Danemark : un gouvernement électronique parmi les
plus innovants
3. Gestion du changement – Comment réussir un grand
projet de TI? - Article PerspecTIves 2006
1.
Quand les jeunes cyberfutés transforment l’apprentissage - Selon
les résultats d’une étude récemment menée
par Education Development Center (EDC) en collaboration avec la firme Certiport,
les transformations de l’apprentissage et des modes d’enseignement
par les TI seraient davantage attribuables à l’influence des élèves
technophiles qu’à celle des enseignants eux-mêmes!
Les conclusions
de l’enquête conduite auprès de 444 enseignants des niveaux
secondaire et postsecondaire démontrent ainsi que les power users, ces
élèves qui excellent dans l’usage des TI, sont de véritables
agents d’innovation en classe. En communiquant leur passion à leurs
enseignants, ces jeunes cyberfutés agissent en catalyseur et influencent
à la fois les contenus transmis et la manière dont ils le sont.
Ils représentent aussi des « aidants naturels » pour leurs
camarades moins à l’aise avec les technologies.
De façon
plus concrète, voici quelques données clés issues du sondage
:
- 69 % des répondants
ont déclaré que les power users influençaient ce qui est
enseigné en classe et 66 %, les méthodes pédagogiques utilisées;
- 48 % des enseignants interrogés ont indiqué que leurs élèves
cyberfutés adoptaient des comportements d’aide face à leurs
pairs, tandis que 55 % sont allés encore plus loin en déclarant
que ces étudiants facilitaient l’apprentissage de leurs camarades;
- Enfin, ce qui n’est pas rien, plus de 8 répondants sur 10 (84
%) sont d’avis que les power users ont aussi une influence positive sur
leur propre apprentissage des TI.
Toujours selon
les conclusions de l’étude, dans le but de maximiser le potentiel
de leurs étudiants technophiles, un nombre croissant de professeurs travaillent
en partenariat avec eux afin de favoriser une meilleure intégration des
technologies en classe. Et il s’agit d’une relation de collaboration
gagnant-gagnant puisque, si les cyberfutés contribuent à transformer
l’apprentissage grâce à leurs compétences technologiques,
ils bénéficient en retour de situations pédagogiques davantage
conformes à leurs intérêts.
Pour Joyce Malyn-Smith,
directrice chez EDC, les power users ont enfin tout ce qu’il faut pour
réussir au XXIe siècle. Ils démontrent de l’intérêt
et des capacités pour l’apprentissage collaboratif, la pensée
analytique et la résolution de problèmes, aptitudes hautement
recherchées par les employeurs d’aujourd’hui.
Rédactrice : Catherine Lamy, directrice adjointe, Enquêtes et Veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Robert Brumfield,
« Study
: Power Users drive pedagogy », eSchool News Online, 31 janvier 2006
Certiport, Research
Abstract : Power User, 2006,
Education Development
Center (EDC), Tech-Saavy
Students Influence Teacher Choices in the Classroom, janvier 2006,
François
Guité, « Les
power users transforment la pédagogie », Relief, 1er février
2006,
2.
Le Danemark : un gouvernement électronique parmi les plus innovants -
En novembre 2005, le Danemark a remporté le prix paneuropéen eEurope
pour la mise en place d'un système de facturation électronique
(e-invoicing). Cette prestigieuse distinction, remise par l'Institut
européen d'administration publique et la Commission européenne,
visait à récompenser le pays pour son aptitude organisationnelle
et sa capacité d'innovation en services d'arrière-guichet (back
office). Mais cette initiative n'est pas la seule au Danemark qui mérite
d'être soulignée. Ce petit pays scandinave de quelque cinq millions
d'habitants compte parmi les plus branchés et les plus ingénieux
en matière de gouvernement électronique.
Facturation
électronique : des économies d'échelle monstres
Le système de facturation électronique au Danemark, instauré
dans les Administrations nationales et locales, permet de faire économiser
50 millions d'euros par an aux entreprises et de 120 à 150 millions d'euros
à l'Administration. Développé grâce à un partenariat
public-privé, le système gère maintenant environ 15 millions
de transactions par année. La facturation électronique est protégée
par une architecture technologique très sécuritaire. La mise en
place de ce système a nécessité une transformation majeure
de l'arrière-boutique et a été réalisée à
l'aide de technologies d'avant-garde. Ce sont les raisons pour lesquelles les
membres du jury ont décerné le prix eEurope à l'initiative
danoise. Selon eux, le système de facturation électronique du
Danemark est un exemple à suivre. Son utilisation pour les transactions
entre le gouvernement danois et les entreprises du pays a été
rendue obligatoire par la loi. Depuis son implantation au début de 2005,
les processus d'affaires des entreprises et du gouvernement se seraient significativement
améliorés, permettant un taux de paiement de factures de 95 %.
De l'avis de la commissaire Viviane Reading, chargée de la société
de l'information et des médias à la Commission européenne,
ce système devrait être étendu à l'ensemble de l'Europe
: « Si nous pouvions l'appliquer à toute l'Europe, nous économiserions
15 milliards d'euros par an. Sur la base de cette expérience fructueuse,
je compte lancer un plan d'action sur l'Administration en ligne dans le courant
de l'année 2006. »
D'autres
initiatives danoises novatrices
Au cours de la dernière année, le Danemark a mis en place maintes
initiatives pour moderniser l'administration publique. Parmi les plus marquantes,
on trouve le dossier patient sur le Web et la déclaration de revenu en
ligne.
Dossier
patient sur le Web
Depuis septembre 2005, les citoyens danois peuvent consulter leur dossier
médical de l'hôpital sur Internet, en passant par le portail.
Ce dossier contient la liste des médicaments qui ont été
prescrits au patient, des traitements qu'il a subis et des diagnostics posés
à son sujet, datant d'aussi loin que 1977. D'autres fonctionnalités
seront bientôt offertes en ligne par l'intermédiaire de ce portail,
telles que l'accès aux résultats de laboratoire, la prise de
rendez-vous avec un professionnel de la santé, le rappel de rendez-vous
au moyen de courts messages sur téléphones cellulaires (SMS)
et la messagerie électronique entre médecins.
Déclaration de revenu en ligne : révision des processus
pour une réelle intégration des TI
Encore une fois, le Danemark se distingue par son audace et sa capacité
de transformer ses façons de faire à l'aide des TI : la déclaration
de revenu est maintenant soumise électroniquement par tous les citoyens,
à quelques exceptions près. Au lieu de remplir un formulaire électronique
pour déclarer leur revenu, les citoyens danois reçoivent un formulaire
comportant déjà l'information recueillie par le Ministère
du revenu, des douanes et des taxes auprès de sources fiables
(banques, employeur, etc.). Les contribuables peuvent alors apporter des modifications
à leur dossier fiscal en ligne en utilisant une signature électronique
sécurisée. S'ils ne font aucun changement, leur déclaration
de revenu est considérée comme acceptée. Les processus
liés à l'imposition et à la déclaration de revenu
ont donc été complètement revus.
Enfin, le pays offre divers services électroniques aux citoyens qui ressemblent
à ceux de l'Administration québécoise :
- un service
électronique de changement d'adresse,
- un portail
transactionnel pour la gestion des prêts et des bourses aux étudiants,
avec dossier d'emprunteur consultable en ligne,
- la demande
de certificats par Internet (naissance, mariage),
- un service
de placement en ligne, etc.
Une figure de proue
en matière de gouvernement en ligne, l'administration publique du Danemark
poursuit sa recherche d'efficacité et de modernité. Le gouvernement
danois a reconnu six dossiers prioritaires sur lesquels portera son action au
cours des prochaines années :
- Définir
des indicateurs de productivité pertinents et éloquents et
s'assurer que les services électroniques entraînent une valeur
ajoutée (réduction de coûts, satisfaction des usagers,
amélioration des services, etc.).
- Consolider
les connaissances et les compétences des gestionnaires et du personnel
de la fonction publique.
- Transformer
l'organisation et la culture organisationnelle : les TI ne doivent pas seulement
soutenir les activités actuelles, mais elles doivent aussi les optimiser,
les simplifier et contribuer à les automatiser.
- Améliorer
les communications, tant à l'interne qu'avec les entreprises et les
citoyens, ainsi que la gestion des connaissances.
- Adapter les
modèles de financement actuels, basés sur une année
financière, aux réalités du gouvernement électronique.
En effet, ces modèles doivent tenir compte que, d'une part, les gains
financiers du gouvernement en ligne s'obtiennent rarement dans la première
année du déploiement et, d'autre part, que ces gains ne profitent
pas nécessairement au ministère ou à l'organisme qui
a réalisé le projet.
- Améliorer
l'infrastructure qui supporte le gouvernement électronique, que ce
soit sur le plan sécuritaire, technologique ou juridique.
* Article de l’édition de février
2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère
des Services gouvernementaux. Consultez les autres articles du bulletin pour
en apprendre davantage sur différentes initiatives en gouvernement électronique
dans les pays scandinaves.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, chargée de projet, Direction des enquêtes et
de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Commission européenne, IDABC, eGovernement Observatory.« Services
publics innovants : les lauréats du prix européen viennent de
Pologne, du Danemark, des Pays-Bas et d'Irlande », communiqué
de presse, 25 novembre 2005.
Commission européenne, IDABC, eGovernement Observatory. « eGovernment
in Denmark », eGovernment in the Member States of the European Union,
2e éd., nov. 2005.
Organisation OECD.
Peer Review
of E-government in Denmark, septembre 2005. 193 pages.
Consultez aussi
le site e-Europe Awards
3.
Gestion du changement – Comment réussir un grand projet de TI?
- Article PerspecTIves 2006 - Selon le Standish Group
International, expert réputé en gestion de projets technologiques,
seulement 29 % des initiatives de TI sont réalisées intégralement,
à temps et en respectant les budgets prévus. Plus de la moitié,
soit 53 %, connaissent des ratés (par exemple, le projet a pris du retard
ou le système livré ne comprend pas certaines fonctionnalités
prévues), et 18 % échouent carrément (ils sont interrompus
en cours de route ou les applications produites sont mises de côté,
par exemple). Heureusement, soutiennent les professeurs Albert Dexter et Merlin
Stone, certaines pratiques permettent aux gestionnaires d’accroître
les probabilités de succès de leurs projets de TI.
Pour lire l’article
complet :
http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Perspectives06_ProjetdeTI.pdf
Bulletin
du 3 février 2006
Version PDF
1. Web 2.0 : évolution ou révolution d’Internet?
2. Entre l’Asie et le Québec : choisir la meilleure
piste - Article PerspecTIves 2006
3. Des services plus près du citoyen
1. Web 2.0 : évolution
ou révolution d’Internet? - Le concept de Web 2.0
ne fait pas encore l’unanimité. Certains le perçoivent comme
la deuxième révolution d’Internet ou la seconde phase de
développement du Web due à l’évolution des technologies
et de son utilisation. D’autres le considèrent tout simplement
comme une expression à la mode. Pourtant, le terme Web 2.0 est apparu
en 2004, lors d’une session de remue-méninges entre Dale Dougherty
d’O’Reilly et Craig Cline de MediaLive pour la préparation
d’une conférence. D. Dougherty a constaté que la chute des
pointcoms en 2001 n’avait pas entraîné celle du W3 puisque
de nouveaux sites et de nouvelles applications innovantes ne cessaient de se
développer depuis. Elle avait plutôt forcé un tournant marquant
de la toile vers une nouvelle ère : celle du Web 2.0. La notion de Web
2.0 demeurant encore vague, aucune définition n’a obtenu consensus
à ce jour. Toutefois, il est important de comprendre le concept afin
d’évaluer son impact potentiel sur la technologie et les affaires.
À ses tous
débuts, le Web (identifié comme Web 1.0) consistait en des pages
HTML statiques rarement mises à jour. Par la suite, l’arrivée
de systèmes de gestion de contenu permettant la création de pages
Web dynamiques a instauré le « Web dynamique » (appelé
parfois Web 1.5) et a favorisé, entre autres, le succès de l’ère
des entreprises pointcoms. Dans les deux cas, le W3 était surtout considéré
comme un outil de visualisation et de diffusion. On accordait beaucoup d’importance
au nombre de pages vues (hits) et à l’esthétique visuel.
L’approche Web 2.0 réfère à une utilisation de plus
en plus orientée vers l’interaction entre les internautes et à
la création de réseaux sociaux rudimentaires où le contenu
prime sur l’aspect visuel ou la dynamique des pages Web. En somme, les
sites du Web 2.0 sont davantage des points de présence ou des portails
centrés sur l’utilisateur que les sites traditionnels.
Comment définir
ce qui appartient au Web 1.0 et au Web 2.0? Voici quelques expressions provenant
de la première session de remue-méninges de D. Dougherty et C.
Cline :
| Web
1.0 |
Web
2.0 |
| Britannica
Online |
Wikipedia |
| Site personnel |
Blogue |
| Pages vues |
Coût
par clic |
| Publication |
Participation |
| Système
de gestion de contenu |
Site Wiki |
| Rigidité
du contenu |
Syndication
de contenu |
Bien que cette
liste contribue à mieux cerner le concept Web 2.0, elle ne nous permet
pas de différencier concrètement une application Web 1.0 d’une
approche Web 2.0. Voici donc quelques caractéristiques propres au Web
2.0 :
1- Centré sur l’usager :
- Contribution de l’internaute au contenu. Ex. : Wikipedia;
- Production de métadonnées par l’utilisateur. Ex. : TagCloud
ou FURL;
- Conception centrée sur l’usager. Ex. : les succès de Google
Maps et de Gmail démontrent comment Google a su bénéficier
de l’expérience de ses utilisateurs et des innovations en matière
de convivialité;
- Expérience Web contrôlée par l’usager. Ex. : Cascading
Style Sheets permet de changer le style (caractères, couleurs, espacements,
etc.) des documents Web à notre guise.
2- Ouvert :
- Services ouverts. Ex. : Google Maps ou Flickr;
- Code source libre. Ex. : LAMP (acronyme signifiant Linux, Apache, MySQL et
Perp, PHP ou Python : regroupement de logiciels libres sur une même plate-forme;
- « Propriété intellectuelle libre ». Des sites de
contenu comme Wikipedia utilisent des licences de documentation libre comme
Open Publication License ou GNU General Public License;
- « Pratiques commerciales ouvertes ». Ex. : un dirigeant de la
haute direction fait part de sa vision personnelle du marché dans un
blogue. Cas : Brad Fitzpatrick, directeur des technologies chez LiveJournal,
a publié une description détaillée de l’architecture
des serveurs de l’entreprise.
3- Simple et léger
:
- Applications simples et éprouvées. Les projets Web 2.0 optent
pour des applications simples, ayant fait leurs preuves (ex. : Flickr pour le
partage de photos, Riya pour la reconnaissance d’images) plutôt
que pour des produits complexes;
- Conception (design) simple. Pensez à la simplicité du moteur
de recherche Google : une boîte de saisie monoligne;
- Protocoles légers. Ex. : les balises HTML deviennent une alternative
émergente au langage de balisage XML;
- Processus de développement léger. Les grandes et coûteuses
équipes de développement (douzaine d’ingénieurs)
sont remplacées par de petites équipes de travail (un à
six développeurs) qui utilisent des « méthodologies agiles
».
4- Décentralisé,
distribué et participatif :
- Contenu décentralisé ou distribué. Ex. : le contenu est
distribué d’un site à un autre par les fils RSS. La possibilité
d’ajouter des commentaires et des renseignements dans des blogues ou des
sites Wiki démontre aussi l’aspect décentralisation du contenu;
- Développement décentralisé. Ex. : l’impartition
extraterritoriale.
Plusieurs aspects
du Web 2.0 prennent source dans ce qu’on pourrait appeler les racines
ou la base du Web. Pensons particulièrement à Tim Berners Lee
qui a créé le Web afin de faciliter la collaboration entre les
chercheurs scientifiques. Par contre, certains éléments comme
l’arrivée de navigateurs plus modernes qui chercheront dans de
nouveaux formats comme les fils RSS, une plus grande variété d’appareils
du type assistant numérique personnel ou lecteur iPod ainsi qu’un
plus fort taux d’adoption et d’utilisation d’Internet au sein
de tous les groupes d’âge dans le monde sont l’apanage de
la nouvelle ère.
Enfin, qu’il
s’agisse d’une évolution ou d’une révolution,
la deuxième génération, la deuxième révolution
ou la suite logique de développement du Web est déjà amorcée
et elle correspond en tout point au Web 2.0. Qui sait, elle nous mènera
peut-être vers le Web 3.0?
Rédactrice
: Isabelle Poulin, documentaliste, CEFRIO
Sources :
Boisseau, JB (2006). « What
is Web 2.0 par Tim O'Reilly (version française) » [En ligne],
Le Web 2.0, c'est pas du buzz [Blogue], janv., (Page consultée le 1er
févr. 2006)
« Lamp
» [En ligne] , Wikipedia, (Page consultée le 2 févr. 2006)
Valdes, Ray, et
David Mitchell Smith (2005). Web 2.0 : get ready for the next old thing, Gartner,
28 déc., 14 p. (Research ; G00136940)
« Web 2.0
» [En ligne], Wikipedia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0,
http://en.wikipedia.org/wiki/Web_2.0
(Pages consultées le 1er févr. 2006)
2.
Entre l’Asie et le Québec : choisir la meilleure piste - Article
PerspecTIves 2006 - Chez Louis Garneau Sports, une
fraction croissante de la production mondiale de vêtements et d’équipement
de sport est fabriquée en Asie. Pourtant, l’entreprise continue
et devrait continuer à moyen terme de fabriquer près de la moitié
de ses produits au Québec, « question de profiter du meilleur de
l’Occident et de l’Orient », souligne Sylvain Boudreault,
son directeur général. Il semble d’ailleurs que pour bon
nombre d’entreprises, la délocalisation soit un très mauvais
calcul.
Pour lire l’article
complet : http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Perspectives06_Louis%20Garneau.pdf
3. Des services plus près
du citoyen - Qu'ont en commun Services Nouveau-Brunswick, ServiceOntario
et Service Colombie-Britannique ? Ces entités publiques ont toutes à
cœur de fournir aux citoyens des services adaptés et satisfaisants.
Chaque province ayant sa réalité propre, les Administrations ont
usé de diverses stratégies pour transformer leurs façons
de faire. Ces expériences pourront sans doute insuffler de nouvelles
idées et inspirer d'autres Administrations qui souhaiteraient faire le
saut dans la prestation de services électronique.
1. Services
Nouveau-Brunswick
Services Nouveau-Brunswick, modèle de transformation de la prestation
de services maintes fois cité et étudié, est reconnu partout
dans le monde pour son avant-gardisme en ce qui concerne le gouvernement électronique.
La vision derrière ce changement de cap : offrir de meilleurs services,
à moindre coût. Pour ce faire, selon M. Jacques Dubé, président
de Services Nouveau-Brunswick, la société a dû user de quatre
grandes stratégies :
• Changer la façon dont le public interagit avec le gouvernement
;
• Placer le citoyen au cœur de la prestation de services ;
• Augmenter l'accessibilité aux services ;
• Regrouper les services en proposant un guichet unique à canaux
multiples.
Services Nouveau-Brunswick interagit aujourd'hui avec la population par Internet
et par l'intermédiaire de centres de services couvrant toute la province.
La société traite près de 4,5 millions de transactions
par année, alors que les préposés de TéléServices
reçoivent annuellement près de 300 000 appels. Près de
300 services sont maintenant offerts suivant le principe du guichet unique et
45 % d'entre eux sont accessibles par voie électronique.
Le secret du succès néo-brunswickois
A. Son statut - Services Nouveau-Brunswick a été
créé en tant que société du gouvernement provincial.
Il s'agit donc d'une société d'État — comme la Société
des Alcools du Québec ou Hydro-Québec. Cette société
a donc un objectif de rentabilité et d'autofinancement et une personnalité
juridique distincte de celle de l'État. Comme l'oblige la loi à
cet égard, elle est autofinancée à plus de 50 %.
B. Son type de gouvernance — En tant que société
d'État, Services Nouveau-Brunswick intègre des composantes des
secteurs privé et public. Ainsi, parmi les composantes privées
de la société, figurent :
o Le fait d'être axée sur la rentabilité ;
o Le fait d'être tributaire d'un conseil d'administration;
o L'orientation commerciale ;
o L'autosuffisance ;
o Une administration qui suit le modèle d'une entreprise, en vertu de
la Loi sur les compagnies.
Toutefois, comme
elle relève du gouvernement provincial, elle est soumise à certaines
contraintes :
o Elle doit se
plier aux exigences des politiques;
o Elle est une fonction publique;
o Ses services sont régis par la loi et par les droits exigibles des
citoyens et des entreprises;
o Elle relève du ministre;
o Elle administre la Loi sur Services Nouveau-Brunswick.
C. Son
modèle de financement — La société s'appuie
sur deux sources de revenus : l'appui financier gouvernemental et le paiement
pour l'utilisation de ses services. Ses revenus annuels se chiffrent à
50 millions de dollars.
Quels sont les défis qui attendent cette province ? Continuer à
développer la prestation de service à guichet unique, interministérielle
et intergouvernementale (Provincial, Municipal, OSBL) s'avère une priorité.
De plus, un récent communiqué de presse annonçait que Services
Nouveau-Brunswick et Service Canada mettraient en commun leur savoir-faire dans
la prestation des services publics. Les deux organismes travailleront ensemble
à l'élaboration d'un système modernisé et national
de délivrance de permis pour les embarcations de plaisance partout au
pays. Le système sera fourni au nom de Transports Canada. Cette alliance
des deux organismes représente un premier pas vers des services intergouvernementaux
au Canada. Une initiative à suivre !
2. ServiceOntario
Avec ses 12,4 millions d'habitants, l'Ontario est la province la plus peuplée
du Canada. ServiceOntario offre ses services aux citoyens et aux entreprises
dans 63 centres et effectue environ 1 million de transactions par an, par voie
électronique (environ 80 % des enregistrements des petites entreprises
se font en ligne) et par téléphone (300 000 transactions par an).
Le 4 novembre dernier, lors d’une rencontre interministérielle
pancanadienne sur le gouvernement en ligne, Mme Mary Tate, sous-ministre adjointe,
a présenté la vision d'avenir de ServiceOntario. Au cours des
dix prochaines années, cet organisme vise à offrir tous les services
publics de l'Ontario, mais il aspire également à devenir le centre
multiservice gouvernemental des Ontariens et le point de départ de tout
échange avec l'Administration. Ce guichet unique intégrerait complètement
les trois modes de prestation de services (au comptoir, par téléphone
et par Internet). En outre, ServiceOntario souhaite que la majorité des
échanges de services et d'information se fassent par la voie électronique
la plus économique.
Pour atteindre ces objectifs, l'équipe de ServiceOntario mise sur des
éléments clés :
1. une infrastructure technologique sécuritaire,
2. une collaboration des sphères de compétence,
3. l'alignement du réseau de ServiceOntario sur Service Canada,
4. l'alignement de son infrastructure sur la Voie de communication protégée
canadienne.
De son expérience, ServiceOntario a tiré plusieurs leçons
:
• Il importe d'avancer par petits pas ;
• La collaboration et la confiance entre les partenaires sont essentielles
;
• L'harmonisation du vocabulaire des différentes entités
gouvernementales s'avère tout un défi, mais elle est nécessaire
à une collaboration efficace ;
• Les technologies de l'information répondent aux besoins des entreprises
;
• Les plus gros défis se présentent dans la réorganisation
du travail et dans la transformation organisationnelle.
3. Service Colombie-Britannique
Service Colombie-Britannique sert environ 4 millions de citoyens, à partir
de 42 réseaux de prestation de services à la collectivité,
de 22 points de services et avec l'appui de 600 employés régionaux.
Cet organisme compte également 59 points de présence à
travers la province et offre, tous canaux confondus, plus de 700 services publics.
Divers services sont disponibles en ligne, dont un registre des électeurs
et un portail d'entreprises qui permet aux entrepreneurs d'enregistrer leur
entreprise en un seul endroit, à tous les niveaux de gouvernement.
Pour Mme Lois Fraser, sous-ministre adjointe au ministère du Travail
et des Services aux citoyens, la vision de Service Colombie-Britannique se définit
comme suit : offrir des services intégrés, multicanaux et axés
sur les besoins des usagers. Actuellement, l'équipe de Service Colombie-Britannique
travaille à la mise en place de services interjuridictionnels à
canaux multiples et à l'élaboration d'un protocole d'entente fédéral-provincial
sur la prestation de services.
À l'instar de ServiceOntario et de Services Nouveau-Brunswick, Service
Colombie-Britannique mise sur un partenariat avec Service Canada. Des ententes
de service ayant pour objet de fournir des services publics intégrés
sont en cours d'élaboration entre les deux organismes. Ce partenariat
permettra, notamment, d'établir un protocole d'authentification numérique
des citoyens. Le développement de services entre les ordres de gouvernement
constitue maintenant un défi majeur des Administrations. Il sera intéressant
de suivre de près la voie qui sera empruntée par Services Québec,
nouvelle agence créée par le gouvernement du Québec et
dont la mission est semblable à celle de ses homonymes.
* Article de l’édition de janvier
2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère
des Services gouvernementaux. Consultez les autres articles du bulletin pour
en apprendre davantage sur différentes initiatives en gouvernement électronique
à travers le monde.
Rédactrice
: Isabelle Vachon, analyste-conseil, Direction des enquêtes et de la veille
stratégique, CEFRIO
Sources :
Déclaration
des représentants des provinces et des territoires - Conférence
provinciale-territoriale sur le gouvernement en ligne, 5 novembre 2005,
3 pages.
Communiqué
de presse
Service Colombie-Britannique
ServiceOntario
Services Nouveau-Brunswick
Services Nouveau-Brunswick « Entente
entre Service Canada et Services Nouveau-Brunswick », communiqué
de presse, 7 novembre 2005.
DUBÉ, Jacques. « Services Nouveau-Brunswick - Tout un concept !
», Symposium et conférence ministérielle sur le gouvernement
en ligne, Québec, 4 novembre 2005, présentation, 15 transparents.
TATE, Mary. « ServiceOntario. Leçons et stratégies pour
une prestation de services de première ligne » Symposium et
conférence ministérielle sur le gouvernement en ligne, Québec,
4 novembre 2005, présentation, 23 transparents.
FRASER, Lois. « La prestation de services axée sur les besoins
des citoyens de la Colombie-Britannique », Symposium et conférence
ministérielle sur le gouvernement en ligne, Québec, 4 novembre
2005, présentation, 15 transparents.
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