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Archives du bulletin SISTech : février 2004
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Bulletin du 27 février 2004
Bulletin du 13 février 2004

Articles du 27 février 2004
Version pour imprimer en format PDF

Dans cette édition :
1. Les logiciels sociaux : des outils qui placent l’individu au premier plan
2. Accessibilité du Web, ou, L’importance de rendre son site Internet accessible à tous, sans discrimination
3. Responsables des TI : parlez-vous la langue des affaires ?

1- Les logiciels sociaux : des outils qui placent l’individu au premier plan

Les développements de la gestion des connaissances ont bien mis en lumière l’importance du partage des savoirs tant explicites que tacites entre les individus membres d’une organisation. Cette mise en commun des connaissances assure en effet leur enrichissement et, en bout de ligne, leur transformation en « intelligence », le carburant premier de l’innovation. Or, pour supporter ce transfert des savoirs, la mise en relation des personnes, par l’intermédiaire d’une communauté de pratique par exemple, est tout à fait essentielle. C’est dans cette optique que les outils destinés à supporter la collaboration se sont transformés jusqu’à devenir dans certains cas de véritables « logiciels sociaux » (social software).

À l’opposé des outils de collaboration traditionnels, orientés projets et qui regroupent des personnes poursuivant un objectif précis, les logiciels sociaux sont plutôt destinés à supporter le désir des individus de se rassembler pour interagir entre eux. Visant la coévolution des participants plutôt que l’atteinte d’un but prédéfini, ils permettent aux gens de communiquer et d’enregistrer les interactions à l’aide de différents outils (messagerie instantanée, blogues, espaces virtuels de collaboration, etc.).

De façon plus précise, selon certains auteurs, pour être qualifié de « social », un logiciel doit être construit autour d’au moins l’une des trois caractéristiques suivantes :

1- le logiciel supporte des interactions (conversations) entre des individus ou des groupes, incluant les communications en temps réels telles que la messagerie instantanée ou et de façon différée (espaces virtuels de collaboration);
2- il permet la rétroaction, i.e. qu’il donne la possibilité aux individus ou aux groupes d’évaluer les contributions de pairs;
3- il supporte la représentation et la gestion électroniques des réseaux sociaux personnels des individus et leur permet de les développer.

Les logiciels sociaux, et notamment les applications de messagerie instantanée, sont par ailleurs de plus en plus utilisés dans le domaine de l’apprentissage en ligne (e-learning) dont les premiers outils reléguaient la personne au second plan au profit des contenus et de la technologie. Grâce à eux, les apprenants ne sont plus seulement connectés à des masses de savoirs, mais aussi à d’autres personnes, leurs formateurs bien sûr, mais aussi leurs collègues auxquels ils peuvent par exemple communiquer leurs sentiments au sujet des cours.

Dans un contexte où les réseaux sociaux sont plus importants que jamais, « l’âge de la connexion » (Age of Connection) ayant succédé à celui de l’information, les logiciels sociaux sont certainement promis à un brillant avenir. Les transformations rapides de la structure organisationnelle (impartition, acquisition, redimensionnement, etc.) conduisent en effet les travailleurs à s’appuyer davantage sur leurs propres réseaux sociaux lorsqu’ils ont besoin d’information. Et selon les auteurs de l’article si justement intitulé « It’s Not What You Know, It’s Who You Know », ceux qui sauront le mieux exploiter et étendre ces réseaux de contacts ont aussi bien des chances de voir leurs efforts récompensés.


Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Sources :

Stowe Boyd, « Are Your Ready for Social Software? », Darwin Magazine, mai 2003,
http://www.darwinmag.com/read/050103/social.html

Eva Kaplan-Leiserson, « We-Learning : Social Software and E-Learning », Learning Circuits, décembre 2003,
http://www.learningcircuits.org/2003/dec2003/kaplan.htm

Eva Kaplan-Leiserson, « We-Learning : Social Software and E-Learning, Part II », Learning Circuits, janvier 2004,
http://www.learningcircuits.org/2004/jan2004/kaplan2.htm

Bonnie Nardi, Steve Whittaker et Heinrich Schwarz, « It’s Not What You Know, It’s Who You Know », First Monday, vol.5, no 5, mai 2000,
http://www.firstmonday.org/issues/issue5_5/nardi/index.html


2- Accessibilité du Web, ou, L’importance de rendre son site Internet accessible à tous, sans discrimination

Quel est le but d’un site Web sinon d’y attirer des visiteurs pour s’informer, rechercher, magasiner ou encore acheter? Toute organisation ayant développé son site Internet cherche donc à rejoindre le plus grand nombre de personnes possibles, et ce, sans discrimination. C’est ainsi que la notion d’accessibilité du Web (Web accessibility) prend tout son sens. Cependant, ce sujet sous-entend généralement que l’on s’intéresse aux personnes handicapées physiquement. Or, on constate que l’accès au contenu du Web est un sujet beaucoup plus vaste et qu’il vise l’ensemble des internautes.

Précisons qu’à la base, pour qu’un site soit accessible, il est primordial de l’enregistrer « dans les moteurs et répertoires de recherche, afin de le faire connaître aux internautes, d'en accroître la visibilité et d'en augmenter ainsi le nombre de visiteurs » (1).

Malgré cela, certaines gens peuvent tout de même avoir de la difficulté à accéder au contenu du Web. Ainsi, l’accessibilité du Web concerne :
- les utilisateurs de téléphones mobiles;
- les personnes travaillant sur de vieux ordinateurs ou naviguant à partir de vieux fureteurs;
- ceux dont la connexion Internet est lente;
- les gens qui ne maîtrisent pas bien la langue anglaise;
- les jeunes enfants dont le maniement de la souris et la coordination main-œil ainsi que les habiletés de lecture varient selon l’âge;
- les aînés qui ont ou commencent à avoir des problèmes de mobilité, de coordination main-œil ou de malvoyance. Notons que ce groupe de personnes représente un marché potentiel croissant;
- les personnes handicapées physiquement dont leur incapacité nuit à leur mobilité;
- et enfin, les personnes aveugles, les malvoyants et les daltoniens qui, on s’en doute, est le groupe le plus touché par l’accessibilité Web.

On remarque que l’accessibilité Web n’est pas uniquement l’apanage des personnes handicapées. Elle mérite donc que l’on s’y attarde, surtout que l’utilisation d’Internet est grandissante. De plus, on ne doit pas négliger le fait qu’il existe différents obstacles sur le Web pour plusieurs types d’incapacités et que des millions de personnes ont des invalidités qui affectent leur accès au Web.

Si vous croyez que chacun des groupes mentionnés ci-dessus ne constitue qu’un faible pourcentage de votre trafic Web, vous pourriez être surpris du résultat obtenu en additionnant chacun d’eux! Ce pourcentage pourrait se traduire en clients potentiels perdus…

Voici quelques exemples d’éléments à intégrer lors de la conception d’un site Web, afin qu’il soit adapté à divers types d’incapacités :
- Visuel : graphiques ou vidéos descriptifs, compatibilité des lecteurs d’écran (selon l’Office québécois de la langue française : « logiciel qui, associé à un afficheur braille ou à un synthétiseur vocal, permet aux handicapés visuels de lire en braille ou d'entendre le contenu de l'écran, y compris les pages Web. ») (1);
- Auditif : sous-titres des documents audio, illustrations;
- Physique : reconnaissance de la parole : clavier ou commutateur, entrée vocale;
- Cognitif, neurologique : convivialité, niveau de langage approprié, éviter les éléments clignotants ou stroboscopiques.

Parmi les avantages de l’accessibilité Web, mentionnons :
- la possibilité de s’attaquer à des marchés de créneau intéressants comme celui des personnes âgées ou des utilisateurs de téléphones mobiles;
- les sites Web accessibles sont facilement repérables par les moteurs de recherche;
- une augmentation potentielle du chiffre d’affaires lié à l’augmentation de la fréquentation du site Internet.

Enfin, le World Wide Web Consortium (W3C), en collaboration avec diverses organisations dans le monde, a mis sur pied l'Initiative d'accessibilité du Web. Celle-ci concentre ses activités dans cinq domaines, soit la technologie, les guides, les outils, l’éducation ainsi que la recherche et développement. Il est d’ailleurs intéressant d’ajouter que les « Web content accessibility guidelines 1.0 », qui expliquent comment concevoir un site Web accessible, sont devenus une recommandation W3C en mai 1999. Pour plus de renseignements, je vous suggère de consulter le site accessible à l’adresse suivante : http://www.w3.org/WAI/

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources : Budd, Andy. The business case for Web accessibility, 19 janv. 2004, http://www.andybudd.com/blog/archives/000143.html

(1) Office québécois de la langue française :
- Référencer, http://w3.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp
- Lecteur d’écran, http://w3.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp

World Wide Web Consortium. Web accessibility initiative, http://www.w3.org/WAI/ = Initiative d'accessibilité du Web, http://www.w3.org/WAI/wai-fr (site moins complet en français)


3- Responsables des TI : parlez-vous la langue des affaires ?

Selon les auteurs d’un article du Harvard Business Review, parmi les membres du conseil exécutif de bon nombre d’entreprises, les responsables des TI (CIO) sont de loin les plus incompris de tous.

Dernière arrivée dans l’organigramme organisationnel, la fonction TI ne serait pas encore empreinte de culture des affaires au même point que les fonctions traditionnelles de l’entreprise (approvisionnement, production, ventes). Le langage utilisé par les TI et les autres fonctions serait même différent; les uns parlent de ratios et de rendement et les autres parlent de « portlet », d'« octet » ou de « Wi-Fi »…

Les auteurs mentionnent que ce problème d’incompréhension entraîne des cafouillages qui peuvent déboucher sur des pertes pouvant s’élever en moyenne à 20 % du budget total alloué aux TI et ce, seulement en achat de matériel qui s’avère inadéquat ou inefficace. Étant surtout le lot des industries manufacturières, du transport, des assurances, des télécommunications et des banques, ces pertes découlent directement du fait que les TI ont longtemps évolué en parallèle de la vision de la haute direction.

Ce que l’on ne conçoit pas échappe tout simplement à notre contrôle et c’est vrai aussi dans les organisations. Les systèmes d’informations des entreprises ont souvent été érigés au fil des différentes demandes, provenant de toutes les fonctions de l’organisation et suivant un tracé en silo. Doublé d’essais souvent désastreux, d’implantation de système de « solutions » (ERP, CRM, portail, entrepôts de données, impartition, etc.) et teinté de la confusion qui accompagne les fusions et acquisitions mal orchestrées, le résultat est dans bien des cas un véritable labyrinthe.

Selon les auteurs il serait donc maintenant temps que les responsables des TI parlent la même langue que leurs collègues gestionnaires : la langue des affaires. Pour y arriver il existe trois principes, interdépendants, étroitement liés et universellement applicables, qui ouvrent la voie à une implantation et à une gestion efficace des TI. La réalisation de ces principes relève de la responsabilité de la haute direction de l’entreprise. Ils sont les suivants :

Un plan à long terme de renouvellement des TI en lien avec la stratégie corporative. Réorganiser la structure des TI dans une organisation nécessite de ne jamais perdre de vue que les TI doivent servir à supporter, comme toutes les autres structures de l’organisation d’ailleurs, l’atteinte des objectifs de l’entreprise. Pour cela, les responsables des TI doivent prendre des décisions qui entraînent des réductions de coûts à court terme et créer un plan à long terme de rajeunissement des TI et de création de valeur.

Une plateforme technologique corporative simplifiée et unifiée.
Un tel type de plateforme remplace avantageusement la multiplication des silos verticaux qui entraînent des dédoublements de coûts et isolent les différents groupes au sein de l’entreprise. La structure des TI doit donc se développer de manière horizontale et percevoir l’entreprise comme un tout. Il faut d’ailleurs se rappeler du principe célèbre, mais au combien vrai, qui dit qu’un tout est bien plus que la somme de ses parties…

Une organisation des TI hautement fonctionnelle et orientée vers la performance. À la place de se faire traiter comme s’ils étaient une branche perdue d’une tribu parlant une langue connue des seuls dieux, les membres du département des TI doivent travailler de façon coordonnée en une équipe qui, comme les autres équipes de l’entreprise, tend à atteindre les standards de performance dictés par la culture organisationnelle.

Afin de s’assurer d’une gestion efficace des TI dans l’entreprise, les auteurs nous rappellent qu’il faut garder en tête que ces trois principes, tels des engrenages, s’emboîtent et s’appuient les uns dans les autres. Si un seul de ces engrenages vient à manquer d’huile, toute la chaîne peut s’en ressentir!


Rédactrice : Caroline Jacob, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Source : Charlie S. Feld et Donna B. Stoddard, « Getting IT Right », Harvard Business Review, février 2004, pp. 72-79.


Articles du 13 février 2004

Version pour imprimer en format PDF

Dans cette édition :
1. Combiner technologies de l’information et innovation d’affaires pour augmenter la productivité
2. Gouvernement branché : La France lance son plan d’action
3. Comprendre et mesurer les pratiques de Gestion des connaissances


1- Combiner technologies de l’information et innovation d’affaires pour augmenter la productivité - Les technologies de l’information (TI) ne peuvent pas générer à elles seules une augmentation de la productivité et des profits. Des études ont effectivement démontré que les investissements informatiques doivent être combinés à des innovations d’affaires pour produire une amélioration significative. Malheureusement, ces analyses expliquent rarement ce qui peut être fait pour innover et plus particulièrement, sur la manière dont les TI peuvent stimuler cette innovation. Ainsi, plutôt que se demander comment les TI peuvent améliorer la productivité, on devrait s’interroger sur la façon dont elles pourraient accroître l’innovation en entreprise. Sans cet élément de réponse, les organisations ne peuvent pas autant bénéficier de tous les avantages (attendus ou inimaginables) offerts par les nouvelles TI.

Les innovations d’affaires adoptées jusqu’à présent sont très différentes de la prochaine vague d’innovations à venir. Au cours des dernières années, les entreprises ont cherché à augmenter leur taux de productivité en implantant des applications comme les progiciels de gestion intégrés (ERP) et les outils de gestion de la relation client (CRM), qui nécessitent une configuration groupée des processus d’affaires (tightly coupled business processes) au sein de l’entreprise. Ainsi, qu’elles aient été efficaces ou non, ces solutions ont obligé les organisations à effectuer certaines transformations comme le développement de nouveaux processus, la création de bases de données uniformisées et la réaffectation du personnel. Dans l’avenir, pour créer davantage de valeur et soutenir des gains de productivité, les entreprises devront s’ouvrir vers l’extérieur et identifier de nouvelles façons de coordonner leurs activités autour de réseaux réunissant un grand nombre d’entreprises.

Ces nouvelles façons de faire nécessiteront une transition vers une plateforme informatique très différente, intégrant des puissances d’ordinateur plus souples et des outils logiciels conçus pour aider les gens à communiquer entre eux et, bien entendu!, à innover. La combinaison de la haute technologie et des logiciels implique aussi une transformation des processus d’affaires - appelée configuration dispersée des processus d’affaires (loosely coupled business processes) - qui augmenteront le potentiel d’innovation d’affaires et la productivité. À cet égard, les composantes informatiques comme les processeurs, la mémoire et les réseaux à fibres optiques offrent un bon potentiel d’innovation d’affaires. Toutefois, il faut surveiller de près les grilles de calcul (grid computing) pour le côté matériel informatique et les « service-oriented architectures » pour le côté logiciel.

Selon CANARIE, « une grille de calcul consiste en ordinateurs ou grappes d'ordinateurs situés dans des régions distinctes, mais reliés entre eux si bien que leur puissance de calcul combinée imite celle d'un ordinateur très puissant. Les machines ainsi connectées mettent en commun leurs applications, leurs données et leur puissance de calcul. » Les « service-oriented architectures » (SOA), pour leur part, permettent d’effectuer la configuration dispersée entre les différents agents logiciels qui interagissent entre eux. L’utilisation de la grille de calcul et des SOA est particulièrement intéressante parce qu’elle ne nécessite pas le remplacement entier de la plateforme informatique. Les investissements sont donc moins importants et les gains de productivité se concrétiseront plus rapidement.

Par ailleurs, trois catégories de technologies visant à faciliter le travail des employés et à encourager le développement d’innovations d’affaires se démarquent actuellement. Il s’agit du logiciel social (social software), des outils pour l’apprentissage en ligne et des nouveaux équipements d’accès (access devices). Le logiciel social permet aux gens de communiquer entre eux et d’enregistrer les interactions à l’aide d’outils collaboratifs comme le courriel, les babillards électroniques, la messagerie instantanée, les blogues, les espaces collaboratifs ou site Wiki et les « outils d’analyse des réseaux sociaux » (social-network analysis tools). L’apprentissage à distance est plus souple que la formation traditionnelle. Elle permet aux employés d’accéder à une formation personnalisée, au moment qui leur convient le mieux. Les technologies d’apprentissage en ligne incluent la vidéo numérique, les réseaux IP à large bande passante pour la lecture vidéo en transit, les outils de simulation et les technologies de jeu. Notons que les logiciels sociaux sont appelés à s’intégrer de plus en plus aux activités d’apprentissage en ligne. Enfin, l’évolution rapide des équipements d’accès facilite la connexion entre les gens et les ressources. Le matériel est de plus en plus « intelligent », petit et abordable. De plus, il permet aux employés d’être plus productifs, en plus d’être accessibles quel que soit le lieu ou l’heure. Lorsque combinés aux plateformes d’apprentissage en ligne et au logiciel social, les équipements d’accès améliorent significativement le potentiel d’innovation d’affaires.

Enfin, si la configuration combinée des processus d’affaires est intéressante à plus d’un point, elle peut difficilement s’implanter dans un contexte de plateforme informatique traditionnel. La convergence de la grille de calcul et des SOA est essentielle car elle fournit la base. Le potentiel maximum d’innovation ne pourra être atteint que si les gens sont reliés entre eux d’une manière efficace. Retenons que c’est la combinaison de tous les éléments qui permettra de mettre en place la prochaine vague d’innovation d’affaires et ainsi d’améliorer de la productivité.

Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO
Sources : Hagel III, John, et John Seely Brown. « The innovation/productivity quotient », Optimize magazine, no 28, févr. 2004,

CANARIE, BC Net et Netera Alliance. Plus qu'une connexion, les réseaux : super ordinateurs de demain [communiqué de presse], 20 mai 2003,

He, Hao. « What is service-oriented architecture? », XLM.com, 30 sept. 2003,

2-Gouvernement branché : La France lance son plan d’action - Une récente étude de Taylor Nelson Sofres classait la France au 15e rang sur 32 pays étudiés, avec 35 % de ces citoyens qui utilisent les services électroniques gouvernementaux. Mais le vent risque de tourner, puisque les Français se verront offrir par leur gouvernement 140 nouveaux services électroniques d’ici 2007. Le premier ministre français, Jean-Pierre Rafarin, a annoncé le 9 février dernier le lancement d’ADELE, un plan de transition de l’Administration publique française vers la voie électronique.

Entre 2004 et 2007, le gouvernement français compte entre autres déployer divers services de type « guichet unique ». Par exemple, un service de changement d’adresse permettra aux usagers d’informer les divers ministères et organismes de leur déménagement en une seule opération. Il prévoit également rendre disponible l’ensemble des formulaires papier en version électronique et offrir un service téléphonique à numéro universel pour l’accès à l’information sur les services gouvernementaux. Dans le but d’améliorer le système d’authentification du citoyen auprès de l’État des collectivités locales, il mettra en place trois cartes. Contrairement aux expériences passées, ces trois cartes ne contiendront pas un dossier sur le citoyen mais seulement quelques données d’identification et d’authentification :

1) Carte nationale d’identité électronique : Elle permettra au citoyen de décliner son identité. Concrètement, elle servira à s’identifier auprès d’un policier, donnera accès à des documents publics justificatifs (passeport ou autres) et facilitera la circulation en Europe.
2) Carte Vitale : Elle donnera accès au dossier médical. Elle contiendra éventuellement quelques données sur le patient, telles que ses dernières prescriptions et des données médicales d’urgence.
3) Carte de vie quotidienne : Elle permettra à chaque individu, dans le cadre de sa commune ou de son département, d’avoir accès à toute information ou à toute transaction qui doit se faire dans le cadre communal. Avec cette carte, le citoyen pourra, entre autres, s’inscrire à une activité sportive ou s’abonner à la bibliothèque. La carte calculera les frais à payer pour ces inscriptions selon les données sociales du citoyen (âge, statut social, situation familiale, revenu du citoyen ou autres). Elle contiendra une autre puce (de type Moneo [http://www.moneo.com]) qui permet une somme d’argent en crédit pour payer les transactions.

Autre initiative intéressante : Afin d’offrir un service plus personnalisé aux citoyens, le gouvernement français rendra disponible en 2006 un portail administratif personnel, mon.service-public.fr, configurable au goût des usagers. Par ce portail, le citoyen pourra notamment :
• choisir les rubriques qui l’intéressent en constituant un « panier » d’information qu’il souhaite obtenir des divers ministères et organismes;
• mettre en place un système de rappel des dates importantes;
• gérer ses dossiers administratifs en ligne et suivre l’état d’avancement de toutes les procédures administratives à son sujet;
• effectuer des transactions avec l’État, telles que sa déclaration d’impôt ou une demande de permis;
• stocker de l’information – des pièces justificatives ou autres – qu’il pourra échanger avec les ministères et organismes par la suite.

Bien sûr, les citoyens, entreprises et collectivités locales auront toujours le choix d’utiliser un autre moyen de communication avec le gouvernement ou de cesser d’utiliser un service électronique après en avoir fait l’essai.

Différents projets pilotes ont été mis en branle dans diverses régions françaises afin de tester ces nouveaux services avant leur déploiement à l’ensemble de la France. Les résultats de ces expérimentations seront dévoilés lors du colloque Futurinfo 2004 [http://www.futurinfo.org/web_f.htm] en France et dans le cadre du colloque international sur le gouvernement en ligne que le CEFRIO tiendra en 2005. À quand les mêmes services au Québec? Un projet de recherche sur les initiatives en services électroniques, chapeauté par le CEFRIO [http://www.cefrio.qc.ca/projets/proj_32.cfm], est actuellement en cours et étudie la possibilité d’appliquer certaines de ces pratiques et bien d’autres dans le contexte québécois1.

Notes :
1. Pour plus de renseignements sur ce projet, veuillez communiquer avec monsieur Marcel Gilbert [marcel.gilbert@cefrio.qc.ca], directeur développement de projet.

Rédactrice :

Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille stratégique
CEFRIO

Source :

République française, février 2003, Administration ÉLEctronique 2004-2007. Projet ADELE : pour vous simplifier la vie, dossier de presse, 57 pages.
Taylor Nelson Sofres et Léger Marketing , décembre 2003, Government Online An international perspective 2003.

3- Comprendre et mesurer les pratiques de Gestion des connaissances - Si la gestion des connaissances se passe désormais de définition, le besoin de comprendre et d’évaluer les initiatives mises de l’avant en la matière se fait par contre de plus en plus pressant. Afin que les organisations aient de meilleurs résultats et que les gouvernements puissent concevoir des politiques en vue de promouvoir ces pratiques, il importe ainsi de développer des indicateurs leur étant relatifs.

Force est de constater que bien qu’elle soit de plus en plus répandue, la gestion des connaissances (GC) est encore aujourd’hui mal connue et ce, tant en matière qualitative et quantitative qu’en matière de coûts et de retour sur investissements. Or, pour bonifier leurs initiatives de GC, les organisations publiques et privées ont besoin d’en savoir plus, notamment sur :
- l’état de la GC dans différentes catégories d’entreprises appartenant à des secteurs économiques divers;
- les méthodes et outils retenus pour mettre en place les projets de GC;
- les effets économiques de ces pratiques pouvant actuellement être observés.

C’est en poursuivant cet objectif que le Center for Educational Research and Innovation de l’OCDE, en collaboration avec Statistique Canada, a mis sur pied en 2001 un groupe de travail comprenant des représentants des bureaux statistiques du Canada, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas et de la Suède, auxquels se sont joints des chercheurs d’Australie, du Danemark, de l’Allemagne et d’Irlande. Un questionnaire incluant un sondage sur 23 pratiques de GC ainsi que des questions sur les facteurs favorisant la mise en œuvre de ces pratiques, sur leurs résultats, etc. est finalement issu des travaux de ce groupe.

Récemment publié par l’OCDE en coédition avec Statistique Canada, l’ouvrage Mesurer la gestion des connaissances dans le secteur commercial : premiers résultats offre une vision synthétique des résultats de l’enquête internationale conduite à partir de ce questionnaire et réalisée sous forme de projet pilote par les agences nationales de statistiques du Canada(1), du Danemark, de la France et de l’Allemagne. Au-delà des chiffres, l’objectif du livre est de comprendre les initiatives de GC mises de l’avant, afin qu’elles puissent encore être améliorées.

Parmi les résultats globaux les plus intéressants issus de ces projets pilotes :
- Les pratiques de GC se sont répandues avec le développement et la « démocratisation » des TI;
- Les initiatives de GC sont implantées pour répondre à une grande variété d’objectifs (efficacité, innovation, etc.);
- La taille de l’entreprise est un facteur déterminant : les organisations gèrent les ressources reliées aux connaissances différemment selon leur taille et ce, peu importe leur secteur d’activité;
- La GC est importante pour l’innovation et la productivité;
- Les répondants ont démontré un haut niveau d’intérêt pour la GC, intérêt d’ailleurs directement proportionnel à la taille de leur organisation.


Note :

1- Pour plus de détails sur l’enquête pilote menée au Canada, voir la fiche qui rend compte de ses principaux résultats sur l’Infomètre à l’adresse : http://www.infometre.cefrio.qc.ca/fiches/fiche451.asp.


Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO

Source :

OCDE et Statistique Canada (2003), Mesurer la gestion des connaissances dans le secteur commercial : premiers résultats, publié en anglais sous le titre Measuring Knowledge Management in the Business Sector, 219 pages,





 


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