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du bulletin SISTech : janvier 2006
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Bulletin
du 20 janvier 2006
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du 20 janvier 2006
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1. Estonie : premier pays à instaurer le vote en ligne à
grande échelle
2. Monnaie royale canadienne - Se retourner sur un dix cents
1. Estonie : premier pays à
instaurer le vote en ligne à grande échelle
Alors que le vote électronique aux élections municipales du
6 novembre 2005 a beaucoup fait jaser au Québec, l'Estonie, pays de l'Europe
de l'Est, a pour sa part autorisé le vote en ligne lors du scrutin général
pour le renouvellement des conseils locaux.
L'Estonie, un petit pays de 1,4 million d'habitants, a écrit une nouvelle
page d'histoire, le 16 octobre 2005, en tant que premier pays au monde à
instaurer le vote par Internet sur l'ensemble de son territoire. Ainsi, près
de 900 000 électeurs ont eu la possibilité d'exercer leur droit
de vote par ordinateur au moment et à l'endroit qui leur convenaient
lors du scrutin général pour le renouvellement des conseils locaux,
l'équivalent des élections municipales au Québec.
L'Estonie et son niveau d'informatisation
L'Estonie est un des pays d'Europe où la population est la plus branchée
et où l'accès à Internet s'avère un droit constitutionnel.
Selon de récentes études, quatre ménages sur dix (41 %)
possèdent un ordinateur et 82 % de ceux-ci sont connectés à
Internet. Toutes les écoles du pays sont reliées au Web et on
dénombre 750 points d'accès publics à Internet, ce qui
représente 55 postes branchés par 100 000 habitants. Aussi, 52
% des Estoniens âgés de 6 à 74 ans utilisent le réseau
Internet. Enfin, l'Estonie se positionne bien en matière de gouvernement
en ligne, obtenant la 16e position au palmarès mondial du Taubman Center
for Public Policy de l'Université Brown. Elle est l'un des pionniers
de la cyberdémocratie. Cet engouement pour les technologies de l'information
serait attribuable au jeune âge des dirigeants du pays. En effet, le premier
ministre, Juhan Parts, est âgé de 37 ans.
Le vote en ligne est autorisé en Estonie par une loi adoptée en
2002, mais la Commission électorale nationale devait tout d'abord développer
un système fiable et sécuritaire. Développé par
la compagnie Cybernetica, le système de vote en ligne n'a été
mis au point qu'en 2005. Il aurait coûté environ 600 000 euros,
soit près de 850 000 $ canadiens, et il est réutilisable pour
d'autres élections. Pour vérifier son bon fonctionnement, on a
testé le système entre le 24 et le 30 janvier 2005 dans la capitale
de l'Estonie, Tallinn, lors d'un référendum local portant sur
l'emplacement d'un monument. À cette occasion, 14 % des personnes qui
ont exercé leur droit de vote ont choisi de voter en ligne.
Les attentes à l'égard de ce nouveau mode de vote se situent sur
deux plans. D'abord, le vote en ligne devrait permettre une rationalisation
de l'administration qui est déjà largement convertie à
Internet. Ensuite, à long terme, il pourrait augmenter le niveau de participation
aux élections qui dépasse rarement 50 % dans ce pays.
Fonctionnement du vote en ligne
Le vote en ligne instauré en Estonie est un vote par anticipation, puisqu'il
se tient de la sixième à la quatrième journée précédant
la date officielle de l'élection. En effet, le vote par Internet n'a
pas éliminé le vote traditionnel, mais il représente une
nouvelle option offerte aux citoyens. Les électeurs désireux d'utiliser
cette option ont également la possibilité de modifier leur choix
autant de fois qu'ils le désirent durant les trois jours. Seul le dernier
vote enregistré est comptabilisé. Cette option permet donc au
citoyen de trouver un moment pour voter seul et sans subir la pression d'autres
personnes, conditions essentielles et prescrites par la loi pour que le processus
démocratique soit valable. Le citoyen peut même aller voter de
façon traditionnelle le jour de l'élection, au bureau de scrutin,
s'il le juge nécessaire. Ce dernier choix annule alors son vote par Internet.
Voter en ligne est assez simple et ne requiert qu'un ordinateur branché
à Internet, un système d'exploitation Linux ou Windows, une carte
d'identification, un lecteur de carte et un gestionnaire de périphériques
pour la carte téléchargeable en ligne. Munie d'une puce et d'un
code secret, cette carte est nécessaire en Estonie pour entreprendre
certaines démarches administratives comme accéder à un
compte bancaire et à tous les services en ligne fournis par l'État.
Les autorités devaient donner à tous l'accès au vote en
ligne. C'est d'ailleurs pour cette raison que son utilisation repose sur la
carte d'identité nationale. Selon les prévisions, tous les citoyens
devraient en posséder une d'ici à 2006 (80 % des citoyens en possèdent
une actuellement). Le système, tel quel, assure la sécurité
et la confidentialité du vote en ligne. Le code d'identité garantit
au votant que personne ne peut voter à sa place. Le vote est crypté
et la possibilité de voter plusieurs fois empêche l'achat de votes
et la possibilité de voter sous contrainte.
Les résultats
Pour cette première utilisation officielle du vote en ligne, les membres
du comité de vote en ligne du Parlement estonien s'attendaient à
environ 10 000 participants. L'objectif a presque été atteint
puisque 9317 personnes, soit environ 1 % de l'électorat estonien, ont
voté par Internet de leur domicile, de leur bureau ou de l'étranger.
Les responsables expliquent ce résultat par le fait qu'un faible pourcentage
de la population possédait un lecteur de cartes, bien que le Parti de
la réforme ait distribué gratuitement ce dispositif au cours du
mois précédant l'élection.
Plus précisément, 9681 votes en ligne ont été enregistrés.
Cependant, 364 d'entre eux ont dû être annulés, puisque la
loi sur le vote en ligne autorisait les citoyens à modifier leur choix
et même à voter de façon traditionnelle par la suite. Seul
le dernier vote enregistré devait être officiellement comptabilisé.
De son côté, le système a fourni des statistiques montrant
que 38 % des bulletins de vote avaient été enregistrés
au cours de la première journée. De plus, le vote en ligne a enregistré
deux pointes de forte participation, soit à 9 h et à 19 h, peu
importe la journée.
Le taux de participation relevé à la mi-octobre a satisfait particulièrement
le président de la Commission électorale nationale, M. Heiki Sibul.
L'activité a également été une réussite sur
le plan technique, aucun problème ni tentative d'attaque au système
n'étant survenus.
Le prochain vote en ligne est prévu pour 2007 lors des élections
législatives.
* Extrait d’un article de l’édition de janvier
2006 du bulletin e-Veille réalisé pour le ministère
des Services gouvernementaux. Consultez l’article en version intégrale
et les autres articles du bulletin pour en apprendre davantage sur différentes
initiatives en gouvernement électronique à travers le monde.
Rédactrice
: Sabrina Côté, analyste en statistique, Direction des enquêtes
et de la veille stratégique, CEFRIO
Sources :
ALIX, Christophe. « De
l'e-pétition au vote par l'Internet », Libération.fr,
3 octobre 2005.
ALIX, Christophe. « Estonie
: « A e-voté ! », Libération.fr, 17 octobre 2005.
E-COVERNMENT NEWS. « Towards
country-wide Internet voting in Estonia », 19 mai 2005.
ESTONIAN MINISTRY OF FOREIGN AFFAIRS. « e-Estonia
» [En ligne], Estonia Today, fact sheet, octobre 2005.
ESTONIAN NATIONAL ELECTORAL COMMITTEE. « Statistics
of E-voting », octobre 2005.
FORUM MONDIAL E-DÉMOCRATIE. « Pour
la 1re fois dans l'histoire, les Estoniens ont voté par Internet
», 18 octobre 2005.
Internetworldstats.com, Usage and
Population Statistics.
JACOB, Caroline, Isabelle VACHON et Eric LACROIX. CEFRIO. NETendances
2004 : Utilisation d'Internet au Québec, version abrégée,
février 2005, 49 pages.
MAATEN, Epp. « Internet voting
system », 15 octobre 2005, National Electoral Committee.
MADISE, Ülle. « e-Voting
in Estonia », 15 octobre 2005, Constitutional Committee of the Riigikogu.
THE NATIONAL ELECTION COMMITTEE. General
description of the e-voting system, Tallinn, 18 p.
UNIVERSITÉ BROWN. Taubman Center for Public Policy, Global
E-Government 2005, septembre 2005.
2.
Monnaie royale canadienne - Se retourner sur un dix cents -
Il y a peu de temps encore, cette société d’État
à vocation entièrement commerciale, connaissait une période
difficile, avec des pertes nettes, entre 2001 et 2003, de 10,2 millions de dollars.
C’était avant la mise en place de pratiques de production allégée
(lean production) par la nouvelle direction de l’organisation.
Pour lire l’article complet : http://www.cefrio.qc.ca/pdf/Perspectives06_Monnaie%20royale.pdf
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