Bulletin du 25 janvier 2002
Bulletin du 18 janvier 2002
Bulletin du 11 janvier 2002
Bulletin du 25 janvier 2002
1. Gestion informatique : ne tombez pas dans le panneau!
2. Les coûts de transactions : une vieille théorie explique la nouvelle
économie
3. Marketing par courriel : la permission des internautes avant tout!
1. GESTION INFORMATIQUE : NE TOMBEZ PAS DANS LE PANNEAU! -
De nos jours, l'utilisation efficace et créative des technologies de
l'information (TI) peut s'avérer l'élément qui permet à une entreprise de se
démarquer par rapport à une autre. Le rôle du directeur des TI (CIO) et des
gestionnaires informatiques prend donc un nouveau sens.
Malheureusement, il arrive parfois que ceux-ci n'adoptent pas le
comportement adéquat, c'est-à-dire celui qui mène au succès. La firme
américaine Gartner Group a identifié cinq mythes à éviter en matière de
gestion informatique. Bien qu'ils ne conviennent pas à toutes les
situations, ces mythes, qui figurent parmi les plus rencontrés, s'appliquent
à la plupart d'entre elles.
Mythe no 1 : les gestionnaires informatiques doivent posséder des
connaissances technologiques étoffées.
De plus en plus, les compétences exigées de la part d'un gestionnaire
informatique relèvent davantage de la gestion que des questions purement
technologiques. D'ailleurs, le recrutement d'un gestionnaire des TI du côté
des postulants qui possèdent une expérience de « gestion générale » est
une nouvelle tendance. Par contre, une entreprise qui utilise les TI depuis
peu de temps, par exemple, a encore avantage à ce que son gestionnaire
détienne de bonnes connaissances en la matière.
Mythe no 2 : tous les professionnels informatiques doivent relever du
département informatique.
Si les professionnels qui gèrent un budget ne relèvent pas obligatoirement
du directeur des finances, alors, il n'est pas essentiel que les
professionnels informatiques soient sous la gouverne du directeur des
technologies. Toutefois, la gestion centralisée du personnel informatique
est conseillée aux entreprises qui considèrent les TI comme un coût et
non comme un atout stratégique.
Mythe no 3 : le directeur informatique doit s'intéresser uniquement aux TI
et non aux autres fonctions de l'entreprise.
En fait, il devrait plutôt s'assurer d'une intégration cohérente des TI au sein
des processus administratifs de toute l'organisation.
Mythe no 4 : l'architecture de réseau est un processus technologique.
Pour développer une architecture de réseau, le directeur informatique doit
tenir compte de la structure et des politiques de l'entreprise, en plus des
questions technologiques.
Mythe no 5 : l'impartition menace l'emploi des directeurs informatiques.
Une opération majeure d'impartition au sein d'une organisation modifie
inévitablement les tâches du directeur informatique. Ainsi, celui qui préfère
gérer une boîte plutôt que naviguer dans les influences stratégiques
cherchera sûrement à se trouver un nouvel emploi. Le directeur qui songe à
impartir ses activités a donc avantage à ce que les choix faits soient en
accord avec ses aspirations professionnelles.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : IS Leaders'Five Myth of IS Leadership, Gartner Group, Note
Number TU-15-0043, 11 janv. 2002
2. LES COÛTS DE TRANSACTIONS : UNE VIEILLE THÉORIE EXPLIQUE
LA NOUVELLE ÉCONOMIE - Plusieurs experts tentent de donner un sens
théorique à la nouvelle économie. Ils mettent beaucoup d'efforts afin de
dénicher les concepts qui amélioreraient la compréhension des « nouvelles
règles » sous-jacentes à la nouvelle économie. Certains théoriciens
utilisent les notions du retour sur investissement, d'autres abordent la
problématique du point de vue de l'entreprise réseau, ou encore des coûts
d'opportunité. Bien que ces concepts amènent tous leur partie
d'explication, ils sont loin d'être récents ou nouveaux.
L'étude du passé nous aide toutefois souvent à comprendre l'avenir.
D'ailleurs, certains experts croient avoir trouvé le chaînon manquant pour
comprendre et modéliser les phénomènes reliés à la nouvelle économie :
une théorie datant de 1937. Dans son rapport de recherche « The Nature of
the Firm », Ronald Coase explique à l'aide du principe des coûts de
transactions comment une firme se crée, évolue et quelques fois se
dissout.
Selon la théorie de M. Coase, une entreprise se crée puisque les coûts de
transactions internes, liés à ses activités, sont plus faibles que les coûts
de transactions externes. Il est ainsi plus avantageux de regrouper au sein
d'une même organisation certaines activités puisque si elles étaient
réalisées à l'externe leurs coûts de transactions seraient plus élevés.
Ces notions demeurent intéressantes de nos jours puisqu'elles arrivent à
expliquer en partie le phénomène Internet dont un des grands apports se
situe au niveau communicationnel. En effet, Internet a rendu les
communications plus faciles, plus accessibles et par le fait même moins
coûteuses et ce, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des organisations.
Selon la théorie de Coase, ce phénomène aurait deux conséquences :
réduire les coûts de transaction à l'interne et à l'externe.
La théorie de M. Coase remet donc en question toutes les notions de la
frontière des organisations : quand donner une activité en sous-traitance ou
quand la conserver à l'interne. Internet n'a pas fondamentalement modifié
ce principe, mais il permet aux organisations d'intensifier leurs relations
avec leurs partenaires externes tout en étant plus efficaces à l'interne.
Cette nouvelle dynamique organisationnelle modifie la structure même des
organisations. Toutefois, bien que la notion des coûts de transactions
semblent expliquer une partie de ces nouveaux enjeux, la théorie de
M. Coase ne permet pas de prédire comment seront affectées les
industries sans préalablement avoir fait une étude exhaustive des forces
qui y sont présentes.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique
Source : HAL R. VARIAN, « A New Economy With No New Economics »,
New York Times, 17 janvier 2002
3. MARKETING PAR COURRIEL : LA PERMISSION DES INTERNAUTES
AVANT TOUT! - Aujourd'hui, sur Internet, le courriel constitue un des
instruments de marketing les plus puissants. Cependant, attention,
lorsque mal utilisé, il peut se retourner contre vous et procurer exactement
l'effet contraire. En effet, de plus en plus d'internautes sont exaspérés par
le pourriel (spam) qui est d'ailleurs une pratique illégale dans plusieurs
états américains.
Et qu'est-ce que le pourriel ou le spam? Pour ceux qui l'ignoreraient
encore, en voici une définition bien simple : il s'agit d'un courriel à saveur
commerciale qui n'a pas été sollicité par son récipiendaire. Certains
diront : je m'identifie et j'annonce un produit respectable, donc ce que je
fais, ce n'est pas vraiment du spamming. Faux. Le courriel vise à vendre
quelque chose et il n'avait pas été sollicité, il s'agit donc de pourriel!
Donc, avant toute chose, un premier grand principe, se différencier à tout
prix des spammers. Pour ce faire, la condition ultime à respecter,
l'incontournable en fait, est d'obtenir l'accord préalable (opt-in) des
destinataires de vos missives, lesquels pourront ainsi passer de l'état de
victimes impuissantes à celui de consommateurs consentants.
Selon Kim MacPherson, véritable gourou du marketing par courriel, ce
consentement rend en effet les acheteurs éventuels plus réceptifs aux
promotions offertes, plus loyaux et, en bout de ligne, plus payants! Plus
cette permission est sollicitée tôt dans le processus du marketing, plus
elle s'avère efficace.
Pour MacPherson, l'accord des consommateurs doit en fait être réactivé
de façon régulière, un premier courriel étant par exemple envoyé aux
personnes inscrites sur la liste simplement pour vérifier la validité de cette
inscription (««double opt-in »). Chacune des missives expédiées par la
suite devrait en outre idéalement comporter un rappel du fait que
l'internaute a lui-même donné son accord pour recevoir ce type particulier
de promotion ainsi qu'une possibilité de se désinscrire de la liste d'envoi et
ce, à la fois facilement et rapidement. Les listes d'inclusions volontaires
permettent en outre d'établir une adéquation (pertinence et
personnalisation) entre contenus offerts et besoins pressentis et font
encore une fois de l'accord préalable la pierre angulaire du marketing par
courriel.
Bref, au bienheureux et florissant pays du marketing par courriel, les trois
« p », permission, personnalisation et pertinence, sont ainsi les concepts
clés à retenir pour éviter à son organisation d'être affublée de l'étiquette peu
recommandable de spammer.
Rédacteurs : Eric Lacroix, directeur de la veille stratégique et Catherine
Lamy, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
-Alex Sirota, The Realities of Email Marketing, 16 mars 2001
-John Gaffney, « Is It Spam or Is It E-Mail Direct Marketing? », Business
2.0, 21 janvier 2002
-Kim MacPherson, chapitre du livre Permission-Based E-Mail Marketing : That Works!
-Kim MacPherson, Strategies for Achieving Momentum, 5 mars 2001
-Kim MacPherson, Database Marketing 101, 12 mars 2001
Bulletin du 18 janvier 2002
1. Il court, il court le leader de demain...
2. La prise de décision à l'ère numérique, une vraie course contre la montre
3. La gestion des connaissances : une question de gestion avant d'être
une question de technologie
1. IL COURT, IL COURT LE LEADER DE DEMAIN... - Mais il commence à
s'essouffler. C'est du moins le grand constat que l'on peut tirer des
résultats de l'étude The Next Generation : Today's Professionals,
Tomorrow's Leaders menée par la firme Catalyst à la fin de l'année 2001 et
ce, auprès de plus de 1200 professionnels américains et canadiens nés
entre 1964 et 1975.
Souvent issus de parents ayant eux-mêmes vécu en 4e vitesse, les
représentants de la génération des 25-35 ans aspirent en effet de façon
globale à une existence où travail et qualité de vie seraient mieux
conciliés. En clair, nos leaders de demain désirent que leur employeur leur
facilite la vie. Horaires flexibles, télétravail à domicile et accès à des
technologies performantes remportent ainsi la palme haut la main des
mesures que les répondants souhaiteraient voir implantées par leur
organisation.
L'enquête de Catalyst a en outre le grand mérite de remettre les pendules
à l'heure en mettant au jour les véritables motivations de cette génération
de travailleurs pour les opposer à certains grands mythes et préjugés
l'entourant.
Quelques postulats... et la réalité
- Cette génération recherche un équilibre entre travail et vie familiale
Cette première hypothèse, on l'a vue plus haut, s'est avérée tout à fait
exacte. Les résultats de l'étude vont cependant encore plus loin en
démontrant que les 25-35 ans accordent plus d'importance à leurs objectifs
de vie personnels et familiaux qu'à ceux plus directement reliés à leur
carrière.
- Les raisons qui supportent les choix de carrière des représentants de
cette génération sont basées sur des caprices d'enfants gâtés
Selon la croyance populaire, les 25-35 s'attendent ainsi à bénéficier
d'emblée de nombreux avantages (reconnaissance immédiate, promotions
rapides et régulières, etc.) qui sous-tendent leurs engagements
professionnels. L'enquête a pourtant démontré au contraire que ce sont
des motifs tout à fait " traditionnels " qui sont à la base de ces choix :
sécurité d'emploi, défis intéressants, bonne communication en milieu de
travail, réputation de l'entreprise, etc.
- Les professionnels d'aujourd'hui sont peu loyaux envers leur employeur
Les chiffres parlent ici d'eux-mêmes et établissent que les 25-35 ans sont
véritablement engagés envers leur organisation : 47 % des répondants
seraient heureux d'y poursuivre et d'y terminer leur carrière, tandis que
83 % d'entre eux seraient prêts à mettre encore davantage l'épaule à la
roue pour assurer son succès.
Un tel exercice de « déconstruction » de présomptions et de croyances a
par ailleurs une valeur tout à fait stratégique pour les organisations avisées
qui, une fois le Graal à poursuivre identifié, pourront mieux arrimer leurs
interventions aux désirs des employés. Un bémol toutefois : ces données
ne peuvent évidemment pas se substituer à une bonne communication
entre dirigeants et travailleurs, les facteurs de motivation variant d'une
génération à l'autre, mais aussi et peut-être surtout, d'un individu à l'autre.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Source : Catalyst, The Next Generation: Today's Professionals,
Tomorrow's Leader
2. LA PRISE DE DÉCISION À L'ÈRE NUMÉRIQUE, UNE VRAIE COURSE
CONTRE LA MONTRE - De nos jours, l'application des concepts d'une
stratégie d'affaires aux activités quotidiennes d'une entreprise requiert un
processus décisionnel « en béton » combiné à une bonne habileté de
communication et d'exécution et ce, à tous les niveaux de l'organisation.
Le contexte d'affaires environnemental étant hautement compétitif, il
devient de plus en plus nécessaire d'améliorer, non seulement la mise en
œuvre et la qualité de la prise de décision, mais aussi sa rapidité.
Une récente enquête de la firme Kepner-Tregoe confirme justement ces
propos puisque près de 75 % des travailleurs et 80 % des gestionnaires
interrogés ont affirmé avoir déjà perdu des opportunités d'affaires en raison
d'un temps de réaction jugé trop lent. De plus, 65 % des travailleurs et 77 %
des gestionnaires ont mentionné que le nombre de décisions prises au
cours des trois dernières années a augmenté alors que le temps alloué
pour le faire est resté le même, quand il n'a pas diminué.
L'étude de Kepner-Tregoe a également permis d'établir sept conditions
préalables à une prise de décision promise au succès :
1- Vision de l'entreprise : Les décideurs doivent clairement définir le champ
d'action relatif à la prise de décision et transmettre leur vision de
l'entreprise. Ainsi, les décisions prises - à tous les niveaux de
l'organisation - doivent être liées à un objectif stratégique.
2- Priorités : Les décideurs tiennent mordicus au respect des priorités
établies.
3- Culture : Au fil du temps, les décideurs ont défini une culture de prise de
décision au sein de leur organisation. Celle-ci s'affine par son application
dans la gestion des priorités au jour le jour et dans les activités des
membres de l'entreprise.
4- Personnel qualifié : Les décideurs doivent être à même d'identifier quelle
personne possède l'information la plus pertinente pour prendre une
décision et celle qui est la plus apte à la mettre en application.
5- Aspect humain : Les décideurs doivent se préoccuper de l'atmosphère
de travail et du besoin essentiel de maintenir un sain équilibre entre « la
technologie et la diplomatie » (high tech and high touch).
6- Tabler sur l'expérience : Considérer les décisions prises dans le passé
et voir ce qui peut être appliqué à celles en cours.
7- Travailler en collaboration : Les décideurs s'entendent sur des
processus communs permettant aux personnes impliquées dans la prise
de décision et sa mise en place, quelle que soit leur expérience ou
fonction, de travailler ensemble dans un but commun.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : « Strategy Execution and Decision Making in the Digital Age »
dans Strategic Response, Kepner-Tregoe, vol. 2, no 2, 2001
3. LA GESTION DES CONNAISSANCES : UNE QUESTION DE GESTION
AVANT D'ÊTRE UNE QUESTION DE TECHNOLOGIE - Depuis quelques
années, plusieurs entreprises se sont lancées, tête baissée, dans des
projets de gestion des connaissances. Des sommes d'argent
astronomiques ont été dépensées pour arriver à capturer et à gérer cet
élément d'actif intangible qu'est le savoir. On estime d'ailleurs qu'en 2002
l'industrie des logiciels et des services reliés à la gestion des
connaissances se chiffrera à 6 milliards de dollars aux États-Unis. De
façon parallèle aux projets à succès, nous entendons cependant parler de
plus en plus d'initiatives ayant au contraire connu certaines ratées. Dans
plusieurs de ces cas, la problématique n'est pas tant que les promesses
de la gestion des connaissances ne se soient pas concrétisées mais
plutôt que les organisations n'ont pas porté assez d'attention à deux
aspects pourtant essentiels en la matière : leur besoin de savoir et la façon
de le gérer (la technologie).
Une étude de la firme International Data Corp. (IDC), qui s'est penchée sur
le lien entre la technologie et la gestion des connaissances, estime en
outre que la mauvaise gestion des actifs du savoir a causé des pertes de
l'ordre de 12 milliards de dollars pour les organisations du « Fortune 500 »
(les 500 plus grandes entreprises aux États-Unis). Cet exemple au niveau
des grandes organisations peut facilement être repris au niveau des plus
petites, si ce n'est par exemple qu'en calculant les pertes de temps reliées
à la recherche d'une information.
La plupart des experts s'entendent pour dire qu'en gestion des
connaissances les technologies ne sont que des outils. Malheureusement,
beaucoup d'entreprises implantent une technologie avant même de savoir
comment elle sera utilisée! Or, l'adoption d'une technologie, que ce soit en
gestion des connaissances ou pour tout autre projet, doit se faire en
fonction de buts et d'objectifs précis.
D'ailleurs, les chances de succès d'un projet ne répondant pas réellement
à un besoin sont très minimes. Une des premières tâches à accomplir,
lors des toutes premières phases de développement d'un projet de gestion
des connaissances, est donc de déterminer quels besoins en matière de
savoir existent dans l'organisation. Par la suite, puisque des choix
stratégiques sont inévitables, on doit préciser à quels besoins précis le
projet répondra. La gestion des connaissances ne peut en effet régler tous
les problèmes de l'organisation en même temps.
La gestion des connaissances peut se montrer profitable pour les
entreprises. On doit toutefois s'assurer que les règles fondamentales de
gestion qui s'appliquent aux autres ressources de l'organisation soient
également mises en pratique pour la gestion des actifs de savoir de
l'organisation. La gestion des connaissances et les technologies qui s'y
rattachent ne doivent pas simplement être adoptées comme des solutions
génériques, mais doivent au contraire savoir coller pour mieux répondre
aux besoins et aux réalités des organisations...
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique
Sources : Thomas A. Stewart, « The Case Against Knowledge
Management », Business 2.0, février 2002
Bulletin du 11 janvier 2002
1. Le télétravail et les défis qui en découlent
2. Assistance à la clientèle en ligne : y a-t-il quelqu'un au bout du fil?
3. Révisez vos projets d'affaires électroniques en ce début d'année 2002
1. LE TÉLÉTRAVAIL ET LES DÉFIS QUI EN DÉCOULENT - L'impact des
technologies de l'information (TI) au niveau de la société, des organisations
et des individus est indéniable. Les profonds bouleversements engendrés
par les TI offrent non seulement de nouvelles opportunités mais ils
représentent aussi et surtout de nouveaux défis. Le télétravail est un de
ces phénomènes dont la popularité ne cesse de grandir mais dont les
implications organisationnelles, sociales et même sociétales sont loin
d'être évidentes.
Au mois de mai 2001, suite à un projet de recherche s'étant échelonné sur
une période de plus de deux ans, le CEFRIO réalisait un important
colloque international sur le télétravail. Près de 600 participants et 70
conférenciers ont alors échangé sur le phénomène du télétravail.
On y a appris entre autres que le télétravail demande au départ certaines
conditions favorables. Certains éléments sont même essentiels et clés
dans l'élaboration d'une stratégie, notons par exemple :
- Les technologies de l'information et de la communication;
- Les ressources humaines et surtout les télétravailleurs;
- La culture organisationnelle;
- La simplicité dans la stratégie de mise en oeuvre;
- La communication.
Une des conférencières affirmait d'ailleurs : « Le plus grand défi c'est de
savoir par où commencer. Si un programme échoue, c'est souvent parce
qu'on n'a pas pris le temps de définir au départ les raisons, les motifs qui
nous amènent à opter pour le télétravail ». Il est donc très important de :
- Prendre son temps et de bien comprendre la nature du télétravail;
- Former une équipe multidisciplinaire convaincue et convaincante qui aura
pour tâche de planifier la stratégie;
- Réaliser un diagnostic organisationnel;
- Bien gérer l'étape de démarrage;
- Faire une évaluation, un « retour critique » de l'expérience.
Les répercussions du télétravail ne font que commencer à se faire sentir à
l'échelle planétaire. D'ailleurs, bien plus qu'une fin en soi, le télétravail
représente un fait de société poussé par les technologies de l'information.
Toutefois, avant d'être une question technologique, le télétravail est une
question relationnelle, son succès reposant de façon ultime sur la volonté
et les efforts des travailleurs qui l'encadrent et le pratiquent.
Le cahier synthèse des actes du colloque est maintenant disponible
gratuitement en format « PDF » sur le site du CEFRIO.
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique
Source : Cahier synthèse des actes du colloque international « Du
télétravail aux nouvelles formes de travail dans la société de l'information ».
Réalisé par Danielle Stanton, journaliste sous la direction du CEFRIO
2. ASSISTANCE À LA CLIENTÈLE EN LIGNE : Y A-T-IL QUELQU'UN AU
BOUT DU FIL? - Si la saison des fêtes représentait un moment idéal pour
les détaillants en ligne désireux de redorer leur blason auprès des
consommateurs, force est de constater que plusieurs d'entre eux ont une
fois de plus manqué le bateau. Nombreux sont en effet les commerçants
qui ont malencontreusement omis de respecter un des grands
commandements constituant pourtant la base de toute relation d'affaires :
sur Internet comme ailleurs, le client n'aime pas être ignoré.
Menée par Jupiter Media Metrix au cours du mois de décembre 2001,
auprès de marchands américains offrant une assistance à la clientèle en
ligne, une récente étude a ainsi mis au jour que les courriels des
consommateurs demeurent souvent sinon tout à fait lettre morte, du moins
de longues heures sans réponse. Indice infaillible d'un service à la clientèle
boiteux pour l'acheteur qui a bien autre chose à faire que d'être pendu à
son clavier!
Les chiffres sont accablants : ensemble, moins du tiers (30 %) des clics et
mortier (28 %) et des point-coms (33 %) ont su répondre aux courriels des
clients dans un délai de 6 heures ou moins. Les données sont en outre
plus affligeantes encore pour les entreprises Internet qui, après tout,
auraient dû tirer leçon de la déconfiture de leurs pairs et tout faire pour
assurer leur crédibilité et gagner la confiance des consommateurs. Elles
affichent ainsi de façon globale une performance moindre que les
détaillants traditionnels, 40 % d'entre elles ayant pris plus de trois jours
pour répondre aux missives électroniques des consommateurs ou n'ayant
pas répondu du tout, contre 28 % pour les clics et mortier.
Morale de l'histoire : offrir une possibilité d'assistance en ligne aux clients
est une arme à deux tranchants pour les détaillants. S'il est vrai qu'ils
peuvent réaliser des économies (coûts associés au courrier traditionnel,
aux services téléphoniques, etc.) grâce à ce nouveau canal de
communication, encore faut-il qu'ils sachent livrer la marchandise et
accorder la même importance aux courriels qu'aux appels téléphoniques
reçus. Pour réussir en ligne, il est de plus en plus démontré qu'un site
Web attrayant et de bons prix ne suffisent pas. Respect et courtoisie, les
deux grands principes à la base de toute interaction humaine, conservent
la préséance et constituent toujours les assises d'une relation client
harmonieuse.
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste-conseil en veille stratégique,
CEFRIO
Sources :
- Jonathan Jackson, « Use It or Lose Them », ClickZ Today, 8 janvier 2002
- Jupiter Media Metrix, « Retailers Struggled To Respond To Customers'
Requests Online This Holiday Season », 3 janvier 2002
3. RÉVISEZ VOS PROJETS D'AFFAIRES ÉLECTRONIQUES EN CE
DÉBUT D'ANNÉE 2002 - Le début de la nouvelle année est une période
toute indiquée pour s'interroger et s'analyser afin de s'ajuster, d'adopter de
nouvelles résolutions ou de changer de comportement. Pour sa part,
Barbara Gomolski, directrice de la recherche chez Gartner Group, suggère
aux entrepreneurs de faire ce même genre d'exercice, mais à propos de
leurs projets d'affaires électroniques.
La dernière année a été le théâtre de diverses situations allant d'une
période d'exubérance, en passant par l'échec des sociétés point-coms,
pour finir avec une récession. Tous ces changements vous ont-ils incité à
modifier votre plan d'affaires électroniques? Si vous n'avez pas révisé vos
initiatives clés d'affaires électroniques au cours des trois à six derniers
mois, il est grand temps de le faire!
Puisque vous ne pouvez sûrement pas vous permettre d'investir dans un
mauvais projet ou dans un projet devenu désuet, prenez le temps de lire
les quatre étapes d'étude proposées par Barbara Gomolski.
1- Révisez les initiatives clés de votre dossier commercial. Il peut s'agir
des projets pour lesquels vous prévoyez un bon taux de rendement ou de
ceux qui nécessitent des ressources majeures. Examinez-les
individuellement afin de déterminer ceux pour qui la situation a
significativement changé, particulièrement depuis la période de leur mise
en œuvre.
2- Les stratégies d'affaires évoluant avec le temps, repositionnez vos
initiatives afin de mieux refléter vos nouvelles priorités. Identifiez les projets
qui ont pris de l'importance ainsi que ceux qui ne vous permettront plus
d'atteindre vos objectifs stratégiques.
3- Rééquilibrez l'ensemble de vos projets d'affaires électroniques. Portez
une attention particulière aux projets qui ont changé significativement, que
ce soit au niveau des risques ou des avantages. Déterminez lesquels
seront mis de côté ou éliminés et réaffectez les ressources à ceux qui
promettent un meilleur rendement. Toutefois, assurez-vous que
l'interdépendance existant entre certaines initiatives soit bien comprise et
respectée.
4- Enfin, ajustez la planification des projets spécifiques. Éliminez ou
différez les projets qui vous apparaissent moins essentiels. Prolongez les
délais et coupez les ressources des projets qui, bien que moins
fondamentaux en ce moment, ont une importance stratégique à long
terme. Par contre, diminuez les délais de réalisation des projets qui se
sont déplacés vers le haut de la liste des priorités.
Rédactrice : Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service
SISTech, CEFRIO
Source : « e-business vision » dans Infoworld, 21 déc. 2001