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Le système d'éducation s'est-il adapté?
Les pays occidentaux ont investi des sommes considérables dans la mise en place et l'animation d'infrastructures éducatives. Pourtant, le système d'éducation reçoit souvent des critiques sévères; on remet en cause sa performance, son efficacité, dans le contexte de la nouvelle économie.
Au Québec et au Canada, on recense 33 % de décrocheurs et 20 % d'analphabètes fonctionnels parmi les jeunes de 16 à 25 ans (Bibeau, 1997). En outre, les employeurs reprochent au système d'éducation sa difficulté à fournir en nombre suffisant les spécialistes dont les entreprises ont besoin, son manque d'ouverture à la réalité des entreprises, et sa lenteur à s'adapter à l'évolution des besoins de l'économie du savoir (Conseil de la science et de la technologie, 1998). Une enquête réalisée par l'organisme Montréal TechnoVision montre que les entreprises québécoises font face à une pénurie de main-d'œuvre en technologies de l'information. En 1998, la demande des entreprises pour des bacheliers en informatique était, au minimum, trois fois et demie supérieure à l'offre. Le nombre de diplômés universitaires devrait augmenter de 40 % par année pour que l'offre et la demande s'équilibrent (Les Affaires, 6 mars 1999).
Certains spécialistes soulignent que le faible rendement du système scolaire et son incapacité à répondre aux exigences de la nouvelle économie s'expliquerait entre autres par le fait que l'école constituerait le dernier bastion où les TIC n'ont pas encore été véritablement intégrées (Bibeau, 1997). Or, si l'école ne participe pas à la révolution technologique, elle prend le risque de s'isoler du reste de la société. Conséquence prévisible : des systèmes parallèles verront le jour dans le chaos.
Mais tout n'est pas noir. Des foyers d'innovation naissent un peu partout et les divers paliers de gouvernement d'un pays à l'autre élaborent des stratégies agressives que ce soit pour augmenter le nombre d'ordinateurs par élève, brancher les établissements scolaires à Internet, faire de l'école un lieu d'apprentissage et de maîtrise des nouvelles technologies.
Au Québec, le ministère de l'Éducation lançait en 1996 un plan d'intervention quinquennal, doté d'un budget de 320 millions de dollars, pour appuyer l'intégration des TIC dans les pratiques d'enseignement et d'apprentissage, montant qui a été surtout consacré à l'achat d'équipement neuf. Aujourd'hui, l'objectif du gouvernement de brancher les écoles publiques québécoises est atteint. Mais, il ne suffit pas d'être branché ! La véritable préoccupation qui se pose aujourd'hui est de savoir comment va se réaliser l'intégration des TIC à la vie scolaire, alors que la plupart des enseignants n'ont pas la formation nécessaire pour utiliser les ordinateurs de manière à pouvoir aider les étudiants à apprendre. Il faut donc s'interroger sur les investissements effectivement dévolus à des contenus véritables et à la formation aux enseignants et non à des systèmes et procédés informatiques.
Quelques éléments de comparaison
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Québec (1) |
Ontario (2) |
États-Unis (3) |
France (4) |
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Nombre d'élèves / ordinateur: |
10 (mai 99) |
9 (mars 95) |
6 (automne 98) |
7 dans les lycées,
17 dans les collèges,
30 dans les écoles |
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Pourcentage des établissements scolaires branchés à Internet: |
90 % (mai 99) |
99 % (mars 99) |
89 % (automne 98) |
85 % des lycées,
53 % des collèges,
10,5 % des écoles |
(1) Direction des ressources didactiques, MEQ, mai 1999
(2) Conseil des ministres de l'éducation, Canada, mars 1995; Réseau Rescol (mars 1999)
(3) National Center for Education Statistics : Internet Access in Public Schools and Classrooms : 1994-1998, U.S. Department of Education (http://nces.ed.gov/
(4) Chiffres clés de la société de l'information, situation en France en janvier 1999 (http://www.educnet.education.fr)
De nombreuses initiatives québécoises sont citées à tous les niveaux (secondaire, collégial, universitaire). Elles illustrent l'effort d'intégration des nouveaux médias d'apprentissage au sein du système d'éducation. Ces initiatives s'entrechoquent bien souvent avec les traditions et le conservatisme d'une multitude de pratiques érigées en système.
L'Internet a radicalement transformé la formation à distance. Aujourd'hui, la formation en ligne est promise à un grand avenir. Compte tenu des exigences de la nouvelle économie, la formation à distance va occuper une place de plus en plus grande dans les années à venir. En effet, selon IDC, le nombre d'étudiants inscrits à des cours d'enseignement à distance offerts par les collèges et les universités des États-Unis devrait atteindre 2,2 millions en 2002, soit 15% de l'ensemble des étudiants des niveaux collégial et universitaire. En 2002, 84% des universités offriront des cours d'enseignement à distance, soit une augmentation de 62% par rapport à 1998 (BTA, 1999).
Initiatives québécoises
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La Commission scolaire de la Capitale, dans le cadre de sa consultation sur les orientations 1999-2002, propose entre autres la mise en place par chaque école d'un plan de formation continue permettant à chacun d'exploiter les outils modernes de formation et d'apprentissage.
IBM et la Faculté de commerce et d'administration de l'Université de Concordia collaborent pour former des gestionnaires dans le domaine de l'aviation. Les étudiants au MBA en aviation internationale peuvent recevoir une formation à distance peu importe où ils se trouvent dans le monde.
Le programme Ulysse à l'Université Laval (http://www3.fsa.ulaval.ca/ulysse), en partenariat avec la firme IBM, repose sur l'utilisation de l'ordinateur portatif comme outil de travail quotidien pour les étudiants au baccalauréat en administration des affaires et débute au trimestre d'automne 1999. Ainsi, la présence en classe ne comptera plus comme le seul moment où se fera l'apprentissage.
L'École des Hautes Études Commerciales intègre les TIC à la vie pédagogique de l'école. Tous les professeurs et les étudiants sont équipés d'un ThinkPad d'IBM et en font leur outil quotidien de travail et de communication. Tous les bureaux, les salles de cours, les six laboratoires, les salles multimédias, la bibliothèque, les corridors comportent une ou plusieurs des 5000 prises réseau que compte l'école des HEC.
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Sommaire:
Introduction
Quel est le potentiel des technologies pour transformer la formation?
Le système d'éducation s'est-il adapté?
Les entreprises québécoises ont-elles pris leurs responsabilités?
Quels défis la nouvelle économie pose-t-elle au système d'éducation, à l'organisation, au gestionnaire?
Le mot de la fin
Bibliographie
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