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Les entreprises québécoises ont-elles pris leurs responsabilités?
Les organisations québécoises sont-elles en mesure de réussir le virage du savoir et de l'innovation alors qu'elles semblent accuser un certain retard en matière de formation ? Selon la dernière enquête canadienne sur la participation des adultes à l'éducation et à la formation (EEFA), réalisée en 1997, les entreprises québécoises investissent moins que les entreprises canadiennes dans la formation. Au Canada, 21 % de la population active avait participé à une oactivité de formation offerte par l'employeur contre 13 % pour le Québec. Par ailleurs, le Canada semble être lui aussi à la traîne derrière de nombreux pays : le World Competitiveness Yearbook de 1997, publié par l'International Institute for Management Development, classait le Canada au 17e rang sur l'échelle de la formation corporative derrière l'Irlande, la Belgique, le Luxembourg.
Cependant, dans le contexte de la nouvelle économie, de nombreuses organisations investissent sans doute beaucoup plus que le 1 % de leur masse salariale (exigé par la loi) en formation, en consacrant beaucoup de temps à la formation informelle difficilement repérable et comptabilisable par les instruments de mesure connus. Dans les années à venir, la formation informelle sera encore plus importante avec l'introduction des nouvelles technologies qui favorisent l'autoapprentissage des employés. L'intranet, outil puissant d'information, de formation et de systématisation des connaissances, est un exemple frappant de cette transformation.
L'utilisation des nouvelles technologies d'apprentissage reste l'apanage des grandes organisations et d'une minorité d'entreprises. Les entreprises «leaders» sont de plus grandes utilisatrices des technologies d'apprentissage que l'ensemble des entreprises en général. Une étude réalisée auprès de 500 entreprises américaines, en 1998, a montré que les entreprises «leaders» (identifiées par des experts pour leur capacité d'innovation à tous niveaux) utilisaient davantage un apprentissage assisté ainsi qu'un intranet que la moyenne des entreprises en général:
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Ensemble |
Leaders |
| Apprentissage assisté: |
35 % |
66 % |
| CD-ROM: |
30 % |
44 % |
| Multimédia: |
22 % |
31 % |
| Système électronique d'aide à la performance: |
7 % |
16 % |
| Intranet: |
3 % |
13 % |
| Source : Bassi et Van Buren, 1998
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Les dirigeants sont de plus en plus conscients de l'importance à accorder à une formation adaptée aux besoins des travailleurs. D'où un intérêt grandissant pour l'utilisation des TIC dans l'apprentissage en milieu de travail. Les experts prédisent une augmentation entre 20 à 35 % de leur utilisation au tournant de l'an 2000. Cependant, à l'heure actuelle, les chiffres nous montrent que les technologies d'apprentissage sont utilisées par une minorité d'organisations et qu'elles représentent toujours une très faible partie des services de formation offerts par les organisations. Dans les grandes entreprises américaines et canadiennes, considérées comme les pionnières dans ce domaine, la formation se fait encore principalement en salle de cours; en 1998, ces entreprises utilisaient la formation sur le Web dans une proportion d'à peine 7 % pour l'ensemble de la formation donnée à leur personnel (BTA, 1998). Cependant cette situation est appelée à changer rapidement avec la progression fulgurante que l'intranet devrait connaître au cours des prochaines années.
Les entreprises québécoises n'échappent pas à cette tendance, bien au contraire ! En effet, elles sous-utilisent les nouveaux médias et les technologies d'apprentissage par rapport aux entreprises américaines. La formation assistée par ordinateur est utilisée par 48 % des entreprises américaines contre 31 % des entreprises québécoises; 27 % des entreprises américaines utilisent le multimédia pour la formation contre seulement 2,6 % des entreprises québécoises (BTA, 1998). Cependant, quelques initiatives canadiennes et québécoises commencent à poindre.
Quelques initiatives canadiennes et québécoises
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Banque de Montréal - Intranet : La Banque de Montréal compte environ 30 sites Intranet en pleine activité. Parmi les 4000 employés des Services financiers électroniques, 2500 ont accès au site intranet " The Hub " et 1500 d'entre eux s'en servent quotidiennement. Par exemple, en cliquant sur " Treasury Knowledge Web ", le personnel de la Trésorerie accède depuis son ordinateur de bureau à des modules autogérés de formation en ligne de 15 minutes.
Source: BTA, 1999
Ordres professionnels - Centre virtuel d'apprentissage continu : Trois ordres professionnels au Québec (l'Ordre des administrateurs agréés du Québec, l'Ordre des comptables agréés du Québec, la Chambre des notaires du Québec) ont entrepris de créer un " Centre virtuel d'apprentissage continu (CVAC) ". Ce projet, auquel le CEFRIO est associé en tant que coordonnateur, est élaboré au Centre de recherche de la Télé-université. Le CVAC permettra d'offrir de la formation par Internet et constitue une réponse novatrice aux difficultés couramment rencontrées par les apprenants - adultes en emploi, notamment l'éloignement des grands centres de perfectionnement, l'augmentation croissante du volume des connaissances requises par diverses expertises, le manque de disponibilité pour assister aux cours.
Source: BTA, 1999
Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins - Intranet : Dans le cadre de son programme d'optimisation des compétences, la Confédération a développé une nouvelle approche de développement des compétences en créant un espace virtuel d'apprentissage dans un intranet en partenariat avec la firme TechnoMédia Formation inc. Cet outil offre 20 heures de formation en ligne à près de 5000 employés sur la connaissance des produits et des services (gestion du patrimoine, du portefeuille, assurance-vie). D'ici la fin de l'année, les 22 000 employés de la Confédération devraient avoir accès à cet espace virtuel d'apprentissage.
Source : Michel Sansoucy, chef de spécialité à la Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins
Bell Canada - Intranet : Depuis près d'un an, le Centre de développement des employés (CDE) de Bell Canada offre des cours de formation à distance en mode synchrone et asynchrone par l'intranet. Les premières clientèles sont surtout composées de techniciens, d'ingénieurs et de groupes techniques. Une orientation très forte est donnée pour rendre plusieurs cours plus accessibles selon les disponibilités des apprenants en les diffusant en mode asynchrone. Ce dossier fait partie des priorités stratégiques de l'entreprise. Jusqu'à présent, plusieurs centaines d'employés ont reçu une formation par l'intranet. D'ici deux à trois ans, l'organisation prévoit que près de la moitié de la formation pourrait se faire par le biais des nouvelles technologies.
Source: Michel Richer, directeur de la formation chez Bell Canada
Banque Nationale - la formation à distance sur ordinateur : Depuis 1990, par l'intermédiaire du l'EAO (enseignement assisté par ordinateur) du système Phoenix, les employés de la Banque Nationale reçoivent des cours de formation, reliés à des applications informatiques, directement sur leur poste de travail. L'évaluation de connaissances (en crédit, sur les produits offerts, les normes de sécurité, etc.) se fait directement sur le terminal et le suivi des cours est fait automatiquement auprès des ressources humaines. Environ 20 000 employés sont formés de cette façon chaque année. Le centre virtuel des ressources humaines sur l'intranet est en développement, et il devrait être opérationnel d'ici l'an 2000.
Source: Sylvie Hotte, conseillère en formation à la Banque Nationale
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Sommaire:
Introduction
Quel est le potentiel des technologies pour transformer la formation?
Le système d'éducation s'est-il adapté?
Les entreprises québécoises ont-elles pris leurs responsabilités?
Quels défis la nouvelle économie pose-t-elle au système d'éducation, à l'organisation, au gestionnaire?
Le mot de la fin
Bibliographie
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