L'Institut de la statistique du Québec a récemment mené une enquête sur l'adoption du commerce électronique par les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises. Réalisée dans le cadre du nouveau programme statistique de l'Institut consacré à l'économie du savoir, l'enquête a été effectuée auprès d'un échantillon de 2655 entreprises de moins de 200 employés, représentatives de l'ensemble des PME québécoises du secteur privé.
Quelques résultats: Le sondage révèle que le taux de branchement à Internet des PME au début de l'année 2001 était de 48 %. Il variait de 37 % chez les PME de 1 à 4 employés à 54 % chez les PME de 5 à 9 employés, et à 73 % chez les PME de 10 à 200 employés.
Dans l'ensemble, l'enquête estime que 17 % des PME québécoises diffusent de l'information sur le Web au début de l'année 2001, soit 36 % de celles qui sont branchées à Internet. Cette dernière proportion pourrait augmenter à 56 % en janvier 2002, puisque 31 % des PME branchées qui n'étaient pas présentes sur le Web au début de l'année 2001 prévoyaient remédier à la situation au cours des 12 prochains mois.
Au sein même des PME branchées à Internet, il existe une forte corrélation entre la taille des PME et leur présence sur le Web : 55 % des entreprises de 10 à 200 employés qui sont dotées d'une connexion à Internet diffusent de l'information sur le Web en janvier 2001, comparativement à 23 % des entreprises branchées ayant entre 1 et 4 employés.
L'enquête estime également que ce sont 12 % des PME québécoises qui offrent à leur clientèle la possibilité de commander leurs produits et services par le biais d'Internet au début de l'année 2001 - que ce soit au moyen du courrier électronique ou du Web, à l'aide de systèmes ÉDI (« échange de documents informatisés ») ou non. Ce pourcentage varie de 7 % chez les très petites entreprises ayant entre 1 et 4 employés à 23 % chez les entreprises ayant entre 10 et 200 employés. Soulignons que la situation des PME québécoises semble se comparer avantageusement à la situation des entreprises du Canada et de l'Australie, telle qu'elle a été mesurée par Statistique Canada et l'Australian Bureau of Statistics.
Si 12 % des PME québécoises offrent la commande de leurs produits et services par le biais d'Internet, quelque 19 % placent elles-mêmes des commandes par le biais du « réseau des réseaux ». D'autre part, l'enquête estime qu'environ 8 % de l'ensemble des PME font de l'ÉDI en janvier 2001 - que ce soit par le biais d'Internet ou de réseaux à valeur ajoutée. Ainsi, la proportion totale de PME québécoises qui effectuent des transactions électroniques au début de l'année 2001, c'est-à-dire qui reçoivent ou qui placent des commandes par le biais d'Internet, ou encore qui pratiquent l'ÉDI (tant sur des réseaux à valeur ajoutée que sur Internet), s'élève à 28 %.
Selon l'enquête, jusqu'à 26 % des PME québécoises sont engagées dans des activités de commerce électronique de type « entreprise-à-entreprise » en janvier 2001, c'est-à-dire reçoivent des commandes de la part d'organisations par le biais d'Internet, commandent elles-mêmes des produits ou des services au moyen du réseau ou encore font de l'ÉDI. La proportion de PME qui font du commerce électronique de type « entreprise-à-consommateurs » s'avère sensiblement inférieure. En effet, la proportion de PME québécoises qui reçoivent des commandes de la part de particuliers par le biais d'Internet s'élève à environ 7 % en janvier 2001.
En moyenne, 15 % des PME branchées à Internet qui ne permettaient pas à leurs clients de commander leurs produits et services par le biais d'Internet au début de l'année 2001 prévoyaient offrir ce service au cours des 12 prochains mois. Parmi celles qui n'avaient pas d'intention en ce sens, 80 % ont invoqué la nature de leurs produits et services qui se prêteraient mal aux transactions électroniques. Environ le tiers jugent ne pas avoir suffisamment de clients branchés à Internet pour justifier les investissements requis, alors que 27 % invoquent un manque de temps, d'expertise ou d'argent.
Rédaction de la fiche: Brigitte Poussart, ISQ.