Au cours de la dernière année, Léger Marketing et le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO) ont réalisé conjointement la plus vaste étude jamais effectuée au Québec sur l'utilisation d'Internet. Au terme de cette enquête, plus de 25 000 Québécois ont été sondés sur leurs habitudes de navigation. L’étude permet, entre autres, de tracer un portrait sociodémographique de l'internaute québécois, de suivre l'évolution de l'utilisation d'Internet au Québec et d'évaluer l'impact de ces nouvelles tendances.
Quelques résultats:
L’étude révèle que quatre Québécois sur dix (39,7 %) ont utilisé Internet au cours d’une semaine type de l’année 2000. Plus précisément, 46 % des hommes comparativement à 34 % des femmes avaient utilisé Internet dans la semaine précédant le sondage. En outre, les répondants dont la langue maternelle est le français ont une propension plus faible (38 %) pour l’utilisation d’Internet que les non-francophones (49 %).
Les 18-24 ans représentent le groupe d’âge ayant la plus forte proportion d’internautes (63 %), suivi par les 25-34 ans (54 %) et les 35-44 ans (47 %). Le groupe des 45-54 ans a, pour sa part, sensiblement la même proportion que l’ensemble des répondants soit 39 % alors que les 55-64 ans et les 65 ans et plus sont bien en deçà de la moyenne avec des pourcentages respectifs de 23 % et de 9 %.
Par ailleurs, les ménages dont les revenus dépassent 40 000 $ par année comptent parmi les plus grands utilisateurs d’Internet au Québec. Ainsi, 49 % des foyers ayant un revenu brut compris entre 40 000 $ et 59 999 $ et 64 % de ceux dont le revenu excède 60 000 $, utilisent Internet. En contrepartie, seulement 19 % des ménages dont le revenu annuel brut est inférieur à 20 000 $, et 29 % de ceux dont le revenu se situe entre 20 000 $ et 39 999 $, avaient utilisé Internet au cours de la semaine précédent le sondage.
De plus, les répondants ayant une formation universitaire représentent la proportion d’internautes la plus élevée (67 %) alors que la proportion de ceux ayant une formation collégiale s’élève à 49%, une formation secondaire à 23 % et une formation de niveau primaire à seulement 4 %.
D’un point de vue géographique, il n’existe aucune différence significative entre la proportion d’internautes originaires de la région métropolitaine de Montréal et ceux de la région métropolitaine de Québec. Même chose si l’on compare entre elles, les régions de l’Est, du Centre ainsi que de l’Ouest du Québec. Toutefois, une différence significative existe si l’on compare la proportion combinée d’internautes des régions métropolitaines de Montréal et de Québec (46 %) à celle des régions éloignées (32 %) des grands centres urbains (l'Est, l’Ouest et le Centre du Québec). Les régions des deux grands centres urbains comportent donc une proportion d’internautes significativement plus élevée que les autres régions du Québec.
En ce qui a trait à l’évolution du nombre d’internautes au Québec au cours de l’année 2000, nous remarquons sans équivoque une nette progression. Seule la période estivale dénote une baisse d’utilisation, attribuable à une baisse généralisée de l’utilisation d’Internet pour chacun des facteurs sociodémographiques étudiés. Ainsi, le nombre d’internautes au Québec est passé de 34 % en janvier 2000 à 45 % en décembre dernier.
En règle générale, encore très peu de Québécois effectuent des transactions en ligne. En moyenne, seulement 4 % des internautes ont acheté un produit ou un service sur Internet au cours d'une semaine type de la dernière année. Ce constat pourrait peut-être s'expliquer par le fait que près de 50 % des internautes québécois ne visitent que des sites français et qu'il existe encore peu de sites transactionnels au Québec.
Par contre, tout porte à croire que les Québécois apprivoisent le magasinage virtuel. Ainsi, 26 % des internautes se servent de l'inforoute pour se renseigner sur un produit ou un service avant de l'acheter en magasin. Par surcroît, 37 % des Québécois ont utilisé Internet pour planifier leurs vacances d'été. Toutefois, lorsqu'on a sondé leurs intentions concernant la période des fêtes, moins d'un internaute sur six (15 %) prévoyait effectuer un achat de Noël sur Internet.
Ainsi, les Québécois se servent bien plus d'Internet à titre informationnel que transactionnel. À preuve, lorsqu'on les interroge sur l'activité qu'ils jugent la plus utile sur Internet, la possibilité d'expédier ou de recevoir du courrier électronique remporte la palme avec 38 % des internautes. Viennent ensuite la recherche d'informations à des fins personnelles (utile pour 31 %), la recherche d'informations pour le travail (22 %), l'achat ou le choix d'un produit ou d'un service (10 %) et la lecture d'actualités sur le Web (6 %).